<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.hautetfort.com/css/atom.xsl" ?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr">
<title>Last posts on guerre d'afghanistan</title>
<link rel="self" type="application/atom+xml" href="https://www.hautetfort.com/explore/posts/tag/guerre d'afghanistan/atom.xml"/>
<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.hautetfort.com/explore/posts/tag/guerre d'afghanistan" />
<updated>2026-06-06T09:50:39+02:00</updated>
<rights>All Rights Reserved blogSpirit</rights>
<generator uri="https://www.hautetfort.com/" version="1.0">https://www.hautetfort.com/</generator>
<id>https://www.hautetfort.com/explore/posts/tag/guerre d'afghanistan/atom.xml</id>
<entry>
<author>
<name>Zed</name>
<uri>http://metapoinfos.hautetfort.com/about.html</uri>
</author>
<title>A propos des pertes françaises en Afghanistan...</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2011/07/18/a-propos-des-pertes-francaises-en-afghanistan.html" />
<id>tag:metapoinfos.hautetfort.com,2011-07-21:3716328</id>
<updated>2011-07-21T10:33:00+02:00</updated>
<published>2011-07-21T10:33:00+02:00</published>
<summary>  Nous reproduisons ci-dessous une bonne analyse de  François-Bernard Huyghe...</summary>
<content type="html" xml:base="http://metapoinfos.hautetfort.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Nous reproduisons ci-dessous une bonne analyse de &lt;strong&gt;François-Bernard Huyghe&lt;/strong&gt;, cueillie sur son site &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.huyghe.fr/index.htm&quot;&gt;huyghe.fr&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, à propos des récentes pertes militaires françaises en Afghanistan et du piège tragique dans lequel se trouve coincée notre armée...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3125617&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/media/02/01/2387768754.jpg&quot; alt=&quot;soldats-francais-afghanistan.jpg&quot; width=&quot;460&quot; height=&quot;291&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pertes françaises en Afghanistan&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Il s'agit sans doute d'une coïncidence : les talibans ont difficilement plus planifier deux attaques qui coïncident si bien avec une visite surprise de Sarkozy et avec le 14 juillet (notion difficile à traduire en pachtou). Il n'empêche qu'ils auraient eu du mal à faire plus spectaculaire ou mieux coordonné. Un soldat français tué dans une embuscade dans la Kapisa le jour de l'unité nationale, cinq autres mardi dans un attentat suicide, dans la même province. Et cela au moment où le président annonce qu'il faut savoir terminer une guerre. Et pendant que celle de Lybie, ne ressemble plus du tout à la glorieuse promenade humanitaire rêvée par BHL.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Ceci se produit dans un contexte qui est tout sauf encourageant, en dépit des déclarations sur les progrès de la stabilisation ou de l'afghanisation du conflit (vous vous souvenez de la vietnamisation ?).&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Les talibans ont récemment inscrit à leur actif :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;- l'évasion de 541 prisonniers de la prison de Kandahar&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;- l'attentat contre des officiers supérieurs à l'hötel Intercontinental de Kaboul&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;- peut-être l'assassinat du frère de Karzaï (à moins que celui-ci n'ait été abattu par ses relations d'&quot;affaires&quot;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;- une augmentation des pertes US de plus de 56% en neuf mois par rapport à la même période l'année précédente.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;- le tout en circulant de mieux en mieux avec le Pakistan.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Tout cela ne démontre pas exactement le succès de la méthode Petraeus, ni ne rend très plausible les propos sur les talibans qui en seraient &quot;réduits&quot; à l'attentat-suicide à cause de la pression alliée sur le terrain.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Sur le plan politique, la guerre d'Afghanistan décidé conjointement par les socialistes et la droite dans l'enthousiasme du &quot;nous sommes tous des Américains&quot; post 11 septembre, a longtemps été soutenue à peu près unanimement par la classe politique. Cette situation est en train de changer, et pas seulement parce que le PS a besoin de se différencier en période électorale. Il tient à affirmer qu'il faut partir aussitôt que possible, tandis que l'UMP soutient qu'il faut partir, mais en restant autant que nécessaire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Ces raisons tiennent à l'ambiguïté initiale de la guerre et de ses buts :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;- lutter contre les terroristes ? Les principaux centres d'al Qaïda ont été détruits dès 2001 par l'alliance du Nord et non par des forces occidentales. Depuis, elles se sont opposées essentiellement aux force des talibans et à des insurgés dont la principale motivation est justement leur présence. Dix ans après, et après la mort de ben Laden au Pakistan, il est difficile de prétendre empêcher un nouveau 11 septembre. Peut-on sérieusement expliquer à un Afghan de vingt ans que l'on est là pour le protéger (ou se protéger) de terroristes étrangers ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;- assurer la transition avec un régime démocratique ? avec Hamid Karzaï ? après dix ans d'échec ? au moment où les forces afghanes sont moins capables que jamais de tenir le pays ? Encore une décennie pour construire un Afghanistan démocratique et sans drogue, voué à la bonne gouvernance, et, pourquoi pas, au développement durable ? Encore un siècle ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;- défendre nos valeurs ? aider les petites filles à aller à l'école ? On a beau nous fournir des statistiques encourageantes sur les progrès de la condition féminine dans la vallée du Panchir. On notera pour la petite histoire que le motif invoqué par les Soviétiques pour envahir l'Afghanistan en 1989 était la lutte contre les mœurs féodales de ce pays qui pratiquait le droit de cuissage.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;- soutenir nos engagements avec nos alliés ? Sur ce point, l'annonce du retrait français suivant l'annonce faite par Obama (au fait, lui, a-t-il consulté Sarkozy avant de la faire ?) donne l'impression que nous sommes de simples supplétifs. Mais surtout, ce sont les États-Unis qui portent la responsabilité d'une certaine incohérence. Comment Obama peut-il soutenir en 2010 qu'il faut appliquer à l'Afghanistan un &quot;surge&quot; à l'irakienne, engager massivement des troupes pour un effort lent de reconquête du terrain qui paiera à long terme, et décider de retirer 10.000 soldats en année électorale ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;- reste une dernière raison : partir ce serait perdre la face. Donner l'impression de perdre en se hâtant serait pire que de continuer à s'enliser. L'objectif serait alors de ne pas faire aussi mal que les Américains au Vietnam et presque aussi bien que les Soviétiques, partis, après tout, en laissant les clefs à un Najiullah qui a tenu jusqu'en avril 1992.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Difficile pourtant de vendre cet argument - il faut continuer parce que ça va mal - à l'opinion. Et ceci est totalement tragique si l'on songe aux soldats français qui sont tués là-bas en notre nom, qui savent en partant qu'ils risquent leur peau et qui se conduisent de façon parfaitement honorable, avec autant de succès sur le terrain que le permettent les circonstances . Des soldats dont le plus lucides savent maintenant qu'ils se battent pour ne pas être déshonorés et qu'ils le feront sans doute au prix du soutien de l'opinion.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;François-Bernard Huyghe&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Le site de François-Bernard Huyghe&lt;/em&gt;, 14 juillet 2011)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
</content>
</entry>
<entry>
<author>
<name>Zed</name>
<uri>http://metapoinfos.hautetfort.com/about.html</uri>
</author>
<title>Le général Desportes et les enseignements de la guerre en Afghanistan...</title>
<link rel="alternate" type="text/html" href="http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2011/05/31/le-general-desportes-et-les-enseignements-de-la-guerre-en-af.html" />
<id>tag:metapoinfos.hautetfort.com,2011-06-02:3652118</id>
<updated>2011-06-02T10:28:00+02:00</updated>
<published>2011-06-02T10:28:00+02:00</published>
<summary>  Excellent connaisseur de l'armée américaine,&amp;nbsp;le  général Vincent...</summary>
<content type="html" xml:base="http://metapoinfos.hautetfort.com/">
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Excellent connaisseur de l'armée américaine,&amp;nbsp;le &lt;strong&gt;général Vincent Desportes&lt;/strong&gt; s'est fait connaître du public en juillet 2010 par &lt;a href=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/archive/2010/07/03/c-est-une-guerre-americaine.html&quot;&gt;une prise de position assez hostile à l'engagement militaire français&lt;/a&gt; en Afghanistan, qui lui a valu d'être sanctionné par le ministre de la défense. Il est aussi l'auteur de plusieurs ouvrages de réflexion sur la guerre et la stratégie, tels que &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Comprendre la stratégie &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;(Economica, 2001), &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Décider dans l'incertitude &lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;(Economica, 2004), &lt;em&gt;&lt;strong&gt;La guerre probable &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;(Economica, 2008) et dernièrement &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le piège américain&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; (Economica,2011). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Le 11 mai 2011, à l'occasion d'un colloque organisé par l'IFRI et consacré à la guerre d'Afghanistan, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;il a exposé avec beaucoup de clareté et de franchise les enseignements qu'il tirait de cette guerre...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3057492&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/media/00/01/2447842771.jpg&quot; alt=&quot;soldat français Afghanistan.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les enseignements militaires et stratégiques du conflit afghan&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Je vais traiter de manière plus théorique le sujet qui a été donné&amp;nbsp;: Les enseignements stratégiques &amp;amp; militaires du conflit afghan. Pour constater qu’en fait ce conflit valide à nouveau des concepts stratégiques persistants, qui affirment en chaque occasion leur pertinence, quel que soit le mépris qu’on puisse leur porter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quelques idées&amp;nbsp;:&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Première idée, c’est celle de la vie propre de la guerre. L’idée de Clausewitz, on le sait. Dès que vous avez créé la guerre, la guerre devient un sujet et non pas un objet. Clausewitz évoque la volonté indépendante de la guerre, les événements finissant par avoir leur dynamique propre. La guerre a sa vie propre qui vous conduit, pour de nombreuses raisons, là où vous n’aviez pas prévu d’aller.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;L’exemple de l’Afghanistan est particulièrement frappant. La guerre commence le 7 octobre, avec un objectif clair&amp;nbsp;: faire tomber le pouvoir taliban à Kaboul et détruire le réseau d’Al-Qaïda en Afghanistan. En gros, l’objectif est atteint fin novembre 2001. Il y a alors moins de 2.000 militaires occidentaux au sol.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Dix ans après&amp;nbsp;: les objectifs de guerre ont totalement changé, il y a presque 150.000 soldats déployés en Afghanistan. C’est ce qu’un général résume d’une autre manière en parlant du niveau instable des décisions politiques, ce qui amène les stratèges militaires à adopter des modes de guerre successifs, qui s’avèrent contre-productifs par la suite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Cette évolution afghane éclaire donc deux réalités éternelles de la guerre. La première&amp;nbsp;: toute guerre est marquée par une dérive de ses buts et le plus souvent une escalade des moyens, deuxièmement, les fins dans la guerre influent toujours sur les fins de la guerre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Deuxième idée – on doit concevoir la guerre et sa conduite non pas en fonction de l’effet tactique immédiat, mais en fonction de l’effet final recherché, c’est-à-dire le but stratégique. Autrement dit la forme que l’on donne initialement à la guerre a de lourdes conséquences ultérieures, ce qui est perdu d’entrée est très difficile à rattraper. Prenons les deux premières phases de la guerre en Afghanistan :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- Première phase, celle du modèle afghan. &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;2001, où selon les mots de Joe Biden, la stratégie minimaliste américaine. Lancée le 7 octobre 2001 cette phase associe la puissance aérienne américaine, les milices afghanes et un faible contingent de forces spéciales américaines. Résultat&amp;nbsp;: on constate que le modèle a fonctionné pour faire tomber le régime des Taliban, mais beaucoup moins pour débusquer les membres d’Al-Qaïda et détruire les militants qui doivent se réfugier dans leurs zones sanctuaires. Conséquence : cette stratégie a contribué à renforcer les chefs de guerre locaux, en particulier ceux dont le comportement avec la population était honni et qui étaient hostiles au gouvernement central de Kaboul. Cela a renforcé la puissance tadjike et donc aliéné d’autant la population pachtoune. Tout cela a affaibli ce qui allait être essentiel ultérieurement, les deux piliers centraux de la reconstruction&amp;nbsp;: l’État central et la bonne gouvernance.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- 2ème phase, celle du modèle américain 2002-2006.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Compte tenu de l’impossibilité pour les milices afghanes de venir à bout des Taliban, les troupes américaines prennent la tête des opérations de ratissage. Il s’agissait d’opérations de bouclage avec pour but d’éliminer les caches des terroristes. Résultat&amp;nbsp;: très limité. Conséquences&amp;nbsp;: l’efficacité du modèle américain est limitée par un très grand défaut de sensibilisation culturelle et politique, voire par la supériorité technologique elle-même. Les bombardements aériens soulèvent des questions sensibles. On se rappelle le bombardement d’une fête de mariage en Uruzgan en juillet 2002 avec des coûts politiques considérables. Les forces américaines suscitent crainte et hostilité dans la population, ils sont perçus comme des infidèles, commencent à être véritablement perçus comme une force d’occupation. La population initialement neutre, voire favorable, est ennemie. On passera en 2006 d’une guerre «&amp;nbsp;enemy-centric&amp;nbsp;» à une guerre «&amp;nbsp;population-centric&amp;nbsp;» mais le premier mode de guerre aura commis des dommages qui semblent irréparables.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Quatrième idée – si le centre de gravité de l’adversaire se situe au-delà des limites politiques que l’on s’est fixé, il est inutile de faire la guerre car il ne sera pas possible de la gagner. Au sens Clausewitzien, le centre de gravité des Taliban se situe dans les zones tribales pakistanaises puisque c’est de cette zone refuge qu’ils tirent leur capacité de résistance. Il est impossible pour les Américains d’y mettre militairement de l’ordre, celle-ci se situe au-delà des limites politiques qu’ils se sont fixées, ne serait-ce d’ailleurs que pour de simples raisons logistique militaire, en raison de la vulnérabilité de leurs convois militaires lorsqu’ils traversent le Pakistan.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Cinquième idée – c’est avec son adversaire que l’on fait la paix. Selon le bon esprit de la guerre froide qui n’a pas fini de nous faire du mal, la Conférence de Bonn en décembre 2001 a été non pas la conférence d’une réconciliation, mais la conférence des vainqueurs. Elle a de fait projeté les talibans, donc les Pachtounes, dans l’insurrection. Dix ans après, nous n’en sommes pas sortis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Sixième idée – ce qui est important, c’est le stratégique et non pas le tactique. Nous sommes aujourd’hui plongés au cœur d’une véritable quadrature du cercle tactique, entre protection de la population d’une part, protection de nos propres troupes d’autre part, et destruction de l’adversaire taliban par ailleurs. Nous sommes engagés dans un travail de Sisyphe du micro management du camp de bataille. C’est une impasse. Nous ne trouverons pas de martingale tactique en Afghanistan, la solution est d’ordre stratégique et politique. Une accumulation de bonnes tactiques ne fera jamais une bonne stratégie. Un problème politique au premier chef ne peut être résolu que par une solution politique. Citant des officiers américains, le New York Times regrettait récemment, je cite&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;la déconnexion entre les efforts intenses des petites unités –&amp;nbsp;et c’est tout aussi vrai des unités françaises&amp;nbsp;– et les évolutions stratégiques&amp;nbsp;». &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Je voudrais maintenant évoquer une idée de… le niveau tactique. Elle est simple&amp;nbsp;: le nombre compte, «&amp;nbsp;mass matters&amp;nbsp;» comme disent nos amis anglo-saxons. Les coupes budgétaires progressives et l’exponentiel coût des armements ont conduit à des réductions de formats incompatibles avec l’efficacité militaire et de nouvelles conditions de guerre au sein des populations.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Contre l’insurrection, on connaît les ratios&amp;nbsp;: en-dessous du ratio de 20 personnels de sécurité pour 1.000 locaux il est tout à fait improbable de l’emporter. Irlande du Nord&amp;nbsp;: pour une population d’un million d’habitants, les Britanniques ont maintenu une force de sécurité globale de 50.000, ils sont restés vingt ans, le ratio est de 1 pour 20. En Irak, la population est de la trentaine de millions. Il a fallu mettre sur pied avec les Irakiens une force de 600.000 hommes pour que la manœuvre de contre-insurrection commence à produire ses effets. En Algérie, à la fin des années 50, les effectifs français étaient de 450.000 pour une population de 8 millions d’Algériens d’origine musulmane comme on les appelait alors. En Afghanistan, nous sommes extrêmement loin de ces ratios alors que le théâtre est infiniment plus complexe, physiquement et humainement, nous agissons en coalition, le ratio est de deux fois 140.000 pour 30 millions, c’est la moitié de ce qui est nécessaire pour avoir un espoir de gagner. Le ratio actuel forces de sécurité/population nous permet de conquérir –&amp;nbsp;on le sait bien parce qu’on le fait tous les jours&amp;nbsp;– mais pas de tenir. Or gagner la guerre c’est contrôler l’espace, or nous ne savons plus, nous ne pouvons plus, nous Occidentaux, contrôler l’espace.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Pour conclure, deux dernières idées&amp;nbsp;:&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Un – le conflit afghan est bien une guerre américaine. On se rappelle de ce télégramme diplomatique révélé dans Le Monde par Wikileaks, où l’ambassadeur des États-Unis à Paris demandait, sur instance de l’Élysée, que Washington trouve des façons de faire croire que la France comptait dans les options stratégiques. On se rappellera aussi que de McKiernan à Petraeus en passant par McChrystal, le commander in chief américain relève et remplace le chef de la coalition sans en référer aux autres membres. On se souviendra que les calendriers et les stratégies sont dictés davantage par les préoccupations de politique intérieure américaine que par le dialogue avec les coalisés, bien obligés de s’aligner –&amp;nbsp;ceux qui ont lu Les guerres d’Obama de Woodward ne me contrediront sûrement sur aucun de ces points.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Dernière idée – L’Afghanistan est une nouvelle preuve de l’échec de l’Europe. Je constate qu’il y a ou qu’il y a eu 15 pays de l’Union ayant engagé des forces militaires en Afghanistan&amp;nbsp;: Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Hongrie, Italie, Lituanie, Lettonie, Pays- Bas, Pologne, Roumanie, Suède, République Tchèque, Portugal. Avec des effectifs non négligeables puisqu’ils représentent environ 40.000 combattants, soit un tiers de la force engagée. Or il n’y a presque pas d’Europe ou en tout cas de défense européenne en Afghanistan. On pourra toujours m’expliquer qu’historiquement l’Europe a eu du mal à s’imposer en tant que telle dans cette guerre. Certes. Mais le constat est là&amp;nbsp;: l’Europe mène sa guerre la plus longue «&amp;nbsp;ever&amp;nbsp;», elle le fait avec des effectifs extrêmement importants et elle n’existe pas. Cela donne une résonnance nouvelle aux propos du ministre de la Défense Hervé Morin, qui affirmait fin octobre dernier&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;L’Europe est devenue un protectorat des États-Unis&amp;nbsp;». &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Il est temps que l’Europe se reprenne en main. Merci.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
</content>
</entry>
</feed>