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<title>Last posts on joaquin phoenix</title>
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<title>Eddington (Ari Aster)</title>
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<published>2025-08-06T14:55:39+02:00</published>
<summary>  C’est à Eddington, petite ville fictive du Nouveau Mexique, qu’Ari Aster...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;C’est à Eddington, petite ville fictive du Nouveau Mexique, qu’Ari Aster décrit les vives tensions qui traversent la société américaine au temps du Covid-19. Surprise : ce cinéaste issu du film d’horreur (Hérédité, Midsommar) se tourne vers la description réaliste de la petite ville américaine, son shérif débordé et anti-masque (Joaquin Phoenix) gérant une épouse perturbée (Emma Stone), son maire d’origine hispanique (Pedro Pascal), visiblement Démocrate et pro-mesures sanitaires, ses jeunes chauffés à blanc par le mouvement Black Lives Matter etc. Ce récit s’inscrit dans une longue tradition du cinéma américain : l’horreur surgit dans la quiétude d’une petite ville sans histoire et va avoir des effets irrémédiables. On peut convoquer tant de films, de l’Invasion des profanateurs de sépulture de Don Siegel (1956), aux Gremlins (1984), à la série des Scream (1996)… à Rambo (first blood) dont la dernière séquence de fusillade entre en résonance avec celle d’Eddington.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://cineclubambulant.hautetfort.com/media/00/00/2320489025.jpg&quot; id=&quot;media-6624539&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;On sent chez Aster une volonté de témoigner des maux de l’époque, d’y coller au maximum, sans doute trop&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;: isolement, polarisation, défiance et paranoïa. Le tout exacerbé par les écrans qui sont omniprésents. On les consulte pour chercher une vérité alternative, on les sort et on filme pour revendiquer et témoigner, voire pour se protéger des autres ou des institutions. Alors que les médiations sociales sont inopérantes (plus personne ne se fait confiance), que la petite communauté d’Eddington se délite, les écrans deviennent pour les gens la garantie d’une vérité incontestable. &lt;strong&gt;Pendant la première moitié du film, le scénario sature le spectateur d’informations et de situations antagonistes&lt;/strong&gt;. C’est une logorrhée qui enfle et produit un sentiment d’exaspération. Tout se déverse de manière confuse&amp;nbsp;: Covid, George Floyd, Black Live matters, théories du complot, rumeurs pédophiles etc. Malgré ou à cause de ce trop-plein, les séquences s’étirent et produisent de l’ennui. Le film peine à faire vivre ses personnages alors que le casting est de haute volée. Il est dommage qu’Emma Stone ne puisse incarner qu’un personnage terne d’épouse traumatisée, dont on ne connaîtra pas grand-chose. De même, Austin Butler joue une sorte de gourou séduisant mais qui ne fait que passer. A part le shérif Cross, &lt;strong&gt;les protagonistes d’Eddington ne sont que des coquilles vides, comparables à des trolls de réseaux sociaux guidés par des affects négatifs&lt;/strong&gt;. Aucun ne suscite d’empathie ou d’intérêt, ce qui affaiblit le propos du film. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Ne supportant plus les mesures anti-covid, dont le port du masque, Joe Cross se porte candidat à la mairie contre la réélection de Ted Garcia. En se focalisant sur cet homme influençable et à la santé fragile, Aster donne du crédit à une population de gens modestes qui avec les mesures sanitaires déplorent l’effacement des liens communautaires, paniquent aussi et finissent par se tourner vers le pire, en gros la politique à la Donald Trump. A Eddington, il est aussi question de l’installation d’un datacenter consacré à l’IA, qui va occuper des terres de la commune et suscite des oppositions quant à son impact écologique. Il y avait donc &lt;strong&gt;un sujet de fracture à approfondir, entre les réflexes de peur et de conservation portés par Cross et la volonté de modernisation impulsée par Garcia&lt;/strong&gt;. En plus de restituer le chaos, le film pouvait se positionner sur le terrain de la confrontation politique mais cela nécessitait de sortir des effets pompiers du film d’horreur, de développer un personnage comme celui de Ted Garcia, hélas sacrifié par le scénario. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;De plus en plus seul, Joe Cross finit par péter les plombs dans une &lt;strong&gt;seconde partie en roue libre, une explosion de violence qui tient du grotesque et de l’invraisemblable&lt;/strong&gt;. L’agacement que cela produit est décuplé par le jeu d’acteur énervant de Joaquin Phoenix, toujours le même à chaque film et qui phagocyte tous les autres. J’en ai assez de l’incarnation du pauvre type stupide et bégayant, les yeux exorbités, en pleine dégénérescence. Ce personnage caricatural, incapable d’une réflexion politique, même pas fichu de tenir un discours d’aspirant à la mairie, est sans doute un reflet réaliste de la base MAGA de Donald Trump qui ne s’est construite que sur de la rage. On pourra toujours dire qu’Eddington restera comme le portrait franc et édifiant de l’Amérique trumpiste (une véritable horreur), il n’en est pas moins lourd, long et démonstratif. Un pensum en ce qui me concerne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Cinéambulant</name>
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<title>Joker (Todd Phillips)</title>
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<updated>2019-10-20T20:48:44+02:00</updated>
<published>2019-10-20T20:48:44+02:00</published>
<summary>  Les exagérations critiques concernant  Joker , on les a connues ces...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Les exagérations critiques concernant &lt;em&gt;Joker&lt;/em&gt;, on les a connues ces dernières années pour de nombreux films. On nous a dit qu’&lt;em&gt;Au-revoir là-haut &lt;/em&gt;était un chef-d’œuvre, que les &lt;em&gt;Frères Sisters&lt;/em&gt; était un chef-d’œuvre, que &lt;em&gt;La la land&lt;/em&gt; était un chef-d’œuvre, qu’&lt;em&gt;Ad Astra &lt;/em&gt;en était sûrement un aussi. Chacun discutera des exemples pris ici mais il me paraît difficile d’en compter plus de 2 ou 3 dans une décennie de cinéma. &lt;em&gt;Joker&lt;/em&gt; a en tout cas bénéficié d’une campagne marketing très favorable et d’un Lion d’or à la Mostra de Venise, qui ont créé de grandes attentes. Peut-on simplement dire que c’est un bon film, à la noirceur insolite pour un blockbuster et qu’il est servi par l’interprétation exceptionnelle de Joaquin Phoenix&amp;nbsp;? Je ne suis pas plus enthousiaste que ça parce que Todd Phillips, tout habile qu’il est, n’est pas Martin Scorsese et ça se voit. Mais ce n’est pas grave, les deux heures passent vite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://cineclubambulant.hautetfort.com/media/01/01/3891495664.jpg&quot; id=&quot;media-6046993&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Todd Phillips, le rire, il connaît. Un certain rire hollywoodien, rire de jeunes mecs entre eux puisqu’on lui doit entre autres le pas très fin &lt;em&gt;Retour à la fac&lt;/em&gt; (2003) avec Will Ferrell ou la série de films à succès &lt;em&gt;Very Bad trip&lt;/em&gt; tournant autour du thème de l’enterrement de vie de garçon. Films sans prétention si ce n’est d’animer une soirée canapé-pizzas entre potes. Phillips s’est donc attelé au scénario avec Scott Silver pour faire le portrait d’Arthur Fleck, apprenti comique vivant avec sa mère à Gotham City et dont les frustrations accumulées vont donner le personnage monstrueux du Joker, futur ennemi de Batman. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Un rire suffoqué&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;La première séquence, dans laquelle Fleck est agressé par une bande de jeunes dit tout du statut de ce personnage dans la société. C’est un clown au sens propre et au sens de l’insulte&amp;nbsp;: un type à qui on peut donner des baffes ou des coups de pied parce qu’on le trouve minable. Dans les décors inhumains d’une ville sale, pauvre où le ressentiment monte, il est un raté parmi les ratés. Chaque séquence est une illustration supplémentaire du caractère désespéré de cet homme. Il est névrosé et prend des médicaments pour rester sous contrôle. Il souffre d’un handicap étrange qui le fait éclater de rire dans les moments de stress. Ce rire incongru est l’invention la plus intéressante caractérisant ce personnage, très bien exploitée dans le film. C’est un rire suffoqué qui ressemble à un pleur. C’est surtout le signe d’un être humain incapable de partager des moments d’empathie avec d’autres. Non seulement il ne rit pas au bon moment mais il n’arrive jamais à faire rire ses congénères. Ses grimaces n’ont d’effet que sur de jeunes enfants. Dans un de ses rares moments de lucidité, la mère d’Arthur (Frances Conroy) s’étonne qu’il veuille devenir comique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Peut-être que dans le milieu de la comédie, Todd Phillips a connu des gens comme Arthur Fleck, persuadés qu’ils peuvent faire rire les autres mais qui n’y arrivent jamais et deviennent sujets de moquerie. Faire rire les gens témoigne d’une forme d’empathie dont le futur Joker est complètement dépourvu. Que le Mal puisse naître d’un humain incapable de provoquer du rire et de la sympathie, c’est tout à fait compréhensible. &lt;em&gt;Joker&lt;/em&gt; part d’un personnage bizarre et à force d’humiliations sociales en fait un psychopathe. Le rire innocent, enfantin de Fleck, s’est converti en ricanement cynique. Par l’intermédiaire de Murray Franklin (Robert de Niro), le monde des médias, moqueur et conformiste, lui fait comprendre qu’il est pour lui une nullité. Peut-être que dans le milieu de la comédie, Todd Phillips a aussi connu des gens comme Murray Franklin et qu’il n’a plus envie de rire. A part un moment assez drôle suivant une explosion de violence, on constate que pour un film mettant en scène des gens travaillant dans la comédie, il est complètement désespéré&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Toutes les facettes de Fleck&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Il fallait un grand acteur pour que cet être pitoyable inspire de l’empathie plutôt que du dégoût. Joaquin Phoenix a la stature pour porter un personnage aussi chargé. Il assume sans faillir toutes les facettes de Fleck&amp;nbsp;: son trouble, sa fragilité, son besoin d’amour, son ressentiment, sa violence. On lui doit la réussite de ce Joker plus qu’à Todd Phillips qui montre peu d’idées intéressantes de mise en scène. Gotham City ressemble au New York sale et abandonné de &lt;em&gt;Taxi driver&lt;/em&gt;. Le béton et la grisaille dominent la photographie et toutes les séquences désespérées sont illustrées par la musique sinistre d’Hildur Guðnadóttir. La réalisation consiste ici en un surlignage appuyé de l’ambiance glauque de Gotham City. On sent que Phillips a besoin de ces artifices très premier degré (photo sombre et musique) pour maintenir le spectateur dans une atmosphère crasseuse. Heureusement pour nous, à partir du moment où le «&amp;nbsp;héros&amp;nbsp;» découvre la violence et la vérité sur lui-même, le film dépasse son glauque «&amp;nbsp;plan-plan&amp;nbsp;» pour devenir plus captivant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Révolte populaire décrite sommairement&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Fleck devient malgré lui le porte-voix d’une population échaudée par les frustrations sociales. Demeurant un personnage asocial, il est toutefois trop loin des hommes pour pouvoir guider leurs mauvais instincts. Sa colère vise Thomas Wayne (Brett Cullen), père de Bruce, futur Batman, candidat à la mairie de Gotham et ex-employeur de sa mère. Fleck se dit apolitique et on regrette que le réalisateur-scénariste n’ait pas pris le risque, à travers la mue en Joker, d’en faire le symptôme d’une montée incontrôlable du fascisme. La révolte populaire qui gronde dans Gotham est décrite de manière sommaire comme une haine anti-riches, dominée par l’envie de tout casser. Le Joker comme leader cynique d’une révolte nihiliste, cela aurait donné plus d’ambiguïté et d’authenticité à cette accumulation parfois pompière d’effets glauques. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Dans le cinéma américain, émerge de temps en temps un film de colère, disant le malaise du pays. On voit des gens ordinaires péter les plombs et s’abandonner à la violence, à des degrés divers. &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Taxi driver&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;, &lt;em&gt;La valse des pantins&lt;/em&gt; (grandes influences de Joker), &lt;em&gt;Fight club&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;American history X&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;American beauty&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Three billboards&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Les deux premiers cités sont des chefs-d’œuvre, les autres des films à effets très efficaces et dans l’air du temps. &lt;em&gt;Joker&lt;/em&gt; est de ceux-là et ce n’est pas une honte.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Les frères Sisters (Jacques Audiard)</title>
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<updated>2018-09-23T13:09:48+02:00</updated>
<published>2018-09-23T13:09:48+02:00</published>
<summary>  «&amp;nbsp;Je n’ai pas un amour profond du western…&amp;nbsp;». Je retiens à...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Je n’ai pas un amour profond du western…&amp;nbsp;». Je retiens à desseins cet extrait d’interview de Jacques Audiard sur France 24 à propos de son dernier film parce que là, franchement, ça se voit&amp;nbsp;! Quand on apprend en plus que c’est une commande, initiée par John C. Reilly qui l’a demandé personnellement au réalisateur de &lt;em&gt;Dheepan&lt;/em&gt;, on n’est plus très étonné du résultat pour le moins mitigé. La presse française est aux anges, limite délirante comme si Audiard avait réalisé &lt;em&gt;Impitoyable&lt;/em&gt; (western qui a relancé Eastwood). Il faut dire que c’est la super tête de gondole de notre cinéma national, capable d’associer l’intimisme qui nous est cher avec le romanesque du cinéma de genre. &lt;em&gt;Un prophète&lt;/em&gt; en a été l’exemple le plus réussi alors que &lt;em&gt;De rouille et d’os&lt;/em&gt;, souvent grotesque, en est la caricature.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://cineclubambulant.hautetfort.com/media/01/02/1803544832.jpg&quot; id=&quot;media-5890512&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;C’est histoire de deux frères tueurs Eli et Charlie (John C. Reilly et Joaquin Phoenix) qui se lancent à la poursuite de Warm, chercheur d’or (Riz Ahmed) et de Morris (Jake Gyllenhaal), détective mandaté par le même commanditaire, le «&amp;nbsp;Commodore&amp;nbsp;». Au moins le français est-il honnête en interview&amp;nbsp;: il a surtout été intéressé par le développement psychologique de ses personnages, par leurs liens familiaux. Il a délaissé le prétexte romanesque de la poursuite&amp;nbsp;: Warm détient une formule chimique permettant de détecter l’or dans une rivière. Le parcours des frères violents est donc une suite de dialogues et de moments intimes, soudain zébrés par des éclairs de violence. Le réalisateur cite &lt;em&gt;Little Big Man&lt;/em&gt; (Penn) comme influence et on aurait aimé que son film partage la même truculence, le même humour picaresque. La presse aura beau citer les épisodes anecdotiques de l’araignée ou de la découverte de la brosse à dents, &lt;em&gt;Sister Brothers&lt;/em&gt; ne vaut pas cinq minutes du film d’Arthur Penn&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Dépourvu de rythme&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Audiard a le droit de tordre le modèle du western à sa guise. Il a juste oublié certaines exigences du genre. Le rythme par exemple. Son film en est totalement dépourvu. Qu’il soit classique comme chez Ford ou plus truculent, comme par exemple &lt;em&gt;Bad Company&lt;/em&gt; de Robert Benton (avec Jeff Bridges jeune), c’est un genre épique, qui galope et nous transporte. Or, Sisters Brothers, &amp;nbsp;flottant dans une photographie terne rebutante, est lesté de dialogues beaucoup trop longs tournés la plupart du temps en nocturne. Il n’y aucun moment fort ni puissance dramatique dans ce film. Dans un genre qui aime les espaces, Audiard ne s’est intéressé qu’aux petites choses du quotidien, à des bouts de conversation qui font sans doute sens (notamment sur le sang de leur père alcoolique, qui les a contaminés) mais qui ne produisent pas un tout captivant. Soulignons que John C. Reilly, omniprésent, est tout à fait convaincant dans un registre nécessitant du sens comique, et que Joaquin Phoenix joue un rôle qu’il maîtrise très bien&amp;nbsp;: celui du brother cinglé, jamais loin de péter les plombs. Ce qu’on entrevoit de tordu et de comique dans les interprétations donne surtout envie de lire le roman de Patrick deWitt, qu’Audiard a adapté avec son habituel scénariste Thomas Bidegain.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Je veux bien admettre qu’il y a un geste audacieux de la part d’Audiard, celui de convertir un genre très «&amp;nbsp;genré&amp;nbsp;», très masculin, très violent, en une création insolite, qui finit par «&amp;nbsp;castrer&amp;nbsp;» ses héros et les faire revenir chez Maman mais pour aboutir à cela, quel ennui&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Cinéambulant</name>
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<title>A beautiful day (Lynne Ramsay)</title>
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<updated>2017-11-10T22:48:00+01:00</updated>
<published>2017-11-10T22:48:00+01:00</published>
<summary>  Voilà un film qui ne peut pas faire consensus.  A beautiful day  ( You were...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Voilà un film qui ne peut pas faire consensus. &lt;em&gt;A beautiful day&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;You were never really here&lt;/em&gt;) allie sophistication visuelle et sonore, violence barbare et intrigue simplissime. Le scénario de Lynne Ramsay tient sur un ticket de métro&amp;nbsp;: c’est l’histoire de Joe (Joaquin Phoenix), vétéran du Golfe vivant chez sa mère, qui sauve des adolescentes des griffes de pédophiles. Il les sauve à coups de marteau dans la tronche des pervers. Là, il doit ramener Nina (Ekaterina Samsonov), fille fugueuse du sénateur Votto (Alex Manette). Le festival de Cannes a récompensé le scénario, il aurait été plus pertinent de lui donner le prix de la mise en scène.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://cineclubambulant.hautetfort.com/media/00/01/761678413.jpg&quot; id=&quot;media-5720300&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Dialogue avec Taxi driver&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Sur l’affiche du film de 2017, la référence à &lt;em&gt;Taxi Driver&lt;/em&gt; de Martin Scorsese n’est pas qu’un slogan marketing, même si la réalisatrice s’en est défendu en interview. Un type seul, vétéran d’une guerre, sillonne une ville inhumaine et sauve du Mal une innocente. 40 ans après, Nina remplace Iris. Dans ses motifs scénaristiques, le film dialogue avec le classique de 1976. La ville que traverse Joe de nuit est le même foyer de vices que celle sillonnée par Travis Bickle. A travers les yeux de Bickle, New York est une ville glauque et misérable. A travers ceux de Joe, la ville est un peu plus propre mais contaminée aussi par le Mal (la pédophilie, la corruption). On pourrait aussi exhumer comme référence &lt;em&gt;Hardcore&lt;/em&gt; de Paul Schrader (scénariste de Taxi Driver&amp;nbsp;!) film de 1979 dans lequel un patriarche puritain du Midwest recherche sa fille fugueuse dans le milieu du porno californien. Motif récurrent en des temps réactionnaires d’une innocence souillée par la corruption généralisée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Scorsese dessinait &amp;nbsp;un personnage perturbé aux traumatismes implicites. Son histoire s’inscrivait dans un cadre urbain réaliste et sordide. Moins attachée à donner un ancrage réaliste, Lynne Ramsay ouvre tout grand la psyché torturée de Joe. Nous ne sommes plus à proprement parlé dans le réel mais dans une psychose. De son enfance reviennent des images d’un traumatisme originel, de son passé militaire des souvenirs d’exactions. L’écossaise multiplie les gros plans sur le corps couturé et le visage hagard de son personnage, revivant ses souffrances par flashbacks incessants. Le titre &lt;em&gt;You were never really here&lt;/em&gt; s’interprète à la fois comme un reproche à quelqu’un qui ne vous a pas protégé (la mère de Joe&amp;nbsp;?), voire comme constat personnel de Joe sur son impossibilité à être au monde. Enflé à 120 kilos, Joaquin Phoenix prête au film son corps de nounours névrotique. Les yeux vides, il joue comme un grizzly devant un marteau (et non pas comme une poule devant un couteau).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Conte névrotique&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;La réalisatrice se livre à un exercice formel dans lequel le monde intérieur du tueur se confond avec le monde extérieur. Lynne Ramsay filme la paranoïa à son paroxysme&amp;nbsp;: l’univers est synonyme d’agression pour Joe. Quiconque souhaiterait voir un thriller réaliste sera frustré, voire outré par le simplisme des situations. Absolument pas vraisemblable comme récit à suspense, son film se regarde comme un conte atmosphérique dans lequel un homme en morceaux surmonte par la violence son traumatisme d’enfance. Adoptant le point de vue de Joe, jouant d’un montage éclaté, Lynne Ramsay assemble des fragments de séquences s’enchaînant comme dans un cauchemar éveillé. Le spectateur se demande s’il voit quelque chose de réel ou bien le délire intégral d’un homme traumatisé. Il y a très peu de dialogues et la musique hypnotique de Jonny Greenwood, guitariste de Radiohead, accentue le sentiment de déréalisation et d’hostilité autour de Joe. La musique et les bruits amplifiés forment un maelstrom de sons envahissant sa conscience. Les images sont celles d’un trip de drogue déformant le réel – le taximan parle mais Joe ne l’entend pas. A travers la vitre du taxi, le paysage urbain est liquide. Dans l’hôtel où il récupère Nina, son intrusion est filmée par l’œil impersonnel de la caméra de surveillance. Cette séquence anti-spectaculaire, qui devait être un pic dramatique, semble se dérouler en dehors de lui. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt;&quot;&gt;Le Mal qu’il affronte est sans cesse repoussé hors-champ : on voit à peine les visages de ceux qui lui en veulent. Il est à la fois partout et nulle part. Tout est irrémédiablement pourri. «&amp;nbsp;It’s a beautiful day&amp;nbsp;», comme le titre d’une chanson, parole enfantine, innocente, déchirant le voile d’un monde hostile et corrompu. Le film s’achève sur le regard lumineux de Nina. Peut-être faut-il chercher le sens de tout ceci dans les motifs de l’enfance. Le lit rose de Nina. Les bonbons. Les chansons fredonnées. Souvenirs d'une enfance détruite par les adultes. Le propos est moins clair que dans son film précédent, le fascinant &lt;em&gt;We need to talk about Kevin&lt;/em&gt;, conte sur les rapports entre une mère et son fils monstrueux. Lynne Ramsay nous aura à ce point immergés dans son trip visuel maniéré et hypnotique qu’il est difficile d’en dégager un propos réellement élaboré.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Bruno Lagrange</name>
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<title>L'Homme irrationnel (Irrational Man), de Woody Allen</title>
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<updated>2015-11-09T07:30:00+01:00</updated>
<published>2015-11-09T07:30:00+01:00</published>
<summary>    Le crime comme thérapie        L’Homme irrationnel       (Irrational Man)...</summary>
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&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;u&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Le crime comme thérapie&lt;/span&gt;&lt;/u&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 18pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;L’Homme irrationnel&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;(Irrational Man)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;L’Homme irrationnel&lt;em&gt; est à la fois un film intellectuel et un film grand public. Une étudiante est fascinée par son professeur de philosophie. Celui-ci, pourtant, est une épave qui a un problème avec l’alcool. Il ne trouve pas de sens à son existence, jusqu’au jour où il projette un crime.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En 2005, Woody Allen montrait dans &lt;em&gt;Match Point&lt;/em&gt; comment le hasard d’une rencontre pouvait transformer un homme en meurtrier. Dix ans plus tard, il reprend cette même thématique en l’enrichissant philosophiquement. Le titre anglais du film, &lt;em&gt;Irrational Man&lt;/em&gt;, reprend celui d’un livre que Woody Allen avait lu lorsqu’il était jeune homme. Ce livre, publié en 1958, expliquait aux Américains ce qu’est l’existentialisme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;img id=&quot;media-5209417&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://leblogdebrunolagrange.hautetfort.com/media/01/00/1434666562.2.jpg&quot; alt=&quot;l’homme irrationnel,irrational man,woody allen,joaquin phoenix,emma stone,parker posey,jamie blackley&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le personnage principal du film, Abe Lucas, est professeur de philosophie. Précédé d’une solide réputation, il prend son nouveau poste, dans un collège universitaire de Newport, ville huppée de la côte nord-est des Etats-Unis. Au cours de son enseignement, il repère une étudiante à qui il fait un compliment bien troussé, pour la qualité de sa réflexion. La jeune femme, Jill, tombe aussitôt sous le charme du professeur. Pourtant il n’a rien d’un séducteur. Il est ventripotent, il vit seul et, visiblement, il a un problème avec l’alcool&amp;nbsp;; ainsi il ne se sépare jamais de sa bouteille de gin. En clair, il a l’air d’une épave. Jill cherche à le sortir de la solitude et aimerait qu’il s’intéresse encore un peu plus à elle. Mais Abe Lucas ne cherche pas à la conquérir. En fait, il a perdu le goût de vivre. Il trouve la vie absurde et désespère de donner un sens à son existence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comme tous les films de Woody Allen, &lt;em&gt;L’Homme irrationnel &lt;/em&gt;a un côté intellectuel. Ainsi Abe Lucas brille auprès de Jill à coups de citations d’auteurs, de Kant à Sartre et Simone de Beauvoir en passant par Heidegger. Cependant, même un spectateur qui n’entend rien à la philosophie trouvera de l’intérêt à ce film, car c’est avant tout un thriller, un suspense avec un meurtre au cœur de l’intrigue.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Abe Lucas va trouver un sens à son existence en usant d’une forme de thérapie bien particulière&amp;nbsp;; il va commettre un crime, non un crime dont le motif lui profiterait, mais un crime altruiste, au profit d’un autre. On pourrait même dire que son crime va rendre service à la société prise dans son ensemble. Une fois le meurtre accompli, il retrouve, littéralement, le goût et l’appétit de vivre&amp;nbsp;; d’autant plus qu’il a commis le crime parfait. Rien ne le relie à sa victime, et il est suffisamment intelligent et réfléchi pour avoir soigneusement prémédité son crime. Il n’a donc rien à craindre de l’enquête.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Emma Stone, dans le rôle de Jill,&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;est pleine de fraîcheur&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Joaquin Phénix donne de l’épaisseur au personnage d’Abe Lucas. Mais c’est surtout Emma Stone, dans le rôle de Jill, qui retient l’attention. Elle est pleine de fraîcheur et a trouvé en Abe son gourou. Elle aussi, elle est altruiste en cherchant à le sortir de sa solitude. Elle va jusqu’à délaisser son petit ami, un étudiant lisse et fade, moralement vieilli avant l’âge, et qui fait pâle figure en comparaison d’Abe. Quand Jill a l’intuition de la vérité, elle refuse de la voir en face, tellement elle est aveugle dès qu’il s’agit d’Abe, à qui un sentiment fort l’attache. La confrontation finale qui les met en scène rappelle par certains aspects le dénouement de &lt;em&gt;L’Ombre d’un doute &lt;/em&gt;(&lt;em&gt;Shadow of a doubt&lt;/em&gt;), d’Hitchcock.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le campus qui sert de décor au film lui donne son unité. C’est un monde clos, une espèce de cocon replié sur lui-même. Les professeurs vivent au milieu des élèves et la rumeur va bon train.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce film peut être vu en version originale, tant, comme souvent chez Woody Allen, la bande-son est claire. Ainsi, lors d’une scène dans un café, aucun bruit de vaisselle, aucun bruit d’ambiance intempestif ne vient polluer le dialogue.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le spectateur trouvera du plaisir à ce film grand public qu’est &lt;em&gt;L’Homme irrationnel&lt;/em&gt;, mais il peut lui préférer &lt;em&gt;Match Point&lt;/em&gt;, dont la construction et la narration paraissent plus efficaces.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;L’Homme irrationnel (Irrational Man),&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt; de Woody Allen, 2015, avec Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey et Jamie Blackley, actuellement en salles.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<author>
<name>Cinéambulant</name>
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<title>L'homme irrationnel: ni bien ni mal</title>
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<updated>2015-10-26T11:30:00+01:00</updated>
<published>2015-10-26T11:30:00+01:00</published>
<summary>   L’homme irrationnel  est-il le meilleur Woody Allen de ces dix dernières...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana,geneva,sans-serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;L’homme irrationnel&lt;/em&gt; est-il le meilleur Woody Allen de ces dix dernières années&amp;nbsp;? de ces vingt dernières années&amp;nbsp;? Va savoir&amp;nbsp;! J’en ai vu beaucoup (pas tous) dont certains ont provoqué du scepticisme autour de moi (&lt;em&gt;Vicky Christina Barcelona &lt;/em&gt;que j’aime bien), de l’enthousiasme (&lt;em&gt;Match point&lt;/em&gt;) voire de la franche déception (&lt;em&gt;To Rome with love&lt;/em&gt;). Chaque année sort un nouveau Woody Allen et de cette marque de fabrique, il y a autant de raisons de s’agacer que de s’enthousiasmer. Chaque année, les acteurs sont convaincants, la bande son et la photographie sont soignées et chaque année le new yorkais nous invite à adhérer à une narration fabriquée. Evidemment tous les scénarios sont des fabrications sauf qu’avec lui les coutures sont apparentes, les ficelles sont visibles, la recette est ultra lisible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://cineclubambulant.hautetfort.com/media/01/01/1885948391.jpg&quot; id=&quot;media-5758489&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;!-- [if gte mso 9]&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;!-- [if gte mso 10]&gt;&lt;![endif]--&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana,geneva,sans-serif;&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana,geneva,sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;Dissertation simple et ludique&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana,geneva,sans-serif;&quot;&gt;Abe Lucas (Joaquin Phoenix) est un professeur de philosophie charismatique venu enseigner dans la faculté très bourgeoise de Newport. Comme nombre de héros mâles imaginés par Allen, le personnage conjugue un sens de l’humour anticonformiste et une nette tendance à la dépression. Comme nombre de héros alleniens, son esprit et sa fragilité lui valent d’attirer les femmes. L’une, Rita, est une prof délurée sympathiquement campée par Parker Posey. L’autre, Jill, est une étudiante vive d’esprit jouée par la gracieuse Emma Stone. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana,geneva,sans-serif;&quot;&gt;La première demi-heure du film est un agaçante tant elle patauge dans le cliché mais elle est voulue. Le cinéaste nous endort avec une énième histoire d’étudiante amoureuse de son professeur, mais par la voix d’Abe, au détour d’une conversation sur Simone de Beauvoir, il semble nous dire «&amp;nbsp;vous n’en avez pas marre de toutes ces histoires où les femmes servent de faire-valoir au héros masculin&amp;nbsp;?&amp;nbsp;Passons aux choses sérieuses » Malin comme un singe, le Woody, et c’est là que le film change de registre pour le thriller. Le spectateur a été préparé à ça. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana,geneva,sans-serif;&quot;&gt;Le film est parsemé d’incises pendant lesquelles Abe nous dit qu’un monde entièrement moral est une absurdité et que les bonnes actions peuvent déboucher sur les pires maux. Le film est écrit comme une dissertation philosophique simple et ludique. Si le Bien poussé à l’extrême engendre le Mal, pourquoi ne pas faire le Mal pour le Bien&amp;nbsp;? Pourquoi ne pas sortir du carcan de la morale commune et vivre sa liberté&amp;nbsp;? Abe en a l’occasion après avoir entendu une conversation au restaurant. Il peut se débarrasser d’un magistrat odieux. Il le fait et en sort libéré de ses angoisses, goûtant à nouveau à la vie. Mais son crime restera-t-il impuni&amp;nbsp;? Woody Allen tire très bien partie de l’entre soi de cette société où tout le monde se connaît et où les ragots arrivent vite aux oreilles des gens. Il y a une tension habilement entretenue pour savoir si le crime d’Abe va être découvert. Woody Allen se sert du personnage de Jill, décrite comme très intelligente, pour découvrir la vérité sur Abe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana,geneva,sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;La fin est primordiale&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana,geneva,sans-serif;&quot;&gt;Pour un scénario aussi mécanique, où tout est couru d’avance et tous les ressorts visibles, la fin est primordiale. Quelle est la morale de l’histoire&amp;nbsp;? Hélas des plus conventionnelles, le scénario se refuse à faire le pari de l’amoralité joyeuse. La fin revient progressivement dans le chemin de la morale commune et le personnage d’Emma Stone en est l’instrument. Dans &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Match point&lt;/em&gt;, il y avait&amp;nbsp; une justice à punir le personnage de Rastignac joué par Jonathan Rhys-Meyers. C’était un salopard. Abe Lucas mérite-t-il d’être puni alors qu’il a trouvé le bonheur et un sens à sa vie&amp;nbsp;? A l’instar de Rita, Allen aurait pu répondre que non et que seul le bonheur compte mais il s’y refuse in extremis. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: verdana,geneva,sans-serif;&quot;&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;L’homme irrationnel &lt;/em&gt;n’étant pas un produit hollywoodien, on peut concevoir que cette fin en forme de pirouette scénaristique traduise le pessimisme de son auteur. Dans une société conventionnelle et hypocrite, il n’est pas possible de vivre libre et heureux. J’ajouterais aussi&amp;nbsp;: il n’est pas possible de vivre heureux avec une femme, quelle qu’elle soit. Soit. Ni un grand film ni une honte pour son auteur, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;L’homme irrationnel&lt;/em&gt; donne du plaisir et déçoit aussi. C’est le programme du cinéma allenien depuis bien longtemps. Pour le spectateur qui apprécie Woody Allen, la question revient à adhérer ou non à une recette servie tous les ans.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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