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    <title>Last posts on kritik</title>
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Swan - Le Buveur d'Absinthe**</title>
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        <updated>2019-05-06T11:23:00+02:00</updated>
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        <summary>  Le courant impressionniste est difficile à définir autrement que par son...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le courant impressionniste est difficile à définir autrement que par son antiacadémisme. Ce mouvement de&lt;/strong&gt;&lt;img id=&quot;media-5987732&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/02/215222842.gif&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,swan,néjib,absinthe,impressionnime,mary cassatt,degas,picasso,delacroix,monet,félix fénéon,gallimard&quot; /&gt; &lt;strong&gt;rébellion contre l'enseignement en vigueur aux Beaux-Arts de Paris et l'organisation de la vie artistique qui en découle, est proclamé mort par le critique d'art Félix Fénéon dès 1886, un peu plus d'une dizaine d'années après ses débuts seulement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au début du XXe siècle, l'impressionnisme est déjà à son tour synonyme d'académisme, de &quot;peinture bourgeoise française&quot;, notamment en Allemagne où la vie artistique est en pleine effervescence après la France.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Swan&quot;&lt;/em&gt;, par Néjib (éd. Gallimard), ambitionne de redonner vie à ce mouvement en brossant les portraits croisés de ses principaux protagonistes. L'Américaine Mary Cassatt (1844-1926) a inspiré le personnage (principal) de Swan ; c'est une bonne idée d'avoir retenu un point de vue américain car cela permet de souligner le contraste entre la culture française -disons &quot;sexiste et hédoniste&quot;- et la culture américaine &quot;féministe et puritaine&quot; de Mary Cassatt.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le dessin est vif et pas du tout académique, le scénario bien rythmé, mais &lt;em&gt;&quot;Swan&quot;&lt;/em&gt; souffre de la comparaison que l'on ne peut s'empêcher de faire avec le &lt;em&gt;&quot;Picasso&quot;&lt;/em&gt; de Julie Birmant (et Oubrerie) ; cet ouvrage parvenait à replacer Picasso, trop souvent qualifié de &quot;génie&quot;, dans son contexte parisien voire &quot;montmartrois&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Swan&quot;&lt;/em&gt; est trop décousu pour permettre le même recul sur la petite révolution artistique que fut l'impressionnisme. Les rapports ambigus entre le milieu artistique et la bourgeoisie à la fin du XIXe siècle sont peu montrés ; or la spéculation accrue sur les oeuvres d'art a favorisé l'émancipation des grandes expositions officielles. La &quot;manière impressionniste&quot; préexiste aux impressionnistes, puisque on la retrouve chez Delacroix (pour qui tout était couleur, même les ombres), accompagnée d'un mobile plus précis (faire fusionner la peinture et la musique) ; mais Delacroix n'aurait pas cautionné la trivialité des thèmes traités par Monet ou Degas.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Swan&amp;nbsp;- tome I : Le Buveur d'Absinthe&lt;/em&gt;, par Néjib, éd. Gallimard-BD, 2018.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Idée***</title>
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        <updated>2018-12-25T23:53:22+01:00</updated>
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        <summary>  Les éditions Martin de Halleux rééditent  &quot;Idée&quot; , série de bois gravés par...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les éditions Martin de Halleux rééditent &lt;em&gt;&quot;Idée&quot;&lt;/em&gt;, série de bois gravés par l'artiste Frans Masereel&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;originaire de&lt;/strong&gt; &lt;img id=&quot;media-5931456&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/01/2475659205.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,frans masereel,critique,kritik,bois gravé,martin de halleux&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Flandre occidentale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette bande dessinée muette en noir et blanc, publiée pour la première fois en France en 1920, était tombée dans l'oubli.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme son titre l'indique, l'ouvrage de Masereel met en scène LA divinité des Temps modernes, qui a&amp;nbsp;remplacé Dieu en Occident : l'Idée. Même la plupart des derniers croyants et des derniers théologiens&amp;nbsp;ne croient pas tant en dieu qu'ils défendent une &quot;idée de dieu&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On pourrait bâtir des cathédrales modernes à la gloire de l'Idée, d'ailleurs il y en a plein. Brûler des millions d'hérétiques au nom de l'Idée - d'ailleurs c'est déjà fait.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Masereel donne à l'Idée les traits d'une femme, une sorte de déesse ballottée au gré du hasard,&amp;nbsp;mais toujours fière... un peu comme Don Quichotte.&lt;/strong&gt; Cette créature est accouchée par un homme par la tête (ainsi que Zeus accoucha d'Athéna), un homme que l'on peut supposer un &quot;intellectuel&quot; -et il est vrai que les intellectuels entretiennent avec les femmes les mêmes rapports qu'avec les idées.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Très vite la créature échappe à son démiurge pour vivre une existence autonome, qui n'a rien d'une sinécure. L'idée voyage, elle est tour à tour outragée, puis adulée, communiste, fachiste, capitaliste, catholique,&amp;nbsp;anticléricale, prostituée, pure, emprisonnée puis propulsée aux quatre coins de la terre à l'aide des moyens de communication modernes...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Contrairement à la statue de la Liberté qui barre l'entrée du port de New York et son apparence de brute impavide, l'Idée de Masereel est émouvante et souple,&amp;nbsp;mobile...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mobile à tel point que, nous dit la préface, &lt;em&gt;&quot;Idée&quot;&lt;/em&gt; fit l'objet d'une adaptation en dessin-animé à raison de 24 images par seconde (1934). Malgré&amp;nbsp;la raideur de la technique du bois gravé, le mérite&amp;nbsp;de Masereel est de montrer ici le rapport étroit entre l'idée et le mouvement. Une idée chasse l'autre ; ou faut-il dire qu'elle engendre l'idée contraire ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pas sûr&amp;nbsp;que le propos de Masereel soit autobiographique. Il est, certes, d'une époque&amp;nbsp;où les artistes se piquent d'avoir des idées ; mais l'artiste est plus limité par la matière que ne l'est l'intellectuel ou même l'ingénieur, capable parfois de postuler plusieurs univers sans jamais être sorti de son cabinet d'études.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Masereel côtoya de près quelques&amp;nbsp;intellectuels, notamment &quot;pacifistes&quot; comme Romain Rolland. Un siècle plus tard&amp;nbsp;la Paix, comme sa soeur la&amp;nbsp;Liberté, court toujours&amp;nbsp;et tient les hommes en haleine.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Idée&lt;/em&gt;, par Frans Masereel (préface de Lola Lafon), éd. Martin de Halleux, 2018.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5931461&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/1307684511.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,frans masereel,critique,kritik,bois gravé,martin de halleux,lola lafon,romain rolland&quot; width=&quot;443&quot; height=&quot;553&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Le Pays des Purs***</title>
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        <updated>2018-06-03T22:49:00+02:00</updated>
        <published>2018-06-03T22:49:00+02:00</published>
        <summary>  &quot;Le Pays des Purs&quot;  (traduction de &quot;Pakistan&quot;) est un reportage en...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Le Pays des Purs&quot;&lt;/em&gt; (traduction de &quot;Pakistan&quot;) est un reportage en bande-dessinée à partir des souvenirs&lt;img id=&quot;media-5824198&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/02/4096233080.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,kritik,critique,pays des purs,pakistan,hubert maury,sarah caron,benazir bhutto,islamabad,scoop,evelyn waugh,boite a bulles&quot; /&gt; de&amp;nbsp;Sarah Caron, photographe pour la presse magazine,&amp;nbsp;illustrés par Hubert Maury (la présentation de l'éditeur sous-entend qu'il est son compagnon).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Proche du dessin-animé, le style d'H. Maury évoque &quot;Tintin&quot; ; mais la comparaison s'arrête à peu près là. Partie à Islamabad dans l'espoir d'y faire une photo sensationnelle ou de glaner un scoop, Sarah Caron va avoir la chance de pouvoir photographier Benazir Bhutto quelques jours avant son assassinat (2007).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sarah Caron ne manque pas de souligner que Benazir Bhutto, surnommée &quot;BB&quot; par&amp;nbsp;son entourage, est un personnage exceptionnel, une véritable star de cinéma. Mieux que quiconque elle représentait le Pakistan, pays neuf issu de la partition de l'Inde, peuplé de plus de 200 millions d'habitants en majorité musulmans.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Or une star de cinéma, ce n'est pas grand-chose : une sorte de mascotte. D'ailleurs Sarah Caron indique que Benazir Bhutto se savait condamnée, ayant été mise &quot;hors jeu&quot; politiquement ; sa renommée internationale s'est retournée contre elle.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Le Pays des Purs&quot;&lt;/em&gt; esquisse un portrait peu reluisant des élites politiques pakistanaises, Benazir Bhutto inclusivement. Sans doute ce portrait est-il assez réaliste. Sans rentrer dans les détails fastidieux des magouilles politico-diplomatiques, &lt;em&gt;&quot;Le Pays des Purs&quot; &lt;/em&gt;laisse entrevoir un panier de crabes où la pureté n'apparaît que sous la forme de la pure violence, omniprésente : violence policière, violence populaire, violence des ethnies rebelles. La violence impure de l'argent, plus insidieuse, se laisse deviner dans l'ombre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On peut reprocher à Hubert Maury d'idéaliser sa compagne, d'en faire une sorte de Tintin au féminin, munie de son appareil photo et de ses valeurs occidentales humanistes. Quelques éléments vont dans ce sens : Sarah Caron fait preuve d'un courage à la limite de la témérité et n'hésite pas à s'aventurer dans des zones dangereuses. Cela dit la BD montre la réalité du métier de reporter, qui n'est guère reluisante non plus.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les auteurs ne cachent pas que c'est avant tout l'opportunisme qui fait prendre à la photographe un vol pour le Pakistan agité,&amp;nbsp;en quête de &quot;scoops&quot; et de photos sensationnelles. La photo de Benazir Bhutto commandée par le &lt;em&gt;&quot;Time magazine&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;est un cliché qui occulte presque tout : la peur de &quot;BB&quot; de mourir, sa fin prochaine, la complexité des&amp;nbsp;complots politiques en train de se nouer.&amp;nbsp;On comprend que la presse occidentale est avide de telles photos pour une clientèle qui consomme l'information, appuyant des thèses préfabriquées.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A ceux qui trouveraient cette BD un peu trop &quot;gentille&quot; avec les reporters, on conseillera de lire &lt;em&gt;&quot;Scoop&quot; &lt;/em&gt;(1938), satire féroce du milieu des reporters par Evelyn Waugh, qui fut lui même correspondant du &lt;em&gt;&quot;Daily Telegraph&quot;&lt;/em&gt; de Londres en Ethiopie lorsque ce territoire excitait la convoitise du Royaume-Uni et celle de l'Italie rivale.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le Pays des Purs&lt;/em&gt;, par Sarah Caron et Hubert Maury, éd. La Boîte à Bulles, 2017.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>L'Enragé de Siné****</title>
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        <updated>2018-05-15T14:30:00+02:00</updated>
        <published>2018-05-15T14:30:00+02:00</published>
        <summary> N'étant pas né en 1968, je porte sur ce mouvement de contestation un regard...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;N'étant pas né en 1968, je porte sur ce mouvement de contestation un regard détaché... ou presque ; en effet,&lt;img id=&quot;media-5815490&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/00/3107644799.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,enragé,siné,caricature,cardon,cgt,pcf,police,hoebeke,hara-kiri&quot; /&gt; un certain nombre d'acteurs de &quot;Mai 68&quot; ont joué un rôle politique ou médiatique de premier plan au cours des dernières décennies.&amp;nbsp;Le parti socialiste (de François Mitterrand) est en grande partie le produit de &quot;Mai 68&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les éditions Hoëbeke ont eu la bonne idée de publier et de vendre à un prix raisonnable le fac-similé des douze numéros que compta &lt;em&gt;&quot;L'Enragé&quot;&lt;/em&gt;, fanzine soixante-huitard dirigé par Siné et une petite équipe de caricaturistes contre le pouvoir gaulliste.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On aborde &quot;Mai 68&quot; en feuilletant &lt;em&gt;&quot;L'Enragé&quot;&lt;/em&gt;, sous un angle différent de la politique politicienne auquel on est habitué ; un angle beaucoup plus frais ou jeune, car les affiches et les slogans électoraux jaunissent vite et se ramassent à la pelle.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La politique,&amp;nbsp;Siné et son équipe de dessinateurs la rêvent ; de façon significative, l'idéal est cubain, c'est-à-dire vague et exotique. &lt;em&gt;&quot;L'Enragé&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;vomit non seulement le gaulllisme, mais aussi le communisme et le syndicalisme d'apothicaires tels qu'ils se pratiquent en France depuis la Libération.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Siné, Cabu, Willem et quelques autres sont certes plus doués pour démolir et pourfendre -la police, l'armée, de Gaulle- que pour proposer quelque chose de concret à la place. &lt;em&gt;&quot;L'Enragé&quot;&lt;/em&gt; est un concentré de jouissance virile, beaucoup moins cynique que &lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt; n'était.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;L'Enragé&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;était sans doute condamné dès le début à mourir, comme les taulards qui, une fois évadés, préfèrent crever pour ne pas retourner en prison. Le titre du fanzine le laisse présager, tout comme les appels du chef Siné à écouler 35.000 exemplaires (!) pour pouvoir survivre à la censure larvée du diffuseur unique de la presse française (que le Pr Choron aura été le seul à vaincre dans la 2nde moitié du XXe siècle en créant de toutes pièces un réseau parallèle).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Notons encore la prise de bec entre le dessinateur Cardon et Siné. Le premier refuse d'être associé aux flèches de &lt;em&gt;&quot;L'Enragé&quot;&lt;/em&gt; contre la CGT et le PCF. Le second n'en a cure et enfonce le clou. Anecdote pas si anecdotique, car elle révèle combien les soixante-huitards sincères étaient isolés, cernés non seulement par la police mais aussi par les calculs politiciens. &lt;em&gt;&quot;L'Enragé&quot;&lt;/em&gt; appelait à la révolte dans un contexte où elle était devenue impossible en France, et la lutte des classes déjà réduite à une parodie de lutte des classes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On pourrait discuter ici les mérites comparés du pamphlet (&lt;em&gt;&quot;L'Enragé&quot;&lt;/em&gt;) et de la satire (&lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt;). Une chose est sûre, de ce point de vue : les élites modernes redoutent beaucoup plus la satire qu'elles ne craignent la violence.&amp;nbsp;Un bon caricaturiste est -en 2018- un caricaturiste mort et empaillé, transformé en martyr de la &quot;liberté d'expression&quot;, dont on enseigne le culte à l'école.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&quot;L'Enragé&quot;&lt;/em&gt; - fac-similé des 12&amp;nbsp;numéros, éd. Hoëbecke, 2018.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Le Pouvoir de la Satire*</title>
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        <updated>2018-04-25T17:22:00+02:00</updated>
        <published>2018-04-25T17:22:00+02:00</published>
        <summary> Ni sérieux ni comique.   A&amp;nbsp;contre-courant de l'esprit satirique, il...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ni sérieux ni comique.&lt;img id=&quot;media-5805719&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/00/1212806856.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,pouvoir,satire,dargaud,fabrice erre,terreur graphique&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A&amp;nbsp;contre-courant de l'esprit satirique, il s'agit ici de contribuer à&amp;nbsp;forger le mythe d'un régime républicain&amp;nbsp;favorable à la satire, la caricature, la critique. Si l'on comprend l'intérêt sur le plan politique d'une telle mystification, il est beaucoup plus étonnant de voir des auteurs satiriques y contribuer, en l'occurrence Terreur Graphique (&lt;em&gt;&quot;L'Obs&quot;&lt;/em&gt;) et Fabrice Erre (&lt;em&gt;&quot;Fluide Glacial&quot;&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce dernier&amp;nbsp;enseigne en outre l'Histoire au lycée, ce qui explique peut-être sa partialité. En effet, s'il y a bien une institution imperméable à la satire, c'est l'institution scolaire française.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;S'il peut paraître légitime de proscrire la satire à l'école afin de préserver l'autorité et la discipline nécessaires à l'instruction,&amp;nbsp;l'enseignement de la &quot;liberté d'expression&quot; (et donc de la satire) comme une valeur fondamentale de la République française, est beaucoup plus contestable.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il ne suffit pas d'intituler un journal &lt;em&gt;&quot;Pravda&quot;&lt;/em&gt; pour que la vérité soit contenue dans ce journal.&amp;nbsp;Il ne suffit pas non plus de graver &lt;em&gt;&quot;Liberté, égalité, fraternité&quot;&lt;/em&gt; aux frontons des temples républicains pour que la liberté, l'égalité et la fraternité soient accomplies, ni même pour qu'elles soient des objectifs éthiques ou politiques. Or Fabrice Erre et Terreur Graphique ne semblent pas avoir conscience d'un tel décalage, comme deux écoliers qui seraient persuadés que tout ce qu'ils ont appris à l'école est véridique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'étude des moyens légaux mis en oeuvre par les autorités de censure de tel ou tel pays ou régime ne fournit que très peu d'indication sur l'état réel de la censure.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La publication d'un tel ouvrage à l'occasion du cinquantième anniversaire de&amp;nbsp;&lt;em&gt;Mai 68&lt;/em&gt; et du lancement de&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;est même assez stupéfiante car on ne peut pas dire que ce mouvement et ce titre de presse épargnèrent les institutions républicaines.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le Pouvoir de la Satire,&lt;em&gt; par Fabrice Erre et Terreur Graphique, éd. Dargaud, avril 2018.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>The New-Yorker-La France et les Français***</title>
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        <updated>2018-04-11T14:40:07+02:00</updated>
        <published>2018-04-11T14:40:07+02:00</published>
        <summary> Il s'agit ici d'un recueil de 200 dessins tirés de l'hebdomadaire satirique...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il s'agit ici d'un recueil de 200 dessins tirés de l'hebdomadaire satirique américain &lt;em&gt;&quot;The New-Yorker&quot;&lt;/em&gt;, traduits&lt;img id=&quot;media-5799007&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/01/3285221740.2.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,new-yorker,dessin,presse,satirique,france,français,jean-loup chiflet,new-york,cabu,tomi ungerer,booth,états-unis,arno,editorial cartoon&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp;et présentés par Jean-Louis Chiflet (une version plus exhaustive a été publiée dans une autre collection).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;La France et les Français&quot; &lt;/em&gt;est un surtitre trompeur, car sont caricaturés ici tout autant, si ce n'est plus que les Français, les touristes américains.&amp;nbsp;Comme le touriste est, par définition, un type plein de préjugés, cela permet de faire le tour des clichés sur ces deux nations, leurs ressortissants et ce qui les oppose.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Du point de vue américain, les Français sont incroyablement minces, bourrus (pour ne pas dire hostiles), contents d'eux-mêmes, futiles (partagés entre leur passion pour la mode et leur passion pour la gastronomie), légèrement arriérés et surtout dotés des services de taxi les moins bien conçus du monde.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quant aux Américains ils ont tendance à croire que le monde vient de naître comme les Etats-Unis, à être plutôt pudibonds (le dévergondage à la française est une véritable attraction touristique),&amp;nbsp;et à se délecter du nom des vins et leurs consonances plutôt que de leur substance. Il est vrai que ces Américains ne sont pas représentatifs, puisque ce ne sont là que des touristes new-yorkais plutôt aisés.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La fresque est chronologique puisque les dessins sont classés par dates, en partant d'une tranche 1925-1939, jusqu'à la période 1967-2006. Cela permet de mesurer la répercussion de certains événements politiques importants, quoi que les dessinateurs du &lt;em&gt;&quot;New-Yorker&quot;&lt;/em&gt; s'y intéressent peu, préférant faire des observations psychologiques. On note tout de même l'indication de&amp;nbsp;&quot;l'ingratitude&quot; des Français après la Libération, qui surprend&amp;nbsp;les Américains.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans l'ensemble on&amp;nbsp;reste dans un registre léger ; la tâche des humoristes du &lt;em&gt;&quot;New-Yorker&quot; &lt;/em&gt;est de faire sourire le lecteur, si possible&amp;nbsp;subtilement ; on est loin de l'intention provocatrice, voire subversive, de certains caricaturistes ou titres de presse européens. On se souvient que le caricaturiste&amp;nbsp;Tomi Ungerer, après un début de carrière prometteur à New York, se mit à dos l'intelligentsia new-yorkaise en publiant des dessins au vitriol, montrant les New-yorkais sous un jour peu favorable.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En comparaison des dessins du &lt;em&gt;&quot;New-Yorker&quot;&lt;/em&gt;, les reportages dessinés par Cabu lors de séjours aux Etats-Unis sont de véritables pamphlets. Hormis&amp;nbsp;Barack Obama et les lignes audacieuses de quelque &quot;building&quot; new-yorkais, rien ne trouve grâce aux yeux du caricaturiste français dans le mode de vie américain.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On s'aperçoit donc que la culture ne fait pas que &quot;rassembler&quot; les hommes, elle est est aussi un facteur de division ; d'autre part la culture n'est pas seulement faite de choses raffinées, artistiques ou littéraires, mais aussi d'une foule de détails mesquins.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En dépit des efforts déployés au cours des dernières décennies par les élites françaises pour&amp;nbsp;combler le fossé culturel entre la France et les Etats-Unis, l'antipathie&amp;nbsp;persiste, qui dépasse les clivages politiques. Cette antipathie n'est pas exclusive d'une forme de fascination réciproque ; fascination de l'Américain pour ses origines européennes et un savoir-vivre français (ou italien) en voie de disparition, et fascination des Français pour l'Avenir, incarné depuis la Libération par la première puissance mondiale.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;The New-Yorker, La France et les Français, trad. J.-L. Chiflet, Les Arènes-Points, 2010.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/02/2429138483.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener noreferrer&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5799009&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/02/752170073.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,new-yorker,dessin,presse,satirique,france,français,jean-loup chiflet,new-york,cabu,tomi ungerer,booth,états-unis,arno,editorial cartoon&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;(Dessin de Peter Arno)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/01/2848534577.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener noreferrer&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5799012&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/01/3589080690.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,new-yorker,dessin,presse,satirique,france,français,jean-loup chiflet,new-york,cabu,tomi ungerer,booth,états-unis,arno,editorial cartoon&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;(Dessin de Booth)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>Si Doux Foyer</title>
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        <updated>2018-03-26T11:02:00+02:00</updated>
        <published>2018-03-26T11:02:00+02:00</published>
        <summary> Déclinaison de l'acronyme SDF par Le Borgne en une trentaine d'épisodes...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Déclinaison de l'acronyme SDF par Le Borgne en une trentaine d'épisodes humoristiques publiés&lt;img id=&quot;media-5790665&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/02/839216006.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,si doux foyer,fluide glacial,le borgne,reiser,paris,sdf,misère,démocrite,capitalisme&quot; /&gt; d'abord&amp;nbsp;dans l'hebdo &lt;em&gt;&quot;Fluide Glacial&quot;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le dessin&amp;nbsp;de Reiser a beaucoup été imité,&amp;nbsp;pour le meilleur et pour le pire. Le Borgne prolonge aussi l'esprit satirique de Reiser, abordant le problème de la misère à Paris sans tomber dans l'apitoiement sentimental.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'ambiguïté du principe de &quot;solidarité sociale&quot; est résumée dans les paroles de l'hymne des &quot;Restos du coeur&quot; : &lt;em&gt;&quot;Quand je pense à toi, je pense à moi.&quot; &lt;/em&gt;Cette ambiguïté explique la relative tolérance des Parisiens vis-à-vis des SDF&amp;nbsp;qui hantent les rues et le métro, plus nombreux depuis le &quot;krach&quot; capitaliste de 2008: le cadre dynamique en pleine ascension d'une carrière abrupte est conscient qu'il pourrait dévisser ;&amp;nbsp;pas sûr d'ailleurs que l'on soit aussi tolérant dans des villes plus puritaines et féministes, car le&amp;nbsp;SDF éructe parfois de façon inquiétante,&amp;nbsp;et siffle même parfois les filles pour tuer le temps.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Or Le Borgne montre bien le SDF tel qu'il est : à la fois très loin et très proche du citoyen lambda &quot;bien inséré socialement&quot;. Démocrite (IVe siècle av. J.-C.) rapprochait&amp;nbsp;la misère de la trop grande richesse, en montrant que cette dernière n'est pas moins &quot;un état de nécessité&quot; ; autrement dit&amp;nbsp;: un état d'insatisfaction permanent impropre à la jouissance.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chacun voit assez bien que la misère du SDF est la rançon de l'esprit de compétition économique. On le reconnaît d'autant mieux que cette misère, qui a considérablement diminué dans la partie occidentale du monde au cours des derniers siècles,&amp;nbsp;persiste de façon résiduelle dans les pays dits &quot;développés&quot;. Elle persiste donc évidemment comme un &quot;dommage collatéral&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Certains béni-oui-oui s'étonnent que l'immense richesse amassée par l'Occident ne soit pas divisée en parts égales: - comment l'esprit de compétition illimité&amp;nbsp;pourrait-il aboutir à l'abolition de la cupidité d'où vient son impulsion&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Béni-oui-oui, cette BD de Leborgne ne l'est pas ; mais peut-être seulement un peu dépassée, car on voit se multiplier dans Paris une nouvelle&amp;nbsp;espèce de SDF, venus du tiers-monde pour participer aux jeux olympiques du profit, où tous les coups sont permis.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Si Doux Foyer&lt;/em&gt;, par Leborgne, Ed. Fluide-Glacial, 2010.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Et 1917 devient Révolution***</title>
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        <updated>2018-03-18T23:01:00+01:00</updated>
        <published>2018-03-18T23:01:00+01:00</published>
        <summary> Au préalable, rappelons que le tribut le plus lourd payé à la révolution...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au préalable, rappelons que le tribut le plus lourd payé à la révolution bolchevique fut versé par le peuple. La&lt;img id=&quot;media-5785775&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/02/68004366.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,révolution,russe,1917,octobre,commémoration,sabine dullin,el lissitzky,marc ferro,alain blum,le fouet,bitch,novy satirikon,chtyk,bolchevik,koulak,kérenski,lénine,trotski&quot; /&gt; révolution russe n'a pas laissé seulement une trace sanglante derrière elle parce que les aristocrates et une bonne partie des &quot;koulaks&quot; russes furent massacrés, mais parce que des dizaines de millions de Russes appartenant aux couches populaires furent aussi sacrifiés sur l'autel du Progrès.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le régime quasi-dictatorial de Poutine et ses prédécesseurs tient aussi au souvenir cuisant dans la population de gigantesques massacres commis au nom de la démocratie et du peuple.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La commémoration d'un tel événement est&amp;nbsp;néanmoins justifiée, car la Révolution de 1917 est l'un des&amp;nbsp;événements politiques majeurs du XXe siècle. L'Histoire, quant à elle, commence au stade où l'on tente&amp;nbsp;d'élucider le sens de cet événement, ce que la propagande politique rend difficile; la révolution russe a en effet été tantôt récupérée, tantôt utilisée comme un repoussoir, de sorte qu'elle est surtout connue à travers la propagande, cela d'autant plus que les archives soviétiques sont longtemps restées scellées.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Et 1917 devient Révolution&quot;&lt;/em&gt;, ouvrage commémoratif paru à l'occasion du centenaire de la Révolution, a plusieurs mérites :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Il est découpé en une cinquantaine de courts chapitres (sommaire détaillé &lt;a title=&quot;Sommaire 1917 devient Révolution&quot; href=&quot;https://et1917devientrevolution.tumblr.com/catalogue&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener noreferrer&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), ce qui permet d'aborder la Révolution russe, monumentale et un peu intimidante, sous des angles variés. Ainsi un chapitre consacré à un officier français catholique, qui déserta l'armée française pour se joindre, enthousiaste, aux bolcheviks, avant de déchanter et rentrer au&amp;nbsp;pays, nous éclaire sur la dimension religieuse de la Révolution (déjà soulignée par Baudelaire dans un autre contexte).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plusieurs chapitres permettent aux lecteurs de découvrir les principaux acteurs des événements de 1917: Kérenski, Lénine, Trotski, ou le général contre-révolutionnaire Kornilov ; mais aussi les différents rouages de l'engrenage révolutionnaire: la défaite de l'armée russe&amp;nbsp;face aux troupes allemandes, la prise &quot;mythique&quot; du Palais d'hiver. Certains&amp;nbsp;aspects secondaires sont aussi évoqués, comme des événements frontaliers (indépendance de l'Ukraine ou de la Finlande), l'exil des aristocrates ou la propagande politique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- De plus l'iconographie est abondante et les reproductions de bonne qualité: de nombreux documents&amp;nbsp;d'époque -affiches, caricatures, photographies, journaux, sont reproduits.&amp;nbsp;A travers un chapitre dédié aux revues satiriques russes de 1917, on découvre le talent des caricaturistes russes d'alors. La propagande communiste a requis aussi le talent de dessinateurs et d'artistes-affichistes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On s'attardera ici sur les deux chapitres consacrés à la caricature et les chapitres consacrés à la propagande.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Les revues satiriques furent de courte durée, coincées entre la censure&amp;nbsp;tsariste et celle du nouveau pouvoir&lt;a href=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/01/4093601562.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener noreferrer&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5785817&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/01/1499000244.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,révolution,russe,1917,octobre,commémoration,sabine dullin,el lissitzky,marc ferro,alain blum,le fouet,bitch,novy satirikon,chtyk,bolchevik,koulak,kérenski,lénine,trotski&quot; /&gt;&lt;/a&gt; bolchevik qui s'empressa de museler ces publications peu favorables aux bolcheviks. La censure tsariste s'était relâchée un peu depuis la révolution de 1905, permettant à quelques titres d'éclore : &lt;em&gt;&quot;La Baïonnette&quot;&lt;/em&gt; (Chtyk), &lt;em&gt;&quot;Le Nouveau Satiricon&quot;&lt;/em&gt; (Novy Satirikon),&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Le Fouet&quot;&lt;/em&gt; (Bitch). En 1918, presque tous ces titres sont déjà interdits et un organe officiel de censure sera mis en place en 1922.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La qualité de ces titres de presse est d'autant plus surprenante que la censure ne cessa&amp;nbsp;vraiment que pendant quelques mois de transition entre les deux&amp;nbsp;régimes dictatoriaux.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Un autre chapitre se penche de plus près sur le contenu des caricatures. La crise est générale en Russie: militaire d'abord, mais aussi politique, économique et morale. Les caricatures visent&amp;nbsp;tous ceux qui sont jugés responsables de cette crise : le pouvoir monarchique, le clergé orthodoxe, la bourgeoisie soupçonnée de vouloir détourner la révolution de son but, mais aussi les bolcheviks accusés de contribuer au chaos et de céder face à l'Allemagne.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les caricatures antirévolutionnaires sont peut-être les plus originales&amp;nbsp;car elles soulignent les divisions au sein du peuple et l'incapacité à surmonter ces divisions au nom de la démocratie (cf. caricature ci-contre de Re-Mi, parue dans le &lt;em&gt;&quot;Novy Satirikon&quot;&lt;/em&gt;, raillant les divisions à l'intérieur du peuple).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- D'autres chapitres évoquent au contraire le rôle de la propagande et des artistes &quot;enrôlés&quot; par la révolution bolchevique. Il faut exalter les figures emblématiques de la révolution -l'ouvrier, le soldat de l'armée rouge-, mais aussi rendre les &quot;lendemains qui chantent&quot; plus concrets et désirables.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Dans le chapitre &lt;em&gt;&quot;L'invention des Rouges et des Blancs&quot;&lt;/em&gt;, Sabine Dullin commente une affiche abstraite d'El Lissitzky : &quot;Battez les blancs avec le coin rouge&quot; (1920). La signalétique géométrique et tricolore simpliste de cette affiche destinée à &quot;guider&quot; les soldats de l'armée rouge est un exemple intéressant de l'implication de l'art abstrait avant-gardiste dans la propagande militaire. La couleur sert à résumer l'idéologie, comme dans les emblèmes nationaux.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le terme &quot;d'avant-garde&quot; lui-même a une connotation guerrière.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/02/619169754.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener noreferrer&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5785783&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/02/1498687744.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,révolution,russe,1917,octobre,commémoration,sabine dullin,el lissitzky,marc ferro,alain blum,le fouet,bitch,novy satirikon,chtyk,bolchevik,koulak,kérenski,lénine,trotski&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;Affiche de propagande par El Lissitsky.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette peinture de la Révolution de 1917 par &quot;touches légères&quot; n'est pas sans défaut, mais du moins s'agit-il d'une description large, qui décrit et illustre des points de vue variés.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La question historique à proprement parler, du sens de la Révolution, est laissée pendante. L'historien Marc Ferro se contente d'observer que les Russes ont en 2017&amp;nbsp;une meilleure opinion de Staline, qui incarne à leurs yeux un pouvoir stable et fort, contrairement à Lénine ou Gorbatchev, dont les noms riment avec chaos et crise.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cet historien indique aussi que l'aura de la Révolution russe persiste dans le monde cent ans plus tard, révolution qui selon lui &quot;renia sa doctrine et ses promesses au nom de la nécessité&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&quot;Et 1917 devient Révolution&quot;&lt;/em&gt;, ouvrage collectif sous la direction de Carole Ajam, Alain Blum, Sophie Coeuré, Sabine Dullin. Eds Seuil/BDIC, 2017.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>L'Arabe du Futur - tome 3***</title>
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        <updated>2018-03-05T19:31:43+01:00</updated>
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        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Succès de librairie inattendu en 2014, &lt;em&gt;&quot;L'Arabe du Futur&quot;&lt;/em&gt; compte depuis deux tomes supplémentaires, et un&lt;img id=&quot;media-5778322&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/4267967453.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,riad sattouf,arabe,futur,syrie,satirique,laïcité,islam,bachar el assad&quot; /&gt; quatrième devrait paraître en 2018. Pour mémoire cet auteur franco-syrien y raconte son enfance, dont le plus clair se déroula au Moyen-Orient, notamment en Syrie où le père de Riad Sattouf exerçait un emploi de fonctionnaire (prof de fac).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le tome III retrace les souvenirs des années 1985 à 1987, quand l'auteur avait de sept à neuf ans.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le principal reproche que l'on peut faire à l'auteur est de ne pas se renouveler : les tomes se suivent et se ressemblent. Cependant les lecteurs agacés par les récits d'autofiction un peu vains trouveront ici leur compte car l'auteur parvient à donner à son récit une portée générale.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Alors que Riad Sattouf s'est&amp;nbsp;fait remarquer au cours des dernières années par des prises de position publiques assez démagogiques (typiques de la gauche libérale), &lt;em&gt;&quot;L'Arabe du Futur&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;aborde au contraire sans hypocrisie, de manière satirique, le problème&amp;nbsp;du rapport de la culture laïque moderne avec la religion; c'est d'autant plus utile que cette question donne lieu en France à des débats aussi stériles que passionnés, orchestrés par les&amp;nbsp;partis politiques.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;L'Arabe du Futur&quot;&lt;/em&gt; nous montre que la religion mahométane est, en Syrie, la religion des familles paysannes pauvres et frustes. Dans ce milieu, dont le père de R. Sattouf est issu, sévit en outre un antisémitisme à la fois viscéral et superficiel, conséquence&amp;nbsp;du&amp;nbsp;nationalisme arabe et de la haine de l'Occident, à commencer par les Etats-Unis. &quot;Juif&quot; est à peu près synonyme de &quot;traître&quot; dans le vocabulaire des gosses syriens, ce qui n'est pas sans rappeler le &quot;Boche&quot; de la France de la fin du XIXe siècle, et l'assimilation dans la littérature antisémite de ce temps-là des Juifs aux Allemands.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le père de R. Sattouf est un personnage charnière: son ambition sociale le place en porte-à-faux vis-à-vis de sa famille et de son éducation traditionnelle. Il penche du côté du modèle laïc républicain à la française, incarné à la fin des années 80 par le père de l'actuel président-dictateur, Hafez el Assad.&amp;nbsp;De façon significative, l'esprit de revanche des élites arabes ne les empêche pas d'imiter la formule laïque occidentale qui, à leurs yeux, a fait ses preuves sur le plan politique. La réussite scolaire est une des principales valeurs inculquées à Riad par son père.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La position de monsieur Sattouf père est comparable à celle des catholiques en France, militant à la fois pour la laïcité et pour la religion, c'est-à-dire le maintien de certaines coutumes religieuses. On le voit ainsi se plier au ramadan, non par conviction religieuse mais par piété filiale, tout en vantant le mérite du jeûne... sur le plan médical.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cet homme relativement émancipé des prescriptions religieuses, qui a osé épouser&amp;nbsp;une &quot;infidèle&quot; française, se montre d'ailleurs lucide à propos de&amp;nbsp;la culture laïque occidentale: celle-ci accorde à l'argent une place au moins aussi&amp;nbsp;importante que la place accordée par la culture traditionnelle à dieu. Or le noeud du problème est bien là: le culte du veau d'or entraîne-t-il moins&amp;nbsp;de superstition et de fanatisme que le culte d'Allah ou Mahomet ? Certains aspects de la culture occidentale indiquent qu'il n'en est rien.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le tableau que R. Sattouf brosse parallèlement de sa famille maternelle française, installée dans la région de Saint-Brieuc (Bretagne),&amp;nbsp;indique bien que la principale différence culturelle est en termes d'aisance matérielle et de confort. R. Sattouf ne se montre par moins critique avec sa mère,&amp;nbsp;pour qui l'exil en Syrie est de plus en plus pesant, et dont les revendications féministes ont une connotation assez matérielle.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;R. Sattouf ne tombe pas dans le piège d'une opposition&amp;nbsp;manichéenne entre les différentes cultures de ses parents.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;L'Arabe du Futur- tome 3&lt;/em&gt;, par Riad Sattouf, Allary éditions, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Micaël : Entrée, plat, dessert****</title>
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        <updated>2018-01-02T14:14:00+01:00</updated>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Excellent&amp;nbsp;assortiment de gags, répartis en &quot;Entrée, plat, dessert&quot;. Ils composent un nouvelle anthologie de&lt;img id=&quot;media-5746528&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/02/1668735793.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,fanzine,zébra,bande-dessinée,kritik,critique,micaël,cahiers dessinés,siné-mensuel,frédéric schiffter,moraliste,chamfort&quot; /&gt; dessins de Micaël, dessinateur franco-argentin, publiée par les &lt;em&gt;&quot;Cahier dessinés&quot;&lt;/em&gt;. Les dessins de Micaël paraissent aussi régulièrement dans&amp;nbsp;plusieurs&amp;nbsp;titres de presse, dont &lt;em&gt;&quot;Siné-Mensuel&quot;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Préfacier du bouquin, Frédéric Schiffter range&amp;nbsp;Micaël parmi les moralistes ; il le compare en particulier à Chamfort (1740-1794), auteur de maximes désillusionnantes souvent teintées d'humour (&lt;em&gt;&quot;La seule chose qui retient Dieu de nous envoyer un autre déluge, c'est que le premier n'a servi à rien.&quot;&lt;/em&gt;, ou encore :&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Il y a beaucoup plus de gens à vouloir être aimés que de gens à vouloir aimer.&quot;&lt;/em&gt;)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le trait géométrique de Micaël est adéquat pour peindre une époque soumise au calcul. Micaël parvient à la concision, là où un romancier réputé comme M. Houellebecq échoue.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'absurdité de la condition humaine donne du grain à moudre aux moralistes. L'économie capitaliste, que sa dimension fantasmatique rend particulièrement ridicule, l'art moderne&amp;nbsp;(cinéma, télévision, &quot;performances artistiques&quot;...), ou encore le tourisme, constituent les&amp;nbsp;thèmes de prédilection abordés par Micaël. De fait, le divertissement à quoi ils se résument est bien une&amp;nbsp;forme d'anesthésie de la pensée, de remède au malaise de la condition humaine.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Micaël a sans doute raison de ne pas aborder la politique de manière directe, contrairement à beaucoup de dessinateurs de presse&amp;nbsp;; la&amp;nbsp;politique elle-même n'est plus désormais qu'un théâtre de marionnettes, dont la fonction est aussi de divertir -une sorte de spectacle démagogique coûteux mais&amp;nbsp;nécessaire.&amp;nbsp;La caricature d'hommes politiques fait désormais largement partie du &quot;jeu politique&quot; et a perdu sa force satirique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il ne semble pas inutile de distinguer le bon moraliste du mauvais, autrement dit &quot;misanthrope&quot; (Houellebecq, Cioran) ; Molière nous montre que le misanthrope dissimule derrière le dédain du monde son amour de la société, à qui il reproche surtout de ne pas reconnaître son talent ; le misanthrope fait la paire avec le tartuffe, pour qui toute l'humanité est bonne... à cocufier.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Micaël : Entrée, plat, dessert.&lt;/em&gt; par Micaël, ed. Les Cahiers Dessinés, 2017.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Cher François**</title>
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        <updated>2017-12-20T00:40:00+01:00</updated>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette BD est un excellent choix de cadeau de Noël pour une admiratrice ou un admirateur de l'ex-président&lt;img id=&quot;media-5740541&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/01/1146556119.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,cher françois,louison,grazia,dessinatrice,presse&quot; /&gt; François Hollande.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Des biographies d'hommes ou de femmes politiques sont dessinées régulièrement par des caricaturistes : N. Sarkozy, M. Le Pen, F. Hollande, D. de Villepin, beaucoup y sont passés. Ces pamphlets opportunistes, qui constituent du &quot;matériel de campagne électorale&quot;, n'ont le plus souvent que peu d'intérêt et galvaudent la satire.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La dessinatrice de presse Louison (&lt;em&gt;&quot;Grazia&quot;&lt;/em&gt;) est un &quot;snipper&quot; enamourée de sa cible et ne le cache pas. Elle partage avec le président un sentimentalisme de gauche (presque désuet désormais) : peur de l'extrême-droite, de Donald Trump, féminisme, sympathie pour les pauvres qui souffrent dans le monde, &quot;Tous Charlie&quot;... la panoplie est complète.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Louison a été autorisée à s'approcher du président lors de quelques cocktails, cérémonies et voyages, pendant un laps de temps suffisamment long pour connaître la gloire et le déclin de l'ex-suzerain.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Non seulement cette dessinatrice partage les &quot;valeurs de gauche&quot; de François, mais avoue aussi son goût commun pour les petits fours et le champagne : elle&amp;nbsp;est donc la moins prédisposée à, ne serait-ce que l'ironie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Paradoxalement&amp;nbsp;la BD de Louison illustre assez bien le rôle dévolu au chef de l'Etat. C'est avant tout une mascotte : on le promène de&amp;nbsp;droite à gauche et il doit savoir rester digne en toutes circonstances. En tant que mascotte accréditée, ou élue, il est fortement tributaire du caprice des Français et des médias qui l'ont choisi - sa marge&amp;nbsp;d'action politique s'en trouve réduite.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce qui a séduit les Français chez F. Hollande, c'est son apparente bonhomie et sérénité ; cette qualité a ensuite été perçue comme un défaut et a contribué à&amp;nbsp;la désaffection des Français. Rien n'est plus injuste et fluctuant que le sentiment de la foule - c'est ce qui rend la démocratie aussi dangereuse quand elle vire à la démagogie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette aptitude relative de F. Hollande à surfer sur la vague des bonnes opinions, Louison la montre ou la suggère assez bien.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le président est bien sûr trop &quot;pro&quot; pour&amp;nbsp;dévoiler le fond de sa pensée politique ou stratégique à une inconnue.&amp;nbsp;Rarement il répond de façon nette, comme il fait quand la dessinatrice&amp;nbsp;l'interroge sur Donald Trump, le président américain fraîchement élu :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;- Pensez-vous qu'il soit dangereux ?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;- Non, c'est un acteur.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Cher François&quot;, par Louison (préface de F. Hollande) éd. Marabulles, 2017.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Les Super-héros pour les Nuls*</title>
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        <updated>2017-10-25T22:43:00+02:00</updated>
        <published>2017-10-25T22:43:00+02:00</published>
        <summary> De quoi les Super-héros sont-ils le nom ? D'une propagande patriotique assez...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De quoi les Super-héros sont-ils le nom ? D'une propagande patriotique assez banale, comme on peut le&lt;img id=&quot;media-5711966&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/01/2764352645.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,super-héros,éric delbecque,largo winch,homère,ulysse,hannah arendt&quot; /&gt; penser au premier abord ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il ne faut pas compter sur Eric Delbecque, &quot;expert en intelligence stratégique&quot; (sic) pour nous le dire car, &lt;strong&gt;sous couvert d'étude et de vulgarisation, il publie en réalité chez &quot;First-Editions&quot; un plaidoyer en faveur des super-héros.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A en croire Eric Delbecque, l'industrie du divertissement américaine n'est pas seulement une industrie du divertissement, par-dessus le marché elle véhicule des valeurs &quot;humanistes&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout en énumérant les trente-six variétés de super-héros pas très variés, l'auteur en profite pour distiller sa propagande aux accents macroniens (= le capitalisme, c'est cool) ; l'ensemble forme un tissu d'allégations fantaisistes&amp;nbsp;(&lt;em&gt;&quot;La tradition républicaine n'aime guère les hommes d'exception&quot; ; &quot;Si Jésus ne fut jamais un chef de guerre, il synthétise un bon nombre de figures antérieures symboliques et mythologiques de l'histoire de l'humanité (païenne et juive&lt;/em&gt;) &lt;em&gt;qui occupent la place d'intercesseurs, de ponts, dans la verticalité spirituelle, à savoir : les pharaons égyptiens, les demi-dieux gréco-romains, Prométhée, Nemrod ou Caïn&quot;.&lt;/em&gt;)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;...et d'allégations contradictoires, comme cette diatribe contre l'idéologie (p. 195), alors même qu'il n'y a pas de but plus idéologique que celui assigné au super-héros de &quot;sauver le monde&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au second degré (rarement atteint par les &quot;comics&quot;), on pourra trouver quelques passages cocasses; par exemple quand&amp;nbsp;Eric Delbecque nous explique que la série (belge)&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Largo Winch&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;a le mérite d'affranchir ses lecteurs sur le monde des affaires ; ou encore quand&amp;nbsp;il prétend que Wonder Woman contribue au féminisme... sans pour autant réveiller ou prolonger la guerre des sexes. &lt;em&gt;&quot;De surcroît, les dessinateurs de comics subliment les corps féminins sans tomber dans le machisme ou la vulgarité, ce qui contribue au bout du compte à une valorisation intégrale des femmes, tout aussi bien morale qu'intellectuelle, psychique et physique&quot;&lt;/em&gt; [amen].&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le bouquin contient deux allégations erronées qui méritent d'être infirmées&amp;nbsp;: la culture des super-héros est qualifiée de &quot;populaire&quot;.&lt;/strong&gt; Ses moyens de production, largement industriels, indiquent qu'il s'agit d'une culture de masse, produite par conséquent par les élites politiques et économiques afin de susciter un mouvement d'adhésion (la culture de masse opère comme la religion autrefois).&amp;nbsp;Les cultures populaires authentiques contiennent un élément de défi ou de méfiance à l'égard&amp;nbsp;des élites. Quant aux &quot;super-héros&quot;, ce sont tous ou presque des &quot;super-flics&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ce rôle de supplétif de la puissance publique assigné aux &quot;super-héros&quot; est le premier indice montrant que cette culture diffère nettement&amp;nbsp;de la mythologie grecque&lt;/strong&gt; (ou biblique, puisque E. Delbecque convoque aussi la Bible à l'appui de sa thèse). Bien plutôt qualifiable de &quot;barbare&quot;, du point de vue grec, une culture dont la défense de la puissance et de l'ordre publics représentent le point d'orgue.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;L'Iliade&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;n'est pas un récit patriotique ; Homère ne prend pas parti&amp;nbsp;pour les Achéens contre les Troyens ou vice-versa; Homère prend parti pour Ulysse contre Achille, c'est-à-dire pour une forme d'héroïsme supérieure.&amp;nbsp;Même Achille est trop &quot;individualiste&quot;, pourrait-on dire, pour se situer au niveau d'un super-héros américain exalté par des sentiments patriotiques.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une expression d'Eric Delbecque contredit sa propre tentative d'ériger la culture des super-héros en culture capitaliste humaniste ; en effet, définissant la culture des super-héros comme &quot;un reflet des aspirations et des pulsions de la société américaine&quot;, il la situe aux antipodes de la mythologie grecque ; celle-ci ne reflète pas la culture ou la société grecque antique, ne vise pas à la justifier mais à la transcender.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les Super-héros pour les Nuls&lt;/em&gt;, par Eric Delbecque, First-éditions, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;P.S. : Au milieu des années 1950, examinant la question de la culture de masse et l'avenir de la société de loisirs, l'essayiste Hannah Arendt écrivait ceci : &lt;em&gt;&quot;(...) Quand livres ou reproductions sont jetés sur le marché à bas prix et sont vendus en nombre considérable, cela n'atteint pas la nature des objets en question. Mais leur nature est atteinte quand ces objets eux-mêmes sont modifiés - réécrits, condensés, digérés, réduits à l'état de pacotille pour la reproduction ou la mise en images.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Cela ne veut pas dire que la culture se répande dans les masses, mais que la culture se trouve détruite pour engendrer le loisir. Le résultat n'est pas une désintégration, mais une pourriture, et ses actifs promoteurs ne sont pas les compositeurs de Tin Pan Alley, mais une sorte particulière d'intellectuels, souvent bien lus et bien informés, dont la fonction exclusive est d'organiser, diffuser et modifier des objets culturels en vue de persuader les masses qu'&lt;/em&gt;Hamlet&lt;em&gt; peut être aussi divertissant que &lt;/em&gt;My Fair Lady&lt;em&gt;, et, pourquoi pas, tout aussi instructif.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Bien de grands auteurs du passé ont survécu à des siècles d'oubli et d'abandon, mais c'est une question pendante de savoir s'ils seront capables de survivre à une version divertissante de ce qu'ils ont à dire.&quot; (&lt;/em&gt;In :&lt;em&gt; &quot;La Crise de la Culture&quot;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Le Jeune Karl Marx*</title>
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        <updated>2017-10-14T22:21:00+02:00</updated>
        <published>2017-10-14T22:21:00+02:00</published>
        <summary> La crise mondiale de 2008 a replacé Karl Marx sous le feu des projecteurs,...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La crise mondiale de 2008 a replacé Karl Marx sous le feu des projecteurs, tant son célèbre pronostic &lt;img id=&quot;media-5705042&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/02/3054752953.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,raoul peck,karl marx,frédéric engels,junge marx,rheinische zeitung,cinéma,capital,ligue des justes,communiste&quot; /&gt;d'autodestruction du capitalisme a semblé soudain proche de s'accomplir : &lt;strong&gt;&lt;em&gt;- Le pire ennemi du Capital, c'est le Capital lui-même.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'auteur du &lt;em&gt;&quot;Capital&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;indique dans cette formule que &lt;strong&gt;le mouvement ou l'ébranlement de la société&amp;nbsp;est d'abord le fait de la bourgeoisie et de son modèle économique de développement.&lt;/strong&gt; Marx et Engels affirmaient qu'il résulterait de la faillite de l'Etat bourgeois une société meilleure - et s'efforçaient d'y concourir à leur manière, en éclairant la conscience des prolétaires à la lueur de leurs travaux.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un film récent, &lt;em&gt;&quot;Le Jeune Karl Marx&quot;&lt;/em&gt;, entend redonner vie aux personnages de K. Marx et de son ami Frédéric Engels&lt;/strong&gt;, figés dans les traits pesants de la statuaire soviétique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On peine en effet à imaginer aujourd'hui que Marx et sa famille furent traqués dans toute l'Europe et espionnés par la police, tant voire plus que les imams qui prêchent le djihad aujourd'hui. Les élites bourgeoises redoutaient alors que les articles de Marx n'enflamment plus encore les mouvements de contestation ouvriers.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le film de Raoul Peck parvient à ressusciter ce climat de vive tension en Europe entre le prolétariat et les &quot;capitaines d'industrie&quot; qui l'emploient, dans des conditions dantesques.&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;Même si l'épicentre s'est déplacé, en même temps que le prolétariat, de l'Europe vers le continent asiatique et l'Inde, ce climat de vive tension persiste désormais à l'échelle mondiale, suivant un schéma de propagation annoncé et décrit par Marx :&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Les individus ont été de plus en plus asservis à une puissance qui leur est étrangère, (...) laquelle est devenue de plus en plus massive et se révèle être en dernière instance le marché mondial.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les acteurs qui interprètent K. Marx et F. Engels sont assez convaincants. Ils évitent de prendre la pose révolutionnaire romantique, la plus éloignée du souhait de ces deux journalistes subversifs de débarrasser le mouvement révolutionnaire prolétarien de son attirail de slogans sentimentaux à base de fraternité et de &quot;droits de l'Homme&quot; (dénoncés comme une duperie par Marx).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pour le reste, suivant la tendance&amp;nbsp;du cinéma à verser dans l'anecdote et le détail, le film déçoit.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les costumes d'époque ont l'inconvénient de transporter la critique marxiste dans&amp;nbsp;une sorte de passé glorieux du mouvement révolutionnaire prolétarien.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Or le spectre du communisme marxiste rôde encore. Ainsi la culture de masse, produite par la bourgeoisie industrielle, qui remplace l'opium des vieilles religions tombées en désuétude,&amp;nbsp;quelle peut bien être sa fonction, si ce n'est d'empêcher une prise de conscience des milieux les plus défavorisés en étouffant l'esprit critique ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'effort des auteurs du film est perceptible pour faire comprendre au spectateur l'originalité de la démarche de Marx, en comparaison&amp;nbsp;d'autres doctrines révolutionnaires, comme&amp;nbsp;celle du Français Proudhon par exemple ; mais cet effort se solde par un échec.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;Il est vrai que ce n'est pas une mince affaire de résumer le marxisme, car il se présente comme une &quot;science&quot;, perfectible et inachevée, non comme une &quot;doctrine&quot; à l'instar de la philosophie réactionnaire de Nietzsche, plus facile à cerner.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une part du malentendu à propos du marxisme tient précisément à ce que les mouvements politiques qui se sont réclamé de Marx&amp;nbsp;ne pouvaient se passer d'une doctrine politique (voire d'une stratégie pour les plus vils), et que Marx et Engels fournissent surtout les éléments d'une science, l'Histoire.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Peut-on comprendre quelque chose au marxisme en se tenant assis dans une salle de spectacle, alors qu'il part d'un mouvement de résistance au confort intellectuel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&quot;Le Jeune Marx&quot; (&quot;Der Junge Marx&quot;)&lt;/em&gt;, par Raoul Peck, octobre 2017.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;NB: On voit dans le film Marx assister en compagnie d'Engels au congrès de la &quot;Ligue des Justes&quot;,&amp;nbsp;renommée lors de ce congrès &quot;Ligue&amp;nbsp;communiste&quot;, alors que seul Engels y participa.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;- Ill. représentant Marx et Engels vérifiant les épreuves de la &quot;Rheinische Zeitung&quot; (Gazette rhénane fondée par Marx).&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Ralentir***</title>
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        <updated>2017-08-07T15:42:44+02:00</updated>
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        <summary> Plaidoyer pour la décroissance par Alexis Horellou &amp;amp; Delphine Le Lay...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plaidoyer pour la décroissance par Alexis Horellou &amp;amp; Delphine Le Lay (éd. Le Lombard) ; un cadre commercial&lt;img id=&quot;media-5669995&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/00/2219266005.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,ralentir,alexis horellou,delphine le lay,le lombard,écolo,bonheur,rennais&quot; /&gt; rennais prend une jeune marginale en stop ; témoin d'un grave accident de la route, ce couple mal assorti va devoir RALENTIR. C'est le mot d'ordre de cette BD : le bonheur tient à peu de chose, dont la première consiste à sortir de l'autoroute d'une existence absurde menée à cent à l'heure, en empruntant la première bretelle qui se présente...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le message est un peu naïf, mais les auteurs évitent de tomber dans la niaiserie grâce aux portraits assez crédibles et contrastés des principaux protagonistes de cette petite fable contemporaine.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Evitée aussi la démonstration écolo pesante, puisque&amp;nbsp;cette BD se contente de souligner l'absurdité de certains modes de vie actuels, où le bonheur est sacrifié au profit d'une idée du bonheur quasiment fanatique (un fanatisme meurtrier, bien que parfaitement légal).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A défaut&amp;nbsp;d'y répondre, cette BD incite à se poser de vraies questions, ce qui est déjà pas mal. Pourquoi la société moderne met-elle autant d'application à rater le bonheur ; même le sort des plus riches rime plutôt avec &quot;confort&quot; qu'avec &quot;bonheur&quot;... Il y a sans doute là plus qu'une simple devinette pour passer le temps...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un bémol : le dessin&amp;nbsp;manque d'expressivité et de légèreté, en particulier quand il s'agit d'exalter le charme bucolique des chemins de traverse, pour l'opposer à la monotonie abstraite de la route nationale et des bagnoles qui la sillonnent sans relâche.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Ralentir, &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;par Alexis Horellou et Delphine Le Lay, éd. Le Lombard, 2017.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Don Quichotte - Suite et fin****</title>
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        <updated>2017-07-23T23:23:00+02:00</updated>
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        <summary> La vie est trop courte pour lire des romans (ou regarder des séries télé, ce...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La vie est trop courte pour lire des romans (ou regarder des séries télé, ce qui revient au même)&lt;img id=&quot;media-5663634&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/1136668500.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,don quichotte,sancho pança,cervantes,warum&quot; /&gt;&amp;nbsp;! Les romanciers qui les écrivent, eux, fournissent&amp;nbsp;l'excuse de devoir gagner leur croûte ; mais ce prétexte ne sert-il pas aussi à justifier les pires ignominies ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout au plus s'autorisera-t-on à lire &lt;em&gt;&quot;Don Quichotte&quot;&lt;/em&gt;, que&amp;nbsp;de plus éminents critiques que moi qualifient de &quot;roman des romans&quot; ; car&amp;nbsp;le Quichotte de Cervantès, tout en divertissant comme un roman, nous en fait visiter les coulisses et démystifie cette grande religion hyper-puissante (si vous n'avez pas observé des ados lisant &lt;em&gt;&quot;Harry Potter&quot;&lt;/em&gt; ou quelque BD japonaise fabriquée à la hâte, vous n'avez pas idée de ce qu'est une grande secte hyper-puissante).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le roman des romans est donc une caricature de roman.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le &quot;hic&quot;, c'est que le Quichotte fait 800 pages au bas mot. Il faut donc s'organiser pour en lire quelques pages chaque soir,&amp;nbsp;en famille autour du feu - cela&amp;nbsp;fera l'année. Quel psychanalyste osera me démentir si je dis que c'est un excellent stimulant pour la cervelle des enfants que de devoir se figurer&amp;nbsp;(mentalement) tous les paysages décrits par Cervantès, qui servent de décors aux aventures de son héros, aussi cocasse qu'il est crétin (pour avoir lu trop de romans incitant à l'héroïsme et à &quot;accomplir ses rêves&quot;, suivant la formule consacrée) ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si vous n'avez ni famille ni cheminée, vous pouvez lire la version abrégée par Rob Davis et publiée par les eds. Warum en deux tomes séparés, cela ne vous prendra que quelques d'heures ; nous avions déjà félicité dans &lt;em&gt;&quot;Zébra&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;Rob Davis, à propos du premier tome, pour avoir su préserver et souligner le côté caricatural ou satirique de l'oeuvre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Rob Davis s'est efforcé de choisir les épisodes les plus significatifs, comme celui (tome II) où Don Quichotte et son écuyer Sancho Pança sont les victimes d'un duc et d'une duchesse malicieux, décidés à s'amuser aux dépends de ces deux idéalistes fanatiques par le moyen de plaisanteries cruelles. Qui manipule-t-on plus facilement, en effet, que les personnes idéalistes ? (l'idéal abstrait de Don Quichotte est représenté par une femme, Dulcinée, comme Homère a choisi Hélène pour incarner le mobile de la guerre ; l'idéal plus vulgaire de Sancho Pança&amp;nbsp;est représenté par une île et la promesse d'en devenir proprio).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cervantès pouvait-il se douter que, quatre siècles plus tard, son ouvrage satirique dirigé contre ce fléau social que représente la lecture, serait toujours d'actualité ? Il l'est plus que jamais ; en effet, circonscrite du temps de Cervantès aux rejetons des familles aristocratiques, la lecture de romans romanesques a fait tache d'huile. La manie de rêver, peu à peu, a infiltré les couches populaires, jadis&amp;nbsp;préservées par leur bon sens et leur pragmatisme.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et combien de héros modernes ne sont-ils pas &quot;donquichottesques&quot;, c'est-à-dire à la fois admirables&amp;nbsp;par le courage et l'obstination qu'ils mettent dans leurs&amp;nbsp;entreprises, et méprisables en raison de l'inconsistance de leur but, qui en fait des personnes vaniteuses et folles ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Don Quichotte - Suite et fin (tome II) par Cervantès et Rob Davis, éds Warum, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Tocqueville***</title>
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        <summary> &quot;Librement adapté de  &quot;Quinze jours dans le désert&quot;  d'Alexis de...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Librement adapté de &lt;em&gt;&quot;Quinze jours dans le désert&quot;&lt;/em&gt; d'Alexis de Tocqueville.&quot;&lt;img id=&quot;media-5661887&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/00/3041651906.jpg&quot; alt=&quot;webzine,gratuit,zébra,bd,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,tocqueville,kévin bazot,quinze jours dans le désert,indiens,amérique&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est honnête, un peu laborieux... instructif...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le Tocqueville de Kévin Bazot, c'est celui du Journal de voyage, plus concret, et l'on voit beaucoup (dans la BD) les deux voyageurs contempler &lt;em&gt;in vivo&lt;/em&gt; la destruction des Indiens (qui crèvent alcoolo dans les rues sans un regard des passants).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le massacre des Indiens, ainsi que la cupidité des colons venus d'Europe fera douter Tocqueville de l'avènement de la démocratie en Amérique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Tocqueville - vers un Nouveau Monde&lt;/em&gt;, par Kévin Bazot, eds Casterman, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Moi, Assassin**</title>
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        <updated>2017-07-15T10:19:00+02:00</updated>
        <published>2017-07-15T10:19:00+02:00</published>
        <summary>  Cette BD d'Antonio Altarriba et Keko a reçu le prix de la Critique ACBD en...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cette BD d'Antonio Altarriba et Keko a reçu le prix de la Critique ACBD en 2015. Peut-être parce qu'elle&lt;img id=&quot;media-5659632&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/00/4024986042.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,antonio altarriba,keko,assassin,denoël graphic,sade&quot; /&gt; tient un discours philosophique, ce qui n'est pas commun en BD ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Passons sur le dessin,&amp;nbsp;assez insignifiant ; Keko mélange le trait avec des photographies, sans doute pour donner une plus grande impression de réalisme, mais il ne maîtrise pas bien cet effet.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Keko campe un personnage de professeur de fac, assassin à ses heures perdues pour &quot;l'amour de l'art&quot; (celui de la transgression, assez en vogue). Ce personnage de professeur a les traits d'Antonio Altarriba, le scénariste, qui enseigne la littérature française à la fac du pays basque.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans la BD, le prof enseigne l'histoire de l'art ; &lt;strong&gt;au travers d'un long monologue, cet assassin multirécidiviste s'efforce de convaincre le lecteur que l'assassinat, dès lors qu'on le pratique comme un art, n'est pas une activité condamnable&lt;/strong&gt; ; en outre, plaide-t-il, la société repose sur le crime de sang, à l'échelle individuelle ou industrielle. Entre autres propos subversifs, le prof assassin propose que l'on qualifie les politiciens de &quot;tueurs en série&quot; ; car quand il leur arrive de tuer par procuration, afin de défendre les intérêts qu'ils représentent, ils le font méthodiquement en grand nombre ; comme les tueurs en série, les politiciens les plus sanguinaires (Napoléon, Kadhafi, etc.) ont d'ailleurs beaucoup d'admirateurs des deux sexes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Altarriba à travers son double de papier ne manque pas de&amp;nbsp;rapprocher l'assassinat de la sexualité, autre ressort social majeur.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le propos est d'autant plus&amp;nbsp;satirique que nous vivons dans une société moderne&amp;nbsp;qui prétend reposer sur des valeurs &quot;humanistes&quot; comme la solidarité, la fraternité, voire l'amour -à l'opposé de l'assassinat.&lt;/strong&gt; Il n'est cependant que d'observer le goût du public pour les crimes sanglants et le sang, à travers le cinéma, la littérature ou la presse, pour deviner que le discours humaniste n'est qu'un écran de fumée, suggère Altarriba.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En exergue, Altarriba a placé une citation du marquis de Sade, qui s'efforça aussi à travers son oeuvre d'arracher à&amp;nbsp;la société son masque de respectabilité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais&amp;nbsp;Altarriba n'est pas un assassin ; du moins il n'est pas crédible dans ce rôle de prof assassin (les scènes qui illustrent les rivalités entre profs au sein de la fac sont beaucoup plus convaincantes). L'aspect de &quot;BD à thèse&quot;, un peu pesante, prend le dessus en définitive.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De plus, en refermant cette BD, on se dit qu'elle n'est pas si éloignée que ça des séries américaines putassières, à base d'hémoglobine et de tueurs en série, que Altarriba condamne à cause de leur vulgarité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&quot;Moi, Assassin&quot;&lt;/em&gt;, par Antonio Altarriba et Keko, Denoël Graphic, 2015.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        </author>
        <title>Henry de Groux - Journal***</title>
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        <updated>2017-06-04T23:52:00+02:00</updated>
        <published>2017-06-04T23:52:00+02:00</published>
        <summary> Les trompettes de la renommée sont parfois bien mal embouchées... Pourquoi...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les trompettes de la renommée sont parfois bien mal embouchées... Pourquoi Van Gogh, Cézanne, Gauguin,&lt;img id=&quot;media-5638759&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/00/4211382473.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,henry de groux,journal,inha,kimé,léon bloy,delacroix,géricault,baudelaire,beethoven,14-18,soldat,catholique&quot; /&gt; sont-ils célébrés dans le monde entier, tandis que Henry de Groux (1866-1930) demeure inconnu ou presque ? &lt;strong&gt;Il y a pourtant dans l'oeuvre et l'existence chaotique du peintre bruxellois tous les ingrédients pour fasciner le public...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A l'instar de Nietzsche, de Groux serait-il trop sulfureux pour notre époque ? C'est peut-être une explication... Plus sûrement, la complexité assumée de de Groux, le caractère inclassable de son oeuvre, déroutent les fabricants d'étiquettes que l'on appose sous les tableaux pour permettre au public et aux étudiants de les digérer plus facilement. L'étiquette &quot;symboliste&quot;, qu'on colle parfois à de Groux, ne souligne qu'un aspect de sa peinture.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le volumineux Journal que de Groux a laissé derrière lui dévoile une personnalité aux nombreuses facettes.&lt;/strong&gt; Doublement attiré par la rédemption, d'une part, et par Satan d'autre part (le dieu des artistes), on pourrait qualifier ce peintre épris d'imagination de &quot;baudelairien&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce travail opiniâtre de consignation des faits intimes, sentiments, cauchemars, observations critiques, laissait son auteur lui-même sceptique quant à sa valeur. Dans le meilleur des cas, &lt;strong&gt;celui-ci y voit le témoignage sincère, le tableau de la tempête intérieure qui agite l'artiste moderne&lt;/strong&gt; ; sans doute est-ce la meilleure raison de lire de Groux, tant il est vrai que l'art moderne -les musées sont trompeurs à cet égard- a comme les icebergs une importante partie immergée, dissimulée à la vue&amp;nbsp;du simple spectateur.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La confrontation avec Van Gogh est particulièrement éclairante&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;; de Groux a émis un jugement très sévère sur la peinture de son confrère, sans mépriser pour autant l'homme comme il méprisait franchement Cézanne ou Apollinaire, qu'il accuse de divers trucages artistiques. De Groux se fit même virer de son groupe d'artistes (les XX), pour avoir refusé d'être exposé en même temps que Van Gogh.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;De toutes les peintures que j'ai pu voir du peintre hollandais, têtes ou paysages, je ne m'en rappelle pas une qui brillât par des qualités vraiment picturales que l'on pût sincèrement estimer remarquables. Elles ne se signalent que par la même facture exaspérée et maladroite. Un seul morceau représentant des harengs sur un plat de faïence ou de grès, m'a séduit par une chaleur de ton et une certaine verve de facture vraiment assez heureuse, assez rare dans sa production. C'est tout.&quot;, &lt;/em&gt;note&amp;nbsp;de Groux dans son Journal en 1893.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;De Groux voyait dans le travail de Van Gogh l'oeuvre d'un aliéné, et non d'un artiste en pleine possession de ses moyens&lt;/strong&gt; ; cependant, de Groux fut interné lui aussi dans un hôpital psychiatrique à Florence, après avoir effrayé sa maîtresse ; il s'en évadera dans des conditions rocambolesques. De Groux consigne d'ailleurs dans son Journal une insomnie aggravée, causée par des cauchemars violents qu'il redoute d'affronter. Mais surtout, de Groux fut assailli comme Van Gogh par des considérations d'ordre métaphysique, interférant dans son existence. Si Van Gogh est maladroit, et touchant par cette maladresse, on ne peut pas dire que de Groux soit très habile non plus.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La foi n'est pas héréditaire chez de Groux comme elle est chez Van Gogh (fils et petit-fils de pasteur) ; elle s'incarne dans un ami très proche, Léon Bloy (compagnon d'infortune, par qui il fut hébergé et qu'il hébergea quand ils furent, chacun leur tour, dans le besoin), polémiste catholique et anarchiste (!?) (&lt;em&gt;&quot;L'argent est le sang des pauvres.&quot;&lt;/em&gt;).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En même temps qu'il est attaché à son ami Bloy, impressionné par sa foi intransigeante, qui tranche à ses yeux singulièrement avec le mode de vie bourgeois, de Groux demeure athée en secret, pour éviter d'être sermonné par son ami. Il confie dans son Journal qu'il se sent proche des peintres Delacroix ou Ingres qui, bien qu'ils honorèrent de nombreuses commandes religieuses, restèrent athées ou &quot;rationalistes&quot;. Du&amp;nbsp;catholicisme, de Groux n'admire que les ouvrages&amp;nbsp;d'art, dont son ami Bloy se méfie au contraire.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une rupture durable interviendra entre les deux amis,&amp;nbsp;dont l'affaire Dreyfus, et Zola en particulier, sont le facteur déclencheur. Tandis que de Groux ira jusqu'à défendre Zola physiquement, Bloy vitupère au contraire le défenseur du capitaine Dreyfus, l'accusant d'être un imposteur, un bourgeois retranché dans une villa cossue (sous-entendu : un faux messie). De Groux finira par&amp;nbsp;rompre avec Bloy, effrayé de surcroît par l'épouse danoise du polémiste.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;De Groux sacrifia sa carrière à une incessante remise en question, tant spirituelle qu'artistique, ô&lt;img id=&quot;media-5638761&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/1055885650.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,henry de groux,journal,inha,kimé,léon bloy,delacroix,géricault,baudelaire,beethoven,14-18,soldat,catholique&quot; /&gt; combien éprouvante.&lt;/strong&gt; En cela, de Groux est bien plus moderne que bien des modernes. Alors qu'il est déjà avancé en âge et dans la maîtrise de son art,&amp;nbsp;sans doute mû par son enthousiasme pour les compositeurs modernes, Wagner en tout premier lieu, de Groux croit déceler en lui une vocation impossible de compositeur. Cette &quot;découverte&quot; le bouleverse.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les éditeurs et commentateurs de ce Journal en ont facilité la lecture en classant les notes de de Groux par thèmes (l'art, la vie, l'époque...) et en proposant un index des noms propres.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Leur commentaire fait parfois croire que&amp;nbsp;de Groux&amp;nbsp;avait des goûts &quot;classiques&quot;, ce qui est inexact. De Groux admire Géricault, et surtout Delacroix ; or ce dernier n'a rien d'un peintre &quot;classique&quot; ; son Journal indique au contraire que l'oeuvre de Delacroix contient toutes les clefs de l'art moderne, la volonté de fusion avec la musique tout d'abord. C'est d'ailleurs peut-être sur ce point que la connivence entre de Groux et Bloy s'établit ; et si le fanatisme catholique de Bloy et le fanatisme artistique de de Groux, dont l'absolu est musical, n'étaient que deux facettes d'une même religion.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le reproche adressé par de Groux à un certain nombre de ses contemporains n'est pas d'être trop modernes&lt;/strong&gt;, mais de n'être pas assez &quot;artistes&quot;, ce qui est bien différent. La conception de l'art de de Groux, à l'instar de celle de Baudelaire ou Nietzsche, implique une profonde aversion pour la démocratie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;*Ci-dessus, portrait de Beethoven par H. de Groux.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Henry de Groux (1866-1930) - Journal, &lt;em&gt;éds Kimé/Institut national d'histoire de l'art, 2007.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5638762&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/02/43565910.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,henry de groux,journal,inha,kimé,léon bloy,delacroix,géricault,baudelaire,beethoven,14-18,soldat,catholique&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;Soldats de 14-18 équipés&amp;nbsp;de masques à gaz, dessinés sur le vif par de Groux.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>Churubusco***</title>
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        <updated>2017-04-18T17:37:08+02:00</updated>
        <published>2017-04-18T17:37:08+02:00</published>
        <summary> Dans cette bande-dessinée (traduite de l'italien) d'Andréa Ferraris,&amp;nbsp;un...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans cette bande-dessinée (traduite de l'italien) d'Andréa Ferraris,&amp;nbsp;un épisode politique dramatique sert de toile&lt;img id=&quot;media-5608011&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/01/1490285554.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,churubusco,mexique,états-unis,1840,andrea ferraris,rackham&quot; /&gt; de fond à l'intrigue : l'invasion du Mexique (Haute-Californie) par les Etats-Unis en 1840, afin d'annexer une partie de la côte Pacifique, stratégique sur le plan du commerce avec l'Asie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les Etats-Unis se saisirent du premier prétexte pour déclarer la guerre au Mexique, ainsi que l'on voit faire les nations puissantes lorsqu'elles veulent s'emparer des ressources de petits pays. Vaste était le Mexique, mais faible sur le plan militaire.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Venant du&amp;nbsp;Texas, une armée composée surtout de mercenaires recrutés parmi la population immigrée en provenance d'Europe enfonce l'armée mexicaine. Le bataillon de mercenaires irlandais &quot;Saint-Patrice&quot; va déserter et se rallier au Mexique en se retranchant dans le village de Churubusco. C'est l'histoire de ce retournement que l'auteur de cette BD a choisi de raconter.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une fois Churubusco enlevé et la plupart des &quot;san-patricios&quot; (déserteurs irlandais) exécutés, cette guerre de conquête qui avait fait un peu moins de 40.000 morts s'acheva.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les déserteurs irlandais, dit la notice de conclusion, furent honorés comme des héros et des martyrs dans le camp mexicain. La raison de leur ralliement est incertaine, qui tient sans doute à un mélange d'opportunisme et au mépris des hommes de troupe américains vis-à-vis des Irlandais comme des Mexicains.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La plupart du temps le cinéma peint la guerre sous&amp;nbsp;un jour romantique, voire esthétisant, servant ainsi la cause nationaliste ; cette BD n'idéalise aucun camp et ne cache rien des réalités de la guerre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Churubusco&quot;, par Andrea Ferraris, éd. Rackham, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Reiser****</title>
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        <updated>2017-04-02T18:50:00+02:00</updated>
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        <summary> La biographie de Jean-Marc Reiser par Jean-Marc Parisis (1995) retrace à...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La biographie de Jean-Marc Reiser par Jean-Marc Parisis (1995) retrace à l'aide de différents documents&lt;img id=&quot;media-5598453&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/01/4010029734.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,biographie,jean-marc reiser,jean-marc parisis,hara-kiri,françois cavanna,grasset&quot; /&gt; (interviews dans la presse écrite et audiovisuelle, témoignages de proches, films...) la carrière du génial dessinateur de presse Reiser, emporté à 42 ans par un cancer (1983).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La carrière de Reiser, racontée par Parisis, rappelle combien&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot; &lt;/em&gt;pèse lourd dans le bilan artistique de l'après-guerre; on peut se demander si ce n'est pas la dernière manifestation d'art populaire en France ?&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;Il est significatif qu'un certain nombre d'intellectuels s'efforcent d'en minimiser la portée, lorsque l'histoire de&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/em&gt; est évoquée à la télé.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il est une manière de contrôler ou de subjuguer le peuple par le biais de l'art -les critiques de la culture totalitaire utilisent le terme de &quot;culture de masse&quot; pour désigner ce phénomène - &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;se distingue de toute une production artistique infantilisante, et n'est &quot;bête et méchant&quot; que par dérision. L'oeuvre de Reiser fait penser pour cette raison à celle de Louis-Ferdinand Céline&lt;/strong&gt;, cité à plusieurs reprises par Parisis, qui propose ici une comparaison &quot;éclairante&quot;, entre deux auteurs populaires d'avant-garde.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plus personne n'écrit en effet de la même manière depuis Céline (pas même ceux qui le détestent) ; de la même façon on peut dire que la presse satirique française est encore marquée par Reiser (à l'exception du &lt;em&gt;&quot;Canard enchaîné&quot;&lt;/em&gt;, peut-être,&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;et encore) ; qui est Luz, si ce n'est&amp;nbsp;un dessinateur avec les idées de &quot;boy-scout&quot; de Hergé, imitant la &quot;ligne crade&quot; de Reiser ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le parcours de Reiser est pour cette raison plus intéressant que celui de Cabu&lt;/strong&gt;, second &quot;phare&quot; de la caricature d'après-guerre, dont le style plus classique&amp;nbsp;est aussi plus intemporel. Reiser est indissociable de&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt;, ce qui est moins le cas de Cabu.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sans Cavanna et le Pr Choron, Reiser aurait fini chef de secteur chez &quot;Nicolas&quot;&lt;/strong&gt;, le célèbre marchand&amp;nbsp;de pinard qui publia quelques dessins de Jean-Marc Reiser dans sa gazette interne, avant qu'il ne devienne LE Reiser, adulé par la &quot;grande presse&quot; après avoir accouché à&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt; d'un style si personnel. A l'instar de Wolinski, Reiser mesurait l'importance de sa rencontre avec François Cavanna et le Pr Choron. Ce duo incita Reiser à expulser ce qui lui pesait très lourdement sur l'estomac.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;C'est ici encore le point commun entre Reiser et Céline : le besoin impérieux de se débarrasser du tas d'immondices que la société leur a fait avaler de force&lt;/strong&gt;, alors qu'ils étaient encore des gosses, à la fois extra-lucides et sans défense. Ces deux damnés précoces, miraculeusement revenus de l'enfer, ne sont guère effrayés par la mort (cela explique leur audace artistique) : tôt, ils ont appris que vivre n'est pas forcément une chance.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On peut faire&amp;nbsp;à Parisis le grief de s'attarder excessivement sur l'enfance de Reiser, néanmoins ce préambule permet sûrement de comprendre comment et pourquoi l'art de Reiser est un cri de rage, modulé afin de se transformer en quelque chose de plus fort.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Unique rejeton d'une femme de ménage lorraine, de père inconnu, Reiser a enquêté sur&amp;nbsp;sa véritable identité, en quoi sa mère ne l'a guère aidé, désireuse au contraire d'effacer cet épisode génital. Reiser a-t-il pour père biologique un soldat allemand ? Cela expliquerait les réticences de sa mère à&amp;nbsp;fournir une explication plausible. Une fois le destin &quot;forcé&quot; par&amp;nbsp;Reiser, grâce à &lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt;, cette énigme biologique perdra de son importance; de même, le dessinateur a perdu sa mère en triomphant de sa condition sociale, un mur d'incompréhension s'élevant peu à peu entre la mère et le fils, longtemps ficelés ensemble par la nécessité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- Episode &quot;castrateur&quot;, celui où la mère de Reiser lui interdit de prolonger des études. Reiser élaborera ainsi ultérieurement une forme d'expression, au moins aussi&amp;nbsp;littéraire que plastique, indépendamment de la BD en même temps qu'elle est de la BD à l'état pur ou brut, afin de compenser son handicap scolaire et rhétorique. De fait&amp;nbsp;le style est secondaire chez les meilleurs artistes.&amp;nbsp;&lt;strong&gt;L'affirmation de son individualisme a été facilitée par Cavanna et Choron, eux-mêmes exemplaires d'une détermination rarissime de la part d'hommes du peuple, que les institutions républicaines se font fort d'encadrer de tous les côtés (l'armée, la police &amp;amp; l'école), avec l'efficacité redoutable d'une mère abusive.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt; est une histoire de pauvres, et Parisis fait bien de souligner cette particularité, car les pauvres n'ont en principe pas le droit de devenir artistes : la société l'interdit, de haut en bas.&amp;nbsp;On doit bien faire ici la différence entre la prostitution et l'art, pas toujours évidente à l'heure où le marché &lt;em&gt;fait&lt;/em&gt;&amp;nbsp;l'art et les artistes ; lorsque Cavanna a compris que &lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt; était devenu assimilable, après des années de publication, à du matériel pornographique, il a su&amp;nbsp;qu'il s'était fait baiser - petit à petit le beau, le merveilleux journal&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt; est devenu &quot;un journal de beaufs&quot;, selon le terme choisi par Cavanna pour remuer le couteau dans la plaie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La récupération politicienne de &lt;em&gt;&quot;Mai 68&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;passe aussi par là, par la réduction de&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Mai 68&quot; &lt;/em&gt;à une&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&quot;révolution sexuelle&quot;&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;Les chapitres sur l'emploi&amp;nbsp;de Reiser par la &quot;grande presse&quot;, sa limitation au mobile sexuel, sont aussi intéressants.&amp;nbsp;L'attitude de Reiser sur ce plan est ambiguë. Se serait-il transformé en vieux satyre égrillard comme son pote Wolinski si le cancer n'avait pas tranché le fil avant ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Plutôt athée, et même assez anticlérical, Reiser n'en était pas moins &quot;croyant&quot;.&lt;/strong&gt; Non pas en une quelconque utopie politique ou sociale, contre laquelle Parisis nous explique que la pauvreté de son milieu d'origine l'avait vacciné. Les convictions&amp;nbsp;écologistes de Reiser, où il investit beaucoup de temps et d'énergie, en particulier la foi dans le salut de l'humanité grâce à l'énergie solaire, s'expliquent sans doute parce que l'écologie, du temps de Reiser, n'était pas encore organisée en religion, avec ses curés puritains et leur moraline éco-responsable. A quoi bon sauver la planète si c'est pour s'y faire chier comme un jour d'élection au suffrage universel ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Reiser fut aussi séduit un temps par la théologie catholico-évolutionniste alors en vogue de Pierre Teilhard de Chardin, mais restée aussi marginale que la foi&amp;nbsp;dans l'énergie solaire pour tous.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plus étonnant de la part de ce polygame poursuivi par les femmes, on apprend que Reiser a eu foi dans... l'amour ; plusieurs années durant, il a poursuivi de ses assiduités&amp;nbsp;une hôtesse de l'air qui le battait froid et n'accepta guère plus que son amitié. Mais il s'agit là plutôt d'une religion &quot;en creux&quot;, hypothétique, incarnée par la femme hors d'atteinte, une religion de celles qui satisfont l'aspiration à la pureté des personnes trop lucides pour rêver à une société idéale et voter con.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'athéisme de Reiser était donc éloigné du fanatisme nationaliste athée, qui au XXe siècle a fait d'immenses ravages, et qui est à peu près incompatible avec la satire.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Reiser&lt;/em&gt;, par Jean-Marc Parisis, éd. Grasset, 1995.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Tu sais ce qu'on raconte...***</title>
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        <updated>2017-03-26T22:31:00+02:00</updated>
        <published>2017-03-26T22:31:00+02:00</published>
        <summary> Daniel Casanave a mis son dessin énergique et naturaliste (= dessin...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Daniel Casanave a mis son dessin énergique et naturaliste (= dessin d'observation) au service d'une petite&lt;img id=&quot;media-5594359&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/00/1565641456.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,gilles rochier,daniel casanave,warum,rumeur&quot; /&gt; fable presque surréaliste proposée par Gilles Rochier.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tout part d'une rumeur, jaillie d'on ne sait où, qui s'insinue par les fenêtres des maisons d'une ville de province, en ressort pour faire un tour par l'épicerie principale, change brusquement de direction sur le rond-point central... on croit alors qu'elle va aller se perdre dans la campagne, s'y dissiper... mais non, elle s'accroche, comme un morceau de chewing-gum collé à une semelle, impossible de s'en défaire ! Cette chose si inconsistante et si humaine en même temps va faire des dégâts sur son passage...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mettre en scène la rumeur était une&amp;nbsp;gageure, et D. Casanave et G. Rochier ont sur relever le défi. Astucieusement, les auteurs ont situé ce personnage inquiétant, ô combien moderne, dans une ville de province ; désormais la rumeur court à l'échelle du globe, propagée surtout par les médias, qui se livrent une concurrence farouche pour publier tel ou tel &quot;scoop&quot;, qui s'avère parfois un gros bobard. La précipitation de la presse à livrer à ses clients une information toute fraîche l'entraîne à commettre des erreurs, voire à fabriquer l'information de toutes pièces.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;N'y a-t-il pas une ressemblance avec des commérages, récemment, dans les propos et attitudes de certains chefs d'Etat occidentaux lors de leurs shows télévisés &lt;em&gt;&quot;urbi et orbi&quot;&lt;/em&gt; ? Ce comportement fait écho à l'intérêt des journalistes pour les détails salaces de la vie privée des grands de ce monde.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La rumeur est également un phénomène considérable dans le domaine de la finance et de l'économie ; il est possible de bâtir aujourd'hui -certains fainéants de génie en sont capables- une fortune colossale sur une simple rumeur. Cela explique que la rumeur soit devenue une arme politique, en même temps que l'on s'efforce d'y trouver des parades. L'action politique s'en trouve paralysée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La BD de Casanave et Rochier a le mérite de montrer que la rumeur est profondément humaine, bien plus que n'est la vérité ou l'expérience scientifique. Difficile d'imaginer une société sans rumeur. La rumeur est &quot;quantique&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Qu'il s'agisse d'une ville de province ou de l'échelle planétaire, la mécanique de la rumeur est la même. Si ça se trouve, la prochaine guerre mondiale sera déclenchée par une simple rumeur ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un petit album, donc, qui peut amener à une réflexion plus large.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Tu sais ce qu'on raconte&lt;/em&gt;, par Daniel Casanave et Gilles Rochier. Eds Warum, 2017.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Henri Rivière***</title>
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        <updated>2017-03-05T20:14:00+01:00</updated>
        <published>2017-03-05T20:14:00+01:00</published>
        <summary>  Les Détours du Chemin, Souvenirs, notes et croquis   Le temps paraît...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les Détours du Chemin, Souvenirs, notes et croquis&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le temps paraît lointain où Paris était animé par la bohème des artistes : poètes, peintres, caricaturistes, acteurs... &lt;img id=&quot;media-5578534&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/3579977539.jpeg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,henri rivière,équinoxe,chat noir,signac,alphonse allais,somm,salis,willette,degas,rodin&quot; /&gt;Henri Rivière (1864-1951), &quot;petit maître&quot; dont les paysages traduits en estampes japonisantes eurent du succès autrefois, raconte cette époque qu'il a bien connue. Le ton modeste de Rivière, sa bonhomie, font oublier tout ce que l'art moderne doit à la bohème d'avant la Grande Guerre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Notre mémorialiste est quand même conscient de cette effervescence artistique qui, en préambule, invite ses lecteurs à lire en priorité le chapitre concernant le &lt;em&gt;&quot;Chat Noir&quot;&lt;/em&gt;.&lt;/strong&gt; En effet Rivière a voulu conserver intact le souvenir de cette aventure artistique originale à laquelle il participa activement.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La formule du &lt;em&gt;&quot;Chat Noir&quot;&lt;/em&gt;, inventée par Rodolphe Salis, fut beaucoup imitée (y compris à l'étranger), et de ce fait pas mal galvaudée. &lt;strong&gt;Rivière insiste sur deux points originaux : il s'agit au départ pour Salis d'ouvrir une maison destinée à servir de repaire aux artistes, non pas exclusivement, mais prioritairement ;&lt;/strong&gt; Salis les connaît bien, ayant lui-même (vaguement) entamé une carrière de peintre. La clientèle ordinaire, où l'on compte parfois des personnalités politiques de premier plan, se divertit des divertissements que les membres du &lt;em&gt;&quot;Chat Noir&quot; &lt;/em&gt;imaginent entre eux. H. Rivière, son apprentissage artistique à peine achevé, trouvera lui-même à s'employer au &lt;em&gt;&quot;Chat Noir&quot;&lt;/em&gt; - au journal d'abord, avant de concevoir un théâtre d'ombres chinoises, techniquement sophistiqué, qui sera l'une des principales attractions du cabaret de Salis, qui devra déménager deux fois pour s'agrandir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;H. Rivière précise d'ailleurs que l'entreprise était peu lucrative, permettant aux artistes de vivre, point à la ligne.&lt;/strong&gt; La recette commerciale ne fut guère appliquée par Salis ; celui-ci songea bien à des tournées en province qui auraient sans doute augmenté les recettes, mais il mourut assez soudainement, et le &lt;em&gt;&quot;Chat Noir&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;avec lui.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On croise bien sûr les piliers du &lt;em&gt;&quot;Chat Noir&quot;&lt;/em&gt;, qui contribuèrent à la renommée et au succès du cabaret ou de la gazette illustrée : Salis, Alphonse Allais, Willette, Somm, Léon Bloy, Charles Cros, Caran d'Ache... mais aussi Renoir, Signac, Auguste Rodin, Degas, Clemenceau, que Rivière fréquenta de plus ou moins près. On croise ces gloires nationales dans des chapitres consacrés à la Bretagne, que Rivière peignit beaucoup à la suite de Signac - aux collectionneurs d'art japonais, qui contribuèrent à initier certains artistes parisiens à l'art nippon, - à l'art de la Renaissance qui impressionna beaucoup Rivière lors d'un voyage (tardif) à Rome.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Par goût du paysage et de la peinture sur le motif, H. Rivière fut un peintre impressionniste, à la suite des quelques noms plus célèbres que le sien, gravés au fronton de cette école antiacadémique. Mais, à l'heure où Rivière les imita, les impressionnistes ne représentaient plus l'avant-garde mais le passé, dont les artistes voulant faire preuve d'originalité se détournaient déjà. La fraîcheur de Rivière est dans le ton de son témoignage, largement illustré de documents d'époque (dessins, aquarelles, portraits, photographie...). On entre ainsi grâce à Rivière dans l'histoire de l'art moderne, non comme dans un musée, mais comme dans une maison familière à celui qui nous la fait visiter.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Henri Rivière, Les Détours du Chemin, Souvenirs, notes et croquis&lt;/em&gt;, éd. Equinoxe, 2004.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Rocco et la Toison****</title>
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        <updated>2017-02-14T13:27:00+01:00</updated>
        <published>2017-02-14T13:27:00+01:00</published>
        <summary>   Peu d'auteurs maîtrisent comme  Vincent Vanoli  la manière de raconter une...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5566392&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/01/1218990743.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,rocco et la toison,vincent vanoli,l'association,saint roch,boccace,decameron,moyen-âge,catholique,diderot,fiction&quot; /&gt; Peu d'auteurs maîtrisent comme &lt;strong&gt;Vincent Vanoli&lt;/strong&gt; la manière de raconter une histoire en bande dessinée, genre littéraire qui a ses codes propres et qui s'épanouit dans le décors médiéval de &lt;strong&gt;&quot;Rocco et la Toison&quot;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le personnage de saint Roch de Montpellier, dont Vanoli narre le périple -ô combien pittoresque et mouvementé- à travers le midi de l'Europe, sous la menace terrifiante de la peste, ce personnage paraît très proche de nous, de notre culture, y compris ses questionnements et son cheminement mystico-initiatique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cette animation du célèbre saint, vénéré dans une bonne partie de l'Europe catholique (Italie, France et Pologne en tête), que Vanoli fait ainsi descendre de son piédestal d'icône religieuse, est-elle pure affabulation de l'auteur ?&lt;/strong&gt; V. Vanoli esquisse un Moyen âge plausible ; il met en scène d'une époque contrastée, voire ambiguë, qui ne se laisse pas résumer facilement.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cet auteur illustra auparavant une partie du &lt;strong&gt;&quot;Décaméron&quot;&lt;/strong&gt; de Boccace (1313-1375), contes qui dépeignent les moeurs légères de la bourgeoisie de son temps, ainsi que du clergé catholique. La satire de Boccace montre un Moyen âge éloigné à la fois de certaines représentations idéales, comme du repoussoir conçu afin de consolider la thèse du progrès. &lt;strong&gt;Le Moyen âge de Vanoli dérive en partie de celui de Boccace, tout en empiétant sur le XXIe siècle, confronté à un regain de mysticisme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La peur contemporaine de l'islam révolutionnaire, ou bien d'une catastrophe écologique, engendrent un climat de psychose analogue à celui provoqué par la menace de l'épidémie de peste noire dans l'Europe de la fin du moyen-âge (seconde moitié du XIVe siècle), qui décima la population. Une telle psychose est plus favorable aux plaisirs furtifs qu'à un bonheur plein et large.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Rocco, bien que très jeune, a du recul sur toute cette agitation propice à la superstition, au fanatisme et aux mouvements de foules ; &quot;thaumaturge&quot;, capable de soigner la peste, Rocco sera proclamé saint par acclamation populaire, avant d'être atteint par la maladie à son tour, puis miraculeusement soigné. &lt;strong&gt;Vanoli ébauche un parallèle entre le saint et l'auteur de bande dessinée, dont la vocation est assez indéfinie.&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Quel peut-être son rôle dans une époque troublée ?&lt;/strong&gt; Divertir, c'est abrutir, et par conséquent un auteur de BD peut-il s'en contenter ? La quête mystique du saint catholique et celle de l'auteur de BD semblent se confondre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On pense aussi parfois au roman de Diderot, &lt;em&gt;&quot;Jacques Le Fataliste&quot;, &lt;/em&gt;dans lequel Diderot scrute le pouvoir de l'écrivain de créer la fiction, cette antimatière aussi fascinante que futile. Vanoli joue avec l'histoire de saint Roch, qui part de faits bien réels, en même temps qu'elle a des aspects légendaires : il donne sa propre partition, retranchant ici, ajoutant là, tout en conservant la trame du récit.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Rocco et la Toison&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;, par &lt;a title=&quot;Site Vincent Vanoli&quot; href=&quot;http://www.vincent-vanoli.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;noopener&quot;&gt;Vincent Vanoli&lt;/a&gt;, éd. L'Association, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Charlie-Hebdo, le jour d'après**</title>
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        <updated>2017-01-18T18:54:00+01:00</updated>
        <published>2017-01-18T18:54:00+01:00</published>
        <summary>   L'enquête menée par Marie Bordet (   «&amp;nbsp;Le Point&amp;nbsp;»   ) et Laurent...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;L'enquête menée par Marie Bordet (&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Le Point&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;) et Laurent Telo (&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Le Monde&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;) sur les jours qui ont suivi la&amp;nbsp;fusillade à &lt;img id=&quot;media-5549386&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/02/2979509285.jpeg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,charlie-hebdo,fayard,médiacratie,marie bordet,laurent telo,charb,philippe val,richard malka,anne hommel,dsk,cabu,riss,patrick pelloux,luz&quot; /&gt;la rédaction de &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Charlie-Hebdo&amp;nbsp;»&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;remue-t-elle la merde inutilement ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;En consentant à jouer un rôle politique, la rédaction de &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Charlie-Hebdo&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; a couru le risque de voir la vie privée de ses membres et de leurs proches exposée sur la place publique.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&amp;nbsp;Ce déballage public est la contrepartie de l'engouement et de la ferveur plus ou moins spontanés qui ont suivi le massacre perpétré par les frères Kouachi, ainsi que des millions d'euros de dons qui ont afflué sur le compte bancaire de «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;Charlie-Hebdo&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;Charlie-Hebdo&amp;nbsp;» &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;a fait son entrée&amp;nbsp;dans le système médiatico-politique&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;en publiant la Une de Cabu, brocardant le prophète Mahomet. &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;Cette entrée est volontaire, ainsi que l’atteste un reportage télé qui montre Philippe Val justifiant son choix éditorial PAR RAPPORT A LA PRESSE ET AUX MEDIAS FRANCAIS, non pas tant vis-à-vis des lecteurs de «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;Charlie-Hebdo&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;M. Bordet et L. Telo qualifient plusieurs fois les «&amp;nbsp;Charlies&amp;nbsp;» de saltimbanques anarchistes, mais cette dénomination ne valait plus depuis la refondation de&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; «&amp;nbsp;Charlie-Hebdo&amp;nbsp;»&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;en 1992&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;et le nouveau projet de Philippe Val&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;que l'on a vu revendiquer plusieurs fois, ainsi que ses confrères, les valeurs républicaines et laïques (on ne peut plus éloignées de l'anarchie).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Le Jour d’Après&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; ne dévoile aucun véritable scandale ; il ne choquera que les quelques naïfs qui prennent les «&amp;nbsp;Charlies&amp;nbsp;» pour d'authentiques martyrs de la «&amp;nbsp;liberté d'expression&amp;nbsp;» (dont Charb estimait qu'elle est quasiment parfaite en France).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; Si les auteurs soulignent que les liens amicaux entre les&amp;nbsp;journalistes et les dessinateurs rescapés se sont peu à peu distendus, l’émotion une fois dissipée, ils distribuent aussi des compliments : «&amp;nbsp;jolie brune trentenaire&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;travailleur acharné&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;pas intéressé par l'argent&amp;nbsp;», etc. En somme leur description ne constitue pas un&amp;nbsp; pamphlet. Le sang-froid et la persévérance de Riss, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;en dépit des blessures, notamment, sont soulignés, et sa légitimité à diriger le journal peu contestée.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; Les «&amp;nbsp;Charlies&amp;nbsp;» sont d'autant plus épargnés que la conseillère en communication Anne Hommel, introduite par Richard Malka, l'un des avocats de&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&amp;nbsp;(et scénariste de BD), est épinglée.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&amp;nbsp;Proche de DSK, ayant assuré sa protection, elle se chargea de mettre les rescapés à l'abri du «&amp;nbsp;pot au noir&amp;nbsp;» médiatique. Sa présence ne tarda pas à indisposer&amp;nbsp;certains «&amp;nbsp;Charlies&amp;nbsp;» (Luz, P. Pelloux), tant la nature de son activité de conseil auprès de grosses légumes de la politique ou du&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;show biz&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&amp;nbsp;semblait en décalage avec les principes défendus par «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;Charlie-Hebdo&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;Le bouquin ne contient pas d'anecdotes croustillantes, mais plutôt des anecdotes amusantes&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; ; on apprend l'avortement d'un projet d'hommage national conçu par le chef de l'Etat et Anne Hidalgo, en comparaison duquel les funérailles de Victor Hugo auraient semblé modestes ; une remise de la légion d'honneur à titre posthume dans la cour des Invalides était envisagée,&amp;nbsp;ainsi que l'affichage tout aussi ubuesque de caricatures de très grand format dans les rues de Paris.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; On apprend aussi que François Hollande en personne avait suggéré&amp;nbsp;un plan de renflouement de&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; «&amp;nbsp;Charlie-Hebdo&amp;nbsp;»,&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&amp;nbsp;au bord de la faillite, quelque temps avant le massacre. Etait-ce un moyen pour F. Hollande d'amadouer Charb et la rédaction de&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; «&amp;nbsp;Charlie-Hebdo&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&amp;nbsp;? On peut le penser, car aucun geste politique n'est gratuit (pas plus n'était désintéressé le soutien de Nicolas Sarkozy à Philippe Val lors du procès intenté par des associations musulmanes).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; Cependant l'enquête&amp;nbsp;est trop superficielle pour que le bouquin vaille le détour ; on met un pied dans les coulisses de notre médiacratie, à travers le portrait de la conseillère-spéciale Anne Hommel, mais le sujet du pouvoir extraordinaire des médias est à peine effleuré.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt; On devine que le principe de la «&amp;nbsp;liberté d'expression&amp;nbsp;» est avant tout destiné à consolider ce pouvoir médiatique ; de ce point de vue, l'instrumentalisation politique de «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;Charlie-Hebdo&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;color: #222222;&quot;&gt;&amp;nbsp;est machiavélique et constitue un pied-de-nez à ses fondateurs et principaux artisans.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;, le jour d'après&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;, par Marie Bordet, Laurent Telo, Fayard, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>Le Cid en BD**</title>
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        <updated>2017-01-09T14:19:17+01:00</updated>
        <published>2017-01-09T14:19:17+01:00</published>
        <summary> Les adaptations en BD de &quot;classiques de la littérature&quot; se sont multipliées...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les adaptations en BD de &quot;classiques de la littérature&quot; se sont multipliées au cours de la décennie écoulée,&lt;img id=&quot;media-5542079&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/00/2262165076.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,le cid,pierre corneille,adaptation,petit à petit,mennetrier,billard&quot; /&gt; pour de plus ou moins bonnes raisons (parfois plus commerciales que littéraires).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cette adaptation de &lt;em&gt;&quot;Le Cid&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;a la particularité de proposer, dans un petit format, en un seul volume et pour un prix modique, l'intégralité de la pièce de Corneille, soit pas moins de 230 pages.&lt;/strong&gt; Cette adaptation&amp;nbsp;vise le public des collégiens ou lycéens ; elle est assortie d'un petit dossier pédagogique présentant l'auteur et la pièce, ainsi que d'un lexique pratique du vocabulaire et des expressions hors d'usage.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'éditeur nous dit que cette version permet une lecture &quot;fluide et intuitive&quot; ; autrement dit, il s'agit de faciliter l'accès du jeune public au théâtre de Corneille - assez facile au demeurant, compte tenu de la simplicité de l'intrigue.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le travail d'adaptation du scénariste est comparable à celui du metteur en scène&lt;/strong&gt; ; il exige de comprendre la pièce, ce qui est loin d'être évident au regard du nombre d'adaptations ou de mises en scènes ratées.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La difficulté du travail d'adaptation en BD, un peu comme au cinéma, vient de la nécessité de résumer l'oeuvre, de procéder à des coupes pour respecter le&amp;nbsp;format de la bande-dessinée.&amp;nbsp;On ne peut se passer d'avoir compris l'oeuvre, si on veut la résumer.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La difficulté est ici évitée par les auteurs, Olivier Petit (scénario), J.-L. Mennetrier et C. Billard (dessin), qui ont adapté l'intégralité de la pièce, d'une façon que l'on peut trouver un peu trop scolaire. Il reste que les dessinateurs ont su se mettre au service du texte ; leur dessin est un peu stéréotypé&amp;nbsp;et abstrait, mais n'interfère pas avec le texte.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ces efforts pour rendre &lt;em&gt;&quot;Le Cid&quot;&lt;/em&gt; plus accessible lui permettront peut-être de rivaliser avec &lt;em&gt;&quot;Games of Thrones&quot;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'assassinat,&amp;nbsp;pour se venger d'une humiliation, est un sujet qui demeure d'actualité, non seulement dans les milieux mafieux. Plus que jamais la violence tire sa justification de motifs apparemment nobles. Tel chef d'Etat ordonnera la traque et l'assassinat d'un terroriste, parce que celui-ci a entamé l'orgueil national&amp;nbsp;d'une manière inacceptable.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le Cid&lt;/em&gt; en bandes-dessinées, adapté par O. Petit, J.-L. Mennetrier et C. Billard, Ed. Petit à petit, 2016 (réédition), 10 euros.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>Histoire de la bande-dessinée suédoise</title>
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        <updated>2016-12-27T15:32:00+01:00</updated>
        <published>2016-12-27T15:32:00+01:00</published>
        <summary> Frédéric Strömberg propose un aperçu de la bande-dessinée suédoise des...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Frédéric Strömberg propose un aperçu de la bande-dessinée suédoise des origines jusqu'à nos jours (éd.&lt;img id=&quot;media-5532659&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/1475178717.jpg&quot; alt=&quot;fanzine,bande-dessinée,zébra,gratuit,bd,critique,kritik,strömberg,philippe morin,,histoire,suédoise,suède,franco-belge,plg&quot; /&gt; PLG, 2015). &lt;strong&gt;L'auteur et l'éditeur, Philippe Morin, ont fait le choix d'un découpage en petits chapitres clairs et concis, abondamment illustrés.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La Suède ne fait pas partie des grands producteurs de bande-dessinée, comme la francophonie ou les Etats-Unis ; les auteurs de bande-dessinée suédois sont donc inconnus à l'étranger, pour la plupart d'entre eux. L'ouvrage de F. Strömberg est destiné à remédier à cette lacune.&amp;nbsp;&lt;strong&gt;La richesse de l'iconographie permet de découvrir de très nombreux auteurs dans un petit bouquin.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La bédé forme un vaste ensemble hétéroclite,&amp;nbsp;regroupant des productions très diverses, voire antagonistes.&amp;nbsp;Le choix de petits chapitres, traitant différents aspects, est judicieux car pragmatique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans l'ensemble la BD suédoise ne diffère pas radicalement de ses grandes rivales franco-belge ou étatsunienne. La presse joue un rôle-clef dans le développement de la BD suédoise, comme partout ailleurs ; Strömberg précise néanmoins que la presse suédoise fut plus longtemps réticente à admettre la présence de strips de BD dans les colonnes des journaux (dans les années 1930). Le succès commercial des premiers strips insérés dans &lt;em&gt;&quot;Le Journal du Soir&quot;&lt;/em&gt; (quotidien national) ne tarda pas à convaincre tous les titres de presse de proposer à leur tour des bandes-dessinées. Sinistrée dans la plupart des pays européens aujourd'hui, la presse suédoise résiste mieux et demeure un support privilégié de la bande-dessinée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Petit pays par le nombre d'habitants, la culture moderne suédoise est moins &quot;autarcique&quot;, ce qui explique l'importation et l'influence des &lt;em&gt;comics&lt;/em&gt; américains, ou encore des séries franco-belges à succès par la suite.&lt;/strong&gt; Le&amp;nbsp;béotien que j'étais en matière de BD suédoise pouvait craindre qu'elle ne soit qu'un pâle décalque de la culture nord-américaine -contrairement à la BD franco-belge, plus originale et plus populaire (au sens véritable du terme qui exclut les grosses productions industrielles &quot;populistes&quot;).&amp;nbsp;La monographie de F. Strömberg montre que, si l'influence américaine sur la culture suédoise est nette, un petit nombre d'auteurs s'est approprié le langage de la bédé et l'a détourné de sa fonction principale de propagande.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En ce qui concerne la production contemporaine, évoquée dans plusieurs chapitres, elle est marquée par le rôle prééminent de femmes féministes, &quot;remettant en question la domination masculine&quot;, nous dit F. Strömberg. Un tel vocabulaire indique ici une réflexion plus idéologique qu'historique (= correspondant plus au voeu ou au goût de l'auteur qu'à la réalité) ; la notion d'avant-garde est, quoi qu'il en soit, périlleuse, car cette avant-garde risque d'être&amp;nbsp;l'arrière-garde de demain, suivant le mouvement de balancier propre à la mode et à l'idéologie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Histoire de la bande-dessinée suédoise&lt;/em&gt;, par Fredrik Strömberg, éd. PLG, 2015 (18 euros).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>Revue de presse*</title>
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        <updated>2016-11-23T18:47:00+01:00</updated>
        <published>2016-11-23T18:47:00+01:00</published>
        <summary> Si l’initiative de cette  «Petite histoire du dessin de presse français»...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si l’initiative de cette &lt;em&gt;«Petite histoire du dessin de presse français»&lt;/em&gt; est sympathique, le résultat laisse&lt;img id=&quot;media-5509190&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/01/652975441.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,romain dutreix,toma bletner,fluide-glacial,presse,satirique,française,ancien régime,convention,révolution,1789,napoléon,hara-kiri,charlie-hebdo,choron,cavanna&quot; /&gt; beaucoup à désirer. &lt;strong&gt;L’entreprise vient s’échouer à peu près sur tous les écueils qui se présentaient sur son chemin.&lt;/strong&gt; Etant donné l’angle choisi, très large, le résultat ne pouvait être que docte ou léger&amp;nbsp;; or il n’est ni l’un l’autre: la volonté didactique et celle de traiter le sujet sur le mode humoristique se télescopent et s’annihilent mutuellement. Résultat&amp;nbsp;: on apprend peu et on ne rit guère.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le tandem d'auteurs, Romain Dutreix et Toma Bletner, aurait mieux fait de s’abstenir de traiter la partie historique&lt;/strong&gt; (en partant de l’ancien régime). Ils ne font qu’accumuler des poncifs, en particulier celui de l’éclosion de la liberté d’expression au cours de la Révolution française de 1789. En réalité, en cette période très troublée, la Convention usa de la caricature à des fins polémique ou de propagande, censurant scrupuleusement tous propos contradictoires, comme c’est le cas en temps de guerre où les auteurs satiriques sont sommés de mettre leur talent au service de la patrie. La Convention entend alors se défendre contre les attaques de la presse satirique anglaise, qui présente le nouveau gouvernement de la France comme un complot de barbares terroristes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quant au XIXe siècle, une fois la dictature de Napoléon Ier renversée, ce fut un véritable âge d’or en matière de presse satirique, dont les raccourcis de cette &quot;petite histoire&quot; ne permettent pas de rendre compte intelligiblement.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quand ils traitent, pour finir, de la satire aujourd’hui, les auteurs se départissent de leur ton léger pour donner leur opinion ou mentionner la publication de tel ou tel copain, parfois pas du tout satirique ni humoristique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’époque de &lt;em&gt;«Hara-Kiri»&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;«Charlie-Hebdo»&lt;/em&gt;, ni trop ancienne, ni trop récente, est la moins mal traitée.&lt;/strong&gt; Peut-être ces auteurs auraient-ils mieux fait de se concentrer dessus&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Des observateurs plus avisés et plus satiriques font état d’une nette régression de la «liberté d’expression» depuis la Libération. Le constat est facile à faire de l’organisation de plus en plus monopolistique de la presse française, propriété de quelques consortiums industriels et bancaires dont la principale préoccupation n’est pas la satire ou l’humour, mais le marketing. D'une certaine façon le &lt;em&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/em&gt; de Cavanna et Choron était, à contre-courant de son époque, le dernier représentant d'une forme de presse que la seconde moitié du XXe siècle, plus policée, a abolie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au demeurant la conception institutionnelle de la «liberté d’expression», défendue par certaines autorités morales républicaines aujourd'hui, frise le ridicule. Comment peut-on brandir l'étendard de la liberté d'expression quand on voit que, un cran en-dessous, la liberté de ton se raréfie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Revue de presse, petite histoire de la presse satirique française&lt;/em&gt;, par Romain Dutreix &amp;amp; Toma Bletner, éd. Fluide-Glacial, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Patience (?)</title>
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        <updated>2016-11-16T11:02:00+01:00</updated>
        <published>2016-11-16T11:02:00+01:00</published>
        <summary>  Qu’est-ce qui peut pousser un éditeur de BD (Cornélius) à publier et faire...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Qu’est-ce qui peut pousser un éditeur de BD (Cornélius) à publier et faire traduire en France les BD&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;de Daniel&lt;/strong&gt; &lt;img id=&quot;media-5503230&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/01/3002847267.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,daniel clowes,patience,cornélius,science-fiction,cinéma&quot; /&gt;&lt;strong&gt;Clowes, plus ennuyeuses et laides les unes que les autres&amp;nbsp;?&lt;/strong&gt; On comprend que la Série noire (collection de polars française), ait inclus à son catalogue des romanciers américains, seuls capables de rendre la violence extraordinaire des mégalopoles américaines. Mais on est plus près avec Daniel Clowes du mauvais cinéma.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L’intrigue commence comme un polar de série B&amp;nbsp;:&lt;/strong&gt; un homme très amoureux de sa femme la retrouve assassinée à son domicile en rentrant du travail&amp;nbsp;; du coup, il conçoit le projet de se venger. S'apercevant peut-être du manque d’imagination dont il a fait preuve pendant les vingt premières pages, l’auteur enchaîne avec une intrigue de série B, mais de science-fiction cette fois-ci&amp;nbsp;: le type découvre le moyen de remonter dans le temps et de changer le cours des événements. 80% des scénarios de science-fiction comportent cet ingrédient du voyage dans le temps, une partie du public étant assez jobard pour croire que l’on peut voyager dans le temps pour de bon.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Idem pour le dessin, on dirait que Clowes a appris à dessiner en regardant la télé – le résultat est mou et stéréotypé, laid comme un JT.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Après ça, j’ai zappé, car je ne suis pas masochiste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Conclusion&amp;nbsp;: &lt;strong&gt;seul le snobisme peut expliquer l’importation d’une telle marchandise&lt;/strong&gt;, un peu comme certains rappeurs afro-américains boivent du cognac parce qu’il est fabriqué en France, mais sont incapables de faire la différence entre un tord-boyau et une bonne camelote.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Patience&lt;/em&gt;, par Daniel Clowes, éditions Cornélius, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>Revue Dada-Hergé**</title>
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        <updated>2016-11-10T10:51:00+01:00</updated>
        <published>2016-11-10T10:51:00+01:00</published>
        <summary>   La revue  «Dada»  s’efforce de mettre à la portée du jeune public l’art...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La revue &lt;em&gt;«Dada»&lt;/em&gt; s’efforce de mettre à la portée du jeune public l’art&lt;/strong&gt; -contemporain notamment-, à travers&lt;img id=&quot;media-5498071&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/1058952914.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,kritik,critique,dada,revue,hergé,georges rémi,tintin,moulinsart,disney,miro,poliakoff,fontana&quot; /&gt; ses représentants les plus fameux : Magritte, Klee, Warhol, Dali, etc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Le n°213 traite d’un cas particulier, Hergé en l’occurrence (Georges Rémi de son vrai nom), dont l’œuvre est d’abord destinée à divertir le jeune public en lui inculquant certaines valeurs. En effet &lt;strong&gt;les enfants connaissent bien les aventures de &lt;em&gt;«Tintin et Milou»&lt;/em&gt;, qui sont toujours largement diffusées grâce aux efforts de la société Moulinsart pour empêcher que Tintin ne se démode&lt;/strong&gt; (en vendant par exemple les droits d’adaptation à un producteur de cinéma américain).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Si elle n’a pas la même envergure commerciale que les studios Disney aux Etats-Unis, &lt;strong&gt;l’entreprise de Hergé et ses mentors, amis, employés, parents, confrères, est néanmoins en beaucoup de points comparable à celle du cousin d'Amérique&lt;/strong&gt;. La rédaction de &lt;em&gt;«Dada»&lt;/em&gt; fait pénétrer ses lecteurs dans les coulisses des studios Hergé, maison familiale où le père d’Hergé travailla comme archiviste et où cet artiste-entrepreneur fera la connaissance de sa deuxième femme, embauchée comme coloriste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;La bande-dessinée est le dessin-animé du pauvre&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: cette comparaison est parfois jugée vexante, mais elle a le mérite de rendre compte d’une réalité économique et artistique.&lt;/strong&gt; La «ligne claire», expression utilisée pour décrire le style de dessin mis au point par Hergé, est bel et bien une méthode cinématographique, qui s’avère particulièrement adaptée au public enfantin et explique le succès mondial de la série auprès de celui-ci.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&quot;Dada&quot; cite Hergé&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«Mon tout premier objectif, c’est de raconter une histoire, et de la raconter clairement.» &lt;/em&gt;La ligne claire est un principe de composition, un principe narratif.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les aspérités de la biographie d’Hergé (qui fut toujours un artiste «&amp;nbsp;sous influence&amp;nbsp;») ont été gommées pour faire place à un aspect méconnu&amp;nbsp;: le collectionneur d’art moderne&lt;/strong&gt;, admirateur de Miro, Poliakoff, Fontana, mécène d’une galerie d’art bruxelloise. Ce violon d’Ingres permettait à Hergé d’échapper aux contraintes de la bande-dessinée et de rêver à une carrière d’artiste plus indépendant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Le nom d’Hergé vient s’ajouter à la longue liste des artistes modernes que le succès n’a pas suffi à contenter&amp;nbsp;: mais cette histoire n’a pas été jugée digne de figurer dans une revue d’art pour enfants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Hergé&amp;nbsp;», revue Dada n°213, octobre 2016, 7,90 euros.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>L'Amour sans peine****</title>
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        <updated>2016-11-03T10:03:00+01:00</updated>
        <published>2016-11-03T10:03:00+01:00</published>
        <summary>  Petit bouquin blasphématoire de François Ayroles,  «&amp;nbsp;L’Amour sans...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Petit bouquin blasphématoire de François Ayroles, &lt;em&gt;«&amp;nbsp;L’Amour sans peine&amp;nbsp;»&lt;/em&gt; vise un dieu bien de chez nous&amp;nbsp;:&lt;img id=&quot;media-5493104&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/00/4086985895.png&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,françois ayroles,amour sans peine,l'association&quot; /&gt; l’Amour. Dans l’Occident résolument mercantile, la «&amp;nbsp;société de consommation&amp;nbsp;» comme l’on dit poliment, &lt;strong&gt;les statues érigées au dieu Amour sont un moyen d'exciter la cupidité&lt;/strong&gt;, qui est le nerf ou le cerveau de la société.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Or, qui peut nier que l’amour a pris au fil du temps des proportions inquiétantes&lt;/strong&gt;, dont la législation elle-même, pourtant réputée l’ouvrage de personnes sérieuses et agissant dans l’intérêt général, porte les stigmates&amp;nbsp;? On se contentera d’un seul exemple&amp;nbsp;: les circonstances atténuantes accordées aux auteurs de «&amp;nbsp;crimes passionnels&amp;nbsp;» (sic) par les tribunaux&amp;nbsp;; non seulement les personnes éprises ne sont pas enfermées à titre préventif (ce qui serait une bonne prophylaxie), mais leur imbécillité est portée à leur crédit (!). On mesure l’étendue des dégâts quand on sait qu’un voleur qui vole pour se nourrir, simplement parce qu’il a faim, ne bénéficie pour sa part le plus souvent d’aucune indulgence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pour les citoyens raisonnables, l’Amour est donc une véritable plaie sociale&lt;/strong&gt;, dont F. Ayroles, à défaut de nous débarrasser, nous soulage en nous faisant rire à ses dépens. Comme les amoureux sont aveugles, ils se heurtent à tous les obstacles et leur démarche hésitante est un sujet de raillerie, à l’instar des ivrognes. Mais il s’agit là de plaisanteries faciles, tandis que F. Ayroles manie un humour plus subtil dans &lt;em&gt;«&amp;nbsp;L’Amour sans peine&amp;nbsp;».&lt;/em&gt; Le titre de cette petite BD donne un avant-goût de la manière dont elle traite l’amour, comme une obligation sociale, au même titre que le vote ou le triage des déchets.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;F. Ayroles montre à quel point l’Amour est devenu une dévotion commune, une ferveur, à laquelle il est difficile de déroger.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Particulièrement satiriques&amp;nbsp;s’avèrent les pages où F. Ayroles nous montre les employés de l’Education nationale au service de l’Amour, prêchant cette superstition sans se départir de l’air sérieux qui sied à l’exercice de leur métier.&lt;/strong&gt; On aurait pu en effet s’attendre à ce qu'une institution aussi auréolée mette un terme à l’amour, cette folie mondaine. F. Ayroles nous montre au contraire des professeurs et leurs élèves en proie à des causeries intellectuelles puériles, et cette caricature est saisissante de réalisme. De même F. Ayroles souligne la vanité du discours amoureux, qui fait écho à la vanité des discours politique, destinés eux aussi à séduire. Un exemple de dialogue&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;-Tu as bien fait d’insister… j’ai été dure à convaincre mais je ne le regrette pas.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;-Ah&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;-Oui, tu parais tellement fade de loin, et empoté au premier abord. Ton esprit ne fait pas d’étincelles, ton physique n’a aucun éclat… on s’habitue doucement à ton manque d’humour, à tes vêtements inélégants. Une fois que ton odeur n’est plus un frein, on peut oublier aussi ta voix désagréable. Il ne faut pas se laisser arrêter par tes sautes d’humeur, tes réactions immatures… tous ces obstacles qui cachent ta nature profonde et que j’ai été heureuse de découvrir.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;En outre, grâce au dessin, F. Ayroles donne des visages à tous ces amoureux&amp;nbsp;; il leur donne les différentes expressions psychologiques de l’amour, et renforce l’impression inquiétante que les amoureux sont infiltrés partout, dans toutes les strates de la société, lui communiquant leur démence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les histoires de cupidité finissent mal en général ;&lt;/strong&gt; nul doute que F. Ayroles a aimablement voulu nous prévenir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&lt;em&gt;L’Amour sans peine&lt;/em&gt;, par François Ayroles, L’Association, 2015.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        </author>
        <title>S'Enfuir**</title>
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        <id>tag:fanzine.hautetfort.com,2016-09-21:5850644</id>
        <updated>2016-09-21T17:36:00+02:00</updated>
        <published>2016-09-21T17:36:00+02:00</published>
        <summary> Les précédentes BD de Guy Delisle font penser aux albums de Tintin, tant sur...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les précédentes BD de Guy Delisle font penser aux albums de Tintin, tant sur le fond que sur la forme. Hergé&lt;img id=&quot;media-5460729&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/02/1381085287.jpg&quot; alt=&quot;webzine,zébra,gratuit,bande-dessinée,bd,fanzine,critique,kritik,guy delisle,s'enfuir,christophe andré,tchétchène&quot; /&gt; égratigne au passage certains régimes totalitaires (URSS, Japon, Amérique...), mais occulte le pillage meurtrier des richesses du Congo par la Belgique ; de même le Québécois G. Delisle propose un angle de vue assez étroit sur Israël, la Corée du Nord ou la Birmanie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pas&amp;nbsp;besoin, en effet, d'être abonné au &lt;em&gt;&quot;Monde diplomatique&quot;&lt;/em&gt; pour comprendre que le régime nord-coréen fait office d'épouvantail bien pratique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Même impression, lorsque&amp;nbsp;je lis une&amp;nbsp;chronique de Bernard-Henry Lévy dans &lt;em&gt;&quot;Le Point&quot;&lt;/em&gt;, qu'il s'agit d'un scénario de BD pour ados. Le propos est clair et net comme de la&amp;nbsp;propagande bien ficelée, mais les opinions et principes manichéens du philosophe globe-trotter affleurent partout.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme le style de Hergé, celui&amp;nbsp;de Guy Delisle est assez peu personnel, au service&amp;nbsp;d'une narration cinématographique bien huilée. L'usage d'un camaïeu de gris par Delisle pour donner du relief à son dessin renforce l'impression que la narration prime sur tout le reste. Dans &lt;em&gt;&quot;S'Enfuir&quot;&lt;/em&gt;, Delisle n'illustre pas sa propre expérience, mais celle d'un ex-otage, Christophe André, qui fut capturé par des nationalistes tchétchènes lors de sa première mission pour le compte d'une ONG.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;G. Delisle parvient à transformer le témoignage de Christophe André sur ses longs mois de captivité en récit à suspense : - oui ou non, l'otage parviendra-t-il à s'évader ? (dès le début, le lecteur sait qu'il survivra).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il parvient aussi à faire partager au lecteur cette expérience hors du commun - l'angoisse, la révolte, la honte, la détresse provoquée par l'attente interminable, tous ces sentiments mêlés éprouvés par l'otage. Mais c'est au prix de longs, très longs développements. La BD, épaisse, aurait pu compter plusieurs dizaines de pages en moins si Delisle s'était contenté d'illustrer les événements marquants qui ont émaillé la captivité de Christophe André. Mais, comme celui-ci était strictement isolé et attaché dans une pièce close pendant les très long mois qu'a duré sa captivité, le sentiment d'anéantissement domine et les&amp;nbsp;pages sont redondantes, l'auteur tire à la ligne.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On finit par se dire qu'être otage, c'est chiant comme l'art séquentiel, particulièrement adapté pour rendre compte de cette situation.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ou encore la BD de Delisle évoque ces films de genre, dans lesquels on fait sursauter de peur un public consentant à l'aide d'un claquement de porte ou d'un craquement de branche soudain. A propos des nationalistes tchétchènes, du rôle des ONG, de tout le contexte de l'enlèvement, y compris son mobile exact, on n'apprend rien. Ce traitement minimaliste et cinématographique finit par être irritant ; une fois la BD refermée, on a l'impression d'avoir été l'otage de Guy Delisle.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&quot;S'Enfuir&quot;&lt;/em&gt;, par Guy Delisle, eds Dargaud, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Exarcheia ou l'Orange amère****</title>
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        <updated>2016-09-04T11:56:00+02:00</updated>
        <published>2016-09-04T11:56:00+02:00</published>
        <summary> Dimitrios Mastoros &amp;amp; Nicolas Wouters proposent avec  &quot;L'Orange amère&quot;...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dimitrios Mastoros &amp;amp; Nicolas Wouters proposent avec &lt;em&gt;&quot;L'Orange amère&quot;&lt;/em&gt; un portrait de la Grèce&lt;img id=&quot;media-5446216&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/01/3174565730.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,orange amère,exarcheia,dimitrios mastoros,nicolas wouters,futuropolis&quot; /&gt; contemporaine, en proie à la crise économique. Le dessinateur D. Mastoros est Grec, mais né en Belgique ; le scénariste N. Wouters, lui, est Belge.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les auteurs ont voulu&amp;nbsp;brosser&amp;nbsp;un tableau vivant, à l'opposé des études statistiques chiffrées&lt;/strong&gt; et des compte-rendus sociologiques froids et abscons. Avec son dessin de caricaturiste, très expressif, D. Mastoros excelle à rendre les émotions des protagonistes et à peindre l'âme d'Exarcheia ; ce quartier d'Athènes fut l'épicentre de la contestation du pouvoir en place, du temps des colonels qui dirigèrent la Grèce naguère, et il l'est encore à l'heure de la dictature bureaucratique du consortium bancaire.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les habitants du quartier d'Exarcheia sont, certes, des gens modestes qui vivent de peu ; mais, &lt;strong&gt;paradoxalement, la crise économique n'apparaît pas ici comme le principal fléau&lt;/strong&gt; ; la consommation de drogue par des groupes de &quot;junkies&quot; se présente de façon plus sinistre encore que l'appauvrissement économique, avec son cortège de petits crimes crapuleux. Or la consommation de produits stupéfiants ne fait pas moins de ravages dans les pays super riches comme les Etats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'immigration, qui pose aussi un problème majeur de cohabitation en période de vaches maigres entre la population indigène et les nouveaux&amp;nbsp;arrivants, fraîchement débarqués sur les côtes grecques, n'est pas non plus directement liée à la crise économique, mais à la mondialisation.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La crise économique a même plutôt pour effet, semble-t-il, de resserrer les liens de solidarité entre les habitants d'Exarcheia, contraints par l'appauvrissement de leur pays de s'entraider.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;L'Orange amère&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;place donc le lecteur face à un problème plus vaste que celui que rencontre la Grèce au lendemain des conséquences de l'impéritie des acteurs du mirifique &quot;projet de construction européenne&quot;.&amp;nbsp;Il n'y a pas beaucoup d'exotisme dans cette Grèce-là, peinte par Mastoros et Wouters ; cependant il est assez symbolique que le &quot;Titanic&quot; prenne l'eau par la Grèce, c'est-à-dire par la partie du monde occidental qui, en matière culturelle, jouit du&amp;nbsp;plus grand prestige.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Exarcheia ou L'Orange amère&lt;/em&gt;, par Dimitrios Mastoros et Nicolas Wouters, Eds Futuropolis, sept. 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Black dog**</title>
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        <updated>2016-07-12T20:21:30+02:00</updated>
        <published>2016-07-12T20:21:30+02:00</published>
        <summary> Cette BD donne raison à ceux qui expliquent que la BD ne repose pas sur le...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette BD donne raison à ceux qui expliquent que la BD ne repose pas sur le dessin, mais qu'elle est plutôt une&lt;img id=&quot;media-5413853&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/00/3739410912.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,jacques loustal,jean-claude götting,black dog,polar,casterman&quot; /&gt; forme de littérature un peu bâtarde.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une fois de plus, je me suis laissé séduire par la couverture d'un album de Loustal, illustrateur talentueux, au trait français élégant et à la colorisation maîtrisée comme celle d'un peintre ; une fois de plus j'ai été déçu par un scénario creux, pour ne pas dire indigent. Le scénario est de Jean-Claude Götting, illustrateur lui aussi. Il s'agit d'un polar dans le genre américain, un règlement de compte entre gangsters, quelque chose comme ça - je faisais plus attention à la manière&amp;nbsp;de Loustal qu'à l'intrigue. Le précédent album de Loustal était aussi un polar, situé à Paris, (un peu) plus crédible.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quelle idée de vouloir faire du polar américain quand on est Français ? Je suppose que les auteurs ont voulu s'amuser. Parfois les artistes ne cherchent pas autre chose ; c'est un peu limité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Black dog&lt;/em&gt;, par Jacques Loustal &amp;amp; Jean-Claude Götting, Casterman, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Dickie dans l'Espace****</title>
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        <updated>2016-07-05T23:19:00+02:00</updated>
        <published>2016-07-05T23:19:00+02:00</published>
        <summary> Le Gantois Pieter De Poortere a vu  son premier recueil de gags traduit par...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le Gantois Pieter De Poortere a vu &lt;a title=&quot;Critique Le Petit Dickie&quot; href=&quot;http://walkingwiththebeast.blogspot.fr/2012/08/le-petit-dickie-illustre-de-pieter-de.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;son premier recueil de gags traduit par Glénat dès 2010&lt;/a&gt; sous le titre&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Le Fils d'Hitler&quot;&lt;/em&gt;, dix ans après ses débuts dans la presse flamande.&lt;img id=&quot;media-5409924&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/02/2427474297.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,bande-dessinée,gratuit,kritik,critique,gantois,pieter de poortere,dickie,hitler,espace,glénat,boerke&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&quot;Traduit&quot; est un grand mot, puisqu'il s'agit de gags muets d'une page. Bien qu'il ménage le &quot;politiquement correct&quot;, De Poortere fait tout de même preuve d'impertinence ; &lt;strong&gt;il rogne les cornes dont Hitler est le plus souvent affublé, faisant ainsi figure de &quot;grand Satan&quot;, pour en faire un personnage toujours aussi antipathique, mais beaucoup plus familier&lt;/strong&gt;, un personnage plus trivial encore que le &quot;Dictateur&quot; de Chaplin.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On comprend pourquoi Glénat n'a pas tardé à publier&amp;nbsp;ensuite plusieurs autres recueils, dont le dernier en date :&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Dickie dans l'Espace&quot;&lt;/em&gt;. En effet les bons auteurs comiques sont rares, concurrencés par l'humour gras ou potache plus &quot;vendeur&quot;.&amp;nbsp;De Poortere est très efficace. Il s'appuie sur un dessin minimaliste, mais néanmoins expressif, pour distiller son pessimisme. L'humour de Pieter De Poortere n'est pas facile à caractériser, car il reflète des influences diverses ; on pense à cette devise de S. Maughman : &lt;em&gt;&quot;Ne rien dire qui n'égratigne pas&quot;&lt;/em&gt;; De Poortere cherche à provoquer chez le lecteur autre chose qu'un rire gras ou même seulement léger.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comme son titre l'indique, le dernier opus exploite le thème de la conquête spatiale, fil conducteur de toute une série de gags. &lt;strong&gt;Le choix de ce thème est particulièrement judicieux, plus original que celui d'Hitler, et peut-être plus audacieux car il résume parfaitement l'esprit conquérant moderne, la mystique du progrès frelatée qui le soutient.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De Poortere ne se prive pas, bien sûr, de jouer avec les codes de littérature et du cinéma de science-fiction, genres ô combien propices aux fantasmes et, donc, à la dérision. Dickie&amp;nbsp;(&quot;Boerke&quot; en flamand), c'est l'anti-Tintin, la ligne claire détournée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&quot;Dickie dans l'Espace&quot;&lt;/em&gt;, par Pieter De Poortere, Glénat, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>L'Homme qui tua Lucky-Luke</title>
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        <updated>2016-07-03T18:39:59+02:00</updated>
        <published>2016-07-03T18:39:59+02:00</published>
        <summary> Heureuse coïncidence, notre rédac chef publie une critique de  &quot;L'Homme qui...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Heureuse coïncidence, notre rédac chef publie une critique de &lt;em&gt;&quot;L'Homme qui tua Lucky Luke&quot;&lt;/em&gt; le jour même où&lt;img id=&quot;media-5408249&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/01/2990441202.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,lucky luke,matthieu bonhomme,dargaud,blueberry,jean giraud&quot; /&gt; j’emprunte le livre à la bibliothèque.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’est énervant et décourageant de voir autant de talent dans chaque case de chaque page. Le dessin est vraiment éblouissant de maîtrise, l’œil se délecte tant du trait que du cadrage, du rendu du mouvement, de la couleur. J’ai retrouvé la virtuosité et la force évocatrice d’un Jean Giraud dans les meilleurs &lt;em&gt;Blueberry&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais la lecture m’a un peu ennuyé, j’ai trouvé le scénario faible et les personnages plats, et je partage l’avis de l’hebdomadaire &lt;em&gt;La Vie&lt;/em&gt;&amp;nbsp;pour qui &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Un peu plus d’humour n’aurait cependant pas nui&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;. Cela dit, cet album est autrement plus digne de Morris que la reprise de la série par le successeur officiel qui, pour le coup, pourrait bien incarner l’homme qui, véritablement, tua Lucky Luke.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’Enigmatique LB &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;(ci-contre : dessin original de Morris)&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Je voudrais me suicider...***</title>
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        <updated>2016-07-02T17:23:18+02:00</updated>
        <published>2016-07-02T17:23:18+02:00</published>
        <summary>  ...mais j'ai pas le temps     «&amp;nbsp;Papa noël, je voudrer silvouplé un arc...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;...mais j'ai pas le temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Papa noël, je voudrer silvouplé un arc et deux flaiche et un tintin et milou. Je vous dit le titre on a&lt;img id=&quot;media-5407682&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/3553547519.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,charlie schlingo,florence cestac,jean teulé,jean-charles ninduab,gaspature&quot; /&gt; marcher sur la lune.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;C’est sur ces mots que commence l’album de Jean Teulé et Florence Cestac. Ils sont gravés sur la page de garde. Comme une prédestination&amp;nbsp;; ça n’existe pas la prédestination, d’abord... bon, à chacun de voir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;De toute façon, Charlie aurait répondu ceci&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Que c’est navrant tous ces tracas, tous ces efforts, toutes ces années à supporter son sort, à se demander pourquoi&amp;nbsp;? Alors qu’il aurait suffit – aussi bête que cela puisse paraître – de ne pas faire naître.&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Charlie, vilain menteur, ne voulait pas venir parmi nous et, quand il a été là, Dieu, le destin ou je ne sais qui, lui a collé la polio. Quant au reste, c’est Charlie qui l’a choisi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Jean Teulé écrit une partie de l’histoire de Charlie Schlingo, et c’est réussi. Il a rassemblé quelques morceaux du puzzle de la vie du dessinateur au trait incisif et puissant. Certains qui le connaissaient davantage pourraient dire que la vie de poète ne ressemble pas tout à fait à ça&amp;nbsp;: moins de «&amp;nbsp;lose&amp;nbsp;», plus de gaieté... qui sait&amp;nbsp;? Peu importe, le puzzle de Teulé fonctionne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Le trait de florence Cestac est vif. Il est aussi rapide&amp;nbsp;; un peu trop pour cet album&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Il y a sûrement, à l’autre bout de l’univers une planète inconnue, tout à fait habitable et respirable, que personne n’a jamais observée. Il y a quelques centaines de personnes qui s’intéressaient aux albums de Charlie Schlingo de son vivant et qui savaient qu’il était là. De ce côté-là, les&amp;nbsp;choses n'ont guère changé.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Je suis heureux maintenant de faire partie de ces privilégiés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;C’est sur ces mots que se termine l’album&amp;nbsp;: &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Je pense que j’ai été sage merci. Jean-charles ninduab&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;- Tu as été choisi, Charlie&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;- Y’a pas de quoi, gaspature&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;Florent T.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri','sans-serif'; color: #222222; background: white;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Je voudrais me suicider, mais j'ai pas le temps&quot;&lt;/em&gt;, par Jean Teulé &amp;amp; Florence Cestac, Dargaud, 2009.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>La Légèreté*</title>
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        <updated>2016-06-26T15:24:00+02:00</updated>
        <published>2016-06-26T15:24:00+02:00</published>
        <summary> Ne vous fiez pas à son titre,  &quot;La Légèreté&quot;  de Catherine Meurisse est la...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ne vous fiez pas à son titre, &lt;em&gt;&quot;La Légèreté&quot;&lt;/em&gt; de Catherine Meurisse est la BD la plus lourdingue de l'année.&lt;img id=&quot;media-5402852&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/00/766568244.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,catherine meurisse,légèreté,philippe lançon,libé,dargaud&quot; /&gt; Lourdingue, c'est-à-dire conventionnelle.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A la télé, une journaliste a déclaré à propos de &lt;em&gt;&quot;La Légèreté&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;cette chose extravagante : &lt;em&gt;&quot;S'il n'était pas obligatoire de dire du bien de &lt;/em&gt;&quot;La Légèreté&quot;&lt;em&gt;, j'en aurais quand même dit du bien, car&amp;nbsp;&lt;/em&gt;c&lt;em&gt;ette BD est magnifique, etc.&quot;&lt;/em&gt; (je n'ai pas gardé le souvenir de tous les superlatifs utilisés).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ou bien cette journaliste est complètement idiote, ou bien elle est très maligne, au contraire. Elle suggère en effet que nous vivons dans un monde où il est &lt;strong&gt;obligatoire &lt;/strong&gt;de dire du bien en public de certains bouquins, indépendamment de leur contenu !? Pourquoi ne pourrait-on pas dire du mal d'un bouquin qu'on a trouvé creux ? Quel sorte de décret tacite l'interdit ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En résumé, Catherine Meurisse a perdu ses confrères dessinateurs de &lt;em&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/em&gt;, abattus presque sous ses yeux par les frères Kouachi. Il y avait de quoi devenir dingue, d'autant plus que les journaux et la télé n'ont pas cessé d'en parler 24h/24. Comment reprendre son souffle après une telle épreuve ? Catherine Meurisse part faire une retraite à Rome, à la Villa Médicis (résidence luxueuse mise à la disposition des artistes français) ; elle peint des aquarelles (bof) ; elle lit Proust et d'autres auteurs moins bourgeois, conseillés peut-être par Philippe Lançon, critique littéraire à &lt;em&gt;&quot;Libé&quot;&lt;/em&gt; et à &lt;em&gt;&quot;Charlie&quot; &lt;/em&gt;?&amp;nbsp;P. Lançon a rédigé une préface très confraternelle et assez&amp;nbsp;barbante à &lt;em&gt;&quot;La Légèreté&quot;&lt;/em&gt;. Du coup, petit à petit, Catherine Meurisse se sent mieux ; son confrère Luz publie&amp;nbsp;une BD sur comment il a vécu les mois suivant l'attentat, et C. Meurisse décide de faire la même chose.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La morale de l'histoire, c'est : &lt;em&gt;- L'art m'a sauvée.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;Si Catherine Meurisse avait préféré&amp;nbsp;cuisiner plutôt que lire&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;La Recherche&quot;&lt;/em&gt;, on aurait eu le droit à un livre de recettes.&amp;nbsp;Que l'exercice de l'art puisse rendre la condition humaine moins pénible, c'est une certitude en même temps qu'un propos d'une grande banalité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce qui m'a le moins rasé, ce sont les passages concernant&amp;nbsp;Catherine Meurisse, que je connaissais mal, en comparaison des &quot;piliers&quot; de &lt;em&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/em&gt;. On apprend par exemple que Catherine Meurisse a été recrutée par Philippe Val. Par souci de parité, je suppose, étant donné que &lt;em&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/em&gt; était jusque-là aussi fermé à la gent féminine qu'une assemblée de franc-maçons ou d'évêques catholiques.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A l'exception de quelques infos, glanées ici ou là, propres à satisfaire ma curiosité, j'ai dans l'ensemble été surpris et déçu par la BD de C. Meurisse&amp;nbsp;; surpris par son côté &quot;sulpicien&quot;, mélange d'académisme et de bondieuseries, pas très éloigné de &lt;em&gt;&quot;Tintin &amp;amp;&amp;nbsp;Milou&quot;&lt;/em&gt;. Venant&amp;nbsp;d'une humoriste, je m'attendais à autre chose que l'apologie un peu plate de la rêverie artistique. De la part&amp;nbsp;des rescapés de &lt;em&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/em&gt;, réagir comme ils l'ont fait à la fusillade, en publiant malgré tout le plus vite possible un nouveau numéro, c'était faire preuve d'un sang-froid plus conforme à l'esprit de &lt;em&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/em&gt; (même s'ils n'ont pas&amp;nbsp;pu échapper à la récupération politicienne que l'on sait, visant à faire&amp;nbsp;des victimes de cette fusillade&amp;nbsp;des martyrs de la cause et des valeurs occidentales).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Quelques&amp;nbsp;écrivains ou artistes ont tiré de drames l'inspiration pour écrire des chef-d'oeuvre marquants. Par exemple, le tremblement de terre meurtrier de Lisbonne en 1755 a assez bouleversé Voltaire pour lui inspirer un&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;pamphlet humoristique contre la philosophie &quot;zen&quot; de Leibnitz ; mais il manque à &lt;em&gt;&quot;La Légèreté&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;l'ingrédient que les grands bouquins écrits pour tenter de sonder la violence de la nature ou de l'homme, à savoir le recul. Probablement y a-t-il une difficulté supplémentaire à se remettre en cause quand on vient de subir une violence quelconque, d'ordre physique ou psychologique, mais dans ce cas pourquoi Luz et C. Meurisse n'ont-ils par attendu avant de publier ce qui ressemble à des confessions&amp;nbsp;intimes ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&quot;La Légèreté&quot;, par Catherine Meurisse, Dargaud, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Une Mystérieuse Mélodie***</title>
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        <updated>2016-06-22T17:30:05+02:00</updated>
        <published>2016-06-22T17:30:05+02:00</published>
        <summary> M. Mouse est scénariste pour le cinéma et, à son grand désarroi, son patron...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;M. Mouse est scénariste pour le cinéma et, à son grand désarroi, son patron lui demande d'écrire un grand&lt;img id=&quot;media-5400885&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/00/2589795431.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,cosey,mickey,glénat,mystérieuse mélodie,william shakespeare,disney,oswald,lapin&quot; /&gt; scénario à la manière de William Shakespeare. Il faudra qu'il y ait des larmes, de l'infamie, des trahisons, et, le pire de tout... de l'amour. Comment Mickey va-t-il s'y prendre, lui qui ne connaît rien de tout cela ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et voilà qu'il tombe sur un manuscrit original du grand homme...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au cours de son parcours, qui commence en 1927 (Mickey est créé en 1928 pour remplacer Oswald le lapin chanceux, qui joue aussi un rôle dans l'aventure), Mickey se déplace, cherche et finit par rencontrer certains personnages-clefs qui vont peupler&amp;nbsp;son univers et accompagner les lecteurs dans les films et les bandes-dessinées qui vont être créés ensuite.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La bande-dessinée de Cosey (qui a repris le personnage de Mickey) commence d'ailleurs par une tragédie, ou par ce qui aurait pu l'être. Un petit chat est sauvé de la noyade, mais c'est une tragi-comédie cinématographique. Et ensuite c'est à une naissance à laquelle nous assistons, celle de l'univers Disney, qui va considérablement évoluer jusqu'à nos jours.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et puis le voyage... les voyages à pied, en train, en bateau (jusqu'à Cythère ?).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ensuite la quête, celle de Mickey, qui finit par trouver son chemin.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'histoire sera-t-elle &quot;un roman à l'eau de rose&quot;... ou &quot;un conte moderne et novateur&quot; ?&amp;nbsp;Peu importe, elle se termine par un rêve. Et elle est servie par une narration efficace et des dialogues inventifs.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Florent pour Zébra&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Disney - Une mystérieuse mélodie, par Cosey, eds Glénat, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Pandora*</title>
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        <updated>2016-06-08T17:46:00+02:00</updated>
        <published>2016-06-08T17:46:00+02:00</published>
        <summary> La BD franco-belge tira son dynamisme d'hebdomadaires - &quot;Spirou&quot; ,  &quot;Tintin&quot;...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La BD franco-belge tira son dynamisme d'hebdomadaires -&lt;em&gt;&quot;Spirou&quot;&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;&quot;Tintin&quot;&lt;/em&gt;, etc.-, dans lesquels émergèrent les&lt;img id=&quot;media-5391362&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/00/4040847552.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,fanzine,gratuit,kritik,critique,bande-dessinée,revue,pandora,benoît mouchart,bastien vivès,casterman&quot; /&gt; meilleurs artisans du genre, ainsi que les meilleures idées éditoriales&amp;nbsp;; les adultes pouvaient même parfois y trouver leur compte ; par exemple avec les &lt;em&gt;&quot;Idées noires&quot;&lt;/em&gt; de Franquin, antidote aux aventures édifiantes de &lt;em&gt;&quot;Tintin &amp;amp; Milou&quot;, &lt;/em&gt;dont la publication commença dans&lt;em&gt; &quot;Spirou&quot;&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La BD franco-belge s'est enlisée depuis dans des recettes commerciales juteuses et une quête de reconnaissance qui n'est qu'un attrape-couillons. De solennels&amp;nbsp;cacouacs ont inventé &quot;l'art séquentiel&quot; ou &quot;l'art silencieux&quot;, en même temps que la spontanéité disparaissait.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La nouvelle revue de BD &lt;em&gt;&quot;Pandora&quot;&lt;/em&gt;, dirigée par Benoît Mouchart, traduit parfaitement le niveau d'incompétence actuel ; bien que son rédacteur en chef a sous la main une vingtaine d'auteurs, parmi les plus réputés et prometteurs (Blutch, B. Evens, Harambat, Vivès, Loustal, Spiegelman, etc.), &lt;em&gt;&quot;Pandora&quot;&lt;/em&gt; n'est pas autre chose qu'un catalogue insipide, sous une couverture ratée (B. Vivès n'est pas le meilleur illustrateur qui soit) ; on pourra apprécier tel ou tel chapitre, isolément (celui de Vivès n'est pas mal), mais le minimum vital requis pour faire&amp;nbsp;une revue manque. En comparaison, la revue &lt;em&gt;&quot;Lapin&quot;&lt;/em&gt;, vitrine de &quot;L'Association&quot;, assez creuse elle aussi et qui contribua au snobisme, avait du moins le mérite de&amp;nbsp;publier et mettre en avant de jeunes auteurs inconnus.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Casterman et B. Mouchart ont pris tellement peu de risques avec &lt;em&gt;&quot;Pandora&quot; &lt;/em&gt;que cette revue ressemble à un musée ou à l'académie française de bande-dessinée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pandora n°1, Casterman, mai 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Zélium n°8</title>
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        <updated>2016-06-04T16:54:00+02:00</updated>
        <published>2016-06-04T16:54:00+02:00</published>
        <summary>   &quot;Sport, bizness et jeux de dope&quot;     Avec ce numéro consacré à...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&quot;Sport, bizness et jeux de dope&quot;&lt;/em&gt;&lt;img id=&quot;media-5387635&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/00/1461237302.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,bande-dessinée,critique,kritik,zélium,sport,dopage,rousso,decressac,lb,gab,lerouge,cambon&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Avec ce numéro consacré à l'abrutissement par le sport, et qui tombe donc à pic,&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Zélium&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;semble avoir trouvé son rythme, et surtout son format de croisière. Pour ma part j'ai fini par m'habituer au titre, et le logotype hideux du départ, représentant un zeppelin (?) a heureusement fait place nette.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La meilleure chance de&amp;nbsp;&quot;&lt;em&gt;Zélium&quot; &lt;/em&gt;de durer, outre les améliorations apportées, c'est la belle brochette d'excellents dessinateurs à son service -une vingtaine-, dont&amp;nbsp;Rousso (couverture), Decressac, Cambon, Berth, Sergio, Lerouge, Gab, mes préférés.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Zélium&quot; &lt;/em&gt;a été en outre bien avisé de recruter notre collaborateur LB, et de publier plusieurs de ses dessins (inédits dans &quot;&lt;em&gt;Zébra&quot; &lt;/em&gt;pour la plupart).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les dessinateurs de &lt;em&gt;&quot;Zélium&quot;&lt;/em&gt; sont bénévoles, et ce bénévolat est à double tranchant ; l'argent est un frein considérable à la liberté d'expression, si important qu'on ne peut s'empêcher de sourire en entendant invoquer cette liberté dans les pays occidentaux excessivement riches ; le sport-spectacle, avatar des jeux du cirque, parfaitement contradictoire avec les idéaux des Lumières, reflète lui-même le règne de l'argent.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est aussi en se professionnalisant que &lt;em&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;a perdu son âme et ses lecteurs petit à petit, s'est normalisé, non seulement parce que Philippe Val se croyait &quot;éthiquement pur&quot;.&amp;nbsp;Cependant les dessinateurs doivent tirer un minimum de revenus de leur travail pour pouvoir continuer à dessiner, et c'est ce qui pousse le rédacteur en chef à chercher la meilleure formule éditoriale. On s'en rapproche avec ce numéro spécialisé dans la satire du sport, au stade où celui-ci est devenu exemplaire du développement hasardeux de la société.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je suis plus réservé en ce qui concerne les chroniques et les chroniqueurs. L'hommage à Siné, dont beaucoup de dessinateurs de &lt;em&gt;Zélium&lt;/em&gt; se réclament, ne pouvait être que minimaliste, bien que ce ne soit pas pour les mêmes raisons que &lt;em&gt;&quot;Charlie-Hebdo&quot;&lt;/em&gt;. Quant aux papiers&amp;nbsp;humoristiques, ils souffrent de la comparaison avec les dessins satiriques. On ne peut qu'être d'accord avec Etienne Liebig lorsqu'il souligne l'aberration et l'hypocrisie de la part des pouvoirs publics qui consiste à prôner le sport comme un exemple pour les gosses : mais on appréciera davantage un dessin humoristique qui résume efficacement cette hypocrisie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sous la forme d'un QCM (pp. 22-24), la chronique des aberrations du sport moderne est plus &quot;digeste&quot; et amusante. Les bons auteurs humoristiques se font rares ; nombreux sont les comiques de cabaret qui &quot;tournent&quot; pendant vingt ans avec le même sketch. L'école républicaine forme plus les élèves au calcul mental qu'à la gaudriole.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Zélium n°8, spécial été 2016, www.zelium.info, 5 euros.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>Prud'hon***</title>
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        <id>tag:fanzine.hautetfort.com,2016-05-29:5807872</id>
        <updated>2016-05-29T01:14:00+02:00</updated>
        <published>2016-05-29T01:14:00+02:00</published>
        <summary> Le musée Condé à Chantilly expose jusqu'au 26 juin son fonds de dessins de...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le musée Condé à Chantilly expose jusqu'au 26 juin son fonds de dessins de Pierre-Paul Prud'hon (1758-1823). A cette&lt;img id=&quot;media-5382871&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/00/4009476563.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,fanzine,zébra,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,pierre-paul prud'hon,sylvain laveissière,stendhal,baudelaire,delacroix,duc d'aumale,chantilly,faton&quot; /&gt;&amp;nbsp;occasion les éditions Faton publient un catalogue raisonné des dessins de la collection exceptionnelle (26 dessins) constituée par le duc d'Aumale, fameux mécène descendant des Condé et fils du roi Louis-Philippe.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce catalogue, plutôt&amp;nbsp;technique, nous renseigne sur la manière dont fut constituée la collection de Prud'hon pour le compte du duc, ainsi que sur les travaux d'entretien minutieux de dessins particulièrement fragiles - la religion de l'art a ses reliques, elle aussi.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette collection a beaucoup contribué&amp;nbsp;à la gloire posthume&amp;nbsp;de Prud'hon, artiste discret en comparaison de personnalités saillantes comme Jacques-Louis&amp;nbsp;David ou Théodore Géricault.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les effets de lumière crayeux de Prud'hon confèrent à ses dessins un aspect d'outre-tombe, qui a sans doute pas mal contribué à entretenir la réputation de pionnier du romantisme de l'artiste bourguignon (natif de Cluny). Sylvain Laveissière, spécialiste de Prud'hon, mentionne&amp;nbsp;surtout les critiques élogieuses de Delacroix, Baudelaire, Stendhal, comme motif principal pour classer Prud'hon parmi les romantiques; étiquette fragile, démentie par l'admiration de Prud'hon lui-même pour l'art de Léonard de Vinci.&amp;nbsp;La tendance de Stendhal était d'ailleurs à revendiquer &quot;romantique&quot; tout ce qui lui plaisait, jusqu'au théâtre de Shakespeare, en un temps où&amp;nbsp;&quot;romantique&quot; voulait dire &quot;neuf&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'art de Prud'hon&amp;nbsp;ramène à la question plus sérieuse de l'influence de l'Antiquité sur l'art moderne, voire plus largement la civilisation (question controversée : rupture ou continuité?) que ce catalogue raisonné n'aborde pas directement.&amp;nbsp;Cette question est pourtant l'un des enjeux de l'art moderne, motivant le mécénat ou &quot;l'investissement culturel&quot; comme on dit aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Laugel, négociateur pour le compte du duc d'Aumale, pour consoler son maître de l'importante dépense qu'il venait de faire, lui écrivit : &lt;em&gt;&quot;(...) Prud'hon est Prud'hon - je crois que c'est un des maîtres de notre époque qui peuvent le mieux braver l'avenir.&quot; &lt;/em&gt;On comprend ici que c'est un mélange d'intérêt pour l'art et de placement financier plus trivial qui préside au destin de l'art. Le duc n'avait pour l'art de Prud'hon qu'un intérêt limité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;- La collection de Chantilly est faite d'un mélange d'académies d'hommes et de femmes, plus ou moins&lt;img id=&quot;media-5382873&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/02/2788858219.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,fanzine,zébra,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,pierre-paul prud'hon,sylvain laveissière,stendhal,baudelaire,delacroix,duc d'aumale,chantilly,faton&quot; /&gt; achevées, illustrant la maîtrise du dessinateur ; d'esquisses préparatoires pour des tableaux sur des thèmes mythologiques ou allégoriques antiques ; ou encore de sujets plus érotiques. Ne figure malheureusement pas dans la collection de Chantilly le saisissant portrait de la maîtresse de Prud'hon, Constance Mayer (ci-contre, le portrait conservé au Louvre) ; celle-ci&amp;nbsp;fit carrière de peintre dans l'ombre de son amant, son statut ambigu l'empêchant d'accéder à la notoriété.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Pierre-Paul Prud'hon, Les Carnets de Chantilly, Faton, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Rimbaud, l'Explorateur maudit***</title>
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        <updated>2016-05-09T14:37:00+02:00</updated>
        <published>2016-05-09T14:37:00+02:00</published>
        <summary> D'Arthur Rimbaud nous connaissons tous au moins un&amp;nbsp;poème, le plus...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D'Arthur Rimbaud nous connaissons tous au moins un&amp;nbsp;poème, le plus souvent appris par coeur au collège ; et&lt;img id=&quot;media-5366171&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/02/2030441753.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,arthur rimbaud,explorateur,maudit,philippe thiraut,thomas verguet,glénat,carjat&quot; /&gt; cette photographie par Carjat du jeune poète génial, devenu le symbole de l'adolescence ; ainsi que&amp;nbsp;quelques bribes de sa biographie ; la relation tumultueuse avec Paul Verlaine, en particulier, est célèbre, avec ses coups de revolver tirés par Verlaine pour y mettre un point final, presque un cliché.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Certains en savent un peu plus : que Rimbaud a renoncé brusquement et définitivement à la poésie&amp;nbsp;avant de s'expatrier, de voyager un peu partout, en Europe d'abord, puis au-delà de la Méditerranée.&amp;nbsp;&lt;em&gt;«&amp;nbsp;L'air marin brûlera mes poumons, les climats perdus me tanneront.&amp;nbsp;» &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;&quot;Une Saison en Enfer&quot;&lt;/em&gt;). La fin pitoyable d'Arthur Rimbaud dans un hôpital marseillais, torturé par la maladie, implorant par courrier sa mère de lui expédier des bas de contention pour soulager ses varices, est également connue grâce aux éditions scolaires abrégées qui reproduisent parfois ces lettres, très prosaïques mais néanmoins émouvantes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Rimbaud, l'Explorateur maudit&quot;&lt;/em&gt;, par Philippe Thiraut (scénario) et Thomas Verguet (dessin), publié par Glénat, met en scène un pan moins connu de la brève existence du poète : ses séjours et périples&amp;nbsp;en Afrique, entre 1883 et 1890 environ, motivés par l'appât du gain et l'attrait de l'aventure. L.-F. Céline, qui a quelques points communs avec Rimbaud (l'origine sociale modeste, le goût de la littérature, celui de l'aventure), proposait cette explication au dégoût soudain du jeune poète pour la poésie : il y voyait la volonté d'un jeune garçon d'expérimenter enfin des choses concrètes, de sortir de l'adolescence et ses rêves théoriques. Rimbaud a en effet envisagé cet exil aventureux en Afrique comme un but plus sérieux que les poèmes que le public a retenus. Il&amp;nbsp;ne pouvait pas savoir que cette expédition se solderait par un échec, suivi de la mort.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si la mise en couleur de cet album est insipide et fait presque mal aux yeux, en revanche le choix est assez judicieux d'un dessinateur plutôt &quot;académique&quot; pour illustrer ce séjour cauchemardesque de Rimbaud en Afrique. En effet le scénariste a décidé de situer l'épopée de Rimbaud entre rêve et réalité ; on ne distingue pas toujours clairement si ce sont les fantasmes de Rimbaud ou la réalité de ses expéditions qui est décrite ; on pourrait se plaindre d'une telle incertitude, cependant Rimbaud a bel et bien vécu toute sa vie une sorte de rêve éveillé, parfois heureux, souvent cauchemardesque, teinté de mysticisme.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le poète se voulait &quot;moderne&quot;, à la suite de son maître Baudelaire ; or l'art moderne fait la part belle au rêve. Si Rimbaud a voulu &quot;passer à autre chose&quot;, effectuer sa mue de l'adolescence à l'âge adulte, s'il a effectué des comptes-rendus d'exploration et des relevés topographiques publiés par la société de géographie française, il est probable que sa seconde vie reste marquée par l'idéalisme.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;De plus cette BD contribue à défaire la légende dorée d'Arthur Rimbaud, en le montrant comme la plupart des colons français, cherchant à s'enrichir sur le dos de l'Afrique, d'une façon qu'il serait hypocrite de condamner aujourd'hui puisqu'elle persiste bien au-delà de la période de colonisation officielle, de façon plus discrète.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Rimbaud, l'Explorateur maudit&lt;/em&gt;, par Philippe Thiraut et Thomas Verguet, Glénat, 2016.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Literary Life***</title>
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        <updated>2016-05-01T15:39:34+02:00</updated>
        <published>2016-05-01T15:39:34+02:00</published>
        <summary> Les libraires doivent rire jaune en lisant la satire du milieu littéraire...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les libraires doivent rire jaune en lisant la satire du milieu littéraire anglais par Posy Simmonds&amp;nbsp;; en&lt;img id=&quot;media-5359831&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/01/370523314.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,kritik,critique,posy simmonds,literary life,denoël graphic,bretécher&quot; /&gt; effet&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Literary Life&quot;,&amp;nbsp;&lt;/em&gt;BD traduite de l'anglais et publiée par Denoël Graphic (2014) est transposable au milieu littéraire français, à quelques détails près.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Posy Simmonds crève la baudruche de la culture en peignant un tableau peu flatteur de l'homme de lettres moderne (la femme de lettres n'est pas épargnée non plus).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On ne peut s'empêcher de penser à Claire Bretécher en lisant les planches de Posy Simmonds, dessinatrice au &lt;em&gt;&quot;Guardian Review&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;outre-manche depuis des lustres, dans lequel ses tranches de &quot;vie littéraire&quot; sont parues. Si Bretécher a croqué le milieu &quot;bobo&quot; d'une façon aussi réaliste, c'est -à l'en croire-, parce qu'elle l'éprouva de l'intérieur&amp;nbsp;; de même on a l'impression que Posy Simmonds (de cinq ans la cadette de Claire Bretécher), sait bien de quoi elle parle quand elle parle de librairies, de salons du livre, de dédicaces, d'éditeurs, de critique littéraire... Il est plus juste de parler d'ironie que de satire, pour qualifier la démarche de P. Simmonds ; son cynisme et sa franchise l'inclinent à ne pas embellir la réalité.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sans doute certains gags sont un peu &quot;attendus&quot; ; ce n'est pas la première fois que le milieu littéraire est la cible&amp;nbsp;de sarcasmes ;&amp;nbsp;souligner le narcissisme de l'écrivain, son désir de plaire et de se rassurer, ce n'est pas un scoop.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cependant&amp;nbsp;Posy Simmonds se rattrape en proposant des angles variés, qui permettent de cerner le métier; le &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;métier&lt;/span&gt;, tout est dans ce mot car le ridicule de l'homme de lettres moderne tient largement à ce qu'il est devenu un &quot;professionnel&quot;, l'écriture un travail, et les librairies des étals de plus en plus banals. Du décalage entre la littérature, qui peut sembler parfois une échappatoire à la condition humaine, et le carriérisme de l'homme de lettres moderne, Posy Simmonds extrait la plupart des situations comiques. On pourrait traduire cette évolution autrement : on a affaire aujourd'hui à une littérature produite d'abord par des éditeurs, assisté par des écrivains. Le rapport des prérogatives s'est peu à peu inversé. Cette évolution est particulièrement visible&amp;nbsp;dans le domaine de la bande-dessinée où les recettes technico-commerciales&amp;nbsp;se sont vites imposées sur des méthodes plus artisanales.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;-&amp;nbsp;Entre autres observations pertinentes, P. Simmonds suggère l'effet délétère de la psychanalyse sur la critique littéraire. Cet effet avait d'ailleurs été anticipé par le journaliste et critique viennois Karl Kraus, contemporain de Freud et auteur&amp;nbsp;d'aphorismes cinglants à l'encontre de son compatriote et de la psychanalyse (Freud s'est notamment ridiculisé en tentant de réduire les personnages de Shakespeare à des symptômes).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;P. Simmonds illustre&amp;nbsp;aussi le complexe d'infériorité grandissant de l'écrivain vis-à-vis du cinéma et de la télévision ; au point que les plus serviles se rêvent scénaristes de cinéma, c'est-à-dire au service d'un art beaucoup plus rémunérateur, mais presque entièrement fait de contraintes. Indirectement, P. Simmonds pointe du doigt le rôle que joue la culture afin d'emprisonner l'homme moderne dans la fiction.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Literary life &lt;em&gt;- scènes de la vie littéraire ;&lt;/em&gt; Posy Simmonds, Denoël Graphic, 2014.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Paris, Travel Book L. Vuitton</title>
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        <updated>2016-04-20T00:28:00+02:00</updated>
        <published>2016-04-20T00:28:00+02:00</published>
        <summary>  Non, Paris n’est pas grise, comme nous le prouve cette balade «&amp;nbsp;sous...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Non, Paris n’est pas grise, comme nous le prouve cette balade «&amp;nbsp;sous acide&amp;nbsp;» de Brecht Evens à travers la&lt;img id=&quot;media-5351052&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/01/542455453.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,fanzine,zébra,gratuit,critique,kritik,brecht evens,paris,travel book,louis vuitton,chéri samba,jiro tanagushi,lorenzo mattoti,trocadéro,passage des Panoramas,souk,aquarelle,gouache,fauve,vlaminck,severini,otto dix,balthus&quot; /&gt; capitale&amp;nbsp;; son recueil d’images s’intègre dans la série de «&amp;nbsp;Travel Books&amp;nbsp;» &amp;nbsp;commandée par Louis Vuitton à divers artistes. Ainsi le peintre congolais Chéri Samba a déjà peint la capitale française.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Des auteurs de bande-dessinée ont participé, dont le mangaka Jiro Tanagushi qui propose son regard sur Venise, et l’Italien Lorenzo Mattoti, sur le Vietnam&amp;nbsp;; toujours des artistes étrangers à la ville, même si le jeune auteur flamand Brecht Evens est installé à Paris depuis 2013.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Les lecteurs Français découvrent Brecht Evens en 2011 quand, à 25 ans, il reçoit le prix de l’audace au festival d’Angoulême pour &lt;em&gt;«&amp;nbsp;Les Noceurs&amp;nbsp;»&lt;/em&gt;, projet de fin d’études (école supérieure des arts Saint-Luc de Gand).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Paris s’anime sous le pinceau de l’auteur en une centaine de pages représentant ses monuments emblématiques, mais aussi la vie quotidienne dans les passages parisiens, aux terrasses des bistrots, dans les parcs urbains, sur les bords de Seine…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Brecht Evens croque aussi les Parisiens sous toutes les coutures, avec un sens de la narration venant de la bande-dessinée. Du sportif à la parisienne branchée, en passant par les flâneurs, les prostituées ou les touristes, la vie trépidante est décrite par chapitre, d’arrondissement en arrondissement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5351060&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/02/2592548431.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,fanzine,zébra,gratuit,critique,kritik,brecht evens,paris,travel book,louis vuitton,chéri samba,jiro tanagushi,lorenzo mattoti,trocadéro,passage des Panoramas,souk,aquarelle,gouache,fauve,vlaminck,severini,otto dix,balthus&quot; /&gt;Les Parisiens reconnaîtront-ils Paris&amp;nbsp;? Le Flamand propose parfois une vision très personnelle&amp;nbsp;; ainsi le Passage des Panoramas ressemble à un souk marocain, et la sévérité du Trocadéro ou la quadrichromie austère de Beaubourg disparaissent sous un nuage coloré.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Les couleurs chatoyantes, les tonalités froides ou chaudes toujours harmonieuses parsèment le recueil. Les accords colorés osés de Brecht Evens évoquent la peinture fauve. On retrouve cette fascination pour la couleur des peintres du Nord, Vlaminck, Matisse, voire Van Gogh.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Mais il utilise les moyens de l’illustration car, dans son pays, on ne dénigre pas la bande-dessinée et l’illustration.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;L’aquarelle est principalement utilisée, en jouant des accidents heureux, des superpositions et des transparences permises par cette technique. D’autres techniques s’y ajoutent, comme la gouache qui donne un aspect plus dense et&amp;nbsp; crayeux, l’encre ou le feutre qui offre des respirations dans des images très souvent saturées en couleur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;Les compositions audacieuses, les perspectives tronquées, évoquent les compositions architecturales futuristes de Severini ou de l’Allemand Otto Dix ; et là, un clin d'oeil au peintre français Balthus.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;L’intention novatrice de l’artiste, qui fait fusionner peinture, illustration et bande-dessinée, rend sa démarche fascinante et donne envie de tourner les pages une à une.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;(Aurélie Dekeyser)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: verdana, geneva, sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;Paris&amp;nbsp;», Travel Book par Brecht Evens, Louis Vuitton, 2016, 45 euros (vendu dans les boutiques Louis Vuitton, sur &lt;a title=&quot;Site Travel Book Louis Vuitton&quot; href=&quot;http://fr.louisvuitton.com/fra-fr/histoires/travel-books&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;le site officiel&lt;/a&gt; et dans une sélection de librairies).&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5351061&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/02/3710344351.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,fanzine,zébra,gratuit,critique,kritik,brecht evens,paris,travel book,louis vuitton,chéri samba,jiro tanagushi,lorenzo mattoti,trocadéro,passage des Panoramas,souk,aquarelle,gouache,fauve,vlaminck,severini,otto dix,balthus&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le cimetière du Père Lachaise, par Brecht Evens.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5351062&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/3762779439.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,fanzine,zébra,gratuit,critique,kritik,brecht evens,paris,travel book,louis vuitton,chéri samba,jiro tanagushi,lorenzo mattoti,trocadéro,passage des Panoramas,souk,aquarelle,gouache,fauve,vlaminck,severini,otto dix,balthus&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;Vue nocturne de Paris, par Brecht Evens.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>Don Quichotte****</title>
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        <id>tag:fanzine.hautetfort.com,2016-02-07:5756232</id>
        <updated>2016-02-07T01:46:00+01:00</updated>
        <published>2016-02-07T01:46:00+01:00</published>
        <summary> L'adaptation en BD de  &quot;Don Quichotte&quot;  par l'Anglais Rob Davis est d'abord...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'adaptation en BD de &lt;em&gt;&quot;Don Quichotte&quot;&lt;/em&gt; par l'Anglais Rob Davis est d'abord remarquable &lt;img id=&quot;media-5287064&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/02/3591725592.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,don quichotte,cervantès,rob davis,vraoum,dulcinée du tobosco,louis viardot&quot; /&gt;&lt;strong&gt;en raison de sa fidélité à cet ouvrage satirique précurseur&lt;/strong&gt;, qualifié parfois de &quot;roman des romans&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Don Quichotte n'est pas fait pour inspirer la sympathie au lecteur, pas plus que le Don Juan de Molière&lt;/strong&gt; ; le personnage créé par Cervantès (1547-1616) est mû par des valeurs aristocratiques démodées au XVIIe siècle. Sancho Pança et Sganarelle sont des caricatures de domestiques, prêts à suivre leurs maîtres jusqu'en enfer, contre une somme d'argent ou une promesse d'enrichissement (Don Quichotte a promis à Sancho Pança qu'il sera roi d'une île) ; ces personnages sont nos contemporains !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cervantès brocarde allègrement la culture aristocratique médiévale, &lt;/strong&gt;en particulier son idéalisme. C'est l'idéalisme qui pousse Don Quichotte à aller au-devant des embûches, à provoquer des catastrophes dont il est la première victime.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cervantès souligne que la &lt;strong&gt;Dulcinée du Toboso&lt;/strong&gt;, cette femme qui aiguillonne l'idéal de don Quichotte, est un pur fantasme, une matrone à laquelle l'hidalgo prête les qualités physiques et morales d'une princesse. Don Quichotte est une caricature, et son aveuglement amoureux excède par conséquent la bêtise amoureuse ordinaire.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Louis Viardot, traducteur et commentateur du &lt;em&gt;&quot;Quichotte&quot;&lt;/em&gt;, parle de &quot;la délicate satire du goût dépravé pour les romans de chevalerie&quot;. &lt;em&gt;&quot;On raconte que le duc don Alonzo Lopez de Zuniga y Sotomayor&lt;/em&gt;, ajoute Viardot, &lt;em&gt;en apprenant que l'objet du &lt;/em&gt;Don Quichotte&lt;em&gt; était une raillerie, crut sa dignité compromise, et refusa la dédicace.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aujourd'hui les super-héros de bande dessinée ont repris le flambeau du don-quichottisme et la critique de Cervantès est toujours d'actualité.&lt;strong&gt; Les super-héros veulent sauver le monde, mais ne font qu'entretenir la passivité de leurs nombreux lecteurs et exciter leur goût pour le divertissement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et la galanterie forcenée du Quichotte ? L. Viardot l'explique ainsi : &lt;em&gt;&quot;(...) Les femmes, dont les moeurs publiques ne défendaient pas encore la faiblesse, sont le principal objet de la généreuse protection du chevalier errant ; le christianisme a donné naissance à la galanterie, ce nouvel amour inconnu de l'Antiquité, en mêlant aux plaisirs sensuels les respects et la foi d'une espèce de culte religieux.&quot; &lt;/em&gt;Encore faut-il préciser ici ce que l'on comprend mieux en lisant le &lt;em&gt;&quot;Roméo &amp;amp; Juliette&quot;&lt;/em&gt; de Shakespeare : en fait de &quot;christianisme&quot;, il s'agit de la transposition dans la culture aristocratique du christianisme.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le style de dessin nerveux de Rob Davis sert son adaptation. On exagère en général la difficulté qu'il y a à lire l'ouvrage de Cervantès, rebutant par le volume. La longueur du texte est, certes, assez rédhibitoire (de 800 à plus de 1000 pages selon les éditions), mais le &lt;em&gt;&quot;Quichotte&quot;&lt;/em&gt; peut se lire par petits morceaux, ou dans une édition abrégée. Il reste que la version de Rob Davis, synthétique (2 vol.), permet d'autant mieux d'apprécier l'humour de Cervantès et l'esprit satirique du roman.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On ne regrette que la mise en couleurs superflue, avec des tons pastels &quot;éteints&quot; ; le noir et blanc auraient mieux convenu.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Don Quichotte&lt;em&gt;, par Cervantès et Rob Davis, éd. Warum, 2015.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Mai 68***</title>
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        <updated>2016-02-02T14:20:00+01:00</updated>
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        <content type="html" xml:base="http://fanzine.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il y a quelques mois de cela, je tombe sur le billet d'un blogueur dont le titre m'interpelle ; un titre en forme&lt;img id=&quot;media-5283262&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/01/1256062755.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,mai 68,daniel cohn-bendit,cavanna,cabu,michel lafon,charlie-hebdo&quot; /&gt; de slogan : &lt;em&gt;&quot;Pour un Mai 68 de droite !&quot;&lt;/em&gt;.&amp;nbsp;Mon étonnement ne dure pas ; en effet cet éditorialiste amateur n'a guère de mal à démontrer que le pouvoir étant désormais &quot;de gauche&quot;, la contestation du pouvoir et de l'autorité peuvent se réclamer de la &quot;droite&quot;. Raisonnement que l'on trouvera un peu &quot;binaire&quot;, sans doute, mais le clivage &quot;droite-gauche&quot; est précisément mécanique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;N'était-ce pas simpliste de se dire &quot;gauchiste&quot;, en &quot;Mai 68&quot;, pour s'opposer à un pouvoir gaulliste &quot;droitier&quot; ? Comme le pouvoir est binaire, la contestation du pouvoir se devrait d'éviter de l'être.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En outre je comprends ce que veut dire &quot;réactionnaire&quot;, car plusieurs philosophes ou essayistes ont tracé clairement les contours de la réaction à la culture moderne, dont F. Nietzsche le plus radical d'entre eux, mais je ne comprends pas ce que veut dire &quot;la droite&quot;, en quoi de Gaulle était &quot;de droite&quot;, lui, un type aussi moderne ?&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans &lt;em&gt;&quot;Mai 68&quot;&lt;/em&gt;, collection d'affiches, de slogans, de caricatures contestataires publiés au cours et autour de Mai 68 (chez Michel Lafon), Daniel Cohn-Bendit définit sa révolution avortée de la façon la plus neutre comme &quot;l'explosion de l'envie de vivre radicalement autrement&quot;. Histoire d'être un peu mutin, j'ai envie d'ajouter ici que cette définition est si neutre qu'elle pourrait s'appliquer aujourd'hui à un jeune djihadiste qui prendrait le djihad pour une aventure... C'est bien ce qu'est la guerre : une aventure sexuelle impliquant les deux sexes (contrairement à un stéréotype répandu qui fait porter la responsabilité du poids de la violence sur les seuls hommes). Quand le marteau frappe l'enclume, le manche y est aussi pour quelque chose.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;François Cavanna, pour sa part, est plus critique que D. Cohn-Bendit ; en effet le fondateur de &lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt; écrit : &lt;em&gt;&quot;Ivresse des slogans. Se saouler de mots. De formules bien troussées qui dispensent de penser. Besoin d'idoles. Le Che en portraits géants. Mao. Castro ; ça tournait mal. (...) Quand j'ai vu rappliquer les médecines &quot;parallèles&quot;, le petit livre rouge, le bouddhisme zen, le vaudou, quand j'ai vu cette écume de merde, au nom de la liberté, submerger l'essentiel, j'ai senti qu'on se faisait avoir.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si Cavanna était conscient du détournement de Mai 68 à des fins politiques et publicitaires, il faisait néanmoins le rapprochement entre Mai 68 et &lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt;, son journal, assez indéfinissable politiquement lui aussi, peut-être la dernière tentative en France d'imprimer quelque chose qui ne soit pas de la propagande politique ? En ce sens, &lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt; faisait plus penser à la presse d'avant-guerre, plus populaire et réservée&amp;nbsp;à l'égard&amp;nbsp;du pouvoir politique, et faisant preuve d'un anticléricalisme englobant l'institution républicaine.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On trouve la même observation de la part de Cabu d'un &lt;em&gt;&quot;Hara-Kiri&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;annonciateur de l'esprit de &lt;em&gt;&quot;Mai 68&quot;, &lt;/em&gt;puis seul dépositaire véritable du combat contre la &quot;société de consommation&quot; : &lt;em&gt;&quot;C'était comme si Hara-Kiri était soudain descendu dans la rue, &lt;/em&gt;écrivait Cabu&lt;em&gt;. D'accord : tout ça peut paraître un peu prétentieux ! Disons que soudain, de plus en plus de gens se montraient sensibles à nos idées. Beaucoup plus qu'aujourd'hui.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La thèse soutenue par des essayistes comme E. Zemmour ou A. Glucksmann de l'influence &lt;em&gt;réelle&lt;/em&gt; du mouvement de Mai 68 sur la société française, est ici, au passage, contestée.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;D'inspiration&amp;nbsp;communiste, on ne trouve pas dans ces témoignages croisés, ni&amp;nbsp;d'invocation de la laïcité ou des valeurs républicaines, bien sûr, puisque le mouvement de &lt;em&gt;&quot;Mai 68&quot;&lt;/em&gt; était parfaitement illégal. On note cependant que Marianne apparaît ici ou là, une Marianne toujours vierge en dépit des centaines d'hectolitres de sang, non seulement d'aristocrates, mais aussi de prolétaires, d'Allemands, de Juifs, d'Africains, répandus par les armées de la République - Marianne plus SS qu'un CRS, mais immaculée conception laïque.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'était Siné, d'entre tous ces témoins et acteurs plus ou moins conscients, le plus politisé en &lt;em&gt;&quot;Mai 68&quot;&lt;/em&gt;, ayant foi dans le renversement de la bourgeoisie par la révolution. Plusieurs fois il a témoigné de cette naïveté, tout en exprimant le regret qu'elle l'ait entraîné à célébrer trop vite la dictature castriste.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Que l'on ait pu prendre - &lt;em&gt;&quot;au nom de &lt;/em&gt;&quot;Charlie&quot;&lt;em&gt; et de la loi&quot;&lt;/em&gt; -, des mesures policières répressives, en particulier dans les collèges où ces mesures sont parfaitement injustes et inutiles, ce&amp;nbsp;retournement ubuesque&amp;nbsp;en dit long sur&amp;nbsp;ce qui a subsisté de&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Mai 68&quot; &lt;/em&gt;au plan politique et social : probablement moins encore que le reliquat, somme toute modeste, que Cabu et Wolinski mentionnent.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On ne peut s'empêcher de voir un signe du destin dans l'assassinat d'ex-rebelles de Mai 68, assez largement désabusés, par des djihadistes, c'est-à-dire des révolutionnaires d'un genre nouveau, dont les élites redoutent qu'ils fascinent et réveillent la jeunesse endormie, à coup de drogues plus ou moins légales.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&quot;Mai 68&quot;, Michel Lafon, 2008.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;em&gt;Quelques exemples d'images, dont il suffirait de changer un petit détail pour qu'elles collent parfaitement à l'actualité.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/2798031733.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5283254&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/3806258996.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,mai 68,daniel cohn-bendit,cavanna,cabu,michel lafon,charlie-hebdo&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Dessin de Siné, où on pourrait remplacer la croix lorraine.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/3721476804.2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5283253&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/01/00/692849897.2.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,mai 68,daniel cohn-bendit,cavanna,cabu,michel lafon,charlie-hebdo&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Dessin de Reiser, le plus désabusé de tous.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/01/2205787668.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5283259&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/01/3111720699.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,mai 68,daniel cohn-bendit,cavanna,cabu,michel lafon,charlie-hebdo&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Affiche d'inspiration marxiste, adjoignant aux forces de l'ordre bourgeois le savoir bourgeois.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/00/1562607992.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5283260&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/00/1756649249.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,gratuit,zébra,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,mai 68,daniel cohn-bendit,cavanna,cabu,michel lafon,charlie-hebdo&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Les chars et les ouvriers ont été &quot;délocalisés&quot; en Chine ou en Inde, et sont désormais commandés à distance par les élites occidentales.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Zébra</name>
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        <title>Bienvenue à Boboland****</title>
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        <updated>2016-01-27T18:44:00+01:00</updated>
        <published>2016-01-27T18:44:00+01:00</published>
        <summary> Cet&amp;nbsp;album a déjà quelques années, mais il&amp;nbsp;est toujours...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cet&amp;nbsp;album a déjà quelques années, mais il&amp;nbsp;est toujours d'actualité. En effet, on utilise même l'expression&lt;img id=&quot;media-5278104&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/01/668310218.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,fanzine,zébra,gratuit,bande-dessinée,critique,kritik,bienvenue à boboland,bobo,dupuy,berberian,fluide glacial&quot; /&gt; &quot;boboïser&quot; dorénavant, pour dire que &quot;Paris se &lt;em&gt;boboïse&lt;/em&gt; de plus en plus&quot;. Le récent mouvement &quot;Tous Charlie&quot; a en outre&amp;nbsp;remis les bobos en avant, car ce type de manifestation est typique de la &quot;culture bobo&quot;, qui s'exprime souvent&amp;nbsp;par des slogans plus ou moins ingénieux, inscrits sur des tee-shirts.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Désormais démodé, le portrait d'Ernesto Che Guevara imprimé sur un tee-shirt fut longtemps un code vestimentaire bobo. Peu importait que Che Guevara fût un terroriste, il était &quot;cool&quot;. Ben Laden est venu ensuite gâcher la fête : le guérillero ne fait plus rêver.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Si chacun sait que &quot;bobo&quot; vient de la contraction de &quot;bourgeois-bohême&quot;, tout le monde n'est pas d'accord sur la signification du terme. Pour certains, pas besoin de revenus confortables pour être un bobo ; pour d'autres, au contraire, le fait d'avoir des revenus confortables explique et justifie toute la culture &quot;bobo&quot;.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour simplifier, disons que les bobos sont les électeurs de François Hollande.&amp;nbsp;Le thème traité par Dupuy &amp;amp; Berberian dans &lt;em&gt;&quot;Bienvenue à Boboland&quot;&lt;/em&gt; (eds. &quot;Fluide Glacial&quot;) n'est donc pas aussi anodin qu'il y paraît. La culture bobo en dit long sur la manière d'exercer le pouvoir aujourd'hui en Occident, sans avoir l'air d'y toucher ni d'être impliqué dans la violence inhérente à l'exercice du pouvoir.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les deux compères Dupuy et Berberian maîtrisent leur sujet aussi bien que Claire Brétécher, qui les précéda dans le domaine de la satire des moeurs de la &quot;gauche caviar&quot; (comme dit l'essayiste Eric Zemmour, bête noire des bobos).&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On sait gré à Dupuy et Berberian de passer par le biais de la satire, plutôt que celui de la sociologie, pour brosser le portrait d'une élite culturelle qui donna à la moraline sa tonalité chic et parisienne (y a-t-il des bobos en dehors de Paris ?). On est tenté de parler au passé, car la crise économique semble avoir rebattu les cartes idéologiques. Signe des temps, les représentants de la bobocratie sont de plus en plus rares à s'assumer comme tels. Il faut dire qu'avec son &lt;em&gt;- Je n'aime pas l'argent !&lt;/em&gt;, le candidat François Hollande a probablement usé le peu de crédit que la gauche &quot;bobo&quot; avait encore auprès de catégories sociales moins favorisées.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C. Bretécher a expliqué que son appartenance à la bourgeoisie de gauche et un certain cynisme personnel (au sens philosophique du terme) étaient la clef de&amp;nbsp;ses planches&amp;nbsp;satiriques publiées dans le &lt;em&gt;&quot;Nouvel Obs&quot;&lt;/em&gt;. Je ne connais pas la recette de Dupuy &amp;amp; Berberian, mais leur satire sonne assez juste ; en effet elle est assez mordante pour ne pas être complaisante - le narcissisme&amp;nbsp;des bobos est nettement souligné, par-delà l'amour de l'humanité sans distinction de classes ni de races... sans tomber pour autant dans le pamphlet, qui a souvent tendance à atténuer la satire.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Bienvenue à Boboland, &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Dupuy &amp;amp; Berberian, eds &lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Fluide Glacial&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;, 2008.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Les Cahiers japonais***</title>
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        <updated>2015-12-05T01:07:00+01:00</updated>
        <published>2015-12-05T01:07:00+01:00</published>
        <summary> Igort est un des rares auteurs européens de BD (natif de Cagliari en...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Igort est un des rares auteurs européens de BD (natif de Cagliari en Sardaigne) à avoir travaillé comme mangaka (dessinateur de&lt;img id=&quot;media-5232934&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/00/02/4169147351.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,igort,les cahiers japonais,futuropolis,mangaka,manga&quot; /&gt;&amp;nbsp;mangas) au Japon pendant plus de dix ans, se pliant aux exigences des éditeurs nippons, réputées strictes.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans &lt;em&gt;&quot;Les Cahiers japonais&quot;&lt;/em&gt; (Futuropolis, octobre 2015), Igort revient sur cette période de sa vie, et se sert de ce prétexte pour proposer au lecteur un &quot;voyage dans l'Empire des signes&quot; qui le fascina, et présenter différents aspects de la culture nippone, encore méconnue en Europe.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'auteur de cette critique, qui n'éprouve aucune fascination pour la culture japonaise, mais bien au contraire de la répulsion, n'était peut-être pas le mieux placé pour parler de cet album ? En effet l'individu ne compte pas ou peu au Japon, aussi la culture japonaise se trouve-t-elle en adéquation avec la culture moderne totalitaire, où l'individu renonce le plus souvent à exister par lui-même, tant la pression de grandes structures contraignantes est forte, de l'administration d'Etat à la société de consommation, en passant par la médecine psychiatrique et les infrastructures technologiques, la culture de masse.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On est loin de la culture de vie italienne, louée par Nietzsche au siècle dernier comme le remède à une culture moderne macabre ; c'est sans doute la sereine résignation des Japonais qui trouve un écho de plus en plus large dans la France&amp;nbsp;vieillissante.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Heureusement le paysage japonais que dessine Igort est assez contrasté, et son dessin élégant fait plutôt référence aux vieilles estampes japonaises qu'à la graphie stéréotypée des mangas d'aujourd'hui. Sur les méthodes des éditeurs de mangas, la curiosité des amateurs de ce genre (ultra-commercial) se trouvera satisfaite, puisque Igort parvint à pénétrer ce milieu assez fermé. La digression sur Hokusai plaira aux amateurs de cet artiste humble et persévérant.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'auteur dévoile en outre que le système ancien des castes perdure au Japon, derrière un voile d'hypocrisie sociale.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La variété des sujets abordés sauve de l'ennui le lecteur pour qui le Japon n'évoque que calme, luxe et volupté, et&amp;nbsp;soumission au temps.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les Cahiers japonais - Un voyage dans l'Empire des signes&lt;/em&gt;, Igort, Futuropolis, 2015.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Mitterrand, un jeune homme de droite**</title>
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        <updated>2015-11-01T01:59:00+01:00</updated>
        <published>2015-11-01T01:59:00+01:00</published>
        <summary>  Une biographie de François Mitterrand, voilà qui illustre les nouvelles...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une biographie de François Mitterrand, voilà qui illustre les nouvelles prétentions de&lt;img id=&quot;media-5200568&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/02/4227539787.jpeg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,bande-dessinée,fanzine,kritik,critique,mitterrand,jeune homme de droite,richelle,rébéna,rue de sèvres&quot; /&gt; la BD à prendre place au rayon adulte.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le sous-titre est fait pour surprendre ceux qui ignorent que l'ancien président de la République venait d'un milieu bourgeois et conservateur. &quot;Réactionnaire&quot; serait plus juste pour qualifier le jeune Mitterrand, dont la jeunesse est retracée à partir de la fin de ses études jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. En effet, la &quot;droite&quot; est devenue le parti des industriels et des banquiers au cours des dernières décennies - le parti de l'argent ; tandis que&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;le jeune F. Mitterrand n'était pas entièrement dénué d'idéalisme. Le rêve que caressait François Mitterrand de devenir un écrivain reconnu illustre aussi la facette romantique du personnage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La BD de Richelle et Rébéna (Eds &quot;Rue de Sèvres&quot;) met bien au jour ce qui a pu conduire F. Mitterrand à devenir le monarque de gauche que l'on sait - probablement le plus &quot;royal&quot; des présidents de la Ve République, qui fut surnommé le &quot;sphinx&quot; (et fit construire une pyramide). &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les idées réacs de Mitterrand, liées à son goût pour la littérature, l'inclinaient peu à la fois moderne dans la démocratie (et dans la modernité tout court), en même temps qu'elles renfermaient cet idéalisme et ce vernis culturel propre à séduire &quot;le peuple de gauche&quot;. Cet idéalisme se traduisit aussi par la passion de Mitterrand, encore étudiant, pour une jeune femme de quinze ans, qu'il voulut épouser sans attendre.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Mais l'ennui est le sentiment qui prévaut. Il s'empare vite du lecteur qui se fait la réflexion que, décidément, la vie politique moderne et ses acteurs manquent de relief. Un animal hénaurme domine désormais - l'Etat, si pesant qu'il écrase tout. Louis XIV pouvait encore croire tenir l'Etat entre ses mains, mais désormais l'éléphant l'emporte sur le cornac. Seules les guerres, dans les temps modernes, alors que l'organisation de l'Etat est momentanément chancelante, permettent à des personnalités politiques de s'épanouir et briller, le plus souvent de façon sinistre. En temps de paix, des hommes en costard-cravate gèrent les affaires courantes ; malgré son air de danseur de tango argentin romantique, F. Mitterrand faisait partie de ces gestionnaires (et le savait sans doute).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;On peine donc à s'intéresser aux ressorts d'un si petit mécanisme, à un personnage aussi secondaire de l'histoire, et les auteurs s'enlisent, scénario et dessin, dans ce sujet.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Zébra</name>
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        <title>Ulysse***</title>
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        <updated>2015-10-12T19:52:00+02:00</updated>
        <published>2015-10-12T19:52:00+02:00</published>
        <summary>   (Les chants du retour)     Un an après sa parution (oct. 2014), Jean...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;(Les chants du retour)&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un an après sa parution (oct. 2014), Jean Harambat a reçu le &quot;prix de la BD historique du&lt;img id=&quot;media-5182417&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://fanzine.hautetfort.com/media/02/01/403085578.jpg&quot; alt=&quot;webzine,bd,zébra,gratuit,fanzine,bande-dessinée,critique,kritik,ulysse,odyssée,jean harambat,actes-sud,&quot; /&gt; château de Cheverny&quot; pour &lt;em&gt;&quot;Ulysse&quot;&lt;/em&gt; ; dans cette adaptation des derniers chants de &lt;em&gt;&quot;L'Odyssée&quot;&lt;/em&gt;, on voit Ulysse aborder enfin la terre promise d'Ithaque et reconquérir de haute lutte cette île modeste, ainsi que sa place auprès de Pénélope, qui seule ou presque avait attendu le retour du fameux héros à l'intelligence hors du commun, continuant d'y croire malgré tout.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;On peut être surpris de l'attribution d'un prix d'histoire à une BD illustrant un récit mythologique. Cependant le voyage retour d'Ulysse, guidé par la sagesse personnifiée par Athéna, évoque la manière qu'ont certaines religions ou philosophies de l'histoire de faire coïncider la fin du monde avec l'ultime sagesse ou révélation ; que l'on songe seulement à l'importance que revêt la science en Occident, au moins comme leitmotiv. D'ailleurs Achille, le &quot;pendant&quot; d'Ulysse, semble mû par une force plus conventionnelle, et comme dépassée. Le héros de &lt;em&gt;&quot;L'Odyssée&quot;&lt;/em&gt; surpasse les héros de &lt;em&gt;&quot;L'Iliade&quot;&lt;/em&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'auteur de cette adaptation parue chez &quot;Actes-Sud BD&quot;, passé par une &quot;khâgne&quot;, a déclaré avoir fait le rapprochement entre le retour d'Ulysse et &lt;em&gt;&quot;Le Comte de Monte-Cristo&quot;&lt;/em&gt;,&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;célèbre roman d'A. Dumas sur le thème de la vengeance. Mais il y a sans doute bien plus qu'une histoire de &lt;em&gt;&quot;come-back&quot;&lt;/em&gt; vengeur dans &lt;em&gt;&quot;L'Odyssée&quot; &lt;/em&gt;et, disons-le d'emblée, les comparaisons entre la culture antique et la culture bourgeoise moderne, à bien des égards sont abusives.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La sobriété du dessin de J. Harambat convient bien à une telle adaptation, mieux que n'aurait convenu un dessin académique et virtuose suivant une mode américaine de plus en plus envahissante. Les dessins illustrant les vases grecs d'épisodes de la mythologie, homérique ou non, sont eux-mêmes d'une simplicité presque troublante, compte tenu de l'exigence artistique actuelle d'exhiber son complexe (féminin ou autre).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La mise en images, fidèle aux chants d'Homère, est entrecoupée d'une sorte d'exégèse en bande-dessinée, tirée de Jean-Pierre Vernant, Jacqueline de Romilly, un historien, un libraire, etc. Et c'est là que le bât blesse, l'initiation à Homère est quelque peu entravée. Le propos frise en effet parfois la pédanterie (F. Hartog) ou la banalité (J. de Romilly).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Bien que la bande-dessinée soit un art moderne, et &lt;em&gt;&quot;L'Odyssée&quot;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;l'archétype de la poésie grecque antique, leur réunion dans un album de BD ne doit pas faire oublier le fossé qui sépare Homère de la culture contemporaine. Les ponts jetés par ces universitaires entre Homère et la littérature contemporaine, les rapprochements qu'ils tentent sont assez chimériques... surtout entre Homère et Proust !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;L'angle psychologique pour aborder la mythologie s'avère inepte (Freud a échoué à élucider un tant soit peu les tragédies de Shakespeare de cette façon).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Autre différence remarquable : les critiques et exégètes modernes commentent abondamment fables et mythes du passé, mais les littérateurs modernes n'en produisent pas eux-mêmes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;On retrouve donc dans les commentaires insérés entre les chants un travers ou un pli récurrent dans l'analyse universitaire moderne, qui consiste à étudier l'art et la littérature du passé à travers le prisme des valeurs actuelles. Derrière cette méthode, on devine un but ou une fonction religieuse : celle qui consiste à bâtir la légende dorée d'une culture occidentale &quot;héritière de la culture gréco-romaine + judéo-chrétienne&quot;. Bien plus pertinentes sont les études (anti-académiques) de Nietzsche, Léopardi, voire Marx et Arendt, qui soulignent le fossé entre l'Antiquité et le monde moderne, au lieu de tout lisser sous la chappe d'une sorte de vernis culturel &quot;bcbg&quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Ulysse, Les Chants du Retour&quot;, par Jean Harambat, Actes-Sud BD, 2014.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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