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<title>Last posts on as bestas</title>
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<name>Cinéambulant</name>
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<title>As bestas (Rodrigo Sorogoyen)</title>
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<updated>2022-08-27T17:35:49+02:00</updated>
<published>2022-08-27T17:35:49+02:00</published>
<summary>  Vu en salle au milieu de l’été, ce drame âpre reste en mémoire. Il est avec...</summary>
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&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri Light',sans-serif;&quot;&gt;Vu en salle au milieu de l’été, ce drame âpre reste en mémoire. Il est avec La nuit du 12 l’un des plus beaux prétextes à retourner au cinéma cette année. Avant d’y aller sur la foi d’excellentes critiques et d’une bande-annonce très sombre, le film m’interrogeait sur son identité&amp;nbsp;et son degré de violence : un drame familial&amp;nbsp;? Un film social&amp;nbsp;? Un thriller rural&amp;nbsp;? Et puis les premières images évoquent une terre peu montrée sur grand écran&amp;nbsp;: la Galice, région rurale à la pointe nord-ouest de l’Espagne. Olga (Marina Fois) et Antoine (Denis Menochet) s’y sont installés comme néo-campagnards, attirés par la beauté de ces paysages boisés et vallonnés. Leur fille restée en France, le scénario nous laisse deviner qu’ils avaient de bons métiers, des amis mais que le charme d’une vie plus proche de la nature, à cultiver bio, à restaurer des masures, les a convaincus de s’installer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://cineclubambulant.hautetfort.com/media/02/01/3765470534.jpg&quot; id=&quot;media-6381923&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri Light',sans-serif;&quot;&gt;Malgré le charme environnant, Sorogoyen décrit dès l’entame un malaise persistant. Le village est un lieu en vase clos où les affinités comme les haines se ressentent facilement. Au café et en dehors, Antoine affronte les regards et les sarcasmes des frères Anta, Xan (Luis Zahera) et Lorenzo (Diego Anido), issus d’une famille paysanne du cru. Au fur et à mesure du film, les moqueries se transforment en franche hostilité, la tension monte mais restera contenue jusqu’à exploser. &lt;strong&gt;As bestas fonctionne comme un ballon à la limite de l’éclatement, dont on laisse échapper ponctuellement un peu d’air pour le garder intact.&lt;/strong&gt; L’atmosphère du film oppresse le spectateur sur 2H17, en jouant sur &lt;strong&gt;un équilibre constant entre la paranoïa d’Antoine&lt;/strong&gt;, qui veut filmer les méfaits de&amp;nbsp;Xan et Lorenzo, &lt;strong&gt;et le ressentiment des frères qui s’exprime en insinuations&lt;/strong&gt; plutôt qu’en reproches francs. Antoine veut produire des preuves par l’image, avec un camescope, mais cela traduit comme une impuissance chez lui à comprendre ce qui anime les frères Anta et qui est beaucoup plus gros qu’une simple hostilité de paysans arriérés. C’est une forme de guerre entre deux mondes qui ne dit pas son nom, qu’Olga semble avoir mieux compris que son mari. D’ailleurs il ne parviendra jamais à traduire en images la réalité de leur hostilité et les preuves de leur culpabilité. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri Light',sans-serif;&quot;&gt;Le schéma n’est pas nouveau&amp;nbsp;: paysans du coin contre urbains, ploucs contre éduqués, sauvages contre civilisés. La situation de départ fait penser à deux films marquants des années 70&amp;nbsp;: Deliverance de John Boorman et les Chiens de paille de Peckinpah. Deux films interrogeant la notion de civilisation et la violence primitive dissimulée derrière. Deux histoires au cours desquelles des citadins «&amp;nbsp;modernes&amp;nbsp;» affrontent la violence de gens de la campagne. S’il souhaitait s’engager sur ce terrain de réflexion pour mettre en cause la frontière entre civilisation et violence, As bestas n’y est pas parvenu, malgré son titre évoquant implicitement les bêtes c’est-à-dire les chevaux sauvages de Galice. Dévoilant par petites touches de dialogue son enjeu social, &lt;strong&gt;As bestas évoque une guerre de survie, une lutte des classes entre deux produits du monde capitaliste&lt;/strong&gt;. Au nom de la beauté des lieux, Antoine et Olga ont refusé de signer pour l’installation d’éoliennes qui auraient permis à leurs voisins d’améliorer leur sort en touchant une redevance. Au nom d’un idéal de citadins écolos (de bobos pourrait-on dire), ils ont privé une famille paysanne pauvre du droit de foutre le camp. Il y a aux deux tiers du film une séquence essentielle d’affrontement quand Antoine provoque Xan à exprimer ses griefs. La colère de Xan donne à voir &lt;strong&gt;la détresse d’un monde paysan à l’agonie, qui n’a que faire de beaux paysages et de légumes bios&lt;/strong&gt;. La parole d’un «&amp;nbsp;plouc&amp;nbsp;» prend tout d’un coup plus de poids que les rêves de nature d’un néo-rural. &lt;strong&gt;Sorogoyen filme une catharsis sociale qui ne pourra hélas trouver une issue pacifique&lt;/strong&gt;. Il y a une lutte des classes involontaire entre des enracinés qui n’ont pas choisi leur vie et des nouveaux venus qui ont pu choisir la leur. Cette lutte s’exprime aussi par l’image de corps différents&amp;nbsp;: la carcasse puissante et bien nourrie de Ménochet contre les corps tendus et amaigris de Luis Zahera et Diego Anido. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12.0pt; font-family: 'Calibri Light',sans-serif;&quot;&gt;As bestas est une œuvre puissante qui inscrit la fragmentation sociale de ce monde jusques dans une contrée ancestrale. Dans le cycle des saisons qui transforme ses paysages, la Galice filmée par Sorogoyen traduit parfaitement les antagonismes entre les personnages du film. L’été révèle la douceur lumineuse de ses collines qu’Antoine contemple sous un ciel étoilé. L’hiver révèle la froideur et la dureté de ses conditions qu’affronte Olga et que les frères Anta ont toujours connu. Olga, que Marina Fois interprète magistralement, comprend que pour vivre définitivement là-bas, il faut dépasser les rêves d’Antoine et prendre sa part de labeur et de souffrance comme les gens du coin. C’est par là qu’elle pourra habiter une terre qui n’est pas la sienne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>Sandra Mézière</name>
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<title>Critique de AS BESTAS de Rodrigo Sorogoyen - Cannes Première</title>
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<id>tag:www.inthemoodforcannes.com,2022-05-26:6420930</id>
<updated>2022-05-26T23:03:00+02:00</updated>
<published>2022-05-26T23:03:00+02:00</published>
<summary>      Madre &amp;nbsp;(le dernier film de Sorogoyen, sorti en 2019) débutait...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-6414805&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://www.inthemoodforcannes.com/media/01/01/1816405191.jpg&quot; alt=&quot;Critique Cannes Première.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Madre&lt;/em&gt;&amp;nbsp;(le dernier film de Sorogoyen, sorti en 2019) débutait ainsi…Le téléphone sonne. Le fils d’Elena, 6 ans, paniqué, perdu, seul sur une plage des Landes, appelle sa mère à des kilomètres de là et dit ne plus trouver son père. C’est par ce plan-séquence brillantissime, haletant, qui nous met dans la peau d’Elena, saisie par cette angoisse absolue, que commence en effet ce film captivant, suffocant, déroutant, comme il le sera jusqu’à la dernière seconde. Constamment, il brouille les pistes, les genres même, comme le deuil lui-même abolit toute notion de réalité, aux frontières de la morale et de la folie : savant écho entre le fond et la forme dans ce thriller sur la confusion des sentiments autant que sur l’absence inacceptable. Ajoutez à cela un sens rare du cadre et du hors champ, une interprétation magistrale et vous obtiendrez un film d’une singularité rare, et palpitant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Si je vous parle de ce précédent film, c’est parce que&amp;nbsp;&lt;em&gt;As bestas&lt;/em&gt;&amp;nbsp;ne manque pas de points communs avec celui-ci, à commencer par une maîtrise magistrale de chaque plan. Mais aussi sa scène d’introduction d’une puissance rare.&amp;nbsp; Elle montre des « aloitadores » qui luttent, et parviennent finalement à immobiliser un cheval. Une chorégraphie à la fois fascinante et violente. Un affrontement jusqu’à la capitulation finale d’un des deux « duellistes ». Une métaphore qui nous laisse deviner que la bataille qui s’annonce sera rude et impitoyable. Une allégorie qui place d’emblée le film sous le sceau de la tension et de l’étouffement…qui ne se relâchera qu’à la fin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Antoine (Denis Ménochet) et Olga (Marina Foïs), un couple de Français, sont installés depuis longtemps dans un petit village de Galice. Ils possèdent une ferme et restaurent des maisons abandonnées pour faciliter le repeuplement. Tout devrait être idyllique mais un grave conflit avec leurs voisins lié à leur opposition à un projet d’éoliennes fait monter la tension jusqu’à l’irréparable… &amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce serait réducteur de qualifier ce film uniquement de thriller, aussi palpitant soit-il. Drame personnel, social, il est à la frontière des genres, reprend et détourne même les codes du western. Sorogoyen a le don d’instiller de la tension dans des scènes a priori anodines (comme ces scènes de saloon dans les westerns dans lesquelles la tension est palpable, l’apparente tranquillité n’étant qu’un leurre et pouvant dégénérer en duel meurtrier), avec notamment deux plans-séquences magistraux. Les frères Anta rappellent bien des personnages de westerns aux visages patibulaires, nés sur leurs terres, ancrés dans leurs certitudes et leurs haines tenaces.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans ce film en deux parties (comme&amp;nbsp;&lt;em&gt;Madre&lt;/em&gt;, là encore) la suffocation est progressive, jusqu’à l’étouffement. Ce film est d’ailleurs dichotomique à bien des égards. Il met ainsi face à face les citadins idéalistes face aux campagnards aux rudes conditions de vie dont le seul rêve est de partir vivre en ville, sans que cela soit pour autant manichéen. Deux mondes qui ne se comprennent pas, en partie en raison des préjugés des derniers. La rancœur devient bientôt irrationnelle. C’est celle d’un monde où l’on ne s’entend plus, où l’on ne cherche plus à se comprendre. Les deux frères sont en colère contre le reste du monde. Contre ces étrangers qui, pour eux, l’incarnent. La rancœur devient alors une haine sans limites, sans lois, sans morale et finalement sans raison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le village en déclin et la campagne de Galice, sauvage, grisâtre et monotone, constituent un personnage à part entière, à la fois fascinant et inquiétant, hostile et admirable.&amp;nbsp;&amp;nbsp;Ajoutez à cela un scénario impeccable ( de Isabel Peña et Rodrigo Sorogoyen), une interprétation de Marina Foïs et Denis Ménochet d’une justesse qui ne flanche jamais, et qui contribue beaucoup au parfait équilibre de l'ensemble, et vous obtiendrez un film âpre mais remarquable. A voir absolument au cinéma, dès le 20 juillet.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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