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<title>Last posts on forme-capital</title>
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<name>Rébellion</name>
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<title>Alain de Benoist : Face à la Forme-Capital</title>
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<updated>2014-12-27T10:02:00+01:00</updated>
<published>2014-12-27T10:02:00+01:00</published>
<summary> &amp;nbsp;       &amp;nbsp;       &amp;nbsp;Le texte qui suit est celui d'une préface à...</summary>
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&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-4822255&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://rebellion.hautetfort.com/media/01/00/2937426592.jpg&quot; alt=&quot;Jean-Claude Michéa, Emmanuel Todd, Après la démocratie, Alain de benoist, forme-capital, &quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #ffffff;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;Le texte qui suit est celui d'une préface à d'un recueil d'articles parus dans la revue Rébellion :&amp;nbsp;&lt;span class=&quot;Apple-style-span&quot; style=&quot;font-family: sans-serif; line-height: 21px;&quot;&gt;Louis Alexandre et Jean Galié,&amp;nbsp;Rébellion, l’Alternative socialiste révolutionnaire européenne, Alexipharmaque, 2009 ( disponible sur http://alexipharmaque.eu/ ) .&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Ce serait une grave erreur de croire que le socialisme (terme employé pour la première fois, dans son sens moderne, par Pierre Leroux en 1831) n’avait pour but, à l’origine, que de réagir contre l’abominable exploitation des masses prolétariennes que la révolution industrielle avait jetées dans les grandes villes et soumises à des conditions de travail bien souvent inhumaines. Les premiers socialistes dénonçaient bien entendu cette exploitation, protestaient contre leurs conditions de travail et exigeaient l’instauration de la justice sociale. Mais en se dressant contre la classe bourgeoise, ils se dressaient aussi contre le système des valeurs dont celle-ci était porteuse. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Toutes les sociétés traditionnelles ont tenu les valeurs économiques et marchandes (caractéristiques de la «&amp;nbsp;troisième fonction&amp;nbsp;» au sens dumézilien du terme) pour des valeurs inférieures ou subordonnées, raison pour laquelle l’économie ne devait surtout pas devenir autonome par rapport à la sphère sociale, à la société globale. L’économie était «&amp;nbsp;encastrée&amp;nbsp;» (&lt;em&gt;embedded&lt;/em&gt;, comme le disait Karl Polanyi) dans le social, et le social ne se réduisait évidemment pas à l’économie. C’est à la bourgeoisie, en tant que classe porteuse de valeurs qui lui étaient propres, que revient le «&amp;nbsp;mérite&amp;nbsp;» d’avoir, en même temps qu’elle s’imposait elle-même, et précisément pour pouvoir s’imposer, érigé la sphère économique en sphère autonome d’abord, dominante ensuite. Toute l’histoire européenne peut de ce point de vue se lire comme une histoire de la montée de la bourgeoisie, à la faveur de laquelle se sont progressivement imposés&amp;nbsp;les thèmes dont elle était porteuse&amp;nbsp;: individualisme (contre le sens de l’être-ensemble), culte de l’efficience et de l’utilité (contre l’éthique de l’honneur), axiomatique de l’intérêt (contre le désintéressement).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;La bourgeoisie s’est historiquement enfoncée comme un coin dans la structure sociale, rejetant d’un même mouvement les valeurs aristocratiques (qu’elle s’efforçait en même temps de singer sans en comprendre le soubassement, à savoir l’honneur et le désintéressement) et les valeurs populaires (au premier rang desquelles la «&amp;nbsp;décence commune&amp;nbsp;» évoquée par Orwell et dont nous reparlerons). La montée de la bourgeoisie a mis fin à tout ce qui pouvait demeurer de biens communs dans l’existence quotidienne, c’est-à-dire de biens qui n’étaient pas encore assujettis à l’appropriation individuelle, d’espaces de vie qui pouvaient faire l’objet d’une jouissance partagée. En Angleterre, par exemple, le mouvement des &lt;em&gt;enclosures&lt;/em&gt; a converti les champs ouverts et les pâturages communs en territoires séparés, possédés individuellement par quelques uns, ce qui a contribué à encourager la rivalité dans le monde rural et donc la désintégration sociale des communautés. Parallèlement, la bourgeoisie s’est employée à monétiser tout ce qui échappait encore auparavant à l’évaluation monétaire. C’est ce que Karl Marx avait déjà constaté dans un célèbre passage du &lt;em&gt;Manifeste du parti communiste&lt;/em&gt;, qu’on ne se lasse toutefois pas de citer&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La bourgeoisie là où elle est arrivée au pouvoir a détruit tous les rapports féodaux, patriarcaux, idylliques. Elle a déchiré sans pitié la multiplicité colorée des liens féodaux qui attachaient l’homme à ses supérieurs naturels et elle n’a laissé subsister d’autre lien entre l’homme et l’homme que l’intérêt nu, que le froid “argent comptant”. Elle a noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste les frissons sacrés de la piété exaltée, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise. Elle a réduit la dignité personnelle à la valeur d’échange et, à la place des innombrables libertés reconnues par écrit et chèrement conquises, elle a mis la liberté unique et indifférente du commerce. Elle a, en un mot, remplacé l’exploitation déguisée sous les illusions religieuses et politiques par l’exploitation ouverte, cynique, directe, brutale&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Dans &lt;em&gt;Le Capital&lt;/em&gt;, Marx constate aussi qu’«&amp;nbsp;au fond du système capitaliste, il y a la séparation radicale du producteur d’avec les moyens de production&amp;nbsp;». Le capitalisme est en effet foncièrement séparateur, le mode de production capitaliste reposant sur une double séparation&amp;nbsp;: la séparation des producteurs entre eux et leur&amp;nbsp;«&amp;nbsp;séparation radicale d’avec les moyens de production&amp;nbsp;». Cette double séparation engendre et généralise, d’une part, le rapport marchand entre les hommes, la société n’étant bientôt plus conçue que sur le modèle du marché, et d’autre part le travail salarié, le salariat étant la forme d’exploitation du travail qui contraint objectivement les travailleurs à se soumettre aux détenteurs du capital et aux propriétaires des moyens de production. Une telle évolution est généralement représentée comme résultant à la fois des «&amp;nbsp;lois de l’histoire&amp;nbsp;» (la nécessité historique dans la version historiciste de l’idéologie du progrès), et d’une «&amp;nbsp;nature&amp;nbsp;» revisitée sous l’angle d’une idéologie oublieuse de ce qui la constitue en propre (le marché est présenté comme la forme «&amp;nbsp;naturelle&amp;nbsp;» de l’échange social, alors qu’il fut en réalité institué à une date relativement récente, l’harmonie économique censée résulter de l’ajustement «&amp;nbsp;spontané&amp;nbsp;» de l’offre et de la demande étant elle aussi présentée comme «&amp;nbsp;naturelle&amp;nbsp;» dans l’apologétique bourgeoise), ce qui permet à l’idéologie dominante, dit encore Marx, de «&amp;nbsp;proclamer comme vérités éternelles les illusions dont le bourgeois aime à peupler son monde à lui, le meilleur des mondes possibles&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Le libéralisme est fermé à toute perspective sociale, dans la mesure où, fidèle à son réductionnisme intrinsèque, il ne peut analyser la société qu’à partir de l’individu et ne la conçoit que comme une somme d’individus et d’utilités individuelles. La notion de bien commun, c’est-à-dire d’un bien dont la jouissance se situe en amont même de toute possibilité de partage, est vide de sens à ses yeux. «&amp;nbsp;La société n’existe pas&amp;nbsp;», disait Margaret Thatcher. Tout ce que le libéralisme reconnaît, c’est une diversité d’aspirations égoïstes et intéressées, dont il affirme à la fois que le libre mouvement aboutit paradoxalement, par le jeu de la «&amp;nbsp;main invisible&amp;nbsp;», à l’harmonie générale et au «&amp;nbsp;bonheur&amp;nbsp;» de tous, et qu’elle ne saurait se concilier avec l’adhésion collective à une idée partagée de la vie bonne. Du point de vue libéral, il n’y a que des valeurs individuelles, pas de valeurs collectives, pas de projet collectif qui puisse légitimement s’articuler sur elles. Le libéralisme ne voit jamais le caractère collectif des difficultés et des misères individuelles, qu’il a toujours tendance à rabattre sur des circonstances hasardeuses ou sur la psychologie privée. Quant à la politique, elle ne se conçoit dans cette perspective que sous la forme d’une neutralité procédurale, réduite à l’expertise technique et à l’administration gestionnaire «&amp;nbsp;rationnelle&amp;nbsp;», processus de neutralisation qui équivaut à méconnaître et supprimer l’essence même du politique, à savoir qu’une bonne décision politique revient toujours à trancher entre plusieurs possibles au nom de valeurs qui s’incarnent dans un peuple.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt; C’est en réaction à cette évolution que, depuis quelques années, le journal &lt;em&gt;Rébellion&lt;/em&gt; proclame avec force la nécessité d’une «&amp;nbsp;rupture socialiste révolutionnaire&amp;nbsp;». Fidèle à l’esprit de l’immortelle Commune de 1871, sa jeune équipe se réclame du socialisme des origines, celui qui s’opposait frontalement au monde du capital. A mon avis, rien de meilleur. Dans chaque numéro de &lt;em&gt;Rébellion&lt;/em&gt; figure d’ailleurs un bref exposé programmatique («&amp;nbsp;Nos positions&amp;nbsp;»), auquel je souscris des deux mains – exception faite, peut-être, pour la référence au «&amp;nbsp;national-bolchevisme&amp;nbsp;» qui me paraît renvoyer à une notion, non seulement liée à des circonstances historiques obsolètes, mais aussi contradictoire par rapport au reste du texte (on ne peut à la fois rejeter le «&amp;nbsp;nationalisme centralisateur&amp;nbsp;» et se réclamer d’un «&amp;nbsp;Etat de type fédéraliste&amp;nbsp;», tout en adhérant à un national-bolchevisme dont l’esprit révolutionnaire se fondait sur un centralisme jacobin exacerbé). Mais il me semble clair que &lt;em&gt;Rébellion&lt;/em&gt; se situe également dans la lignée des innombrables soulèvements et jacqueries populaires, de la guerre des Paysans à celle des Demoiselles, des &lt;em&gt;levellers&lt;/em&gt; et des &lt;em&gt;diggers&lt;/em&gt; anglais, des Canuts lyonnais, mais aussi des insurgés vendéens et des Chouans, dont la révolte contre les «&amp;nbsp;colonnes infernales&amp;nbsp;» de la Révolution bourgeoise de 1789 fut bien loin de se réduire à une réaction «&amp;nbsp;royaliste et cléricale&amp;nbsp;». Rébellion, rupture, socialisme, révolution&amp;nbsp;: en quelques mots, tout est dit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Tout est dit, mais c’est aussi là que les difficultés commencent. Car un recours à l’inspiration du socialisme originel – un recours, et non pas un retour – ne saurait faire l’économie d’une réflexion sur ce qui s’est passé depuis lors. Non seulement il est nécessaire, quand on entend s’attaquer au capitalisme, de ne pas s’en tenir à la «&amp;nbsp;critique artiste&amp;nbsp;», dirigée contre le «&amp;nbsp;philistinisme bourgeois&amp;nbsp;», qui a souvent été la marque de l’anticapitalisme romantique, mais il faut encore situer le capitalisme dans la longue durée pour comprendre ce qui distingue le capitalisme du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle du capitalisme actuel, le capitalisme «&amp;nbsp;du troisième type&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Dans la première phase de l’histoire du capital, les intérêts des salariés étaient liés aux intérêts de leurs employeurs de façon purement négative, comme dans un jeu à somme nulle&amp;nbsp;: plus les salaires étaient bas, plus les profits patronaux étaient grands. Les intérêts des deux classes s’opposaient ainsi frontalement&amp;nbsp;avec la force de l’évidence, puisque tout ce qui était gagné par les uns était automatiquement perdu pour les autres. Mais ce premier capitalisme, qui s’efforçait de comprimer le plus possible les salaires, risquait bien entendu de voir la croissance interrompue ou ralentie par des crises de surproduction. Les détenteurs du capital ont alors réalisé que les salaires, en déterminant le pouvoir d’achat, constituaient aussi le moteur de la consommation. Il leur fallait donc veiller à une certaine redistribution des richesses, redistribution certes insuffisante pour limiter les écarts de revenus, mais qui pouvait au moins permettre de faire absorber une production toujours plus importante par des salariés considérés désormais avant tout comme des consommateurs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt; C’est précisément ce changement décisif qu’incarne le compromis fordiste, qui s’est imposé lorsque les employeurs ont commencé à comprendre qu’il existait une autre manière d’augmenter leurs profits&amp;nbsp;: mieux payer leurs salariés pour que ceux-ci leur achètent les biens que leur force de travail a produits. Le fordisme marque le début de l’avènement de la consommation de masse, mais aussi le grand tournant vers le réformisme. Dès l’instant où l’accumulation des profits est censée profiter globalement à tout le monde, fût-ce au bout d’un certain délai et en dépit d’inégalités persistantes, ce dont témoigne la hausse du produit intérieur brut (PIB) et l’extension des classes moyennes, les perspectives révolutionnaires s’éloignent. C’est le phénomène qu’Alfred Sauvy a décrit avec sa théorie du «&amp;nbsp;déversement&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: les profits accumulés au sommet de la pyramide sociale finissent au bout d’un certain temps par redescendre en partie jusqu’à sa base. Dès lors, il ne s’agit plus que de négocier une meilleure répartition des «&amp;nbsp;fruits de la croissance&amp;nbsp;». Les syndicats, les uns après les autres, renoncent à combattre frontalement le capitalisme, et ne s’occupent plus que de faire profiter le mieux possible leurs adhérents des profits qu’il dégage. Cette deuxième phase de l’histoire du capitalisme, marquée par la crise de 1929, la Deuxième Guerre mondiale et la guerre froide, est donc aussi l’ère du compromis. Le seul objectif des organisations syndicales est d’obtenir une progression des salaires réels en phase avec les gains de productivité du travail. Parallèlement, la mise en place de l’Etat-Providence, keynésien et social, permet aux producteurs-consommateurs d’accéder à un minimum de sécurité, au risque de devenir aussi des assistés, en même temps qu’il accélère le processus d’individualisation (du fait de l’allocation individuelle des ressources) et semble contribuer à dissoudre les classes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt; Dans la phase fordiste, notamment pendant les Trente Glorieuses, entre 1945 et 1975, les économies fonctionnaient encore avec des systèmes de financement radicalement différents de ceux que nous connaissons depuis les années Thatcher-Reagan, c’est-à-dire le milieu des années 1980. A cette époque, le développement du capitalisme reste encore relativement ordonné aux espaces nationaux. Ce n’est plus le cas à l’ère du «&amp;nbsp;turbo-capitalisme&amp;nbsp;», correspondant à la troisième vague de l’histoire du capitalisme, qui se caractérise par l’essor et l’autonomisation croissante du capitalisme financier, et par le pouvoir accru des détenteurs du capital, et plus particulièrement des actionnaires, qui sont aujourd’hui les véritables propriétaires des sociétés cotées en Bourse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Le pouvoir croissant des actionnaires va de pair en effet avec l’autonomisation toujours croissante de ce capital financier que décrivait Rudolf Hilferding dès le début du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle, en référence à ce que Marx avait écrit avant lui sur le «&amp;nbsp;capital fictif&amp;nbsp;» (la pyramide des titres financiers) et les «&amp;nbsp;administrateurs&amp;nbsp;» du capital de financement. Cette autonomisation crée un déséquilibre grandissant entre la production réelle et la fantasmagorie monétaire. Désireux d’obtenir un rendement maximal aussi rapide que possible de leurs investissements, les actionnaires poussent à la compression des salaires et à la délocalisation opportuniste de la production vers des pays émergents où la hausse de la productivité va de pair avec de très bas coûts salariaux. Résultat&amp;nbsp;: partout, l’augmentation de la valeur ajoutée profite aux revenus du capital plutôt qu’aux revenus du travail, la déflation salariale engendrant à son tour la stagnation ou la baisse du pouvoir d’achat de la plupart des gens, et la diminution de la demande solvable globale. Dans le même temps, nombre de fonctions remplies naguère par l’Etat-Providence sont, soit transférées vers des organisations internationales, soit rabattues sur la psychologie personnelle et mises à la charge de la «&amp;nbsp;politique de vie&amp;nbsp;» du seul individu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Ce qu’on appelle de nos jours «&amp;nbsp;néolibéralisme&amp;nbsp;» – généralement pour éviter d’avoir à parler de capitalisme – est donc, à bien des égards, une restauration du système capitaliste des origines dans ce qu’il a pu avoir de plus brutalement destructeur, la mise en concurrence des travailleurs sous l’effet du libre-échange mondial et de la mobilité complète des capitaux créant un surcroît de pression disciplinaire face auquel les syndicats, dont la marge de manœuvre continue à s’inscrire principalement dans le cadre national, sont aujourd’hui presque impuissants. Le capitalisme retrouve son caractère prédateur de l’époque de Thiers, de Guizot et de Mac-Mahon. Alors que dans la deuxième phase, les salaires contribuaient avant tout à la formation et au développement de la demande intérieure, dans la troisième, ils redeviennent perçus comme un coût pur. L’élément nouveau est qu’aujourd’hui, les délocalisations et la dérégulation permettent d’échapper dans une large mesure aux revendications populaires et aux pressions syndicales&amp;nbsp;: si celles-ci deviennent trop fortes, les entreprises partent s’installer ailleurs, là où les normes fiscales, écologiques et sociales sont moins contraignantes. La précarité de l’emploi devient alors la règle. Elle est relativement contenue, mais aussi soigneusement entretenue pour imposer la crainte du chômage, faire accepter des rémunérations toujours plus faibles et désarmer les revendications révolutionnaires. Les conséquences sont connues&amp;nbsp;: crise de la suraccumulation, inégalités croissantes dans la répartition des revenus, courses folles entre prix et salaires, etc., tandis que l’on assiste à une réorientation à la baisse de la trajectoire des taux de profit, selon le diagnostic posé par Marx dans le livre III du &lt;em&gt;Capital&lt;/em&gt;, réorientation accélérée par la substitution grandissante du travail mort machinique au travail vivant sur des marchés de plus en plus saturés, à commencer par le marché des solvabilités réelles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;JUSTIFY&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Dans cette troisième phase, la paupérisation relative s’étend à nouveau, au fur et à mesure que s’étendent des inégalités dont les
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<name>Zed</name>
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<title>Réponses dans la postmodernité...</title>
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<updated>2013-06-27T10:05:00+02:00</updated>
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<summary>  Vous pouvez découvrir ci-dessous un court entretien donné par  Alain de...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Vous pouvez découvrir ci-dessous un court entretien donné par &lt;strong&gt;Alain de Benoist&lt;/strong&gt; le 6 juin 2013 au &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.opifice.it/&quot;&gt;Gruppo Opifice&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, groupe métapolitique de Cagliari, en Sardaigne, au cours duquel il revient sur les notions de décroissance et de Forme-Capital.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;iframe width=&quot;400&quot; height=&quot;300&quot; src=&quot;http://player.vimeo.com/video/67721999&quot; frameborder=&quot;0&quot; webkitallowfullscreen=&quot;&quot; mozallowfullscreen=&quot;&quot; allowfullscreen=&quot;&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Agriculture mondiale : un désastre annoncé...</title>
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<updated>2012-11-02T16:17:00+01:00</updated>
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<summary>  Les éditions Autrement viennent de publier   Agriculture mondiale : un...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Les éditions Autrement viennent de publier &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Agriculture mondiale : un désastre annoncé&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;, un essai de l'ingénieur agronome &lt;strong&gt;André Neveu&lt;/strong&gt;. L'auteur nous alerte sur les investissements colossaux des sociétés capitalistes dans l'agriculture, qui se traduisent notamment par des achats massifs de terres arables et des mouvements spéculatifs sur les produits agricoles. Quand la Forme-Capital étend son emprise sur le monde...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3818667&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://metapoinfos.hautetfort.com/media/01/02/850960522.jpg&quot; alt=&quot;Agriculture mondiale désastre annoncé.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&quot;« Je veux mettre en garde les paysans du monde, les gouvernements et les consommateurs contre l’offensive du système capitaliste financier international qui insidieusement s’empare des meilleures terres et élimine les moins compétitifs, c’est-à-dire l’immense majorité des petits et moyens agriculteurs. Une riposte s’impose. Elle doit être rapide et vigoureuse car le temps est compté. » Après les industries agroalimentaires et la grande distribution, le système capitaliste mondial investit aujourd’hui la terre agricole. Les très grandes entreprises de production agricole (20 ou 30 000 hectares minimum) se multiplient dans des pays comme le Brésil, l’Argentine, la Chine ou la Russie. Les fonds de pensions acquièrent de nouvelles terres et aujourd’hui, le processus s’accélère, menaçant les exploitations européennes, même les plus importantes. André Neveu émaille son tableau de l’agriculture mondiale d’un grand nombre d’exemples concrets, comme l’industriel français Charles Beigbeder, installé en Ukraine depuis 2007, aujourd’hui à la tête de 6 fermes couvrant 50 000 hectares appelés à doubler rapidement. Ce mouvement irréversible d’acquisition des terres, conséquence tragique de la mondialisation menace les agriculteurs des pays en développement d’Afrique ou d’Asie où des millions d’hommes et de femmes risquent d’être chassées de leurs terres ancestrales. Aucune région du monde n’est épargnée : le berceau américain, le Brésil et l’Argentine, l’Europe occidentale, l’Ukraine et la Russie, l’Afrique, l’Australie, la Nouvelle Zélande, le Sud-est asiatique et la Chine… Que vont-ils devenir ? Ce cri d’alarme nous alerte sur les dangers de la logique capitaliste en marche.&quot; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
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