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    <title>Last posts on georges perec</title>
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    <updated>2026-10-06T20:40:48+02:00</updated>
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            <name>fredlautre</name>
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        <title>DAVID BELLOS EST MORT</title>
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        <updated>2025-11-08T10:17:00+01:00</updated>
        <published>2025-11-08T10:17:00+01:00</published>
        <summary>  La plus belle biographie que j'aie jamais lue.            Une gueule...</summary>
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          &lt;h3 style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;La plus belle biographie que j'aie jamais lue.&lt;/span&gt;&lt;/h3&gt;&lt;h3 style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6642066&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/945942697.jpg&quot; alt=&quot;BELLOS 2025 11 04 DAVID PHOTO.jpg&quot; width=&quot;478&quot; height=&quot;527&quot; /&gt;&lt;/h3&gt;&lt;h3 id=&quot;p1&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;/h3&gt;&lt;div class=&quot;posttext&quot;&gt;&lt;div class=&quot;posttext-decorator1&quot;&gt;&lt;div class=&quot;posttext-decorator2&quot;&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Une gueule classique d'intellectuel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le Monde&lt;/span&gt;,&lt;em&gt; 4 novembre 2025&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;La nouvelle ne pouvait pas m'échapper : l'immense biographe de l'écrivain George Perec vient de mourir. La &quot;nécro&quot; écrite par Denis Cosnard précise qu'il souffrait d'athérosclérose et que sa vie s'est interrompue dans sa résidence secondaire à Doussard (au-dessus du lac d'Annecy, si je me souviens bien de mes aventures dans le coin). Il avait 80 ans. Je ne trouve rien de mieux que de vous resservir tel quel le papier que j'avais publié ici même le 14 février 2016 après la lecture de la plus belle biographie que j'aie jamais lue de ma vie. Que David Bellos ait jugé bon, du fait semble-t-il des critiques formulées par &quot;Les Amis de Georges Perec&quot;, de rééditer sa somme amendée et enrichie n'amoindrit en rien mon enthousiasme et mon admiration pour le travail accompli.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 36pt;&quot;&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;« Je vous préviens, l’extraordinaire biographie de Georges Perec par David Bellos ne vous incitera peut-être pas à devenir un adepte de son œuvre littéraire. Mais à coup sûr, elle vous fera aimer le bonhomme dont celle-ci est sortie. Un homme trop tôt disparu. Un homme qui fut violemment aux prises avec l’existence dès son plus jeune âge (père mort pour la France en 1940, mère morte à Auschwitz), et qui a, sur les décombres d’une enfance dévastée par l’histoire, construit une œuvre littéraire complètement atypique, unique dans le paysage français du 20&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;siècle.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Je le dis sans barguigner&amp;nbsp;:&amp;nbsp;&lt;u&gt;Georges Perec, une vie dans les mots&lt;/u&gt;, est un chef d’œuvre accompli. Je ne sais pas quelle part de sa vie David Bellos a consacrée à rassembler la monstrueuse matière dont son ouvrage se trouve constitué à l’arrivée. Toujours est-il que David Bellos a amplement mérité de l’innommée patrie de la littérature, qui se nomme peut-être humanité.&amp;nbsp;Même si on met le mot au pluriel. Car le Perec que l'auteur restitue vibre devant nous comme s'il était vivant : un véritable tour de force. Sa biographie a tous les aspects de la rigueur, disons scientifique, qu'on attend de l'université, et en même temps le lecteur perçoit à tout instant une empathie vaste et profonde. David Bellos, à n'en pas douter, aime son sujet.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Autant le dire tout de suite&amp;nbsp;: les livres de Georges Perec suscitent davantage mon admiration pour la prouesse que mon amour du&amp;nbsp;contenu. Je suis de ceux qui tiennent dans un mépris obstiné tout ce qui se revendique d'une performance sportive. Et je suis désolé de le dire : il y a du défi sportif dans beaucoup de ses&amp;nbsp;œuvres. En revanche, tous les détails&amp;nbsp;de son&amp;nbsp;existence, tels que rapportés fidèlement par le biographe, suscitent mon adhésion, mon enthousiasme, ma ferveur. Mon émotion à maintes reprises. Si les livres me laissent un peu froid, on ne peut guère trouver d'homme plus attachant que celui qui les a écrits, tel qu'il apparaît sous la plume de David Bellos. C'est ainsi que j'en viens à considérer sa biographie de GP comme un roman formidable.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Car&amp;nbsp;en se limitant le plus possible aux données factuelles, David Bellos touche son lecteur plus fortement et de plus près que s'il avait cherché à l'émouvoir. Et j'avoue humblement que j'ai marché à fond : je sors de ce bouquin ébloui autant par la qualité du bonhomme dont il est parlé que par la façon dont il en est parlé tout au long.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Je sais bien qu’il faut commencer un livre par le début, mais j’ai envie de parler de cette biographie en isolant&amp;nbsp;deux détails peut-être infimes, perdus parmi les 700 et quelques pages qu’il a fallu à David Bellos pour rendre compte de Georges Perec. Deux détails qui m'apparaissent comme la signature d'un homme. Le premier de ces détails se situe au chapitre 25, qui m’a, je dois l’avouer, fait hurler de rire, tant il fait flamboyer&amp;nbsp;la particularité du personnage.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Pensez, un type voué à la littérature qui se fait embaucher au CNRS, pour s’occuper du classement de toute la documentation scientifique consultable par les chercheurs. Et pas de la petite science&amp;nbsp;: le LA 48 (Laboratoire Associé) s’occupe de recherches sur tout ce qui concerne la neurophysiologie du sommeil et de l’état de veille, sous la houlette «&amp;nbsp;&lt;em&gt;granitique&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» de Paul Dell. C’est ainsi que Gorges Perec devint, en 1961, «&amp;nbsp;&lt;em&gt;documentaliste classé technicien IIIB&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» dans la fonction publique.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Le personnel du laboratoire, à commencer par André Hugelin, qui se résigna à embaucher ce jeune homme aux dents gâtées, mal habillé, et peut-être même mal lavé, est d’abord incrédule. Mais il ne le resta pas longtemps, car le moteur du génie combinatoire de Perec se mit à vrombir, et quelque temps après, «&amp;nbsp; …&amp;nbsp;&lt;em&gt;le système de documentation mis au point par Perec suscita beaucoup d’admiration et le bruit se répandit de sa qualité dans les autres laboratoires de recherche. Des émissaires passaient maintenant sous des motifs divers et profitaient d’un brin de causette pour traîner devant les fichiers et le plan de classement&amp;nbsp;&lt;/em&gt;». Il avait fait la preuve de sa stupéfiante virtuosité.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Mais Perec, sous ses dehors de malhabile timide et mal fichu, était un diable facétieux. Il sut prendre sa revanche sur l’obscurité de son boulot mal payé. Il assaisonna en effet maintes fiches de l’admirable fichier scientifique de vinaigrettes de sa façon. C’est ainsi que, dans le fichier du laboratoire s’occupant de la neurophysiologie du sommeil, on trouve une fiche répertoriant un ouvrage intitulé&amp;nbsp;&lt;u&gt;Les Choses&lt;/u&gt;&amp;nbsp;(auquel il doit son prix Renaudot de 1965).&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;C’est ainsi que les chercheurs peuvent tomber sur un article ainsi référencé&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Attention et respiration&quot;, publié dans Kononk. Akad. Wetenschap. Amsterdam Proc. Sec.Sci1 (1899), p. 121-138&amp;nbsp;&lt;/em&gt;», par un savant nommé Caspar Winckler, nom ancré dans l’archéologie de Georges Perec (et rien que la lettre W&amp;nbsp;!), et qui deviendra celui d’un personnage central de son chef d’œuvre,&amp;nbsp;&lt;u&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/u&gt;.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;C’est ainsi que, en 1994, «&amp;nbsp;&lt;em&gt;il arrive encore que de petits groupes se retrouvent au fond d’un bar pour y écouter le compte rendu de Perec concernant les effets électrochimiques observés sur les sopranos soumises à une pluie de tomates nourrie et régulière&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», tout ça parce qu’il avait glissé son canular parmi les autres publications savantes, toutes très sérieuses, évidemment.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Ce texte, intitulé «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Experimental Demonstration&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» est redoutable&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;On dit même que lors d’une réunion de la commission de biochimie du CNRS, le président de séance jeta un coup d’œil sur une photocopie du canular de Perec qui s’était glissée (par inadvertance&amp;nbsp;?) dans la pile de dossiers qu’il avait devant lui. Il parcourut la première page, vira au cramoisi, se mit à bafouiller et dut se cramponner aux bras de son fauteuil. &quot;Experimental Demonstration&quot; fut à l’origine du seul cas connu d’une commission du CNRS s’accordant une interruption de séance pour cause de … fou rire&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». Irrésistible. Si non è vero, ben trovato.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Le deuxième détail est une anecdote, racontée à la page 586 du volume. Perec est amoureux de Catherine, la dernière femme de sa vie. Ils sont au restaurant «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le Balzar&amp;nbsp;&lt;/em&gt;», en train de manger une raie au beurre noir&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;… une goutte de gras tacha le chemisier de la jeune femme. Pour qu’elle ne se sente pas gênée, Perec trempa le doigt dans la saucière et barbouilla de beurre la chemise indienne que lui-même portait. Catherine ne savait pas qu’un tel charme pût exister&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». Vous la voyez, la scène ? Cette histoire me ravit : vous en connaissez beaucoup, vous, des types cravatés et costumés, capables de saloper, par amour, leur ensemble Kenzo ?&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Tendresse et facétie : deux mots qui signent le personnage dans ses relations avec les autres, autant que je peux en connaître.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Je terminerai ce billet sur le portrait de «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Pierre G.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;», que David Bellos pense avoir reconnu pour être celui de Georges Perec (initiales inversées) sous la plume de Jean-Bertrand Pontalis, son psychanalyste, dans son livre&amp;nbsp;L’Amour des commencements&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Une inépuisable banque de données en désordre, un ordinateur facétieux sans mode d’emploi, un Pécuchet privé de son Bouvard, telle était la mémoire de Pierre. Parfois pourtant elle se fixait et c’est alors qu’elle s’égarait. Elle allait visiter, explorer des lieux, obstinée à les capter, à les saisir comme un photographe à l’affût ou comme un huissier de justice. Pierre me décrivait les rues où il avait vécu, les chambres où il avait logé, le dessin du papier mural, me précisait les dimensions du lit, de la fenêtre, la place de chaque meuble, la forme du bouton de porte&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» (p.538). La mémoire de Georges Perec embrasse de vastes territoires, mais elle est capable, à l’occasion, de «&amp;nbsp;&lt;em&gt;zoomer&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» sur des détails de façon à les grossir, comme on fait en macrophotographie.&amp;nbsp;Une excellente illustration de ce fonctionnement mental (embrasser la diversité du monde sans perdre le souci du tout petit détail) est offerte par&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Vie mode d'emploi&lt;/span&gt;, ce bouquin aussi concentré que de grande dimension.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;L'homme Georges Perec était tellement attachant que les témoignages d'affection ne manquent pas. Ainsi, l'épouse de Laurent de Brunhoff, continuateur des aventures de Babar :&amp;nbsp;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;Perec a apporté le soleil dans notre vie&quot;, dit Marie-Claude. Bien sûr, dans ce nouvel environnement familial, il en profita pour se faire materner. &quot;Mais tout le monde avait envie de materner Perec !&quot; ajoute-t-elle&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» (p.579).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Merci à David Bellos pour ces moments de jubilation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 18pt;&quot;&gt;Note&amp;nbsp;: le travail de David Bellos est absolument impeccable. Il est donc forcément maniaque et petit de ma part de relever quelques très rares détails, trop minuscules pour faire une ombre d'ombre à l’ensemble. Vingt-deux ans après la parution, je peux me le permettre. 1) Il me semble que le psychanalyste Pontalis se prénomme Jean-Bertrand et non Jean-Baptiste. 2) Le&amp;nbsp;Georges Perec&amp;nbsp;de Claude Burgelin est publié non en 1989, mais en 1988. 3) En musique, «&amp;nbsp;&lt;em&gt;coda&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» est du genre féminin. 4) «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Anagramme&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» est également du genre féminin, mais là, franchement, c’est la bourde impardonnable, vu la consommation qu’a faite Georges Perec de la chose. 5) Autre impardonnabilité : la slivovitz (p. 237) est un alcool de quetsche, et pas d'abricot, monsieur Bellos, soit dit en tout respect. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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            <name>Le Bouquineur</name>
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        <title>Hervé Le Tellier : La Disparition de Perek</title>
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        <updated>2022-06-23T07:00:00+02:00</updated>
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        <summary>  Hervé Le Tellier, né en 1957, est un écrivain français. Mathématicien de...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-6365813&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lebouquineur.hautetfort.com/media/02/01/2096960205.jpg&quot; alt=&quot;Hervé Le Tellier, Raymond Queneau, Georges Perec, Léo Malet, Jean-Bernard Pouy,      &quot; /&gt;Hervé Le Tellier, né en 1957, est un écrivain français. Mathématicien de formation, puis journaliste diplômé du Centre de formation des journalistes à Paris, il est docteur en linguistique et spécialiste des littératures à contraintes. Il a obtenu le prix Goncourt en 2020 pour son roman &lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #ff0000;&quot; href=&quot;http://lebouquineur.hautetfort.com/archive/2022/06/06/herve-le-tellier-l-anomalie-6384850.html&quot;&gt;&lt;em&gt;L’Anomalie&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Depuis 2019 il est président de l’OULIPO, acronyme pour Ouvroir de Littérature Potentielle, un groupe français de littérature inventive et innovante né au milieu du XXème siècle ayant pour but de découvrir de nouvelles potentialités du langage et de moderniser l'expression à travers des jeux d’écriture&amp;nbsp;; en firent partie des écrivains comme Raymond Queneau, Georges Perec… d’où ce malicieux clin d’œil du titre de ce roman paru en 1997, épuisé depuis bien longtemps et qui vient d’être réédité.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Un polar lu cul-sec et qui donne envie de commander une seconde tournée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Philippe Perek, un étudiant, est torturé, tué et son cadavre brûlé abandonné sur un terrain vague de la banlieue parisienne. Quand Gabriel Lecouvreur, dit &lt;span style=&quot;color: red;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #ff0000;&quot; href=&quot;https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Poulpe_(collection)?tableofcontents=0&quot;&gt;le Poulpe&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;(personnage créé par Jean-Bernard Pouy), lit ce fait divers dans le journal, il se sent investi d’une mission, retrouver les auteurs de ce crime, non pas qu’il connaisse la victime, mais parce qu’ils sont orphelins tous les deux et que les éléments de l’enquête fournis par la presse sont troublants…&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Plus il avance dans sa recherche, plus les faits s’avèrent étranges&amp;nbsp;: le cadavre était carbonisé mais ses papiers d’identité intacts, de la drogue a été retrouvée chez Perek pour une valeur astronomique, lui qui n’avait pas le sou et ne se droguait pas… D’abord seul, le Poulpe va être rejoint par Sylvia, la fiancée de la victime et ses deux amis ainsi que par le médecin légiste pour se sortir de sa routine&amp;nbsp;; notre Club des Cinq va aller de surprises en surprises et leurs vies menacées quand ils vont réaliser qu’ils s’attaquent à une organisation internationale dont le fond de commerce tourne autour des greffes neuronales.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Certes les amateurs d’intrigue bien ficelée vont faire la moue mais passons outre ces pisse-vinaigre, ici il s’agit d’un pastiche, d’humour («&amp;nbsp;- Ici la spécialité, c’est la paella. – Ca m’ira. – Ca tombe bien, c’est aussi le nom de la patronne. Samira, pas paella.&amp;nbsp;») à travers un Paris qui n’est pas loin de celui de Léo Malet («&amp;nbsp;Vous jouez les Burma, quoi…&amp;nbsp;»). Un polar bien français donc, franchouillard diront les mauvaises langues, sympathique en diable pour moi. Et la fin ouverte, déroge aux lois habituelles du polar.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je me suis bien amusé, c’était très reposant et tellement vite lu que je ne peux que le conseiller à tous ceux qui veulent faire une pause entre deux lectures plus pointues.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Uno. Certitude&amp;nbsp;: Philippe Perek avait été enlevé, sans doute torturé, puis assassiné. Son cadavre avait été déchiqueté et brûlé au point de le rendre méconnaissable, mais on avait tout fait pour qu’on puisse l’identifier. Dans quel but&amp;nbsp;? Etait-ce un avertissement&amp;nbsp;? A qui était-il destiné&amp;nbsp;? Deuzio. Certitude encore&amp;nbsp;: quelqu’un veillait sur lui, l’avertissait des dangers. Qui&amp;nbsp;? Un ami de Philippe&amp;nbsp;? Pour quelle raison&amp;nbsp;? Et pourquoi avoir choisi de l’aider, lui&amp;nbsp;? Supposition&amp;nbsp;: parce qu’il n’était pas flic. Mais comment l’autre le savait-il&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-6365814&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lebouquineur.hautetfort.com/media/00/02/1340159230.jpg&quot; alt=&quot;Hervé Le Tellier, Raymond Queneau, Georges Perec, Léo Malet, Jean-Bernard Pouy,      &quot; /&gt;Hervé Le Tellier&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;em&gt;La Disparition de Perek&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;em&gt;Une enquête de Gabriel Lecouvreur, dit le Poulpe&lt;/em&gt;&amp;nbsp; Folio&amp;nbsp; - 153 pages -&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <title>MODIANO, L'ETERNEL RETOUR</title>
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        <updated>2020-12-18T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2020-12-18T09:00:00+01:00</published>
        <summary>  Manifeste de la Littérature Évasive.     Aujourd'hui 16 décembre 2020, je...</summary>
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          &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Manifeste de la Littérature Évasive.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6204809&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/1535397662.jpg&quot; alt=&quot;littérature,littérature française,patrick modiano,souvenirs dormants,encre sympathique,éditions gallimard&quot; /&gt;Aujourd'hui 16 décembre 2020, je viens de lire &lt;u&gt;Souvenirs dormants&lt;/u&gt;, de Patrick Modiano (Gallimard, 2017). Bon, vous allez penser que je ne suis pas pressé, et vous aurez raison. D'autant plus que ça fait exactement un an jour pour jour (16 décembre 2019) que j'ai acheté le bouquin (2€) au rayon &quot;livres&quot; de la &quot;grande surface&quot; des Sans Abri du quartier de Vaise (on trouve ça rue Berjon). C'est donc à l'occasion de son premier anniversaire sur mes rayons que j'ai lu ce Modiano-là.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Je ne vais pas trop m'appesantir sur l'analyse, voire le résumé de Souvenirs dormants. D'abord, peut-on résumer semblable récit, fait de morceaux, de fragments et de pièces de puzzle ? Quoi qu'il en soit, mon commentaire est d'ores et déjà plus copieux que celui par lequel j'avais littéralement &quot;expédié&quot; &lt;u&gt;Encre sympathique&lt;/u&gt; lors de sa parution. J'avoue avoir été un peu brutal. Mon avis n'a cependant pas radicalement changé : entre le &quot;je-ne-sais-quoi&quot; et le &quot;presque-rien&quot; que l'auteur apporte sur la table de son lecteur, mon cœur a cessé de balancer, je reste sur ma faim. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Ce roman (mais est-ce un roman&amp;nbsp;?) ressemble à ce qu’on a appelé «&amp;nbsp;Nouvelle Cuisine&amp;nbsp;» dans les années 1980&amp;nbsp;: trois haricots liés en botte, quatre dés de viande, deux crottes de purées de légumes, quelques traînées de vinaigre balsamique et de faux safran. On sortait de table avec l’envie de se taper un bon «&amp;nbsp;jambon-beurre&amp;nbsp;» à la première boulangerie du coin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;J'ai cessé de recourir au plan de Paris pour y retracer les errances du narrateur au gré des hôtels, des mansardes et des restaurants. &lt;u&gt;Souvenirs dormants&lt;/u&gt;, dans ses tout juste 100 pages écrites, nous livre le nom des artères par charrettes entières, tout en se permettant quelques excursions en Haute-Savoie, au sujet d'un collège où l'on ne le verra jamais, et en particulier sur le plateau d'Assy, à cause d'une certaine Irène qu'on ne rencontrera jamais. La mémoire défaillante, le réel qui n'y subsiste que par bribes, si cela peut faire système, constituent le domaine où ne cesse de se mouvoir Modiano, avec la maladresse de l'albatros atterri par erreur sur le pont d'un navire inhospitalier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;D'ailleurs les verra-t-on vraiment, les autres personnages ? A peine quelques silhouettes entrevues au fond de l'ombre du soir dans une brume épaisse. Ces quelques pages sont jalonnées de plusieurs noms de femmes : par ordre d'apparition et sans compter Irène, déjà nommée, Mireille Ourousov, Geneviève Dalame, Madeleine Péraud et Madame Hubersen qui a peur de rentrer chez elle le soir à cause de sa collection de masques d'Afrique et d'Océanie, et qui préfère entraîner le narrateur, un peu contre son gré mais, jusqu'à Versailles où il n'a rien à faire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;On ose à peine dire que Geneviève Dalame sert de fil conducteur, tant ses évocations sont offertes en pointillé, et au total on saura fort peu de choses de la dame, que le narrateur retrouve donc de temps en temps, après des intervalles de plusieurs années (de six à vingt). On apprendra quand même en cours de route qu'elle a vécu un temps dans un immeuble cossu avec son petit garçon. A peine rencontre-t-on le frère de Geneviève : venu des Vosges, cet homme louche a fait un peu de prison et porte un blouson fatigué doublé de faux léopard.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Tout le récit (rien n'indique que ce soit un &quot;roman&quot;) semble répugner à l'action : à peine un coup de poing dans le visage d'un ami du frère déjà évoqué pour échapper à on ne sait quel traquenard. Le reste baigne comme à l'accoutumée dans la ouate de déplacements plus ou moins erratiques, cotonneux et sans but. Ah si, une autre &quot;action&quot; : une fille appelle au secours le narrateur, parce qu’elle a tué un certain Ludo F., de trois coups de revolver partis tout seuls. On ne saura rien des données du problème : le revolver et son étui en daim finiront au fond d'une poubelle, et la police, en dehors du mort, n'identifiera aucun acteur de l'affaire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;em&gt;Il m’a demandé &quot;ce que je faisais dans la vie&quot; et je lui ai répondu de manière évasive&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» (p.24). «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Mais à cette époque, j’avais la certitude qu’elle ne me répondrait pas ou bien que ses réponses seraient évasives&lt;/em&gt; » (p.54). Je me demande si Patrick Modiano n’a pas inventé la « littérature évasive ». C’est sûrement un choix, et mûrement réfléchi. Mais cette culture acharnée du fuyant finit par ressembler à un tic (ou à un T.O.C. : Trouble Obsessionnel Compulsif). Sérieusement, je me demande si le rétrécissement de l'inspiration de l'écrivain autour de ses quelques &quot;fondamentaux&quot; n'en réduit pas par là-même la portée. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Le problème posé par ce genre de littérature, c’est qu’elle risque de ne pas laisser plus de traces dans la mémoire du lecteur que le nuage n’en laisse dans le ciel. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Note ajoutée le 19 décembre :&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Je suis impardonnable : je n'ai pas mentionné un détail en apparence dérisoire, mais qui a son importance néanmoins. On trouve dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Souvenirs dormants&lt;/span&gt; ce passage : « &lt;em&gt;Mais, en sortant de l'immeuble, je ne voyais plus vraiment la raison d'être triste. Pour quelques mois encore ou, qui sait ?, quelques années, malgré la fuite du temps et les disparitions successives des gens et des choses, il y avait un point fixe : Geneviève Dalame. Pierre. Rue de Quatrefages. Au numéro 5. &lt;/em&gt;» (p.56-57). J'ai souligné &quot;rue de Quatrefages&quot;, parce que l'expression m'a sauté au visage. D'abord parce que c'est la rue où emménagent Jérôme et Sylvie dans le roman très connu &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les Choses&lt;/span&gt; de Georges Perec, qui leur attribue le n°7, sans doute par pur goût du &quot;clinamen&quot; : « &lt;em&gt;Ils trouvèrent à louer, au numéro 7 de la rue de Quatrefages, en face de la Mosquée, tout près du Jardin des Plantes, un petit appartement de deux pièces qui donnait sur un joli jardin &lt;/em&gt;» (Julliard, 1965). Ensuite parce que Georges Perec, en compagnie de Paulette, la femme qui partageait alors sa vie, acheta en 1960 un petit appartement dans la même rue : « &lt;em&gt;Le numéro 5 de la rue de Quatrefages était une adresse idéale&lt;/em&gt; » (David Bellos, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Georges Perec, une vie dans les mots, Seuil&lt;/span&gt;, 1994, p.251 : admirable biographie de l'auteur). Je doute fort que le hasard soit pour quelque chose dans ce détail du livre de Modiano.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Dernier point, mais c'est vraiment pour chinoiser : on lit page 94 de Souvenirs dormants : « &lt;em&gt;Un jour, j'ai eu l'intuition que cette cause datait d'avant ma naissance et que le remords s'était propagé le long d'un cordon Bickford &lt;/em&gt;». Ou je dis une bêtise, ou le &quot;cordon Bickford&quot; appartient à la catégorie non des &quot;mèches&quot;, mais des &quot;cordons détonants&quot; : la mèche ne se consume pas progressivement, mais provoque illico l'explosion à la distance de cordon déroulée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>MCSJuan</name>
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        <title>”36 traversées d'aubes crépusculaires”, ou 36 fragments poétiques miniaturisés...</title>
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        <id>tag:tramesnomades.hautetfort.com,2019-06-28:6161020</id>
        <updated>2019-06-28T23:36:00+02:00</updated>
        <published>2019-06-28T23:36:00+02:00</published>
        <summary>   La mort n’a rien d’illimité.    Le hasard est toujours pour nous —&amp;nbsp;...</summary>
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          &lt;div&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6007494&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://tramesnomades.hautetfort.com/media/01/00/3840381577.jpg&quot; alt=&quot;36 choses tous... .jpg&quot; /&gt;La mort n’a rien d’illimité.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le hasard est toujours pour nous —&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce sont toujours les autres qui meurent.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;Guy Lévis Mano&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;36 choses à faire avant de mourir, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;pré#carré éditeur&lt;/span&gt; (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Hervé Bougel&lt;/span&gt;). Ou une collection de textes minuscules (mais pas tellement plus... que bien d’autres poèmes…).&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Au départ, une idée oulipienne de &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Jacques Bens&lt;/span&gt; (50 choses…). Puis la reprise par &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Georges Perec&lt;/span&gt;, en 37 choses. Et enfin &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Hervé Bougel&lt;/span&gt; pour qui s’impose le chiffre de 36, sans qu’il sache, dit-il, pourquoi (même si le langage courant pense la multiplicité des tâches ainsi, 36…). Et voilà donc des plaquettes… Pour moi, deux fois, à dix ans d’intervalle. En 2008 j’ai presque pensé cela comme un grand poème ou comme une prosaïque liste de courses... En 2018, plutôt comme 36 petits poèmes denses et autonomes mais structurés ensemble. &amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;« Les poèmes sont&amp;nbsp;», dit &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;René Char,&lt;/span&gt; «&amp;nbsp;des bouts d’existence incorruptibles que nous lançons à la gueule répugnante de la mort, mais assez haut pour que, ricochant sur elle, ils tombent dans le monde nominateur de l’unité.&amp;nbsp;» ('Sur la poésie', du recueil 'En trente-trois morceaux', de Poésie/Gallimard). Et &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Jean-Pierre Lemaire&lt;/span&gt;, lui, dans un entretien en 2016 (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Procure&lt;/span&gt;), pense qu’il a «&amp;nbsp;écrit des poèmes un peu comme le Petit Poucet sème des cailloux&amp;nbsp;». Mais il ajoute qu’ensuite il a vu que ceux-ci traçaient un chemin vers la lumière. Des bouts d'existence (Char), des cailloux (Lemaire). Et l’unité, la lumière (ce qui est pareil finalement). Cela me convient. Parce que c’est un regard humble sur la démarche de créer, qui se situe encore dans un inachevé informulé (tant que ce n’est pas abouti en sens radical). Et que cela inscrit l'écriture dans un processus de devenir soi encore aveugle à soi, pas dans l’arrogance d’un savoir d’avance qui porterait l’oeuvre. Les trente-trois morceaux de Char me font penser aux trente-six choses, cette contrainte établie par Hervé Bougel pour nous demander de lancer nos «&amp;nbsp;bouts d’existence » dans sa collection de fragments. Il en manque trois à Char, et il ne dit pas ce qui reste à faire avant la mort. Mais il parle là de mort, il y a une série lexicale qui désigne l’éphémère, les incurables, les ruines, l’errance, l’agonie, et la mort (répétée). C’est aussi bref que nos miniatures poétiques, parfois plus (une ligne, deux), mais ce n’est pas miniaturisé : un texte par page, dans le blanc. Preuve qu’écrire a un rapport avec la mort, c’est au hasard, presque, que je lis ces pages précises.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Répugnante, la mort ? Je ne sais pas. La douleur, oui, la détérioration des corps, oui, les plaies, l’agonie,&amp;nbsp;oui. Mais le passage, la traversée ? Seuls ceux qui le vivent le savent. Mais un sujet de l’écriture, certainement, et, comme le dit aussi René Char, le poème nous fait saisir ce qui, aux frontières entre vie et mort, nous fait entrer dans le vivant. Et c’est pourquoi répondre à une invitation qui nous demande de penser ce qui «&amp;nbsp;reste&amp;nbsp;» à vivre, qu’il faudrait faire «&amp;nbsp;avant&amp;nbsp;» de n’être plus, au lieu d’attrister cela donne un sentiment d’excitation jubilatoire. Liste de faits à vivre, fantasmée ou réelle. Et occasion d’une méditation sur ce qui compte vraiment. &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Est-ce l’anecdotique des «&amp;nbsp;riens&amp;nbsp;» des jours? Ou les travaux d’Hercule pour «&amp;nbsp;finir&amp;nbsp;» de faire contenir à nos années ce qu’elles peuvent faire entrer de réalisations majeures ? Qu’est-ce qui compte vraiment ? Étrangement la première idée qui vient c’est de faire le vide, de se désencombrer des choses et des obligations, de l’inutile. Installer une pièce zen et en faire un lieu refuge, éloge du rien. Comme Alice, traverser les miroirs, changer de regard sur le monde. Se mettre dans la peau des sages et se faire initié secret. Ensuite écrire. &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Se penser animal mortel qui trace des signes pour dire sa vie et sa mort, et se veut aussi éternel dans son désir de tracer, de laisser, d’achever. Mais toute écriture qui compte est métaphysique, vise la mystique. Le reste est bavardage. Cela mène loin, une proposition poétique. Penser la perte de soi, la perte de l’autre (au sens large). Penser l’anéantissement et, quand même, y déposer des «&amp;nbsp;choses à faire&amp;nbsp;». Ancrage dans du concret.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Cependant, par hasard, je suis tombée sur deux recensions de livres qui ont ouvert un autre sens pour ce chiffre 36… Et les lisant je me disais qu’Hervé Bougel (qui aime particulièrement l’humour) nous avait fait, sans le savoir (ou le sachant inconsciemment, ou faisant semblant de ne pas le savoir...) une blague cosmique assez profonde…&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Books&lt;/span&gt; (été 2010, retrouvé dans mes archives bien après, en fouinant) un article sur les «&amp;nbsp;3&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;6 Arguments for the Existence of God&amp;nbsp;&lt;/span&gt;», roman philosophique, ésotérique, kabbalistique, de la philosophe américaine &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Rebecca Goldstein&lt;/span&gt;. 36 chapitres, et une analyse du chiffre 36, nombre «&amp;nbsp;parfait entre les parfaits&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;carré parfait et deux fois 18 », ce qui lui donne une signification particulière (et positive) dans la numérologie juive. Avec l’idée, aussi, que 36 sages tiennent le monde. Nos 36 fragments devaient ainsi nous faire entrer dans un autre ordre de pensée… &amp;nbsp;Dans un ouvrage de &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;M.-H. Gobert&lt;/span&gt;, « &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les nombres sacrés&lt;/span&gt; » (Stock, 1982), il est rappelé que le nombre 36 est dit le « Grand Quaternaire », ou Monde, par les Pythagoriciens, lui qui est « la somme des huit premiers nombres&amp;nbsp;»... &amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et, en février 2019, dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le Monde&lt;/span&gt;, autre recension, par &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Roger-Pol Droit&lt;/span&gt; (pas encore lu l’ouvrage, mais ça viendra), celle sur un essai d’une spécialiste de l’herméneutique juive, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Betty Rojtman&lt;/span&gt;, «&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Une faim d’abîme&amp;nbsp;&lt;/span&gt;» (je raccourcis le titre). Grâce à la tradition ésotérique juive, elle oppose, à l'angoisse contemporaine de la « fascination de la mort », &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; une « métaphysique de la fluidité&amp;nbsp;», faisant se rejoindre - et se dépasser - peur de la mort et du néant, du vide, et désir de vivre. Comme si l’ombre produisait la lumière du vivant.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;En fait, les 36 choses sont le rêve du chiffre de l’unité du sens. Et nos bouteilles à la mer, répondant à l’injonction de l’éditeur, ont cherché des indices, des tentatives de traduction de savoirs à effleurer avec le poème. Automatiquement, en abordant de tels sujets, on entre dans une autre rationalité, on échappe aux évidences de la raison normative, on est «&amp;nbsp;agi&amp;nbsp;» par le chiffre dont quelque chose en nous «&amp;nbsp;sait&amp;nbsp;» le lien avec une poétique des mathématiques. Et une brèche s’ouvre, on passe la porte.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je note ici un fragment, le 7...&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Bribe par bribe arracher la peau des souvenirs, pour n’être plus qu’âme.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;MC San Juan&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;(Recueil miniaturisé : « &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;36 traversées d'aubes crépusculaires&amp;nbsp;&lt;/span&gt;» (MC San Juan, pré#carré éditeur, décembre 2018).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Suite (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;citations&lt;/span&gt;), quelques autres, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;note suivante&lt;/span&gt;... &lt;a class=&quot;&quot; href=&quot;http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2019/06/30/inverser-le-sens-des-aubes-crepusculaires-36-choses-a-faire-6161256.html&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;nofollow noopener&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;http://tramesnomades.hautetfort.com/archive/2019/06/30/inverser-le-sens-des-aubes-crepusculaires-36-choses-a-faire-6161256.html&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;LIEN&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;pré#carré éditeur&lt;/span&gt;... &lt;a href=&quot;http://precarrediteur.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot; rel=&quot;nofollow noopener&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;http://precarrediteur.fr&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
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        <author>
            <name>Bruno Chiron</name>
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        </author>
        <title>Danser et aimer parmi les survivants</title>
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        <updated>2018-02-21T21:36:00+01:00</updated>
        <published>2018-02-21T21:36:00+01:00</published>
        <summary>     Hans Jonas se demandait s’il était possible de croire en Dieu après...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://www.bla-bla-blog.com/">
          &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.bla-bla-blog.com/media/00/02/2013968786.jpg&quot; id=&quot;media-6101626&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Hans Jonas se demandait s’il était possible de croire en Dieu après Auschwitz (&lt;em&gt;Le Concept de Dieu après Auschwitz&lt;/em&gt;, éd. Rivages, 1994). Le récit de Marceline Loridan-Ivens pose cette autre question&amp;nbsp;: peut-on aimer après avoir été déporté&amp;nbsp;? Et surtout comment aimer&amp;nbsp;? C’est le thème de son témoignage, &lt;em&gt;L’Amour après&lt;/em&gt; (éd. Grasset).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un petit mot d’abord sur cette auteure dont le nom de famille ne devrait pas laisser les cinéphiles indifférents. Marceline Loridan-Ivens était en effet la compagne de Joris Ivens, le documentariste d’origine néerlandaise surnommé &quot;&lt;em&gt;le&amp;nbsp;hollandais volant&lt;/em&gt;&quot;, et qui a travaillé avec elle sur plusieurs films, dont &lt;em&gt;Le 17e Parallèle, Comment Yukong déplaça les Montagnes&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Une histoire de Vent&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Il est d’ailleurs question de lui dans &lt;em&gt;L’Amour après&lt;/em&gt;, ce récit se voulant en effet comme un hommage au grand amour de Marceline Loridan-Ivens. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Un hommage mais pas que&amp;nbsp;: après un accident qui l’a laissée aveugle, l’auteur suit en effet le fil de ses souvenirs et parcourt ses archives, dont principalement sa correspondance. Le lecteur trouvera finalement assez peu de pages sur la déportation. Elle en avait parlé précédemment dans son récit, &lt;em&gt;Et Tu n'es pas revenu&lt;/em&gt; (éd. Grasset). Bien entendu, il est question de quelques faits marquants survenus dans les camps, traumatisants pour la jeune adolescente de 15 ans, perdue au milieu de femmes. Une de ces femmes apparaît dans le récit&amp;nbsp;: Simone Veil, droite, belle et forte, avec qui Marceline Loridan-Ivens ramènera une amitié pour la vie&amp;nbsp;: &quot;&lt;em&gt;Maintenant qu’elle n’est plus là, je sens bien que je pleure à l’intérieur. Je l’ai dit au cimetière&amp;nbsp;: nous nous sommes rencontrés pour mourir ensemble.&lt;/em&gt;&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: #00ccff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Maurice Merleau-Ponty, Edgar Morin, Georges Perec et Joris Ivens&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;L’Amour après&lt;/em&gt; s’interroge sur la manière dont la narratrice a appris à vivre parmi les hommes, au milieu des hommes et avec des hommes&amp;nbsp;: &quot;&lt;em&gt;La survivante avait raté ses deux tentatives de suicide, c’est la preuve qu’une part d’elle voulait vivre.&lt;/em&gt;&quot; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Marceline Loridan-Ivens fait appel à ses souvenirs pour inviter des hommes qui l’ont marquée, et parmi eux quelques figures célèbres&amp;nbsp;: Joris Ivens bien sûr, mais aussi Maurice Merleau-Ponty, Edgar Morin&amp;nbsp;ou Georges Perec. C’est assez singulièrement que le Saint-Germain-des-Prés que l’on connaît, celui de l’insouciance d’après-guerre devient un théâtre où, en creux, se dessinent les traumatismes de la seconde guerre mondiale. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;C’est avec un sens du combat hors du combat que Marceline Loridan-Ivens est parvenue à survire, vivre et aimer, nons sans mal. Et finalement dompter un passé indicible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Marceline Loridan-Ivens et Judith Perrignon, &lt;em&gt;L’Amour après&lt;/em&gt;, éd. Grasset, 2018, 157 p.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;iframe width=&quot;560&quot; height=&quot;315&quot; src=&quot;https://www.youtube.com/embed/v9Fszpu7ZB0&quot; frameborder=&quot;0&quot; allow=&quot;autoplay; encrypted-media&quot; allowfullscreen=&quot;allowfullscreen&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Georges Perec, La belle absente</title>
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        <updated>2017-07-10T05:00:00+02:00</updated>
        <published>2017-07-10T05:00:00+02:00</published>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;img id=&quot;media-5657453&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/00/01/2666524685.2.JPG&quot; alt=&quot;Perec.JPG&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La belle absente&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 1&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Daphné fit le visage que j’ombre&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Plomb figé devenu torche jusqu’&amp;nbsp;;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Au dos fragile, vasque, jubé, champ,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Blanc qu’âge de jade rompt à vif&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Jusqu’au flambant pavot d’or, gâchis&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Déjà fléchés&amp;nbsp;: manque. Boive ta page&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Humble, grave, l’aspect que je fonde,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Qui défit cet aplomb gravé hors jeu&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Champ d’or gravi jusqu’au but final.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 2&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Inquiet, aujourd’hui, ton pur visage flambe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Je plonge vers toi qui déchiffre l’ombre et&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;La lampe jusqu’à l’obscure frange de l’hiver&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Quêtes de plomb fragile où j’avance, masqué&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Nu, hagard, buvant ta soif jusqu’à accomplir&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;L’image qui s’efface, alphabet déjà évanoui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;L’étrave de ton regard est champ bref que je&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Dois espérer, la flèche tragique, verbe jeté,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Plain-chant qu’amour flambant grava jadis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;Georges Perec, &lt;em&gt;Œuvres, II&lt;/em&gt;, édition Christelle Reggiani, &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 270px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;Pléiade / Gallimard, 2017, p. 796.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Georges Perec, La clôture et autres poèmes</title>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;img id=&quot;media-5630839&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/00/01/2666524685.JPG&quot; alt=&quot;Perec.JPG&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Un poème&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Est-ce que j’essayais d’entourer ton poignet&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;avec mes doigts&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Aujourd’hui la pluie strie l’asphalte&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Je n’ai pas d’autres paysages dans ma tête&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Je ne peux pas penser &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;aux tiens, à ceux que tu as traversés dans le noir et &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;dans la nuit&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Ni à la petite automobile rouge &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;dans laquelle j’éclatais de rire&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;L’ordre immuable des jours trace un chemin strict &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;c’est aussi simple qu’une prune au fond d’un compotier &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;ou que la progression du lierre le long de mon mur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Mes doigts ne sont plus ce bracelet trop court&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Mais je garde l’empreinte ronde de ton poignet&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Au creux de mes mains ambidextres&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;Sur le drap noir de ma table.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;Georges Perec, &lt;em&gt;La clôture et autres poèmes&lt;/em&gt;, dans &lt;em&gt;Œuvres, II&lt;/em&gt;, &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 240px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;édition Christelle Reggiani, Pléiade / Gallimard, 2017, p. 800.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>GEORGES PEREC DANS LA PLÉIADE</title>
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        <updated>2017-05-22T09:00:00+02:00</updated>
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        <summary>   A peine apprends-je&amp;nbsp;que Georges Perec entre dans la Bibliothèque de...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lantidote.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5629825&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/01/912089989.jpg&quot; alt=&quot;PLEIADE4.jpg&quot; /&gt;A peine apprends-je&amp;nbsp;que Georges Perec entre dans la Bibliothèque de la Pléiade (Gallimard) que voilà le coffret de deux volumes installé&amp;nbsp;sur mes rayons. Et qui plus est accompagné de l’Album de l’année de la collection, consacré à Perec par un de ses plus grands connaisseurs, c’est-à-dire par l'excellent et Lyonnais Claude Burgelin. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Je ne dis pas &quot;connaisseur&quot; par hasard&amp;nbsp;: non content d’avoir côtoyé&lt;img id=&quot;media-5629827&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/00/3222056055.jpg&quot; alt=&quot;PLEÏADE ALBUM1.jpg&quot; /&gt; l’homme et l’écrivain, il en a donné, en 1988, une biographie littéraire (Georges Perec, Seuil, coll. Les contemporains). On lit même, dans l’extraordinaire biographie que David Bellos a consacrée à Perec (Seuil, 1994), que Burgelin est compté dans le cercle des «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;vieux amis de Perec&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;» (p.712). On peut compter sur lui pour faire partager au lecteur la connaissance, précise et chaleureuse, qu’il a de l’homme et de l’écrivain, tant par le choix des documents que par le propos qu’il tient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Les deux volumes (n°623 et 624) sont sobrement présentés sous l’appellation d’ «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Œuvres&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», pour la raison que la diversité des tâches auxquelles s’est livré Perec au cours de sa brève existence (il est mort à quarante-six ans) mettrait la collection de prestige de l’éditeur en infraction à sa vocation presque (il y a quelques exceptions, comme Henri Michaux) exclusivement littéraire. Il a en effet donné des jeux à la revue Ça m’intéresse, des mots croisés, etc. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Et je ne parle pas du – qu’on me pardonne –&amp;nbsp; fatras des publications posthumes&amp;nbsp;: on dirait que, à l’instar des bouts de nappe en papier signées ou griffonnées par Picasso précieusement conservés dans le restaurant, il fallait absolument immortaliser le moindre brimborion qui porte la trace du grand homme. Je ne suis pas sûr qu’il faille absolument ennoblir par la publication ce que Perec lui-même appelait «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;l’infra-ordinaire&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;», mais bon. Son œuvre proprement littéraire est déjà assez placée sous le signe du disparate qu’il n’y a peut-être pas à vouloir à tout prix inclure dans d’improbables «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Œuvres complètes&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;» jusqu’au plus petit souvenir laissé par l’homme, si grand qu’on puisse le considérer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Personnellement, si je suis touché par W ou le souvenir d’enfance ou Je me Souviens, intéressé par Les Choses, amusé par les performances lexicales de La Disparition ou la désinvolture osée de Les Revenentes, immergé dans la matière océanique de La Vie mode d’emploi, je reste sceptique devant la virtuosité des «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;onzains hétérogrammatiques&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», et la Tentative d’épuisement d’un lieu parisien me laisse indifférent&amp;nbsp;: inventorier les plus minuscules faits (y compris chaque passage de bus) observés depuis le Café de la Mairie ou le Tabac de la place Saint-Sulpice, pourquoi pas, mais sans moi. Même si je passe à côté d'un aspect (l' « &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;infra-ordinaire&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;») pour lequel Perec lui-même manifestait un grand intérêt.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5629828&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/01/54135458.jpg&quot; alt=&quot;1965 LES CHOSES.jpg&quot; /&gt;Il y a, dans Les Choses (1965), une formidable «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;enquête de motivation&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;» sur une future néo-bourgeoisie, faite de gens instruits et frustrés, Jérôme et Sylvie, qui participent à la naissance et à l’essor des premières entreprises de sondages d'opinion – si ce sont des «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;instituts&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», c’est au même titre que ces endroits qu’on appelle «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;instituts de beauté&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;» –, goûtent à l’extrême les belles choses qu’ils sont hors d’état de s’offrir (mais à la fin, « &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;ils auront leur canapé Chesterfield&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;»). Ce n'est qu'en 1970 que Jean Baudrillard, philosophe quoique pataphysicien, publie La Société de consommation : il y a déjà quelque temps que la fascination des futures « &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;classes moyennes&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;»&amp;nbsp;pour les objets et pour l'habileté diabolique avec laquelle ils sont vantés (la publicité) fait des ravages.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Il y a, dans La Vie Mode d’emploi, les mille et une aventures d’une foule d’individus&lt;img id=&quot;media-5629831&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/00/2059137123.jpg&quot; alt=&quot;2016 1978 LA VIE MODE D'EMPLOI.jpg&quot; /&gt; d’extractions variées, aux trajectoires imprévisibles, plus ou moins rectilignes ou sinusoïdales, et en particulier, en plein centre, la relation si étroite, si distante et si étrange entre le richissime Bartlebooth et Winckler, cet artisan machiavélique qui se vengera d’on ne sait trop quoi en rendant impossible l’achèvement d’un puzzle qui aura raison du cœur du milliardaire. Livre étourdissant et fascinant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5629832&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/01/79953628.jpg&quot; alt=&quot;1978 JE ME SOUVIENS.jpg&quot; /&gt;Il y a, dans Je me Souviens, la référence à un monde où je me reconnais en grande partie, un monde qui, pour l’essentiel, fut le mien&amp;nbsp;: question de génération, certainement, mais pas seulement. Roland Brasseur a beau documenter soigneusement (Je me Souviens de Je me Souviens, Le Castor astral, 1998, sous-titré «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;notes pour Je me souviens de Georges Perec à l’usage des générations oublieuses&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;») les 479 + 1 souvenirs consignés dans le livre de Georges Perec, qui parmi les jeunes aurait la curiosité d’aller y jeter un œil&amp;nbsp;?&lt;img id=&quot;media-5629838&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/00/1507928618.jpg&quot; alt=&quot;1998 ROLAND BRASSEUR.jpg&quot; /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Quand j’ai la curiosité d’ouvrir l’album de famille qui rassemble des photos de gens qui m’ont précédé il y a un siècle et demi, j’ai beau savoir que mon existence a quelque chose à voir avec la leur, ma mémoire n'est ici qu'une page blanche. Si le livre de Perec s’était intitulé Traces pour archéologues à venir, Brasseur aurait été le premier de ces derniers. Et peut-être le dernier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Quant à W ou le Souvenir d’enfance, il touche le lecteur de façon très indirecte, je&lt;img id=&quot;media-5629833&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/00/4198795525.jpg&quot; alt=&quot;2016 1975 W OU LE SOUVENIR D'ENFANCE.jpg&quot; /&gt; dirai&amp;nbsp;: par l’effet que produit la cohabitation de deux univers «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;violemment clivés&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», pour reprendre des termes de Claude Burgelin, l’un désespérément vide pour cause d’absence à sa propre vie («&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Je n’ai pas de souvenirs d’enfance&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;»), mais désespérément et patiemment reconstitué, comme fait Bartlebooth («&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;I would prefer not to&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;», serine le Bartleby de Herman Melville, un autre grand absent) avec les puzzles de Winckler&amp;nbsp;; l’autre, concentrationnaire et impitoyable, où l’auteur imagine un ailleurs utopique, mais un ailleurs qui a concrètement existé, et dont sa mère n’est pas revenue.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5629834&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/01/3205810106.jpg&quot; alt=&quot;2016 1994 DAVID BELLOS.jpg&quot; /&gt;Pour entrer dans l’univers extraordinairement polymorphe, voire éclaté de l’œuvre créée par Georges Perec, je ne peux cependant que recommander de passer par la biographie de&amp;nbsp;David Bellos (Seuil, sous-titré «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;une vie dans les mots&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;»). J’en avais parlé ici &lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&lt;a style=&quot;color: #ff0000;&quot; href=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/archive/2016/02/14/georges-perec-5759010.html&quot;&gt;le 14 février 2016&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. La lecture de ce monument - un grand roman, pour ainsi dire - avait bouleversé ma perception de l’homme et de l’œuvre, en même temps qu’elle me bouleversait personnellement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Je garderai mes réticences à l’égard de tout ce qu’il y a eu d’expérimental, voire d’excessivement «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;cérébral&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» dans les multiples activités du cerveau fertile de l’auteur, mais je ne peux oublier la substance vivante et vibrante dont est constitué l’ensemble de son œuvre. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Georges Perec, Un homme qui dort</title>
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        <updated>2017-01-27T05:00:00+01:00</updated>
        <published>2017-01-27T05:00:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;img id=&quot;media-5554111&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/00/02/4264838968.jpeg&quot; alt=&quot;Unknown-2.jpeg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 210px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il fait nuit. De rares voitures passent en trombe. La goutte d’eau perle au robinet du palier. Ton voisin est silencieux, absent peut-être ou mort déjà. Tu es étendu, tout habillé, sur la banquette, les mains croisées derrière la nuque, genoux haut. Tu fermes les yeux, tu les ouvres. Des formes virales, microbiennes, à l’intérieur de ton œil ou à la surface de ta cornée, dérivent lentement de haut en bas, disparaissent, reviennent soudain au centre, à peine changées, disques ou bulles, brindilles, filaments tordus dont l’assemblage dessine comme un animal à peine fabuleux. Tu perds leur trace, tu les retrouve&amp;nbsp;; tu te frottes les yeux et les filaments explosent, se multiplient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 210px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 210px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;Georges Perec, &lt;em&gt;Un homme qui dort&lt;/em&gt;, 10/18, 1976, p. 95.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>LA VIE DANS LA VITRE APRÈS LA FERMETURE</title>
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        <updated>2016-12-01T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2016-12-01T09:00:00+01:00</published>
        <summary>  Le Chesterfield.       Photographie Frédéric Chambe.    « Ce ne sera pas...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;Le Chesterfield.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5513964&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/1717778256.JPG&quot; alt=&quot;LE CHESTERFIELD.JPG&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;Photographie Frédéric Chambe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;« Ce ne sera pas vraiment la fortune. Ils &lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;[Jérôme et Sylvie]&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;ne seront jamais présidents-directeurs-généraux. Ils ne brasseront jamais que les millions des autres. On leur en laissera quelques miettes, pour le standing, pour les chemises de soie, pour les gants de pécari fumé. Ils présenteront bien. Ils seront bien logés, bien nourris, bien vêtus. Ils n'auront rien à regretter.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;Ils auront leur divan Chesterfield, leurs fauteuils de cuir naturel souples et racés comme des sièges d'automobile italienne, leurs tables rustiques, leurs lutrins, leurs moquettes, leurs tapis de soie, leurs bibliothèques de chêne clair.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;Ils auront des pièces immenses et vides, lumineuses, les dégagements spacieux, les murs de verre, les vues imprenables. Ils auront les faïences, les couverts d'argent, les nappes de dentelle, les riches reliures de cuir rouge.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;Ils n'auront pas trente ans. Ils auront la vie devant eux ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;On trouve ça dans les dernières pages de &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les Choses&lt;/span&gt;, de Georges Perec, le mémorable &quot;prix Renaudot&quot; 1965.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;A comparer avec les derniers mots du &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Soumission&lt;/span&gt; de Michel Houellebecq :&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;« Un peu comme cela s'était produit, quelques années auparavant, pour mon père, une nouvelle chance s'offrirait à moi ; et ce serait la chance d'une deuxième vie, sans grand rapport avec la précédente. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;Je n'aurais rien à regretter »&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Autre différence : sorti début janvier 2015 (je l'ai acheté le 6, la veille de), c'était trop tard pour le Renaudot (ou trop tôt, c'est selon).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;*********************&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;*********************&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Rions&amp;nbsp;un peu.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Entendu le soir de la victoire de Fillon à la primaire, un juppéiste de la plus belle eau (qui ?) déclarant&amp;nbsp;:&amp;nbsp;« &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;Il va de soi que tous les amis d'Alain Juppé se rassemblent dès maintenant pour se ranger devant ... euh ... derrière François Fillon&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;». &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Comme le chantait Claude Nougaro :&amp;nbsp;« &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;Les p'tits bruns et les grands blonds, Quand ils sont entre garçons, Les p'tits bruns et les grands blonds Rient comme des fous, sont comme des frères&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;».&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;*******************&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Pour compléter la photo ci-dessus.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5515283&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/3085952155.JPG&quot; alt=&quot;photographie,lyon,croix-rousse,perec les choses,georges perec,prix renaudot,michel houellebecq,houellebecq soumission,littérature,divan chesterfield,jérôme et sylvie,claude nougaro,les petits bruns et les grands blonds,françois fillon,alain juppé&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Littérature de partout</name>
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        <title>Georges Perec, W ou le souvenir d'enfance</title>
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        <updated>2016-09-26T05:05:00+02:00</updated>
        <published>2016-09-26T05:05:00+02:00</published>
        <summary> &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;   &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;img id=&quot;media-5462653&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/00/00/3251398658.jpg&quot; alt=&quot;Georges-Perec-Photo-Andre-Perlstein.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;span style=&quot;color: #ff0000;&quot;&gt;&amp;nbsp;Photo André Perlstein&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 210px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Une autre fois, il me semble qu’avec plein d’autres enfants, nous étions en train de faire les foins, quand quelqu’un vint en courant m’avertir que ma tante était là. Je courus vers une silhouette vêtue de sombre qui, venant du collège, se dirigeait vers nous à travers champs. Je m’arrêtai pile à quelques mètres d’elle&amp;nbsp;: je ne connaissais pas la dame qui était en face de moi et qui me disait bonjour en souriant. C’était ma tante Berthe&amp;nbsp;; plus tard, je suis allé vivre presque un an chez elle&amp;nbsp;; elle m’a peut-être alors rappelé cette visite, ou bien c’est un événement entièrement inventé, et pourtant je garde avec une netteté absolue le souvenir, non de la scène entière, mais du sentiment d’incrédulité, d’hostilité et de méfiance que je ressentis alors&amp;nbsp;; il reste, aujourd’hui encore, assez difficilement exprimable, comme s’il était le dévoilement d’une «&amp;nbsp;vérité&amp;nbsp;» élémentaire (dorénavant, il ne viendra à toi que des étrangères&amp;nbsp;; tu les chercheras et tu les repousseras sans cesse&amp;nbsp;; elles ne t’appartiendront pas, tu ne leur appartiendras pas, car tu ne sauras que les tenir à part…) dont je ne crois pas avoir fini de suivre les méandres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 210px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 210px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;Georges Perec, &lt;em&gt;W ou le souvenir d’enfance&lt;/em&gt;, L’imaginaire / Gallimard, 1994, p. 137-138.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Jacques-Emile Miriel</name>
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        <title>En feuilletant Jacques Roubaud</title>
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        <updated>2016-05-26T14:55:00+02:00</updated>
        <published>2016-05-26T14:55:00+02:00</published>
        <summary>     &amp;nbsp;&amp;nbsp; Je ne suis pas particulièrement spécialiste de l'Oulipo,...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5380945&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://jemiriel.hautetfort.com/media/01/00/2694560496.jpg&quot; alt=&quot;Roubaud.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times,serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Je ne suis pas particulièrement spécialiste de l'Oulipo, même si j'ai une grande admiration pour Queneau ou Georges Perec. Je crois que leur grandeur réside entre autres dans le fait qu'on peut les lire sans être trop conscient de la &lt;em&gt;contrainte&lt;/em&gt;&amp;nbsp;oulipienne qui est à la source de leur inspiration. Je viens d'en faire l'expérience, à nouveau, avec un autre grand représentant de l'Oulipo, le poète Jacques Roubaud. Il a publié voici quelque temps, dans la collection &quot;&lt;em&gt;Poésie&lt;/em&gt;/Gallimard&quot;, une &quot;Anthologie personnelle&quot;, sous le titre de &lt;em&gt;Je suis un crabe ponctuel.&lt;/em&gt; On y retrouve, choisis par lui, des extraits de son œuvre poétique depuis 1967 jusqu'à 2014. Cela donne un petit livre extrêmement agréable à feuilleter, qui reflète une grande diversité de thèmes. La poésie un peu obscure, ésotérique, du tout début, évolue ensuite vers la clarté, et le jeu avec les mots et les formes (Jacques Roubaud est un passionné du sonnet). J'ai eu beau sans doute ne pas repérer d'éventuelles règles internes, propres à l'Oulipo, je me suis malgré cela laissé porter par ces poèmes très vivants, souvent drôles, qui se lisent et se relisent avec une vraie délectation ; qui sont le contraire de la tristesse, même si parfois, au détour d'une page, la gravité apparaît comme dans un haïku japonais : &quot;Or, comme la lune qui, s'inclinant vers l'ouest, se rapproche de l'arête des collines qui vont la cacher, mes jours sont en déclin. A la veille d'entrer dans les ténèbres de la mort, pourquoi me préoccuper des choses ?&quot; (&lt;em&gt;Autobiographie, chapitre dix&lt;/em&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times,serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt;&quot;&gt;Jacques Roubaud, &lt;em&gt;Je suis un crabe ponctuel. &lt;/em&gt;Anthologie personnelle 1967-2014. Gallimard, coll. &quot;&lt;em&gt;Poésie&lt;/em&gt;/Gallimard&quot;&lt;/span&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>fredlautre</name>
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        <title>GEORGES PEREC : W OU ...</title>
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        <updated>2016-03-25T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2016-03-25T09:00:00+01:00</published>
        <summary>  ... LE SOUVENIR D'ENFANCE      Décidément, la biographie de Georges Perec...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;... LE SOUVENIR D'ENFANCE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5328746&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/00/2389738975.jpg&quot; alt=&quot;1975 W OU LE SOUVENIR D'ENFANCE.jpg&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Décidément, la biographie de Georges Perec par David Bellos a eu sur moi un effet magique. Dans la foulée de &lt;u&gt;La Disparition&lt;/u&gt;, j’ai relu &lt;u&gt;W ou le souvenir d’enfance&lt;/u&gt;, de Georges Perec. Un drôle de livre, en vérité. D’abord, pourquoi W, et pas X ou Y&amp;nbsp;? Ici, W est une île perdue du côté de la Terre de Feu, dont la société installée là est entièrement et exclusivement organisée autour du sport. Une histoire inventée, dit l’auteur, alors qu’il avait treize ans, et dont, bien des années plus tard, il ne lui reviendra que les deux éléments cités.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Mais on a rencontré un&amp;nbsp;W dans &lt;u&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/u&gt;. C’est celui de Gaspard Winckler qui, mourant trois ans avant son richissime client Bartlebooth, aura eu le temps de lui fabriquer les cinq cents puzzles commandés, mais surtout, d’ourdir une vengeance absolument machiavélique, précisément grâce à un W qui s’avérera fatal pour le commanditaire, arrivé à la fin du quatre cent trente-neuvième.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Pas la peine de chercher à quoi se rattache le choix du W&amp;nbsp;: je crois me souvenir que même David Bellos, dans sa biographie très complète, avoue son ignorance. Quoi qu’il en soit, ce qui frappe, dans &lt;u&gt;W …&lt;/u&gt;, c’est la composition&amp;nbsp;: trente-sept chapitres (onze + vingt-six) &amp;nbsp;où, en alternance, Georges Perec rassemble les lambeaux de souvenirs qui lui restent de son enfance, et décrit l’univers concentrationnaire et sportif qui est celui des habitants de W (mais les chapitres impairs, jusqu’au 11, semblent annoncer un autre livre). Quoi qu’il en soit, si &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;W …&lt;/span&gt; est une autobiographie, elle est «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;visiblement, violemment clivée&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (Claude Burgelin, &lt;u&gt;Georges Perec&lt;/u&gt;, Seuil, 1988, p. 138).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Les deux parties sont séparées par un (…) qui n’est pas sans poser question. Laissons cela&amp;nbsp;: l’enquête que doit mener le Gaspard Winckler adulte sur le sort du Gaspard Winckler enfant dont un réseau mystérieux lui a attribué le nom pour le sauver d’un mauvais pas, cette enquête n’aboutira pas. On n’aura même aucune nouvelle de l’enquêteur qui porte le même nom&amp;nbsp;: Perec laisse tomber son personnage comme une vieille chaussette.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Quoique ...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;L’enfant, atteint d’une mélancolie inguérissable, met sa mère au désespoir. Comme elle a les moyens, elle décide de lui faire voir le monde, et passe pour cela par la voie des mers. Hélas, on apprend que le bateau s’est éventré sur un rocher, quelque part vers la Terre de Feu. Et l’on apprend que le Gaspard Winckler enfant n’a pas été retrouvé parmi les cadavres. &amp;nbsp;Que de mystères.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;On devine vaguement, malgré tout, que les deux Gaspard Winckler ne font qu'un seul et même Georges Perec : à la fois celui qui cherche et celui à la recherche de qui on part.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Dans les chapitres autobiographiques, Georges Perec a voulu, apparemment, adopter l’attitude d’un greffier (ou d’un gendarme, avec deux doigts, sur une machine à écrire mécanique) en train de taper un rapport administratif&amp;nbsp;: le ton est neutre, absolument dépourvu de pathos, jusqu’à donner parfois l’impression que l’auteur parle de quelqu’un d’autre que lui, tant il met de distance entre lui-même et son passé. Ce n’est d’ailleurs pas entièrement faux&amp;nbsp;: l’enfant qu’il fut semble comme objectivé par un adulte en position d’observateur.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Une curieuse impression de froideur s’en dégage à la lecture&amp;nbsp;: mes souvenirs sont-ils vraiment mes souvenirs (et toute cette sorte de considérations)&amp;nbsp;? Le deuxième chapitre, qui commence d’ailleurs de façon tout à fait paradoxale, explique cela, au moins en partie&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Je n’ai pas de souvenirs d’enfance. Jusqu’à ma douzième année à peu près, mon histoire tient en quelques lignes&amp;nbsp;: j’ai perdu mon père à quatre ans, ma mère à six&amp;nbsp;; j’ai passé la guerre dans diverses pensions de Villard-de-Lans. En 1945, la sœur de mon père et son mari m’adoptèrent.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Cette absence d’histoire m’a longtemps rassuré&amp;nbsp;: sa sécheresse objective, son évidence apparente, son innocence, me protégeaient, mais de quoi me protégeaient-elles, sinon précisément de mon histoire, de mon histoire vécue, de mon histoire réelle, de mon histoire à moi qui, on peut le supposer, n’était ni sèche, ni objective, ni apparemment évidente, ni évidemment innocente&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (p.13). Quoi&amp;nbsp;? Pas le plus petit souvenir-écran&amp;nbsp;? Tout est scotomisé&amp;nbsp;? Forclos&amp;nbsp;? Refoulé&amp;nbsp;? Comme si le petit Georges était pour le grand Perec un territoire à (re)conquérir&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Quant aux chapitres consacrés à la fiction sportive et totalitaire – et totalitaire parce que totalement sportive – (à partir du 12), ils sont conçus à la manière d’une démarche proprement ethnologique&amp;nbsp;: sur cet îlot de la Terre de Feu vit une peuplade particulière, avec son organisation, ses rituels. Il s’agit de décrire avec exactitude les différents aspects du système. Là encore, le ton est neutre, mais pour une raison plus normale, pourrait-on dire.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Disons-le, c’est une société militarisée. Toute l’île est une immense et rigide caserne, où le destin de chacun suit une voie toute tracée&amp;nbsp;: participer un jour à la guerre de tous contre tous. Une société qui ne fait place à rien d’autre qu’au sport. A l’âge requis, tous les garçons entrent dans la compétition, parfois d’une brutalité et d’une sauvagerie sans nom. Va se dessiner une hiérarchie entre individus, qui dépend des performances dont chacun est capable. Mais une hiérarchie précaire et constamment sujette à modification.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Les filles, de leur côté, servent exclusivement à produire les futurs athlètes, sûres qu’elles sont d’être un jour violées par les coureurs les plus rapides lancés à leur poursuite, au cours d’une compétition prévue à cet effet. Bref, un monde admirable et attrayant, que je ne détaillerai pas davantage.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Pour synthétiser l’idée qu’on peut se faire d’un tel monde, il faut se référer à ce que dit Hannah Arendt dans &lt;u&gt;Les Origines du totalitarisme&lt;/u&gt;. Un passage de &lt;u&gt;W …&lt;/u&gt; le résume à merveille&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;La Loi est implacable, mais la Loi est imprévisible. Nul n’est censé l’ignorer, mais nul ne peut la connaître&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (p.155). Saisissante synthèse de l'essence viscéralement arbitraire de tout système totalitaire. L'état de droit, en quelque sorte, mais en l'occurrence l'état de non-droit.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;En fin de compte, &lt;u&gt;W ou le souvenir d’enfance&lt;/u&gt; me reste un livre déroutant et inclassable. Cette impression est peut-être liée à ce que dit Claude Burgelin, qui a très bien connu l’auteur, dans son &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Georges Perec&lt;/span&gt; : «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;un livre lentement, difficilement élaboré. Commencé dès 1969, il paraît l’année même où Perec achève son analyse. Si ce travail analytique n’est jamais mentionné, W en est à l’évidence marqué&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (p.137, voir ici aux 16-17 février).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Seule réserve que je me permettrai&amp;nbsp;: je regrette que Perec, dans son chapitre XXXVII, explicite aussi nettement la signification qu’il faut donner à son livre. Il cite &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;L’Univers concentrationnaire&lt;/span&gt; de David Rousset et évoque les «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;camps de déportation&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» installés par le Chili de Pinochet en Terre de Feu.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;On n’avait pas besoin de ça : on avait&amp;nbsp;compris.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>GEORGES PEREC : LA DISPARITION</title>
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        <updated>2016-03-22T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2016-03-22T09:00:00+01:00</published>
        <summary>    2   &amp;nbsp;    Résumé : comme l’écrit Perec&amp;nbsp;: «&amp;nbsp; Oui, fit...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5326465&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/00/533523057.jpg&quot; alt=&quot;littérature,littérature française,georges perec,perec la disparition,éditions denoël,oulipo,lipogramme,claude burgelin,jorge luis borges,borges l'aleph,borges le zahir,borges six problèmes pour don isidro parodi,chroniques de bustos domecq,raymond roussel,raymond queneau&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;2&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Résumé : comme l’écrit Perec&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Oui, fit Savorgnan, disons qu’Anton tout à la fois montrait mais taisait, signifiait mais masquait&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» (p.111).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Anton, c’est Anton Voyl, le personnage principal, celui qui disparaît, comme par hasard, à la fin du chapitre 4, sachant qu’il n’y a pas de chapitre 5, remplacé par une simple page blanche. C’est d’ailleurs parce qu’il a disparu que le roman existe. Or, si l’on rapproche son nom de celui d’un autre personnage du livre, Amaury Conson, on comprend que Georges Perec est dans un jeu qui fait penser à «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Des chiffres et des lettres&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;» (sans les chiffres). Voyelle et consonne, c’est Voyl et Conson. Ouah, la ficelle&amp;nbsp;! Il fallait y penser.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Et Perec enfonce le clou&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;On s’approcha d’Amaury &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;[Conson]&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt; qui parcourait l’album. Il comportait vingt-six folios, tous blancs, sauf, au folio cinq, un placard oblong, sans illustration …&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;» (p.112, cf. l'absence de chapitre 5). Parmi les vingt-six folios (les lettres), on retient le cinquième (le «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;e&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;»). Si l’on n’a pas compris … Est-il vrai, comme l’affirme Claude Burgelin&amp;nbsp;(un très proche de l'auteur)&amp;nbsp;dans son Georges Perec (1988), que certains commentateurs professionnels n’ont pas vu la clé de l’énigme, à parution (1969)&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;La Disparition&lt;/span&gt;&lt;/u&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt; est donc un roman à clé. Un autre exemple, moins central celui-là, montre que Perec l’a bourré à craquer de références cachées, comme les ébénistes de la Renaissance s’ingéniaient à fabriquer des meubles à secrets, à tiroirs multiples. Il s’agit d’Augustus B. Clifford, autre personnage&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Il s’approcha. Il prit dans sa main l’oblong carton, suivant du doigt l’insinuant parcours du subtil signal nippon.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Soudain, il poussa un cri affolant, inhumain&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; - Ai&amp;nbsp;! Ai&amp;nbsp;! Un Zahir&amp;nbsp;! Là, là, un Zahir&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Sa main battit l’air. Il tomba, mort&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;» (p.134). C’est vrai qu’on meurt beaucoup, dans cette histoire. Mais un Zahir, qu’est-ce que c’est&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Eh bien ça a d’abord à voir avec la signification et l’interprétation&amp;nbsp;: dans la tradition islamique, le mot Zahir signifie «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;sens littéral&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», par opposition au Batin, «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;sens caché&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;». Encore une histoire de lettres, quoi. Mais aussi et surtout une référence à l’auteur argentin Jorge Luis Borges et à une nouvelle qui figure dans son recueil &lt;u&gt;L’Aleph&lt;/u&gt; (Gallimard, 1967), intitulée précisément &lt;u&gt;Le Zahir&lt;/u&gt;.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;On lit, à la première page&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;(A Guzerat, à la fin du XVIII° siècle, un tigre fut Zahir&amp;nbsp;; à Java, un aveugle de la mosquée de Surakarta, que lapidèrent les fidèles&amp;nbsp;; en Perse, un astrolabe que Nadir Shah fit jeter au fond de la mer&amp;nbsp;; dans les prisons du Mahdi, vers 1892, une petite boussole que Rudolf Carl von Slatin toucha, enveloppée dans un lambeau de turban&amp;nbsp;; à la mosquée de Cordoue, selon Zotenberg, une veine dans le marbre de l’un des mille deux cents piliers&amp;nbsp;; au ghetto de Tétouan, le fond d’un puits.)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Voici ce que le passage devient, dans &lt;u&gt;La Disparition&lt;/u&gt;, après la lipogrammatraduction opérée par Perec&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;A Masulipatam, un jaguar fut Zahir&amp;nbsp;; A Java, un fakir albinos d’un hôpital à Surakarta, qu’on lapida&amp;nbsp;; A Shiraz, un octant qu’Ibnadir Shah lança au fond du flot&amp;nbsp;; dans la prison du Mahdi, un compas qu’on cacha dans l’haillon d’un paria qu’Oswald Carl von Slatim &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;[sic] &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;toucha&amp;nbsp;; dans l’Alhambra d’Abdou Abdallah, à Granada, suivant Zotanburg, un filon dans l’onyx d’un fronton&amp;nbsp;; dans la Kasbah d’Hammam-Lif, l’obscur fond d’un puits&amp;nbsp;; à Bahia Bianca, au coin d’un sou où s’abîma, dit-on, Borgias&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;» (p.139).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Le dernier détail, absent de l’original, évoque les choses bizarres qui arrivent à Borges-personnage, dans la nouvelle de Borges-auteur («&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Je demandai une orangeade&amp;nbsp;; en me rendant la monnaie, on me donna le Zahir&amp;nbsp;; je le contemplai un instant&amp;nbsp;; je sortis dans la rue, peut-être avec un début de fièvre.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;» Et ça ne va pas s’arranger, même après qu’il s’en sera débarrassé.).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Ce que devient le passage de Borges (traduction de l'excellent Roger Caillois), une fois soumis à la contrainte, n'est pas sans intérêt.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Pour finir là-dessus, on lit dans &lt;u&gt;La Disparition&lt;/u&gt; ceci&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Sans savoir tout à fait où naissait l’association, il s’imaginait dans un roman qu’il avait lu jadis, un roman paru, dix ans auparavant, à la Croix du Sud, un roman d’Isidro Parodi, ou plutôt d’Honorio Bustos Domaicq, qui racontait l’inouï, l’ahurissant, l’affolant coup du sort qui frappait un banni, un paria fugitif&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;» (p.32).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;C’est sûr, Georges Perec connaît assez bien les œuvres de Borges. Les amateurs du même sont contents d’être ainsi mis dans la confidence et de faire partie des «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;initiés&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;», puisqu’ils reconnaissent au passage &lt;u&gt;Six problèmes pour Don Isidro Parodi&lt;/u&gt; et &lt;u&gt;Chroniques de Bustos Domecq&lt;/u&gt;&amp;nbsp;(mais avec un &quot;e&quot;). Hommage et révérence de Perec à l’auteur labyrinthique amateur de mystère, orfèvre d’un fantastique à l’étrange teneur métaphysique.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Faire partie des initiés&amp;nbsp;: voilà pourquoi Borges, et après lui Georges Perec, font un tabac parmi les intellectuels. Mais on a le droit de rester à distance de ce genre de littérature, où l’ironie, hautaine ou affable, et le rôle dévolu à l’intelligence et à la culture ont de quoi intimider (décourager&amp;nbsp;?) le lecteur, même de bonne volonté.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Dans W ou le souvenir d’enfance, Perec écrit ceci au sujet du plaisir de la lecture&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;je lis peu, mais je relis sans cesse, Flaubert et Jules Verne, Roussel et Kafka, Leiris et Queneau&amp;nbsp;; je relis les livres que j’aime et j’aime les livres que je relis, et chaque fois avec la même jouissance, que je relise vingt pages, trois chapitres ou le livre entier&amp;nbsp;: celle d’une complicité, d’une connivence, ou plus encore, au-delà, celle d’une parenté enfin retrouvée&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (p.193). Queneau et Roussel sont bien là, mais pas Borges. J’ai envie de dire&amp;nbsp;: priorité à l’intelligence dans la pratique de l’écriture.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Je n’ai rien contre l’intelligence. Tout dépend de ce qu’on en fait, et de la place qu'on lui accorde.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <updated>2016-03-21T09:00:00+01:00</updated>
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        <summary>    1   &amp;nbsp;     C’est curieux, n’est-ce pas,...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lantidote.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5325378&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/01/533523057.jpg&quot; alt=&quot;1969 LA DISPARITION.jpg&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;1&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;C’est curieux, n’est-ce pas, l'exceptionnelle&amp;nbsp;biographie de Georges Perec par David Bellos m’a donné envie de rouvrir plusieurs livres de et sur l’écrivain. Parmi ceux-ci, le moindre n’est pas &lt;u&gt;La Disparition&lt;/u&gt;, le désormais célébrissime lipogramme en «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;e&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;», que les gens informés ont, paraît-il, beaucoup lu.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Le plus curieux dans l’affaire, c’est que le procédé est aujourd’hui très célèbre, mais qu’il n’a plus jamais, sauf erreur, donné lieu à la naissance d’un livre aussi digne d’attention. En littérature, &lt;u&gt;La Disparition&lt;/u&gt; occupe la même place que «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;ptyx&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» dans le sonnet de Mallarmé, un «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;hapax&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (du grec «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;une seule fois&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;»). Disons-le&amp;nbsp;: le roman de Perec, d’après ce que je sais (mais je peux me tromper) n’a rien de connu qui puisse lui être comparé. Comme si l’auteur avait tué le genre en lui donnant naissance.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;J’ai donc relu &lt;u&gt;La Disparition&lt;/u&gt;, ce roman de trois cents pages conçu et écrit avec une visible jubilation à partir de ce que le romancier s’est à lui-même interdit&amp;nbsp;: la lettre la plus fréquente de la langue française. Un tour de force. Mieux, je dirai un numéro d’équilibriste. Ou plutôt de contorsionniste. On ne se lance pas, en effet, un tel défi sans s’exposer aux rudes nécessités de la langue. En français, se priver du «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;e&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;», c’est réduire drastiquement la richesse du vocabulaire&amp;nbsp;: une gageure.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Inutile de le nier&amp;nbsp;: ça oblige à des acrobaties sans nom, je veux dire que Perec est évidemment obligé de tricher avec la langue, et même avec l’histoire (avec sa grande hache)&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Au nom du salut public, un Marat proscrivit tout bain, mais un Charlot Corday l’assassina dans son tub&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (p.13). «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Charlot Corday&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;», il fallait oser. Je l’avoue, en tombant sur la trouvaille, j’ai bien rigolé. Et je dirai que c’est un peu le problème du livre tout entier&amp;nbsp;: il fait souvent rire ou sourire (pourquoi le nier&amp;nbsp;?), mais on le prend rarement au sérieux.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Car c’est un livre bourré de clins d’œil faits au lecteur invité à devenir une sorte de complice. Par exemple, quand je tombe sur «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;l’arbin&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;», « &lt;em&gt;l'oisir&amp;nbsp;&lt;/em&gt;», «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;sa vision qui l’hantait&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;», «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;sarbacan&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;», «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;bousins&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (pour bouseux), je dis pourquoi pas. Je veux bien sourire encore, face à «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;un fort migrain&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;aux cordons vocaux&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;tout allait à vau-l’iau&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;la mail-coach, un vrai guimbard&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Ah&amp;nbsp;! Moby Dick&amp;nbsp;! Ah maudit Bic&amp;nbsp;!&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;». A propos de Moby Dick, Perec se permet de résumer à sa façon lipogrammatique le chef d’œuvre de Melville. Je retiens ceci&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Puis, au haut du grand mât, il plantait, il clouait un doublon d’or, l’offrant à qui saurait voir avant tous l’animal&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (mais, sauf erreur, Achab enfonce le doublon d’un coup de masse, sans le clouer).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Allez, j’accepte encore de m’amuser, avec «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;u&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Blanc ou l’Oubli&lt;/span&gt;&lt;/u&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt; d’Aragon&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», « &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;il s’agissait, dit-il, d’un rond portant au mitan un trait droit, soit, si l’on voulait, d’un signal s’assimilant à l’indication formulant la prohibition d’un parcours&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Trois chansons du fils adoptif du Commandant Aupick&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (vous avez compris ce qu’il y a à comprendre&amp;nbsp;: &lt;u&gt;Blanche ou l’Oubli&lt;/u&gt;, le sens interdit, Charles Baudelaire).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;J’apprécie aussi, à l’occasion, d’enrichir mon vocabulaire&amp;nbsp;: je ne connaissais pas «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;baralipton&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (je ne suis pas très fort en syllogismes), «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;avaro&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;» (la tuile&amp;nbsp;!) et quelques autres. Mais je me dis que l’auteur attige, qu’il en rajoute quand il écrit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;mais pour qui j’urai alors d’avoir un amour constant&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;», « &lt;em&gt;nous avions naquis&amp;nbsp;&lt;/em&gt;», ou «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;la coruscation d’un automnal purpurin&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;». Soyons honnête&amp;nbsp;: il m’est arrivé de me laisser prendre au récit, en des moments qui ne sont pas trop rares, heureusement. Georges Perec est excellent quand il fait oublier la contrainte formelle. Mais la plupart du temps, elle reste là, sous votre nez, à vous narguer, trop visible et parfois laborieuse.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Cette contrainte, il la formule d’ailleurs explicitement&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Mais, plus tard, quand nous aurons compris la loi qui guida la composition du discours, nous irons admirant qu’usant d’un corpus aussi amoindri, d’un vocabulariat aussi soumis à la scission, à l’omission, à l’imparfait, la scription ait pu s’accomplir jusqu’au bout.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Abasourdis par l’inouï pouvoir marginal qui, contournant la signification tabou, la saisit pourtant, la produit pourtant par un biais subtil, la disant plus, l’ultradisant par l’allusion, l’association, la saturation, nous garantirons, lisant, la validation du signal sans tout à fait l’approfondir. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Puis, à la fin, nous saisirons pourquoi tout fut bâti à partir d’un carcan si dur, d’un canon si tyrannisant&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt; » (p.196).&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;On pense évidemment à la célèbre histoire d’Edgar Poe &lt;u&gt;La Lettre volée&lt;/u&gt;, où Dupin, ce précurseur de Sherlock Holmes, grâce à la subtilité de son raisonnement, perce le secret et déjoue la machination du ministre qui voulait du mal à une grande dame. Je laisse de côté les savantes considérations, célèbres parmi les intellos, que Jacques Lacan a posées sur la nouvelle de Poe. L’idée, c’est que les gens ne remarquent pas, en général, ce qui leur crève les yeux. Comme l’écrit Perec&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Oui, fit Savorgnan, disons qu’Anton tout à la fois montrait mais taisait, signifiait mais masquait&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;» (p.111).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Révéler un secret tout en le taisant, tout le paradoxe qui court dans l’œuvre de Georges Perec est là.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>fredlautre</name>
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        <title>À PROPOS DE RAYMOND QUENEAU</title>
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        <updated>2016-03-05T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2016-03-05T09:00:00+01:00</published>
        <summary>   MODESTES CONSIDÉRATIONS APRÈS LECTURE    1/2  &amp;nbsp;    J'ai donc relu,...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lantidote.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5309725&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/02/1868194784.jpg&quot; alt=&quot;QUENEAU PAR LECUREUR.jpg&quot; /&gt;MODESTES CONSIDÉRATIONS APRÈS LECTURE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;1/2&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;J'ai donc relu, dernièrement,&amp;nbsp;&lt;u&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/u&gt; (1978), le chef d’œuvre de Georges Perec. Il se trouve que l’auteur le dédie «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;à la mémoire de Raymond Queneau&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;», mort quelque temps auparavant (en 1976). Il se trouve que je compte sur mes rayons, depuis le 6 juin 2002, la biographie du dit Raymond Queneau par Michel Lécureur (j'aime bien noter la date d'arrivée des bouquins chez moi). Il se trouve, là encore, que je ne l’avais pas ouverte. J’ai hélas tendance à acheter plus de livres que je n’en lis.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;Je viens donc de combler le retard&amp;nbsp;: j’ai lu le récit par lequel Michel Lécureur rend compte de la trajectoire&amp;nbsp;de l’auteur de &lt;u&gt;Zazie dans le métro&lt;/u&gt;. Rien à voir avec la vibrante biographie de Perec par David Bellos&amp;nbsp;: ici, on a affaire à un travail d’universitaire sérieux, exact, rigoureux, sec. Queneau est fort bien disséqué : difficile de prendre vie dans ces conditions. Cela n'empêche pas l'auteur de montrer l'état de béatitude qui le saisit en étudiant son sujet : il orthographie&amp;nbsp;« &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;coquetèle&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;» sans guillemets, pour coller à la fantaisie orthographique de&amp;nbsp;Queneau, qui était un maniaque de la réforme. Il voulait, disait-il,&amp;nbsp;« &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;rationaliser&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;» l'écriture du français, lui ôter de son &quot;incohérence&quot; et de son &quot;arbitraire&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;Et puis, qu'est-ce qu'il en fait, des listes de noms, Lécureur ! Ceux qui publient dans un numéro de revue. Ceux qui ont tenu telle réunion. Ceux qui ont signé telle pétition. L'exhaustivité est un Graal. A sa décharge, peut-être le personnage de Queneau se prêtait-il à ce traitement : tout le monde n'est pas spontanément porté à la confidence, même cryptée, comme l'était Perec.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;Contrairement à ce dernier, Queneau n'écrivait sans doute pas &quot;pour se faire aimer&quot; (je me cite). Et contrairement à ce que dit Anne de Brunhoff de son ami Perec, Queneau ne donnait pas envie aux autres de le &quot;materner&quot;. Comme s'il se souciait de tenir les autres en respect. Je veux dire : à distance de respect. Chacun son tempérament, après tout.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;Pour dire les choses comme je les pense, les quelques livres de Raymond Queneau que j’ai lus (&lt;u&gt;Zazie&lt;/u&gt;, évidemment, et puis &lt;u&gt;Odile&lt;/u&gt;, &lt;u&gt;Le Vol d’Icare&lt;/u&gt;, &lt;u&gt;Les Fleurs bleues&lt;/u&gt; et &lt;u&gt;Pierrot mon ami&lt;/u&gt;) m’ont souvent intéressé, ils m’ont aussi amusé&amp;nbsp;: ils ne m’ont jamais touché. Quant à la poésie, je la laisse volontiers à qui l'apprécie. Les romans, j’ai presque tout oublié des deux derniers (qui est exactement Cidrolin ?). Du premier, je garde, comme tout le monde, le «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;retraite mon cul&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;» (p.29 du roman) de la petite peste qui veut devenir institutrice rien que «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;pour faire chier les mômes&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;», et le «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;Tu causes, tu causes, c’est tout ce que tu sais faire&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;», du perroquet Laverdure. Je garde &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Odile&lt;/span&gt; également, non à cause de l'éloge des mathématiques qu'il sous-entend, mais de l’image caustique et dérisoire que le roman offre d’Anglarès-André Breton, le terriblement antipathique «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;pape du surréalisme&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;» (il me semble me souvenir qu'ils passent beaucoup de temps à boire des&amp;nbsp;bières dans les cafés).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;Quant au &lt;u&gt;Vol d’Icare&lt;/u&gt;, je me souviens seulement de l’argument&amp;nbsp;: un écrivain travaille à son prochain roman, et voilà-t-il pas que ses personnages prennent la poudre d’escampette. C'est dingue, si les personnages se mettent à faire chier leur accoucheur ! C'est du même acabit que le petit poème, que Michel Lécureur juge «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;délicieux&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;» (!) : «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;Bon dieu de bon dieu que j’ai envie d’écrire un petit poème / Tiens en voilà justement un qui passe / Petit petit petit / viens ici que je t’enfile / sur le fil du collier de mes autres poèmes […] / la vache / il a foutu le camp&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;» (p.283). J’y vois surtout, de mon côté, une ridicule manifestation de complaisance et de niaiserie puérile.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Un délassement&amp;nbsp;d'intello. Exactement le Collège de 'Pataphysique : des vieux savants dans la cour de récréation. La littérature de Raymond Queneau, tout en se prenant très au sérieux, a trop à voir avec le jeu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;La même niaiserie ludique dont sont atteints les poètes en vogue dans les écoles primaires, vous savez, ceux qui veulent «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;faire moderne&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;» en faisant du langage un objet en soi, et du jeu de mots un plaisir &quot;poétique&quot;, sans voir le dessèchement qui va avec (je pense à Prévert, évidemment, quand il prend au pied de la lettre : &quot;battre la campagne&quot;. Je pense aussi à Guillevic&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;J’ai vu le menuisier tirer parti du bois&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt; (…) &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;Moi j’assemble des mots, et c’est un peu pareil&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;». C'est dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Terre à bonheur&lt;/span&gt;. Ben non, Eugène, c’est pas pareil du tout).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Possible que j'en aie un peu marre de ces enfantillages, qui sont devenus autant de ponts-aux-ânes, parfois&amp;nbsp;dogmatiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;La valeur littéraire que les laudateurs et adulateurs (mordez l'anagramme) de Raymond Queneau (&quot;Les Amis de Valentin Brû&quot;) confèrent à ses œuvres me semble surfaite. Il faut le savoir&amp;nbsp;: Queneau est un adepte de la modernité, son truc, c’est la distance, et même la distanciation brechtienne (Lécureur en parle), celle qui érige le langage en objet autonome, en univers en soi, et qui tient à tout instant à établir une distance entre ce qu’il écrit et celui qui le lira.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Chez de tels modernistes, la priorité absolue est accordée à l'intelligence, au détriment de la substance vivante.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;Queneau refuse au lecteur&amp;nbsp;le plaisir de l’identification affective ou psychologique aux personnages, ce vieux truc affreusement romantique et bourgeois. Il faut être résolument «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;moderne&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;» et intelligent : il est interdit de se laisser prendre au jeu. Il ne faut jamais être dupe. Et Lacan l'a bien dit : « &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;Les non-dupes errent&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;». Il faut montrer les trucages, ce qu’il fait par exemple dans &lt;u&gt;Le Vol d’Icare&lt;/u&gt; (ah, &quot;vol&quot;, sa&amp;nbsp;polysémie&amp;nbsp;!), où l’un des personnages imaginés par l’écrivain dont il est question a déserté le manuscrit pour s’embaucher comme mécanicien dans un garage.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Que c'est bête, quand j'y réfléchis, ce littéralisme ! Non, les mots ne sont pas des choses. Je me rappelle le bouquin d'un certain John Langshaw Austin, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Quand dire, c'est faire&lt;/span&gt; (les&amp;nbsp;« &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;speech acts&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;» et tout ce qui s'ensuit). Rien de tel pour me&amp;nbsp;« &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;prendre les boyaux de la tête&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;». Je dis, définitivement : non, merci ! L'intelligence, pourquoi pas ? Mais pas à n'importe quel prix.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;C’est Jean Lescure qui formule la sottise moderniste, qui fait du langage un objet de culte dévotieux : «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif'; color: black;&quot;&gt;Tout l’art &quot;moderne&quot; refuse l’usage qui en est fait, dénonce la sottise de ne l’utiliser que comme moyen, s’émerveille de lui reconnaître une sorte de pouvoir objectif&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;» (p.456). L'objectivité du langage : il fallait y penser ! Quelle vanité, que de retourner le langage sur lui-même ! La première sottise est celle qui ne se sait pas&amp;nbsp;telle. Que les moyens soient promus au rang des fins me semble une aberration&amp;nbsp;majeure&amp;nbsp;: ça m’amène à m’interroger sur le contenu même du discours, qui frise alors l’évanescence, pour ne pas dire l’inconsistance, la vacuité, l'inanité.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Qu'est-ce que je dis, quand je dis que je dis ce que je fais en le faisant ? Je ne suis pas assez souple pour, à l'instar du serpent ou du mime Mnester (le &quot;sphéricubiste&quot; (Thiéry Foulc) de la &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Messaline&lt;/span&gt; d'Alfred Jarry), me mordre la queue.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;Mes excuses aux mânes de Jean Lescure, qui était un homme charmant.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>LA VIE MODE D'EMPLOI</title>
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        <updated>2016-02-26T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2016-02-26T09:00:00+01:00</published>
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          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5303755&quot; style=&quot;margin: 0.2em auto 0.7em; display: block;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/00/1579679347.jpg&quot; alt=&quot;littérature,littérature française,georges perec,david bellos,georges perec une vie dans les mots,la vie mode d'emploi,bartlebooth,melville bartleby,i would prefer not to,puzzle,bande dessinée,maurice tillieux,gil jourdan,popaïne et vieux tableaux,contes de 1001 nuits,jean potocki,le manuscrit trouvé à saragosse,robert mallet,valery larbaud,poésies de a o barnabooth,bernard blier,les tontons flingueurs&quot; width=&quot;154&quot; height=&quot;226&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;Le logo de POL a été dessiné par Perec.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif'; color: black;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;L'actuel est tiré de &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Vie mode d'emploi&lt;/span&gt; (p.566).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5304412&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/01/3712259563.jpg&quot; alt=&quot;littérature,littérature française,georges perec,david bellos,georges perec une vie dans les mots,la vie mode d'emploi,bartlebooth,melville bartleby,i would prefer not to,puzzle,bande dessinée,maurice tillieux,gil jourdan,popaïne et vieux tableaux,contes de 1001 nuits,jean potocki,le manuscrit trouvé à saragosse,robert mallet,valery larbaud,poésies de a o barnabooth,bernard blier,les tontons flingueurs&quot; width=&quot;111&quot; height=&quot;94&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;Il figure&amp;nbsp;« la position que l'on appelle au go le &quot;Ko&quot; ou &quot;Eternité&quot;».&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;Georges Perec était grand amateur du jeu de go.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;La lecture de la formidable biographie de Georges Perec par David Bellos m’a donné envie de rouvrir &lt;u&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/u&gt;, que j’avais lu il y a fort longtemps (Hachette-P.O.L., 1978). Je ne regrette pas. Le livre peut impressionner a priori par son gigantisme, avec ses 600 pages (il y a pire), mais aussi du fait de sa conception et de sa construction.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Mais &lt;u&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/u&gt;, en dehors du colossal défi formel (bi-carré latin orthogonal d'ordre 10 + polygraphie du cavalier), repose sur une énigme&amp;nbsp;: la mort de Percival Bartlebooth a-t-elle été voulue, prévue, anticipée par Gaspard Winckler&amp;nbsp;? Bizarre, car quand on a retrouvé le corps du milliardaire devant le 439&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; puzzle (voir note : quid des 61 restants&amp;nbsp;?) sur lequel il était penché, Winckler était déjà mort depuis deux ans. D’ailleurs, quelle obscure raison aurait eu l’artisan de se venger du milliardaire au service exclusif duquel il travaillait&amp;nbsp;? Mystère.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Bref, comment se fait-il qu’au moment de poser la dernière pièce du puzzle, Bartlebooth se soit retrouvé avec dans la main un W, alors que «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;le trou noir de la seule pièce non encore posée dessine la silhouette presque parfaite d’un X&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;» (p.600) ? Winckler, le virtuose de la petite scie, le génie du découpage des images en 750 morceaux, a-t-il été assez diaboliquement habile pour que son riche client, à un moment donné, s’engage sur une fausse piste dans la reconstitution de l’image&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Est-il logiquement possible, lesté d’une telle mauvaise intention, d’anticiper l’erreur que commettra&amp;nbsp;le joueur au moment précis où il devrait&amp;nbsp;poser le fatal W, qui lui reste sur les bras ? Et cet autre moment précis (le même&amp;nbsp;?) où il a posé sans réfléchir ce X tout aussi fatal, sans se rendre compte qu’il se fermait toute possibilité d’achever le puzzle&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Est-il possible d’imaginer, pour un même puzzle, deux stratégies strictement parallèles, mais dont l’une conduirait au succès, et l’autre, issue d’un cerveau démoniaque, serait capable d’attendre l’ultime moment du jeu pour mettre avec brutalité le joueur en face de son échec ? Winckler fut-il une sorte de Satan, capable de prévoir que le cœur de Bartlebooth cesserait de battre à cet instant&amp;nbsp;? A-t-il, oui ou non, prévu que le joueur, à l’instant décisif, opterait pour la solution qui le conduisait infailliblement à l’impasse&amp;nbsp;? On ne le saura jamais.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;On a compris, en tout cas, que Bartlebooth et Winckler sont les deux protagonistes de l’histoire. Tous les autres, très nombreux et divers (voir en fin de volume la liste de « &lt;em&gt;quelques-unes&lt;/em&gt; [107] &lt;em&gt;des histoires racontées dans cet ouvrage&lt;/em&gt; ») quel que soit le nombre de pages qui leur sont consacrées dans le roman, sont des personnages secondaires. Leur fonction est de faire diversion&amp;nbsp;: n'en parlons pas, bien que la couverture porte &quot;Romans&quot;, là où l'on attend le singulier, en temps ordinaire. &lt;u&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/u&gt; est un livre qui dissimule son vrai sujet sous la plus épaisse couche de fictions que j’aie jamais vue. Comme le dit Gil Jourdan&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Où cache-t-on mieux un livre que parmi d’autres livres&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;» (Maurice Tillieux, &lt;u&gt;Popaïne et vieux tableaux&lt;/u&gt;).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5303212&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/00/423464185.jpg&quot; alt=&quot;POPAÏNE 14.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Perec dit : &quot;Où cache-t-on mieux une histoire que parmi d'autres histoires ?&quot;. Jamais un romancier n’a engagé son lecteur sur autant de fausses pistes (on pense aux &lt;u&gt;1001 Nuits&lt;/u&gt;, ou à&amp;nbsp;&lt;u&gt;Manuscrit trouvé à Saragosse&lt;/u&gt;, bien qu’ici, le mode d’emboîtement des histoires soit différent).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Le vrai sujet ? Mais voyons c'est tout simple : la vie et la mort. Qu'est-ce que c'est, la vie qu'on vit ? Qu'est-ce que c'est la mort qui nous attend ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Jamais le lecteur n’a été bombardé d’autant d’aventures individuelles capables de le détourner de cette&amp;nbsp;ligne directrice du récit. Jamais il n’a eu une telle impression d’éparpillement, vous savez, cette impression qui vous prend quand vous venez d'ouvrir&amp;nbsp;la boîte et que vous vous trouvez face au tas formé par l’amoncellement des pièces du puzzle. Il n'est pas interdit de penser que Georges Perec a conçu &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Vie mode d'emploi&lt;/span&gt; à la manière dont il voit son Winckler élaborer&amp;nbsp;ses puzzles. Car il y a dans son&amp;nbsp;dispositif narratif quelque chose d'aussi diabolique que dans les découpures&amp;nbsp;de l'artisan.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Et le lecteur, face au roman, se trouve un peu dans la même position que Bartlebooth face aux puzzles qu'il a commandés. Comme la souris guettée par le chat. Alors : Perec sadique ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;A cet égard, il faut s’arrêter s&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;ur le chapitre LXX&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Chaque puzzle de Winckler était pour Bartlebooth une aventure nouvelle, unique, irremplaçable. Chaque fois, il avait l’impression, après avoir brisé les sceaux qui fermaient la boîte noire de Madame Hourcade et étalé sur le drap de sa table, sous la lumière sans ombre du scialytique, les sept cent cinquante petits morceaux de bois qu’était devenue son aquarelle, que toute l’expérience qu’il accumulait depuis cinq, dix ou quinze ans ne lui servirait à rien, qu’il aurait, comme chaque fois, affaire à des difficultés qu’il ne pouvait même pas soupçonner&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;» (p.413). A chaque fois, donc, tout reprendre à zéro.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif; color: black;&quot;&gt;Si l'on remonte au chapitre XXVI, on trouve l'exacte formulation du projet de Bartlebooth : « &lt;em&gt;Imaginons un homme dont la fortune n'aurait d'égale que l'indifférence à ce que la fortune permet généralement, et dont le désir serait, beaucoup plus orgueilleusement, de saisir, de décrire, d'épuiser, non la totalité du monde - projet que son seul énoncé suffit à ruiner - mais un fragment constitué de celui-ci : face à l'inextricable incohérence du monde, il s'agira alors d'accomplir jusqu'au bout un programme, restreint sans doute, mais entier, intact, irréductible&amp;nbsp;&lt;/em&gt;» (p.156).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Le plan tracé par le milliardaire Bartlebooth pour cadre de son existence est simple&amp;nbsp;: attiré par rien de ce qui pousse ordinairement les hommes («&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;l’argent, le pouvoir, l’art, les femmes, n’intéressaient pas Bartlebooth. Ni la science, ni même le jeu&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;», p.157), il a décidé de, au sens propre, ne rien faire. Mais pour passer le temps qu’il lui reste à vivre, de consacrer dix ans à (mal) acquérir la technique de l’aquarelle, puis de courir les mers pendant vingt ans, servi par son majordome Smautf, et de peindre 500 ports du monde sur papier Whatman (papier particulièrement grené).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Chaque «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;marine&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;», une fois envoyée à Winckler, devient un puzzle après avoir été collée sur «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;une mince plaque de bois&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;» et savamment découpée à la petite scie. Bartlebooth a projeté, une fois revenu à Paris, de consacrer les vingt années suivantes à reconstituer les puzzles. Le comble sera atteint lorsque, par un procédé chimique, les découpures de chaque aquarelle auront été colmatées, le papier reconstitué (« &lt;em&gt;retexturé&amp;nbsp;&lt;/em&gt;»), la feuille décollée de son support, puis lorsque l’aquarelle, retournée au lieu où elle fut peinte, aura été purement et simplement effacée et le papier rendu à la blancheur de sa virginité.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Comment effacer jusqu'à la moindre des traces de son passage sur terre ? Voilà qui nous rapproche de &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Disparition&lt;/span&gt;, non (lipogramme en &quot;e&quot;) ?&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Et voilà comment cinquante ans de vie auront été passés. Quel plan&amp;nbsp;! Ou plutôt&amp;nbsp;: quel «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;mode d’emploi&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;»&amp;nbsp;! Cinquante ans de vie&amp;nbsp;qui se referment sur le vide. Ce n’est pas pour rien que le nom même de Bartlebooth est formé, en partie, de l’incroyable Bartleby, ce personnage d’Herman Melville qui finira par se laisser mourir, indéfectiblement fidèle à sa maxime&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;I would prefer not to&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;», &quot;j'aimerais mieux pas&quot;, et qui a tant fasciné Georges Perec.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;L'autre partie étant formée sur le Barnabooth de Valery Larbaud, l'écrivain que Robert Mallet qualifie de&amp;nbsp;« &lt;em&gt;mystificateur passionné de vérité&amp;nbsp;&lt;/em&gt;». L'expression irait tout aussi bien à Perec.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'times new roman', times, serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;Dire que le livre, après avoir été longuement mûri, a été écrit en dix-huit mois&amp;nbsp;! Comme s’il coulait de source. Quel tour de force&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif; color: black;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif; color: black;&quot;&gt;Note : je vois quand même un petit problème. De 1925 à 1935, Bartlebooth s'est initié à l'art de l'aquarelle ; de 1935 à 1955, il parcourt le monde et peint 500 &quot;marines&quot; ; de 1955 à 1975, il reconstitue les images&amp;nbsp;&quot;éparpillées par petits bouts façon puzzle&quot; (Bernard Blier dans&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les Tontons flingueurs&lt;/span&gt;). Alors je pose la question : étant donné qu'une &quot;marine&quot; tombe toutes les quinze jours (pendant 20 ans à raison de 25 - approx - par an) ; étant donné qu'un puzzle est reconstitué en quinze jours (pendant 20 ans à raison de 25 - approx - par an), comment se fait-il que, en ce&amp;nbsp;« &lt;em&gt;vingt-trois juin mille neuf cent soixante-quinze&lt;/em&gt; », Bartlebooth, au moment où il meurt, n'en soit arrivé qu'au quatre cent trente-neuvième puzzle, alors qu'il devrait s'être attaqué, en toute logique, au dernier ? Comment expliquer ce retard de Bartlebooth sur son propre programme ? Sauf erreur, David Bellos n'évoque pas la question dans son impeccable biographie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'times new roman', times, serif; color: black;&quot;&gt;Si je compte bien, il manque soixante et une fois quinze jours. Trente mois et demi. Cent vingt-deux semaines. Huit cent cinquante-quatre jours. Erreur de calendrier ? Facétie biscornue ? Ou c'est moi qui débloque ? Je n'arrive pas à me l'expliquer rationnellement. Et je me l'explique d'autant moins que l'auteur précise qu'en 1966, ce « &lt;em&gt;fut une des rares fois où il n'eut pas assez de deux semaines pour achever un puzzle&lt;/em&gt; » (p.421). Je sais bien que &quot;plus un corps tombe moins vite, moins sa vitesse est plus grande&quot; (Fernand Raynaud), mais quand même !&amp;nbsp;Quelque chose m'a-t-il échappé ? Quelqu'un a-t-il l'explication ? Georges Perec nous a-t-il joué un tour de cochon ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>HOMMAGE A GEORGES PEREC</title>
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        <updated>2016-02-18T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2016-02-18T09:00:00+01:00</published>
        <summary>   Je voudrais clore ces quelques billets consacrés à Georges Perec, le grand...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5296368&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/00/4015192858.jpg&quot; alt=&quot;1994 DAVID BELLOS.jpg&quot; /&gt;Je voudrais clore ces quelques billets consacrés à Georges Perec, le grand écrivain, en citant le début du chapitre 52 du livre magnifique et précieux de David Bellos, &lt;u&gt;Georges Perec. Une vie dans les mots&lt;/u&gt; (intitulé M/W, 1974), cet ouvrage aussi savant que pieux, qui a le don de vous inspirer de l’attachement pour la personne dont il parle, presque davantage que pour l’œuvre dont celle-ci&amp;nbsp;&amp;nbsp;est l’auteur. Perec et Bernard Queysanne ont écrit et tourné un film, à partir d’un ouvrage écrit par le premier&amp;nbsp;: &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=3TNurvWW4_0&quot;&gt;Un Homme qui dort&lt;/a&gt;. Un film qu’on peut visionner en entier en libre accès (77’45&quot;).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;Attention : c'est de l' &quot;art-et-essai&quot; en noir et blanc, ce n'est pas du cinéma hollywoodien qui drague le spectateur et qui en met plein la vue. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Mais le récit que fait David Bellos de la première projection mérite que l'on considère ce film comme l'une des belles signatures de l'écrivain : la réaction des premiers spectateurs à la fin de la projection est une preuve lumineuse de tout ce que Perec s'efforce d'insuffler de lui-même dans tous les aspects de son travail, que ce soit dans des livres, à la radio (lire impérativement le chapitre &quot;Radio-Perec&quot;) ou au cinéma. Les amis et connaissances qu'il a invités au cinéma l'Antégor lui rendent au centuple, en émotion, ce que lui-même leur a donné en&amp;nbsp;recherche formelle. L'un et l'autre ne sont donc pas incompatibles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;«&amp;nbsp;C’est au cours de leur travail commun sur &lt;u&gt;Un Homme qui dort&lt;/u&gt; que Perec parla à Queysanne de son prochain livre, qui s’appellerait &lt;u&gt;W&lt;/u&gt;. La chose la plus difficile qu’il avait jamais tenté d’écrire, dit-il. Un jour, il lâcha qu’il avait trouvé le &quot;truc&quot; qui allait permettre à son projet de rouler maintenant tout seul, mais il ne précisa pas de quel &quot;truc&quot; il s’agissait.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;Un Homme qui dort&lt;/span&gt;&lt;/u&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt; fut achevé en décembre 1973. Avant la première projection à l’Antégor, devant un public d’amis invités, Perec passa la journée entière avec Queysanne dans un état d’angoisse et d’agitation fébrile. Il sortait astuce sur calembour pour conjurer le sort qui attendait peut-être son film. &quot;Un homme dui dort&amp;nbsp;: dans son fauteuil d’orchestre&quot;. &quot;Homme qui dort n’amasse pas mousse&quot;. Etc. Mais lorsque l’heure de la projection arriva, ce fut une expérience émouvante. Beaucoup de spectateurs étaient en larmes à la fin du film, et les deux coréalisateurs aussi. Le public avait vraiment réagi à la répétition appuyée des symptômes de la dépression, à l’exploration d’un Paris en noir et blanc (tout le contraire du Disneyland culturel que l’on peut voir dans la plupart des films situés dans la capitale), et aux émotions tournoyantes de la dernière séquence, où le thème lyrique de Drogoz se superpose au vertige du panorama de Belleville, tandis que Ludmila Mikaël lit d’un voix blanche et neutre les dernières phrases ambiguës du texte de Perec. Les réalisateurs n’hésitaient pas à avouer qu’ils avaient fait un film qu’ils ne seraient eux-mêmes pas allés voir – l’un et l’autre préféraient en effet le cinéma hollywoodien au style &quot;d’art et essai&quot; – mais l’ayant enfin visionné dans des conditions correctes, eux aussi étaient émus aux larmes. Ils pleuraient surtout de voir leurs amis pleurer. Ils avaient fait un film&amp;nbsp;! Et ça marchait&amp;nbsp;! Ils avaient relevé le défi lancé par Neurisse, et cet autre défi du passage à l’écran.&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt; (p.557)&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Je ne sais pas vous, mais moi, je&amp;nbsp;vois là le paradoxe poignant d’un homme qui n’a jamais voulu faire autre chose qu’écrire sur soi, mais qui n’a jamais voulu avouer que c’est cela qu’il voulait faire et qui, de ce fait, a dépensé des trésors d’ingéniosité technique et a emprunté des détours insensés pour faire en sorte que personne ne s’aperçoive jamais que tout ce qu’il écrivait était de l’ordre de l’aveu. Tous les labyrinthes mènent à Perec. Tous ses proches admiraient le brasseur de lettres et le malaxeur de mots. Et cette page de David Bellos nous met crûment, mais avec simplicité, en face de la trop humble vérité, éminemment paradoxale : jusque dans ses exercices virtuoses les plus osés, les plus compliqués, les plus tarabiscotés, les plus rébarbatifs, Georges Perec a écrit pour se faire aimer.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Autrement dit : pour mériter de vivre. Se dire au moins qu'il y avait droit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Je n’en reviens pas.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5297523&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/01/2349035669.9.jpg&quot; alt=&quot;littérature,littérature française,georges perec,un homme qui dort,david bellos,georges perec une vie dans les mots,bernard queysanne,cinéma art et essai&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>GEORGES PEREC</title>
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        <updated>2016-02-17T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2016-02-17T09:00:00+01:00</published>
        <summary>   2/2  &amp;nbsp;    Le génie qui fait de Perec un cas absolument particulier,...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5294872&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/4015192858.2.jpg&quot; alt=&quot;1994 DAVID BELLOS.jpg&quot; /&gt;2/2&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Le génie qui fait de Perec un cas absolument particulier, c’est qu’il réunit (parmi d’autres) deux capacités très différentes, opposées ou complémentaires : d’une part, une invraisemblable virtuosité combinatoire, qui en a fait un maître du palindrome, du lipogramme, des mots croisés, etc., mais aussi l’ingénieux artisan de divers jeux qu’il proposa pendant un temps à la revue &lt;u&gt;Ça m’intéresse&lt;/u&gt;.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;Et puis, un merveilleux sens de l'approximation phonétique, capable de lui fournir le fameux&amp;nbsp;« &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;les gnocchis, c'est l'automne&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;», à partir du célèbre et socratique &quot;gnôthi séauton&quot; du temple de Delphes.&lt;img id=&quot;media-5294874&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/01/2331679577.jpg&quot; alt=&quot;GNÔTHI SEAUTON.jpg&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;D’autre part, une sensibilité hors du commun qui le met à l’affût de tout ce qui se présente à lui de la réalité. Sa curiosité est insatiable. On se dit parfois que son Graal à lui, c’est «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;l’aleph&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» de Jorge Luis Borges, le «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Tout dans l’Un&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;», cette sorte de pierre lumineuse dissimulée sous la marche d’une cave banale, mais qui, quand on l’examine de près, montre l’univers entier en train de défiler dans la totalité multiple&amp;nbsp;de ses espaces et de ses temps (je m’étonne en passant que l’index, à la fin du &lt;u&gt;Georges Perec&lt;/u&gt; de David Bellos, ne comporte que trois&amp;nbsp;(+ 1)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;occurrences du nom de l’auteur de Buenos Aires&amp;nbsp;; mais bon).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Et par-dessus tout ça, Perec vous donne en étrenne la vulnérabilité à vif de son existence d’enfant juif qui a eu la chance, réfugié à Villard-de-Lans, d’échapper au nazisme. A noter, dans la biographie de Bellos, la différence qu’il note entre l’occupation du Vercors par les Italiens et le moment où les Allemands vont les remplacer, beaucoup plus organisés et déterminés.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Le génie de Georges Perec, donc, a pu prendre son envol grâce au carcan des contraintes formelles. Comme s’il avait eu besoin d’un cadre qui lui servît de bercail. Cela suffit-il à fabriquer du «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;poétique&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;»&amp;nbsp;? Le biographe David Bellos semble le croire (voir p.689 de son &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Georges Perec&lt;/span&gt;). Personnellement, j’ai un peu de mal&amp;nbsp;: &lt;u&gt;Alphabets&lt;/u&gt;, &lt;u&gt;La Clôture&lt;/u&gt;, qui rassemblent des «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;poèmes&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», appartiennent de façon trop évidente à de la littérature expérimentale.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5294877&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/00/1208935883.jpg&quot; alt=&quot;ALPHABETS 1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;Exemple d' « ulcérations&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;Si si ! C'est un poème, on vous dit !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Perec était, hélas, un adepte de la musique dodécaphonique d’Arnold Schönberg. J’expliquerais volontiers cet égarement du goût par sa tournure d’esprit particulière, qui met la combinatoire au cœur du processus de création. Or, la musique sérielle a été conçue dès le départ comme une machine combinatoire qui, en plaçant tous les sons de la gamme à égalité (abandon de la tonalité, ce principe qui les organise a priori), multiplie mathématiquement les possibilités d’arrangements des sons entre eux, ce qui ne pouvait que plaire à l’écrivain.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Les arts en général, la littérature en particulier, envisagés sous l'angle de leur potentiel infini d'innovation formelle, promue au rang d'un idéal considéré en lui-même et pour lui-même. L'impasse, quoi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Par-dessus le marché, Perec était sans doute séduit, dans le dodécaphonisme, par la notion de contrainte&amp;nbsp;: le fait d’établir une succession de douze sons, puis de la triturer dans tous les sens (forme droite, rétrograde, miroir, miroir du rétrograde) fait obligatoirement penser aux «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;onzains hétérogrammatiques&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;», structure à partir de laquelle il élaborait ses poèmes. Que le résultat musical ou poétique soit impénétrable à l’auditeur ou au lecteur lambda, peu importe&amp;nbsp;: il reste toujours à l'artiste le contentement d’avoir réalisé une prouesse.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Tant pis pour moi, que cette priorité exagérée accordée à la forme aurait plutôt tendance à décourager. Je ne conteste pas, du reste, le fait que Perec ait eu besoin de contraintes structurelles pour y loger ses propres contenus (j’ai entendu de la bouche même d’Harry Mathews, son meilleur ami, que sans les contraintes oulipiennes, Perec n’aurait pas été Perec), mais je maintiens qu’on ne saurait lire, par exemple, &lt;u&gt;La Disparition&lt;/u&gt; comme n’importe quel autre roman&amp;nbsp;: qu’on le veuille ou non, l’effet de fascination provoqué par le procédé est un obstacle puissant.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;David Bellos le dit d'ailleurs lui-même, à propos du grand palindrome de&amp;nbsp;Perec : « &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;Les facultés critiques y sont en effet paralysées par la connaissance de la contrainte formelle ; lorsque l'on sait qu'il s'agit d'un palindrome géant, on a tendance à ne plus voir que cette structure palindromique&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;» (p.451). Que vaut, en effet, un texte ainsi obtenu ? Qu'en reste-t-il littérairement si on lui ôte la contrainte ? Bonnes questions. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Mais attention, il serait stupide de prétendre que le travail de Perec est purement formel : &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;W ou le souvenir d'enfance&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Un Homme qui dort&lt;/span&gt; sont des livres qui touchent&amp;nbsp;le lecteur. Hormis les machines à produire du texte (palindrome, &quot;ulcérations&quot;, etc.), véritables hérissons d'obstacles à la lecture, Georges Perec est certainement un cas unique, par la façon qu'il a d'habiter, d'animer et de faire vivre des&amp;nbsp;structures, en y insufflant de la substance vitale.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Mais&amp;nbsp;il y a autre chose, au sujet de la forme et de la structure : que des gens savants et facétieux se rassemblent pour ouvrir un laboratoire (Oulipo) pour élaborer des machines littéraires, c’est typique d’un certain rapport à la modernité&amp;nbsp;: le même rapport d’adhésion au principe d’innovation qu’on observe tout au long du 20&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle dans tous les arts.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Il est vrai qu'introduire la machine dans la production de l'art avait été envisagé par Alfred Jarry : on trouve en effet dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Faustroll&lt;/span&gt; (XXXIV, Clinamen) : « &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;... Cependant, après qu'il n'y eut plus personne au monde, la Machine à Peindre, animée à l'intérieur d'un système de ressorts sans masse, tournait en azimut dans le hall de fer du Palais des Machines ... etc.&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;». Allons, Jarry annonçait bien le&amp;nbsp;20&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;siècle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Ainsi, les peintres se sont libérés du carcan des techniques picturales de représentation pour mettre en évidence, au choix, la ligne, la surface, la toile, la couleur, la matière, et même la salle d’exposition ou le&amp;nbsp;visiteur. Cela a donné «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;l’art contemporain&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;». De même, certains musiciens ont pratiqué le «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;sérialisme intégral&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;»&amp;nbsp;(touchant cette fois tous les paramètres musicaux&amp;nbsp;: hauteurs, timbres, intensités, durées, …). En simplifiant, cela a donné la «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;musique contemporaine&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;». J’ai dit ce que j’en pense il y a déjà quelque temps (du 6 au 17 décembre 2015).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;De même l’Oulipo, en prétendant en finir avec le subjectivisme de la littérature courante (l’ «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;inspiration&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», le « &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;génie&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;», stéréotypes bêtement entachés de romantisme et d'affectivité), en plaçant sur le devant de la scène les diverses logiques formelles (les &quot;machines&quot;) mises au point par les écrivains, en faisant des rouages et tubulures du moteur un objet de recherche en soi, a donné l’illusion à tout un chacun qu’un créateur sommeillait peut-être en lui. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;On peut aussi dire que l'Oulipo, en inventant le &quot;délassement intelligent&quot;, met entre parenthèses la gravité sérieuse du savoir universitaire, le temps d'une récréation où puissent s'ébattre les intellectuels. N'ai-je pas entendu Jean Lescure (la méthode &quot;S+7&quot;) glisser à son vieux compère Noël Arnaud (Alfred Jarry, Dragée haute, ...) :&amp;nbsp;« &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;Alors, on va oulipoter ?&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;» ? Bon, la récréation, ce n'est tout de même pas le bac à sable, mais il y a quand même de l'enfance là-dedans.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;On a vu ensuite les recherches de l'Oulipo croître et embellir, au point que l'invention de contraintes nouvelles semble être&amp;nbsp;devenue, à part entière, un genre littéraire autonome (aux dernières nouvelles on en est au n°225 de la &quot;Bibliothèque oulipienne&quot;).&amp;nbsp;Certains voient là une «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;démocratisation&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;». Je crois plutôt que l'aspect ludique des exercices oulipiens explique pour une large part leur popularité : à quoi servirait, dans la littérature, qu'un auteur produise un ouvrage fondé sur une contrainte inventée par un autre ? Il aurait bonne mine, oui. L'auteur de la contrainte serait en droit de l'accuser de plagiat : un comble ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Il y a de la frénésie égalitariste dans les fondements de l’Oulipo.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;J'y vois aussi, paradoxalement, un bel exemple de snobisme littéraire, même si les fondateurs et les premiers membres (les dix-huit de LA photo) furent exempts, je crois, de cette bassesse. Il reste que l'Oulipo a inventé cette bête étrange : l'égalitarisme snob. L'oxymore nouveau est arrivé.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;J'ai tendance à voir là la simple exploitation d'un filon : après le cul de sac, il n'y a qu'à continuer à creuser pour continuer à faire tourner la machine. La contrainte pour la contrainte, en quelque sorte. Comme une belle machine qui tourne toute seule, à vide, pour le seul plaisir de tourner. A quand la contrainte permettant de produire des contraintes nouvelles (la contrainte au carré) ? Comme quoi, l'Oulipo est comme la plupart des organisations : il a du mal à envisager sa propre disparition. L'Internationale Situationniste de Guy Debord fait figure d'exception.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5294886&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/875957235.jpg&quot; alt=&quot;OULIPO.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Et puis je n’y peux rien&amp;nbsp;: la pullulation de ce qu’il est convenu d’appeler «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;ateliers d’écriture&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;» a quelque chose de déprimant à mes yeux. Vous voulez écrire ? On va vous apprendre. Cette mode qui a été importée des Etats-Unis (où l'on apprend à pondre des romans aussi contondants que des pavés) tend à sacraliser l’idée de procédés littéraires : devenez écrivain en vingt leçons, vous voyez le genre. Au choix, la méthode Assimyl ou le livre de recettes de cuisine. Cela permet à des petits&amp;nbsp;malins de se donner le beau rôle. Certains en ont tiré des sources de revenus, et il suffit d’écouter l’émission «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Des papous dans la tête&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», sur France Culture, pour assister au spectacle ennuyeux de gens savants payés pour offrir un spectacle laborieux de divertissement fastidieux.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;Et pour tout dire pénible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Georges Perec, soyons-en sûr, n’aurait pas participé aux «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Papous dans la tête&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Quoique ...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5297524&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/01/2349035669.10.jpg&quot; alt=&quot;littérature,littérature française,georges perec,revue ça m'intéresse,gnôthi séauton,jorge luis borges l'aleph,david bellos georges perec,perec alphabets,perec ulcérations,perec la clôture,musique,arnold schönberg,onzains hétérogrammatiques,perec la disparition,harry mathews,palindrome,perec un homme qui dort,w ou le souvenir d'enfance,oulipo,raymond queneau,françois le lionnais,sérialisme intégral,jean lescure,noël arnaud,bibliothèque oulipienne,guy debord internationale situationniste,des papous dans la tête,france culture,alfred jarry,gestes et opinions du docteur faustroll,clinamen&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>GEORGES PEREC</title>
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        <updated>2016-02-16T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2016-02-16T09:00:00+01:00</published>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5294870&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/4015192858.jpg&quot; alt=&quot;1994 DAVID BELLOS.jpg&quot; /&gt;1/2&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;A chaque parution d’un livre de Patrick Modiano, les commentateurs s’entendent pour louer ou dénigrer (suivant affinités) la «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;petite musique&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;» qu’on ne peut manquer d’y trouver. Année après année, on retrouve le même climat de brume, un même rapport lancinant au passé. Les mêmes commentaires. On n’accusera certes pas le prix Nobel de refaire à chaque fois le même livre&amp;nbsp;: disons que chacun porte sur son visage la même signature de l'auteur, comme la forme d’un pas sur le sol ressemble aux autres pas. Comme on reconnaît la musique de Jean-Sébastien Bach dès la deuxième mesure.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Une des particularités des livres de Georges Perec est au contraire qu’aucun ne ressemble aux autres. En effet, l’auteur renouvelle à chaque nouvel ouvrage, parfois de fond en comble (quel point commun entre &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Tentative d'épuisement d'un lieu parisien&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Espèces d'espaces&lt;/span&gt; et &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Quel petit vélo ... ?&lt;/span&gt;), la forme qu’il lui donne. &lt;u&gt;Les Choses&lt;/u&gt;, son premier livre «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;réussi&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» (et son premier succès, prix Renaudot 1965), se présente sous l’aspect d’un roman de facture classique. Tout le monde a entendu parler de &lt;u&gt;La Disparition&lt;/u&gt;, roman de 1969 qui obéit à la contrainte lipogrammatique (trois cents et quelques pages sans «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;E&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;»), qui sera suivi trois ans plus tard par le roman «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;monovocalique en E&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;» intitulé &lt;u&gt;Les Revenentes&lt;/u&gt;.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Alphabets&lt;/span&gt;&lt;/u&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt; est un recueil de 176 «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;onzains hétérogrammatiques&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;poèmes&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» de onze «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;vers&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» de onze lettres (les plus fréquentes du français, anagrammatisables dans le mot «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;ulcérations&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;»), dont chacune doit être employée une seule fois à chaque ligne. &lt;u&gt;Je me Souviens&lt;/u&gt; énumère quatre cents et quelques souvenirs soigneusement numérotés de l’auteur. &lt;u&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/u&gt; tente d’épuiser toutes les narrations possibles à propos d’un immeuble parisien de dix étages en obéissant à la double contrainte du «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;bi-carré latin d’ordre dix&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» et de la «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;polygraphie du cavalier&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;» (je n’entre pas dans les détails). Bref, on n’en finirait pas.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;L’œuvre dans son ensemble n’en jouit pas moins d’une « &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;ténébreuse et profonde unité&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», en ce que Perec se préoccupe avec constance de lui donner une tonalité autobiographique, quel que soit le déguisement formel dont il affuble chaque livre. Ce n'est pas moi qui le dis, mais son remarquable biographe, David Bellos. Attention&amp;nbsp;: pas une autobiographie plate, mettons à la façon de Christine Angot, mais une révélation de soi abritée derrière un réseau serré d'indices et de devinettes méticuleusement tarabiscotés. Il l’annonce d’ailleurs dans le préambule de &lt;u&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/u&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Arial, sans-serif&quot;&gt;, l'œuvre majeure de l'écrivain, ce livre qui met le puzzle au centre de l'action.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Les pièces d'un&amp;nbsp;puzzle fabriqué dans les règles de l’art doivent se présenter ainsi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;… l’espace organisé, cohérent, structuré, signifiant du tableau sera découpé non seulement en éléments inertes, amorphes, pauvres de signification et d’information, mais en éléments falsifiés, porteurs d’informations fausses …&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;». Autant le savoir, Georges Perec se meut à l’aise dans la complexité, mais on entend comme un ricanement sardonique quand il peut revêtir celle-ci d’une couche de complications supplémentaires&amp;nbsp;: pourquoi, devait-il se demander, faire simple quand on peut faire compliqué&amp;nbsp;? A ce jeu, il était imbattable.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;C’est d’ailleurs ce jeu qui fait de son œuvre un cas tout à fait singulier dans la littérature française. C’est malheureusement aussi, selon moi, ce qui en dessine les limites. Certes, il ne fait là que mettre en application la théorie formulée par Alfred Jarry dans le «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Linteau&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» des &lt;u&gt;Minutes de sable mémorial&lt;/u&gt;&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;De par ceci qu’on écrit l’œuvre, active supériorité sur l’audition passive. Tous les sens qu’y trouvera le lecteur sont prévus, et jamais il ne les trouvera tous&amp;nbsp;; et l’auteur lui en peut indiquer, colin-maillard cérébral, d’inattendus, postérieurs et contradictoires&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;». Même si on doit plutôt supposer que Perec, contrairement à Jarry, qui prend la chose dans le sérieux amusé d’une ironie distante, l’aborde avec une humeur de jubilation ludique.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;Georges Perec adore jouer. Ce qu'on appelle un joueur impénitent.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Toujours à propos des «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;ulcérations&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» (voir plus haut) je me rappelle avoir entendu le grand ami de Perec Harry Mathews dire son étonnement, pour ne pas dire plus&amp;nbsp;: il fallait&amp;nbsp;à Perec&amp;nbsp;deux heures pour venir à bout d’un tel «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;poème&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», quand l’ami américain suait sang et eau&amp;nbsp;pendant deux jours pour un résultat moins brillant. C’est clair&amp;nbsp;: Perec se joue de la contrainte, au point d’avoir fait de celle-ci l’air littéraire qui lui permet de respirer.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Tout cela pour dire que Georges Perec devait un jour fatalement atterrir dans le cénacle qui rassemblait une brochette de savants facétieux, et qui est désormais connu, à défaut d’être célèbre, sous le sigle Ou.Li.Po. (Ouvroir de Littérature Potentielle). Fondé par Raymond Queneau, l’écrivain féru de mathématiques (voir son roman &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Odile&lt;/span&gt;), et François Le Lionnais, le mathématicien féru du jeu d’échecs, l’Oulipo avait pour but la conception et l’élaboration de machines à produire de la littérature. Pas moins.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Disons-le&amp;nbsp;: aucun autre membre que Perec ne fut à ce point comme un poisson dans l’eau dans l’aquarium oulipien. Italo Calvino peut bien avoir écrit (mais seulement a posteriori, commettant en quelque sorte, à son propre propos, ce que les oulipiens appellent «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;plagiat par anticipation&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;») &lt;u&gt;Comment j’ai écrit un de mes livres&lt;/u&gt; (Bibliothèque oulipienne, n°20, 1982) pour expliquer la composition de l’excellent &lt;u&gt;Si par une Nuit d’hiver, un voyageur&lt;/u&gt;, Georges Perec arrive largement premier après avoir fait toute la course en tête, et loin devant.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;L'Oulipo invente des façons de structurer. Mais il faut un écrivain pour habiter convenablement la structure obtenue. Et la faire vivre et vibrer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Georges Perec est précisément cet écrivain.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5297525&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/02/2349035669.7.jpg&quot; alt=&quot;littérature,littérature française,georges perec,david bellos georges perec une vie dans les mots,perec les choses,perec la disparition,perec les revenentes,prix renaudot,perec alphabets,perec je me souviens,perec la vie mode d'emploi,alfred jarry,les minutes de sable mémorial,harry mathews,oulipo,raymond queneau,françois le lionnais,italo calvino comment j'ai écrit un de mes livres,si par une nuit d'hiver un voyageur,bibliothèque oulipienne&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>fredlautre</name>
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        <title>HOMMAGE À GEORGES PEREC</title>
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        <updated>2016-02-15T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2016-02-15T09:00:00+01:00</published>
        <summary>  Jean-Marc Reiser, pilier d’ Hara Kiri ,  Hara Kiri Hebdo ,  Charlie Hebdo ,...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Jean-Marc Reiser, pilier d’&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Hara Kiri&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Hara Kiri Hebdo&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Charlie Hebdo&lt;/span&gt;, trop tôt disparu (5 novembre 1983), avait rendu un bel hommage à Georges Perec, l’écrivain mort trop tôt (3 mars 1982). &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5293582&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/00/1119813029.jpg&quot; alt=&quot;HOMMAGE 1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Pour éviter au lecteur de prendre une loupe, je traduis ci-dessous le texte, vignette par vignette, dans une dimension lisible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;1) Perec était très malade, avant d’entrer à l’hôpital&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Attention je veux qu’on m’incinère&amp;nbsp;». Il aimait bien se moquer du monde … qu’on se disait …&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;2) Perec est mort, j’aimais bien Perec … Alors, comme ses copains, je suis allé à l’incinération – arrivée un matin sinistre d’hiver la pluie au dehors, la grippe en dedans devant le crematorium, monument italo-byzantin d’un pompeux stupide, il serait comique même sans les cheminées … «&amp;nbsp;On est loin des monuments funéraires de Ledoux&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;3) Arrive la famille, les copains, la femme qui l’aimait. On nous installe dans une pièce avec musique d’orgue d’ambiance et on attend assis sur des sièges en skaï style sécu. On ne sait ni quoi faire, ni quoi dire, dans un enterrement tout tourne autour du cercueil.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;4) Ici tout se passe au sous-sol, d’où proviennent des bruits de portes en fer et de brûleurs à mazout.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;5) Au bout d’une heure, je décide d’aller voir ce qui se passe.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;6) Et j’arrive au moment où un ouvrier en bleu de chauffe vient de récupérer les os blancs et brûlants de Perec du four.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;7) Et se met à les concasser avec une sorte de pilo qu’on dirait en tungstène&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Vous le connaissiez&amp;nbsp;? – C’était un grand écrivain&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;8) Le pilon perd de sa cadence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;9) Les morceaux d’os sont versés dans un broyeur électrique qui en fait de la cendre.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;10) Je me fais engueuler par un type à képi, qui m’éjecte du sous-sol&amp;nbsp;? A l’étage au-dessus, l’urne est arrivée … au bout de je ne sais quel cendroduc pour l’ultime cérémonial&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Mesdames et messieurs, si vous le voulez bien, vous pourrez vous incliner devant le numéro 8660&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;11) Perec, je l’avais rencontré juste avant sa maladie, par hasard, dans une toute petite île lointaine. Je connaissais l’écrivain, j’avais aimé sa gentillesse, son intelligence curieuse de tout. L’image que je garderai de lui&amp;nbsp;: sa silhouette aérienne coiffée d’un magnifique chapeau de paille qui disparaissait sous les cocotiers&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il a une démarche de danseuse&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;12) Perec a toujours aimé se moquer du monde&amp;nbsp;: sa mère morte à Auschwitz, il réclame d’être incinéré&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je vais lire tout de suite un de ses livres, dans un café, devant un grog&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;13) J’ai fait trois libraires&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;J’ai plus de Perec. Faut que j’en recommande&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Times New Roman','serif';&quot;&gt;14) «&amp;nbsp;C’est bien la littérature&amp;nbsp;: Georges Perec meurt, on retire ses livres, il ressuscite un peu. Tous les immortels ne pourront pas en dire autant&amp;nbsp;». SALUT PEREC.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Reiser, pour rendre hommage à son ami, ne nous épargne rien de la réalité concrète, rien de ce qui se passe dans la cuisine de la mort, rien des objets qui s’y trouvent et des gestes qu’ils appellent. Tout Georges Perec est présent dans cette page, où l’on retrouve en même temps tout Reiser.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Admirable.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5297526&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/2349035669.8.jpg&quot; alt=&quot;bande dessinée,reiser,georges perec,littérature,hara kiri,hara kiri hebdo,charlie hebdo&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>fredlautre</name>
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        <title>GEORGES PEREC</title>
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        <updated>2016-02-14T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2016-02-14T09:00:00+01:00</published>
        <summary>   Je vous préviens, l’extraordinaire biographie de Georges Perec par David...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5292184&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/00/4015192858.jpg&quot; alt=&quot;1994 DAVID BELLOS.jpg&quot; /&gt;Je vous préviens, l’extraordinaire biographie de Georges Perec par David Bellos ne vous incitera peut-être pas à devenir un adepte de son œuvre littéraire. Mais à coup sûr, elle vous fera aimer le bonhomme dont celle-ci est sortie. Un homme trop tôt disparu. Un homme qui fut violemment aux prises avec l’existence dès son plus jeune âge (père mort pour la France en 1940, mère morte à Auschwitz), et qui a, sur les décombres d’une enfance dévastée par l’histoire, construit une œuvre littéraire complètement atypique, unique dans le paysage français du 20&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; siècle.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Je le dis sans barguigner&amp;nbsp;: &lt;u&gt;Georges Perec, une vie dans les mots&lt;/u&gt;, est un chef d’œuvre accompli. Je ne sais pas quelle part de sa vie David Bellos a consacrée à rassembler la monstrueuse matière dont son ouvrage se trouve constitué à l’arrivée. Toujours est-il que David Bellos a amplement mérité de l’innommée patrie de la littérature, qui se nomme peut-être humanité.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Même si on met le mot au pluriel. Car le Perec que l'auteur restitue vibre devant nous comme s'il était vivant : un véritable tour de force. Sa biographie a tous les aspects de la rigueur, disons scientifique, qu'on attend de l'université, et en même temps le lecteur perçoit à tout instant une empathie vaste et profonde. David Bellos, à n'en pas douter, aime son sujet.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Autant le dire tout de suite&amp;nbsp;: les livres de Georges Perec suscitent davantage mon admiration pour la prouesse que mon amour du&amp;nbsp;contenu. Je suis de ceux qui tiennent dans un mépris obstiné tout ce qui se revendique d'une performance sportive. Et je suis désolé de le dire : il y a du défi sportif dans beaucoup de ses&amp;nbsp;œuvres. En revanche, tous les détails&amp;nbsp;de son&amp;nbsp;existence, tels que rapportés fidèlement par le biographe, suscitent mon adhésion, mon enthousiasme, ma ferveur. Mon émotion à maintes reprises. Si les livres me laissent un peu froid, on ne peut guère trouver d'homme plus attachant que celui qui les a écrits, tel qu'il apparaît sous la plume de David Bellos. C'est ainsi que j'en viens à considérer sa biographie de GP comme un roman formidable.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;Car&amp;nbsp;en se limitant le plus possible aux données factuelles, David Bellos touche son lecteur plus fortement et de plus près que s'il avait cherché à l'émouvoir. Et j'avoue humblement que j'ai marché à fond : je sors de ce bouquin ébloui autant par la qualité du bonhomme dont il est parlé que par la façon dont il en est parlé tout au long.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Je sais bien qu’il faut commencer un livre par le début, mais j’ai envie de parler de cette biographie en isolant&amp;nbsp;deux détails peut-être infimes, perdus parmi les 700 et quelques pages qu’il a fallu à David Bellos pour rendre compte de Georges Perec. Deux détails qui m'apparaissent comme la signature d'un homme. Le premier de ces détails se situe au chapitre 25, qui m’a, je dois l’avouer, fait hurler de rire, tant il fait flamboyer&amp;nbsp;la particularité du personnage.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Pensez, un type voué à la littérature qui se fait embaucher au CNRS, pour s’occuper du classement de toute la documentation scientifique consultable par les chercheurs. Et pas de la petite science&amp;nbsp;: le LA 48 (Laboratoire Associé) s’occupe de recherches sur tout ce qui concerne la neurophysiologie du sommeil et de l’état de veille, sous la houlette «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;granitique&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» de Paul Dell. C’est ainsi que Gorges Perec devint, en 1961, «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;documentaliste classé technicien IIIB&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;» dans la fonction publique.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Le personnel du laboratoire, à commencer par André Hugelin, qui se résigna à embaucher ce jeune homme aux dents gâtées, mal habillé, et peut-être même mal lavé, est d’abord incrédule. Mais il ne le resta pas longtemps, car le moteur du génie combinatoire de Perec se mit à vrombir, et quelque temps après, «&amp;nbsp; … &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;le système de documentation mis au point par Perec suscita beaucoup d’admiration et le bruit se répandit de sa qualité dans les autres laboratoires de recherche. Des émissaires passaient maintenant sous des motifs divers et profitaient d’un brin de causette pour traîner devant les fichiers et le plan de classement&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;». Il avait fait la preuve de sa stupéfiante virtuosité.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Mais Perec, sous ses dehors de malhabile timide et mal fichu, était un diable facétieux. Il sut prendre sa revanche sur l’obscurité de son boulot mal payé. Il assaisonna en effet maintes fiches de l’admirable fichier scientifique de vinaigrettes de sa façon. C’est ainsi que, dans le fichier du laboratoire s’occupant de la neurophysiologie du sommeil, on trouve une fiche répertoriant un ouvrage intitulé &lt;u&gt;Les Choses&lt;/u&gt; (auquel il doit son prix Renaudot de 1965).&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;C’est ainsi que les chercheurs peuvent tomber sur un article ainsi référencé&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;&quot;Attention et respiration&quot;, publié dans Kononk. Akad. Wetenschap. Amsterdam Proc. Sec.Sci1 (1899), p. 121-138&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», par un savant nommé Caspar Winckler, nom ancré dans l’archéologie de Georges Perec (et rien que la lettre W&amp;nbsp;!), et qui deviendra celui d’un personnage central de son chef d’œuvre, &lt;u&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/u&gt;.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;C’est ainsi que, en 1994, «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;il arrive encore que de petits groupes se retrouvent au fond d’un bar pour y écouter le compte rendu de Perec concernant les effets électrochimiques observés sur les sopranos soumises à une pluie de tomates nourrie et régulière&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;», tout ça parce qu’il avait glissé son canular parmi les autres publications savantes, toutes très sérieuses, évidemment.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Ce texte, intitulé «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Experimental Demonstration&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;» est redoutable&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;On dit même que lors d’une réunion de la commission de biochimie du CNRS, le président de séance jeta un coup d’œil sur une photocopie du canular de Perec qui s’était glissée (par inadvertance&amp;nbsp;?) dans la pile de dossiers qu’il avait devant lui. Il parcourut la première page, vira au cramoisi, se mit à bafouiller et dut se cramponner aux bras de son fauteuil. &quot;Experimental Demonstration&quot; fut à l’origine du seul cas connu d’une commission du CNRS s’accordant une interruption de séance pour cause de … fou rire&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;». Irrésistible. Si non è vero, ben trovato.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Le deuxième détail est une anecdote, racontée à la page 586 du volume. Perec est amoureux de Catherine, la dernière femme de sa vie. Ils sont au restaurant «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Le Balzar&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;», en train de manger une raie au beurre noir&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;… une goutte de gras tacha le chemisier de la jeune femme. Pour qu’elle ne se sente pas gênée, Perec trempa le doigt dans la saucière et barbouilla de beurre la chemise indienne que lui-même portait. Catherine ne savait pas qu’un tel charme pût exister&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;». Vous la voyez, la scène ? Cette histoire me ravit : vous en connaissez beaucoup, vous, des types cravatés et costumés, capables de saloper, par amour, leur ensemble Kenzo ?&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Tendresse et facétie : deux mots qui signent le personnage dans ses relations avec les autres, autant que je peux en connaître.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Je terminerai ce billet sur le portrait de «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Pierre G.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;», que David Bellos pense avoir reconnu pour être celui de Georges Perec (initiales inversées) sous la plume de Jean-Bertrand Pontalis, son psychanalyste, dans son livre &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;L’Amour des commencements&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: « &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Une inépuisable banque de données en désordre, un ordinateur facétieux sans mode d’emploi, un Pécuchet privé de son Bouvard, telle était la mémoire de Pierre. Parfois pourtant elle se fixait et c’est alors qu’elle s’égarait. Elle allait visiter, explorer des lieux, obstinée à les capter, à les saisir comme un photographe à l’affût ou comme un huissier de justice. Pierre me décrivait les rues où il avait vécu, les chambres où il avait logé, le dessin du papier mural, me précisait les dimensions du lit, de la fenêtre, la place de chaque meuble, la forme du bouton de porte&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» (p.538). La mémoire de Georges Perec embrasse de vastes territoires, mais elle est capable, à l’occasion, de «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;zoomer&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» sur des détails de façon à les grossir, comme on fait en macrophotographie.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;Une excellente illustration de ce fonctionnement mental (embrasser la diversité du monde sans perdre le souci du tout petit détail) est offerte par &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Vie mode d'emploi&lt;/span&gt;, ce bouquin aussi concentré que de grande dimension.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;L'homme Georges Perec était tellement attachant que les témoignages d'affection ne manquent pas. Ainsi, l'épouse de Laurent de Brunhoff, continuateur des aventures de Babar :&amp;nbsp;« &lt;span style=&quot;font-family: 'book antiqua', palatino, serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Perec a apporté le soleil dans notre vie&quot;, dit Marie-Claude. Bien sûr, dans ce nouvel environnement familial, il en profita pour se faire materner. &quot;Mais tout le monde avait envie de materner Perec !&quot; ajoute-t-elle&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;» (p.579).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Merci à David Bellos pour ces moments de jubilation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Note&amp;nbsp;: le travail de David Bellos est absolument impeccable. Il est donc forcément maniaque et petit de ma part de relever quelques très rares détails, trop minuscules pour faire une ombre d'ombre à l’ensemble. Vingt-deux ans après la parution, je peux me le permettre. 1) Il me semble que le psychanalyste Pontalis se prénomme Jean-Bertrand et non Jean-Baptiste. 2) Le &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Georges Perec&lt;/span&gt; de Claude Burgelin est publié non en 1989, mais en 1988. 3) En musique, «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;coda&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» est du genre féminin. 4) «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Book Antiqua','serif';&quot;&gt;Anagramme&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;» est également du genre féminin, mais là, franchement, c’est la bourde impardonnable, vu la consommation qu’a faite Georges Perec de la chose. 5) Autre impardonnabilité : la slivovitz (p. 237) est un alcool de quetsche, et pas d'abricot, monsieur Bellos, soit dit en tout respect.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5292182&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/01/2349035669.7.jpg&quot; alt=&quot;0 DRAPEAU.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>UN COÏNCIDENCE PUISSANTE</title>
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        <updated>2016-02-11T09:05:00+01:00</updated>
        <published>2016-02-11T09:05:00+01:00</published>
        <summary>  La nouvelle est tombée au moment même où j'étais précisément en&amp;nbsp;train...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;La nouvelle est tombée au moment même où j'étais précisément en&amp;nbsp;train de lire la plus belle biographie qu’il m’ait été donné de lire : Ela Bienenfeld est morte le 1 février 2016. C'était dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le Monde&lt;/span&gt; du 6. Elle était la cousine de l'écrivain dont il est question dans la dite biographie. L'écrivain s'appelle Georges Perec. Je le dis sans hésiter : le récit de sa vie par David Bellos est&amp;nbsp;un chef d'œuvre.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5290143&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/02/3693447548.jpg&quot; alt=&quot;BIENENFELD.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 14pt;&quot;&gt;Le livre que j'étais&amp;nbsp;en train de lire quand cet avis de décès a paru était donc&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Georges Perec, une vie dans les mots&lt;/span&gt;. Un magnifique monument&amp;nbsp;élevé par David Bellos à la mémoire de ce grand écrivain. J'avais acheté le livre à parution, en 1994. Je viens de le lire, vingt-deux ans après. Il n'est jamais trop tard. Je dirai même que &quot;ça tombe bien&quot;. &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5290144&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/02/4015192858.jpg&quot; alt=&quot;1994 DAVID BELLOS.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; font-family: 'Arial','sans-serif';&quot;&gt;Je parlerai plus tard de ce livre extraordinaire et de l’effet prodigieux qu’il a eu sur moi. Ici, je me contente de noter la coïncidence qui fait mourir Ela Bienenfeld un 1 février 2016, au moment même où&amp;nbsp;la personne de&amp;nbsp;son cousin, par la grâce d'un récit animé par l'exigence de la précision, par la nécessité de la rigueur et par la piété d'un admirateur, me devient plus familière que celle d'aucun écrivain ne me le fut jamais. Georges Perec est mort le 3 mars 1982, quelques jours avant son quarante-septième anniversaire. Ela Bienenfeld était née en 1927.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-5290155&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/00/2349035669.11.jpg&quot; alt=&quot;littérature,georges perec,david bellos,georges perec une vie dans les mots,ela bienenfeld&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Littérature de partout</name>
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        <title>Georges Perec, W ou le souvenir d'enfance</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://litteraturedepartout.hautetfort.com/archive/2015/04/04/georges-perec-w-ou-le-souvenir-d-enfance-5597227.html" />
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        <updated>2015-04-09T05:00:00+02:00</updated>
        <published>2015-04-09T05:00:00+02:00</published>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;img id=&quot;media-4994521&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/00/02/2327392292.jpg&quot; alt=&quot;perec.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 127.6pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;La rue Vilin&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 127.6pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 127.6pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Nous vivions à Paris, dans le 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, rue Vilin&amp;nbsp;; c’était une petite rue qui part de la rue des Couronnes, et qui monte, en esquissant vaguement la forme d’un S, jusqu’à des escaliers abrupts qui mènent à la rue du Transvaal et à la rue Olivier Metra (c’est de ce &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;carrefour, l’un des derniers points de vue d’où l’on puisse, au niveau du sol, découvrir Paris tout&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;entier, que j’ai tourné, en juillet 1973, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Un homme qui dort&lt;/em&gt;). La rue Vilin est aujourd’hui aux trois-quarts détruite. Plus de la moitié des maisons ont été abattues, laissant place à des terrains vagues où s’entassent des détritus, de vieilles cuisinières et des carcasses de voitures&amp;nbsp;; la plupart des maisons encore debout n(offrent plus que des façades aveugles. Il y a un an, la maison de mes parents, au numéro 24, et celle de mes grands-parents maternels, où habitait aussi ma tante Fanny, au numéro 1, étaient encore à peu près intactes. On voyait même au numéro 24, donnant sur la rue, une porte de bois condamnée au-dessus de laquelle l’inscription &lt;span style=&quot;font-variant: small-caps;&quot;&gt;coiffure dames&lt;/span&gt; était encore à peu près lisible. Il me semble qu’à l’époque de ma petite enfance, la rue était pavée en bois. Peut-être même y avait-il, quelque part un gros tas de pavés de bois joliment cubiques dont nous faisions des fortins ou des automobiles, comme les personnages de &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;l’Ile rose&lt;/em&gt; de Charles Vildrac.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 127.6pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 127.6pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville; color: blue;&quot;&gt;Georges Perec, &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;W ou le souvenir d’enfance&lt;/em&gt;, L’imaginaire / Gallimard, 1994, p. 64-65.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Louyse</name>
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        <title>Le groupe ”peintres de la réalité, trompe l'oeil”</title>
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        <updated>2014-08-05T22:36:00+02:00</updated>
        <published>2014-08-05T22:36:00+02:00</published>
        <summary>       Le presse papier :  La récupération de Jaurés  -  La sixième...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://www.artracaille.fr/">
          &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;iframe width=&quot;360&quot; height=&quot;270&quot; src=&quot;http://www.youtube.com/embed/_N37YGoAbYc?feature=oembed&quot; frameborder=&quot;0&quot; allowfullscreen=&quot;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le presse papier : &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/07/30/il-n-est-pas-si-facile-de-recuperer-l-heritage-de-jean-jaures_4464495_823448.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;La récupération de Jaurés&lt;/a&gt; -&lt;a href=&quot;http://www.reporterre.net/spip.php?article6207&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; La sixième extinction des espèces&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les histoires : Extrait de la préface de&amp;nbsp; &quot;&lt;a href=&quot;http://www.fabula.org/forum/colloque99/219.php&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;L'oeil ébloui&lt;/a&gt;&quot; écrite par Georges Perec. &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=xxXWyIW4fbk&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Henri Cadiou&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;http://www.guy-christian-canat.com/biogr&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Guy Christian Canat&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;http://www.dominiquehouard.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Dominique Houard&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les ziques : &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/xtvvr8_jacques-brel-jaures-1977_music&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Jacques Brel&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=d3EiFQJdNJU&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Dick Annegarn&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=Oh05ZM5ja-k&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Charles Aznavour&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/artist/58020&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Michel Bühler&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=p2TEqOg2ib8&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Anne Vanderlove&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;https://www.youtube.com/watch?v=BHSg8oi8MqQ&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Paco Ibanez.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les expositions :&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.lamaisonrouge.org/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Maison rouge&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;http://www.galerier9.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Philippe Roux&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;http://www.radiovassiviere.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Radio Vassivière&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;http://www.guy-christian-canat.com/actualite&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Guy Christian Canat&lt;/a&gt; - &lt;a href=&quot;http://www.dominiquehouard.com/mes-expos-2014/mes-expos-2014,r1984762.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Dominique Houard.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>fredlautre</name>
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        <title>ADIEU AU LANGAGE</title>
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        <updated>2014-06-05T09:00:00+02:00</updated>
        <published>2014-06-05T09:00:00+02:00</published>
        <summary>  Je commence à être inquiet&amp;nbsp;: c’est la deuxième fois que je vais au...</summary>
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          &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Je commence à être inquiet&amp;nbsp;: c’est la deuxième fois que je vais au cinéma cette année. Ça commence à faire beaucoup. Cette fois, c’était pour voir le «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;dernier Godard&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;»&amp;nbsp;: &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Adieu au langage&lt;/span&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4582819&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/3679298265.jpg&quot; alt=&quot;adieu au langage,cinéma,littérature,jean-luc godard,le masque et la plume,guy debord,in girum imus nocte et consumimur igni,palindrome,georges perec,la société du spectacle,milan kundera&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Si je ne vais guère au cinéma, c’est que je&amp;nbsp;ne veux&amp;nbsp;plus qu’on me «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;raconte des histoires&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», j'attends qu’on me dise quelque chose,&amp;nbsp;à la rigueur qu'on le fasse à travers un récit :&amp;nbsp;roman, film ou autre. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Qu'on me dise quelque chose de consistant&amp;nbsp;du monde tel qu'il est, tel qu'il va. Ou plutôt tel qu'il va mal.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;J'avais déjà rencontré ça dans les Maigret que j'ai lus. Avec &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Adieu au langage&lt;/span&gt;, je n'ai pas été déçu ! Il ne m'étonne pas du tout que les fonctionnaires&amp;nbsp;à bout de souffle (salut Godard !)&amp;nbsp;du &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Masque et la Plume&lt;/span&gt; (sauf Lalanne) aient été rebutés et aient envoyé le film à la poubelle. Un signe&amp;nbsp;annonciateur : Jérôme Garcin l'avait placé en dernière position dans son énumération du début, ce qui garantissait qu'il fût expédié en un quart de seconde.&amp;nbsp;Ces spécialistes autoproclamés du cinéma sont aussi fatigués que rebutants.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Moi, le pur «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;entertainment&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;» à l’américaine, cette farcissure qui vous boulotte les boyaux de la tête façon hamburger, merci, très peu pour moi. J’ai assez donné. Et le fait que «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;les séries&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», amerloques ou autres, aient acquis une existence autonome, pour être parfois érigées en œuvres véritables, me laisse halluciné. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;On voudrait&amp;nbsp;visser les gens devant leur télé 24/24, 7/7&amp;nbsp;qu'on ne s'y prendrait pas autrement.&amp;nbsp;Pire&amp;nbsp;: il m’épastrouille que des foules innombrables se pressent pour en acquérir les coffrets de DVD bien complets de toutes leurs «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;saisons&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;», pour se les repasser quand elles sont au chaud et à l'abri. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;En observant ce phénomène, j’entends un seul message (voix suave d'hôtesse d'aéroport)&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;Cessez de vivre votre vie, laissez ce soin à l'armée des scénaristes qui vont vous la raconter bien mieux que vous ne ferez jamais en existant vous-même&amp;nbsp;dans la réalité, vous ne serez jamais aussi pleins, jamais aussi intenses,&amp;nbsp;car vous êtes pauvres et vides&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;». Se passionner pour les séries américaines, c'est accepter de dormir sa vie. En payant pour ça.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Ça me rappelle une histoire dessinée par le grand Gébé&amp;nbsp;: l’histoire d’un type&amp;nbsp;dont on filme la vie de sa naissance à ses quarante ans et qui, à son quarantième anniversaire, s’enferme pour toujours&amp;nbsp;dans une salle de projection pour se repasser, pendant les quarante ans qui lui restent à vivre, le film de ce qu’il a été, accompli, vécu jusqu’au moment&amp;nbsp;où il a décidé&amp;nbsp;de se regarder vivre. C’était&amp;nbsp;de longues années&amp;nbsp;avant &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;The Truman show&lt;/span&gt; (1997), l’assez bon (ne soyons pas chien)&amp;nbsp;film de Peter Weir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Guy Debord a réalisé quelques films. Le plus célèbre (si l’on peut dire) s’intitule &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;In girum imus nocte et consumimur igni&lt;/span&gt; («&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;nous marchons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;»), titre qui, comme on le sait, constitue un intéressant palindrome, pour une fois plein de sens, pas comme l’énorme palindrome écrit par Georges Perec, simple tour de force dans un jeu de langage&amp;nbsp;: virtuose et desséché. Quand il devient une pure combinatoire, le langage a perdu son humanité.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4583253&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/01/3361467582.jpg&quot; alt=&quot;adieu au langage,cinéma,littérature,jean-luc godard,le masque et la plume,guy debord,in girum imus nocte et consumimur igni,palindrome,georges perec,la société du spectacle,milan kundera&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;LE COFFRET DES OEUVRES CINEMATOGRAPHIQUES COMPLETES DE&amp;nbsp;GUY DEBORD&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Les films de Guy Debord ne sont pas des films. Je veux dire qu’ils ne sont pas faits pour être vus par des spectateurs. Je veux dire des spectateurs normaux, qui attendent douillettement qu’on leur raconte une histoire, comme on fait aux enfants pour les endormir le soir. Les films de Guy Debord sont des manifestes politiques. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Car Guy Debord s'en prend précisément à la substitution généralisée des images à la vraie vie, vous savez, celle qui se construit dans la confrontation à des réalités et non à des artefacts. Or l'artefact (le&amp;nbsp;« &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;spectacle&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;», dit pour aller vite) est devenu le monde.&amp;nbsp;Les films de Guy Debord sont des applications radicales de &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Société du spectacle&lt;/span&gt;, livre de haute densité et de haute teneur en alcool intellectuel, où l’auteur déshabille jusqu’à l’os le système dans lequel l’époque nous fait vivre. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Adieu au langage&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;, le dernier film de Jean-Luc Godard, emprunte à Debord quelques «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;trucs&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;» de cinéma (genre «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;cartons&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;», écran noir, nombreux cuts de la bande-son …). Mais ce que Godard injecte dans son film, j’ai d’abord l’impression que c’est TOUT&amp;nbsp;le manifeste de &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Société du spectacle&lt;/span&gt;. De Debord, Godard reprend, à température de fusion, la radicalité. A cet égard, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Adieu au langage&lt;/span&gt; est un film horriblement&amp;nbsp;méchant. Et, à cet égard, incompréhensible de la plupart.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Comme l’écriture de Céline dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Mort à crédit&lt;/span&gt;, ce film est un défi au spectateur&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;T’es pas cap de rester dans la salle jusqu’au bout&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», qu’il dit, Godard (je cite d'inspiration). L’autre Godard, Henri, celui qui parle de Céline, en est convaincu&amp;nbsp;: l’écrivain Céline fait tout pour repousser le lecteur tout en se débrouillant pour qu'il ne puisse pas le lâcher. Eh bien, de même,&amp;nbsp;Jean-Luc Godard, le cinéaste, fait ici tout ce qu’il faut pour se faire haïr de celui qui regarde, tout en le rivant à son fauteuil pendant 70 minutes : à ce point de densité, pas besoin de faire long.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Adieu au langage&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;, si vous en êtes resté au linéaire du récit à la papa, c’est d’abord que vous n’êtes pas «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;moderne&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;»&amp;nbsp;: James Joyce, Claude Simon, William Burroughs et quelques autres ont arpenté et balisé le chemin dès longtemps en littérature. Ensuite, c'est que le film n’est pas pour vous. Il flanque mal au cœur à ceux qui ont l’estomac fragile. Il met les yeux à l’épreuve, avec un usage bizarre de la 3D, bizarre en ce qu’il n’est pas constant. Il met à l’épreuve la comprenette, qui essaie de saisir un fil conducteur, s’il existe. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;S’il y a une ligne narrative, Godard s’est débrouillé pour nous la livrer hachée menu. C’est d’ailleurs rigolo comme les choses se présentent&amp;nbsp;: je viens de lire le dernier Henri Godard (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;A Travers Céline, la littérature&lt;/span&gt;), puis le dernier Kundera (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Fête de l’insignifiance&lt;/span&gt;), et j’enchaîne sur le dernier opus du Suisse (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Adieu au langage&lt;/span&gt;). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Céline réduisait ses phrases en miettes bourrées de points d’exclamation et de suspension. Le récit de Kundera repose sur une logique apparemment foutraque. Quant à Godard, il juxtapose (on parle de montage) des images pour pulvériser la notion d’enchaînement. Dans ces trois cas de cinglés, il faut s’accrocher.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4583272&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/00/84971257.jpg&quot; alt=&quot;adieu au langage,cinéma,littérature,jean-luc godard,le masque et la plume,guy debord,in girum imus nocte et consumimur igni,palindrome,georges perec,la société du spectacle,milan kundera&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Mais trêve de considérations oiseuses. &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Adieu au langage&lt;/span&gt; ne nous raconte pas une histoire, il nous dit quelque chose, et ce n’est pas réjouissant. Il nous parle en effet du monde tel qu’il est, du monde en morceaux,&amp;nbsp;tel qu’il va mal, tel qu’il dégoûte, jusqu’à l’écœurement et l’envie de vomir, les individus lucides, au nombre desquels regrette d'avoir à&amp;nbsp;se compter Jean-Luc Godard. &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Adieu au langage&lt;/span&gt; colle littéralement à la réalité du monde d'aujourd'hui, puisqu'il se présente comme une continuité pulvérisée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Vouloir être lucide aujourd’hui, c’est accepter de&amp;nbsp;voir que&amp;nbsp;l’humanité s'achemine&amp;nbsp;vers sa perte.&amp;nbsp;Mais ne pas vouloir pour autant&amp;nbsp;s'en laisser transformer en statue de glace.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Heureusement, on peut encore fermer régulièrement toutes les écoutilles.&amp;nbsp;Se faire du bien. Célébrer la beauté des femmes. Boire une bouteille de Chusclan 2011. Se plonger dans la lecture de &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Nostromo&lt;/span&gt;. Se réjouir entre amis. Rouvrir &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les Fleurs du Mal&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les Amours jaunes&lt;/span&gt;... Déclarer son amour. Des trucs qui n'ont rien à voir avec la marche du monde.&amp;nbsp;Exister, quoi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Et puis retourner voir &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Adieu au langage&lt;/span&gt;. Excellent programme.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>fredlautre</name>
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        <title>LE MONDE DANS LA VITRE</title>
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        <updated>2014-05-20T09:00:00+02:00</updated>
        <published>2014-05-20T09:00:00+02:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;  &amp;nbsp;  ******   «   Charles-André Merda, dit Méda, 1773-1812. Plus...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lantidote.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;******&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;« &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Charles-André Merda, dit Méda, 1773-1812. Plus tard colonel et baron d'Empire. Tué à la bataille de la Moskowa.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Dans la nuit du 9 au 10 Thermidor de l'an II (27 au 28 juillet 1794), Merda est un des premiers à pénétrer dans la salle de l'Hôtel de Ville de Paris où se sont réfugiés Robespierre, Saint-Just, etc. Arrêté dans la nuit, la mâchoire fracassée par un coup de pistolet, Robespierre fut guillotiné sans jugement le 10 Thermidor.&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;»&lt;img id=&quot;media-4562987&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/00/2011928150.jpg&quot; alt=&quot;photographie,littérature française,georges perec,je me souviens,roland brasseur,je me souviens de je me souviens,théâtre mogador,sami frey,universitaire,le castor astral éditions,pol éditeur,&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;On trouve ce souvenir de fait divers dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Je me Souviens de &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Je me souviens&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;,&amp;nbsp;Le Castor Astral, 1998, l'ouvrage que Roland Brasseur avait, vingt ans après,&amp;nbsp;écrit « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;à l'usage des générations oublieuses&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;», pour célébrer le &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Je me Souviens&lt;/span&gt; de Georges Perec (POL, 1978). &lt;img id=&quot;media-4562988&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/00/4063298931.jpg&quot; alt=&quot;photographie,littérature française,georges perec,je me souviens,roland brasseur,je me souviens de je me souviens,théâtre mogador,sami frey,universitaire,le castor astral éditions,pol éditeur,&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;Dans le livre de Georges Perec, on trouve exactement, au n° 193 (p.54) : « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Je me souviens que Robespierre eut la mâchoire fracassée par le gendarme Merda, qui devint plus tard colonel&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;».&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;La quatrième de couverture du livre de Roland Brasseur nous apprend qu'il avait assisté, le 20 janvier 1989,&amp;nbsp;à la représentation du théâtre Mogador, où Sami Frey récitait, assis sur une bicyclette, les 480 numéros (en fait, c'est ça, les &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Je me souviens&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;)&amp;nbsp;que comporte le livre de Georges Perec. Je le dis tout net : l'ouvrage de Roland Brasseur est utile&amp;nbsp;mais éminemment&amp;nbsp;regrettable. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;Car le principal motif qui pousse le lecteur, dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Je me Souviens&lt;/span&gt;, n'est certes pas le désir&amp;nbsp;de trouver les références exactes d'un décor qui fut familier à ses seuls contemporains, mais&amp;nbsp;le bain d'imaginaire poétique et le climat incertain de lointaine et enfouie&amp;nbsp;fraternité&amp;nbsp;dans lesquels l'auteur le plonge par l'accumulation de ses propres souvenirs et par la simple répétition d'une formule qui en devient&amp;nbsp;quasi-sacramentelle, comme le « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;priez pour nous&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; » des vieilles Litanies des Saints. Même si, du point de vue religieux, alors là,&amp;nbsp;c'est raté. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4563440&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/2312727095.jpg&quot; alt=&quot;photographie,littérature française,georges perec,je me souviens,roland brasseur,je me souviens de je me souviens,théâtre mogador,sami frey,universitaire,le castor astral éditions,pol éditeur,claude burgelin,croix-rousse&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;Roland Brasseur, en réduisant le livre à son contenu purement&amp;nbsp;informationnel, fait semblant de vouloir servir l'écrivain. En fait, il le démolit. Car il fait semblant de croire au &quot;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Ding an sich&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&quot; de Kant, alors que Perec est dans le Schopenhauer de la &quot;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Volonté&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&quot; et de la &quot;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Représentation&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&quot;. Cela s'appelle proprement perdre l'esprit pour s'accrocher à la lettre. Comme un vulgaire mollah prenant le Coran au pied de la lettre et se mettant en tête&amp;nbsp;d'appliquer la Charia. Sa Charia à lui. Et sans commencer par se l'appliquer à lui-même, évidemment. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;Au fond, Roland Brasseur prend Georges Perec au sérieux. Avec raison. Mais il a tort.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: small;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <title>LES VARIATIONS MUSICALES DE CLAUDE MONET</title>
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        <updated>2014-03-23T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2014-03-23T09:00:00+01:00</published>
        <summary>  Comme je parlais des trente Cathédrales de Rouen peintes par Claude Monet,...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lantidote.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Comme je parlais des trente Cathédrales de Rouen peintes par Claude Monet, en évoquant la notion de « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;thème et variations&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;», qu'on croit à tort réservée au domaine musical, j'ai eu envie de revenir à une des plus fortes émotions esthétiques que j'aie jamais éprouvées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492057&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/2223060454.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 7.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;C'était en 1994. Il se trouve que je courais cet été-là les cathédrales gothiques qu'on trouve au nord de la Loire, en me déplaçant d'est en ouest.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492058&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/114401847.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 8.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Arrivé à Rouen, j'apprends que le musée des Beaux-Arts accueille un nombre impressionnant, en tout cas jamais vues ensemble, de toiles peintes par Claude Monet de la cathédrale de la ville. Le musée d'Orsay en possède quelques-unes, tout le reste est dispersé dans les musées et collections particulières du monde. Moment unique, donc. Occasion à saisir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492059&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/1106541226.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 10.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Je cours, je paie l'entrée, je me dirige vers l'expo. Alors là, on dira ce qu'on voudra, mais ceux qui n'ont pas eu la chance de la visiter n'ont vraiment pas eu de chance.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492060&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/02/2299852250.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 15.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Si je me souviens bien, on entre en descendant quelques marches dans une vaste salle très lumineuse. Tous les tableaux rassemblés sont là, bien rangés côte à côte à la même hauteur. Le choc !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492061&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/02/1904488811.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 18.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Car rencontrer une de ces cathédrales, par exemple au musée d'Orsay (prenez « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le portail, soleil matinal&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;», « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le portail, plein soleil&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;», ou « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le portail et la tour d'Albane, effet du matin &amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;»), cela fait son effet, certes. Non, rassurez-vous, je ne ferai pas dans le lyrique. Je veux dire qu'on peut admirer chaque tableau en particulier, c'est sûr. Malheureusement, on connaît l'existence de la série : il manque tous les autres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492062&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/4194312628.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 21.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Car&amp;nbsp;voyez maintenant&amp;nbsp;se déployer sous vos yeux, d'un seul regard, à trente reprises, comme démultipliée en dizaines de reflets, dont chacun recèle&amp;nbsp;son irisation particulière,&amp;nbsp;le gigantisme de l'obsession du peintre, croyez-moi, il y a de quoi se sentir terrassé par une sorte de démesure. Je précise cependant que quelques tableaux de la série manquaient à l'appel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492064&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/00/3181402980.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 22.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Le problème,&amp;nbsp;quand l'homme se met en tête d'épuiser le réel (disons de créer un monde, c'est la même chose, puisque ce sont deux façons&lt;img id=&quot;media-4492794&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/02/218319046.jpg&quot; alt=&quot;claude monet,peinture,cathédrale de rouen,art&quot; /&gt; d'en&amp;nbsp;faire le tour complet), c'est que,&amp;nbsp;se prétendant rival de Dieu, il se rend compte très vite de sa vaine prétention, puisqu'il est obligé, dans l'espoir d'arriver à la Totalité, de procéder par l'Enumération, ce qui est le plus sûr moyen de ne jamais y parvenir. Dieu commence par le Tout. Et Georges Perec n'a pas davantage épuisé « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;un lieu parisien&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;» (en l'occurrence la place Saint-Sulpice)&amp;nbsp;que Claude Monet la cathédrale de Rouen (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Tentative d'épuisement d'un lieu parisien&lt;/span&gt;, Christian Bourgois, 1982). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492066&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/00/853585604.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 24.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Et rien n'est plus fascinant que de se trouver devant une de ces tentatives prométhéennes, où un peintre entreprend de rivaliser avec l'infini en énumérant les différentes circonstances spécifiques dans lesquelles s'inscrit l'objet de son choix, où les paramètres de la vision changent au gré du temps qu'il fait et du moment de la journée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492685&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/3027557482.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 14.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Ainsi&amp;nbsp;Monet, au cours des années 1890,&amp;nbsp;tente d'en finir avec les effets de lumière et de couleur sur la cathédrale de Rouen, depuis son poste d'observation chez Louvet, puis chez&amp;nbsp;Mauquit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492068&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/260081524.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 25.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Qu'on le veuille ou non, cette tentative est parente de celle du musicien qui entreprend un « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;thème et variations&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;» : on retrouve bien toujours la base reconnaissable, basse ou cantus firmus, revêtue à chaque fois de vêtements différents, d'ornements nouveaux, d'harmonies surprenantes, de couleurs imprévues.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4492069&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/3396364917.jpg&quot; alt=&quot;ROUEN 29.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Cette façon de composer des sons ou des tableaux me touche particulièrement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Note : je fais figurer ci-dessus&amp;nbsp;onze des trente tableaux, reproduits tant bien que mal, évidemment. Pour les curieux, j'ai ouvert un album complet qu'ils peuvent aller consulter dans la colonne de droite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>SUR du VENT par Henri CHEVIGNARD</name>
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        <title>1978 : à TOUS les ETAGES</title>
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        <updated>2014-03-16T21:30:00+01:00</updated>
        <published>2014-03-16T21:30:00+01:00</published>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4410897&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://surduvent.hautetfort.com/media/02/00/3424149931.png&quot; alt=&quot;1978,georges perec,la vie mode d'emploi,&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>la bacchante</name>
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        <title>Disparitions / Disappearances</title>
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        <updated>2013-09-20T07:24:00+02:00</updated>
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        <summary>     Du noir au blanc, de l'obscurité à la lumière, en quatre-vingt-dix-neuf...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4256458&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lesilesindigo.hautetfort.com/media/01/01/146034147.jpg&quot; alt=&quot;alain-01,medium_large.jpg&quot; width=&quot;282&quot; height=&quot;377&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier; font-size: small;&quot;&gt;Du noir au blanc, de l'obscurité à la lumière, en quatre-vingt-dix-neuf jours, Alain Korkos creuse une galerie de quatre-vingt-dix-neuf portraits d'hommes et de femmes déportés à Auschwitz, sur son site &lt;a href=&quot;http://disparitions.alainkorkos.fr/index.php#goto-1&quot;&gt;Disparitions / Disappearances&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier; font-size: small;&quot;&gt;Emotion, les mots sont inutiles.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier; font-size: small;&quot;&gt;J'aime à croire qu'avec ce projet, Alain Korkos rend aussi hommage à Georges Perec et son roman &lt;em&gt;La disparition&lt;/em&gt;, écrit sans &quot;e&quot;, sans &quot;eux&quot;. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style=&quot;font-family: courier new,courier; font-size: small;&quot;&gt;Quatre-vingt-dix-neuf jours, avec eux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4256461&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lesilesindigo.hautetfort.com/media/01/01/805600090.jpg&quot; alt=&quot;alain-10,medium_large.jpg&quot; width=&quot;288&quot; height=&quot;384&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>SUR du VENT par Henri CHEVIGNARD</name>
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        <title>PEREC ! REVIENS...</title>
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        <updated>2013-07-26T21:30:00+02:00</updated>
        <published>2013-07-26T21:30:00+02:00</published>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4192031&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://surduvent.hautetfort.com/media/02/01/2327392292.jpg&quot; alt=&quot;georges perec,je me souviens,langage,donc,du coup&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>MILIQUE</name>
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        <title>GEORGES PEREC ”TOUT AUTOUR DE BEAUBOURG  4”</title>
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        <updated>2013-06-07T17:25:00+02:00</updated>
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        <summary>         &amp;nbsp;    GEORGES PEREC       &quot;TOUT AUTOUR DE BEAUBOURG&amp;nbsp; 4&quot;...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: x-large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;iframe width=&quot;481&quot; height=&quot;139&quot; src=&quot;http://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=4638404&quot; frameborder=&quot;0&quot; scrolling=&quot;no&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: x-large; color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;strong&gt;GEORGES PEREC&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: x-large;&quot;&gt;&lt;strong&gt; &quot;TOUT AUTOUR DE BEAUBOURG&amp;nbsp; 4&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lu par &lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Elsa LEPOIVRE&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Issu du recueil&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large; color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt; &lt;em&gt;L’INFRAORDINAIRE &lt;/em&gt;(1989)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt; Le Seuil&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large; color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;«&amp;nbsp;Les journaux parlent de tout, sauf du journaliser. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien&amp;nbsp;; ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large; color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il&amp;nbsp;? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large; color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Voilà le programme d’inventaire, d’anthologie personnelle que Pérec adresse à tout le monde de ses lecteurs&amp;nbsp;: la description de ce qui nous meut, dans le quotidien, finalement si proche, et si universel&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Choix de &lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Laurence Courtois&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Prise de son, montage, mixage&amp;nbsp;: &lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Bernard Lagnel, Adrien Roch&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;bernard lagnel,Assistant à la réalisation&amp;nbsp;: &lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Pauline Ziadé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Réalisation&amp;nbsp;:&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt; Christine Bernard-Sugy&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>MILIQUE</name>
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        <title>GEORGES PEREC ”TOUT AUTOUR DE BEAUBOURG  3”</title>
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        <author>
            <name>MILIQUE</name>
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        <title>GEORGES PEREC  ”TOUT AUTOUR DE BEAUBOURG  2”</title>
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        <updated>2013-06-05T17:14:00+02:00</updated>
        <published>2013-06-05T17:14:00+02:00</published>
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            <name>MILIQUE</name>
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        <title>GEORGES PEREC : ”TOUT AUTOUR DE BEAUBOURG”</title>
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        <updated>2013-06-04T23:20:00+02:00</updated>
        <published>2013-06-04T23:20:00+02:00</published>
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Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large; color: #008000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Voilà le programme d’inventaire, d’anthologie personnelle que Pérec adresse à tout le monde de ses lecteurs&amp;nbsp;: la description de ce qui nous meut, dans le quotidien, finalement si proche, et si universel&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Choix de &lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Laurence Courtois&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Prise de son, montage, mixage&amp;nbsp;: &lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Bernard Lagnel, Adrien Roch&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;bernard lagnel,Assistant à la réalisation&amp;nbsp;: &lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Pauline Ziadé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial black,avant garde; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Réalisation&amp;nbsp;:&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt; Christine Bernard-Sugy&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Littérature de partout</name>
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        <title>Georges Perec, Un homme qui dort</title>
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        <updated>2013-01-16T05:00:00+01:00</updated>
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        <summary>     &amp;nbsp; &amp;nbsp;Tu es seul, et parce que tu es seul, il faut que tu ne...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://litteraturedepartout.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3920267&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/01/00/1401910647.26.jpeg&quot; alt=&quot;imgres.jpeg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Tu es seul, et parce que tu es seul, il faut que tu ne regardes jamais l'heure, il faut que tu ne comptes jamais les minutes. Tu ne dois plus ouvrir ton courrier avec fébrilité, tu ne dois plus être déçu si tu n'y trouves qu'un prospectus t'invitant à acquérir pour la modique somme de soixante-sept francs un service à gâteaux gravé à ton chiffre ou les trésors de l'art occidental.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tu dois oublier d'espérer, d'entreprendre, de réussir, de persévérer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tu te laisses aller, et cela t'est presque facile. Tu évites les chemins que tu as trop longtemps empruntés. Tu laisses le temps qui passe effacer la mémoire des visages, des numéros de téléphone, des adresses, des sourires, des voix.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tu oublies que tu as appris à oublier, que tu t'es, un jour, forcé à l'oubli. Tu traînes sur le boulevard Saint-Michel sans plus rien reconnaître, ignorant des vitrines, ignoré du flot montant et descendant des étudiants. Tu n'entres plus dans les cafés, tu n'en fais plus le tour d'un air soucieux, allant jusque dans les arrière salles à la recherche de tu ne sais plus qui. Tu ne cherches plus personne dans les queues qui se forment toutes les deux heures devant les sept cinémas de la rue Champollion. Tu n'erres plus comme une âme en peine dans la grande cour de la Sorbonne, tu n'arpentes plus les longs couloirs pour atteindre la sortie des salles, tu ne vas plus quêter des saluts, des sourires, des signes de reconnaissance dans la bibliothèque.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tu es seul. Tu apprends à marcher comme un homme seul, à flâner, à traîner, à voir sans regarder, à regarder sans voir. Tu apprends la transparence, l'immobilité, l'inexistence. Tu apprends à être une ombre et à regarder les hommes comme s'ils étaient des pierres. Tu apprends à rester assis, à rester couché, à rester debout. Tu apprends à mastiquer chaque bouchée, à trouver le même goût atone à chaque parcelle de nourriture que tu portes à ta bouche. Tu apprends à regarder les tableaux exposés dans les galeries de peinture comme s'ils étaient des bouts de murs, de plafonds, et les murs, les plafonds, comme s'ils étaient des toiles dont tu suis sans fatigue les les dizaines, les milliers de chemins toujours recommencés, labyrinthes inexorables, texte que nul ne saurait déchiffrer, visages en décomposition.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Georges Perec, &lt;em&gt;Un homme qui dort&lt;/em&gt;, 10/18, 1976 [Denoël, 1967], p. 68-71.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>fredlautre</name>
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        <title>GRAVIR LE MONT PEREC</title>
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        <updated>2012-12-12T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2012-12-12T09:00:00+01:00</published>
        <summary>  Pensée du jour :         ERWIN BLUMENFELD     &amp;nbsp;   «  Il n'est rien de...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lantidote.hautetfort.com/">
          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Pensée du jour :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877623&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/1306918625.jpg&quot; alt=&quot;BLUMENFELD 11.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;ERWIN BLUMENFELD&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;« &lt;span style=&quot;font-family: impact,chicago;&quot;&gt;Il n'est rien de plus charmant que les proverbes arabes, et même les proverbes tout court. On les trouve dans les agendas, entre une recette pour recourber les cils et la façon d'accommoder le riz cantonais. Ils parfument la vie de l'homme sensé.&amp;nbsp;Ils font parler le crapaud, ils racontent la brebis, ils décrivent le rhinocéros. Ils rendent le lion sentencieux et la chèvre pédagogique. Il leur arrive de comparer le commerçant aisé à la fleur du jasmin, et l'homme sage à un vase de cuivre orné de riches ciselures par un habile artisan de Damas. On voit par là que nulle métaphore ne les effraie&lt;/span&gt; ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;ALEXANDRE VIALATTE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Résumé&amp;nbsp;: je demandais juste&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;Mais qu’est-ce que c’est, bon sang, un onzain hétérogrammatique&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt; ». &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Très simple à expliquer&amp;nbsp;: c’est un poème de onze vers dont chaque vers est composé de onze lettres. Ajoutons que ces onze lettres, à chaque vers, doivent être strictement les mêmes. Et si on met les lignes bout à bout, on est censé trouver une suite de mots, qui veuille autant que possible dire quelque chose.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877657&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/01/1208935883.jpg&quot; alt=&quot;ALPHABETS 1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;VOIR TRADUCTION PLUS BAS&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Appelons ça un poème, si vous êtes d’accord. On connaît le haïku, poème comportant exactement 17 syllabes. C’est du japonais. Eh bien GEORGES PEREC invente le poème de 121 lettres, pas une de plus&amp;nbsp;: c’est ça le «&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;onzain hétérogrammatique&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;C’est autrement fortiche que le sonnet, je peux vous le dire. Avec ses &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Cent mille milliards de poèmes&lt;/span&gt;, RAYMOND QUENEAU peut aller se rhabiller, même si PEREC dédie &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/span&gt; «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;à la mémoire de Raymond Queneau&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;».&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877624&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/02/2097852633.jpg&quot; alt=&quot;QUENEAU 2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;CENT MILLE MILLIARDS ? VRAIMENT ? C'EST DE LA PRESTIDIGITATION !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;C'EST AUSSI UNE EXCELLENTE TROUVAILLE DE &quot;COM&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Et pourquoi «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;ulcérations&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», alors&amp;nbsp;? Très simple à expliquer, là encore. Prenez les onze lettres les plus fréquentes du français écrit, vous obtenez la série suivante, dans l’ordre&amp;nbsp;: E, S, A, R, T, I, N, U, L, O, C. Vous cherchez un bon moment s’il n’y a pas un moyen de faire quelque chose de cette liste, vous cogitez, et soudain, la lumière se fait&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;Ulcérations&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», en prenant soin de mettre le mot au pluriel. C’est PEREC qui a trouvé ça. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Je dois dire, pour être tout à fait sincère, que la valeur littéraire des poèmes ainsi obtenus est très loin de sauter aux yeux, comme on peut le voir ci-dessous. C’est sûr que c’est une prouesse digne de Tristan terrassant le Morholt ou de David assommant Goliath. Un exploit.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877656&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/263102235.jpg&quot; alt=&quot;ALPHABETS 2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;TRADUCTION DU ONZAIN : QUI AURAIT ENVIE D'APPRENDRE ÇA PAR COEUR ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;(rendez-moi Baudelaire)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;L’accomplissement d’une tâche surhumaine. Qui me fait penser à cette&amp;nbsp;très belle&amp;nbsp;réplique mise par GOSCINNY dans la bouche du commerçant auquel s’adresse Lucky Luke dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Des Barbelés sur la prairie&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;Pour l’impossible, nous demandons un délai de quinze jours&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;». Mais pour un résultat capable de réjouir les capacités de calcul d’un ordinateur. Pendant ce temps, le poète patiente à la porte. Dans le froid glacial.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3878981&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/01/2755772314.jpg&quot; alt=&quot;photographie,femme,erwin blumenfeld,corps féminin,beauté féminine,alexandre vialatte,littérature,humour,proverbes arabes,georges perec,alphabets&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;DESOLE : C'EST LA SEULE PLANCHE DONT JE DISPOSE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Franchement, c’est comme les virtuosités vocales des mélismes&amp;nbsp;de CECILIA BARTOLI chantant VIVALDI&amp;nbsp;: à l’arrivée, je me dis&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Tout ça pour ça&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Tout ça pour dire que l’oulipianisme de GEORGES PEREC me laisse un tout petit peu sceptique, même si je reconnais l’absolue supériorité du maître dans tout ce qui concerne les jeux avec les lettres (et avec les Lettres). Heureusement, le génie de PEREC remplit avantageusement les formes que son goût pour les contraintes d'écriture lui suggèrent jour après jour.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Car la sécheresse du pur formalisme n’est pas loin, comme si l’on essayait de mettre au point une &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;machine&lt;/span&gt; capable de produire du &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;vivant&lt;/span&gt; (BERGSON, au secours&amp;nbsp;!). Et en même temps, une forme de préciosité héritée de Mademoiselle de SCUDERY. Mais le JEU ne fut pour GEORGES PEREC, en quelque sorte, que la voie d'accès à l'expression de son monde à lui par la littérature. PEREC a eu besoin du jeu (les contraintes oulipiennes) pour laisser libre cours au flux (appelons ça comme ça, par convention) créatif qui le traversait. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Ce n’est pas pour rien que PEREC (et il l'est peut-être encore, je ne me tiens pas au courant des avancées de la compétition, puisqu’il y a évidemment surenchère, et que celle-ci m’intéresse, je dois dire, tout à fait moyennement) le recordman&amp;nbsp;de tout le&amp;nbsp;système solaire pour ce qui est du PALINDROME. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Si vous consultez un des deux volumes «&amp;nbsp;oulipo&amp;nbsp;» de la collection «&amp;nbsp;Idées / Gallimard&amp;nbsp;» (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Littérature&lt;/span&gt; et &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Atlas&lt;/span&gt;, mais maintenant, pour les curieux,&amp;nbsp;il y a la &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Bibliothèque oulipienne&lt;/span&gt; authentique), vous saurez. Je crois me souvenir que le palindrome de GEORGES PEREC est fait de 1247 mots. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Au fait, je n’ai pas dit ce que c’est, un palindrome. J’aurais dû. En musique, ça existe aussi, ce n’est pas monsieur PHILIPPE CATHÉ qui me contredira. OLIVIER MESSIAEN a inventé les «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;rythmes non rétrogradables&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», qui reposent exactement sur ce principe&amp;nbsp;: on peut lire le texte en commençant par le début ou par la fin sans que l’ordre des signes écrits ait varié d’un iota (mais s'agissant de mots, le sens change évidemment, contrairement à ce que déclare le crétin qui a rédigé la notice wikipédia). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Le palindrome a bien sûr attiré l'attention de l'humain dès que celui-ci disposa de l'alphabet. ALFRED JARRY cite dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Messaline&lt;/span&gt; le très connu « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;ROMA / AMOR&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; ». GUY DEBORD élabora l'extraordinaire « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;In girum imus nocte et consumimur igni&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; » (&quot;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes consumés par le feu&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&quot;).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877640&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/743703911.jpg&quot; alt=&quot;DEBORD.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Je vous donne juste le début de l'exploit accompli par GEORGES PEREC&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;Trace l’inégal palindrome. Neige. Bagatelle, dira Hercule.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;»,&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;et la fin&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;Ta gabegie ne mord ni la plage ni l’écart&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;». Vous pouvez vérifier dans un miroir (sans tenir compte des accents et autres signes adventices). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Là encore, admirons la prouesse, mais ne nous demandons pas trop violemment ce que tout ça peut signifier. En comparaison, GUY DEBORD n'a battu aucun record, mais il a trouvé une pépite en or massif (si c'est lui qui l'a trouvée, ce que j'avoue ne pas savoir, mais il n'y a pas de raisons d'en douter).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>fredlautre</name>
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        <title>GEORGES PEREC LE JOUEUR</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://lantidote.hautetfort.com/archive/2012/12/11/georges-perec-par-la-voie-du-jeu.html" />
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        <updated>2012-12-11T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2012-12-11T09:00:00+01:00</published>
        <summary>  Pensée du jour :         EDWARD WESTON     &amp;nbsp;   «  Il faut de temps en...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lantidote.hautetfort.com/">
          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Pensée du jour :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877270&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/3719586035.jpg&quot; alt=&quot;WESTON 6.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;EDWARD WESTON&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;« &lt;span style=&quot;font-family: impact,chicago;&quot;&gt;Il faut de temps en temps remettre les pendules à leur ...&amp;nbsp;place&lt;/span&gt; ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;JOHNNY HALLIDAY (on ice&amp;nbsp;&amp;amp; on&amp;nbsp;the rocks, hic et nunc, et sursum corda, ad altare deo, mais ça reste surtout &quot;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;on the rocks&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&quot;)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: right; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;J’ai mentionné hier le nom de GEORGES PEREC. J’ai même évoqué le livre qui l’a fait connaître (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les Choses&lt;/span&gt;, Julliard,&amp;nbsp;1965), vous savez, cette «&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;histoire des années 60&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;» qui commence par un chapitre au conditionnel, et&amp;nbsp;dont l’épilogue est écrit au futur. Je suis allé jusqu’à exhiber sa trombine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877325&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/02/1461388241.jpg&quot; alt=&quot;photographie,edward weston,femme nue,corps féminin,beauté féminine,johnny hallyday,georges perec,les choses,julliard,littérature,humour,la vie mode d'emploi,harry mathews,oulipo,noël arnaud,la disparition,lipogramme,palindrome,les revenentes&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;C'ETAIT AVANT BEN LADEN ET TOUTE SA CLIQUE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Tout ça pour dire que GEORGES PEREC est, je crois, un grand écrivain. Peut-être même, allons-y carrément, un auteur. Un vrai. On sait qu’on a affaire à un &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;auteur&lt;/span&gt; quand on est face à un ensemble qu’on appelle une &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;œuvre&lt;/span&gt;. Et l’œuvre est incontestable. Mais elle souffre, pour apparaître comme telle, d’un, disons, handicap.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877612&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/02/4242590769.jpg&quot; alt=&quot;photographie,edward weston,femme nue,corps féminin,beauté féminine,johnny hallyday,georges perec,les choses,julliard,littérature,humour,la vie mode d'emploi,harry mathews,marie chaix,oulipo,noël arnaud,la disparition,lipogramme,palindrome,les revenentes,les lauriers du lac de constance,au pied de la lettre&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;DESSIN D'EMILIE SCHEFFER&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Elle est hétérogène, je veux dire bigarrée, papillonnante, hétéroclite et disparate. Difficile à saisir dans son unité, si elle en a une. Certains soutiennent même l’idée que PEREC est moins un écrivain qu’un amateur d’énigmes cabalistiques quasiment indéchiffrables. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Pour donner un exemple de cette tare rédhibitoire, ils citent, entre autres, les 24 «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;portraits imaginaires&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;» peints par l’artiste Hutting dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/span&gt; (soit dit en passant, je me demande si ce n’est pas le seul livre qui porte, au dessous du titre, la mention «&amp;nbsp;Romans&amp;nbsp;», au pluriel)&amp;nbsp;: prenons au hasard le n° 19. Voilà comment il est présenté&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;L’acteur Archibald Moon hésite pour son prochain spectacle entre Joseph d’Arimathie ou Zarathoustra&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;» (on trouve ça p. 354). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Passons sur l’approximation grammaticale que constitue le «&amp;nbsp;ou&amp;nbsp;» (on attendrait plutôt «&amp;nbsp;et&amp;nbsp;»), car elle est intentionnelle&amp;nbsp;: elle nous révèle l’identité d’un personnage bien réel. Et pas n’importe qui, puisqu’il s’agit du grand ami de GEORGES PEREC. Il s’appelle HARRY MATHEWS, et a vécu à Lans-en-Vercors, aux côtés de MARIE CHAIX, auteur, entre autres, du très beau &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les Lauriers du lac de Constance&lt;/span&gt;. On décrypte le nom du&amp;nbsp;monsieur&amp;nbsp;dans la séquence «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;Arimathie ou Z&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;». Fallait y penser !! Ce serait négligeable si cette chinoiserie cryptographique&amp;nbsp;était un cas isolé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877613&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/02/2691392881.jpg&quot; alt=&quot;photographie,edward weston,femme nue,corps féminin,beauté féminine,johnny hallyday,georges perec,les choses,julliard,littérature,humour,la vie mode d'emploi,harry mathews,marie chaix,oulipo,noël arnaud,la disparition,lipogramme,palindrome,les revenentes,les lauriers du lac de constance,au pied de la lettre&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;HARRY MATHEWS EN 1984&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Mais non&amp;nbsp;! Il fait passer dans cette moulinette les noms de tous les membres qui constituaient alors l’&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Ou.Li.Po&lt;/span&gt;. (&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;Tham D&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;ouli&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt; &lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;po&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;rtant…&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;; &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;NOËL ARNAUD&lt;/span&gt;&amp;nbsp;: &lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;Coppélia enseigne à&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt; &lt;strong style=&quot;mso-bidi-font-weight: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Noé l’art nau&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;tique&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;, …, etc.). Et s’il n’y avait que ça&amp;nbsp;! Mais non&amp;nbsp;! C’est tout le temps comme ça. Tenez, tout le monde a entendu parler du roman &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Disparition&lt;/span&gt; (1969), n’est-ce pas&amp;nbsp;?&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877605&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/01/4126893918.jpg&quot; alt=&quot;photographie,edward weston,femme nue,corps féminin,beauté féminine,johnny hallyday,georges perec,les choses,julliard,littérature,humour,la vie mode d'emploi,harry mathews,marie chaix,oulipo,noël arnaud,la disparition,lipogramme,palindrome,les revenentes,les lauriers du lac de constance,au pied de la lettre,&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;C'EST JUSTE LA PREMIERE PAGE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Je ne sais pas s’il est vrai, comme ça se raconte, que nul, parmi les «&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;critiques&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;» littéraires (autoproclamés)&amp;nbsp;qui ont commenté le roman à parution, ne s’est aperçu du procédé (le « &lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;lipogramme&lt;/em&gt;&lt;/span&gt; » = &quot;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;j'abandonne une lettre&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&quot;)&amp;nbsp;mis en œuvre, mais si tel est bien le cas, ça veut dire au moins une chose&amp;nbsp;: GEORGES PEREC est un maître.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Non seulement il use d’une ficelle qui, quand on la connaît, crève les yeux au point qu’on ne voit plus qu’elle, mais il arrive à la dissimuler aux yeux les mieux exercés et les plus perspicaces sous la trame d’un authentique &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;roman&lt;/span&gt; romanesque pleinement réussi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;La Disparition&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp; raconte en effet, en environ 300 pages, l’histoire d’une disparition&amp;nbsp;: celle, tout simplement, de la lettre E, la plus fréquente du français&amp;nbsp;! Cela a-t-il pu échapper à tout le monde&amp;nbsp;? Ça me paraît difficile, mais bon. Et pour faire bonne mesure, GEORGES PEREC s’offre le luxe d’un passage dépourvu non seulement de E, mais aussi de A. Vous pouvez essayer en famille, le soir&amp;nbsp;: c’est un jeu de société comme un autre, après tout. Pas donné à tout le monde, quand même.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3877607&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/02/2992315790.jpg&quot; alt=&quot;photographie,edward weston,femme nue,corps féminin,beauté féminine,johnny hallyday,georges perec,les choses,julliard,littérature,humour,la vie mode d'emploi,harry mathews,marie chaix,oulipo,noël arnaud,la disparition,lipogramme,palindrome,les revenentes,les lauriers du lac de constance,au pied de la lettre,&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;ICI, ON EST P. 296 : UN JEU D'ENFANT, COMME ON VOIT&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Et le pompon, la cerise sur la crème fouettée du délectable «&amp;nbsp;Forêt Noire&amp;nbsp;», c’est, trois ans après (1972), l’exercice inverse&amp;nbsp;: on trouve en effet dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les Revenentes&lt;/span&gt; l’emploi exclusif de mots dépourvus de toute autre voyelle que E. Ce n’est pas sans diverses «&amp;nbsp;acrobaties&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;approximations&amp;nbsp;» (y compris dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Disparition&lt;/span&gt;, où PEREC tord le bras plus d’une fois à l’orthographe canonique ou à la syntaxe). Et ça peut laisser sceptique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;On peut le dire&amp;nbsp;: pour PEREC, la littérature commence AU PIED DE LA LETTRE. Je crois que ce qui pourrait définir le mieux la démarche littéraire de GEORGES PEREC, c'est précisément qu'il prend la littérature AU PIED DE LA LETTRE pour pouvoir JOUER avec elle. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Et là, on peut le dire&amp;nbsp;: c’est le virtuose. C’est le premier violon super-soliste. Même son ami HARRY MATHEWS le reconnaît avec simplicité&amp;nbsp;: dans les exercices d’ «&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino;&quot;&gt;&lt;em&gt;ulcérations&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;», il n’arrive pas à sa cheville. En un tournemain, il vous torche, vite fait sur un coin de table, un onzain hétérogrammatique en se jouant des difficultés. MATHEWS, en comparaison, il tire la langue (c'est lui qui le dit).&amp;nbsp;Mais vous me direz&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua','serif'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Arial;&quot;&gt;onzain hétérogrammatique&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;», qu’ès aco&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Ça vient, ne poussez pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Littérature de partout</name>
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        <title>Georges Perec, Espèces d'espaces</title>
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        <updated>2012-11-03T05:00:00+01:00</updated>
        <published>2012-11-03T05:00:00+01:00</published>
        <summary>       L'utopie villageoise      &amp;nbsp;    &amp;nbsp;&amp;nbsp;...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://litteraturedepartout.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3813408&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://litteraturedepartout.hautetfort.com/media/00/02/3266781940.jpeg&quot; alt=&quot;georges_perec1.jpeg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;L'utopie villageoise&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify; text-indent: -14.15pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Pour commencer, on aurait été à l'école avec le facteur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify; tab-stops: 3.0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On saurait que le miel de l'instituteur est meilleur que celui du chef de gare (non, il n'y aurait plus de chef de gare, seulement un garde-barrière : depuis plusieurs années les trains ne s'arrêteraient plus, une ligne de cars les remplaceraient, mais il y aurait encore un passage à niveau qui n'aurait pas encore été automatisé).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On saurait s'il allait y avoir de la pluie en regardant la forme des nuages au-dessus de la colline, on connaîtrait les endroits où il y aurait encore des écrevisses, on se souviendrait de l'époque où le garagiste ferrait les chevaux (en rajouter un peu, jusqu'à presque envie d'y croire, mais pas trop quand même ...).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Bien sûr, on connaîtrait tout le monde et les histoires de tout &amp;nbsp;le monde. Tous les mercredis le charcutier de Dampierre klaxonnerait devant chez vous pour vous apporter les andouillettes. Tous les lundis, madame Blaise viendrait laver.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On irait avec les enfants cueillir des mûres le long des chemins creux ; on les accompagnerait aux champignons ; on les enverrait à la chasse aux escargots. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On serait attentif au passage du car de sept heures. On aimerait aller s'asseoir sur le banc du village, sous l'orme centenaire en face de l'église.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On irait par les champs avec des chaussures montantes et une canne à bout ferré à l'aide laquelle on décapiterait les folles graminées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On jouerait à la marelle avec le garde-champêtre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On irait chercher son bois dans les bois communaux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On saurait reconnaître les oiseaux à leur chant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On connaîtrait chacun des arbres de son verger.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On attendrait le retour des saisons.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 3.0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14.0pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; font-family: Baskerville;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;Georges Perec, &lt;em&gt;Espèces d'espaces&lt;/em&gt;, Denoël/Gonthie&lt;em&gt;r&lt;/em&gt;, 1976 [Galilée, 1974], p. 104-105.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>SUR du VENT par Henri CHEVIGNARD</name>
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        <title>Georges PEREC : le DICTIONNAIRE MODE d'EMPLOI</title>
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        <updated>2012-11-02T21:30:00+01:00</updated>
        <published>2012-11-02T21:30:00+01:00</published>
        <summary>   Cinoc, qui avait alors une cinquantaine d'années, exerçait un curieux...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://surduvent.hautetfort.com/">
          &lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;Cinoc, qui avait alors une cinquantaine d'années, exerçait un curieux métier. Comme il le disait lui-même, il était &quot;tueur de mots&quot; : il travaillait à la mise à jour des dictionnaires Larousse. Mais alors que d'autres rédacteurs étaient à la recherche de mots et de sens nouveaux, lui devait, pour leur faire de la place, éliminer tous les mots et tous les sens tombés en désuétude.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Georges PEREC&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, La vie mode d'emploi, Hachettes Littératures, 1978.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'trebuchet ms', geneva; font-size: small;&quot;&gt;On se permettra de lui suggérer pour l'édition 2013 : s&lt;em&gt;écurité, communautarisme, ceinture d'explosifs, télé-réalité, pouvoir d'achat&lt;/em&gt;...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Frasby</name>
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        <title>La naissance du modèle (I)</title>
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        <id>tag:certainsjours.hautetfort.com,2012-09-20:4841102</id>
        <updated>2012-09-20T17:06:00+02:00</updated>
        <published>2012-09-20T17:06:00+02:00</published>
        <summary>  Tu prépares, comme chaque jour, un bol de Nescafé ; tu y ajoutes, comme...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Tu prépares, comme chaque jour, un bol de Nescafé ; tu y ajoutes, comme chaque jour, quelques gouttes de lait concentré sucré. Tu ne te laves pas, tu t’habilles à peine. Dans une bassine de matière plastique rose, tu mets à tremper trois paires de chaussettes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://jb.guinot.pagesperso-orange.fr/pages/ephemere.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Georges PEREC&lt;/a&gt; : &lt;a href=&quot;http://www.ina.fr/art-et-culture/litterature/video/I08261871/georges-perec-a-propos-de-un-homme-qui-dort.fr.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&quot;Un homme qui dort&quot;&lt;/a&gt;, éditions Denoël 1967&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=BMVbdIFodvc&amp;amp;feature=related&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3775861&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/media/00/02/3985784347.jpg&quot; alt=&quot;la naissance du modèle (1), marcher, homme,dormir, georges perec, le monde en marche, rêverie, partir, fugue, errance, vie, autre, les autres,  terre, ciel, pieds, tête, chaussettes&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Il faudra y aller à bras le corps, sortir un bazar de caleçons, de cravates, pour trouver les chaussettes, des bonnes chaussettes qui vont dans la chaussure, ni trop fines ni trop&amp;nbsp; chics, surtout pas trop épaisses, un style de coton confortable, un peu comme&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2010/08/15/les-chants-domestiques.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; les nuages&lt;/a&gt;, un détail&amp;nbsp; brisant là,&amp;nbsp; le premier pas contre le rituel d'une journée qui ne peut pas répéter les mêmes gestes qu'hier, qui les répétera. A partir de maintenant, il ne sera plus jamais permis qu'une journée ressemble à la précédente, il en a décidé ainsi, et cela&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2010/04/27/tristesse-op-6-n-2.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; jusqu'à nouvel ordre.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est peut-être intenable de ne pas claquer la porte derrière soi, simplement pour marcher sans un projet qui mènerait ici ou là. Il l'a dit fermement hier soir à sa femme, un ton semblant si sûr, qui tremblait en dedans, il s'est râclé la gorge plusieurs fois, il a dit : -&lt;em&gt;&quot;le travail, j'irai pas, c'est fini, &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/09/01/we-fade-to-grey.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;j'irai pas&lt;/a&gt;&quot;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il n'a pas entendu sa femme murmurer gentiment en essuyant la table : - &quot;&lt;em&gt;mon pauvre Patrick, j'crois que tout le monde en est là !&quot;.&lt;/em&gt; Ca avait l'air d'une blague.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2010/12/17/descendre.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Des jours qu'il vit comme ça,&lt;/a&gt; à se balancer sur sa chaise à regarder ses jambes se croiser, se décroiser sous la table, il fait tourner la phrase &lt;em&gt;&quot;j''irai pas/ j'irai pas&quot; -&lt;/em&gt; aller-retour de là à là&lt;em&gt; - &quot;j'irai pas, j'y vais pas&quot;.&lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/03/02/comme-un-lundi.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Depuis le temps qu'il y va.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chaque jour il enfile ses chaussettes avec les animaux, une paire brodée de &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/09/24/papillons-de-lumiere.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;papillons,&lt;/a&gt; une paire avec des vaches qui font &lt;em&gt;&quot;meuh&quot;&lt;/em&gt; dans des bulles au niveau du mollet, une paire avec des sortes d'écussons, des oursons couchés sur des rayures bouclées à l'intérieur achetées par lot de six à la boutique de &lt;a href=&quot;http://p0.pic.akm.vodst.com/10266/10266.benjamin-paulin-l-homme-moderne.w_1280.h_720.m_zoom.c_middle.ts_1315424115..jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;L'homme Moderne.&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chaque jour, il s'en va, &lt;a href=&quot;http://www.presse-francophone.org/apfa/motdor/etymolog/travail.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;travailler&lt;/a&gt; avec ses &lt;a href=&quot;http://www.priceminister.com/s/chaussettes+papillons&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;papillons&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://media.topshop.com/wcsstore/TopShopFR/images/catalog/08N44CBPK_large.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;des vaches&lt;/a&gt; plein les pieds, il rentre le soir à la maison, il ressort les chaussettes &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&amp;amp;v=mmJLcneIDnY&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;à rayures&lt;/a&gt; avec les écussons et &lt;a href=&quot;http://data0.eklablog.com/labulledemarielibellule/mod_article46895465_4fdd824793769.jpg?7840&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;les oursons&lt;/a&gt; il les prépare pour le lendemain, posées par terre à plat &lt;a href=&quot;http://bestock.be/images/products/20100909101228484.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;à côté des chaussures&lt;/a&gt;. C'est leur place. Ca va de là à là.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il hésite à pencher vers cette faculté qu'un homme aura toujours de ne plus adhérer à ce qu'il crée. Il refuse cette instance qu'imposeront les limites de la satisfaction cette prétention cachée à pouvoir ressentir la lucidité comme une chance.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il désire juste marcher et ne plus arriver à l'heure, quitte à les faire attendre, il ne veut plus devoir saluer ses collègues dont l'amabilité peut se retourner comme un gant.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Barnier, Chaumette, et Thomasson: trois paires de mocassins, grimpant sur une échelle...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il refuse d'écouter les fourmis qui tourmentent son bestiaire, des mollets à ses pieds, un rêve de bord de mer où les algues vont naître enchevêtrant les joncs sur des rives jusqu'aux îles que la rue re-dessine sous ses pas, à l'emplacement exact de la semelle. Quand il pleut c'est visible, on pourrait y loger des milliers de créatures inoffensives : les&lt;a href=&quot;http://www.familleaunaturel.com/wp-content/uploads/2012/06/3698646930_eba83e200a_b.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; doryphores&lt;/a&gt;, les &lt;a href=&quot;http://img176.imageshack.us/img176/8272/coccinellaseptempunctatyd5.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;coccinelles&lt;/a&gt;...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Enfin, il faut rentrer par la bouche du métro passer entre les poutres en ferraille qui diffusent les musiques d'une nostalgie, au&amp;nbsp; temps vécu par d'autres quand il n'était pas né. Celles-ci paraissent pourtant plus authentiques que sa mémoire, un canyon près d'une route &lt;a href=&quot;http://www.jcvintage.com/Route66/route66.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;chantée par des ancêtres&lt;/a&gt; dont il visualise précisément l'espace : les bornes, les caravanes, les kilomètres qu'il reste à parcourir jusqu'aux dunes, les sommets sous le ciel, un espace infini.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ca grouille dans les artères, quand il attend sa rame, il peut apercevoir une quantité d'orchestres, &lt;a href=&quot;http://youtu.be/DLcJgmHBMbk&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;son pas ouvrant l'attaque de ces anciennes vies&lt;/a&gt; et les nouveaux visages et les chers souvenirs fussent-ils revenus&amp;nbsp; intacts de la saleté, du bruit ; un énorme désastre absorbé par l'envie.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Entre les grosses pierres il voit des galets blancs et des petits scorpions goûtant la drôle de chair des papillons, des vaches, la chair des écussons, en lambeaux des rayures que les oursons avalent, et la voix de Suzanne, qui criait dans la rue quand elle le vit pieds-nus accroché au portail &lt;em&gt;&quot;mon pauvre Patrick, tu t'es encore perdu !&quot;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ca pressait le défi d'abîmer leurs espoirs, rien d'extraordinaire n'avait eu lieu ici. Cette expérience ruineuse entre en grâce pour laisser marcher l'homme dans un rond de serviette &lt;a href=&quot;http://www.moryan-decoration.fr/photosarticles/rond_serviette_prenom_pp1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;avec les animaux,&lt;/a&gt; jusqu'à ces alluvions, il entend les guitares : &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://1.bp.blogspot.com/-cTUI5RKz-fM/T3zxKj04tBI/AAAAAAAABG8/CGZV0rJyhUw/s1600/saguaro%2Band%2Bsteve.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&quot;Dirt road blues&quot;&lt;/a&gt;, &lt;/em&gt;il retrouve le fauve qui garde son esprit, un tigre dans le muscle piétinant à pas vifs les dernières plumes d'autruche d'un édredon trop lourd, il revient à la vie, pieds nus dans ce dédale, il est nu, il déclame couché sur des &lt;a href=&quot;http://www.lapierredorival.fr/web/photos/moellon_2_g.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;moellons&lt;/a&gt; les vers de &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lifebeyondtourism.org/photoblog/wp-content/uploads/2010/06/IMG_8975.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&quot;Walk the line&quot;.&amp;nbsp;&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une fois n'est pas coutume, elle ne met pas ce soir sa longue chemise de nuit brodée de &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/08/20/fendre-les-flots.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;libellules.&lt;/a&gt; Elle apporte les fruits, &lt;a href=&quot;http://www.musee-calvet.org/uploads/assets/sfMediaManager/23571_zoom.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;les citrons, les grenades&lt;/a&gt; qui décorent la ouate rebrassant ces étoffes, elle se glisse près de lui&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; trouvera le passage au moins jusqu'à l'aurore&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; elle marche sous ce corps en précisera l'attache en s'appliquant surtout à ne pas réveiller l'homme qui dort&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2012/09/18/marcheur.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;A suivre&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2012/09/18/marcheur.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; ...&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Nota&lt;/span&gt; : L'ouverture du mouvement à cliquer dans l'image&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Photo&lt;/span&gt; : Le modèle en extase (devant un tableau de... &lt;a href=&quot;http://clg-marie-curie-saint-laurent-nouan.tice.ac-orleans-tours.fr/php5/IMG/jpg_Vasarely_8.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Vazarely ?&lt;/a&gt;). Selon nos experts, si le marcheur s'est endormi, rien ne pourra l'arrêter, il n'aura donc cessé de marcher pendant que nous dormons, il aura fait des kilomètres sauf si nous sommes en train de le rêver, une hypothèse probable. L'homme qui dort et qui marche dans sa tête ne cessant de mourir et de naître, la suite dépendra aussi des espèces d'espaces traversés et peut-être aussi un petit peu de &lt;a href=&quot;http://grooveshark.com/s/Suzanne/3FF9UG?src=5&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Suzanne ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le mot de Georges&lt;/span&gt;&amp;nbsp; (un supplément&lt;a href=&quot;http://www.paradis-eprouvette.com/images/perec/mots_croises.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; à méditer)&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;L’espace est un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner ; il n’est jamais à moi, il ne m’est jamais donné, il faut que j’en fasse la conquête.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lyon presqu'île © Frb 2012.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Frasby</name>
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        <title>Rouler les mécaniques</title>
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        <updated>2012-07-04T21:56:00+02:00</updated>
        <published>2012-07-04T21:56:00+02:00</published>
        <summary>  Le vélo est une machine  à remonter le temps .&amp;nbsp;    Ce n'est pas  H.G...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le vélo est une machine &lt;a href=&quot;http://images2.hiboox.com/images/0209/6442daec86610096d3a41e5d514e47a6.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;à remonter le temps&lt;/a&gt;.&amp;nbsp; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce n'est pas&lt;a href=&quot;http://empiresf.free.fr/?page=30&amp;amp;tra=wells103&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; H.G Wells qui l'a dit&lt;/a&gt;, c'est un autre, bien après notre Georges. Lequel ? &lt;a href=&quot;http://aviquesnel.free.fr/Direlire/perec.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Perec !&lt;/a&gt; voyons ! c'est pas Perec non plus, c'est de&lt;a href=&quot;http://pennarbed.over-blog.fr/article-fottorino-petite-eloge-de-la-bicyclette-78050770.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Eric Fottorino, auteur d'un petit livre vigoureux&lt;/a&gt; approuvé par &lt;em&gt;la Rossinante&lt;/em&gt;, on ne sait sur quelle départementale.&amp;nbsp; Vu que c'est la saison du tour, &lt;a href=&quot;http://www.ac-nancy-metz.fr/IA57/MetzPlantieres/100ans/img/velo.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;et des congés payés&lt;/a&gt;, j'ai la présomption de recommander ce petit livre aux lecteurs, je ne fais pas souvent des recommandations, &lt;a href=&quot;http://www.20minutes.fr/societe/967525-departs-vacances-309-kilometres-bouchons-mi-journee&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;au moins pour conjurer les bouchons&lt;/a&gt; ! nous pouvons nous offrir cette &lt;a href=&quot;http://lourdes.pyrenews.net/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=1669:aux-amoureux-du-velo&amp;amp;catid=13:societe&amp;amp;Itemid=23&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;noble ascension&lt;/a&gt;, la petite reine y sera vénérée, le livre s'appelle&lt;em&gt; &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/03/21/l-art-est-dans-la-roue-mais-libre.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&quot;Petit éloge de la bicyclette&quot;&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/03/21/l-art-est-dans-la-roue-mais-libre.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;,&lt;/a&gt; il coûte pas cher, juste 2 euros, il a été édité chez Gallimard en 2007. A noter &lt;a href=&quot;http://www.cyclos-cyclotes.org/braquets_calcul.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;sur le même braquet,&lt;/a&gt; la parution du Paul Fournel avec son&lt;a href=&quot;http://www.seuil.com/livre-9782021036725.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; &quot;Anquetil tout seul&quot;&lt;/a&gt; aux éditions du Seuil à un prix raisonnable, mais hormis l'effeuillage de pages régalantes dans la douce atmosphère de&lt;a href=&quot;https://maps.google.fr/maps?hl=fr&amp;amp;q=librairie+passage+lyon&amp;amp;ie=UTF-8&amp;amp;ei=s5r4T6KpJaPB0QX8752vBw&amp;amp;sqi=2&amp;amp;ved=0CDkQ_AUoAg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; la librairie &quot;Passages&quot;&lt;/a&gt;, je n'ai pas encore lu le Paul Fournel en entier, toutefois je crois que ce n'est pas un abus de le re-préciser : chez &lt;a href=&quot;https://sites.google.com/site/paulfournelsite/titres/besoin-de-velo&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Paul Fournel&lt;/a&gt;, il n'y a rien à jeter... Par la grâce de l'archive, sur le sentier battu du &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.desordre.net/memory/perec/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&quot;je me souviens&quot;&lt;/a&gt;,&lt;/em&gt; j'installe la Youkette et invite les lecteurs,&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/06/14/les-agglutines.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; (ceux qui ne sont pas sur la plage&lt;/a&gt;), à prendre place &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;sur&lt;/span&gt; dans le&lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt; porte-bagage&lt;/span&gt; panier à côté de la Youkette, afin de roder ce beau vélo &lt;a href=&quot;http://www.cyclesmercier.com/philosophy.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Mercier,&lt;/a&gt; et le Kway de la Janine, &lt;a href=&quot;http://www.linternaute.com/sport/dossier/cyclisme/tour-de-france/06/diapo-maillots/maillot-jaune.shtml&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;flambant comme un soleil&lt;/a&gt;, les sandalettes dans les cale-pieds,&amp;nbsp; &lt;a href=&quot;http://www.projectionniste.net/upload/images/1269800048-derouleur2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;et hop !&lt;/a&gt; en route pour le passé.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/12/02/spheres.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3118438&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/media/01/01/2878819963.2.JPG&quot; alt=&quot;velo_0014.JPG&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;Je me souviens des routes pentues de &lt;a href=&quot;http://www.sudouest.fr/2012/04/21/la-chalosse-ressuscite-l-histoire-694353-4596.php&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;La Chalosse,&lt;/a&gt; et plus encore des Pyrénées, je me souviens &lt;a href=&quot;http://www.reupee.com/blog/category/shop/frames/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;du pignon fixe &lt;/a&gt;qui oblige à pédaler sans jamais se mettre en roue libre, je me souviens de&lt;a href=&quot;http://3.bp.blogspot.com/_guu8VUUHLWo/TLvBSFllf_I/AAAAAAAAP6o/xz7IzwVjAfU/s1600/eddy_merckx+1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Eddy Mercks&lt;/a&gt; et du beau castillan&lt;a style=&quot;text-align: justify;&quot; href=&quot;http://www.linternaute.com/sport/dossier/cyclisme/tour-de-france/06/diapo-cols/3.shtml&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Ocana,&lt;/a&gt; je me souviens des voix de ces gars à chapeaux en cartons griffés &lt;a href=&quot;http://www.centcols.org/quoi_de_neuf/2009/Dauphine-Libere-20-aout-2009.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Dauphiné-Libéré&quot;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; criant&lt;em&gt; &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=ram7PH87Mpc&amp;amp;feature=fvwrel&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&quot;Allez Poupou !&quot;&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, (mais je croyais que c'était pour bibi&lt;a href=&quot;http://ak.cdiscount.com/pdt/3/5/5/1/f/444355.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; à l'époque j'allais en poussette)&lt;/a&gt;, je me souviens de l'affaire Festina en 1998, et &lt;a href=&quot;http://www.ina.fr/sport/cyclisme/video/CAC98029990/l-abandon-des-festina-et-virenque.fr.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;des larmes de Virenque,&lt;/a&gt; je me souviens des voitures-balai et des &lt;a href=&quot;http://21virages.free.fr/blog/public/Klaxons/tourdefrance1807.mp3&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;klaxons à l'italienne&lt;/a&gt;, je me souviens de notre &lt;a href=&quot;http://www.siteducyclisme.net/coureurfiche.php?coureurid=7168&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Bernard régional dit &quot;Nanard&quot;&lt;/a&gt; (est-il &lt;a href=&quot;http://solko.hautetfort.com/archive/2012/06/30/un-temps-ou-la-race-sonnait-a-travers-un-petit-nombre-de-pho.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;frère de... ?&lt;/a&gt; C'est un mystère) né au lieu-dit &lt;a href=&quot;http://maps.google.fr/maps?hl=fr&amp;amp;xhr=t&amp;amp;q=le+guidon+st+julien+de+civry&amp;amp;cp=25&amp;amp;bav=on.2,or.r_gc.r_pw.&amp;amp;biw=1440&amp;amp;bih=711&amp;amp;um=1&amp;amp;ie=UTF-8&amp;amp;hq=&amp;amp;hnear=0x47f3eb6d3aee6483:0xa10cf972b06c642b,Le+Guidon,+Saint-Julien-de-Civry&amp;amp;gl=fr&amp;amp;ei=SP8cTrCxPJCF-wbE1tTgCA&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=geocode_result&amp;amp;ct=title&amp;amp;resnum=1&amp;amp;sqi=2&amp;amp;ved=0CBgQ8gEwAA&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;(ça ne s'invente pas) du &quot;Guidon&quot; à St Julien de Civry, en Nabirosina, &lt;/a&gt;je me souviens de cette phrase de l'Emile (lequel ?) Cioran, pardi ! &lt;a href=&quot;http://www.epitaphe.net/main/cioran/cimes.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;hénaurme grimpeur dès ses premiers ouvrages &lt;/a&gt;Cioran,&lt;a href=&quot;http://www.revuenouvelle.be/rvn_abstract.php3?id_article=762&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt; &quot;philosophe et cycliste&lt;/em&gt;&quot; &lt;/a&gt;qui parcourait la France en pédalant, et disait le plus sérieusement du monde &lt;em&gt;&quot;on pense à vélo&quot;, &lt;/em&gt;ça a l'air tellement bête à lire qu'on dirait chouïa du&lt;a href=&quot;http://micheldrucker.over-blog.org/article-34486527.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Michel Drucker &lt;/a&gt;(je n'ai pas dit que Michel Drucker était bête, ah non ! non ! n'allez pas mal interpréter, je n'ai pas les moyens ni l'estime de moi assez sûrs pour vous instruire sur la bêtise d'autrui) mais n'empêche qu'en le pensant de concert (&quot;&lt;em&gt;à l'insu de leur plein gré&lt;/em&gt;&quot;) Cioran et Drucker avaient drôlement raison, je me souviens que Cioran (je le préfère à Drucker, y'a pas photo, &lt;a href=&quot;http://2.bp.blogspot.com/_mLJcQtEBWGM/TN1y6o4_OpI/AAAAAAAAAR0/doT5YaRT7sA/s1600/Cioran.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;si, justement !)&lt;/a&gt; il écrivait à vélo, d'autres petites choses guillerettes pas piquées des vers (si j'ose dire). Extrait :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Du temps que je partais en vélo pour des mois à travers la France, mon plus grand plaisir était de m'arrêter dans des cimetières de campagne, de m'allonger entre deux tombes, et de fumer ainsi des heures durant. J'y pense comme à l'époque la plus active de ma vie.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/Cioran_InconvenientDEtreNe.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;(&quot;De l'inconvénient d'être né&quot;)&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me souviens de la première &lt;a href=&quot;http://www.cyclisme-sport.fr/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=980&amp;amp;Itemid=63&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;étape du Midi-Libre &lt;/a&gt;en 2001 qui s'appellait, &lt;em&gt;&quot;Gruissan-Saint Cyprien&quot;&lt;/em&gt;, elle faisait 181 km, et puis je me souviens de la deuxième étape&lt;em style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;, Saint Cyprien-Pézenas,&lt;/em&gt; elle faisait 190 km, &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;(tout le monde s'en fout, n'est ce pas ? Tant pis je suis partie, comme le coureur qui a déjà tout perdu,&amp;nbsp; continue, vaguement de rouler pour le panache, les cyclistes comprendront.)&lt;/span&gt;&amp;nbsp; Je me souviens &lt;a href=&quot;http://micheldrucker.over-blog.org/article-un-nouveau-velo-pour-nicolas-sarkozy-47286614.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;du (vieux) nouveau vélo de Nicolas Sarkozy (comme c'est pas un vélo couché, on va pas s'étendre sur le sujet), juste peut être regarder le prix, &lt;/a&gt;histoire de relativiser avec mon pijot millésimé &lt;em&gt;&quot;Junior 1993&quot;&lt;/em&gt;, que j'ai touché pour 20 euros aux magasins de sport humanitaires une &lt;em&gt;recyclerie&lt;/em&gt; nommée&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.fndsa.org/informations/index.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Bric à brac des sans abris,&lt;/a&gt; (&lt;em&gt;&quot;maouahaaaah !&quot;&lt;/em&gt; répondrait l'inimitable Sophie K.&lt;a href=&quot;http://strictement-confidentiel.com/index.php?option=com_content&amp;amp;view=article&amp;amp;id=377:rayon-bricolage&amp;amp;catid=41:articles-de-sophie-k&amp;amp;Itemid=66&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; que j'aimerais tellement voir un jour bricoler mon vélo)&lt;/a&gt;, je me souviens du réparateur (de vélos, eh ben oui !) un minuscule local baroque, qui n'était pas loin de la gare des Brotteaux, tenu par un pépé, il prenait pas trop cher, il avait un commis troublant qui réparait bien les vélos &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;(surtout le mien, pas le commis, le vélo, que dis je ?)&lt;/span&gt;, ce souvenir me tuera, aux yeux bleus de braise, (pas le souvenir, le commis) tout nu sous sa combinaison en suédine bleu pétrole &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;(houla Gisèle ! cte corrida!)&lt;/span&gt; bon, j'arrête là. Je me souviens de mon grand ami et poète, &lt;a href=&quot;http://www.histoire-image.org/photo/zoom/prince-velocipede-f.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;le Maréchal Olive Prince&lt;/a&gt; de sa&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/07/23/le-temps-retrouve.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Rossinante,&lt;/a&gt; partant faire &lt;a href=&quot;http://jpgraveur.files.wordpress.com/2009/12/le-velo-de-latelier-sous-la-neige1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;le Paris-Berlin dans la neige,&lt;/a&gt; il n'y a pas si longtemps et je me souviens toujours du même, avec sa petite reine étincellante (Rossinante, on a dit, suivez un peu !) arrivant sur le cours Emile (si c'est pas le cours Emile Cioran &lt;a href=&quot;http://www.babelio.com/users/AVT_Emile-Zola_2115.jpeg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;c'est donc l'autre)&lt;/a&gt;, lors d'un Paris-Espagne ou le contraire, avec les vraies fleurs espagnoles dans son pédalier assorties à ses chemises balinaises (c'est un peu compliqué, je sais, nous en reparlerons, bien que ce soit pas écrit dans le ciel), je me souviens de &lt;a href=&quot;http://www.biciveneto.it/dinobuzzati%27sgir.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Dino Buzzati &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;(le Ka...masutra du vélo&lt;/span&gt;)&lt;/a&gt; suivant &lt;a href=&quot;http://www.49giro.blogspot.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;le Giro 1949 &lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;(enfin pour tout ça je n'étais pas encornée mais je me souviens quand même)&lt;/span&gt; comparant la finesse des boyaux des vélos à des serpents.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je me souviens de la crème &lt;a href=&quot;http://www.courseapied.net/forum/msg/38270.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Musclor Relax&quot;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et puis du &quot;&lt;a href=&quot;http://ny-image0.etsy.com/il_fullxfull.169575684.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;Liniment Sloan&quot;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; produit-miracle &lt;a href=&quot;http://wannainelpaso.com/slightlystraightforwardstories/dr_barkers_liniment_wagon.shtml&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;(&quot;good for man and beast&quot;)&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; que feu mon père, le plus élégant coureur cycliste du système solaire, utilisait en surabondance, je me souviens que le Liniment sentait si fort la térébenthine que pendant des semaines toutes les affaires dans la maison, nos yeux, nos cheveux, les aliments, semblaient avoir été trempés dans des citernes géantes de &lt;em&gt;&quot;Liniment Sloan&quot;&lt;/em&gt;, je me souviens &lt;a href=&quot;http://www.cols-cyclisme.com/images/courbes/70.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;du col de Menté depuis le pont de l'Oule&lt;/a&gt; (1349 Mètres,&lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt; seulement&lt;/span&gt;) et je me souviens &lt;a href=&quot;http://fr.wikiquote.org/wiki/Alfred_Jarry&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;d'Alfred roi du cyclotourisme,&lt;/a&gt; et j'y pense, mais dites, moi, vous qui buvez ces paroles religieusement et roulez à vélos depuis la tendre enfance, en est-il un seulement parmi vous qui pourrait me dire s'il se souvient de ce brave &lt;a href=&quot;http://www.rapha.cc/content/uploads/lantern1903.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Arsène Millocheau &lt;/a&gt;?...&amp;nbsp; &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;(Ne répondez pas tous en même temps s'il vous plaît, eh ! eh... !).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Nota :&lt;/span&gt; Je remercie E. Fottorino de m'avoir soufflé ça et là un ou deux vrais et faux-vrais souvenirs via le &lt;em&gt;&quot;Petit éloge de la bicyclette&quot;&lt;/em&gt;. Vous saurez peut-être prochainement pourquoi j'ai choisi de traiter le sujet à la mode de Perec, bien qu'on soit loin de rassembler 480&lt;em&gt; &quot;Je me souviens&quot;&lt;/em&gt; sur le thème du vélo, sans vouloir me vanter, en cherchant bien et en collectant les souvenirs des uns et des autres je crois qu'on pourrait y arriver haut la main...&amp;nbsp; Je coupe le billet en deux, (même là, je sens que c'est encore trop) parce je sais qu'au début du col de l'été en pleine période de soldes c'est difficile de lire, des billets aussi intellauds surtout quand il y en a des tartines,&lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt; (en hiver aussi ? Ah bon ?)&lt;/span&gt; et pour me faire pardonner, je glisse dans vos musettes à côté &lt;a href=&quot;http://www.velo2max.com/lire/magazine-dietetique-4/comment-s-alimenter-en-cyclisme-par-denis-riche--21.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;du gateau de semoule&lt;/a&gt;, quelques liens salutaires dans le désordre :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En écho avec le billet suivant ou précédent (suivant la logique de chacun):&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://videos.arte.tv/fr/videos/luc_moullet_eloge_de_la_bicyclette-3493012.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://videos.arte.tv/fr/videos/luc_moullet_eloge_de_la_bicyclette-3493012.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Incontournable :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://tour-de-france.sport.francetv.fr/?gclid=CJHW6o31_KkCFdAn3wodlgr4aw&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://tour-de-france.sport.francetv.fr/?gclid=CJHW6o31_KkCFdAn3wodlgr4aw&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pratiques et utiles :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.on-avance.fr/fr/dernieres-nouvelles/articles-divers-sur-le-velo/se-proteger-de-la-pluie&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.on-avance.fr/fr/dernieres-nouvelles/articles-divers-sur-le-velo/se-proteger-de-la-pluie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.pignonsurrue.org/spip.php?rubrique45&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.pignonsurrue.org/spip.php?rubrique45&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'indispensable du vélocipédiste lyonnais:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lavilleavelo.org/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.lavilleavelo.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Autre idée de lecture:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.franceculture.com/oeuvre-ubu-cycliste-de-alfred-jarry.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://www.franceculture.com/oeuvre-ubu-cycliste-de-alfred-jarry.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Georges est formidable:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://issuu.com/editionsgrainsdesel/docs/apercu_velo?mode=window&amp;amp;backgroundColor=%23222222&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://issuu.com/editionsgrainsdesel/docs/apercu_velo?mode=window&amp;amp;backgroundColor=%23222222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les copains d'à côté aussi:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://chatmouettes.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://chatmouettes.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;S'il y a un billet à lire ou relire avec attention, c'est sûrement celui-ci:&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://off-shore.hautetfort.com/archive/2010/05/22/jarry-ecrivain-cycliste.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://off-shore.hautetfort.com/archive/2010/05/22/jarry-ecrivain-cycliste.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Photo&lt;/span&gt;: La Jeanine Longueaux et la Youquette, en préparatifs du mythique &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/09/09/eaux-profondes.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;tour de Lyon,&lt;/a&gt; photographiées sur l'esplanade &lt;a href=&quot;http://www.memoire-du-cyclisme.net/palmares/vietto_rene_album.php&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;René Vietto&lt;/a&gt;... à... ???&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je laisse Monsieur André Robert Raimbourg vous le confirmer.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;object id=&quot;gsSong2992918692&quot; width=&quot;227&quot; height=&quot;40&quot; data=&quot;http://grooveshark.com/songWidget.swf&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;window&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;flashvars&quot; value=&quot;hostname=cowbell.grooveshark.com&amp;amp;songIDs=29929186&amp;amp;style=metal&amp;amp;p=0&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://grooveshark.com/songWidget.swf&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/javascript/tinymce/themes/advanced/img/trans.gif&quot; class=&quot;mceItemMedia mceItemFlash&quot; width=&quot;227&quot; height=&quot;40&quot; data-mce-json=&quot;{'video':{},'params':{'wmode':'window','allowScriptAccess':'always','flashvars':'hostname=cowbell.grooveshark.com&amp;amp;songIDs=29929186&amp;amp;style=metal&amp;amp;p=0','src':'http://grooveshark.com/songWidget.swf'},'object_html':'&amp;lt;span&amp;gt;A Bicyclette by &amp;lt;a href=&amp;quot;http://grooveshark.com/artist/Bourvil/350672&amp;quot; title=&amp;quot;Bourvil&amp;quot;&amp;gt;Bourvil&amp;lt;/a&amp;gt; on Grooveshark&amp;lt;/span&amp;gt;'}&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify; padding-left: 60px;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-decoration: line-through; text-align: justify;&quot;&gt;Remerciements : Vous pouvez me remercier,&amp;nbsp; je vous ai épargné l'effroyable Yves Montand, avec Paulette, c'est dommage que ce soille lui qui chante&amp;nbsp;parce que bon, la chanson en elle-même serait pas mal enfin ...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-decoration: line-through; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Lyon © Frb 2012.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>SUR du VENT par Henri CHEVIGNARD</name>
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        <title>Georges PEREC : les MOTS, MODE d'EMPLOI</title>
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        <updated>2012-03-06T21:30:00+01:00</updated>
        <published>2012-03-06T21:30:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;        &amp;nbsp;   ... j'aurais été, en effet, gaucher de naissance ; à...</summary>
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          &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;... j'aurais été, en effet, gaucher de naissance ; à l'école on m'aurait imposé d'écrire de la main droite ;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;... cela explique aussi le goût que j'ai pour les procédés mnémotechniques, qu'ils servent à différencier le babord du tribord en pensant au mot batterie, la cour et le jardin en pensant à Jésus-Christ, le concave et le convexe en imaginant une cave, ...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Georges PEREC&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, W ou le souvenir d'enfance, Denoël, 1975. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;&amp;nbsp;Le capitaine Haddock confirme :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://surduvent.hautetfort.com/media/02/01/851156739.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3468089&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://surduvent.hautetfort.com/media/02/01/1671638851.JPG&quot; alt=&quot;georges perec,mnémotechnique,babord,tribord,capitaine haddock,mauvais genres,france culture&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;(Mille sabords ! Comment règle-t-on la macro&lt;br /&gt;sur ce bougre d'appareil photo à la graisse de hérisson ?!)&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;Ce roman de PEREC, entre autres, est aussi évoqué &lt;a title=&quot;... dans le poste&quot; href=&quot;http://www.franceculture.fr/emission-mauvais-genres-lecon-d-abime-hommage-a-georges-perec-2012-03-03&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;par ici&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>SUR du VENT par Henri CHEVIGNARD</name>
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        <title>Georges PEREC et le DICTIONNAIRE</title>
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        <updated>2012-03-02T21:30:00+01:00</updated>
        <published>2012-03-02T21:30:00+01:00</published>
        <summary>  &amp;nbsp;  &amp;nbsp;   Je ne me souviens guère que d'une planche en couleurs,...</summary>
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          &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;Je ne me souviens guère que d'une planche en couleurs, intitulée &quot;pavillons&quot;, qui reproduisait la plupart, sinon la totalité des drapeaux des nations souveraines - y compris Saint-Marin et le Vatican.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Georges PEREC&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, W ou le souvenir d'enfance, Denoël, 1975.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;Je me souviens (c'est bien le cas de le dire) également de cette planche et&amp;nbsp; que cette étrange appellation &quot;pavillons&quot; laissait ma compréhension en berne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3466558&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://surduvent.hautetfort.com/media/00/00/3867808693.jpg&quot; alt=&quot;drapeaux,pavillons,&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>fredlautre</name>
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        <title>ALORS, GORGON OU ZOLA ?</title>
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        <updated>2012-01-25T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2012-01-25T09:00:00+01:00</published>
        <summary>  EPISODE 2   &amp;nbsp;  &amp;nbsp;   Je passe rapidement sur  Pot-Bouille , sorte...</summary>
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          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;EPISODE 2&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Je passe rapidement sur &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Pot-Bouille&lt;/span&gt;, sorte de &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Vie mode d’emploi&lt;/span&gt; avant l’heure. Le «&amp;nbsp;projet&amp;nbsp;», évidemment, n’a rien à voir avec celui de GEORGES PEREC. On voit le jeune Octave Mouret avant son irrésistible ascension sociale, passer comme un ludion d’un étage à l’autre de cet archétype de l’immeuble bourgeois haussmannien, au gré de ses conquêtes féminines. L’idée est assez rigolote. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3392536&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/01/602361823.jpg&quot; alt=&quot;littérature,société,naturalisme,émile zola,pot-bouille,la vie mode d'emploi,georges perec,paris,haussmann,au bonheur des dames,le ventre de paris,flaubert,halles baltard,halles de paris&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;PHOTO PRISE PAR ZOLA (EXPO 1900 ?)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;On voit la société qui occupe la scène (l’escalier principal) et la société qui reste en coulisse (l’escalier de service). Je me rappelle qu’au 5 de la rue Valentin-Haüy, l’escalier principal était recouvert jusqu’au dernier étage d’un superbe tapis rouge, solidement maintenu en place, à chaque marche, par une tringle de cuivre ou de laiton, et que l’escalier de service ouvrait dans la cuisine. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;On fait connaissance avec Mme Josserand, personnage superbe, peut-être le foyer romanesque. On renifle les remugles qui montent de la cour, décrite comme un pur fantasme d’énorme poubelle. Mais on se lasse vite de quelques obsessions lexicales&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;débâcle&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;débandade&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;massacre&amp;nbsp;» (qu’on retrouve constamment aussi dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Au Bonheur des dames&lt;/span&gt;). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center; line-height: normal;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Au Bonheur des dames&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt; me rase passablement. La seule chose qui retient mon attention, c’est l’ensemble des observations d’ordre économique touchant l’essor du commerce de grande distribution, comme naissance d’une industrie tout entière fondée sur la production et la consommation de marchandises. Voilà quelque chose de lucide et moderne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;On y voit le petit artisan Bourras, qui sculpte amoureusement ses pommeaux de parapluie, se faire balayer impitoyablement par les entreprises qui produisent en grande série des objets standardisés et sans grâce, dans une logique d’accumulation et d’empilement. Tout cela est très juste, y compris la perte de l’amour du travail bien fait. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;C’est d’autant plus juste que le projet de l’ambitieux Octave Mouret est de réduire la femme en esclavage. Pour moi, ce livre, qui n’est pas un bon roman, est en revanche un excellent documentaire, qui n’a rien perdu de son actualité. Tout ce qui y est romanesque est comme un dahlia artificiel dans un bouquet de roses fraîches.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Ce qui est difficile à supporter, là encore, c’est l’intention démonstrative, le schématisme des situations et des personnages, à commencer par le conte de fées qui clora le roman&amp;nbsp;: Denise Baudu, petite employée héroïque qui élève ses deux frères, tapera dans l’œil d’Octave Mouret, qui la suppliera de l’épouser. Commencée avec les excavateurs, l’histoire se termine dans le sirop. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Ce qui est proprement insupportable, en cours de route, ce sont les trois visites éprouvantes, épuisantes, ennuyeuses, assommantes, etc. que l’auteur inflige sans pitié au lecteur, au fur et à mesure qu’Octave Mouret installe, dans le paysage économique en général et urbain en particulier, le triomphe du commerce industriel. Trois fois un interminable tour du propriétaire qui ne nous épargne aucun détail. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: center; line-height: normal;&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;***&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Ensuite, entrons dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le Ventre de Paris&lt;/span&gt;. Franchement, qui peut considérer ce livre comme un chef d’œuvre de la littérature&amp;nbsp;? La littérature selon ZOLA est une entreprise. Si l’on veut, une entreprise picturale&amp;nbsp;: il s’agit de composer un tableau. Attention, un tableau complet. Un tableau littéraire, si l’on veut, mais un tableau scientifique. On ne plaisante pas. La différence entre ZOLA et FLAUBERT, c’est que celui-ci efface méticuleusement les traces de son travail, alors que celui-là laisse les ficelles bien visibles. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Un détail est à prendre en compte&amp;nbsp;: les Halles de Paris, ce sont celles de VICTOR BALTARD. Il faut garder ça présent à l’esprit pendant la lecture, qui en sort un peu sauvée par ce filigrane, cette perspective virtuelle. Qu’est-ce qui m’a rasé, dans ce livre&amp;nbsp;? Je le dis tout de go&amp;nbsp;: la conception purement théorique et démonstrative de la trame. On sent l’esprit de système à l’œuvre. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3392538&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/00/00/1126963183.jpg&quot; alt=&quot;littérature,société,naturalisme,émile zola,pot-bouille,la vie mode d'emploi,georges perec,paris,haussmann,au bonheur des dames,le ventre de paris,flaubert,halles baltard,halles de paris&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: book antiqua,palatino; font-size: small;&quot;&gt;HALLES DE BALTARD&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Je passe sur les accumulations de boustifaille, petit 1, les légumes, petit 2, les volailles, petit 3, les poissons, et le reste défile à l’avenant. Si, quand même, je garde la scène où les femmes qui bavassent ont percé à jour le bagnard évadé dans le personnage de Florent, au milieu de l’odeur puante des fromages. Bon, d’accord, c’est rigolo. Mais ZOLA, ayant eu l’idée de&amp;nbsp;son roman, développe tout ça avec une application scolaire horripilante. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Florent et Gavard sont si peu crédibles en républicains comploteurs et insurrectionnels que le retour de Florent au bagne est comme inscrit sur sa figure. Sa naïveté est si éclatante que, même comme outil romanesque, elle ne tient guère la route. Et le Gavard qui exhibe tout fiérot son pistolet devant les femmes&amp;nbsp;! Les ficelles du romancier sont trop grosses. L’intrigue finit par apparaître comme un simple prétexte à l’exposé documentaire. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Un beau personnage, cependant&amp;nbsp;: la charcutière Lisa Macquart, dont on pressent que l’auteur la «&amp;nbsp;sent&amp;nbsp;» mieux. La belle Normande, future Mme Lebigre (le cafetier), fait à ce personnage symbolisant la satisfaction et la majesté de la réussite, un pendant honorable. Ne parlons pas de toute la symbolique assenée par ZOLA autour du gras et du maigre. C’est simplement épais. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;A suivre. Une fois, pas plus. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>CHAMPS D'EPANDAGE DES SONDAGES</title>
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        <updated>2012-01-10T09:00:00+01:00</updated>
        <published>2012-01-10T09:00:00+01:00</published>
        <summary>  On sait qu’une des officines centristes se présente à l’élection...</summary>
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          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;On sait qu’une des officines centristes se présente à l’élection présidentielle en la personne d’HERVÉ MORIN, dont la «&amp;nbsp;cote&amp;nbsp;» dans les sondages se situe à peu près à 0 % des intentions de vote. La «&amp;nbsp;une&amp;nbsp;» du dernier &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Canard enchaîné&lt;/span&gt; publie un savoureux dessin de LEFRED-THOURON&amp;nbsp;: le conseiller a le sourire en dépiautant le «&amp;nbsp;sondage&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Ça y est&amp;nbsp;! Tu dépasses le zéro pour cent&amp;nbsp;!&amp;nbsp;». Réponse de MORIN&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;C’est mon cholestérol&amp;nbsp;». &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Eh oui, le sondage, c’est comme le cholestérol&amp;nbsp;: il y en a toujours trop. Mais c’est aussi comme le cholestérol&amp;nbsp;: c’est d’abord et surtout un marché très rentable. Les «&amp;nbsp;sondages&amp;nbsp;», j’en ai déjà parlé. Ceux qui suivent ce blog savent ce que j’en pense. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3377175&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/01/1023786567.gif&quot; alt=&quot;sondage%202.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Un sondage n’est rien d’autre qu’une crotte pondue par l’anus d’un chien malade sur les champs d’épandage de la démocratie et les trottoirs parlementaires de nos cités. Aussi, en période électorale, les crottes de chiens malades pleuvent-elles sur les gens, alors même qu’ils sont totalement démunis de paracrottes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Un sondage, avant d’être une «&amp;nbsp;enquête d’opinion&amp;nbsp;», c’est&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;action de sonder, exploration locale et méthodique d’un milieu à l’aide d’une sonde ou de procédés techniques particuliers&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». Je ne sais pas si le thermomètre introduit dans le fondement est médicalement assimilé à un sondage. Mais dans les «&amp;nbsp;sondages&amp;nbsp;» qui ont commencé à nous déferler dessus avant la présidentielle, je vois très bien une sorte d’instrument introduit dans le trou-qui-pue de la population pour prendre sa température. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3377177&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/01/01/1851642402.2.jpg&quot; alt=&quot;sondages 1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;D’abord, c’est injuste, ce n’est jamais moi qu’on interroge. Il est vrai que je raccroche brutalement au nez du sondeur téléphonique, et que si ça se passe dans la rue, je joue le grand indifférent légèrement hargneux. Vous me direz donc que ceci explique cela. Ah, si vous le dites, … Je veux bien. De toute façon, mes réponses ne sont prévues dans aucune case. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Ce qui m’épastrouille hautement, c’est qu’en général, les gens se sentent flattés, voire honorés qu’on leur demande leur avis &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;en dehors&lt;/span&gt; d’une échéance électorale. Moi au contraire, je trouve toujours profondément humiliante l’introduction d’un thermomètre, quel qu’il soit, dans mes profondeurs intimes. Fussent-elles électorales. Le seul sondage avec lequel je serais un peu d'accord, c'est l'élection elle-même.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3377178&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lantidote.hautetfort.com/media/02/00/704489714.jpg&quot; alt=&quot;sondages 2.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Et puis en face, moi je les plains, ces gens qui errent avec des questionnaires à remplir, en quête de bonnes âmes qui accepteraient de répondre à leurs questions, toutes plus nazes les unes que les autres – ce qu’ils savent parfaitement –, que plus ils en auront rempli, plus ça leur fera des sous. A-t-on idée&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Est-ce seulement un métier&amp;nbsp;? Remarquez qu’il y en a de moins en moins, des gens qui font un vrai métier. Les «&amp;nbsp;jobs&amp;nbsp;» (je ne vois pas d’autre mot) à la mode (caissière de supermarché, auxiliaire de vie scolaire ou sociale, agent des transports payés seulement pour être visibles dans leur uniforme, j’arrête là, on n’en finirait pas) sont-ils des métiers&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Quand j’étais étudiant, oui, j’ai fait des «&amp;nbsp;jobs&amp;nbsp;». Ce n’est pas fait pour durer, ça n’exige aucune vraie formation, c’est mal payé. J’ai tiré des plans à l’ammoniaque dans la cave d’un architecte. J’ai livré des machines à écrire et des photocopieurs. J’ai collé des enveloppes. J’ai vendu des légumes biologiques. J’ai conduit des poids lourds. Bref, j’ai eu des «&amp;nbsp;jobs&amp;nbsp;». &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Une vie d’adulte digne, ce n’est pas ça. Mais la société actuelle est-elle encore faite pour des adultes dignes&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Les «&amp;nbsp;enquêteurs d’opinion&amp;nbsp;», oui, je les plains. Ils me font penser à Jérôme et Sylvie, vous savez, les personnages de GEORGES PEREC dans &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Les Choses&lt;/span&gt;. Ils se rêvent en bourgeois dans un intérieur bourgeois comportant le fin du fin du style bourgeois, qui culmine dans le canapé Chesterfield. En attendant, ils errent comme DIOGÈNE, l’âme en peine et précaires, dans des banlieues improbables, à la recherche non d’hommes, mais d’opinions. Non, ce n’est pas un métier. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Et puis qu’est-ce c’est, cette fantaisie qui leur a poussé dans le crâne comme un champignon hallucinogène (psilocybe mexicana), de s’intituler «&amp;nbsp;instituts&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Pour s’intituler «&amp;nbsp;institut&amp;nbsp;», d’abord, il faut de la noblesse, il y a de la majesté. Institut Pasteur, Institut de France (quai Conti), Inserm, Institut du monde arabe, tout ça, je veux bien. Mais une entreprise privée qui fait un commerce juteux avec un produit vulgaire appelé «&amp;nbsp;enquête d’opinion&amp;nbsp;», de quel droit, «&amp;nbsp;institut&amp;nbsp;»&amp;nbsp;? Vous me direz «&amp;nbsp;institut de beauté&amp;nbsp;». Je sais. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Un certain monsieur STEPHANE ROZÈS, qui a longtemps dirigé je ne sais plus quelle boîte de sondages (ce n’est rien de plus qu’une «&amp;nbsp;boîte&amp;nbsp;»), continue – c’est ahurissant –, à venir blatérer, gazouiller, babiller ou hennir ses «&amp;nbsp;commentaires de sondages&amp;nbsp;» aussi creux que doctes sur les ondes nationales, avec son articulation suave et consciencieuse de cul de poule de lèche-le-cul-de-la-maîtresse. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Et ça n’a l’air de choquer personne que le troupeau entier des journalistes politiques, même les plus à cheval sur la déontologie professionnelle, ait fini par admettre comme une évidence qu’un sondage d’opinion constitue une information à parent tiers&amp;nbsp;! Le sondage comme information&amp;nbsp;! Alors ça, ça me troue&amp;nbsp;! Sur quelle planète déshéritée vivons-nous&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;Voilà ce que je dis, moi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify; line-height: normal;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-fareast-theme-font: minor-latin; mso-fareast-language: EN-US; mso-ansi-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;&quot;&gt;&lt;br style=&quot;page-break-before: always; mso-special-character: line-break;&quot; clear=&quot;all&quot; /&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;line-height: 115%; font-family: 'Arial','sans-serif'; font-size: 14pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>SUR du VENT par Henri CHEVIGNARD</name>
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        <title>Henri DELUY et la CONTRAINTE FATALE</title>
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        <updated>2011-12-06T21:30:00+01:00</updated>
        <published>2011-12-06T21:30:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;  &amp;nbsp;   C'est la St Nicolas, mais attardons-nous un peu sur autre...</summary>
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          &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;C'est la St Nicolas, mais attardons-nous un peu sur autre barbichu célèbre, évoqué ici : &lt;strong&gt;Georges PEREC&lt;/strong&gt; :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;Le ciel est à côté des arbres&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;Les feuilles humides étouffent&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;D'autres feuilles. Il y a toujours&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;Quelque chose à raconter. Il suffit&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;de trouver où se donnnent les indications&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;Nécessaires. Tu disais : il se fait tard.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;*&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;Mourir&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;est une contrainte difficile&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: trebuchet ms,geneva; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Henri DELUY&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;, Premières suites, Flammarion, 1991.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Frasby</name>
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        <title>Dépense des rentes</title>
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        <updated>2011-11-26T11:31:00+01:00</updated>
        <published>2011-11-26T11:31:00+01:00</published>
        <summary>  En présence des textes de Perec, je cherche d'emblée le sens de l'ensemble,...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;En présence des textes de Perec, je cherche d'emblée le sens de l'ensemble, le centre de cette sphère révérée. Espèce d'élève blême en dette envers Perec, je prends les rênes et me sers de menées de même genre. Je tente de mettre en scène les mêmes gestes, de répéter les mêmes percées [...]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=fqw6C6k9HAo&amp;amp;feature=related&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;JACQUES JOUET&lt;/a&gt; : un extrait : &lt;a href=&quot;http://www.oulipo.net/oulipiens/document16269.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&quot;Les sept règles de Perec&quot;&lt;/a&gt;, tiré de &quot;Mélanges&quot; in &quot;Les cahiers de Georges Perec 4&quot; parus aux éditions du Limon en 1990.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://remue.net/cont/perecroche.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3322796&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/media/01/01/2179769948.2.JPG&quot; alt=&quot;retour de la vogue.JPG&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://a10.idata.over-blog.com/3/15/83/71/030709---Grand-canyon-et-Monument-valley/DSC06876.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline; font-size: small;&quot;&gt;&lt;strong&gt;1- Régle de réserve&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&quot;De temps en temps, les Belles Lettres se répètent, secrètent des défets ; l'encre est terne, les lettres et les termes pendent blets... Cérès est excédée, Déméter se met en grève, le pré est en berne, le blé en herbe sèche. Les lèvres gerçées empêchent de penser. C'est l'échec.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Perec se rebelle et met des lettres en réserve. Ces lettres restent, le temps de tel texte, empêchées : les perles se régénèrent &lt;a href=&quot;http://www.desordre.net/textes/bibliotheque/auteurs/perec/labyrinthe_entier.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;et régénèrent le sens,&lt;/a&gt; ce serpent de mer... Elles désempèsent le verbe. Le texte cesse de végéter.&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Notes § photo :&lt;/span&gt; Aux approches &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/12/12/petites-boules.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;du Noël, &lt;/a&gt;&lt;em&gt;la Noëlle&lt;/em&gt; émet une versée, &lt;a href=&quot;http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782750403454.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;femme en fête entêtée&lt;/a&gt;, les p[a]resses hébergées, pêlent les verres à Genève, pour répéter la chansonnette si elle n'est oulipote au moins &lt;a href=&quot;http://www.jecollectionne.com/upload/visuel/photo-c3da41276a2baa51afb8c290eb8d3405.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;oulipichette,&lt;/a&gt; il nous plaisait, avec mon chien [et les amis &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2010/03/18/singerie-du-mail.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;du club des poètes&lt;/a&gt;] de vénérer l'amour au travail &quot;&lt;em&gt;Raidi pour&lt;/em&gt;&quot; activant d'effervescents cachés&lt;em&gt;, frasby&lt;/em&gt; centrée&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/07/04/regle-de-presence-ephemere.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; à désherber&lt;/a&gt;, les deux m'auront pas mal aidé.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Aux présences, de ce jour, les ardeurs décuplées vous présentent Jacques Jouet&lt;a href=&quot;http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=auteur&amp;amp;numauteur=313&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; [une bonne tête]&lt;/a&gt; à la botte de sept lieues et des sept règles du Perec, nous vénérons&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=b3MhC2p-SEs&amp;amp;feature=player_embedded&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; la hotte sacrée&lt;/a&gt; vous avouerez que pour nos bons mot ce n'est&lt;a href=&quot;http://iletaitunefoislecole.fr/IMG/jpg/piquet2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; pas encore la panacée,&lt;/a&gt; mais Jacques Jouet, on le respecte au nom des Georges&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2010/01/23/mes-nuits-sans-georges.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; [on dérogeait pour les Robert aussi un peu],&lt;/a&gt; sus aux herses fondées en sucettes ! pas pipées, une bonne pente oulipichetée, pentassait à roser de ces biens au fond d'une boutique à Jouet qui n'est &lt;a href=&quot;http://ddotb.wordpress.com/2008/09/08/perec-lobsession-de-largent/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;pas le banquier de Perec,&lt;/a&gt; ni l'objet plus secret &lt;a href=&quot;http://www.decitre.fr/gi/15/9782070131815FS.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;de ses rêves.&lt;/a&gt; Bienfaiteur et lettré, &lt;a href=&quot;http://www.artpointfrance.org/Diffusion/jouet.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;il dilapide les rentes,&lt;/a&gt; les reverse à la communauté avec de solides arguments, pour cela il ne faut pas être grêle ni frêlé romancier, ses cercles ne tournent pas autour de la psychée, on l'aime blême, le Jouet et même on l'aime sans mesurer.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sa femme est mon extracaresse, &quot;&lt;em&gt;Raidi pour&quot;&lt;/em&gt; me l'aura soufflée, l'oulipote est du genre partageur, son germe fait un pas de côté où valseront les recettes, les étiquettes, et la petite graine du père Jouet est moins revêche que celle des femmes du père Noël [que la &lt;em&gt;Noëlle&lt;/em&gt; et ses scellés vitrinés en zèles ou produits dérivés du Léthé]. Je prends de la bouteille et lève mon&lt;a href=&quot;http://books.google.com/books/about/Le_voyage_du_Grand_Verre.html?id=g4RcAAAAMAAJ&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; &lt;em&gt;verre à Jouet&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; [une idée de cadeau], un artiste qui écrivit&lt;a href=&quot;http://modedevie.artfiction.ch/content/paresse&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt; &quot;Paresse&quot;,&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; with &lt;a href=&quot;http://www.artsites.ch/titohonegger.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Tito Honegger,&lt;/a&gt; [cf. &quot;Mode de vie&quot;, éd. art&amp;amp;fiction, 2010] ne peut pas être mauvais. Ainsi nous sèmerons les uns les autres les sept graines aux planisphères &lt;a href=&quot;http://jfbradu.free.fr/cartesvect/monde/planispheres/planet.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;à colorier,&lt;/a&gt; pour vous prouver qu'on est des Hommes encrés dans le réel, louez Perec, lisez Jouet, au nez &lt;a href=&quot;http://www.jouerenbourse.net/wp-content/uploads/2011/10/sarkozy-merkel.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;des tromblons&lt;/a&gt;, soutenons le pas de&lt;a href=&quot;http://www.decitre.fr/gi/17/9782260010517FS.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt; &quot;la machine ronde&lt;/em&gt;&quot;&lt;/a&gt;. Trempons dans ce Cognac les produits inéquitables, puis entrons dans l'intimité des &lt;a href=&quot;http://www.pol-editeur.com/index.php?spec=livre&amp;amp;ISBN=2-84682-007-4&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Jules et autres républiques&quot;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, sous l'éternelle protection &lt;a href=&quot;http://www.decitre.fr/gi/22/9782757814222FS.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;du Fournel&lt;/a&gt;, du&lt;a href=&quot;http://www.oulipo.net/oulipiens/docs/nos-thons&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Roubaud&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4268807&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;autres Papous malades de la tête, dérobant à notre regard, les paysages insoupçonnés que pourtant nous avons sous les yeux.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;La règle de réserve&lt;/em&gt;&quot;, est issue des mêmes références notées au dessus de l'image. Les autres extraits ont été choisis par paul (le chien) - la truffe à l'air - [&lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;et pas que&lt;/span&gt;], dans ma bibliothèque de la rue des Chanterelles la note grattée de luth par un choeur mixte, fût rédigée un soir mélancolique &lt;a href=&quot;http://blogfiles.wfmu.org/LG/Satie/Erik_Satie_-_11_-_Preludes_Flasques_III_Avec_camaraderie.mp3&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;à Cimains sous Troitettes&lt;/a&gt; [c'est un hameau côté jardin sponsorisé par&lt;em&gt; le carré post-maoïste&lt;/em&gt; section &lt;a href=&quot;http://images.china.cn/attachement/jpg/site1002/20110411/00016c42d95c0f0d00b508.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;culture physique et ouvrages collectifs&lt;/a&gt;]. Je remercie &lt;em&gt;&quot;Raidi pour&lt;/em&gt;&quot; à la manivelle, la tient plus vaillante que jamais, et parfois sans les mains, un scandale qui cachera la forêt, merci à notre hôtesse, frasby douillant au téléphone &lt;em style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hyperli, &lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://images-02.delcampe-static.net/img_large/auction/000/075/055/408_001.jpg?v=5&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;c'est la marque, oui, oui, oui, pas trop smart quand même,&lt;/a&gt; elle nous aura fourni les accessoires via le petit vélo &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/07/23/le-temps-retrouve.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;du Jacques&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://media.librairiedialogues.fr/media/attachments/large/3/1/0/000755310.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;du Paul&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;a style=&quot;text-align: justify;&quot; href=&quot;http://aviquesnel.free.fr/Direlire/Images/Perec.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;, &lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Georges,&lt;/span&gt;&lt;a style=&quot;text-align: justify;&quot; href=&quot;http://aviquesnel.free.fr/Direlire/Images/Perec.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; bricola le reste&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; J'ai charpardo la photo dans l'album familial de frasby [encore!], fraîchement revenue de la vogue de Genève, [Genève sur Saône, ben voyons !], une perle [ça n'appartient qu'aux dames] : &lt;em&gt;&quot;la vogue ressemblait cette année à Wall Street&lt;/em&gt;&quot; m'a t-elle confiée les larmes aux yeux. Toutefois nous regarderons cette information avec une extrême&lt;a href=&quot;http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782869307407.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; prudence&lt;/a&gt;. La prochaine fois je vous parlerai&lt;a style=&quot;text-align: justify;&quot; href=&quot;http://www.oulipo.net/bo/147&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; de l'eulachon &lt;/a&gt;&lt;span style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;si j'y pense&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Ecrit par Paul and paul and Paul&lt;/span&gt; [avec la chorale des brocantes], traversés des éclats du &lt;a href=&quot;http://www.decitre.fr/gi/45/9782746701045FS.gif&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;verbe à Jouet&lt;/a&gt; par le &lt;a href=&quot;http://static.lexpress.fr/pictures/247/126868_un-verre-de-vin-rouge-servi-le-4-avril-2011-a-saint-emilion-pres-de-bordeaux.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;cercle des belles jambes de l'oulipichette&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, © 2011.&lt;/p&gt;
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        <title>Trop mortelle</title>
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        <updated>2011-11-04T00:08:00+01:00</updated>
        <published>2011-11-04T00:08:00+01:00</published>
        <summary>   &quot;Les livres ne sont pas faits pour être lus, ils sont faits pour être...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Les livres ne sont pas faits pour être lus, ils sont faits pour être écrits&quot;&lt;/em&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; T.E. Lawrence, cité par Denis Roche in &lt;em&gt;La Photographie est interminable&lt;/em&gt;, 2007&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;En ces temps d'intense &lt;em&gt;merchandising&lt;/em&gt; littéraire, cet apparent paradoxe a une saveur particulière. Il me rappelle, dans l'esprit, ce que Jean-Luc Steinmetz défendait à partir du cas Lautréamont : le livre est là, qui attend, et même n'attend pas ses lecteurs.&lt;em&gt; Il est &lt;/em&gt;et il a son propre temps, sa propre existence, comme une île qui n'aurait pas besoin d'être découverte, qui n'aurait même pas besoin de celui qui poserait le pied sur son sol. Parce qu'il ne faut pas inverser les termes : le livre était&lt;em&gt; avant&lt;/em&gt; le lecteur et plus fort que lui (quoique une telle proposition ait une part de ridicule). Il n'est pas en quête (à l'inverse de l'auteur qui, lui, en nos territoires de moindre reconnaissance, n'a jamais été aussi tenté par le racolage -médiatique-). Il est son monde, le monde. Encore faut-il que celui qui l'a écrit soit persuadé que ce monde ait plus de valeur, de profondeur et de durée que cet autre dans lequel il va bientôt entrer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;em&gt;Le livre est&lt;/em&gt;, quand il n'a pas de lecteur. Soit : quand il ne le nécessite pas, n'en sollicite pas l'existence. C'est dans cette perspective que l'on a écrit longtemps. Il eût été si infâmant pour un homme (noble de surcroît) du Grand Siècle de se sentir écrivain qu'il y a là, sans doute, une des raisons de la beauté d'une écriture qui se cherchait pour elle-même (y compris dans le principe d'une &lt;em&gt;imitatio&lt;/em&gt; qui n'avait rien de servile). Ce n'était pourtant la pulsion qui les motivait, cette tarte à la crème post-psychanalytique devenue l'une des gangrènes de la littérature contemporaine : les maux, les douleurs, l'auto-fiction en vérité/finalité. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;C'est en ne pensant pas à cet autre hypothétique, cet &quot;hypocrite lecteur&quot;, comme l'appelait Baudelaire dans le texte liminaire des &lt;em&gt;Fleurs du Mal &lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(1), &lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;que s'est ouverte l'écriture et qu'elle a pu jusqu'à la borne joycienne croire à sa puissance mythique. Mais, par mythe, il faut se souvenir de ce que rappelait Jean Rousset à ce sujet : il a toujours à voir avec la mort. Il est une forme qui engage à être au bord du précipice. Telle a pu être la littérature quand elle avait encore l'ambition de ne pas s'aliéner au corps putrescible de son auteur. On se souviendra de Proust achevant un jour &lt;em&gt;La Recherche&lt;/em&gt; (avant que de la reprendre, partiellement) et disant à la pauvre Céleste que désormais il pouvait mourir. Beau défi que de se penser au-delà de l'acte, dans l'œuvre qui vous supprime ou vous subsume. Il est certain que Joyce devait croire en cette même&amp;nbsp; grâce d'un monde sans lui, mais avec ses livres, pour entamer &lt;em&gt;Finnegans Wake&lt;/em&gt;. Ces deux-là vivaient encore dans un temps où la littérature, et ceux qui s'y consacraient, avait les moyens de son éternité, la beauté intempestive d'un espace en attente, promise à la dissidence momentanée pour une pérennité à venir. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;Au XIXe siècle, &lt;em&gt;Le Rouge et le Noir&lt;/em&gt;, ainsi que &lt;em&gt;La Chartreuse de Parme&lt;/em&gt;, furent tirés à 750 exemplaires. Le plus tirage durant cette période fut &lt;em&gt;Le Maïtre de forges&lt;/em&gt; du sieur Ohnet. Qui s'en souvient&amp;nbsp; encore ? Est-ce l'important ? Beyle écrivait pour les &lt;em&gt;happy few&lt;/em&gt;, ce qui est une faute de goût impardonnable dans ces temps si démocratiques. Il pensait au lecteur de 1935 (ne sachant ce que cette borne aurait au fond de crépusculaire). Il croyait à l'immortalité du texte, parce qu'il vivait encore dans le faste d'une pratique soustraite à son impératif identitaire. Ce n'est plus le cas. Le XXe siècle a fait entrer définitivement la littérature dans la mortalité, et l'a sortie de tout prolongement mythique. Elle doit vivre dans un &lt;em&gt;ici et maintenant&lt;/em&gt; conditionné par la double faux d'une édition en quête paradoxale de rentabilité et d'originalité. Mais une originalité recyclant peu ou prou les recettes anciennes. La mortalité de la littérature tient dans la compression de sa lisibilité selon impératifs d'une temporalité de plus en plus courte. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;La soumission de la littérature à la logique de l'instant, instant déjà fini dans sa réalisation même, atteint son comble dans la litanie des prix. Celle-ci renvoie certes à un glissement du culturel dans le marketing mais plus encore, elle anéantit l'écriture dans une grille formalisée rendant sa prévisibilité et sa datation magistrales. Par exemple, il faut être d'une grande naïveté pour se féliciter du succès &lt;em&gt;goncourtesque&amp;nbsp; &lt;/em&gt;d'Alexis Jenni&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; lequel s'inscrit dans le &lt;em&gt;mainstream&lt;/em&gt; d'un retour de l'Histoire (déjà avec Littell...) &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(2)&lt;/span&gt;, parce que s'épuisaient depuis quelques années les idioties de l'auto-fiction, auto-fiction ayant elle-même succédé à l'écriture blanche. C'est une vague, et pas très nouvelle, celle-là, et qui s'effondrera, indépendamment de la valeur du livre &lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(3)&lt;/span&gt;, parce qu'il ne peut rien demeurer de ce qui ne s'est pas assigné à la disparition du corps entravant la littérature comme &lt;em&gt;acte dans l'au-delà&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;Si la dernière figure majeure de la littérature française est Georges Perec. c'est parce qu'il a assujetti, lui, son devoir d'écriture à une indispensable déprise du monde. Il suffit pour s'en convaincre de prendre les deux pôles majeurs de son œuvre : &lt;em&gt;Les Choses&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La Vie mode d'emploi&lt;/em&gt;. Deux expériences textuelles qui révèlent justement le monde dans lequel elles éclosent et en même temps qui prennent leur puissance à mesure que l'on s'en éloigne, ayant compris, avec sa vive intelligence, que toute grande entreprise littéraire est d'outre-tombe. Deux romans récompensés en leur temps. Prix Renaudot 1965 pour le premier, prix Médicis 1978 pour le second. Comme une suprême ironie.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;(1)Mais le poète eut la faiblesse d'ajouter &quot;mon semblable -mon frère&quot;, ce qui était une manière désastreuse de rompre la distance nécessaire à la littérature.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;(2)En même temps que réapparaissait le social, le fameux social, quand le politique l'abandonnait, pour n'être plus rien (le politique s'entend).&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt;(3)Dont l'auteur était, paraît-il, suivi par l'écurie Gallimard, ce qui est une manière d'évaluer le champ littéraire à la lumière d'une course hippique. C'est d'ailleurs au regard de cette assimilation fatale que Liberation.fr, Le Monde.fr&amp;nbsp; et Le Figaro.fr titrent comme un seul et même torchon : &quot;Alexis Jenni remporte (sic) le Goncourt&quot;.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>PEINTURE : ELOGE DE GERARD TITUS-CARMEL</title>
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        <updated>2011-10-24T09:00:00+02:00</updated>
        <published>2011-10-24T09:00:00+02:00</published>
        <summary>  Parlez-moi, si vous voulez, de GERARD TITUS-CARMEL, bien qu’il soit...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lantidote.hautetfort.com/">
          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Parlez-moi, si vous voulez, de GERARD TITUS-CARMEL, bien qu’il soit beaucoup moins confidentiel. Sa peinture (parce que, figurez-vous, il fait de la peinture) est celle d’un INDIVIDU. J’ai découvert les dessins de GERARD TITUS-CARMEL dans le volume des &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Actes&lt;/span&gt; d’un colloque qui s’est tenu en 1970 à Cluny (p. 86 et suivantes). Quelques-unes des 25 &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Variations sur l’Idée de Rupture&lt;/span&gt;. Des dessins d’une netteté de scalpel. Des tiges (en métal&amp;nbsp;?) attaquées par des forces adverses, soit torturantes, soit entaillantes, soit bourgeonnantes, etc. Enfin, tous les genres de déformations qui peuvent s’attaquer au lisse de l’objet sorti de la perfection manufacturière. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;J’ai connu un excellent poète (un peu hermétique, hélas) du nom de&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;JACQUES DUPIN. Son gagne-pain, s’il est vrai que les poètes aussi doivent manger, consistait à administrer la galerie LELONG, 13, rue de Téhéran à Paris, dans le 8&lt;sup&gt;ème&lt;/sup&gt; arrondissement. Une galerie abritant un certain nombre d’artistes considérables, comme PIERRE ALECHINSKY, le déjanté BARRY FLANAGAN, professeur agrégé de lapins en bronze &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;qui, je crois, a quitté ce monde, ERNEST PIGNON-ERNEST, PAUL REBEYROLLE ou ANTONI TAPIES, pour citer mes préférés.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;LELONG avait sous contrat (et peut-être encore) GERARD TITUS-CARMEL. Au fait j’avais oublié de préciser que l’un des vins préférés de JACQUES DUPIN était le Saint Joseph, si j’en crois un repas pris au restaurant, à présent disparu, «&amp;nbsp;A Bon vin point d’enseigne&amp;nbsp;». J’ai toujours le bouquin absolument formidable de ses (pas DUPIN, mais TITUS-CARMEL)&amp;nbsp;dessins 1971-1979 (Editions Maeght). Je vous jure, sa fascination pour les diverses manières dont la matière pure se dégrade est elle-même fascinante. Ce qui est merveilleux, ici, ce ne sont pas les textes, estimables&amp;nbsp;(entre autres GILBERT LASCAULT, pas le premier venu), &amp;nbsp;mais les dessins.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;On y voit «&amp;nbsp;20 variations sur l’idée de détérioration&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;17 exemples d’altération d’une sphère&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;7 démontages&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: je pense en les regardant au travail qu’on demande au peintre dans les livres de botanique et de zoologie. Vous savez qu’une photo de fleur ou d’animal, censée représenter fidèlement son objet, n’arrivera jamais à la cheville de ce travail du peintre. La faiblesse de la photo, c’est qu’elle ne saisit qu’un seul moment, une seule lumière, un seul contexte.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Dans la réalité, impossible de retrouver quoi que ce soit sur la base d’une photo. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Le dessin et la peinture qui, faisant figurer TOUTES les informations nécessaires sur l’illustration, synthétisent tout ce qu’il faut savoir de la Centranthe rouge, de la Picride fausse Vipérine ou de la Lysimaque des bois, sont incomparablement, infiniment supérieurs pour vous apprendre à vous y retrouver. La photo, c’est l’instant isolé. Le dessin, la peinture de la chose, c’est la permanence, la quintessence de la chose, un peu de son éternité. Rien à voir. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Eh bien GERARD TITUS-CARMEL possède cet ordre d’exactitude et de précision scientifiques. Impossible de vous tromper&amp;nbsp;: quand vous tomberez sur une sphère dégradée, ce qui ne peut manquer d’arriver, n’est-ce pas, ce sera forcément un dessin de G. T.-C. Un conseil, gardez-le précieusement. J’ai fait il y a longtemps la bêtise de ne pas m’endetter pour acheter quelques œuvres qui étaient montrées rue Auguste-Comte. Je m’en mords encore les doigts. Remarquez, j’ai fait la même bêtise dans la même rue, s’agissant de linogravures de JEAN-MARC SCANREIGH, mais aussi à la galerie «&amp;nbsp;L’œil écoute&amp;nbsp;», pour un fabuleux tableau de SERGE PLAGNOL, alors …&amp;nbsp;Si ce n'est pas de la récidive, ça...&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;C’est la même précision et la même exactitude qui commandent aux «&amp;nbsp;Démontages&amp;nbsp;», aux «&amp;nbsp;Déambulatoires&amp;nbsp;», avec toujours le souci de marier en les distinguant à l’extrême les matières (bois, métal, ficelle, chiffon, fourrure), dans des dispositifs agencés selon une logique implacable mais mystérieuse. Les «&amp;nbsp;Déambulatoires&amp;nbsp;» comme des cadres de tableau où le tableau importe peu. Cela pourrait facilement virer à la préciosité. Même genre de travail avec les «&amp;nbsp;Four seans sticks&amp;nbsp;», la «&amp;nbsp;Suite italienne&amp;nbsp;», les «&amp;nbsp;Noren&amp;nbsp;», les «&amp;nbsp;Constructions frêles&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Il y a quelque chose de japonais dans le regard de GERARD TITUS-CARMEL sur les choses. Que ce soit dans la cuisine ou l’aménagement de la maison, les Japonais aiment confronter des matières dont les êtres sont opposés, par exemple le rugueux noirâtre et mat de la fonte confronté à un couvercle de porcelaine lisse et colorée, ou le cylindre vénérable d’un pilier de bois non travaillé sur le fond de laque brillante&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;noire et rouge de cette loge ménagée dans le mur de la pièce principale. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Je m’enorgueillis de posséder le catalogue intitulé «&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0706030829.html&quot;&gt;The Pocket Size Tlingit Coffin&amp;nbsp;&lt;/a&gt;» (ou «&amp;nbsp;cercueil tlingit de poche&amp;nbsp;», les Tlingit étant une peuplade d’Alaska), non pas pour l’indigeste et rébarbatif&amp;nbsp;baratin de monsieur JACQUES DERRIDA en personne (mais on a l'habitude), dont les premiers mots sont&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;30 novembre 1977. – et ainsi du reste, sans précédent.&amp;nbsp;». Voilà, vous savez tout du baratin, pas besoin de lire tout le filandreux qui suit, que DERRIDA&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;a chié en se tordant les boyaux de la tête (mais on va dire que je suis bêtement anti-intellectuel, ce qui est peut-être vrai). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Ce cercueil, d’abord, il faut savoir que c’en est un, tellement ça a l’air d’un jouet. Soit une petite boîte en acajou (environ 10 centimètres de long), fermée par une plaque d’altuglass, et comportant différentes petites pièces d’accastillage. Si vous avez aimé les séries de GERARD TITUS-CARMEL, là, vous serez servis&amp;nbsp;: 127 fois exactement. C'est exactement comme ça qu'ANTOINE PARMENTIER a converti LOUIS XVI&amp;nbsp;aux patates. Le même mets, accommodé de 127 manières différentes. Et pas deux pareilles&amp;nbsp;: au crayon, à l’encre, à l’aquarelle, au trait, en à-plat, comme s’il voulait récapituler les trésors des techniques graphiques. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Cela me fait penser à un bouquin de GEORGES PEREC&amp;nbsp;: &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Tentative d’épuisement d’un lieu parisien&lt;/span&gt;. Si c’est un petit «&amp;nbsp;cercueil&amp;nbsp;» (rien n’est moins sûr), GERARD TITUS-CARMEL s’efforce de l’épuiser, de le vider de toute la force qu’il possède. Malheureusement, en même temps qu’il le vide, par le fait même il le renforce. L’objet irréductible devient en soi un défi. En voulant en venir à bout, le peintre l’élève en majesté. «&amp;nbsp;Damnation, encore raté.&amp;nbsp;» D’où cette fuite dans toutes sortes de «&amp;nbsp;séries&amp;nbsp;». J’ai le même respect pour les «&amp;nbsp;Intérieurs&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Eclats &amp;amp; Caparaçons&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;Suite Chancay&amp;nbsp;». Respect à cause du respect de l’artiste pour les choses. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Moralité&amp;nbsp;: le réel est inépuisable, tout simplement parce qu’il ne nous paraît mangeable qu’au prix d’un désespoir et d’une illusion. Je me demande si ce n’est pas pour ça que nous nous vengeons de lui en consommant physiquement la planète. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Ce que je reproche finalement à tous les «&amp;nbsp;fabricateurs&amp;nbsp;» et autres «&amp;nbsp;truqueurs&amp;nbsp;» contemporains qui s’intitulent «&amp;nbsp;artistes&amp;nbsp;», c’est une incroyable &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;arrogance&lt;/span&gt; face au monde, auquel ils croient pouvoir impunément substituer le leur. Comme s’ils avaient un monde&amp;nbsp;! Comme s’ils &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;étaient&lt;/span&gt; un monde&amp;nbsp;! Ils posent leur unique idée sur les trottoirs de la culture comme on voit les merdes de chiens sur les trottoirs des villes, à la façon des mystificateurs JEFF KOONS ou TAKASHI MURAKAMI, des clowns qu’un snob désinvolte et dégénéré, avide de bruit médiatique (JEAN-JACQUES AILLAGON) a laissés récemment souiller le château de Versailles de leurs déjections. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Au temps de LOUIS XIV, la puanteur était une réalité quotidienne (due à l’absence totale de «&amp;nbsp;toilettes&amp;nbsp;»). Cette fois, c’est l’aristocratie en place &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;qui fait tomber des trous du cul des «&amp;nbsp;élites&amp;nbsp;» cette bouse nauséabonde. Une telle ARROGANCE est d’origine biblique (« Tu seras&amp;nbsp;possesseur et maître de la nature&amp;nbsp;»), et a quelque chose à voir avec celle de l’Occident, qui a plié le monde à sa discipline. Il faudra que je revienne là-dessus. Rien de tel chez GERARD TITUS-CARMEL. Dieu merci.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Dire que je n'ai même pas parlé de l'oeuvre poétique de GERARD TITUS-CARMEL ! Car il en a publié, le diable d'homme. Très souvent chez Fata Morgana (&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;La Tombée&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Le Motif du fleuve&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Instance de l'orée&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Gris de Payne&lt;/span&gt;), mais pas seulement. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Fin de la série, pour le moment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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