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<title>Last posts on solidarnosc</title>
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<updated>2026-04-23T04:28:59+02:00</updated>
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<name>Cinéma militant</name>
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<title>L'homme du peuple (Wałęsa. Człowiek z nadziei)</title>
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<updated>2015-12-08T12:36:00+01:00</updated>
<published>2015-12-08T12:36:00+01:00</published>
<summary>   Réalisation:  Andrzej Wajda   Année de sortie:  2013   Pays:  Pologne...</summary>
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&lt;p lang=&quot;zxx&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-5235864&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://cinemamilitant.hautetfort.com/media/01/02/2232890831.jpg&quot; alt=&quot;L'homme du peuple (Wałęsa. Człowiek z nadziei ),lech walesa,syndicalisme,solidarnosc,grève,émeute,répression,prison,chute du mur,pologne,andrzej wajda,2013&quot; /&gt;Réalisation:&lt;/strong&gt; Andrzej Wajda&lt;/p&gt;&lt;p lang=&quot;zxx&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Année de sortie:&lt;/strong&gt; 2013&lt;/p&gt;&lt;p lang=&quot;zxx&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pays:&lt;/strong&gt; Pologne&lt;/p&gt;&lt;p lang=&quot;zxx&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Durée:&lt;/strong&gt; 2 h&lt;/p&gt;&lt;p lang=&quot;zxx&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-align: justify;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Ce film reconstitue l'engagement de Lech Walesa de 1970 à la chute du mur. Électricien de métier, licencié et arrêté de nombreuses fois, catholique, marié et père de six enfants, Walesa sera la figure de proue du mouvement Solidarnosc (en français: Solidarité) - le premier syndicat libre de Pologne et des pays d'Europe de l'Est depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale - qui contribuera à ébranler le système dit soviétique.&lt;/p&gt;&lt;p lang=&quot;zxx&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Comportant un faible nombre d'images d'archives, le récit est entrecoupé de l'entretien que Walesa accorda en 1981 à la journaliste et essayiste italienne Oriana Fallaci (1929-2006).&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p lang=&quot;zxx&quot; style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;La bande-annonce (VOstFR):&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;365&quot; height=&quot;260&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/0svOt0iN2d0?rel=0&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen=&quot;allowfullscreen&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Boreas</name>
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<title>Principes de révolution non-violente</title>
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<updated>2013-09-28T18:39:00+02:00</updated>
<published>2013-09-28T18:39:00+02:00</published>
<summary>    &amp;nbsp;   (...) Dans les situations où les gens se sentent impuissants et...</summary>
<content type="html" xml:base="http://verslarevolution.hautetfort.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://verslarevolution.hautetfort.com/images/Solidarnosc%20par%20Krauze.gif&quot; alt=&quot;Solidarnosc%20par%20Krauze.gif&quot; width=&quot;560&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;(...) Dans les situations où les gens se sentent impuissants et effrayés, il est important que les tâches qui leur sont initialement confiées présentent peu de risques, leur apparaissent constructives et les mettent en confiance. Ce genre d’actions – par exemple porter des vêtements de manière inhabituelle – donne au public l’occasion de marquer sa différence d’opinion et de participer de manière significative à des actes de dissidence. Dans d’autres cas, un sujet non politique et apparemment mineur – comme assurer la sécurité d’approvisionnement en eau – peut devenir le point de fixation des actions d’un groupe. Les stratèges doivent choisir une cause dont les mérites seront largement reconnus et difficiles à rejeter. Le succès de telles campagnes limitées devrait non seulement résoudre un problème, mais aussi convaincre la population qu’elle possède un vrai pouvoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;La plupart des stratégies de campagnes à long terme ne doivent &lt;em&gt;pas&lt;/em&gt; viser à la chute rapide de la dictature mais plutôt à atteindre des objectifs limités. De même, toutes les campagnes ne nécessitent pas la participation de toute la population.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;En réfléchissant à la série de campagnes qui constituent la stratégie globale, les stratèges de la défiance politique doivent examiner comment les campagnes – au début, au milieu et près de leur conclusion – diffèrent les unes des autres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;La résistance sélective &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Lors des premières étapes de la lutte, des campagnes séparées avec différents objectifs spécifiques peuvent être très utiles. De telles campagnes sélectives peuvent se succéder. Parfois, deux ou trois peuvent se dérouler simultanément.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;En planifiant une stratégie de «&amp;nbsp;résistance sélective&amp;nbsp;», il est nécessaire d’identifier des questions ou des griefs qui symbolisent l’oppression générale de la dictature. De telles questions peuvent devenir les cibles appropriées pour des campagnes qui permettront de gagner des objectifs stratégiques intermédiaires, s’insérant bien sûr dans la stratégie globale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Ces objectifs stratégiques intermédiaires doivent être réalisables, donc être dans les possibilités actuelles ou futures des forces démocratiques. Cela permet d’assurer une série de victoires bonnes pour le moral, et contribue aussi à des changements progressifs dans les relations de pouvoir, profitables pour le combat à venir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Les stratégies de résistance sélective devraient se concentrer essentiellement sur des questions spécifiques d’ordre social, économique ou politique. Elles peuvent être choisies en vue de maintenir une part du système social et politique hors du contrôle du dictateur, afin de regagner des parts actuellement sous son contrôle, ou encore afin de l’empêcher d’atteindre un objectif particulier. Si possible (...), la campagne de résistance sélective devrait aussi frapper un ou plusieurs points faibles de la dictature. Ainsi, les démocrates auront le meilleur impact possible compte tenu de leurs moyens.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Les stratèges doivent planifier très tôt les stratégies pour leur première campagne. Quels seront ses objectifs limités&amp;nbsp;? Comment contribueront-ils à la réalisation de la stratégie globale retenue&amp;nbsp;? Si possible, il est sage de formuler aussi les grandes lignes des stratégies pour la deuxième et, éventuellement, la troisième campagne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Toutes ces stratégies devront mettre en œuvre la stratégie globale et opérer selon ses lignes directrices.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le défi symbolique&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Au début d’une campagne visant à saper les fondements d’une dictature, les premières actions spécifiquement politiques peuvent avoir une portée limitée. Elles sont destinées, en partie, à tester et influencer les intentions de la population, et à la préparer à continuer la lutte par la non-coopération et la défiance politique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;L’action initiale peut prendre la forme d’une protestation symbolique ou d’un acte symbolique de non-coopération, limité ou temporaire. S’il y a peu de volontaires pour agir, le premier acte peut consister par exemple à mettre des fleurs à un emplacement symbolique. Par contre, si le nombre de volontaires est très important, on peut observer une pause de cinq minutes dans toutes les activités ou pratiquer plusieurs minutes de silence. En d’autres circonstances, quelques individus pourraient entreprendre une grève de la faim, une veillée à un endroit d’importance symbolique, un bref boycott des cours par les étudiants ou un sit-in temporaire dans un bureau important. Sous une dictature, ces actions plutôt agressives rencontreraient probablement une répression sévère.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Certains actes symboliques, tels qu’une occupation physique devant le palais du dictateur ou le siège de la police politique, peuvent entraîner un grand risque et ne sont pas recommandées pour démarrer une campagne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Les actions initiales de protestation symbolique ont parfois attiré une large attention nationale et internationale, comme ce fut le cas des manifestations de rue en Birmanie en 1988, ou de l’occupation étudiante et de la grève de la faim sur la place Tienanmen à Pékin en 1989. Les pertes importantes des manifestants dans ces deux cas montrent bien qu’il est impératif pour les stratèges de prendre soin de planifier les campagnes. Bien qu’elles aient un formidable impact moral et psychologique, de telles actions ne suffisent pas pour abattre une dictature. Elles demeurent largement symboliques et ne changent rien à la position du pouvoir dictatorial.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Il est rarement possible de couper les dictateurs de leurs sources de pouvoir complètement et rapidement dès le début de la lutte. En pratique, cela reviendrait à demander à la totalité de la population et à presque toutes les institutions de la société – qui avaient été jusque-là largement soumises – de rejeter définitivement le régime dans son ensemble et de le défier subitement par une non-coopération forte et massive. Cela ne s’est jamais vu et serait très difficile à réaliser. Donc, dans la plupart des cas, une campagne rapide de non-coopération et de défiance totale serait une stratégie irréaliste pour une première phase.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Distribuer la responsabilité de la lutte&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Lors d’une campagne de résistance sélective, le poids de la lutte est normalement supporté par une ou plusieurs sections de la population. Lors de la campagne suivante, avec un autre objectif, le fardeau de la lutte est déplacé vers d’autres groupes de population. Par exemple, des étudiants peuvent mener des grèves concernant des questions d’éducation, des dirigeants religieux et des croyants peuvent se concentrer sur une affaire liée à la liberté religieuse. Parallèlement, les cheminots peuvent se mettre à obéir scrupuleusement aux règles de sécurité afin de ralentir tout le système de transport. Des journalistes peuvent défier la censure en laissant des espaces vides là où des articles interdits auraient dû apparaître. Des policiers peuvent à plusieurs reprises rater la localisation et l’arrestation de membres recherchés de l’opposition démocratique. En échelonnant les campagnes par types de problèmes et par groupes de population, on permet à des segments de population de se reposer alors que la résistance continue.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;La résistance sélective est tout spécialement importante &lt;em&gt;pour défendre&lt;/em&gt; l’existence et l’autonomie des groupes et des institutions politiques, économiques et sociaux indépendants hors du contrôle de la dictature. Leur importance a été discutée précédemment. Ces centres de pouvoir fournissent les bases institutionnelles à partir desquelles la population peut faire pression ou résister aux contrôles de la dictature. Durant la lutte, ils risquent d’être parmi les premières cibles de la dictature.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Viser le pouvoir du dictateur&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Tandis que la lutte à long terme se développe au-delà des stratégies initiales vers des étapes plus avancées et plus ambitieuses, les stratèges doivent calculer la manière de restreindre encore les sources de pouvoir des dictateurs. Le but est de se servir de la non-coopération populaire pour créer une nouvelle situation stratégique plus avantageuse pour les forces démocratiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Alors que les forces de la résistance démocratique deviennent de plus en plus puissantes, les programmateurs mettent en place des stratégies de non-coopération et de défiance politique plus ambitieuses qui permettent de tarir plus encore les sources de pouvoir de la dictature. Le but est de créer une paralysie politique croissante et, finalement, de désintégrer de la dictature elle-même.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Il est nécessaire de planifier avec soin la manière dont les forces démocratiques peuvent affaiblir le soutien que des gens et des groupes offraient jusque-là à la dictature. Ce soutien sera-t-il réduit par la révélation des brutalités perpétrées par le régime, par la révélation des conséquences économiques désastreuses de la politique du dictateur ou par la prise de conscience de la possibilité de mettre fin à la dictature&amp;nbsp;? Ceux qui soutiennent la dictature devraient au moins être incités à se montrer «&amp;nbsp;neutres&amp;nbsp;», ou même, de préférence, à devenir des soutiens actifs du mouvement pour la démocratie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Tout en planifiant et en exécutant la défiance politique et la non-coopération, il est très important d’étudier de près les principaux supporters et aides du dictateur, y compris les services secrets, le parti politique, la police, les administrations, mais tout spécialement l’armée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Le degré de loyauté au dictateur des forces militaires, des soldats et des officiers, doit être soigneusement évalué. Quelle est leur sensibilité aux idées des forces démocratiques&amp;nbsp;? Y aurait-il chez les soldats de base des conscrits malheureux ou effrayés&amp;nbsp;? Des soldats et officiers se sentiraient-ils assujettis par le régime pour des raisons personnelles, familiales ou politiques&amp;nbsp;? Quels autres facteurs pourraient rendre les soldats et officiers vulnérables à la subversion démocratique&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Très tôt dans la lutte pour la libération, il s’agit de développer une stratégie qui permette de communiquer avec les troupes et les fonctionnaires du dictateur. Par des mots, des symboles et des actes, les forces démocratiques peuvent informer les troupes que la lutte pour la libération sera vigoureuse, déterminée et durable. Les militaires doivent savoir que la lutte aura un caractère spécial, qu’elle sera destinée à miner la dictature mais qu’elle ne menacera pas leurs vies. Ces efforts visent à miner à la longue le moral des troupes du dictateur et en fin de compte à subvertir leur loyauté et leur obéissance au profit du mouvement démocratique. Des stratégies similaires peuvent viser la police et les fonctionnaires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Il ne faudrait pas que les tentatives pour gagner la sympathie et inciter à la désobéissance dans les rangs du dictateur soient interprétées comme un encouragement adressé aux forces armées à renverser rapidement la dictature par une action militaire. Ce scénario ne conduirait probablement pas à une démocratie qui fonctionne. Comme nous l’avons dit, un coup d’État ne corrige guère le déséquilibre des relations de pouvoir entre le peuple et les dirigeants. Il sera donc nécessaire de prévoir la manière de faire comprendre aux militaires sympathisants que ni un coup d’État militaire, ni une guerre civile contre le dictateur n’est requis ni souhaitable.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Des officiers sympathisants peuvent jouer un rôle vital dans la lutte démocratique, comme répandre la désaffection et la non-coopération parmi les forces militaires, encourager des inefficacités délibérées, et soutenir la décision d’ignorer discrètement des ordres et de refuser de poursuivre la répression. Le personnel militaire peut aussi offrir différentes formes d’assistance non-violente au mouvement démocratique, comme la possibilité de se déplacer en sécurité, mais aussi des informations, du ravitaillement, de l’approvisionnement médical, etc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;L’armée est l’une des plus importantes sources de pouvoir des dictateurs parce qu’elle peut utiliser ses unités militaires disciplinées et ses armes directement pour attaquer et punir une population désobéissante. &lt;em&gt;Les stratèges de la défiance politique doivent se souvenir qu’il sera extraordinairement difficile, sinon impossible, de désintégrer la dictature si la police, les fonctionnaires et les forces militaires soutiennent pleinement le régime, en obéissant et en exécutant ses ordres.&lt;/em&gt; Les stratégies visant à réduire la loyauté des forces du dictateur devraient donc être considérées par les stratèges démocrates comme une priorité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Les forces démocratiques doivent cependant se rappeler que la désaffection et la désobéissance au sein des forces militaires ou de la police sont hautement dangereuses pour leurs membres. Les soldats et les policiers peuvent s’attendre à des sanctions sévères pour la moindre désobéissance et même à l’exécution en cas de mutinerie. Il ne faut donc pas leur demander de se mutiner trop tôt. Par contre, si la communication est possible, il faut expliquer clairement qu’il existe une multitude de formes de «&amp;nbsp;désobéissance déguisée&amp;nbsp;», relativement sans danger et praticables dès le début. Par exemple, la police et la troupe peuvent suivre les instructions de répression de manière inefficace, rater la localisation de personnes, prévenir des résistants d’imminentes répressions, d’arrestations ou de déportations, ou encore négliger de communiquer une information importante à leurs officiers supérieurs. Des officiers protestataires peuvent négliger de transmettre des ordres de répression vers le bas de la chaîne de commandement. Des soldats peuvent tirer au-dessus de la tête de manifestants. De même, les fonctionnaires peuvent perdre des dossiers et des instructions, travailler de manière inefficace et se déclarer «&amp;nbsp;malades&amp;nbsp;» au point d’avoir besoin de rester chez eux jusqu’à leur «&amp;nbsp;guérison&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Changements de stratégie&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Les stratèges de la défiance politique devront sans cesse évaluer la mise en œuvre de la stratégie globale et des stratégies de campagnes spécifiques. Il est possible, par exemple, que la lutte ne se passe pas aussi bien que prévu. Dans ce cas, il sera nécessaire de définir des changements stratégiques qui pourraient être requis. Qu’est-ce qui peut être fait pour augmenter la force du mouvement et reprendre l’initiative&amp;nbsp;? Dans une telle situation, il sera nécessaire d’identifier le problème, de faire une réévaluation stratégique et peut-être de confier le fardeau de la lutte à un autre groupe de la population, de mobiliser des sources de pouvoir supplémentaires et de développer de nouveaux axes d’actions. Lorsque cela sera fait, le nouveau plan devra être mis en œuvre immédiatement. À l’inverse, si la lutte s’est déroulée mieux que prévu et si la dictature commence à s’effondrer plus vite qu’on ne s’y attendait, la question sera de savoir comment les forces démocratiques pourront capitaliser sur ces gains inattendus et se mettre en position de paralyser le dictateur. (...)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Les effets cumulés de campagnes de défiance politique bien menées et victorieuses renforceront progressivement la résistance en augmentant le nombre des domaines de la société dans lesquels la dictature rencontre des obstacles à l’exercice de son contrôle. Ces campagnes fourniront aussi une expérience importante des manières de refuser la coopération et d’utiliser la défiance politique. Cette expérience sera d’un grand secours lorsque viendra le temps de la non-coopération et de la défiance à grande échelle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;(...) nous avons vu que l’obéissance, la coopération et la soumission étaient essentielles pour que les dictatures soient puissantes. Sans accès aux sources de pouvoir politique, le pouvoir du dictateur s’affaiblit et finalement se dissout. Les lui retirer est donc la principale action requise pour désintégrer une dictature. Il serait utile de passer en revue la manière dont les sources de pouvoir peuvent être affectées par la défiance politique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Des actes symboliques de répudiation et de défiance sont au nombre des moyens disponibles pour miner &lt;em&gt;l’autorité&lt;/em&gt; politique et morale du régime, sa légitimité. Plus grande est l’autorité du régime, plus grandes et plus fiables seront l’obéissance et la coopération dont il bénéficiera. La désapprobation morale doit s’exprimer par des actions afin de menacer réellement l’existence de la dictature. La rupture des relations de coopération et d’obéissance est nécessaire pour couper la disponibilité des sources du pouvoir du régime.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;La seconde source importante du pouvoir se situe dans les &lt;em&gt;ressources humaines&lt;/em&gt;, c’est le nombre et l’importance des personnes et groupes qui obéissent, assistent ou coopèrent avec les dirigeants. Si la non-coopération est pratiquée par de larges parts de la population, le régime sera en grande difficulté. Par exemple si les fonctionnaires ne travaillent plus aussi efficacement qu’en temps normal, ou même restent chez eux, l’appareil administratif sera gravement atteint.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;De même, si parmi les personnes et groupes qui refusent de coopérer on trouve ceux qui fournissaient auparavant des &lt;em&gt;compétences et connaissances&lt;/em&gt; spécialisées, alors les dictateurs verront leur capacité d’imposer leur volonté sérieusement réduite. Il se pourrait même qu’ils perdent leur capacité à être bien informés avant de prendre des décisions et à développer des politiques efficaces.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Si l’on affaiblit ou retourne au profit des démocrates les influences psychologiques et idéologiques – appelées &lt;em&gt;facteurs intangibles&lt;/em&gt; – qui normalement conduisent les gens à obéir ou assister les dirigeants, la population aura tendance à désobéir et à ne plus coopérer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;L’accès des dictateurs aux &lt;em&gt;ressources matérielles&lt;/em&gt; aussi affecte directement leur pouvoir. Lorsque des opposants réels ou potentiels au régime ont entre leurs mains les ressources financières, le système économique, la propriété, les ressources naturelles, les transports et les moyens de communication, une autre source majeure du pouvoir est vulnérable ou supprimée. Les grèves, les boycotts, et une plus grande autonomie de l’économie, des communications et des transports affaibliront le régime.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Comme nous l’avons vu, la capacité des dictateurs à menacer ou appliquer des &lt;em&gt;sanctions&lt;/em&gt; – punitions contre les éléments agités, désobéissants et non coopératifs de la population – est une source centrale du pouvoir. Elle peut être affaiblie de deux manières. D’abord si la population est préparée, comme dans une guerre, à affronter des conséquences sérieuses et à payer le prix de la défiance, l’efficacité des sanctions disponibles sera fortement réduite (puisque la répression des dictateurs n’apportera pas de soumission). Deuxièmement, si la police et les forces militaires elles-mêmes se désolidarisent du régime, elles peuvent, individuellement ou massivement, ignorer ou carrément défier les ordres d’arrêter, de battre ou de tirer sur des résistants. Si les dictateurs ne peuvent plus compter sur la police et les forces militaires pour assurer la répression, leur système se trouvera fortement menacé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;En résumé, le succès contre une dictature bien établie et défendue exige le recours à la non-coopération et à la défiance, ceci afin de réduire puis de retirer les sources de pouvoir du régime. Sans une constante réalimentation des sources indispensables de son pouvoir, la dictature s’affaiblit et finalement se désintègre. Une planification stratégique, définie avec compétence, de la défiance politique contre des dictatures nécessite donc de cibler les sources de pouvoir les plus importantes des dictateurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’escalade vers la liberté&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Associée à la défiance politique lors de la phase de résistance sélective, la montée en puissance d’institutions sociales, économiques, culturelles ou politiques augmente progressivement «&amp;nbsp;l’espace démocratique&amp;nbsp;» de la société et réduit l’espace contrôlé par la dictature. En renforçant les institutions civiles face aux dictateurs, une société indépendante se construit hors de leur contrôle. Si la dictature intervient pour arrêter cette escalade vers la liberté, la lutte non-violente peut alors être mise en œuvre pour défendre l’espace nouvellement gagné et la dictature devra faire face à un nouveau front de lutte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span styl
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<name>Zed</name>
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<title>2013 : la France paupérisée...</title>
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<updated>2013-01-03T10:05:00+01:00</updated>
<published>2013-01-03T10:05:00+01:00</published>
<summary>  Nous reproduisons ci-dessous un article, malheureusement parfaitement...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Nous reproduisons ci-dessous un article, malheureusement parfaitement juste, de &lt;strong&gt;Cathy Cardaillac&lt;/strong&gt;, cueilli sur &lt;a href=&quot;http://www.polemia.com/index.php&quot;&gt;&lt;em&gt;Polémia&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et consacré à la paupérisation galopante qui gagne notre pays...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3905791&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/media/01/00/1689712348.jpg&quot; alt=&quot;sdf métro.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il pleut dans les couloirs du RER&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;La France d'aujourd'hui, c'est la Pologne des années 1980&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Il y a la pauvreté d’abord. La récente « conférence contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale » s’en est inquiétée, débouchant sur un « pacte de solidarité » annoncé par le premier ministre. Autant de jolis mots qui masquent très mal la terrible réalité : 9 millions de personnes, soit 14% de la population, vivent en dessous du seuil de pauvreté (fixé à 964 euros par mois pour une personne seule). La réalité crue de la pauvreté nous saute de plus en plus violemment à la figure. Les bidonvilles ont refait leur apparition tout le long du périphérique, le bois de Vincennes est investi été comme hiver par des sans-abris vivant sous la tente, les marchés de biffins permettent à ces pauvres de gagner 5 euros par jour en vendant de la nourriture périmée à d’autres pauvres. A côté de cette misère – très souvent d’importation –, il y a aussi la pauvreté petite bourgeoise, celle de ces Français qui vous demandent discrètement un euro ou deux pour manger, ou qui renoncent à chauffer leur logement. Ce n’est pas l’augmentation prévue du RSA qui va remédier au problème. Si le choix politique de l’assistanat marchait, ça se saurait. La préférence française pour l’assistanat est, au contraire, le terreau de la pauvreté, notamment parce qu’il encourage son importation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il pleut dans le RER &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;La pauvreté n’est pas qu’individuelle. En témoigne l’indigence des infrastructures. Certes, le TGV est formidable, mais de moins en moins de gens le prennent car son prix a explosé. L’usage d’une voiture, et même sa simple possession, étant devenu un luxe, nombreux sont ceux qui sont de fait assignés à résidence, comme l’étaient les malheureux Polonais que nous regardions avec pitié dans les années 1980.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Parlons donc des infrastructures que nous pouvons ou devons utiliser, celles du quotidien en région parisienne. Il pleut dans le RER. Non, j’exagère, il ne pleut pas encore sous terre, mais l’humidité suinte des murs et des plafonds lépreux et l’usager slalome entre les flaques et le troupeau. Le RER est plein toute la journée, mais aux heures de pointe, les gens sont traités comme du bétail. Pas comme des salers sur les pentes du massif Central, non, comme du bétail de batterie. En plus d’être inhumaines et dégradantes, les conditions de transport sont telles qu’elles sont dangereuses. Il y aura des morts un jour, et d’ailleurs il y en a déjà (agressions, « pousseurs »). Autre joie du transport, le défilé de mendiants de toute sorte qui énervent ou émeuvent (et dans le dernier cas finissent par coûter cher). Le métro de Moscou, au moins, était propre, beau et ordonné.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;« Vous avez vu leur tête ? » &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Et la profonde dépression qui se lit sur les visages… Où est la Parisienne des gravures de mode et celle que s’imaginent les étrangers ? Les femmes que l’on voit dans les transports en commun n’ont pas plus envie de s’habiller que les Polonaises des années 1980. Là, l’argent seul n’est pas en cause. C’est bien l’envie qui manque. L’envie de plaire, l’envie de se plaire, l’envie de se faire beau pour les autres, pour paraître en société.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;A quoi bon se faire beau dans une société aussi laide ? En haut, il y a les soi-disant « élites », en fait la nouvelle nomenklatura : footeux, mannequins, acteurs, chanteurs, politiques et « grands » journalistes, en vacances d’hiver à Marrakech en leur &lt;em&gt;riad&lt;/em&gt;. Et en dessous il y a tous les autres – même ceux qui ne s’en rendent pas encore compte – voués à des autoroutes trop chères, à des routes saturées, à des transhumances annuelles et à des séjours touristiques de plus en plus brefs. Invités à se précipiter dans des magasins encore ouverts le 23 et le 24 décembre jusqu’à minuit pour pouvoir acheter leurs « derniers cadeaux ». Il y a la consommation pour les pauvres – les cadeaux &lt;em&gt;made in China&lt;/em&gt; achetés dans la cohue – et celle pour les riches, l’équivalent français et actuel des magasins d’Etat soviétiques et des &lt;em&gt;beriozka&lt;/em&gt; réservées aux possesseurs de devises. La malbouffe pour le grand nombre, et la gastronomie pour les riches. En région parisienne, voit-on encore des ouvriers manger dans des petits restos ? Non, les ouvriers vont à la boulangerie s’acheter une quiche qu’ils mangent dehors, comme les étudiants, comme les « profs » (on n’ose plus parler de professeurs), comme les employés de bureau dont les tickets restaurant couvrent non pas le prix d’un resto mais celui d’une quiche et d’une boisson gazeuse à la Défense.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;« C’est la débandade généralisée ! » &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;La pauvreté collective, c’est aussi celle des services publics en déshérence. Hôpital, école, université, police, justice, armée, la paupérisation avancée gangrène tous ces secteurs. A la poste, vous avez de la chance si vos cartes de vœux ne mettent pas plus d’une semaine à arriver et si vos colis ne sont pas ouverts et pillés. Il est un domaine toutefois où l’Etat français sait encore être efficace : le recouvrement de l’impôt, surtout sur les classes moyennes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;« Joyeuses fêtes ! »&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;La pauvreté collective est aussi spirituelle. Haine de soi et démoralisation imposée aux Français, avec pour résultat une défrancisation massive, manifeste dans la langue de tous les jours, les prénoms, la disparition de l’histoire de France. La belle fête de Noël est réduite à la surconsommation alimentaire et matérielle, sans plus aucune référence chrétienne. D’ailleurs le mot même de Noël, pas assez « inclusif », tend à être remplacé par celui de « fêtes ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Big brother&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;est partout&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Et pire que tout, le mensonge permanent dans lequel nous vivons, et l’autocensure. Car la police de la pensée rôde, certes, sans violence physique, mais après tout même la Stasi utilisait plus la contrainte psychologique que la violence physique. Est-on libre quand on risque son travail ou un contrôle fiscal pour penser et surtout vouloir faire savoir que l’immigration n’est pas forcément une chance pour la France, que l’avenir européen n’est pas radieux et/ou que le pays est dirigé de façon catastrophique et irresponsable depuis 30 ans ? Pierre Sautarel a été convoqué une quinzaine de fois au commissariat en un an par des autorités qui l’accusent d’être responsable du blog fdesouche. Pour l’affaire de la mosquée de Poitiers, quatre militants ont été mis en examen et contraints à se présenter chaque semaine au commissariat de Poitiers, même quand ils habitent à l’autre bout de la France. Leur porte-parole a été viré de son école et est convoqué au commissariat le 31 décembre au soir. L’arsenal répressif est riche, entre les lois liberticides et les intimidations et vexations de toute sorte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt; 300 000 à 400 000 citoyens français vivent dans la capitale britannique &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Et puis, il y a l’exode de tous ceux qui le peuvent : les riches, mais aussi les jeunes, et ceux qui ont un diplôme vendable à l’étranger. Le phénomène est absolument massif et n’a pas encore fait l’objet de la prise de conscience qu’il mérite. La dette, la paupérisation, les bidonvilles, même, tout cela a fait l’objet ou est en train de faire l’objet d’une prise de conscience : même le JT de France 2 en parle ! Quand les médias parlent de l’émigration – qu’ils préfèrent d’ailleurs qualifier du nom euphémisant d’expatriation – c’est pour la présenter comme un phénomène positif, et non comme la véritable sécession à bas bruit qu’elle est souvent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt; La drogue, la recherche du bonheur ou le rejet de la débine ? &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Pour ceux qui ne peuvent pas changer de vie, il y a aussi la fuite dans la drogue ou dans les médicaments psychotropes. Les jeunes Français sont les plus gros consommateurs de cannabis et les Français (surtout les femmes) sont champions du monde de la consommation d’antidépresseurs, anxiolytiques et somnifères. Comme toujours, on accuse les médecins, qui prescrivent trop, paraît-il. Mais ne faudrait-il pas s’interroger plutôt sur le besoin auquel ces médecins répondent ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Conclusion : les Français sont pauvres et malheureux ! &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Les Français vivent mal, les Français sont pauvres. Le Tiers-Monde sans le soleil, c’est ça la France d’aujourd’hui. Face à une telle dépression, il n’y a qu’une alternative : la renaissance ou le suicide. En Pologne, pendant l’Avent, il y a des chorales d’enfant, des crèches et des vendeurs de carpes à tous les coins de rue. Toute l’année, les ouvriers et les employés mangent au restaurant, dans des restaurants où la patronne fait la cuisine. Trouverons-nous notre Solidarnosc ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cathy Cardaillac&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Polémia&lt;/em&gt;, 26 décembre 2012)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
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<name>C.CF</name>
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<title>Août 80, sur les docks de Gdansk</title>
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<updated>2011-08-18T20:21:00+02:00</updated>
<published>2011-08-18T20:21:00+02:00</published>
<summary>  Encore un lézard de l’Histoire.     P  ar hasard, je tombe sur un article...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small; color: #000000;&quot;&gt;Encore un lézard de l’Histoire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;P&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;ar hasard, je tombe sur un article de JM Bougereau (ex Libé de 1974 à 1987) paru en septembre 2008. Il retrace l’histoire d’un reportage qu’il réalisa au moment des &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #333399;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lescommunistes.org/spip.php?article731&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #333399;&quot;&gt;&lt;strong&gt;accords de Gdansk&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; signés en août 1980 pour un portrait de Lech Walesa. Il en ressort « Anna Walentynowicz : la véritable héroïne de Gdansk ». &lt;br /&gt;Un documentaire sur Arte, très bien fait si j’en crois mes souvenirs, suivra. Il est intitulé «&amp;nbsp;Anna Walentynowicz, dans l’ombre de Lech Wałęsa&amp;nbsp;» (Emmy Awards en 2001 pour l’instant indisponible sur le net). Il actualise les souvenirs de JM Bougereau.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;Je situe l’anecdote, historique, dans le fait que, «&amp;nbsp;li&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;cenciée sans aucune possibilité de recevoir une retraite, alors même qu’il lui manquait seulement 5 mois de travail&amp;nbsp;», dans un contexte de fortes revendications sociales et par solidarité avec Anna Walentynowicz, une grève est entamée à cette occasion, qui donnera naissance au syndicat Solidarność dont Anna W. aura été&amp;nbsp; très discrètement reconnue comme co-fondatrice avec Lech Walesa. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;Récit&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;«&amp;nbsp;(…) Ému d'avoir revu (ndlr. Documentaire Arte) cette petite bonne femme que, naïvement, je croyais décédée et que je viens de voir venir aux portes des chantiers navals de Gdynia, où les ouvriers sont de nouveau en grève parce que la direction ne leur donne pas la possibilité de manger chaud malgré le froid de ces villes de la côte baltique. Elle arrive devant les grilles du chantier à petits pas et les ouvriers, de l'autre côté de la grille, scandent des « Merci ! » à n'en plus finir.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://lesillon04.hautetfort.com/media/01/01/2630393188.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3162371&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lesillon04.hautetfort.com/media/01/01/1662634874.jpg&quot; alt=&quot;Gdansk, Anna Walentynowicz, Lech Walesa &quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;Rappelons son histoire : &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt; Ouvrière des chantiers navals de Gdansk et travaillant en tant qu’opératrice des grues, elle commence des activités associatives pour les ouvriers dans les années 70. Pour son appartenance à une association indépendante, elle reçoit le 7 août 1980, comme sanction disciplinaire, d’être licenciée sans aucune possibilité de recevoir une retraite, alors même qu’il lui manquait seulement 5 mois de travail avant la retraite. La décision de la direction entraîne une grève qui a donné naissance au syndicat NSZZ Solidarność dont elle est la co-fondatrice avec Lech Wałęsa. Figure de proue de ce syndicat, elle y a joué un rôle crucial et en a subi les conséquences, ayant été condamnée à vingt ans de prison pour ses activités et ayant passé de nombreux mois en prison. Ses compagnons se souviennent entre autres de son discours pour maintenir la grève, qui a emporté l'adhésion du reste de la direction contre l'avis de Wałęsa, et à un moment critique pour la continuité du mouvement. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt; Ce documentaire m'a rappelé une anecdote vécue dans les semaines qui suivirent les accords de Gdansk. Solidarność n'existait pas encore officiellement. Mais de facto. Le siège du syndicat se tenait à l'hôtel de la mer, où, envoyé spécial de Libération, je passais de nombreuses journées. Je me souviens avoir rencontré Anna pour faire un portrait d'elle et lui demander de me trouver des documents sur la période clandestine du comité qui donna l'essentiel de ses cadres à Solidarność.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt; Un jour une ouvrière qui servait &quot;d'attachée de presse&quot; à Lech Wałęsa, qui était devenu en quelques semaines une star mondiale, me proposa d'assister à l'une de ces conférences de presse que &quot;Lechek&quot; tenait régulièrement avec les &quot;touristes politiques&quot; venus de toute l'Europe, un peu comme au Portugal lors de la révolution des œillets. Je refusais, n'acceptant que de voir Wałęsa en tête à tête pendant un temps suffisant pour réaliser une véritable interview du leader du mouvement. Puis, cette possibilité semblant vaine, Libération étant peu connu en Pologne, j'acceptai. J'assistai donc à la verve oratoire de Lech Wałęsa face ces touristes politiques émerveillés par la proximité de cette vedette et dont les questions étaient toutes complaisantes. Je sentais Wałęsa bicher devant ce public acquis à sa cause et à sa personne. Puis, au beau milieu, entra Anna Walentynowicz qui me cherchait pour me donner quelques uns des tracts clandestins qu'elle avait trouvés. À ce moment-là, je sentis comme de mauvaises ondes venant de Wałęsa. Et je vis qu'il se demandait qui était ce jeune type qu'Anna venait voir, quitte à troubler la conférence de la star.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt; La conférence se termina avec quelques questions impertinentes de ma part auxquelles il répondit par des pirouettes. Puis, la messe étant dite, je sortis. Et Maria, &quot;l'attachée de presse&quot; de Wałęsa, me prit à part pour me dire que &quot;Lechek&quot; voulait me voir. Il sortit et, alors que je ne lui avais rien demandé, il me signa un &quot;ex libris&quot; à son nom, à moi qui n'ai jamais demandé d'autographe à personne. Dès ce jour, je commençai à me méfier de Lech Wałęsa, sans, évidemment, lui retirer ses mérites. À me méfier de cette grande gueule bravache, ce qui m'amena, lors de son voyage à Rome pour voir le Pape, à écrire dans Libération un portrait peu dans le ton général d'une presse qui l'encensait. Un portrait sucré-salé, en langage gastronomique...&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt; Anna Walentynowicz, elle, quitta Solidarność dans les années 80 en critiquant la direction de cette époque assemblée autour de Wałęsa. L’essence de la dispute tenait aux accusations d’appartenance de Lech Wałęsa à la police secrète SB, accusations qui demeuraient malgré le jugement d’un tribunal ayant déclaré Wałęsa non coupable (L'ouverture des archives IPN a permis de confirmer qu'il était très probablement enregistré sous le pseudo d’« Agent Bolek », et ce malgré la disparition d'une partie des feuillets concernant cet agent à l'époque de la présidence de Wałęsa). Avec la démocratie et l’arrivée au pouvoir de Solidarność, elle n’était plus d’accord avec ses orientations. En 2000, elle a refusé le titre de citoyenne honoraire de la ville de Gdansk. À 74 ans, en situation matérielle difficile dans son petit studio d'un immeuble de Gdansk où elle vit seule, elle a demandé une indemnité de 120 000 zloty (30 000 €) pour dommages physiques et moraux subies dans les années 80. Cela lui a été refusé par le tribunal de Gdansk.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt; Deux itinéraires, deux destins...&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;,... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;une victoire sur une dictature qui sans Anna Walentynowicz, décédée le 10&amp;nbsp;avril&amp;nbsp;2010 à Smolensk (Russie) dans l'accident de l'avion présidentiel polonais, aurait bien pu ne pas avoir lieu. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;color: #333399; font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://jeanmarcelbouguereau.blogs.nouvelobs.com/archive/2008/09/27/anna-walentynowicz-la-veritable-heroine-de-gdansk.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #333399;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Source&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Albert Dreslon</name>
<uri>http://vanvesauquotidien.hautetfort.com/about.html</uri>
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<title>VANVES PAR LE PETIT BOUT DE LA LORGNETTE</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://vanvesauquotidien.hautetfort.com/archive/2010/04/15/vanves-par-le-petit-bout-de-la-lorgnette.html" />
<id>tag:vanvesauquotidien.hautetfort.com,2010-04-15:2703097</id>
<updated>2010-04-15T06:00:00+02:00</updated>
<published>2010-04-15T06:00:00+02:00</published>
<summary>    CHEMINEMENT ET PLAQUES         A l’occasion de la semaine du...</summary>
<content type="html" xml:base="http://vanvesauquotidien.hautetfort.com/">
&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;CHEMINEMENT ET PLAQUES&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-weight: normal; font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;A l’occasion de la semaine du développement durable au lycée Michelet, une opération «&amp;nbsp;Venez tous à Vélo à Michelet&amp;nbsp;» sera réalisée entre&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;le Carrefour de l'Insurrection et l’entrée de cet établissement scolaire. Un cheminement sécurisé &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;devrait être réalisé et sécurisé afin de permettre aux lycéens de circuler dans les deux sens alors qu’ils se fichent complètement du sens de circulation (lorsqu’ils sont à vélo), surtout rue Mary Beyssere.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Cette initiative devrait s’accompagner d’une autre action demandée depuis longtemps par les riverains de la rue Jullien&amp;nbsp;: Ils ont écrits, envoyé des mails, pour obtenir que la ville installe des plaques de rues à l’angle des rues Raphael, Berthelot, Murillo et de la place du Maréchal Leclerc, pour indiquer aux visiteurs et étrangers à la ville que c’est bien la rue Jullien où ils se trouvent. Car même lorsqu’ils les invitent à se référer au terminus du bus, encore faut il qu’il y en ait, il n’y a pas de plaques indiquant que l’on s’engage dans la bonne rue. Vanves recéle d’ailleurs de beaucoup d’histoires concernant nos plaques de rues&amp;nbsp;: la meilleure n’est-elle pas cette voie entre l’hôtel de ville et le monuments aux morts qui, voilà quelques temps, commençait avec des plaques indiquant «&amp;nbsp;rue Guy Mocquet&amp;nbsp;» pour se terminer en «&amp;nbsp;avenue Guy Mocquet&amp;nbsp;» selon le sens dans lequel on l’empruntait.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;VELIB EN BAISSE&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Le libre service Velib’ aurait connu une &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;baisse des abonnements d'environ 12% sur un an, alors que le succès ne se dément pas puisque les 71 millions de trajets ont été dépassés ou sont sur le point de l’être. Interrogée sur une baisse d'enthousiasme pour ce mode de transport relatée par la presse, ses initiateurs ont reconnu que, selon les mois, des baisses pouvaient atteindre 20% mais qu'elles étaient de l'ordre de 12% de mars 2009 à mars 2010. Ils imputent ces baisses notamment au froid hivernal, mais aussi parce que Vélib' a incité les parisiens et franciliens à s'équiper de vélos personnels. «&amp;nbsp;&lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;On voudrait aussi simplifier les procédures de réabonnement et nous travaillons à une meilleure régulation dans les stations&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» ont-ils ajouté. Ils n’empêchent qu’à Vanves, certains stations sont particulièrement vide, notamment devant la librairie du lycée (Michelet) ou devant Audiens.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;POLOGNE&amp;nbsp;: DES VANVEENS BOULEVERSES&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Vanves compte parmi ses habitants beaucoup de personnes originaires de ce pays cher au cœur des français, avec ou sans attaches familiales qui ont été bouleversés par les événements de samedi dernier. «&amp;nbsp;&lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Katyn&amp;nbsp;! C’est un symbole&amp;nbsp;!&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» s’exclamait l’un d’eux quelques heures après l’annonce de ce drame, samedi dernier lorsqu’il montait au marché. «&amp;nbsp;&lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;C’est un deuxième Katyn&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» ajoutait il bouleversé parlant de «&amp;nbsp;&lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;polonais français anéantis&lt;/i&gt;&amp;nbsp;», comme ses beaux parents pour lesquels il a l’habitude de ramener des photocopies des articles des journaux polonais quotidiennement. Depuis samedi cela ne suffit plus, car ils recherchent sur le satellite les chaînes polonaises, et il les abreuve de tout ce qui peut être écrit ses derniers jours sur la Pologne face à ce nouveau drame, grâce à Internet, &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;auquel beaucoup de français ne peuvent pas rester indifférent car il y avait des personnalités dans cet avion dont les noms sont inscrits dans l’histoire toute récente de la liberté retrouvée&amp;nbsp;: Anna Walentynowicz, cofondatrice de Solidarnosc, Janusz Kurtyka historien ayant rejoint l’institut de la Mémoire, Ryszard Kaczorowski, dernier dirigeant du gouvernement polonais en exil à Londres durant l’occupation nazi et qui se considéra comme le seul représentant légal de la Pologne jusqu’à l’accession de Lech Walesa à la présidence de son pays. &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Ratatosk</name>
<uri>http://euro-synergies.hautetfort.com/about.html</uri>
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<title>Les mémoires de Jaruzelski</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2009/11/10/99affdf894f676095c87ef481e092f8c.html" />
<id>tag:euro-synergies.hautetfort.com,2009-11-25:2461216</id>
<updated>2009-11-25T00:05:00+01:00</updated>
<published>2009-11-25T00:05:00+01:00</published>
<summary>       Archives de SYNERGIES EUROPEENNES - 1996                Les mémoires...</summary>
<content type="html" xml:base="http://euro-synergies.hautetfort.com/">
&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Police2024; mso-bidi-font-size: 10.0pt;&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://euro-synergies.hautetfort.com/media/01/01/589326871.jpg&quot; alt=&quot;Jaruzelski_01.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2093794&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Archives de SYNERGIES EUROPEENNES - 1996&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-bidi-font-size: 10.0pt;&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les mémoires de Jaruzelski:&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;mso-bidi-font-size: 10.0pt;&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;strong&gt;notes sur le rôle de l'homme d'Etat&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Au début de l'été 1992, le général polonais Wojciech Jaruzelski publiait un livre de mémoires politiques. Il y décrivait les événements politiques qui ont secoué la Pologne à partir du 13 décembre 1981, jour où l'état de siège a été proclamé. Moscou craignait qu'une Pologne déstabilisée ferait vaciller le système de domination soviétique. Raison pour laquelle l'ordre communiste fidèle à Moscou devait être promptement rétabli. Jaruzelski a donc reçu pour mission de maintenir son pays dans l'orbite soviétique, même en faisant usage de la violence, si cela s'avérait nécessaire. Les chapitres de son livre dévoilent des réalités peu connues de l'histoire polonaise des années 1980-85. Bien que “socialiste” et adepte du “socialisme réellement existant” de l'époque et du système soviétique, le militaire Jaruzelski nous apparaît toutefois, après les événements tumultueux du début des années 80, comme une sorte de “katechon” conservateur, c'est-à-dire, pour reprendre la définition de Carl Schmitt, comme un homme d'Etat qui se donne pour tâche de rétablir l'ordre et de préserver les institutions de son pays du chaos et du déclin. Bien entendu, pour nous, le communisme reste un corps étranger à la nation polonaise et le mouvement “Solidarité” de Walesa une expression spontanée de la colère populaire. Néanmoins, tout observateur neutre, aujourd'hui, admettra que des services spéciaux étrangers ont manipulé “Solidarnosc”, dans le but évident de faire sauter le système soviétique, déjà sérieusement gangréné. Cette opération de déstabilisation ne pouvait évidemment s'effectuer que là où le système était le plus faible, entre le grand espace soviétique et le territoire de l'ex-RDA (qui, disposant du balcon thuringien, servait de base au fer de lance du Pacte de Varsovie).&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Les forces consrvatrices et les militaires de l'orbite soviétique ne pouvaient pas tolérer un développement, certes démocratique, mais néanmoins “aventureux” dans le rapport de forces de l'époque. Jaruzelski a été chargé de sauver la situation: en tant que militaire, il a obéi aux ordres de ses supérieurs du monde politique. L'état d'esprit de Jaruzelski se révèle clairement dans le livre. On peut le qualifier de conservateur-mainteneur, de “katechonique”, au sens où l'entendait Carl Schmitt. Plusieurs extraits de l'ouvrage en attestent: &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;«On ne choisit pas l'espace historique et géographique dans lequel on nait. Parmi les hommes de ma génération, on en trouve très peu qui soient taillés d'un seul morceau de bois. La vie nous a formé avec les copeaux du destin et sur les croisées des chemins. Nous étions les enfants de notre époque, de notre milieu, de notre système. Chacun, à sa façon, est sorti de ce cadre. Mais tous ceux qui en sont rapidement sortis ne méritent pas notre respect. Et ceux qui n'en sont sortis que fort tard ne méritent pas tous notre mépris. Le plus important, c'est de savoir par quoi ces hommes se sont laissé guider individuellement, comment ils se sont comportés, ce qu'ils ont fait et ce qu'ils sont devenus aujourd'hui en tant qu'hommes»&lt;/i&gt; (p. 8). &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;«En tant que soldat, je sais qu'un chef militaire, que tout supérieur hiérarchique est responsable pour tout et pour tous. Le mot “excuse” peut ne rien signifier, mais je ne trouve pourtant pas d'autres mots. Je voudrais ne demander qu'une seule chose: s'il y a des hommes pour qui le temps n'a pas guéri les blessures, n'a pas apaisé la colère, alors qu'ils tournent cette colère surtout contre moi, mais non pas contre ceux qui, dans des circonstances données, honnêtement et de bonne foi, ont sacrifié de nombreuses années de leur vie et donné toute leur capacité de travail pour la reconstruction de notre patrie»&lt;/i&gt; (p. 9).&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Dans sa conclusion, Jaruzelski s'exprime dans un style clairement “katechonique”: &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;«Des situations et des mesures exceptionnelles conduisent souvent à des flots de sang. Nous savons que dans de nombreux pays, l'état d'exception a coûté la vie à des milliers et des milliers d'hommes. Nous, en revanche, avons pris cette décision dramatique, afin, justement, de ne pas déboucher sur une telle tragédie. En grande partie, nous avons réussi ce coup de poker. Malheureusement, pas à 100%. Dans la mine de Wujek, on a dû faire usage d'armes à feu et neuf mineurs sont morts. Cet événement douloureux jette encore aujourd'hui une ombre sur l'ensemble des décisions prises à cette époque»&lt;/i&gt; (p. 465). Sa prise en compte objective et froide des forces humaines en présence sur l'échiquier politique révèle une proximité de pensée entre Jaruzelski et les conservateurs “katechoniques” comme Donoso Cortés, Joseph de Maistre ou Constantin Frantz: &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;«Dans l'appareil du pouvoir, il y avait beaucoup d'hommes réfléchis, cultivés et expérimentés. Malheureusement, une somme de têtes intelligentes ne donne pas automatiquement un surplus d'intelligence. Souvent, on est tiré vers le bas par les idiots qui, par fanatisme, démagogie et arrogance, font en sorte que même les meilleures intentions sont exprimées en un langage faux et inacceptable. Tant pour des raisons objectives que pour des raisons subjectives, l'assise gouvernementale n'a pas été substantiellement élargie. Beaucoup d'hommes de valeur, qui ne voulaient s'engager ni d'un côté ni de l'autre, ont été poussés dans la marginalité»&lt;/i&gt; (p. 466).&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Le général polonais perçoit parfaitement la différence entre mythologie et pragmatisme sur l'échiquier politique: &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;«La mythologie est une composante ineffaçable de la vie de toute société. Le concept d'“éthique de la solidarité (Solidarnosc)” n'échappe pas à cette coloration mythologique, même s'il perd considérablement de son tonus aujourd'hui. C'est sans doute Pilsudski qui a dit, un jour, que les Polonais “ne pensaient pas en termes de faits, mais de symboles”. Le pragmatisme a d'incontestables avantages en politique et devrait en fait servir de guide pour toutes les équipes dirigeantes. Mais le pragmatisme seul ne suffit pas. Il demeure sec et gris si ses représentants n'en appellent pas en même temps aux fondements émotionnels de la conscience collective et individuelle»&lt;/i&gt; (p. 469). Jaruzelski reste sceptique lorsqu'il observe l'emprise totale du libéralisme économique dans les anciens pays du bloc de l'Est: &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;«Je crains que diverses paroles vengeresses qui appellent à la “dé-communisation” ne détournent notre attention des objectifs essentiels; elles pourraient conduire à un éparpillement des efforts de notre société. Ce serait mortel pour la Pologne, au véritable sens du mot. Cela ne peut que nuire aux intérêts de notre pays, si l'on cherche des objectifs de remplacement dans ce monde marqué par la rivalité, la compétition et la concurrence et qu'on gaspille dans une telle démarche les énergies de la société»&lt;/i&gt; (p. 470).&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Jaruzelski a donc défendu et sauvé un Etat imprégné de soviétisme, sans, semble-t-il, être un adepte de l'idéologie communiste. Pourquoi a-t-il alors agit de la sorte? Le chapitre 28 de son livre nous donne une réponse très détaillée et fort intéressante. Le principal, pour le Général, était de sauver la souveraineté de la Pologne: &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;«Y avait-il une chance pour la Pologne, après la seconde guerre mondiale, d'exister en tant qu'Etat pleinement indépendant sans influence soviétique? (...) Les conférences de Téhéran, Yalta et Potsdam déterminent l'histoire contemporaine et les historiens en discutent à l'infini (...). La majorité des politiciens de cette époque ont dû, bon gré mal gré, accepter les accords de Yalta, les considérer comme le réel donné (...). L'ordre existant forçait aussi la Pologne à accepter ses règles et déterminait la marge de manœuvre du pays. En tant que militaire, je ne pouvais pas agir comme si je ne le savais pas»&lt;/i&gt; (pp. 302-303).&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Jaruzelski rappelle ensuite à ses lecteurs une lettre qu'il a écrite en 1945 à sa mère et à sa sœur: &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;«Je suis obligé de servir la Pologne et de travailler pour elle, peu importe les contours qu'elle prendra et les sacrifices qui seront exigés de nous»&lt;/i&gt; (p. 304). Le jeune officier polonais de l'époque voulait servir son pays sous la forme d'un Etat réellement existant, servir une Pologne “peu importe les contours&quot; qu'elle aurait pris; le jeune Jaruzelski voulait se donner ce devoir et le hisser au-dessus de toutes les autres considérations. Les patriotes allemands estimeront sans doute que cette profession de foi est peu pertinente et intenable, mais, pour le meilleur et pour le pire, elle est bel et bien une attitude typique dans le corps des officiers polonais, où le service et le devoir semblent être plus importants que les facteurs ethniques et historiques ou que les constructions idéologiques. Jaruzelski esquisse, dans ce 28ième chapitre, la teneur des querelles qui ont opposés les Polonais de Londres, rassemblés autour du Général Anders, et les Polonais de Moscou. Les puissances occidentales n'ont jamais garanti les frontières occidentales de la Pologne, au contraire de l'URSS. Aux yeux de Jaruzelski, l'Union Soviétique apparaissait dès lors comme un garant fiable et un allié solide. Seule l'URSS, à l'époque, garantissait l'existence d'un Etat polonais dans des frontières fixées une fois pour toutes et clairement tracées. Les Polonais de Londres voulaient restaurer les frontières de 1939, ce que les Soviétiques n'auraient jamais accepté, parce que la Pologne avait annexée en 1921 de larges portions des territoires biélorusse et ukrainien. Comme les Soviétiques avançaient vers l'Ouest et disposaient de la plus puissante armée, la Pologne risquait d'être réduite aux dimensions qu'elle avait après le Congrès de Vienne en 1815, c'est-à-dire les dimensions et la configuration géographique d'un pays très réduit, aux frontières démembrées, impossibles à défendre. Cette prépondérance militaire soviétique et le refus de Moscou de rendre les territoires pris en 1921 par les armées polonaises victorieuses, a scellé le destin tragique des populations allemandes de Poméranie, de Prusse Orientale, de Dantzig, de Silésie et de Posnanie: une Pologne alliée à l'Union Soviétique devait nécessairement rendre les territoires biélorusses et ukrainiens et être élargie à l'Ouest, aux dépens des Allemands.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Les ennemis de Jaruzelski soulignent que la Pologne a été asservie dans le cadre du Pacte de Varsovie. A ce reproche, le Général répond qu'il existe deux formes de souveraineté limitée: 1) La limitation volontaire dans l'intérêt de l'Etat ou d'un groupe d'Etats alliés; 2) La limitation qui a les caractéristiques d'un protectorat. Jaruzelski admet que la Pologne a été un protectorat jusqu'en 1956, ensuite, elle a “bénéficié” d'une souverainté limitée dans le cadre du Pacte de Varsovie. Dans un tel cadre, Jaruzelski, en tant qu'officier, s'est fixé deux tâches principales: garder un Etat capable de fonctionner et éviter le chaos social et économique.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Jaruzelski cite encore les appels lancés à l'époque par les Chanceliers Kreisky (Autriche) et Schmidt (RFA) pour sauver l'ordre en Pologne, afin que le pays puisse remplir ses obligations vis-à-vis d'autres Etats et afin que la raison et la mesure demeurent maîtresses du terrain. Ensuite, ces mémoires de Jaruzelski contiennent le texte complet d'un rapport du ministre polonais des affaires étrangères Jozef Czyrek sur sa vistie au Saint-Siège (pp. 353-354) et également le rapport du Général Kiszczak sur les manœuvres des troupes soviétiques, est-allemandes et tchèques le long des frontières polonaises pendant l'automne 1981 et sur les actions des agents des services secrets à l'intérieur du pays. Si Jaruzelski n'avait pas proclamé l'état de siège le 13 décembre 1981, les troupes du Pacte de Varsovie seraient entrées en Pologne le 16, afin de sauver le peuple polonais du “garot de la contre-révolution”. Exactement selon le même schéma qu'à Prague en 1968.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;L'action de Jaruzelski a constitué, selon le “faucon anti-communiste” américain, Zbigniew Brzezinski, le passage de l'“autoritarisme communiste” à l'“autoritarisme post-communiste”. Solidarnosc n'a pas été interdit, comme l'avait demandé le Pape à Czyrek, mais a été dompté avant de préserver la Pologne d'une invasion, du chaos et de la faillite. A la lecture de ces mémoires, on pourra rester sceptique, mais la teneur de ce livre est extrêmement intéressante, non pas parce qu'il nous révèle les idées d'un général polonais soviétophile, mais parce qu'il nous dévoile très précisément comment fonctionne la conscience du devoir chez un militaire, contraint par les événements à intervenir directement dans la politique. L'esprit militaire, le catholicisme, la russophilie et le communisme se mêlent étroitement, de façon très étonnante, dans les mémoires de Jaruzelski. Tous ces ingrédients forment en dernière instance un mélange instable, correspondant à l'identité polonaise réellement existante.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Robert STEUCKERS.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8pt; font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Helvetica; mso-bidi-font-size: 10.0pt; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot; lang=&quot;FR&quot; xml:lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana,geneva;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #99ccff;&quot;&gt;Wojciech JARUZELSKI, &lt;i style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Hinter den Türen der Macht. Der Anfang vom Ende einer Herrschaft,&lt;/i&gt; Militzke Verlag, Leipzig, 1996, 479 p., ISBN 3-86189-089-5.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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