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<title>Last posts on tanizaki</title>
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<name>Littérature de partout</name>
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<title>Tanizaki, Éloge de l’ombre</title>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;img id=&quot;media-6342166&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/00/02/2023765398.7.jpeg&quot; alt=&quot;Unknown-1.jpeg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 120px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Garamond;&quot;&gt;Lorsque j’écoute le bruit pareil à un cri d’insecte lointain, ce sifflement léger qui vrille l’oreille, qu’émet le bol de bouillon posé devant moi, et que je savoure à l’avance et en secret le parfum du breuvage, chaque fois je me sens entrainé dans le domaine de l’extase. Les amateurs de thé, dit-on, au bruit de l’eau qui bout et qui pour eux évoque le bruit du vent dans les pins, connaissent un ravissement voisin peut-être de la sensation que j’éprouve.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 120px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Garamond;&quot;&gt;La cuisine japonaise, a-t-on pu dire, n’est pas chose qui se mange, mais chose qui se regarde&amp;nbsp;; dans un cas comme celui-là, je serais tenté de dire&amp;nbsp;: qui se regarde, et mieux encore, qui se médite&amp;nbsp;! Tel est, en effet, le résultat de la silencieuse harmonie entre la lueur des chandelles clignotant dans l’ombre et le reflet des laques. Naguère le maître Sôseki célébrait dans son &lt;em&gt;Kusa-makura&lt;/em&gt; les couleurs des &lt;em&gt;yôkan&lt;a href=&quot;#_edn1&quot; name=&quot;_ednref&quot;&gt;&lt;/a&gt;1&lt;/em&gt; et, dans un sens, ces couleurs ne portent-elles pas elles aussi à la méditation&amp;nbsp;? Leur surface trouble, semi-translucide comme un jade, cette impression qu’ils donnent d’absorber jusque dans la masse la lumière du soleil, de renfermer une clarté indécise comme un songe, cet accord profond de teintes, cette&amp;nbsp; complexité, vous ne les retrouverez dans aucun gâteau occidental. Les comparer à une quelconque crème serait superficiel et naïf.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 120px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Garamond;&quot;&gt;Déposez maintenant sur un plat à gâteaux en laque cette harmonie colorée qu’est un &lt;em&gt;yôkan&lt;/em&gt;, plongez-le dans une ombre telle qu’on ait peine à en discerner la couleur, il n’en deviendra que plus propice à la contemplation. Et quand enfin vous portez à la bouche cette matière fraiche et lisse, vous sentez fondre sur la pointe de votre langue comme une parcelle de l’obscurité de la pièce, solidifiée en une masse sucrée, et ce &lt;em&gt;yôkan&lt;/em&gt; somme toute assez insipide, vous lui trouvez une étrange profondeur qui en rehausse le goût.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 120px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Garamond;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 120px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Garamond;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Tanizaki, &lt;em&gt;Éloge de l’ombre&lt;/em&gt;, traduction de René Sieffert, dans &lt;em&gt;Œuvres&lt;/em&gt;, I, préface de Ninomiya Masayuki, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1997, p. 1484-1485.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 120px;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 120px;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;#_ednref&quot; name=&quot;_edn1&quot;&gt;&lt;/a&gt;1 &lt;span style=&quot;font-family: Garamond; font-size: small;&quot;&gt;Le yokan est une pâtisserie traditionnelle sucrée composée de pâte de haricot rouge gélifiée avec de l'agar agar. Le yokan ressemble à de la pâte de fruit mais est beaucoup plus fin. Le yokan se déguste souvent autour d'une tasse de thé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Le Bouquineur</name>
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<title>Iegor Gran : La Revanche de Kevin</title>
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<summary>  Iegor Andreïevitch Siniavski, dit Iegor Gran, né en 1964, à Moscou, est un...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-5722332&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lebouquineur.hautetfort.com/media/00/02/1202295331.jpg&quot; alt=&quot;Iegor Gran&quot; /&gt;Iegor Andreïevitch Siniavski, dit Iegor Gran, né en 1964, à Moscou, est un écrivain français. Il est le fils de l'écrivain dissident soviétique Andreï Siniavski. Arrivé en France à l'âge de dix ans, il fait des études d'ingénieur à l'Ecole centrale de Paris puis entreprend en parallèle à son travail d'ingénieur une carrière d'écrivain et choisit comme pseudonyme le nom de famille de sa femme. Depuis de 2011 il est chroniqueur à Charlie Hebdo. &lt;em&gt;La revanche de Kevin&lt;/em&gt; date de 2015.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le titre du roman ne me disait rien qui vaille, heureusement parfois il m’arrive d’aller au-delà de mes préjugés et j’en ai été récompensé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Kevin H. a une amie et bosse dans une radio, il pourrait avoir une vie normale/quelconque mais il souffre de s’appeler Kevin, un prénom au poids infâmant pour lui. Alors il s’invente une double-vie, et en tant qu’Alexandre Janus-Smith, il profite du Salon du livre de la porte de Versailles, pour contacter François-René Pradel, un écrivain ayant connu plusieurs succès d’estime mais aujourd’hui en mal de notoriété. Se faisant passer pour un lecteur d’une grande maison d’édition, il lui fait miroiter un rebond intéressant après avoir lu son dernier manuscrit…&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me suis régalé à la lecture de ce gentil roman car sous des abords légers et le plus souvent drôles, il recèle plusieurs angles de réflexion jubilatoire. Le principal touche à l’identité et à la personnalité, les principaux protagonistes de ce bouquin en ayant deux&amp;nbsp;! Comme le lecteur le constatera à l’approche de la fin du roman, si Kevin joue clairement un double-jeu, il sera lui-même victime du petit jeu dont il se croyait un maître. D’ailleurs, peut-on réellement parler de jeu quand un canular tourne au drame&amp;nbsp;? Drame en double, là encore.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et pour que tout cela soit très drôle, du moins à mes yeux, «&amp;nbsp;les méandres du jeu des masques, les subtilités du paraître et les arcanes de la mythomanie légère&amp;nbsp;» se déroulent dans le milieu littéraire, ce qui nous vaut de délicieuses piques ou vacheries sur les écrivains et les éditeurs. Iegor Gran mène son affaire à un bon train, avec un humour cynique («&amp;nbsp;L’auteur étant décédé, on serait certes en manque de présence médiatique faite de chair et d’os, handicap largement compensé par cette aura mystique qu’ont les morts quand ils nous livrent leurs écrits par-delà le Styx.&amp;nbsp;») ou absurde («&amp;nbsp;Raymonde, elle sait pas se servir d’un portable, car elle est née au XXe siècle, moi aussi, mais c’est différent, j’ai été mariée deux fois.&amp;nbsp;»).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ne vous privez pas de cet agréable moment de lecture.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;- Ca peut être jouable, finit par comprendre le directeur général. Si nous, qui sommes aux avant-postes de la littérature et qui avons une sacrée expérience du verbe, si nous tous, ici présents, n’avons pas repéré Tanizaki, les chances que des lecteurs lambda découvrent le plagiat sont infinitésimales, sans même parler des critiques littéraires. Pradel a bien maquillé. On dirait vraiment que ça a été écrit hier, rue Bonaparte. (…) Personne n’y verra rien. Et si, par malchance, un fouille-caca venait à nous poser la question, on dira «&amp;nbsp;intertextualité&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;hommage littéraire&amp;nbsp;»…&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-5722333&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lebouquineur.hautetfort.com/media/01/01/560192442.jpg&quot; alt=&quot;Iegor Gran&quot; /&gt;Iegor Gran&amp;nbsp; &lt;em&gt;La revanche de Kevin&lt;/em&gt;&amp;nbsp; Folio – 198 pages -&lt;/p&gt;
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<title>Tanizaki : Eloge de l’ombre</title>
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<summary>  Junichirô Tanizaki (1886-1965) est un écrivain japonais. Etudiant à...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-5575755&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lebouquineur.hautetfort.com/media/01/02/1638820131.jpg&quot; alt=&quot;tanizaki, &quot; /&gt;Junichirô Tanizaki (1886-1965) est un écrivain japonais. Etudiant à l'université de Tokyo, il publie en 1910 &lt;em&gt;Le Tatouage&lt;/em&gt;, une nouvelle qui lui apporte une célébrité immédiate. Il s'engage alors dans la voie littéraire, publiant de nombreux récits qui s'inspirent souvent d'un Occident et d'une Chine exotiques – jusqu'au grand séisme qui secouera Tokyo en 1923. Tanizaki quitte alors la capitale pour la région de Kyoto et Osaka et, après avoir publié &lt;em&gt;Un amour insensé&lt;/em&gt; (1924) qui signe la fin de cette première période, il opte pour un retour aux sources japonaises. L’écrivain laisse une œuvre unanimement considérée comme l'une des plus importantes du XXe siècle japonais.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Publié en 1933, &lt;em&gt;Eloge de l’ombre&lt;/em&gt; est un essai dans lequel Tanizaki tente de cerner ce qui caractérise la culture japonaise, son âme profonde, en basant son argumentation sur&amp;nbsp;l’ombre «&amp;nbsp;qui nous apaise le cœur et calme les nerfs&amp;nbsp;» et l’usage qui en est fait dans son pays. L’ombre devant être prise dans tous les sens possibles, que ce soit l’absence de lumière ou le clair-obscur dans un lieu ou bien la patine d’un objet. De petits paragraphes traiteront donc, de la qualité du blanc du papier japonais, de cuisine (la couleur de la soupe miso dans un bol), d’architecture, du théâtre nô ou plus improbable – mais néanmoins argumenté – des lieux d’aisance&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Une analyse qui s’appuie aussi sur la comparaison entre l’esthétisme japonais et occidental, le second préférant le clinquant, la brillance. Cet angle d’approche/d’étude n’est certainement pas le plus pertinent car trop simpliste, me semble-t-il, mais il démontre à travers maints exemples (électrification) que l’écrivain s’inquiétait pour l’avenir du Japon cédant aux sirènes de l’Occidentalisation en cours. D’un côté son cœur tient aux valeurs traditionnelles de l’ancien temps mais de l’autre, sa raison lui dicte qu’on ne peut refuser le progrès, reste alors la question essentielle, comment ménager la chèvre et le chou&amp;nbsp;? Junichirô Tanizaki ne le dit pas.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Eloge de l’ombre&lt;/em&gt;, un texte lumineux, pour tous ceux qui s’intéressent à la culture japonaise et veulent en comprendre quelques éléments.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Chaque fois que, dans un monastère de Kyôto ou de Nara, l’on me montre le chemin des lieux d’aisance construits à la manière de jadis, semi-obscurs et pourtant d’une propreté méticuleuse, je ressens intensément la qualité rare de l’architecture japonaise. Un pavillon de thé est un endroit plaisant, je le veux bien, mais des lieux d’aisance de style japonais, voilà qui est conçu véritablement pour la paix de l’esprit. Toujours à l’écart du bâtiment principal, ils sont disposés à l’abri d’un bosquet d’où vous parvient une odeur de vert feuillage et de mousse&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt; &lt;/span&gt;; après avoir, pour s’y rendre, suivi une galerie couverte, accroupi dans la pénombre, baigné dans la lumière douce des shôji et plongé dans ses rêveries, l’on éprouve, à contempler le spectacle du jardin qui s’étend sous la fenêtre, une émotion qu’il est impossible de décrire. Au nombre des agréments de l’existence, le Maître Sôseki comptait, paraît-il, le fait d’aller chaque matin se soulager, tout en précisant que c’était une satisfaction d’ordre essentiellement physiologique&lt;span style=&quot;font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt; &lt;/span&gt;; or, il n’est, pour apprécier pleinement cet agrément, d’endroit plus adéquat que des lieux d’aisance de style japonais d’où l’on peut, à l’abri de murs tout simples, à la surface nette, contempler l’azur du ciel et le vert du feuillage.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-5575756&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lebouquineur.hautetfort.com/media/01/00/4112045698.jpg&quot; alt=&quot;tanizaki, &quot; /&gt;Tanizaki&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;em&gt;Eloge de l’ombre&lt;/em&gt;&amp;nbsp; Gallimard &amp;nbsp;La Pléiade Œuvres Tome 1&amp;nbsp; -&amp;nbsp; 43 pages –&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Traduction par René Sieffert&lt;/p&gt;
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<title>Tanizaki : Le Goût des orties</title>
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<updated>2016-12-02T07:48:25+01:00</updated>
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<summary>  Junichirô Tanizaki (1886-1965) est un écrivain japonais. Etudiant à...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-5515431&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lebouquineur.hautetfort.com/media/00/00/1638820131.jpg&quot; alt=&quot;Tanizaki&quot; /&gt;Junichirô Tanizaki (1886-1965) est un écrivain japonais. Etudiant à l'université de Tokyo, il publie en 1910 &lt;em&gt;Le tatouage&lt;/em&gt;, une nouvelle qui lui apporte une célébrité immédiate. Il s'engage alors dans la voie littéraire, publiant de nombreux récits qui s'inspirent souvent d'un Occident et d'une Chine exotiques – jusqu'au grand séisme qui secouera Tokyo en 1923. Tanizaki quitte alors la capitale pour la région de Kyoto et Osaka et, après avoir publié &lt;em&gt;Un amour insensé&lt;/em&gt; (1924) qui signe la fin de cette première période, il opte pour un retour aux sources japonaises. L’écrivain laisse une œuvre unanimement considérée comme l'une des plus importantes du XXe siècle japonais.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le Goût des orties&lt;/em&gt;, publié en 1928 a fait l’objet d’une première parution chez nous en 1959 avant de se retrouver au cœur d’un des deux volumes de La Pléiade consacrés à cet immense écrivain.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Kaname et son épouse Misako ne sont plus un couple que de nom. Misako s’est pris un amant, Aso, et Kaname a ses habitudes avec Louise, une prostituée d’origine européenne. Rien n’est secret dans leurs relations, les deux époux s’organisent au mieux pour vivre la situation afin de ne pas perturber leur jeune fils Hiroshi. Tous deux voudraient divorcer mais ils ne trouvent pas le courage de rompre définitivement, «&amp;nbsp;nous sommes incapables, Misako et moi, de choisir entre le chagrin d’un moment, et la douleur d’une vie entière&amp;nbsp;». Leur ami commun, Takanatsu, tentera de leur apporter son aide et de son côté, le père de Misako, un vieil homme vivant en concubinage avec O-Hisa &amp;nbsp;- une jeunette -, essaiera de dissuader sa fille de divorcer.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Autour de cette trame, proche de la vie personnelle de l’écrivain en grande difficulté conjugale ce qui l’amènera à divorcer de sa femme deux ans plus tard, Tanizaki peint le paysage d’un monde qui change. Si les deux époux sont ce que nous pourrons appeler des Japonais modernes, le père de Misako, reste lui, très attaché aux coutumes et traditions du Japon d’hier. Nous découvrons ainsi l’art des marionnettes, un spectacle très prisé alors avec ses artistes vedettes, leurs techniques de jeu, les théâtres où se déroulent ces évènements et les habitudes des spectateurs apportant leur repas… Outre l’aspect instructif de ces longues pages sur cet art, on peut peut-être y voir aussi une mise en abîme, les marionnettes/poupées du théâtre faisant écho au couple qui se débat avec son problème comme deux pantins victimes de leur mauvais karma&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Sans non plus que cela saute aux yeux, le lecteur appréciera l’érotisme discret suintant entre les lignes, les rapports homme/femme, du couple marié et légitime, du couple moins conventionnel entre le vieil homme et sa très jeune concubine sans oublier ceux formés par le mari et sa prostitué favorite ainsi que celui de la femme et de son amant. Tout ce beau monde tentant par-dessus tout à sauver les apparences vis-à-vis du monde extérieur.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Opposition entre le Japon d’hier et d’aujourd’hui (celui de 1928) mais sans trace de nostalgie aucune de la part de Junichirô Tanizaki, ce qui rend encore plus intéressant ce roman. Le lecteur se plongera dans ce livre sans retenue, se délectant de son effet apaisant dû à son écriture car il faut bien le dire et le redire, comme l’apnéiste obligé de remonter à la surface tôt ou tard, le lecteur se doit de revenir vers les classiques et les textes bien écrits pour se refaire une santé.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Il est toujours mélancolique de se quitter&amp;nbsp;; quelque soit celui que l’on abandonne, il existe une tristesse inhérente à la séparation. Takanatsu ne se trompait guère en prétendant que si l’on attend passivement son heure, celle-ci ne se présente jamais. Il n’avait, lui, montré aucune des hésitations de Kaname pour divorcer. Ayant appelé sa femme dans sa chambre un beau matin, après avoir arrêté sa décision, il lui avait expliqué ses raisons en détail jusqu’au soir. Puis, pour mieux jouir de leurs regrets et de leurs derniers moments, ils avaient passé la nuit à pleurer dans les bras l’un de l’autre. Selon ses propres paroles&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J’ai gémi, j’ai pleuré, elle a pleuré…&amp;nbsp;»&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-5515432&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lebouquineur.hautetfort.com/media/01/02/4112045698.jpg&quot; alt=&quot;Tanizaki&quot; /&gt;Tanizaki&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;em&gt;Le Goût des orties&lt;/em&gt;&amp;nbsp; Gallimard La Pléiade &lt;em&gt;Œuvres Tome 1&lt;/em&gt;&amp;nbsp; -&amp;nbsp; 126 pages –&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt; font-family: 'Comic Sans MS';&quot;&gt;Traduction par Sylvie Regnault-Gatier et Kazuo Anzai&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Bonne à tout se faire</title>
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<updated>2014-07-28T12:00:00+02:00</updated>
<published>2014-07-28T12:00:00+02:00</published>
<summary>   &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;       La confession impudique , c'est comme le...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4635667&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.listesratures.fr/media/00/01/3543151994.jpg&quot; alt=&quot;confession impudique.jpg&quot; /&gt; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;img id=&quot;media-4635669&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.listesratures.fr/media/01/02/855073736.jpg&quot; alt=&quot;journal d'une femme de chambre.jpg&quot; /&gt; &lt;img id=&quot;media-4635670&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.listesratures.fr/media/02/01/2203151595.jpg&quot; alt=&quot;la maison des rencontres.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: left; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La confession impudique&lt;/strong&gt;, c'est comme le &lt;strong&gt;Journal d'une femme de chambre&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;au service de &lt;strong&gt;La maison des rencontres&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
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<name>la bouche plein de terre</name>
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<title>La carte postale du jour ...</title>
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<updated>2014-04-28T16:19:00+02:00</updated>
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<summary>      &quot;Je crois que le beau n’est pas une substance en soi, mais rien qu’un...</summary>
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&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: andale mono,times;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&quot;Je crois que le beau n’est pas une substance en soi, mais rien qu’un dessin d’ombres, qu’un jeu de clair-obscur produit par la juxtaposition de substances diverses. De même qu’une pierre phosphorescente qui, placée dans l’obscurité émet un rayonnement, perd, exposée au plein jour, toute sa fascination de joyau précieux, de même le beau perd son existence si l’on supprime les effets d’ombre.&quot;&lt;/em&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: andale mono,times;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- Junichirô Tanizaki, Éloge de l'ombre, 1933 - 2011 pour la traduction française chez Verdier)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: helvetica; font-size: small;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4537510&quot; style=&quot;margin: 0.7em auto; display: block;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://manoeuvres.hautetfort.com/media/00/00/2802515141.jpg&quot; alt=&quot;lundi 28 avril 2014.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div id=&quot;spell_available&quot; class=&quot;warning&quot; style=&quot;display: none;&quot;&gt;Votre texte semble être en anglais. 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Je me souviens avoir fait des pieds et des mains pour trouver puis obtenir ce disque, ce qui me pris plus d'un an, et c'est ce que l'on peut nommer de la persévérance. Je me souviens avoir été agréablement surpris par la musique dès son premier titre, intitulé J'aime les mots, sa douceur et son éclat soudain, tragique et superbe, et d'y retrouver dans la liste des nombreux musiciens ayant travaillé avec Jean Rochat le quatuor Barbouze de chez Fior ainsi que le trio vocal Norn, et de mettre désolé qu'un tel chef-d'oeuvre soit inconnu et si difficile à obtenir, puis de mettre raviser, profitant ainsi d'être l'un des privilégiés à pouvoir ainsi en profiter, loin du bruit irritant de la foule.&quot; /&gt; &lt;input id=&quot;origin&quot; type=&quot;hidden&quot; name=&quot;origin&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: helvetica; font-size: medium;&quot;&gt;Je me souviens devoir la découverte de ce très beau disque du compositeur suisse Jean Rochat suite à une lecture d'un extrait du texte de Tanizaki : &lt;em&gt;L'Éloge de l'ombre&lt;/em&gt; par la comédienne Dominique Reymond, &lt;span id=&quot;spans0e0&quot; class=&quot;msac&quot;&gt;auquelle&lt;/span&gt; il était demandé, cinq jours durant, de lire un écrit qu'elle aimait puis de choisir une musique pour l'illustrer, ce qu'elle fit, proposant ainsi cinq textes différents, mais &lt;span id=&quot;spans0e1&quot; class=&quot;ui&quot;&gt;clôturant&lt;/span&gt; l'exercice non pas avec des musiques disparates, mais en utilisant des fragments issus toujours du seul et même disque, pour mon plus grand plaisir. 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L'Amour des livres, la Haine des livres, la fureur de lire... Ma foi, quand je pense aux livres, je ne vois pas un bûcher, je vois un jeune garçon assis au fond du jardin, un livre sur les genoux. Il est là, il n'est pas là ; on l'appelle, c'est la famille, l'oncle qui vient d'arriver, la tante qui va s'en aller : &quot;viens dire au revoir! ; &quot;Viens dire bonjours!&quot;Y aller ou pas . Le livre ou la famille ? Les mots ou la tribu ? Le choix du vice (impuni) ou bien celui de la vertu (récompensée) . Quand Larbaud emploie cette expression de &quot;vice impuni&quot;, c'est l'adjectif qui m'intrigue. Impuni, vraiment ? Il y aurait donc une sorte d'impunité de la lecture ? h bien oui. Un privilège de clandestinité qui permettrait en somme de poursuivre les opérations en toute tranquillité.&amp;nbsp; L'oncle est là, la famille est rassemblée autour de la table, on parle de la situation, et le jeune garçon qui était au fond du jardin fait semblant d'écouter. Mais il a son silence, ses affaires personnelles, la course invisible de Michel Strogoff à travers la steppe, tout cela dans le brouhaha des carafes, des serviettes, des voix, des rires. Il a obéi à l'injonction, simple question d'espace, mais il continue de trahir en pensant à autre chose. On ne lit pas à table . Aucune importance, le livre continue à se lire en lui ; un peu de patience, et il y aura bientôt la chambre, le silence de la lumière derrière les persiennes. C'est tout l'admirable début de &lt;/em&gt;La Recherche&lt;em&gt;, le paradis de Combray et des &quot;beaux après-midi&quot; de lecture à l'ombre du marronnier, le refuge dans la guérite où opère la métamorphose, un autre temps naissant à l'intérieur du temps, un autre monde surgissant des limbes. Les heures sonnent au clocher de &lt;span id=&quot;spans0e0&quot; class=&quot;msac&quot;&gt;Méséglise&lt;/span&gt;, mais le narrateur ne les entend plus - &quot;quelque chose qui avait eu lieu n'avait pas eu lieu pour moi ; l'intérêt de la lecture, magique, comme un profond sommeil, avait donné le change à mes oreilles hallucinées et &lt;span id=&quot;spans0e1&quot; style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;effacé&lt;/span&gt; la cloche d'or sur la surface azurée du silence&quot;.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: helvetica; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: helvetica; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: helvetica; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Littérature de partout</name>
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<title>Tanizaki, Éloge de l’ombre</title>
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<updated>2013-12-23T05:00:00+01:00</updated>
<published>2013-12-23T05:00:00+01:00</published>
<summary> &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;img id=&quot;media-4372107&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/01/00/1903675662.jpg&quot; alt=&quot;th.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-top: .1pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: .1pt; margin-left: 3.0cm; mso-para-margin-top: .01gd; mso-para-margin-right: 0cm; mso-para-margin-bottom: .01gd; mso-para-margin-left: 3.0cm; text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;Lorsque j’écoute le bruit pareil à un cri d’insecte lointain, ce sifflement léger qui vrille l’oreille, qu’émet le bol de bouillon posé devant moi, et que je savoure à l’avance et en secret le parfum du breuvage, chaque fois je me sens entrainé dans le domaine de l’extase. Les amateurs de thé, dit-on, au bruit de l’eau qui bout et qui pour eux évoque le bruit du vent dans les pins, connaissent un ravissement voisin peut-être de la sensation que j’éprouve.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-top: .1pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: .1pt; margin-left: 3.0cm; mso-para-margin-top: .01gd; mso-para-margin-right: 0cm; mso-para-margin-bottom: .01gd; mso-para-margin-left: 3.0cm; text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;La cuisine japonaise, a-t-on pu dire, n’est pas chose qui se mange, mais chose qui se regarde&amp;nbsp;; dans un cas comme celui-là, je serais tenté de dire&amp;nbsp;: qui se regarde, et mieux encore, qui se médite&amp;nbsp;! Tel est, en effet, le résultat de la silencieuse harmonie entre la lueur des chandelles clignotant dans l’ombre et le reflet des laques. Naguère le maître Sôseki célébrait dans son&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Kusa-makura&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;les couleurs des&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;yôkan&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;et, dans un sens, ces couleurs ne portent-elles pas elles aussi à la méditation&amp;nbsp;? Leur surface trouble, semi-translucide comme un jade, cette impression qu’ils donnent d’absorber jusque dans la masse la lumière du soleil, de renfermer une clarté indécise comme un songe, cet accord profond de teintes, cette&amp;nbsp; complexité, vous ne les retrouverez dans aucun gâteau occidental. Les comparer à une quelconque crème serait superficiel et naïf.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-top: .1pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: .1pt; margin-left: 3.0cm; mso-para-margin-top: .01gd; mso-para-margin-right: 0cm; mso-para-margin-bottom: .01gd; mso-para-margin-left: 3.0cm; text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;Déposez maintenant sur un plat à gâteaux en laque cette harmonie colorée qu’est un&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;yôkan&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;, plongez-le dans une ombre telle qu’on ait peine à en discerner la couleur, il n’en deviendra que plus propice à la contemplation. Et quand enfin vous portez à la bouche cette matière fraiche et lisse, vous sentez fondre sur la pointe de votre langue comme une parcelle de l’obscurité de la pièce, solidifiée en une masse sucrée, et ce&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;yôkan&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;somme toute assez insipide, vous lui trouvez une étrange profondeur qui en rehausse le goût.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-top: .1pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: .1pt; margin-left: 3.0cm; mso-para-margin-top: .01gd; mso-para-margin-right: 0cm; mso-para-margin-bottom: .01gd; mso-para-margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: black; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-top: .1pt; margin-right: 0cm; margin-bottom: .1pt; margin-left: 3.0cm; mso-para-margin-top: .01gd; mso-para-margin-right: 0cm; mso-para-margin-bottom: .01gd; mso-para-margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: blue; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;Tanizaki,&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: blue; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Éloge de l’ombre,&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: blue; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;, traduction de René Sieffert, dans&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: blue; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Œuvres&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13.5pt; font-family: Garamond; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; color: blue; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;, I, préface de Ninomiya Masayuki, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1997, p. 1484-1485.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10.0pt; font-family: Times; mso-fareast-language: FR;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<name>Ariaga</name>
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<title>Éloge de l'ombre</title>
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<updated>2011-11-14T11:09:59+01:00</updated>
<published>2011-11-14T11:09:59+01:00</published>
<summary>     &amp;nbsp;Photo  Jean Louis BEC   ( tous droits strictement réservés)...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3290949&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://ariaga.hautetfort.com/media/02/00/1570463327.jpg&quot; alt=&quot;écriture,poésie,photo,philosophie,nature,culture,tanizaki,amour&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;Photo &lt;a href=&quot;http://jeanlouisbec.over-blog.com/&quot;&gt;Jean Louis BEC&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; ( tous droits strictement réservés)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Penser aux ténèbres tapies derrière l'ambiguïté de la frontière où se corpusculent dans la pénombre les vagues brûlantes du soleil.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Penser aux chambres obscures où la lumière se glisse dans les interstices des persiennes et raye les corps nus.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Penser aux vibrations vertes de l'ombre sous le feuillage apaisant la moiteur de la chair.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Penser aux reflets profonds de l'or qui brille dans les recoins ombreux des temples, aux clignotements d'une flamme dans le noir et à la fixité fascinante des phares minuscules quand, dans l'obscurité, brillent les yeux du chat.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 30px;&quot;&gt;Et surtout, penser à relire, une fois de plus, l'éloge de l'ombre de Tanizaki.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 90px;&quot;&gt;Ariaga&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Vous pouvez lire sur mon autre blog un texte intitulé &lt;a href=&quot;http://www.ariaga.net/article-c-g-jung-rendre-l-ombre-consciente-88615835.html&quot;&gt;C.G.Jung, rendre l'ombre consciente&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
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<name>Littérature de partout</name>
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<title>Junichiro Tanizaki, Éloge de l'ombre</title>
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<updated>2011-07-19T05:00:00+02:00</updated>
<published>2011-07-19T05:00:00+02:00</published>
<summary>   &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;  Tous les pays du monde...</summary>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-right: 70.55pt; text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Baskerville; font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;img id=&quot;media-3120891&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/02/01/1915680420.jpeg&quot; alt=&quot;images-1.jpeg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;Tous les pays du monde ont certes dû rechercher des accords de couleurs entre les mets, la vaisselle et même les murs&amp;nbsp;; la cuisine japonaise en tout cas, si elle est servie dans un endroit trop bien éclairé, dans de la vaisselle à dominante blanche, en perd la moitié de son attrait. La soupe au &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;miso&lt;/em&gt; rouge, par exemple, que nous consommons tous les matins, voyez un peu sa couleur et vous comprendrez aisément qu’on l’ait inventée dans les sombres maisons d’autrefois. Il m’est arrivé un jour, convié à une réunion de thé, de m’y voir présenter du &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;miso&lt;/em&gt;, et cette soupe bourbeuse, couleur d’argile, que j’avais toujours consommée sans y prêter attention, je lui découvris soudain, en la voyant, à la diffuse lueur des chandelles, qui baignait au fond du bol de laque noire, une réelle profondeur et une teinte des plus appétissantes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-right: 70.55pt; text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Baskerville; font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-tab-count: 1;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;/span&gt;&lt;img id=&quot;media-3120895&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/01/02/349057970.3.jpeg&quot; alt=&quot;images.jpeg&quot; /&gt;[…] le riz tout le premier, sa seule vue, lorsqu’il est présenté dans une boîte de laque noire et brillante déposée dans un coin obscur, satisfait notre sens esthétique et du même coup stimule notre appétit. Ce riz immaculé, cuit à point, amoncelé dans une boîte noire, qui dès l’instant que l’on soulève le couvercle, émet une chaude vapeur, et dont chaque grain brille comme une perle, il n’est pas un seul Japonais qui à sa vue n’en ressente l’irremplaçable générosité. Arrivé à ce point, on se rend compte de ce que notre cuisine s’accorde avec l’ombre, qu’entre elle et l’obscurité il existe des liens indestructibles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-right: 70.55pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Baskerville; font-size: large;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-right: 70.55pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Baskerville; color: #0000ff; font-size: large;&quot;&gt;Tanizaki, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Éloge de l’ombre, &lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;traduction de René Sieffert, dans &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Œuvres&lt;/em&gt;, I, Préface de Ninomiya Masayuki, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1997, p. 1485.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot; lang=&quot;EN-GB&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Littérature de partout</name>
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<title>tanizaki, Eloge de l'ombre</title>
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<updated>2011-04-01T08:00:00+02:00</updated>
<published>2011-04-01T08:00:00+02:00</published>
<summary>     Lorsque j’écoute le bruit pareil à un cri d’insecte lointain, ce...</summary>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2955020&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/02/00/1425371.jpg&quot; alt=&quot;Tanizaki, éloge de l&amp;quot;ombre, laque,yôkan&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Garamond;&quot;&gt;Lorsque j’écoute le bruit pareil à un cri d’insecte lointain, ce sifflement léger qui vrille l’oreille, qu’émet le bol de bouillon posé devant moi, et que je savoure à l’avance et en secret le parfum du breuvage, chaque fois je me sens entrainé dans le domaine de l’extase. Les amateurs de thé, dit-on, au bruit de l’eau qui bout et qui pour eux évoque le bruit du vent dans les pins, connaissent un ravissement voisin peut-être de la sensation que j’éprouve.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Garamond;&quot;&gt;La cuisine japonaise, a-t-on pu dire, n’est pas chose qui se mange, mais chose qui se regarde&amp;nbsp;; dans un cas comme celui-là, je serais tenté de dire&amp;nbsp;: qui se regarde, et mieux encore, qui se médite&amp;nbsp;! Tel est, en effet, le résultat de la silencieuse harmonie entre la lueur des chandelles clignotant dans l’ombre et le reflet des laques. Naguère le maître Sôseki célébrait dans son &lt;em&gt;Kusa-makura&lt;/em&gt; les couleurs des &lt;em&gt;yôkan&lt;a title=&quot;&quot; href=&quot;#_edn1&quot; name=&quot;_ednref&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&quot;MsoEndnoteReference&quot;&gt;1&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; et, dans un sens, ces couleurs ne portent-elles pas elles aussi à la méditation&amp;nbsp;? Leur surface trouble, semi-translucide comme un jade, cette impression qu’ils donnent d’absorber jusque dans la masse la lumière du soleil, de renfermer une clarté indécise comme un songe, cet accord profond de teintes, cette&amp;nbsp; complexité, vous ne les retrouverez dans aucun gâteau occidental. Les comparer à une quelconque crème serait superficiel et naïf.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; text-indent: 35.4pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Garamond;&quot;&gt;Déposez maintenant sur un plat à gâteaux en laque cette harmonie colorée qu’est un &lt;em&gt;yôkan&lt;/em&gt;, plongez-le dans une ombre telle qu’on ait peine à en discerner la couleur, il n’en deviendra que plus propice à la contemplation. Et quand enfin vous portez à la bouche cette matière fraiche et lisse, vous sentez fondre sur la pointe de votre langue comme une parcelle de l’obscurité de la pièce, solidifiée en une masse sucrée, et ce &lt;em&gt;yôkan&lt;/em&gt; somme toute assez insipide, vous lui trouvez une étrange profondeur qui en rehausse le goût.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; font-family: Garamond;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Garamond;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #0000ff;&quot;&gt;Tanizaki, &lt;em&gt;Éloge de l’ombre,&lt;/em&gt;, traduction de René Sieffert, dans &lt;em&gt;Œuvres&lt;/em&gt;, I, préface de Ninomiya Masayuki, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1997, p. 1484-1485.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;&lt;!-- [if !supportEndnotes]--&gt;&lt;br clear=&quot;all&quot; /&gt;&lt;hr align=&quot;left&quot; size=&quot;1&quot; width=&quot;33%&quot; /&gt;&lt;!--[endif]--&gt;&lt;div id=&quot;edn&quot;&gt;&lt;p class=&quot;MsoEndnoteText&quot;&gt;&lt;a title=&quot;&quot; href=&quot;#_ednref&quot; name=&quot;_edn1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class=&quot;MsoEndnoteReference&quot;&gt;1&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Garamond; font-size: small;&quot;&gt;Le yokan est une pâtisserie traditionnelle sucrée composée de pâte de haricot rouge gélifiée avec de l'agar agar. Le yokan ressemble à de la pâte de fruit mais est beaucoup plus fin. Le yokan se déguste souvent autour d'une tasse de thé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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<name>SUR du VENT par Henri CHEVIGNARD</name>
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<title>Et si le stylo...</title>
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<id>tag:surduvent.hautetfort.com,2006-08-24:613465</id>
<updated>2006-08-24T23:00:33+02:00</updated>
<published>2006-08-24T23:00:33+02:00</published>
<summary>Dans Eloge de l'Ombre, Junichiro TANIZAKI, sur le mode de la rêverie, imagine...</summary>
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Dans Eloge de l'Ombre, Junichiro TANIZAKI, sur le mode de la rêverie, imagine ce qu'aurait pu être le stylo, s'il avait été inventé par un japonais.&lt;br /&gt; Tout d'abord, il lui paraît évident que la pointe métallique n'aurait jamais vu le jour, au profit d'un système privilégiant la plume. De là, l'emploi de l'encre de Chine se serait imposé.&lt;br /&gt; Dès lors, le papier utilisé traditionnellement dans son pays (que nous appelons aujourd'hui &quot;japon impérial&quot;) aurait été le plus adapté, pour sa texture&amp;nbsp; et ses dimensions, supérieures à notre 21X29,7.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Jusque là, on est dans l'uchronie: l'auteur s'amuse à modifier un événement historique, pour dérouter la cascade de ses conséquences.&lt;br /&gt; Mais il va plus loin quand il affirme que le contenu même de la littérature japonaise en aurait été bouleversé. Car selon lui, l'occidentalisation des outils entraîne nécéssairement l'effacement de la pensée orientale et le grippage de ses mécanismes.&lt;br /&gt; En imposant son stylo et son papier, l'Occident a pesé sur la conception qu'on peut avoir de l'écriture, au point que la construction des romans japonais s'y est pliée, au point de gommer de plus en plus les différences entre les écrits des deux origines.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Un type de réflexion dont on est incapable, lorsqu'on est dans le camp des vainqueurs...
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