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<title>Last posts on sociologues</title>
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<name>fredlautre</name>
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<title>JE HAIS LES SCIENCES HUMAINES</title>
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<updated>2019-03-09T09:00:00+01:00</updated>
<published>2019-03-09T09:00:00+01:00</published>
<summary>  ÉPISODE 2    (  voir épisode 1, le 27 février  )    Je hais les sciences...</summary>
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&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;ÉPISODE 2&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;(&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #ff0000;&quot; href=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/archive/2019/02/25/je-hais-les-sciences-humaines-6130990.html&quot;&gt;voir épisode 1, le 27 février&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Je hais les sciences humaines, je l’ai dit, mais, comme j’espère qu’on l’a compris dans mon premier billet, c’est moins en elles-mêmes qu’à cause de l’usage effréné qui en est fait par la société en général et par les acteurs de la communication de masse en particulier, qui transforment ainsi le savoir universitaire en outil de propagande et de bourrage de crâne. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Il suffit de se retourner sur les bientôt quatre mois de «&amp;nbsp;crise des gilets jaunes&amp;nbsp;» pour voir à quels excès mène le recours massif des journalistes aux sociologues (est-ce la «&amp;nbsp;France périphérique&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? la ruralité contre les métropoles&amp;nbsp;? les élites mondialisées contre les populations enracinées&amp;nbsp;?), aux historiens (est-ce une insurrection&amp;nbsp;? une jacquerie&amp;nbsp;? une révolution&amp;nbsp;?), aux philosophes et autres &quot;science-humanistes&quot;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Aujourd’hui, si plus personne n’a une compréhension claire et homogène de l’événement et de la situation, c’est tout bénéfice pour Emmanuel Macron, qui se frotte les mains (parfois pas trop discrètement, quand il traite les manifestants de «&amp;nbsp;complices&amp;nbsp;» des casseurs), grâce au Niagara de discours et d’interprétations qui a submergé les antennes et qui fait que toutes les interprétations, même les plus malveillantes, sont devenues possibles : si tout peut être dit, plus rien n'est vrai, et le poisson, méticuleusement &quot;noyé&quot;, est mort. Ce rideau de fumée-là est diablement efficace.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Soit dit en passant, quand même, on reste ahuri devant la violence, non seulement des casseurs, non seulement des policiers (vous avez dit LBD&amp;nbsp;?), mais aussi des juges qui ont vu passer les interpellés (la plupart &quot;primo-délinquants&quot; et &quot;inconnus des services de police&quot;) en comparution immédiate et les ont durement assaisonnés, sans doute sur consigne du ministère (voir la circulaire publiée récemment).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Revenons à nos moutons. Je disais donc que je ne hais pas les sciences humaines en elles-mêmes.&amp;nbsp;La preuve, c'est que j'ai&amp;nbsp;lu, au cours de ma vie, un nombre appréciable d’ouvrages savants qui m’ont marqué, quelques-uns particulièrement, au point que je les considère, encore aujourd'hui, comme des points de repère sur une trajectoire. Les visiteurs de ce blog&amp;nbsp;l'auront peut-être perçu&amp;nbsp;au fil du temps. Pour les curieux, je cite quelques-unes de mes lectures un peu récentes le &lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #ff0000;&quot; href=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/archive/2016/06/04/le-monde-dans-un-sale-etat-5810735.html&quot;&gt;4 juin 2016&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Cela dit, il n’empêche que je vois dans l’extension et l'expansion du champ d’intervention des sciences humaines l’origine d’effets pervers non négligeables, qui tiennent à l’usage immodéré que la société en fait.&amp;nbsp;Car au motif&amp;nbsp;que&amp;nbsp;« rien de ce qui est humain ne leur est étranger », elles ont&amp;nbsp;introduit les ventouses de leurs tentacules jusque dans les plus infimes interstices de ce qui constitue la vie des gens ordinaires et l'ensemble des structures qui servent de cadre à&amp;nbsp;leur&amp;nbsp;vie sociale, pour nous expliquer&amp;nbsp;leurs significations et nous dire d'un ton péremptoire pour&amp;nbsp;quelles raisons valables il faut admettre ou dénoncer.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Je ne crois pas dire&amp;nbsp;de bêtise en affirmant qu’aucune société avant la nôtre ne s’est observée elle-même avec tant d’attention,&amp;nbsp;et même de voyeurisme (et même de fatuité). L’inflation extraordinaire des connaissances autocentrées, souvent microscopiques, aboutit à&amp;nbsp;un curieux résultat. On constate que&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;plus la société se connaît, moins elle se comprend&lt;/span&gt;, et moins elle sait pour quoi et pourquoi elle existe. Plus les sciences humaines décrivent et expliquent les faits humains dans leurs moindres détails, plus le sens de tout ça devient inaccessible, nébuleux et confus. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Dans ce brouillard, rien de plus facile pour des&amp;nbsp;« fake news » que de paraître vraisemblables, ouvrant un boulevard aux thèses complotistes. La société est comme un grand corps vivant, étendu sur un marbre d'autopsie, bardé de toutes sortes d'instruments intrusifs, sondes, électrodes, thermomètres, palpeurs, anémomètres, baromètres, stigmomètres, tensiomètres, autant d’instruments de mesures qui la dissèquent à tout instant «&amp;nbsp;in vivo&amp;nbsp;», à chaud, en «&amp;nbsp;temps réel&amp;nbsp;». &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Grâce aux innovations techniques, même les individus passent beaucoup de temps à s’observer, s’ausculter, mesurer leurs capacités, s’inquiéter du nombre de leurs pas quotidiens, de leurs pulsations cardiaques à l'effort, de leur VO²max et qui, à cette fin, connectent leur corps à des banques de données, via des appareils sophistiqués, pour savoir où se situer sur l’échelle des êtres vivants. Chacun est ici invité à s’évaluer en termes de performances, tout en s'exposant à des&amp;nbsp;cupidités dont il n'a même pas idée (collecte et commercialisation des données personnelles). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;La société n’a plus le temps de vivre&amp;nbsp;: avec les sciences humaines, elle veut aussi se regarder vivre. Elle veut être à la fois le technicien preneur d'images et le comédien qui s'agite devant l'objectif. Elle s'interroge en permanence avec angoisse sur le bien-fondé des options qu'elle met en œuvre. Elle vit sous l’œil vigilant de caméras introspectives impitoyables, et ne cesse de faire des «&amp;nbsp;selfies&amp;nbsp;» (disons des autoportraits grandeur nature)&amp;nbsp;: le moindre fait, le moindre agissement est immédiatement étiqueté dans une catégorie précise, et placé dans un compartiment prévu à cet effet, pour s’inscrire dans une «&amp;nbsp;série&amp;nbsp;» permettant à l’observateur patenté d’en fixer la signification et d’en suivre l’évolution.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;On tient d'incroyables comptabilités. On quantifie les suicides, la délinquance, etc. ; il y a des gens qui sont payés pour suivre dans les médias les chiffres des temps de parole respectifs des hommes et des femmes, des blancs, des noirs et des basanés,&amp;nbsp;qui mesurent la &quot;visibilité&quot; des noirs&amp;nbsp;ou des arabes (ça s'appelle la &quot;diversité&quot;), et pour alerter la société sur l'&quot;injustice&quot; que constitueraient d'éventuelles &quot;sous-représentations&quot; ; il y a aussi, dans la foulée, des gens qui voudraient donner&amp;nbsp;à l'INSEE&amp;nbsp;assez d'autorité pour sélectionner le personnel médiatique, au moyen de &quot;quotas&quot;, pour qu'il &quot;reflète&quot; exactement la composition de la population française. Bientôt, si ce n'est pas déjà fait, ce seront les statisticiens qui exerceront le pouvoir, et la société sera gouvernée selon la règle des &quot;échantillons représentatifs&quot;. Ce sera le règne des comptables.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Avec les sciences humaines, la société est devenue Narcisse. La culture du narcissisme (titre d’un ouvrage essentiel de l’Américain Christopher Lasch) ne s’est pas contentée de placer chaque individu devant un miroir, elle a gagné l’ensemble du corps social&amp;nbsp;: comme Narcisse, la société se perd dans son propre reflet, qu’elle n’arrive évidemment jamais à saisir. Pour une raison évidente : le personnage d’Ovide, dans Les Métamorphoses, tend les mains vers cet «&amp;nbsp;autre&amp;nbsp;» qui n’en est pas un, et ce faisant, agite la surface de l’eau, si bien que ce n’est plus un reflet qu’il aperçoit, mais une infinité de fragments du reflet. Il ne sait plus auquel de ces fragments s'adresse son amour.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Le miroir a éclaté en mille morceaux, pulvérisant à la fois l'unité du visage de Narcisse et l’unité du corps social en autant de vérités parcellaires et mouvantes, dont aucune ne peut prétendre détenir une quelconque Vérité globale, incontestable et durable. La société s’est ici décomposée, comme l’a montré en son temps le débat sur l’identité française, chaque morceau du miroir tirant en quelque sorte la couverture à lui. A cet égard, on pourrait dire que les sciences humaines, ou du moins leur présence sociale médiatisée, participent au processus de morcellement de la nation&amp;nbsp;: chacune y découpe un champ du savoir bien délimité qu’elle laboure consciencieusement, avec méthode, indépendamment de ses congénères. L'ensemble (je veux dire l'intérêt général) ? Tout le monde s'en fout. C'est le particulier qui a pris les commandes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Le problème des sciences humaines, à ce stade, ce n'est pas chacune des disciplines prises isolément, bien sûr : c'est l'effet de masse et le rôle que cette masse joue dans l'évolution de la société, car il est indéniable qu'elles sont devenues un acteur à part entière de la fabrication de la société. Leur finalité de départ était &quot;la connaissance de l'homme&quot;, détachée par principe de tout objectif concret. Elles voulaient être utiles, mais en tant que &quot;recherche fondamentale&quot;, je veux dire désintéressée, gratuite, comme on oppose &quot;recherche fondamentale&quot; et &quot;recherche appliquée&quot;. Pur savoir universitaire à la destination indéterminée, bien catalogué et rangé en ligne sur des rayons spécialisés, réservés à&amp;nbsp;la catégorie des rats de bibliothèque passionnés. Cette belle idée (le définitif &quot;gnôthi séauton&quot; : connais-toi toi-même) a été pervertie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;En plus de leur finalité traditionnelle d'érudition,&amp;nbsp;les sciences humaines sont devenues des instruments entre diverses sortes de mains. Les mains principales sont celles des militants associatifs et celles des responsables économiques et politiques, qui se sont tous rappelé, à un moment donné, le vieux dicton : « Savoir c'est pouvoir ». Des tas de gens se sont dit qu'ils avaient un moyen d'&quot;améliorer la société&quot;,&amp;nbsp;à condition que ce fût en leur faveur.&amp;nbsp;Il y a&amp;nbsp;plus de militantisme de combat que de curiosité &quot;scientifique&quot; dans l'usage que certains groupes font des sciences humaines.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Voilà, ce sera le thème de l'épisode 3, à paraître prochainement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>diazd</name>
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<title>Bourgeoisie / une stratégie de communication qui s’inscrit dans la guerre psychologique</title>
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<updated>2011-09-19T13:35:00+02:00</updated>
<published>2011-09-19T13:35:00+02:00</published>
<summary>     Le couple Pinçon-Charlot, deux sociologues spécialisés dans l'étude de...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&quot;http://emediacom.hautetfort.com/media/01/00/4146233068.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3204633&quot; style=&quot;margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; float: right;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://emediacom.hautetfort.com/media/01/00/415543542.jpg&quot; alt=&quot;riches.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le couple Pinçon-Charlot, deux sociologues spécialisés dans l'étude de la grande bourgeoisie, réédite une version augmentée de leur ouvrage, « Le président des riches ». &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet ouvrage examine point par point les contours de « l’oligarchie » qui gouverne la France, dont la bande du Fouquet's n'est que la face émergée.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Devant le succès rencontré, « Le président des riches » est réédité en poche, augmenté d’une analyse des récentes &quot;affaires&quot; (Lagarde-Tapie, Woerth-Bettencourt, Mediator) et d’une promenade sociologique au Grand Prix de Diane à Chantilly, la viller d'Eric Woerth..&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Voici des extraits de l'entretien qu'ils ont donné à Erwan Manac'h, sur le site du journal Politis.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politis.fr : Comment analysez-vous le succès de votre ouvrage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Monique Pinçon-Charlot : Il y a une sorte de brouillard idéologique. Les mots que nous mettons sur ce que vivent les gens adoucissent considérablement leurs souffrances, car nous regardons les choses avec des lunettes très spécifiques. Pour nous les riches mènent une « guerre des classes », qui vise à réduire au minimum les coûts du travail.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ils utilisent la dette et le déficit comme armes pour détruire les services publics, maintenir des salaires bas...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politis.fr : Dans la « guerre des classes » qui se joue selon vous aujourd’hui, la « conscience de classe » n’existe que du côté des dominants...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Michel Pinçon : Oui, la bourgeoisie fonctionne en réseau avec des interconnexions très fortes entre les familles. Il existe un militantisme insoupçonné mais très efficace, sur les problèmes urbains par exemple.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;La conscience de classe se traduit aussi dans les urnes. Les beaux quartiers ont voté en masse pour Nicolas Sarkozy, tandis que les votes sont dispersés dans les quartiers populaires. Il n’existe pas la même unité idéologique, la même conscience politique, que dans la bourgeoisie.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politis.fr : Guéant qui multiplie les sorties aux accents xénophobes, la « Droite populaire » qui organise un « apéro saucisson vin rouge »... Les discours extrémistes s’adressent-ils aux riches ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Michel Pinçon : Les discours xénophobes existent dans la bourgeoisie, mais l’élite cohabite surtout avec des ambassadeurs, des hommes d’affaires. Les étrangers que les riches côtoient ne sont pas dans la même situation sociologique que dans les quartiers populaires.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Monique Pinçon-Charlot : Le vote Front National à Neuilly est d’ailleurs extrêmement bas. Le discours de Sarkozy s’adresse surtout aux milieux populaires. C’est la stratégie du « diviser pour mieux régner ».&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politis.fr : Comment jugez-vous le positionnement idéologique et politique de la gauche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Monique Pinçon-Charlot : Ce qui est terrible, c’est que le principal parti de gauche, le Parti socialiste, a fait énormément pour sauver le système et installer le capitalisme spéculatif et financier, dans sa phase néolibérale.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Michel Pinçon : Nous sommes dans un régime censitaire : à l’Assemblée, 1 % seulement des élus sont d’anciens ouvriers ou employés alors que ce groupe représente 54 % de la population active. Au même moment, l’abstention est proche de 80 % dans certaines cités. En somme, tout se passe comme si pour être élu comme pour voter, il fallait appartenir aux milieux favorisés.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politis.fr : Dans les allées de l’université d’été du Medef, les patrons critiquaient presque unanimement les méfaits de la spéculation. La crise amène-t-elle une remise en question idéologique des dominants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Michel Pinçon : Certainement.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Monique Pinçon-Charlot : La volonté de « moraliser l’économie » est aussi une stratégie de communication qui s’inscrit dans la guerre psychologique. L’appel de Maurice Lévy pour une taxe exceptionnelle des très hauts revenus est un bel exemple : c’est de la propagande.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Michel Pinçon : Maurice Lévy est d’ailleurs patron de Publicis, c’est son métier.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Politis.fr : Croyez-vous en une société sans élites ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Michel Pinçon : Je crois en une société où il n’y aurait que des élites. Avec un réel partage de la culture et des connaissances. Car le problème aujourd’hui n’est pas seulement la concentration de la richesse matérielle aux mains d’une minorité, c’est que la richesse culturelle et intellectuelle n’est pas accessible pour tous.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le président des riches. Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, La découverte, 9,50 €&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Petits Propos Décousus</name>
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<title>Battons-nous !</title>
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<id>tag:petitsproposdecousus.hautetfort.com,2011-02-09:3093753</id>
<updated>2011-02-09T06:30:00+01:00</updated>
<published>2011-02-09T06:30:00+01:00</published>
<summary>   La couverture du   Télérama N°3166   était un poil  racoleuse  :  &quot;Le...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #800080;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2878246&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://petitsproposdecousus.hautetfort.com/media/00/01/1698467887.jpg&quot; alt=&quot;télérame,livre,sociologues,pinçon,argent,pouvoir&quot; /&gt;La couverture du &lt;a href=&quot;http://www.telerama.fr/livre/ces-pincon-qui-font-trembler-l-elysee,60212.php&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;Télérama N°3166&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; était un poil &lt;strong&gt;racoleuse&lt;/strong&gt; : &lt;em&gt;&quot;Le couple qui fait trembler l'Élysée&quot;&lt;/em&gt; … Sur la photo, des gens à l'air tout à fait inoffensif, devant une bâtisse couverte de vigne vierge …&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #800080;&quot;&gt;Et en sous titre &quot;Monique et Michel Pinçon, sociologues&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #800080;&quot;&gt;Je me suis précipitée sur l'article &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(j'aime les sociologues)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; et, après lecture, j'ai investi dans leur dernier ouvrage : &lt;a href=&quot;http://www.editions-zones.fr/spip.php?id_article=116&amp;amp;page=lyberplayer&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;Le Président des riches. Enquête sur l'oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy.&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt; (cliquer sur le lien permet de lire cet ouvrage &quot;en ligne&quot;)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #800080;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #800080;&quot;&gt;Je ne souhaite pas, sur ce blog, étaler mes préférences politiques ou religieuses ou …. bref ! Je ne souhaite pas les cacher non plus.&lt;br /&gt;J'ai surtout envie de &lt;strong&gt;partager mes intérêts, mes découvertes, mes coups de cœur … ou de gueule !!&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #800080;&quot;&gt;J'ai apprécié ce livre qui se lit  facilement ; il est même parfois difficile de le poser tellement la démonstration est limpide et intéressante . Si je n'y ai rien découvert de bien nouveau concernant les liens entre &lt;strong&gt;pouvoir et argent&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(quelque soit le bord des &quot;politiques&quot; d'ailleurs)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, j'ai été très impressionnée par &lt;strong&gt;l'ampleur de ces liens&lt;/strong&gt; et par &lt;strong&gt;l'hypocrisie assumée&lt;/strong&gt; de ceux qui nous gouvernent &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(oui, je pensais vivre au pays des Bisounours...)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;Écrit très récemment, il fait référence à des personnes et des évènements ayant fait l'actualité ces derniers temps, qu'il décrypte très clairement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #800080;&quot;&gt;Parfois un peu &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(voire beaucoup)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; désespérée par ce que je lisais &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(toujours les Bisounours)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;, j'ai beaucoup apprécié &lt;strong&gt;l'épilogue&lt;/strong&gt; que les auteurs résumaient ainsi dans Télérama :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #800080;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Que faire des riches ?, nous demandons-nous en guise d'épilogue. A quoi nous répondons, contre toute attente probablement : suivre leur exemple. Voilà des gens qui ont une éminente conscience de leur classe, qui sont solidaires quand la mode est à l'individualisme, qui sont organisés et mobilisés, qui défendent énergiquement leurs intérêts. Faisons comme eux. Battons-nous !&quot;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium; color: #800080;&quot;&gt;Oui, pour tout ce qui nous tient à cœur battons-nous, faisons jouer la solidarité, regroupons nous, pratiquons le lobbying ….&lt;br /&gt;Yapluka !!&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; color: #800080;&quot;&gt;Et tant que j'y suis, pour rester dans le sujet, je vais me procurer l'essai de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/St%C3%A9phane_Hessel&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;Stéphane Hessel&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; dont tout le monde parle &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Indignez-vous_!&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Indignez vous&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #800080; font-size: small;&quot;&gt;&lt;em&gt;Photo : Léa Crespi pour &lt;a href=&quot;http://www.telerama.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Télérama&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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