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Portrait de VIB : Juan Asensio
Voir son blog : STALKER - Dissection du cadavre de la littérature
Qui êtes-vous ?
Juan Asensio, essayiste et critique littéraire.
Présentez-nous votre blog
Stalker est un blog érudit et polémique qui s'inquiète, en premier lieu, de l'évolution actuelle de la littérature et de la critique littéraire, l'une et l'autre surtout françaises bien que je tente d'aborder les œuvres d'auteurs étrangers comme Philip H. Gass, William T. Vollmann, le très grand Cormac McCarthy ou encore W. G. Sebald et Roberto Calasso. Aussi souvent que je le puis, j'évoque en outre directement (ou bien je publie des textes de rédacteurs devenus, dans bien des cas, des amis) d'autres sujets liés à la politique, la philosophie, le journalisme ou encore le cinéma. Deux qualités majeures distinguent je crois Stalker de l'ensemble des autres blogs littéraires : la qualité de son écriture et son absolue liberté de ton et de propos. Autant dire que ce blog passionne et dérange tout à la fois. Du moins ne laisse-t-il pas indifférent !
Quelques chiffres ?
Je vous donne les plus récents (mois de janvier 2008), arrondis à la centaine supérieure : 33 000 visiteurs uniques, 45 200 visites, 109 400 pages vues. Ces chiffres, cependant, ne disent pas grand-chose de l'influence réelle d'un blog, surtout d'un blog tel que Stalker, très lu et peu évoqué par la presse littéraire traditionnelle, on se doute pour quelle très noble raison.
Quelles ont été vos premières motivations en commençant votre blog ?
Il s'agissait et il s'agit toujours de tenter de contourner la toute-puissance des médias en matière de critique littéraire : à quelques très rares exceptions près, celle-ci n'est qu'une piètre paraphrase, quand il ne s'agit pas, par exemple sous la très piètre plume d'une Josyane Savigneau (ou d'une Aude Lancelin…), d'un cas manifeste et maladif de copinage éhonté avec tel ou tel auteur, en l'occurrence Philippe Sollers.
Combien de temps consacrez-vous à votre blog par jour ?
Toutes mes journées sont depuis quelques mois consacrées à Stalker : lectures d'ouvrages, prises de notes, parfois relectures, rédaction de textes, habillage (mise en page, choix de l'iconographie, etc.), relecture et correction, agit-prop sur d'autres sites, forums et ou/blogs. J'ai d'ailleurs écrit la majorité de mes textes sur mon lieu de travail.
Etes-vous satisfait(e) de l'image que vous renvoyez à travers votre blog ?
Je m'en moque, puisque je ne brigue aucun ample fauteuil de salle de rédaction.
Quels sont vos blogs préférés ?
Les blogs de François Monti, Dominique Autié et Olivier Noël, et cela, bien sûr, en dépit même de nos divergences d'ordre critique. Tous les blogs qui m'intéressent sont regroupés dans la catégorie Zonards.
Quel est votre meilleur ou pire souvenir dans votre expérience de blogueur ?
Je n'ai que de bons souvenirs qui tiennent surtout au fait que j'ai rencontré beaucoup de personnes par l'intermédiaire de Stalker. Le travail herculéen que je réalise pour ce blog n'a d'ailleurs de sens, à mes yeux, que s'il me permet d'être confronté à ce que George Steiner appelle une " réelle présence " : pas seulement de beaux livres donc, mais aussi des sensibilités, des cœurs et des esprits.
Est-ce " addictif " de tenir un blog, qui plus est un blog à succès ?
Qu'entendez-vous par succès ? Le nombre de visiteurs uniques par jour ? Une influence souterraine quoique bien réelle ? Je n'en sais rien de toute façon : je me dis parfois que Stalker ne fait rien de plus qu'ajouter ses petites notes à l'immense vacarme médiatique ambiant. Ne plus m'occuper de Stalker, c'est donc pour moi, d'une certaine façon, jouir de quelques heures de silence fort bienvenues.
Votre entourage est-il au courant de votre blog ? L'avez-vous déjà caché ?
Comment cacher l'existence d'un blog qui n'a jamais caché l'identité de celui qui l'écrivait ? Je méprise ainsi les utilisateurs anonymes de blogs : un texte ne vaut que si le paraphe un nom d'homme.
Avez-vous déjà pensé à vous retirer de la blogosphère et mettre fin à l'aventure ?
Bien évidemment : tous les jours. Quitter la blogosphère, c'est en somme retraverser le miroir.
Pourquoi avoir choisi Hautetfort comme plateforme ? Quelles sont les avantages que vous y trouvez ?
Elle me semble, par ses caractéristiques, être relativement attentive aux souhaits de ses clients et à ma foi bien raison de faire confiance à ses blogueurs les plus intéressants. Je déteste les grosses machines décérébrées baignant dans la sauce bien-pensante américaine, devinez qui je vise...
Qu'est-ce qui vous a séduit dans le club VIP d'Hautetfort ?
La possibilité d'une (fort improbable tout de même) célébrité médiatique bien sûr !... Soyons sérieux : l'optimisation de l'outil assez performant qu'est un blog, un pas vers une sorte de professionnalisation d'un énorme travail qui ne reçoit aucun salaire hormis certains ouvrages envoyés en service de presse, donc l'élaboration d'un modèle économique qui, dans le cas d'Internet, reste toujours à trouver.








