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    <title>Last posts on uchronie</title>
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            <name>Génération Science-fiction</name>
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        <title>L’acteur historique dans les récits de science-fiction (1)</title>
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        <updated>2008-07-29T11:35:00+02:00</updated>
        <published>2008-07-29T11:35:00+02:00</published>
        <summary>   Ou comment la psychologie de l’acteur historique permet une...</summary>
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           &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;i&gt;Ou comment la psychologie de l’acteur historique permet une instrumentalisation de l'Histoire dans la science-fiction&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/00/01/615259633.jpg&quot; id=&quot;media-1156883&quot; alt=&quot;995135.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-1156883&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’Histoire est omniprésente dans la science-fiction. Et sa fonction y est plurielle. Elle intervient soit à titre de source d’inspiration (citons le cycle de &lt;b&gt;Fondation&lt;/b&gt; d’Isaac Asimov, largement inspiré de l’&lt;b&gt;Histoire du déclin et de la chute de l’Empire romain d’Occident&lt;/b&gt;, d’Edward Gibbon&amp;nbsp;: citons également &lt;b&gt;Tigane&lt;/b&gt; de Guy Gavriel Kay et &lt;b&gt;Ariosto Furioso&lt;/b&gt; de Chelsea Quinn Yarbro, deux romans dont la trame est directement puisée dans l’histoire de la Renaissance italienne), soit comme contexte (les exemples sont légion&amp;nbsp;: Robert Silverberg met souvent en scène l’Antiquité égyptienne, assyro-babylonienne, grecque et romaine, dans ses romans, &lt;b&gt;Gilgamesh roi d’Ourouk&lt;/b&gt;, &lt;b&gt;Thèbes aux Cent Portes&lt;/b&gt;, L&lt;b&gt;ettres de l’Atlantide&lt;/b&gt;, ainsi que dans nombre de ses nouvelles ; la tétralogie du &lt;b&gt;Lion de Macédoine&lt;/b&gt; de David Gemmel se déroule en pleine époque hellénistique), soit, comme enjeu narratif, dans les récits uchroniques qui, depuis quelques années, semblent être redevenus l’apanage des auteurs de science-fiction (l’énumération des mondes ayant connu une histoire antique, médiévale, moderne ou contemporaine, différente de la notre&amp;nbsp;et l’annuaire des «&amp;nbsp;points de divergence&amp;nbsp;» parfois originaux, mais souvent très classiques, n’étant pas l’objet de cet article, je renvoie le lecteur curieux à l’excellent ouvrage d’Eric B. Henriet, &lt;b&gt;L’histoire revisitée&lt;/b&gt; ; enfin, l’histoire est également présente dans la science-fiction sous la forme d’un «&amp;nbsp;jeu&amp;nbsp;» sur les grandes figures du genre lui-même, forgées au cours du long 19ème siècle français et européen. Le steampunk, hommage appuyé aux «&amp;nbsp;maîtres&amp;nbsp;» et à leurs créatures, met en scène, dans des décors volontiers victoriens, Conan Doyle et Sherlock Holmes, Jack London et Peter Pan, les martiens et la cavorite de Wells et Némo et le &lt;i&gt;Nautilus&lt;/i&gt; de Verne, et prouve que l’identité de la science-fiction s’appuie sur une histoire, des mythes et des valeurs propres.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/00/01/850524448.jpg&quot; id=&quot;media-1156890&quot; alt=&quot;encrage-interface3-2004.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1156890&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’Histoire et «&amp;nbsp;les histoires&amp;nbsp;» sont un élément incontournable de la science-fiction. D’ailleurs, quel créateur d’univers n’a pas éprouvé le besoin d’enraciner son monde dans une histoire à part entière&amp;nbsp;? Les plus grands chef-d’œuvres de la science-fiction, de &lt;b&gt;Dune&lt;/b&gt; à &lt;b&gt;Hypérion&lt;/b&gt;, ne doivent-ils pas toute leur force évocatrice au sens épique de l’Histoire qui les sous-tend&amp;nbsp;? Toutes ces histoires du futur, depuis le cycle magistral de Robert A. Heinlein jusqu’aux &lt;b&gt;Seigneurs de l’Instrumentalité&lt;/b&gt; de Cordwainer Smith, en passant par des œuvres plus confidentielles comme L&lt;b&gt;es premiers et les derniers&lt;/b&gt; d’Olaf Stapledon, trahissent la place centrale de l’Histoire dans la construction d’un univers imaginaire cohérent. De là à affirmer que tous les écrivains de science-fiction sont les historiens des futuribles, il n’y a qu’un pas, que l’on ne peut franchir sans se tromper lourdement.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Car il existe une différence majeure, écrasante, entre l’historien et l’auteur de SF. Si l’un comme l’autre se servent des faits historiques, le premier cherche à en tirer des connaissances objectives, alors que le second les asservit à une fiction. L’auteur de SF ne sera jamais un historien, parce que s’il le devenait, il serait mauvais, illisible et impubliable. Il creuse le sillon à l’endroit du champ que redoute le plus le chercheur&amp;nbsp;: celui de la libre extrapolation. Il est un raconteur d’histoires avant tout. Et parce qu’il se doit de «&amp;nbsp;conter&amp;nbsp;», l’auteur de SF n’utilise jamais l’Histoire pour elle-même, mais il s’en sert comme source d’inspiration, décor, ou, dans les uchronies, enjeu narratif. Cela signifie qu’il «&amp;nbsp;l’instrumentalise&amp;nbsp;» dans son intrigue, les actions et la psychologie de ses personnages. Si l’on a déjà maintes fois parlé de la place de l’Histoire dans la science-fiction, si l’on a étudié plus qu’à l’envi, le voyage dans le temps, l’uchronie et le steampunk, il me semble que l’étude de la psychologie de l’acteur historique dans le récit de fiction, reste un terrain peu exploré à ce jour et qui mérite d’être défriché. Posons-nous la question suivante&amp;nbsp;: comment l’auteur de science-fiction parvient-il à instrumentaliser l’Histoire à travers la psychologie de ses personnages&amp;nbsp;au moment où ceux-ci se trouvent confrontés à un choix crucial, à la nécessité d’un acte qui, dans le récit, est «&amp;nbsp;historique&amp;nbsp;»&amp;nbsp;?&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/02/00/1572214372.jpg&quot; id=&quot;media-1156878&quot; alt=&quot;51V4H4D05TL.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-1156878&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il s’agit ici d’étudier l’articulation entre l’histoire «&amp;nbsp;personnelle&amp;nbsp;» du personnage qui «&amp;nbsp;incarne&amp;nbsp;» l’acteur historique dans le récit et l’Histoire du Monde elle-même. L’une et l’autre se déterminent réciproquement, au rythme de l’action. Que l’Histoire du Monde soit purement imaginaire ou simplement divergente, que cet univers soit uchronique ou pas, ne modifie pas, fondamentalement, la psychologie de l’acteur historique. Par définition, l’acteur historique (du moins le personnage qui l’incarne) se situe au cœur même des enjeux politiques, sociologiques, et culturels de l’univers du récit. Il est littéralement «&amp;nbsp;englué&amp;nbsp;» dans le présent de l’action et n’obéit qu’à la volonté de défendre un idéal, ou ne répond qu’à la prégnance de la nécessité. En toute logique, quelles que soient ses motivations profondes, il ne peut pas, à l’inverse du lecteur, évaluer «&amp;nbsp;en temps réel&amp;nbsp;» la portée historique de ses actes. Il peut l’envisager avant d’agir, il peut l'estimer après avoir agi, mais jamais prendre du recul pendant l’action.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce qui nous donne un premier élément d’analyse&amp;nbsp;: l’acteur historique au moment d’agir se détermine bien plus par sa psychologie que par ses orientations politiques ou ses choix philosophiques. Le présent l’écrase littéralement, quel que soit d’ailleurs le temps du récit, le ramenant à la situation de n’importe quel individu qui subit la pression des événements. Ainsi, que l’on ait une conception marxiste ou volontariste de l’Histoire (tout en sachant que la première oblitère naturellement la plupart des hypothèses d’uchronie, mais il s’agit d’un autre débat que nous ne mènerons pas ici), force est de reconnaître que l’acteur historique, au moment même où il agit, ou n’agit pas, n’est jamais le héros parfait ou le traître accompli que l’Histoire fait de lui par la suite. Qu’il se décide à mettre en scène une révolution, une guerre, un coup d’Etat, une crise politique quelle qu’elle soit, un auteur doit donc garder présent à l’esprit, que son acteur historique est avant tout un personnage vivant. D’où l’inanité de faire de lui un archétype, révolutionnaire idéal ou conservateur obtus, dont le vécu ne se résume qu’à ses convictions politiques.&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;b&gt;Ugo Bellagamba&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; 
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        <author>
            <name>Génération Science-fiction</name>
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        <title>Les Conjurés de Florence</title>
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        <updated>2008-07-25T08:21:01+02:00</updated>
        <published>2008-07-25T08:21:01+02:00</published>
        <summary>    Paul J. McAuley        Pasquale's Angels (1994)       Gallimard Folio SF...</summary>
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           &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/images/medium_Florence.jpg&quot; alt=&quot;medium_Florence.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;b&gt;Paul J. McAuley&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;i&gt;Pasquale's Angels (1994)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;Gallimard Folio SF n°194&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; On ne peut qu'admirer, au premier abord, la reconstitution minutieuse de cette Florence du XVIe siècle, la justesse des détails concernant les mœurs de l'époque, les intrigues des puissants, qu'ils soient hommes de cour ou d'église, les techniques de fabrication des pigments et les règles de la peinture religieuse. Minutieuse&amp;nbsp;? Allons donc&amp;nbsp;! Fantaisiste plutôt puisqu'il s'agit d'une Florence parallèle où roulent des voitures à vapeur, où l'on fume des joints et où les aztèques ont développé de fructueuses relations commerciales. En fait, Paul McAuley a trouvé le juste équilibre dans son collage d'éléments historiques et de décalages spéculatifs pour donner à cette fresque uchronique les couleurs de la crédibilité et le réalisme du détail. Reconstitution minutieuse, donc, car il faut une parfaite connaissance de la période pour la remodeler de la sorte et la restituer avec cette généreuse richesse qui transparaît également dans le style.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;On apprécie tout d'abord les personnages historiques, depuis Léonard de Vinci qui a cessé de peindre pour devenir le Grand Ingénieur, dont les inventions ont changé la face du monde, jusqu'à Machiavel qui, en disgrâce depuis la chute des Médicis, est devenu, à la &lt;i&gt;Gazette de Florence,&lt;/i&gt; un journaliste réputé pour ses déductions dignes d'un Sherlock Holmes ou du Guillaume de Baskerville du &lt;i&gt;Nom de la rose.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/images/thumb_florencedenoel.jpg&quot; alt=&quot;medium_florencedenoel.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pasquale, apprenti peintre auprès de Rosso, artiste aigri, est le véritable héros de cette enquête qui commence par un meurtre commis dans l'entourage de Raphaël d'une façon que n'aurait pas reniée un Gaston Leroux ou un Edgar Poe, et qui se poursuit par l'empoisonnement de ce dernier. Son ennemi Michel-Ange en est-il le commanditaire&amp;nbsp;? Est-ce l'oeuvre des savonarolistes qui conspirent et perpétuent l'intolérance de cet antihumaniste notoire&amp;nbsp;? Celle d'espions à la solde de l'Espagne&amp;nbsp;?&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Roman policier dans la grande tradition du genre, où les indices sont dissimulés dès les premières pages, &lt;b&gt;Les conjurés de Florence&lt;/b&gt; est aussi le récit d'une quête, celle de Pasquale à la recherche du visage de son ange, son chef d'œuvre pictural en gestation, en même temps qu'un roman d'apprentissage, qui conduira le jeune homme vers la maturité.&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Réjouissant, astucieux, bourré de références, ce roman est une réussite à tous les points de vue capable de réconcilier les exigeants amateurs de littérature générale avec les spéculations audacieuses d'une Science-Fiction de qualité. &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;b&gt;Claude Ecken&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; 
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            <name>Génération Science-fiction</name>
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        <title>Ils ont fait rire H.P. Lovecraft !!!</title>
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        <updated>2008-07-24T09:11:15+02:00</updated>
        <published>2008-07-24T09:11:15+02:00</published>
        <summary>      ILS ONT FAIT RIRE HOWARD PHILIPS LOVECRAFT !!!...</summary>
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           &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;ILS ONT FAIT RIRE HOWARD PHILIPS LOVECRAFT !!!&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 14pt&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://generationsf.ucoz.com/NBRolandWagner.jpg&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Roland C. Wagner&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://generationsf.ucoz.com/breque.jpg&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Jean-Daniel Brèque&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 12pt&quot;&gt;&lt;b&gt;La preuve en image :&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://generationsf.ucoz.com/Lovecraft3.jpg&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;H.P.L. (1890-1991)&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.divshare.com/download/5008751-24f&quot;&gt;Téléchargez la version anglaise /&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://www.divshare.com/download/5008751-24f&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;Download the English version&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.divshare.com/download/5008751-24f&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.divshare.com/download/5008751-24f&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.divshare.com/download/5008751-24f&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationsf.ucoz.com/hplcouvgd.jpg&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/b&gt; &lt;b&gt;Approved by Cthulhu &amp;amp; the Old Ones&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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            <name>Génération Science-fiction</name>
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        <title>L'instrumentalisation de l’Histoire dans la pensée politique de Charles Renouvier (1)</title>
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        <id>tag:generationscience-fiction.hautetfort.com,2008-07-20:1416246</id>
        <updated>2008-07-20T12:48:39+02:00</updated>
        <published>2008-07-20T12:48:39+02:00</published>
        <summary>   &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; «&amp;nbsp; Je n’ai de cesse de blâmer la mollesse d’un...</summary>
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           &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/01/00/e5d7c5335c4099b66b86302fba5f0814.jpg&quot; id=&quot;media-781083&quot; alt=&quot;e5d7c5335c4099b66b86302fba5f0814.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-781083&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Je n’ai de cesse de blâmer la mollesse d’un gouvernement que tes maîtres et tes flatteurs nomment la Philosophie sur le trône et que j’appelle, moi, un lâche abandon de la Volonté au cours des choses. Tu es satisfait si, interposant ta douceur de tempérament dans le cours de la décadence des choses romaines, tu parviens à glisser un intervalle d’oubli et de sommeil entre les tyrans que nous eûmes et ceux que nous aurons, entre la barbarie jusqu’alors vaincue, grâce à quelques restes du sang et des traditions de nos ancêtres, et la barbarie bientôt victorieuse de leurs fils dégénérés. Je te prédis, et tu te prédis à toi-même, sans avoir consulté l’oracle d’Ammon, la ruine de l’Empire&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (1).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; C’est par ces mots que le général Avidius Cassius, vainqueur de la guerre contre les Parthes et gouverneur des provinces romaines d’Orient, s’adresse à l’empereur, en 175. Marqué par la franchise de la lettre d’Avidius, Marc-Aurèle l’adopte six mois plus tard, répudie son épouse Faustine, fait exiler Commode, et confie à Avidius Cassius les rênes de l’empire. C'est la fin de la dynastie des Antonins. Désigné dictateur pour vingt-cinq ans, Avidius Cassius entame une série de réformes destinées à rendre au peuple et au sénat les droits que la dérive impériale leur avait confisqués. Il élargit la citoyenneté romaine, garantit la propriété des terres cultivables à tous, affranchit les esclaves, met en place le service militaire et l’éducation publique obligatoires. Enfin, il accentue la persécution contre les adeptes du christianisme. Au bout de quelques années, la reconnaissance des droits naturels d’égalité et de liberté aboutit à la fin de toute forme de servitude, à la victoire de l’individu, à l'échec de la secte chrétienne et au retour pérenne de la République démocratique.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce qui précède est pure &lt;i&gt;fiction&lt;/i&gt;.&amp;nbsp; Avidius n’a jamais écrit de lettre à Marc-Aurèle. Il a été assassiné par ses propres légions et Commode a succédé à son père, en 180. Quant au christianisme, il n’a jamais cessé de s’étendre au sein de l'Empire romain. L’auteur de cette «&amp;nbsp;histoire imaginaire », dont l’accession au pouvoir du général Avidius Cassius ne constitue que le point de départ, est le philosophe français Charles Renouvier (2).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Né en 1815 à Montpellier, dans une famille d’hommes politiques et de scientifiques (3), il entre à l’Ecole polytechnique en 1834 et se consacre à l’étude de la philosophie de Descartes (4). Ayant participé à un concours sur le cartésianisme, il publie son mémoire en 1842, sous le titre &lt;b&gt;Manuel de philosophie moderne&lt;/b&gt; (5).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Charles Renouvier est l’une des incarnations de l’esprit de 1848, qui tente un syncrétisme entre la sacralisation de la république et sa conciliation avec les valeurs chrétiennes, le tout sur fond de révolution industrielle. Marqué par le saint-simonisme, tenté par le positivisme, Renouvier se situe à mi-chemin entre les socialistes et les républicains radicaux. Il qualifie son républicanisme de «&amp;nbsp;&lt;i&gt;socialisme libéral&lt;/i&gt;&amp;nbsp;», tout en dénonçant l’égoïsme de la richesse qui «&amp;nbsp;&lt;i&gt;mange les pauvres&lt;/i&gt;&amp;nbsp;», dans son &lt;b&gt;Manuel républicain de l’homme et du citoyen&lt;/b&gt; (6). Auteur, aux côtés de Fauvety, d’un &lt;b&gt;Projet d’auto-organisation communale et centrale de la République&lt;/b&gt; (7), Renouvier se détourne de la politique à l’avènement du Second Empire. Il publie une &lt;b&gt;Science de la morale&lt;/b&gt; (8) en 1869, et collabore à la &lt;i&gt;Revue philosophique&lt;/i&gt; (9) de Fauvety, jusqu’à ce qu’elle cesse de paraître.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/01/02/27514c4c208060f881c1231eaa836e4e.jpg&quot; id=&quot;media-781095&quot; alt=&quot;27514c4c208060f881c1231eaa836e4e.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; name=&quot;media-781095&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Á partir de 1872,&amp;nbsp;ses idées républicaines (10) et socialistes trouvent à nouveau à s’exprimer dans &lt;b&gt;La Critique philosophique&lt;/b&gt; (11), qu’il contribue à fonder et dont le programme est clair : «&amp;nbsp;&lt;i&gt;développer les principes de la philosophie critique, de la morale rationnelle et de la politique républicaine&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (12). Ce mariage entre philosophie, politique et morale universelle, visant à la promotion de la République, est représentatif de sa pensée. Résolument anticlérical, Renouvier considère que la philosophie, bien comprise et bien pratiquée, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;est plus efficace à la longue qu’une religion unique&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (13). Toutes les questions politiques se ramènent à des questions de morale. Identifiant l’idée républicaine avec les préceptes de la Raison pratique, il fait sienne la philosophie de Kant (14).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mais, c’est surtout le rôle joué par l’Histoire qu'il est intéressant de présenter ici. Lecteur assidu et admiratif de Victor Hugo (15), Renouvier a une approche politique de l’Histoire. Celle-ci est invoquée, voire &lt;i&gt;instrumentalisée&lt;/i&gt;, c’est-à-dire invitée à légitimer une argumentation politique, dans la plupart de ses écrits. Il arrive même qu’elle en devient le sujet principal. Charles Renouvier fait publier «&amp;nbsp;&lt;b&gt;l’Uchronie ou utopie dans l'histoire, esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait dû être&lt;/b&gt;&amp;nbsp;»&amp;nbsp;pour la première fois en 1876.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le néologisme qui donne son titre à l'ouvrage est bâti sur le modèle de «&amp;nbsp;U – TOPOS&amp;nbsp;», littéralement «&amp;nbsp;le-lieu-de-nulle-part&amp;nbsp;», forgé par&amp;nbsp; Sir Thomas More et qui a eu la pérennité que l'on sait (16). Renouvier, quant à lui, invente le «&amp;nbsp;U – CHRONOS&amp;nbsp;», c'est-à-dire «&amp;nbsp;le-temps-qui-n’a-pas-été&amp;nbsp;». Il s’agit ici de décrire, une histoire, supposée meilleure, qui n’est jamais advenue. &lt;i&gt;Que se serait-il passé si…&amp;nbsp;?&lt;/i&gt; est la question posée par l'auteur. C'est un passé «&amp;nbsp;&lt;i&gt;revisité&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (17), résolument imaginaire, qui joue une fonction critique. Geoffroy avait ouvert la voie, dès 1836, avec son &lt;b&gt;Napoléon apocryphe&lt;/b&gt; (18) ; Charles Renouvier fonde un nouveau genre littéraire dans lequel l'histoire devient le terrain de jeu de la spéculation philosophique.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le texte de &lt;b&gt;l’Uchronie&lt;/b&gt; est le fruit d’une analyse critique des réalités politiques, sociales et institutionnelles contemporaines de sa rédaction. Renouvier y revisite l’histoire par l’imaginaire (I) dans le but affiché de consolider la république dans le réel (II). Il met la fiction au service de sa pédagogie républicaine. &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;b&gt;Ugo Bellagamba&lt;/b&gt; &lt;hr /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (1) Charles RENOUVIER, &lt;i&gt;L'Uchronie (l'utopie dans l'histoire) Esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu'il n'a pas été, tel qu'il aurait dû être&lt;/i&gt;, Paris, Bureau de la critique philosophique, 1876 , p. 84 (abréviation pour les notes suivantes : Uchronie) ; Paris, Alcan, 1901 ; Paris, Fayard, 1988.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (2) Paul ARCHAMBAULT, &lt;i&gt;Renouvier&lt;/i&gt;, Paris, Bloud, 1911 ; Octave HAMELIN, &lt;i&gt;Le système de Renouvier&lt;/i&gt;, Paris, J. Vrin, 1927 ; Roger VERNEAUX, &lt;i&gt;L'idéalisme de Renouvier&lt;/i&gt;, Paris, J. Vrin, 1945 ; Louis FOUCHER, &lt;i&gt;Bibliographie chronologique de Charles Renouvier&lt;/i&gt;, Paris, J. Vrin, 1927 ; Laurent FEDI, &lt;i&gt;Le problème de la connaissance dans la philosophie de Charles Renouvier&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 1999 ; Roger PICARD, &lt;i&gt;La philosophie sociale de Renouvier&lt;/i&gt;, Paris, Rivière, 1908 ; Gaston MILHAUD, &lt;i&gt;La philosophie de Charles Renouvier&lt;/i&gt;, Paris, J. Vrin, 1927 ; Louis PRAT, &lt;i&gt;Charles Renouvier, philosophe : sa doctrine, sa vie&lt;/i&gt;, Paris, Labrunie, 1937 ; Paul MOUY, &lt;i&gt;L'idée de progrès dans la philosophie de Renouvier&lt;/i&gt;, Paris, J. Vrin, 1927 ; Fernand TURLOT, &lt;i&gt;Le personnalisme critique de Charles Renouvier&lt;/i&gt;, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg, 2003.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (3) Son père fut député de l’Hérault durant la Monarchie de Juillet et son frère, après un bref parcours politique avant 1848, devint archéologue. Consulter Louis FOUCHER, &lt;i&gt;La jeunesse de Renouvier et sa première philosophie (1815-1854)&lt;/i&gt;, Paris, Librairie philosophique J. VRIN, 1927.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (4) &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (5) Charles RENOUVIER, &lt;i&gt;Manuel de philosophie moderne&lt;/i&gt;, Paris, Paulin, 1842.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (6) Charles RENOUVIER, &lt;i&gt;Manuel républicain de l'Homme et du Citoyen&lt;/i&gt;, Paris, A.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (7) Charles RENOUVIER, &lt;i&gt;Organisation communale et centrale de la République, projet présenté à la nation pour l'organisation de la commune, de l'enseignement, de la force publique, de la justice, des finances, de l'Etat, en collaboration avec Ch. Fauvety, co-rédacteur, &amp;amp; J. Benoit, F. Charassin, A. Chouippe&lt;/i&gt;, [reprod. Fac-Sim.], Nîmes, C. Lacour, 2000.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (8) Charles RENOUVIER, &lt;i&gt;Science de la Morale&lt;/i&gt;, Paris, Ladrange, 1869.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (9) &lt;i&gt;La revue philosophique et religieuse&lt;/i&gt;, Paris, 1855.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (10) Marie-Claude BLAIS, &lt;i&gt;Au principe de la République : le cas Renouvier&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 2000.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (11) &lt;i&gt;La critique philosophique&lt;/i&gt;, Paris, 1872.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (12) &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (13) &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (14) Roger VERNEAUX, &lt;i&gt;Renouvier disciple et critique de Kant&lt;/i&gt;, Paris, J. Vrin, 1945.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (15) Charles RENOUVIER, &lt;i&gt;Victor Hugo, le poète&lt;/i&gt;, Paris, A. Colin, 1893 ; Charles RENOUVIER, &lt;i&gt;Victor Hugo, le philosophe&lt;/i&gt;, Paris, A. Colin, 1900.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (16)&amp;nbsp; Michèle RIOT-SARCEY, Thomas BOUCHET, Antoine PICON, &lt;i&gt;Dictionnaire des Utopies&lt;/i&gt;, Paris, Larousse, 2002.&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/01/01/ab4eb405d3d796d698ecfbbddf4c04ab.jpg&quot; id=&quot;media-781102&quot; alt=&quot;ab4eb405d3d796d698ecfbbddf4c04ab.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-781102&quot; /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (17) Eric B. HENRIET, &lt;b&gt;l'Histoire revisitée, panorama de l'uchronie sous toutes ses formes&lt;/b&gt;, Amiens, Encrage, 2004. L'auteur y définit l'uchronie comme un genre littéraire dans lequel les auteurs mettent en scène des histoires imaginaires, bâties à partir d'un «&amp;nbsp;point de divergence&amp;nbsp;», c'est-à-dire, la survenue d'un événement ou, au contraire, l'absence d'un événement considéré comme déterminant. Les uchronies permettent aux auteurs, sous couvert d'imaginaire (à aucun moment, ceux-ci n'entendent faire du révisionnisme) de mettre en lumière les paradigmes et les dérives de leur propre temps. La victoire de Napoléon à Waterloo, la défaite de l'Angleterre face à&amp;nbsp; l'Invincible Armada, le triomphe des forces de l'Axe durant la Seconde Guerre Mondiale, donnent des univers divergents qui remplissent la même fonction satirique, critique et pédagogique que l'utopie.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (18)&amp;nbsp; Louis GEOFFROY, &lt;i&gt;Napoléon apocryphe, 1812 – 1832, histoire de la conquête du monde et de la monarchie universelle&lt;/i&gt;, Paris, Paulin, 1841.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://generationsf.ucoz.com/index/0-9&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Lisez la suite de cet article.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; 
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        <author>
            <name>Génération Science-fiction</name>
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        <title>Les Chroniques d'Alvin le Faiseur</title>
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        <updated>2008-06-29T13:45:00+02:00</updated>
        <published>2008-06-29T13:45:00+02:00</published>
        <summary>    Orson Scott Card     L'Atalante    &amp;nbsp;   &amp;nbsp;...</summary>
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           &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/01/00/1243893151.jpg&quot; id=&quot;media-1085285&quot; alt=&quot;atalante040-1998.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-1085285&quot; /&gt;&lt;b&gt;Orson Scott Card&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;b&gt;L'Atalante&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Indiscutablement, les &lt;b&gt;Chroniques d'Alvin le Faiseur&lt;/b&gt; forment un cycle à part dans l'oeuvre abondante d'Orson Scott Card, comme en témoigne le choix du cadre ; cette Amérique uchronique -&amp;nbsp;et onirique&amp;nbsp;- ouvre en effet une voie nouvelle pour la création d'univers, et si de nombreux auteurs, de Poul Anderson à Richard-Bessière en passant par Randall Garrett, ont décrit des mondes -&amp;nbsp;en général parallèles&amp;nbsp;- où la &quot;magie&quot; possède une action effective, celui d'Alvin est certainement tout à la fois l'un des plus fascinants et des plus symboliques.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pour cette série, Card a joué à fond de jeu de l'uchronie, on l'on ne peut que l'en féliciter. Les cartes qui ouvrent chaque volume parlent d'elles-mêmes, avec leurs États-Unis réduits à six états, que bordent au nord la Nouvelle-Angleterre et le Canada français et, au sud, les Colonies de la Couronne -&amp;nbsp;d'Angleterre&amp;nbsp;- et l'Appalachie, autre territoire indépendant. Mais c'est au lecteur d'imaginer quels événements historiques ont conduit à une telle situation au début du XIXe siècle, car l'auteur demeure très discret sur ce point, même s'il met en scène, dans le second volume, Napoléon Bonaparte et La Fayette. Quoi qu'il en soit, Card a su créer là un cadre fascinant, riche en possibilités, qui lui permet une très grande liberté quant aux éléments qu'il introduit dans son récit -&amp;nbsp;du clin d'oeil ironique aux idées les plus belles et audacieuses.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/00/01/450058913.jpg&quot; id=&quot;media-1085287&quot; alt=&quot;at-51.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; name=&quot;media-1085287&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Né septième fils vivant d'un septième fils -&amp;nbsp;de justesse, toutefois, car son frère Vigor meurt quelques secondes après sa naissance&amp;nbsp;-, Alvin est censé détenir les pouvoirs d'un &quot;Faiseur&quot;. Cela n'a pas que des avantages : il doit, entre autres, se méfier de l'eau -&amp;nbsp;qui tente d'ailleurs de le prendre avant même sa venue au monde&amp;nbsp;-, ce qui obligera son père et ses frères à construire des ponts sur les cours d'eau qu'ils traversent dans le premier volume, lors de leur voyage vers la Frontière. De plus, il possède un ennemi mortel, le mystérieux Défaiseur, qui ravage la Terre, la nature, au fur et à mesure de la progression de l'homme blanc vers l'Ouest.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L'apparition d'un mouvement messianique parmi les tribus indiennes va radicalement infléchir l'existence du jeune Alvin. Il vit un temps parmi les Indiens, apprend à courir comme eux, la nuit dans la forêt, les yeux fermés, plus vite que le vent... Mais le Défaiseur et la stupidité de l'homme blanc sont les plus forts et le grand rêve de Lolla-Wossiky, le Prophète rouge qui donne son titre au deuxième volume, finira dans le sang d'un terrible massacre. Alvin part alors comme apprenti forgeron loin de chez ses parents. Ce voyage lui donne l'occasion de rencontrer Peggy, la &quot;torche&quot; qui a vu son avenir lors de sa naissance, et d'apprendre l'existence des atomes, des molécules, etc. -&amp;nbsp;ce qui lui permettra vraisemblablement de mieux maîtriser son pouvoir dans d'éventuels tomes à venir.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ce très bref résumé ne peut donner qu'une vague idée du foisonnement de cette -&amp;nbsp;pour le moment&amp;nbsp;- trilogie. Les aventures que vit Alvin s'inscrivent en effet dans un contexte bien plus vaste, au milieu d'autres lignes de narration composant une histoire plus globale. Ainsi, &lt;b&gt;Le septième fils&lt;/b&gt; constitue une honnête reconstitution -&amp;nbsp;à peine romancée&amp;nbsp;- de la vie et des croyances et superstitions des pionniers, tandis que &lt;b&gt;Le Prophète rouge&lt;/b&gt; traite de la question indienne et que &lt;b&gt;L'apprenti&lt;/b&gt; se penche sur l'esclavage. Parallèle ou non, l'Histoire suit grossièrement les mêmes ornières, et l'homme -&amp;nbsp;blanc&amp;nbsp;- reste l'homme -&amp;nbsp;blanc. Fidèle à l'humanisme qui est l'un des principaux traits de son &lt;a title=&quot;R01&quot; name=&quot;R01&quot; id=&quot;R01&quot;&gt;&lt;/a&gt;oeuvre (1), Card n'hésite pas à dénoncer certaines des bases sur lesquelles se sont construits les États-Unis - massacre de l'homme rouge et exploitation de l'homme noir. Mais ce n'est toutefois qu'un arrière-plan et le véritable thème de la série se trouve ailleurs, dans la nature exacte du Faiseur et de son adversaire -&amp;nbsp;le Défaiseur.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/02/02/778564639.jpg&quot; id=&quot;media-1085288&quot; alt=&quot;at-66.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-1085288&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comme il n'est pas question de procéder ici à une analyse détaillée, je me contenterai de soulever quelques idées et d'émettre quelques hypothèses quant à la véritable signification, à l'entre-les-mots des &lt;b&gt;Chroniques d'Alvin le Faiseur&lt;/b&gt;. Celles-ci demeurant pour l'instant inachevées -&amp;nbsp;on ne peut, en effet, considérer les dernières pages de &lt;b&gt;L'apprenti&lt;/b&gt; comme la fin d'une oeuvre aussi complexe&amp;nbsp;-, il est en effet difficile et délicat d'essayer de déterminer où leur auteur a voulu en venir et pourquoi il a conçu ce cycle tel qu'il est. Pour simplifier, disons que je choisirai de suivre la &quot;piste mormone&quot;, en relation avec la secte para-chrétienne à laquelle appartient Orson Scott Card et dont le fondateur, Joseph Smith, présente certaines ressemblances avec Alvin.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Smith n'est âgé que de quatorze ans lorsqu'en 1820, il reçoit la visite d'un envoyé divin qui lui révèle l'emplacement de tablettes d'or contenant la transcription d'un livre sacré, &lt;b&gt;le Livre de Mormon&lt;/b&gt;. Une fois &quot;découvert&quot;, celui-ci devient, avec &lt;b&gt;la Bible&lt;/b&gt; -&amp;nbsp;bien entendu&amp;nbsp;-, l'une des deux bases et sources d'inspiration de la secte. Les membres de celle-ci, tout d'abord installés dans la région de New York, ne tardent pas à se diriger vers l'Ouest, fuyant les persécutions qui semblent inévitablement les frapper -&amp;nbsp;que ce soit parce qu'on les prend pour des abolitionnistes ou parce qu'ils pratiquent la polygamie. Smith lui-même trouve la mort en 1844 dans l'attaque par la foule de la prison où il se trouve enfermé avec les autres chefs de la secte.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les Mormons décident alors de fuir en Utah, où ils fondent Salt Lake City. Mais la civilisation les rattrape et des heurts et des accrochages se produisent, tant avec les troupes fédérales qu'avec les convois de pionniers ; une centaine de personnes se rendant en Californie seront même massacrées par un groupe de Mormons -&amp;nbsp;un crime qui pèse, aujourd'hui encore, sur la mentalité collective de la secte. Puis, peu à peu, les relations se normalisent et l'Utah devient un état à part entière en 1896.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/02/00/1786499610.jpg&quot; id=&quot;media-1085289&quot; alt=&quot;at-70.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; name=&quot;media-1085289&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Joseph Smith et Alvin naissent approximativement à la même époque, et tous deux connaissent un genre de révélation au cours de leurs jeunes années. Mais tandis que Smith opère dans un contexte judéo-chrétien -&amp;nbsp;&lt;b&gt;le Livre de Mormon&lt;/b&gt; est censé être l'oeuvre d'une tribu issue du peuple hébreu&amp;nbsp;-, Alvin évolue plutôt dans le cadre d'un mysticisme primitif, où se mêlent les superstitions des pionniers et les croyances des Indiens. De plus, ce dernier possède d'authentiques pouvoirs -&amp;nbsp;d'ailleurs plus ou moins rationalisés dans &lt;b&gt;L'apprenti&lt;/b&gt;&amp;nbsp;-, ce qui ne paraît pas être le cas du fondateur de l'Eglise mormone. Enfin, dans &lt;b&gt;Le Prophète rouge&lt;/b&gt;, c'est Lolla-Wossiky/Tenskwa-Tawa qui endosse le rôle-titre, Alvin se contentant d'être un observateur émerveillé ; la scène de la tornade de cristal est en ce sens hautement symbolique -&amp;nbsp;le guide spirituel est l'Indien, et non l'enfant.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il y a bien projection de l'histoire de Joseph Smith, mais projection éclatée.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Quant aux tragiques événements qui se déroulent à Prophetville, avec le massacre de milliers de fidèles de Tenskwa-Tawa, ils renvoient tout à la fois aux persécutions dont furent victimes les Mormons à Nauvoo, dans l'Illinois - où ils avaient construit, sur des marécages, une ville qu'ils furent forcés d'abandonner -&amp;nbsp;et à l'extermination, évoquée ci-dessus, de tout un convoi de pionniers par ces mêmes Mormons.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Cela dit, le parallèle avec l'église mormone n'est qu'une piste parmi d'autres. Toute oeuvre un tant soit peu complexe possède un aspect pluriel, ne peut être réduite à une interprétation unique. Dans le cas des &lt;b&gt;Chroniques d'Alvin le Faiseur&lt;/b&gt;, le démarquage de la vie de Joseph Smith et de la secte qu'il a fondée viennent s'imbriquer dans un schéma plus vaste, qui plonge ses racines bien au-delà du vernis judéo-chrétien des Saints des Derniers Jours. Car ce que découvre Alvin dans le second volume, c'est que la terre est vivante, et que l'avancée de l'homme blanc la tue à petit feu, accroissant par là même la puissance du Défaiseur. Les Indiens vivent en harmonie avec la nature, que les colons venus d'Europe exploitent et détruisent sans vergogne.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/02/01/1823025469.jpg&quot; id=&quot;media-1085290&quot; alt=&quot;atalante66-1999.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-1085290&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Cette thématique délicieusement primitiviste rend tout à fait crédible l'interprétation selon laquelle le Défaiseur serait une allégorie de la Révolution industrielle et du progrès technologique, Alvin devenant dès lors le dernier rempart contre le monde moderne qui, inexorablement, repousse la Frontière vers l'Ouest. Deux &lt;i&gt;Weltanschauung&lt;/i&gt; s'affrontent et si, dans notre univers, la victoire est allée à l'homme blanc, peut-être n'en sera-t-il pas de même dans l'uchronie décrite par Card... En effet, la découverte par Alvin de la théorie atomique, dans &lt;b&gt;L'apprenti&lt;/b&gt;, laisse présager qu'en comprenant mieux comment -&amp;nbsp;et sur quoi&amp;nbsp;- il agit lorsqu'il emploie ses pouvoirs, il réussira à renforcer ceux-ci et, sinon à vaincre le Défaiseur, du moins à l'empêcher de continuer sa progression vers l'Ouest.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L'introduction de cet aspect scientifique et science-fictif dans un univers de superstition et de magie ouvre encore de nouvelles portes, de nouvelles pistes pour l'interprétation globale du cycle, mais celles-ci ne sont qu'à peine esquissées et laissent de nombreuses questions en suspens. Orson Scott Card a-t-il l'intention de bâtir un genre de théorie mystico-scientifique ou demeurera-t-il au niveau de l'allégorie et du symbole&amp;nbsp;? Le destin d'Alvin rejoindra-t-il ou non celui de &lt;a title=&quot;R02&quot; name=&quot;R02&quot; id=&quot;R02&quot;&gt;&lt;/a&gt;Joseph Smith (2) ? Où Card veut-il exactement en venir lorsqu'il tisse ensemble des fils aussi différents que ceux évoqués ci-dessus&amp;nbsp;? Et pourquoi a-t-il interrompu sa série en 1989, après trois volumes, alors que le dernier d'entre eux appelait irrésistiblement une suite&amp;nbsp;? Son histoire, devenue trop complexe, était-elle en train de le dépasser&amp;nbsp;? Éprouvait le besoin de faire une pause&amp;nbsp;? Ou bien a-t-il renoncé définitivement&amp;nbsp;? Et, dans ce cas, pourquoi relancer et donner une dimension supplémentaire à l'énigme intellectuelle sur la fin du troisième volume, alors que rien dans ce qui précédait n'appelait une telle manoeuvre&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/02/01/1606842694.jpg&quot; id=&quot;media-1085291&quot; alt=&quot;atalante70-1999.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; name=&quot;media-1085291&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Quelle que soit la réponse à ces interrogations, il me paraît en tout cas certain qu'Orson Scott Card a rarement été aussi sincère -&amp;nbsp;et inspiré&amp;nbsp;- qu'avec les &lt;b&gt;Chroniques d'Alvin le Faiseur&lt;/b&gt;. Réunissant, comme on l'a vu, des éléments disparates qu'il réorganise habilement, il a su créer un monde qui semble à la fois familier et d'une profonde étrangeté, un monde d'une grande beauté où ceux qui savent entrer en résonance avec la terre, avec la forêt, courent dans leur sommeil sur des lieues et des lieues, leurs pieds touchant à peine le sol.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Peut-être fallait-il cela, peut-être fallait-il que Card, mormon, réécrive l'Histoire américaine pour évoquer d'une façon détournée le crime jadis perpétré par les siens dans le désert de l'Utah. Car, comme le dit Tenskwa-Tawa, à la page 330 du &lt;b&gt;Prophète rouge&lt;/b&gt;, quand il s'adresse aux auteurs du massacre de Prophetville : &quot;&lt;i&gt;Si un étranger vient à passer et que vous ne lui dites pas toute l'histoire avant d'aller vous coucher, alors le sang reviendra sur vos mains et il restera jusqu'à ce que vous ayez parlé. Ce sera ainsi pour le restant de votre vie : tout homme et toute femme que vous rencontrerez devra entendre la vérité de vos lèvres, ou vos mains seront à nouveau souillées. Et si jamais, pour une raison ou pour une autre, vous tuez encore un être humain, alors vos mains et votre visage seront couverts de sang pour toujours, même dans la tombe.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Roland C. Wagner&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;hr /&gt; &lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a title=&quot;01&quot; name=&quot;01&quot;&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (1) Mais qui est, curieusement, absent de &lt;b&gt;La stratégie Ender&lt;/b&gt;, son livre le plus ambigu sur le plan idéologique.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (2) &lt;a title=&quot;02&quot; name=&quot;02&quot;&gt;&lt;/a&gt;A priori, non, puisque &lt;b&gt;Le Prophète rouge&lt;/b&gt; épuise deux des principaux &quot;emprunts&quot; à l'histoire des Mormons&amp;nbsp;: l'arrivée d'un guide spirituel et le traumatisme d'un massacre injuste. Mais c'est en or qu'Alvin transforme un soc de charue dans &lt;b&gt;L'apprenti&lt;/b&gt; - cet or dont sont constituées les tablettes du &lt;b&gt;Livre de Mormon&lt;/b&gt; découvertes en 1827 dans l'État de New York.&lt;/p&gt; 
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        <title>Requiem pour Philip K. Dick</title>
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        <updated>2008-04-27T09:20:56+02:00</updated>
        <published>2008-04-27T09:20:56+02:00</published>
        <summary>    Philip K. Dick Is Dead, Alas (1987) &amp;nbsp;   Michael Bishop (Folio SF...</summary>
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           &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/images/medium_dickisdead.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_dickisdead.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;i&gt;Philip K. Dick Is Dead, Alas (1987)&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;Michael Bishop (Folio SF n°86)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En ces temps de néo-classicisme, où l'on ne se préoccupe plus guère que la Science-Fiction aille de l'avant vers de nouveaux thèmes et formes d'expression, l'uchronie peut constituer une porte de sortie pour ceux qui ne tiennent pas à se laisser enfermer dans des schémas maintes fois revisités. Ce jeu sur l'Histoire offre en effet un éventail assez large de possibilités, tant littéraires que science-fictives, pour en quelque sorte libérer l'imagination des carcans où la fidélité à un état passé idéal — purement mythique, est-il besoin de le préciser — risque de l'enfermer à la longue.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Cela, Michael Bishop l'a de toute évidence compris bien avant d'écrire la première ligne de &lt;b&gt;Requiem pour Philip K. Dick&lt;/b&gt;, et l'on peut supposer que la lecture du &lt;b&gt;Maître du Haut-Château&lt;/b&gt; n'a pas été étrangère à cette prise de conscience. Rappelons pour mémoire que Dick décrit dans ce dernier roman un univers où nazis et Japonais se sont partagé les Etats-Unis après avoir gagné la Deuxième Guerre mondiale. Ce point de départ, qui peut paraître assez banal de nos jours (1), l'était sans doute moins au début des années 60, et l'on comprend aisément que ce livre ait obtenu le prix Hugo. D'autant que Dick avait pris soin de le conclure par une mise en abîme astucieuse : bien que &lt;i&gt;La sauterelle pèse lourd,&lt;/i&gt; uchronie littéraire publiée dans ce monde divergent, évoque une ligne historique où ce sont les Alliés qui ont gagné la guerre, il ne s'agit nullement de notre univers, lequel se retrouve dès lors ravalé au rang de simple possibilité alternative, puisque le &lt;i&gt;Yi-King&lt;/i&gt; indique que le monde réel est celui du roman dans le roman.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Ceux qui auraient du mal à suivre — ou, simplement, à admettre que le &lt;i&gt;Yi-King&lt;/i&gt; puisse indiquer quoi que ce soit d'utile — sont priés de consulter l'ouvrage en question.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Décrivant une uchronie où Dick lui-même constitue un élément crucial, Bishop ne pouvait bien évidemment ignorer la leçon du &lt;b&gt;Maître du Haut Château&lt;/b&gt;. Les deux livres sont d'ailleurs assez proches pour que l'on puisse les superposer, tant du point de vue des personnages que de celui de la structure. Mais ils ne se ressemblent pas — et ce, pour deux raisons principales, que l'on pourrait d'ailleurs confondre en une seule : l'ouvrage de Dick date du début des &lt;i&gt;sixties&lt;/i&gt; et celui de Bishop de la deuxième moitié des années 80. Ajoutez à cela le fait que le second écrit sur le premier, et vous aurez une idée de la distance qui sépare les livres concernés.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Prenons par exemple l'origine du monde alternatif qu'ils nous présentent. D'une part, la victoire nazie ; de l'autre... eh bien, c'est là que les problèmes commencent, car il semble y avoir &lt;i&gt;deux&lt;/i&gt; points de départ, l'un concernant Dick — qui connaît en effet le succès dès les années 50 grâce à ses oeuvres de littérature générale —, et l'autre l'Histoire elle-même, avec le brutal virage fasciste pris par les États-Unis sous la direction d'un Nixon plus vrai que nature. S'il existe une relation entre ces divergences, elle relève sans doute de la synchronicité plutôt que d'un rapport de cause à effet. Il paraît en effet difficile d'imaginer que l'orientation prise par la carrière de Dick ait pu modifier en quoi que ce soit le comportement de Nixon. Par contre, l'uchronie historique influe bien évidemment sur l'uchronie individuelle — et référentielle — car c'est à cause de la dérive vers le totalitarisme de la société étatsunienne que Dick se tourne vers la SF.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Tout comme dans notre monde, serait-on tenté de dire. Il suffit de jeter un coup d'oeil à « Foster, vous êtes mort ! » (2) pour s'en convaincre : c'est à travers l'outil science-fictif que la dénonciation de l'aliénation est la plus efficace. Malgré une trajectoire différente, le Dick mis en scène par Bishop semble bien être le même que celui qui a transité par notre réalité, et les dernières lignes du roman ne font que confirmer cette impression. Il n'y a qu'un Messie, et il est le même partout ; la thématique de la &lt;b&gt;Trilogie divine&lt;/b&gt; et de l'&lt;b&gt;Exégèse&lt;/b&gt; inédite, qui imprègne tout le roman, prend ici une dimension inattendue, sous la forme d'un hommage vibrant à l'un des auteurs les plus originaux révélé par la Science-Fiction, qui se trouve être également l'un des plus grands écrivains du Vingtième Siècle.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Comme Dick dans &lt;b&gt;Radio libre Albemuth&lt;/b&gt;, Bishop associe politique et métaphysique, en une démarche héritée de l'ère psychédélique. Ce n'est pas innocemment qu'il a choisi pour personnage principal un ancien hippie, dont les parents ont été lapidés autrefois par une foule de patriotes ; bien que situé en 1982, &lt;b&gt;Requiem pour Philip K. Dick&lt;/b&gt; parle énormément — avant tout ? — des années 60. Et c'est là, bien au-delà des références à Dick lui-même, qu'il faut peut-être chercher la &lt;i&gt;raison&lt;/i&gt; profonde de ce livre — et l'origine de la brève élégie qui donne son titre original à ce roman :&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;i&gt;Hélas, Philip K. Dick n'est plus,&lt;br /&gt; Dieu va prendre mon pied au cul.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;b&gt;Roland C. Wagner&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr /&gt; &amp;nbsp; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a title=&quot;1&quot; name=&quot;1&quot;&gt;&lt;/a&gt;(1) Surtout en France, où il s'agit d'une véritable tarte à la crème uchronique depuis que divers auteurs du Fleuve Noir, de Pierre Barbet à Alain Paris en passant par Jean Mazarin, s'y sont attaqués dans les années 80.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a title=&quot;2&quot; name=&quot;2&quot;&gt;&lt;/a&gt;(2) In &lt;i&gt;Nouvelles 1953-1963,&lt;/i&gt; Denoël « Lunes d'Encre ».&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; 
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        <author>
            <name>Tortel</name>
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        <title>Uchronie</title>
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        <updated>2008-04-16T10:37:36+02:00</updated>
        <published>2008-04-16T10:37:36+02:00</published>
        <summary>      Le terme  Uchronie  est composé du grec  U  et  Chronos  signifiant...</summary>
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           &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://69.63.143.36/images/Nation%20Makers.jpg&quot; alt=&quot;Nation%20Makers.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le terme &lt;em&gt;Uchronie&lt;/em&gt; est composé du grec &lt;em&gt;U&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Chronos&lt;/em&gt; signifiant respectivement &lt;em&gt;non&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;temps&lt;/em&gt; et pouvant se traduire par &quot;un temps qui n'existe pas&quot;. Ce terme fut inventé par Charles Renouvier en 1857 qui le présente comme une &lt;em&gt;utopie dans l'Histoire&lt;/em&gt; ou une &lt;em&gt;histoire apocryphe&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On distingue deux&amp;nbsp; sortes d’uchronie. Il y a celle que l’on nomme&amp;nbsp;&lt;em&gt;histoire alternative&lt;/em&gt;&amp;nbsp;. Cette forme-ci désigne un récit où l’Histoire a été réécrite à partir d’un fait plus ou moins historique. Le roman phare de Philip K.Dick, Le maître du haut château (1961), en est un parfait exemple. L’auteur américain imagine les pays de l’axe gagnant la seconde guerre mondiale et mit en scène un monde qui, heureusement, n’existe pas. L’histoire se déroule aux Etats-Unis occupés pour moitié par les allemands et pour moitié par les japonais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L’autre uchronie rassemble des œuvres qui décrivent soit des voyages temporels soit des mondes parallèles. Quelques fois, les deux formes d’uchronie sont utilisées. Il en va du roman de Sarban&amp;nbsp;: &lt;strong&gt;Le son du cor&lt;/strong&gt; (1952). Dans ce récit, un homme raconte à ses amis, un soir de 1949, comment, au début de la guerre, il réussit à s’évader du camps allemand où il était prisonnier pour se retrouver… en l’an 102 du Premier Millénaire Germanique, dans un univers futur où les nazis ont triomphé.&lt;/p&gt; L’uchronie peut toucher à tous les autres genres de la SF&amp;nbsp;: Fantasy, Steampunk, Cyberpunk…, car elle permet toutes les variantes possibles quant au déroulement de l’Histoire. &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; 
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        <title>Le jeu de Cuses</title>
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        <updated>2008-04-11T17:22:00+02:00</updated>
        <published>2008-04-11T17:22:00+02:00</published>
        <summary>    Jeschke, Wolfgang     Le jeu de Cuses      Atalante       Traduit de...</summary>
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           &lt;p class=&quot;textesimple&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;img width=&quot;129&quot; src=&quot;http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/6/1/9782841724161.jpg&quot; alt=&quot;9782841724161.jpg&quot; height=&quot;173&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 129px; height: 173px; border-width: 0px&quot; /&gt;Jeschke, Wolfgang&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;textesimple&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le jeu de Cuses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;textesimple&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;Atalante&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;textesimple&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;Traduit de l'allemand&amp;nbsp;par C. Stange-Fayos&lt;/font&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;textesimple&quot;&gt;Anticipation&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;textesimple&quot;&gt;Uchronie&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;textesimple&quot;&gt;&lt;br /&gt; Europe, 2052 : après la grande catastrophe nucléaire de Cattenom, la question de la survie se pose. Les scientifiques et un mystérieux institut du Vatican cherchent fiévreusement une solution. Une hypothèse semble se confirmer de plusen plus : le moyen de sauver le monde pourrait se trouver dans le passé.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;textesimple&quot;&gt;C'est ainsi que la jeune botaniste Domenica Ligrina est recrutée à Rome pour un projet secret de voyage dans le temps. Sa mission : se rendre dans l'Allemagne du xv&lt;span class=&quot;exposant&quot;&gt;e&lt;/span&gt; siècle afin de récolter les plantes et semences nécessaires à la recréation de l'écosphère dans les zones contaminées par la radioactivité. Le cosmos mystique du Moyen Âge attire Domenica, qui plonge à corps perdu dans cette époque lointaine ; une époque dont les cercles labyrinthiques sont néanmoins difficilement accessibles. Sa mission menace d'échouer. À Cologne, Domenica est accusée de sorcellerie et arrêtée. Elle concentre alors tous ses espoirs sur le cardinal Nicolas de Cuse. Lui seul, influent réformateur de l'Église et promoteur des sciences naturelles, pourrait lui éviter le bûcher. Domenica parviendra-t-elle à nouer contact avec lui ? Pourra-t-elle finalement rentrer dans son monde ?&lt;/p&gt; 
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            <name>Tortel</name>
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        <title>Les murailles de Jéricho</title>
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        <published>2008-04-11T17:10:00+02:00</published>
        <summary>       Whittemore, Edward       Le quatuor de Jerusalem T.4 : Les murailles...</summary>
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           &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;&lt;img width=&quot;131&quot; src=&quot;http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/0/2/3/9782221105320.jpg&quot; alt=&quot;9782221105320.jpg&quot; height=&quot;160&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; width: 131px; height: 160px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/span&gt;Whittemore, Edward&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le quatuor de Jerusalem T.4 : Les murailles de Jéricho&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;em&gt;Ailleurs &amp;amp; Demain&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;em&gt;Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean-Daniel Brèque&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;Uchronie&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;1956. Né en Irak, soldat israélien, Yossi est déclaré mort lors de la guerre du Sinaï. Après un détour par l’Argentine, il réapparaît à Damas, sous le nom de Halim. Homme d’affaires habile, il s’introduit dans les hautes sphères de la Syrie et devient le Coureur, agent stratégique du Mossad, le service secret israélien.&lt;br /&gt; De la création de l’OLP et du Fatah à Septembre noir, des attentats de Munich à la guerre du Kippour, dans une atmosphère de mystère et d’angoisse, l’aventure de Yossi/Halim s’inspire de celle d’Elie Cohen, agent du Mossad dont les renseignements changèrent le cours de la guerre des Six-Jours en 1967.&lt;br /&gt; Sorti de Yale, nid d’espions, infiltré par la CIA au Moyen-Orient, Whittemore a écrit un roman d’espionnage qui surpasse les intrigues les plus audacieuses d’un John Le Carré. Mais son livre tient aussi du conte érudit et de la fable historique tant cet auteur est irréductible à un genre.&lt;br /&gt; À travers les tourments du Coureur, qui ne sait plus s’il est un Israélien espionnant la Syrie ou un espion syrien, se dégage une ultime conviction : il est un « Oriental » que ses racines lient irrévocablement à un désert disputé et inspiré.&lt;br /&gt; Whittemore salue l’histoire d’un rêve : celui, sur cette terre pétrie de sang et de symboles, d’une société apaisée, multiculturelle et multi confessionnelle ; un rêve pareil à la Ville sainte, l’inaccessible.&lt;br /&gt; Ce quatrième volet du &lt;strong&gt;Quatuor&lt;/strong&gt; peut se lire indépendamment des précédents, &lt;strong&gt;Le Codex du Sinaï&lt;/strong&gt;, &lt;strong&gt;Jérusalem au poker&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Ombres&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;sur le Nil&lt;/strong&gt;. L’ensemble constitue un chef-d’œuvre de la littérature contemporaine salué par la critique internationale.&lt;br /&gt; Jean-Daniel Brèque a obtenu le prix Jacques-Chambon pour sa traduction du &lt;strong&gt;Quatuor de Jérusalem&lt;/strong&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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        <author>
            <name>Tortel</name>
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        <title>Le Codex du Sinaï</title>
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        <updated>2008-04-10T17:07:00+02:00</updated>
        <published>2008-04-10T17:07:00+02:00</published>
        <summary>      Whittemore, Edward       Le quatuor de Jerusalem T.1 : Le Codex du...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://bmsf.hautetfort.com/">
           &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://bmsf.hautetfort.com/list/coup-de-coeur/1325307567.jpg&quot; alt=&quot;1325307567.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;Whittemore, Edward&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le quatuor de Jerusalem T.1 : Le Codex du Sinaï&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;Ailleurs &amp;amp; Demain&lt;br /&gt; Robert Laffont&lt;br /&gt; Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Daniel Brèque&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Uchronie&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;txt&quot;&gt;Mélange épicé de roman d’espionnage et de conte des Mille et Une Nuits, d’histoire secrète et de spéculation échevelée, &lt;strong&gt;Le Codex du Sinaï&lt;/strong&gt;, premier volet d’une série de quatre romans, est l’oeuvre d’un écrivain hors normes, Edward Whittemore (1933-1995), ancien agent de la CIA et globe-trotter, qui a fait de Jérusalem sa terre d’élection.&lt;br /&gt; L’intrigue du &lt;strong&gt;Codex du Sinaï&lt;/strong&gt; serait impossible à raconter: explications du monde farfelues, complots invraisemblables et personnages plus extravagants que l’imagination même. On apprendra ici qui a réellement écrit la Bible; on découvrira, caché en haut de la grande pyramide de Chéops, le studio où se joue, depuis la nuit des temps, le sort du monde; on assistera à la bataille de Crimée; on voyagera des étendues désertes du Moyen-Orient aux fastes de l’Empire Ottoman, accompagnant dans leurs péripéties l’anachorète albanais Skandeberg Wallenstein, le lord Plantagenêt Strongbow ou encore l’adolescent irlandais Joe O’Sullivan Beare…&lt;br /&gt; Certains romans paraissent destinés aux lecteurs de science-fiction bien qu’ils ne relèvent apparemment pas de ce genre. C’est qu’ils donnent du monde une vision décalée, ironique. Ils affirment que la vérité est ailleurs, sans jamais cesser de se présenter comme de la fiction. C’est un domaine dans lequel ont excellé des écrivains aussi célèbres que Vladimir Nabokov ou Umberto Eco et, plus près de nous, que Neal Stephenson dans son cycle du &lt;strong&gt;Cryptonomicon&lt;/strong&gt; ou Theodore Roszak dans &lt;strong&gt;La Conspiration des ténèbres&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Le Quatuor de Jérusalem&lt;/strong&gt; appartient à cette étrange et séduisante cohorte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; 
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            <name>Le Proton Jovial</name>
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        <title>CLAUDE J. LEGRAND : LES CREATEURS DE FUTURS</title>
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        <updated>2008-03-18T20:11:45+01:00</updated>
        <published>2008-03-18T20:11:45+01:00</published>
        <summary>  Encore un Rivière Blanche, et encore un roman sur le thême de univers...</summary>
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           &lt;p&gt;Encore un Rivière Blanche, et encore un roman sur le thême de univers parallèles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le héros se retrouve &quot;à l'insu de son plein gré&quot; ballotté de monde parallèle en monde parallèle. Certains univers ne sont divergents du nôtre par quelque détails, d'autres sont plus différents. Ainsi un univers visité montre une société qui en est resté à une sorte de Moyen-Age barbare. Un autre présente une Europe où l'Allemagne nazie a perduré. Pourtant il ne s'agit pas la sitation uchronique ultra-classique dans laquelle les puissances de l'Axe l'ont emporté en 45, c'est un monde où Hitler a été assassiné assez tôt et où, la paix ayant été possible, l'Allemagne nazie s'est édulcorée et fait partie du concert des nations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un moment effrayant est celui où le héros retrouve sa fiancée dans un autre monde mais pratiquant un métier réputé peu avouable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le personnage est intégrée dans une équipe de surveillance à la façon de la Patrouille du Temps et doit accomplir une mission périlleuse pour sauver la Terre entière, ou plus précisément une des innombrables Terres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le rythme est trépidant et très prenant pendant la première moitié du roman, un peu plus lent ensuite. Les personnages manquent quand même un peu de profondeur mais la lecture est agréable. Premier chapitre &lt;a href=&quot;http://www.riviereblanche.com/createurschapitre01.pdf&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.riviereblanche.com/createurs01.jpg&quot; border=&quot;1&quot; height=&quot;510&quot; width=&quot;311&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
        </content>
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        <author>
            <name>Génération Science-fiction</name>
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        <title>Rêve de Fer</title>
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        <id>tag:generationscience-fiction.hautetfort.com,2008-02-21:613317</id>
        <updated>2008-02-21T18:00:00+01:00</updated>
        <published>2008-02-21T18:00:00+01:00</published>
        <summary>   Norman Spinrad    &amp;nbsp;    The Iron Dream  (1972)   &amp;nbsp;   (Folio SF...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://generationscience-fiction.hautetfort.com/">
          &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/images/medium_revedefer.png&quot; alt=&quot;medium_revedefer.png&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;b&gt;Norman Spinrad&lt;/b&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;i&gt;The Iron Dream&lt;/i&gt; (1972)&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;(Folio SF n°239)&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;© 2006 Éditions Gallimard&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;b&gt;Préface&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Through science and technology we will meet the aliens, and they will be us.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (Norman Spinrad — &lt;i&gt;The Neuromantics&lt;/i&gt;.)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les dates n’ont rien d’innocent. Sans les charger de quelque signification mystico-ésotérique, il faut bien reconnaître qu’elles influent sur la destinée, au même titre que la géographie. Pour faire simple&amp;nbsp;: avoir vingt ans en 1960 à New York, ce n’était pas du tout la même chose que de les avoir en 1980 à Paris.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Né le 15 septembre 1940 à New York, Norman Spinrad n’a pas encore cinq ans lorsque l’arme nucléaire lancée par son pays détruit Hiroshima, puis Nagasaki. On peut donc considérer qu’il appartient à la génération qui a «&amp;nbsp;toujours&amp;nbsp;» vécu avec l’idée de la Bombe… et le souvenir des camps d’extermination nazis. Né à New York dans une famille juive, on peut supposer qu’il en a été plus marqué que ses contemporains moins directement concernés par cette tragédie.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; D’un point de vue&amp;nbsp; technique, statistique, le &lt;i&gt;baby-boom&lt;/i&gt; commence en 1945, avec le retour des hommes partis à la guerre. Mais, si l’on se place sur le plan culturel, il est clair que les enfants nés entre 1940 et 1945 doivent être pris en compte, non comme des &lt;i&gt;baby-boomers&lt;/i&gt; à part entière, mais comme les initiateurs de nombre des mouvements qui ont marqué cette génération&amp;nbsp;: les Beatles, Bob Dylan, Jimi Hendrix, quatre Rolling Stones sur cinq, Angela Davis, Huey Newton, Gilbert Shelton… Si Norman Spinrad n’est donc pas un &lt;i&gt;baby-boome&lt;/i&gt;r, il est incontestablement l’un des premiers porte-parole de cette génération, et sans doute le premier dans le domaine de la science-fiction, où il introduit notamment le rock’n’roll en 1969 dans « Le Grand Flash ». &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; J’aurais pu tout aussi bien souligner qu’il a eu quatorze ans en 1954, année marquée par une explosion qui vaut bien celle d’Hiroshima&amp;nbsp;: la naissance du rock’n’roll. Quatorze ans en 1954 valent bien seize ans en 1966 ou dix-sept en 1977 — trois dates majeures de l'histoire du rock : naissance, mutation, retour aux sources et à l’énergie originelle. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/images/medium_rdfsuperl.jpeg&quot; alt=&quot;medium_rdfsuperl.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Autour de cette date symbolique où Elvis Presley enregistre un disque pour sa maman, il ne faut pas oublier que les années 50, celles de l’adolescence de Spinrad, marquent les débuts de ce qui sera qualifié par la suite de «&amp;nbsp;révolution sexuelle&amp;nbsp;». Les mouvements jugés provocants du pelvis d’Elvis participent d’une tendance plus générale, où ils côtoient les disques de musique «&amp;nbsp;exotique&amp;nbsp;» et de danse du ventre aux pochettes de plus en plus sexy, ainsi que les &lt;i&gt;tikis&lt;/i&gt;, symboles phalliques hawaiiens fièrement plantés à la verticale au fond du jardin — premières audaces montrant que la société étatsunienne commençait déjà à s’extraire du carcan étouffant du puritanisme. C’est aussi au cours de cette décennie que commence à se développer l’intérêt pour les drogues psychédéliques dont l’usage se répandra largement dans les années 60. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La deuxième moitié des &lt;i&gt;fifties&lt;/i&gt; voit donc se mettre peu à peu en place le célèbre &lt;i&gt;sex &amp;amp; drugs &amp;amp; rock’n’roll&lt;/i&gt; — trinité dont Norman Spinrad saura tirer parti tout au long de sa carrière, le point culminant de cette ligne d’inspiration étant sans doute &lt;b&gt;Rock Machine&lt;/b&gt; (1987), avec ses personnages adolescents complètement obsédés, ses drogues électroniques et ses rock-stars synthétiques. De ce point de vue, Spinrad demeure fidèle à une certaine &lt;i&gt;Weltanschauung&lt;/i&gt; des années 60, où la musique en général et le rock en particulier constituent un vecteur pour des idées politiques ou de critique sociale. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Par contre, il a quasiment abandonné en chemin la violence extrême et provocatrice qui était une caractéristique majeure de certains textes de ses débuts — cette violence qui, notamment illustrée au cinéma par Sam Peckinpah, était considérée comme un élément de modernité au tournant des années 60-70. Et il semblerait que &lt;b&gt;Rêve de fer&lt;/b&gt; marque chez Norman Spinrad l’apogée &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; la fin de cette tendance, comme s’il avait enfin réussi avec ce livre l’exorcisme qu’il cherchait à réaliser à travers un texte comme &lt;b&gt;Les Hommes dans la jungle&lt;/b&gt;. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Quel est le comble de la provocation pour un auteur juif&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Écrire un roman censé être l’œuvre d’Adolf Hitler.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Voici ce&amp;nbsp; que Alain Dorémieux écrivait en 1974 dans la défunte revue &lt;i&gt;Fiction&lt;/i&gt; dont il était alors rédacteur en chef&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/images/medium_revedeferpocket.jpg&quot; alt=&quot;medium_revedeferpocket.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; «&amp;nbsp;… [&lt;b&gt;Rêve de fer&lt;/b&gt;] est une parodie énorme, à la fois délirante et logique, de toute l’heroic fantasy, de tout ce qu’elle contient de fascisme larvaire, de pulsions guerrières, d’images nietzschéennes du surhomme et de la race dominatrice. Autrement dit, dans cet univers où l’hégémonie nazie n’a pas eu lieu, Hitler &lt;i&gt;rêve&lt;/i&gt; sur le plan du fantasme l’accomplissement symbolique du nazisme et le projette dans le domaine littéraire de manière pathologique.&amp;nbsp;»&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Une parodie, oui. Mais une parodie &lt;i&gt;noire&lt;/i&gt;, et d’une violence qui dépasse tout ce que Norman Spinrad a pu écrire auparavant. Le fameux «&amp;nbsp;Et on s’amuse, et on rigole&amp;nbsp;» des &lt;b&gt;Hommes dans la jungle&lt;/b&gt; fait place à un implicite «&amp;nbsp;Et on ne s’amuse pas, et on ne rigole pas&amp;nbsp;». &lt;b&gt;Rêve de Fer&lt;/b&gt; ne fait pas rire, pas même sourire, mais plutôt grincer des dents. Quand au roman dans le roman, monstrueuse métaphore d’une histoire — la nôtre — qui n’a pas eu lieu là-bas, il n’est que haine (2), sang et mort. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pas de sexe, pas de drogues, pas de rock’n’roll. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’absence de drogues n’a rien de remarquable, et celle du rock’n’roll semble logique&amp;nbsp;: &lt;b&gt;Le Seigneur du Svastika&lt;/b&gt; étant censé avoir obtenu le Hugo en 1954, il lui aurait été difficile de se référer à un genre musical qui n’existait pas encore au moment de son écriture. (On peut d’ailleurs se demander si le rock’n’roll est apparu dans cet univers&amp;nbsp;; en l’absence de données précises, j’aurais tendance à penser que non.) L’absence apparente de sexe, par contre, peut sembler surprenante chez un auteur pour qui décrire les relations sexuelles de ses personnages est l’une des manières de cerner leur psychologie.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; S’il n’y a pas de scènes de sexe explicites, le livre abonde en scènes de sexe &lt;i&gt;implicites&lt;/i&gt;. Pour un œil aiguisé et averti, &lt;b&gt;Le Seigneur du svastika&lt;/b&gt; fait figure d’immense partouze homosexuelle où une sexualité refoulée s’exprime à travers la violence extrême des protagonistes. C’est dans le combat que Feric Jaggar et ses hommes trouvent leur plaisir, et non dans l’union charnelle avec une femme, exclusivement destinée à la reproduction. Ce point et bien d’autres sont détaillés dans la «&amp;nbsp;postface&amp;nbsp;», qui constitue en fait la véritable chute de &lt;b&gt;Rêve de fer&lt;/b&gt; en nous donnant un aperçu du monde uchronique où a été écrit &lt;b&gt;Le Seigneur du Svastika&lt;/b&gt;. Sans doute rédigée pour éviter toute interprétation tendancieuse de ce livre, cette analyse du roman débouche, à nos yeux de lecteurs de notre univers, sur une véritable interprétation psychanalytique du nazisme — au cas où certains, lisant &lt;b&gt;Le Seigneur du Svastika&lt;/b&gt; au premier degré, auraient manqué l’évidence exprimée par d’innombrables indices dans le corps du roman.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/images/medium_rdfgall.jpeg&quot; alt=&quot;medium_rdfgall.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Il s’est pourtant trouvé dans les années 90 au moins un «&amp;nbsp;journaliste&amp;nbsp;» pour accuser &lt;b&gt;Rêve de fer&lt;/b&gt; de «&amp;nbsp;révisionnisme&amp;nbsp;»&amp;nbsp;; apparemment, l’inculture, voire l’illettrisme n’empêchent pas d’écrire n’importe quoi dans un grand hebdomadaire national. En effet, comment une &lt;i&gt;histoire alternative&lt;/i&gt; pourrait-elle être révisionniste&amp;nbsp;? C’est un pur non-sens. (On notera d’ailleurs au passage que les négationnistes ne trouveront aucun grain à moudre dans &lt;b&gt;Le Seigneur du Svastika&lt;/b&gt; : non seulement le génocide n’y est pas nié, mais «&amp;nbsp;Hitler&amp;nbsp;» s’en fait l’apologue au nom de la pureté de la race.) &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’uchronie n’a pas de sens moral. L’univers de &lt;b&gt;Rêve de fer&lt;/b&gt; n’est ni pire, ni meilleur que le nôtre. Il est &lt;i&gt;différent&lt;/i&gt;, voilà tout, et tel est le sens de la postface apocryphe. Tel était également le message de Philip K. Dick à la fin du &lt;b&gt;Maître du Haut Château&lt;/b&gt;. Si deux des plus grands auteurs de science-fiction ont pris la peine d’écrire chacun tout un roman pour exprimer cette idée, il doit bien y avoir une raison.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Rêve de fer&lt;/b&gt; a été rédigé au début des années 70, à une époque où le souvenir de la Deuxième Guerre mondiale et des camps d’extermination était encore assez présent pour que nul n’éprouve le besoin de rappeler le «devoir de mémoire&amp;nbsp;». Ce livre procède de la même logique que celle qui, quelques années plus tard, a poussé les punks à porter des insignes nazis — par dérision (2). Un processus de démythification du nazisme avait alors commencé, avec une volonté de le réduire à néant, en le privant notamment de sa symbolique, soit en la détournant — tout comme les nazis ont détourné la svastika — soit en la pulvérisant par le biais de l’analyse psychanalytique. Les punks ont choisi la première voie, mais leur démarche, mal comprise, a débouché sur l’interdiction des emblèmes nazis — interdiction qui en a bien évidemment renforcé le sens et la valeur aux yeux des nostalgiques de la Shoah.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/images/medium_rdfopta.jpeg&quot; alt=&quot;medium_rdfopta.jpeg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 0pt 1.4em 0.7em; float: right&quot; /&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En choisissant de recourir à l’analyse dans le cadre d’une farce dont la noirceur n’est plus à démontrer, Norman Spinrad s’est prémuni contre toute réinterprétation abusive de son œuvre, contre toute récupération du &lt;b&gt;Seigneur du Svastika&lt;/b&gt; par les «&amp;nbsp;fans&amp;nbsp;» de son «&amp;nbsp;auteur&amp;nbsp;». Alors que le port d’insignes nazis était lourdement chargé d’ambiguïté, il n’y en a aucune dans &lt;b&gt;Rêve de fer&lt;/b&gt;. La signification du livre est claire. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; D’ailleurs, je ne vois pas comment un individu sain d’esprit pourrait lire &lt;b&gt;Le Seigneur du Svastika&lt;/b&gt; au premier degré, et encore moins adhérer aux convictions nauséabondes de ses protagonistes. Non seulement le lecteur ne s’amuse pas et ne rigole pas, mais un sourd malaise ne tarde pas à s’emparer de lui à mesure que l’intrigue progresse et que les intentions de l’auteur supposé (Hitler) se font plus claires. Je n’ai jamais rencontré personne qui ait refermé ce livre avec une image positive du nazisme. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans mon cas, il aurait même agi comme un vaccin — ou du moins un rappel — à son encontre lorsque je l’ai lu, vers l’âge de quatorze ans. Par son interprétation psychanalytique exacerbée, il m’a permis de prendre conscience, peut-être pour la première fois, du terrifiant lavage de cerveau, de cette épouvantable implantation de mèmes de haine dont mon père, né en 1922 en Allemagne, a été victime pendant son adolescence.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Merci, Norman. &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;b&gt;Roland C. Wagner&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;hr /&gt; &amp;nbsp; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a title=&quot;1&quot; name=&quot;1&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (1) Bien évidemment raciale&amp;nbsp;: il suffit de compter le nombre d’occurences des termes pur/pureté/purhomme et gènes/génétique, qui, seuls ou en association, jouent le rôle de principaux Leitmotive.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (2) Le mouvement punk, qui se caractérisait par une absence d’idéologie, à l’exception du fameux «&amp;nbsp;No Future&amp;nbsp;!&amp;nbsp;», de même que les Redskins, de gauche comme leur nom l’indique, ne doivent pas être confondus avec les skinheads racistes et fascistes mis en avant par les médias.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Génération Science-fiction</name>
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        <title>L'instrumentalisation de l’Histoire dans la pensée politique de Charles Renouvier (5)</title>
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        <updated>2008-02-09T18:00:00+01:00</updated>
        <published>2008-02-09T18:00:00+01:00</published>
        <summary>         &amp;nbsp;    &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; B – La République enseignée....</summary>
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          &lt;div align=&quot;left&quot;&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/00/02/ccd37ee31d72b731c467bddd9d881a39.jpg&quot; id=&quot;media-834549&quot; alt=&quot;ccd37ee31d72b731c467bddd9d881a39.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.7em 0pt&quot; name=&quot;media-834549&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;i&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; B – La République enseignée.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; S’il est incontestable que &lt;i&gt;L’Uchronie&lt;/i&gt; a une dimension pédagogique, qu’il nous semble avoir déjà démontrée, puisque, dans une sorte de mise en abîme, elle postule la stabilisation des acquis de la République romaine par la mise en place d’un système éducatif obligatoire, tout en s’adressant, prioritairement, à un lectorat lui-même républicain, il faut savoir que l’œuvre de Charles Renouvier donne, par ailleurs, une priorité explicite à l’éducation (79).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’appel de Renouvier à terminer la Révolution par l’Education, considérée comme le vecteur de diffusion par excellence de l’idéal républicain, laïque et démocratique, résonne tout particulièrement dans son &lt;i&gt;Manuel républicain des droits de l’homme et du citoyen&lt;/i&gt; (80), construit comme un dialogue pédagogique entre un élève et son instituteur.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pour Renouvier, le rôle-clef de l’instituteur est d’enseigner le catéchisme républicain, en remplaçant le sacré religieux par la sacralisation des vertus républicaines. Voilà comment s’exprime l’instituteur dans son &lt;i&gt;Manuel républicain…&lt;/i&gt;&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Le temps est venu où la morale, enseignée jusqu’ici dans les églises au nom de Jésus-Christ, doit entrer dans les assemblées des hommes qui font des gouvernements et des lois. Si cette morale est dans notre cœur, montrons-le&amp;nbsp;; réglons-nous tous sur la fraternité. De même qu’il faut que chacun de nous soit juste et charitable envers ses frères, de même il faut que ceux qui ont un pouvoir sur les hommes et qui veulent les conduire, soient justes et charitables envers tous les hommes. Je dis donc que les hommes doivent par le moyen des lois qu’ils se font, de l’instruction qu’ils se donnent, et de toute action qu’ils ont les uns sur les autres, se faciliter leur perfectionnement et s’approcher toujours plus de la fraternité pour laquelle ils furent crées&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (81).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; D’une certaine manière, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;l’appel&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» de Charles Renouvier a été entendu par ceux auxquels il s’adresse. Sous couvert de fiction, son didactisme républicain a porté ses fruits et permis la mise en place de «&amp;nbsp;&lt;i&gt;la République des professeurs&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (82), défendue, dès les bancs de l’école primaire, par les «&amp;nbsp;&lt;i&gt;hussards noirs&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (83) que furent les instituteurs. Ainsi, sans changer l'histoire, L'Uchronie y aura tout de même contribué. &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;b&gt;Ugo Bellagamba&lt;/b&gt; &lt;hr /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (79)&amp;nbsp;Charles RENOUVIER, L’éducation populaire, &lt;i&gt;La critique philosophique&lt;/i&gt;, Tome II, 1881, p. 344 ; Charles RENOUVIER, Les réformes nécessaires&amp;nbsp;: la liberté de l’enseignement, &lt;i&gt;La critique philosophique&lt;/i&gt;, Tome II, 1879, p. 304 ; Consulter sur ce point, Jean-Philippe AGRESTI, &lt;i&gt;La république de Charles Renouvier&lt;/i&gt;, Mémoire de D.E.A., Aix-en-Provence, 1999, p. 135 : «&amp;nbsp;&lt;i&gt;De l’éducation républicaine et de la forme d’instruction proposée dépend, tout simplement, pour Renouvier, l’avenir de la République démocratique et de son fondement&amp;nbsp;: le suffrage universel. L’éducation de tous constitue simultanément l’égalité républicaine et la République démocratique. On peut déceler chez Renouvier une interdépendance entre ces deux notions. Sans enseignement pour tous pas d'égalité républicaine, sans égalité devant l'enseignement pas de République démocratique&lt;/i&gt;&amp;nbsp;». &lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (80) Charles RENOUVIER, &lt;i&gt;Manuel républicain de l'Homme et du Citoyen&lt;/i&gt;, Paris, A. Colin, 1904 ; Charles RENOUVIER, &lt;i&gt;Manuel Républicain de l’Homme et du Citoyen (précédé d’une préface en réponse aux critiques et suivi d’une nouvelle déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen)&lt;/i&gt;, présenté par M. AGULHON, Paris, &lt;i&gt;Les classiques de la politique&lt;/i&gt;, Garnier, 1981.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (81) &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;, p.77.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (82) Albert THIBAUDET, &lt;i&gt;La république des professeurs&lt;/i&gt;, Paris, Grasset, 1927.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (83) Jean-Charles VARENNES (en collaboration avec André PELLETIER), &lt;i&gt;Dans l'Allier notre école au bon vieux temps : les hussards noirs de la République,&lt;/i&gt; Lyon, Horvath, 1994. &lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
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            <name>Génération Science-fiction</name>
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        <title>L'instrumentalisation de l’Histoire dans la pensée politique de Charles Renouvier (4)</title>
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        <updated>2008-01-27T16:50:00+01:00</updated>
        <published>2008-01-27T16:50:00+01:00</published>
        <summary>   II – La République consolidée dans le Réel.         &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;...</summary>
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          &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/00/02/307b7e8dd8ab66d90dbc8a96d6bff73d.jpg&quot; id=&quot;media-800482&quot; alt=&quot;307b7e8dd8ab66d90dbc8a96d6bff73d.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-800482&quot; /&gt;&lt;b&gt;II – La République consolidée dans le Réel.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’Uchronie, analysée dans sa dimension politique et philosophique, peut s’analyser comme une audacieuse «&amp;nbsp;instrumentalisation&amp;nbsp;» de l’Histoire. Les réformes faites par Avidius Cassius, notamment, sont le reflet direct de l’idéal républicain de Charles Renouvier. Elles expriment moins une reconstruction historique rigoureuse qu’un idéal politique serti dans la fiction. De plus, L’Uchronie revêt également, alors même qu’il s’agit d’une fiction, ou précisément parce qu’elle se revendique telle, une fonction pédagogique qui exprime l’importance que Charles Renouvier accorde à l’enseignement, en tant que vecteur principal de diffusion des valeurs républicaines. Ainsi, sous couvert d’histoire revisitée, Renouvier présente un programme de consolidation des acquis républicains qui consiste à justifier la République par les réformes (A) avant de l’enraciner dans les esprits par l’enseignement (B). &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;i&gt;A – La République justifiée.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Détailler les réformes opérées dans le premier tableau de l’Uchronie, par le dictateur Avidius Cassius, c'est identifier le programme politique du républicain Charles Renouvier pour son propre temps.&amp;nbsp; On y retrouve l'appel au suffrage universel, la justification de la petite propriété comme garantie de la liberté individuelle, le principe de l'égalité devant l'impôt, l'obligation du service miliaire, l'importance de l'éducation dans la formation de l'esprit républicain, la conviction que la loi est le meilleur rempart de la république, et, bien sûr, l'anticléricalisme de l'auteur, autant de traits caractéristiques d'un penseur républicain du dix-neuvième siècle.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; «&amp;nbsp;&lt;i&gt;1° Droit de cité reconnu à tout habitant libre ou affranchi des provinces occidentales. Extension des droits municipaux. Admission de ces mêmes provinces au vote des lois générales de la République.&lt;/i&gt; (65)&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;2° Cession des terres incultes de l’Italie et de la Gaule aux citoyens qui s’engagent à les cultiver, avec exemption de l’impôt pendant dix ans&amp;nbsp;; établissement d’un maximum de propriétés rurales&amp;nbsp;; obligation imposée aux propriétaires de vendre ou de céder à leurs affranchis ou esclaves, sous condition de rente perpétuelle rachetable, toute l’étendue de leurs terres dépassant le maximum fixé par la loi.&lt;/i&gt; (66)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;3° Affranchissement légal de tout esclave qui aurait pris à bail perpétuel et cultivé pendant trois ans la terre de son maître.&lt;/i&gt; (67)&lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;4° Suppression des fermes et régies de l’impôt&amp;nbsp;; abolition des péages et droits de vente&amp;nbsp;; réduction du revenu à ces quatre formes pour toute l’étendue de la République&amp;nbsp;; mines et forêts&amp;nbsp;; imposition foncière&amp;nbsp;; capitation pour les citoyens non propriétaires&amp;nbsp;; taxes des successions&lt;/i&gt; (…) (68)&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;5° Imposition du service militaire à tout citoyen, sans exception, à un âge déterminé par la loi. Réduction du temps de service à trois ans, dans le plus bref délai possible. Extinction du vétéran et du soldat de profession. Appel des hommes libérés pour les guerres défensives.&lt;/i&gt; (69)&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;i&gt;6° Institutions d’éducation physique et morale à l’usage de tous les centres de population et des armées&amp;nbsp;; enseignement de la philosophie et des lettres, des principes de l’Humanité et des lois de l’Etat.&lt;/i&gt; (70) &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 7° &lt;i&gt;Interdiction des droits du citoyen à tout homme qui se reconnaît chrétien, en ce sens et à ce point de déclarer formellement ne point aimer le monde, en attendre la fin et subordonner sans réserve ses vœux, ses pensées, sa volonté à des espérances ou des intérêts étrangers à la République.&lt;/i&gt; (71)&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 8° &lt;i&gt;Extension des droits civils des femmes, des enfants et des esclaves (…) conformément au principe généreux de la morale philosophique&amp;nbsp;: l’amour du genre humain, et aux règles inviolables de l’éternelle justice&amp;nbsp;; reconnaissance des droits naturels d’égalité et de liberté&amp;nbsp;; attachement au caractère sacré de la loi, qui sera désormais non plus l’arbitraire des législateurs, mais un contrat de la République avec elle-même.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (72)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans l’Uchronie, Renouvier explique les mentalités romaines se sont transformées dès les premières applications de ces réformes et que «&amp;nbsp;&lt;i&gt;la franchise du but et la rapidité de l’exécution&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (73) eurent raison de toutes les résistances grâce aux «&amp;nbsp;&lt;i&gt;bons mouvements que l’imprévu du bien entraîne dans une seule journée&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (74). Cette célérité des changements fait plus penser à la Révolution de 1848 qu’aux mutations de la société républicain de l’Antiquité.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Un autre élément justifie la République, pour Renouvier&amp;nbsp;: elle seule préserve la société de l’anarchie et du despotisme. Si, comme les philosophes grecs l’avaient compris, l’anarchie mène au despotisme, c’est surtout, aux yeux de l’auteur, la théocratie qui conduit inévitablement à la mise en place d’un pouvoir de type monocratique, dont le despotisme originel est effacé par une légitimité apposée a posteriori par l’autorité spirituelle. Dans &lt;i&gt;l’Uchronie&lt;/i&gt;, il rappelle qu’en Occident, grâce à «&amp;nbsp;l’éviction&amp;nbsp;» du christianisme «&amp;nbsp;&lt;i&gt;l’universelle tolérance, la diffusion des cultes et la prééminence incontestée de l’idée civile assuraient le peuple contre le despotisme spirituel, générateur fatal de l’autre despotisme et d’ailleurs pire que lui.&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (75)&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’auteur livre une analyse parfaitement lucide du fonctionnement de la monarchie d’Ancien Régime, qu’il reconstruit&amp;nbsp; simplement dans un cadre oriental : «&amp;nbsp;&lt;i&gt;l’homme du glaive se charge de rendre la foi obligatoire autant que possible, au moins dans l’enceinte que son épée trace sur le sol&amp;nbsp;: il défendra l’homme de paix, organe de cette foi&amp;nbsp;; il lui posera sous les pieds l’ennemi terrassé (…) l’homme de paix donnera l’investiture d’en haut à l’homme du glaive et lui portera les cœurs en don, la victoire en promesse. On divisera d’ailleurs entre soi les produits honorifiques et matériels de l’obéissance des peuples en surveillant de part et d’autres les occasions de s’en attribuer la plus forte partie et d’en gouverner en outre la moindre&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (76).&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Pour autant, dans l’évolution qu’il décrit en ce qui concerne l’Orient, Charles Renouvier y voit surtout triompher la division et l’anarchie, non l’unité institutionnelle, malgré l’existence de grands centres urbains tels que Antioche ou Jérusalem, dans lesquels persistent, fortement diminué, un certain esprit latin. Sans compter que les représentants de l’Eglise, les «&amp;nbsp;&lt;i&gt;surveillants&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» comme Renouvier les nomme, n’ont de cesse que de «&amp;nbsp;miner l’autorité de princes&amp;nbsp;» en cherchant à les désigner eux-mêmes et à s’attribuer le contrôle de leur gouvernance, ce qui provoque le retour, inexorable à long terme, de la féodalité&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;i&gt;l’extinction de la vie urbaine, la disparition des capitaux, le danger des voyages et l’impraticabilité des routes ayant anéanti tout commerce lointain et réduit l’industrie aux arts manuels du village ou de la famille, ce qui restait de richesse était accumulé dans les églises et dans les forteresses&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (77). Du coup, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;les habitations rurales venaient à se grouper autour de quelque abbaye vénérée ou sur des hauteurs, à l’ombre d’un fort, s’entourant elles-mêmes de murs et de fossés, de défendant de leur mieux à l’aide de créneaux et de mâchicoulis. A dater de ce moment, l’Eglise et le fort voisin se trouvèrent les seules garanties des populations, garanties chèrement payées à l’occupant du fort par toutes sortes de taxes, de péages et de corvées, au presbytère de l’église, par la dîme des biens et le don sans réserve de l’âme&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (78). Ce que décrit Renouvier n’est autre que la féodalité occidentale transposée à l’Orient et il stigmatise, une nouvelle fois, le rôle aggravant et l’opportunisme de l’Eglise dans ce recul de l’Etat et de la culture. L’anarchie est le produit inévitable de l’intervention directe du christianisme dans la sphère politique. Le lien entre l’histoire imaginaire et la pensée politique de Renouvier se fait de plus en plus évident. Son discours est ici, sans aucune tentative de «&amp;nbsp;synchronisation&amp;nbsp;» avec l’époque qu’il décrit, un pur pamphlet républicain, viscéralement anticlérical.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’œuvre uchronique de Charles Renouvier est, en réalité, un procès à charge contre le christianisme, d’une part, et, d’autre part, l’apologie de la Révolution de 1848 et de la République démocratique qu’elle a mis en place. Décrire une histoire alternative dans laquelle la République romaine se serait pérennisée et aurait permis la formation d’une Europe bâtie autour d’institutions politiques démocratiques, appuyées sur une conciliation de l’unité constitutionnelle avec la diversité des cultures, entre respect des lois et liberté des consciences, est un moyen narratif pour le fervent républicain qu’est Renouvier d’exprimer ses regrets amers quant à la confiscation de la Seconde République par le Second Empire, à la suite du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851. Mais, en dépit de l’échec institutionnel, il lui reste l’espoir de perpétuer, dans les esprits, les valeurs de la République.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Telle sera la mission des enseignants. &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;b&gt;Ugo Bellagamba&lt;/b&gt; &lt;hr /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (65) &lt;i&gt;Uchronie, p. 88.&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (66) &lt;i&gt;Uchronie&lt;/i&gt;, pp. 88-89.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (67) &lt;i&gt;Uchronie&lt;/i&gt;, pp. 88-89.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (68) &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (69) &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (70) &lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (71) &lt;i&gt;Uchronie&lt;/i&gt;, pp. 89-90.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (72) &lt;i&gt;Uchronie&lt;/i&gt;, p. 90.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (73) &lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (74) &lt;i&gt;Uchronie&lt;/i&gt;, p. 91.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (75) &lt;i&gt;Uchronie&lt;/i&gt;, p. 140.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (76) &lt;i&gt;Uchronie&lt;/i&gt;, p. 142.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (77) &lt;i&gt;Uchronie&lt;/i&gt;, p. 171.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; (78) &lt;i&gt;Uchronie&lt;/i&gt;, pp. 171-172.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>ferocias</name>
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        <title>Valérie Mangin &amp; Francisco Ruizgé, Luxley. Le Sang de Paris</title>
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        <updated>2008-01-26T08:00:00+01:00</updated>
        <published>2008-01-26T08:00:00+01:00</published>
        <summary> Le 3e tome de la série    Luxley    est paru. Cette série est    uchronique...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/">
          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le 3e tome de la série &lt;a href=&quot;http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/archive/2007/10/13/luxley.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;&lt;strong&gt;Luxley&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; est paru. Cette série est &lt;a href=&quot;http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/tag/uchronie&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;&lt;strong&gt;uchronique&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;. Le chef des &lt;a href=&quot;http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/tag/Incas&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;&lt;strong&gt;incas&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; a eu une vision dans laquelle il a vu les Conquistadors détruire les empires &lt;a href=&quot;http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/tag/azteques&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;&lt;strong&gt;azteque&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/tag/mayas&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;&lt;strong&gt;maya&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/tag/incas&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;&lt;strong&gt;inca&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;. Il a unifié les peuples du continent américain et lancé ses troupes à l'assaut de l'Europe 300 ans avant Christophe Colomb.&lt;br /&gt; Robin de Luxley, mieux connu dans notre monde sous le nom de Robin des Bois, contre les Atlantes (nom donné aux Méso- et Sud- Américains par les Européens) notamment grâce au peyotl qu'il prend, lui permettant d'avoir des visions.&lt;br /&gt; Pourtant à la fin du volume une surprise attend le lecteur!&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Synopsis de l'épisode: &quot;&lt;em&gt;Vucub-Noh en fuite et ses guerriers massacrés, Luxley et les siens se réjouissent de la volte-face opportune du Pape Innocent III qui leur a permis de reprendre l’avantage sur les barbares Mayas. La Sainte Inquisition enfin unie au peuple tout entier… C’est dans un Paris déjà en partie modifié d’ornements précolombiens que se retrouvent Luxley, Innocent III, et tous les défenseurs d’une Europe affaiblie. Paris sera le théâtre d’un siège sans précédent ! Car L’inca va dépêcher ses propres filles, rompues à la guerre, elles aussi … Les affrontements vont alors prendre un tour tout à fait inédit !&lt;/em&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;On peut découvrir &lt;a href=&quot;http://www.mangin.tv/luxley.planches_tome_3.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;&lt;strong&gt;ICI&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;, sur le site de Valérie Mangin les 6 premières pages de ce nouveau volume.&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-797099&quot; src=&quot;http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/media/01/01/c48ac1812df4cb390e83ce4a0d2e5a7c.jpg&quot; alt=&quot;c48ac1812df4cb390e83ce4a0d2e5a7c.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-797099&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong&gt;Valérie Mangin &amp;amp; Francisco Ruizgé,&lt;br /&gt; &lt;em&gt;Le Sang de Paris&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Luxley, chapitre 3&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; Collection Quadrants,&lt;br /&gt; Editions Soleil, 2008.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;iframe scrolling=&quot;no&quot; frameborder=&quot;0&quot; src=&quot;http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?t=lespeupdusole-21&amp;amp;o=8&amp;amp;p=8&amp;amp;l=as1&amp;amp;asins=284946984X&amp;amp;fc1=000000&amp;amp;IS2=1&amp;amp;lt1=_blank&amp;amp;lc1=0000FF&amp;amp;bc1=000000&amp;amp;bg1=FFFFFF&amp;amp;f=ifr&quot; marginheight=&quot;0&quot; marginwidth=&quot;0&quot; style=&quot;width: 120px; height: 240px&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>ferocias</name>
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        <title>Guide uchronique aztèque</title>
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        <updated>2008-01-21T15:10:00+01:00</updated>
        <published>2008-01-21T15:10:00+01:00</published>
        <summary> Un avertissement donné par Jonathan Edelstein dans Aztec Empire (1996):...</summary>
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          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Un avertissement donné par Jonathan Edelstein dans Aztec Empire (1996):&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&quot;Visitors to Tenochtitlan may enjoy the city's striking architecture, and the shopping the various marketplaces is unparallelled. Travellers are warned, however, *not* to accept any invitations to participate in Aztec religious ceremonies. (From the &lt;em&gt;Travel Guide to the Aztec Empire&lt;/em&gt;)&quot;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-787064&quot; src=&quot;http://lespeuplesdusoleil.hautetfort.com/media/00/01/d02eb794887002f81804f5de8b39a2b3.jpg&quot; alt=&quot;d02eb794887002f81804f5de8b39a2b3.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-787064&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sacrifice humain&lt;br /&gt; (illustration du &lt;em&gt;Codex Mendoza&lt;/em&gt;,&lt;br /&gt; ouvrage réalisé par un indigène vers 1541-1542&lt;br /&gt; à la demande d’Antonio de Mendoza,&lt;br /&gt; vice-roi de la Nouvelle-Espagne)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Génération Science-fiction</name>
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        <title>L'instrumentalisation de l’Histoire dans la pensée politique de Charles Renouvier (2)</title>
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        <updated>2008-01-21T13:21:06+01:00</updated>
        <published>2008-01-21T13:21:06+01:00</published>
        <summary>  I – L’Histoire revisitée par l’Imaginaire.      &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Selon...</summary>
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          &lt;img src=&quot;http://generationscience-fiction.hautetfort.com/media/02/00/920ed81b8a0cb249e9c6281edf766ccc.jpg&quot; id=&quot;media-781886&quot; alt=&quot;920ed81b8a0cb249e9c6281edf766ccc.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-781886&quot; /&gt;&lt;b&gt;I – L’Histoire revisitée par l’Imaginaire.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Selon une méthode employée par de nombreux utopistes, Charles Renouvier prétend ne pas être l’auteur de &lt;b&gt;l’Uchronie&lt;/b&gt;. Un soi-disant «&amp;nbsp;&lt;i&gt;Avant-propos de l’éditeur&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (19) informe les lecteurs que le texte qui suit est la traduction d’un manuscrit, apocryphe, d’un frère Prêcheur «&amp;nbsp;&lt;i&gt;qui serait mort à Rome, dans la première année du 17ème siècle&lt;/i&gt;&amp;nbsp;». Il aurait été persécuté par l’Inquisition, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;peu après Giordano Bruno&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (20) et la diffusion du manuscrit interdite par l’Église. Celui-ci postulait en effet que «&amp;nbsp;&lt;i&gt;le christianisme aurait pu ne pas triompher anciennement dans l’Occident, s’établir dans l’Orient seul et ne rentrer en Europe que tard, après qu’il aurait abandonné sincèrement ses vues dominatrices&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (21). Le thème central de l’ouvrage est donné (22). Avant d’en analyser la dimension politique et philosophique, il faut retracer les grands événements de l’histoire imaginée par Renouvier. Deux éléments en fondent la spécificité : la mise à l’écart du christianisme (23) des destinées de l’Occident (A) et l’accélération de la révolution industrielle (B).&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;i&gt;A – De la romanité libérée du christianisme à la fédération européenne.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’accession au pouvoir du général Avidius Cassius en 175 marque le début d'une série de réformes approuvées par le Sénat, votées par les comices (24). Toutes tendent à promouvoir les libertés individuelles et à permettre le retour de la République (25). Les destinées de la Gaule méridionale en ressortent modifiées : la généralisation de la petite propriété, la disparition des taxes «&amp;nbsp;&lt;i&gt;vexatoires&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» permet l’essor du commerce et de l’industrie. Le vrai citoyen remplace «&amp;nbsp;&lt;i&gt;les troupeaux de colons, les bandes d’oisifs et les hordes militaires&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (26). La prospérité économique sert de ciment à la démocratie. Mais trois maux doivent être éradiqués : «&amp;nbsp;&lt;i&gt;les barbares et l’armée qui les contient, la dépopulation et les esclaves, les chrétiens et l’indifférence politique&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (27).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; La mise en place d'un serment civique que les chrétiens ne pourront accepter de prêter, puisqu'il ne reconnaît aucune puissance surnaturelle, permet de régler la question du christianisme. Les réfractaires de la secte sont exilés dans «&amp;nbsp;&lt;i&gt;certaines régions de l’Orient&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» et la peine capitale attend ceux qui tenteraient d'en revenir (28). La séparation entre un Occident dominé par l’idée républicaine et un Orient qui glisse déjà vers le fanatisme est consommée, quoique Rome conserve un contrôle nominal sur ses provinces orientales.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le fait religieux&amp;nbsp;est donc déterminant pour Renouvier : en Orient , «&amp;nbsp;&lt;i&gt;le pouvoir des surveillants religieux se substituait graduellement à celui des officiers civils&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (29). Et, à la désagrégation politique, s’ajoutent les discordes théologiques sur la nature de Dieu (30). Renouvier postule un essor de l’arianisme (31) qui constitue un moyen terme et aide à la formation des premières nations d’Orient. Dans la première moitié du XIIe siècle républicain (32), la Syrie, l’Egypte, l’Asie Mineure, la Thrace et l’Afrique, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;ces contrées si éloignées les unes des autres (…) passaient de l’état d’émeute, pour ainsi dire endémique, à celui d’insurrection totale et violente contre l’ennemi commun, à la fois l’étranger, l’impie et le collecteur d’impôts, le gouvernement romain, oppresseur des peuples de Dieu&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (33). C’est la crise la plus grave que doit affronter Rome depuis la succession de Marc-Aurèle. Les victoires des légions romaines permettent de contenir la menace aux frontières, en laissant «&amp;nbsp;&lt;i&gt;pleine liberté aux Barbares de s’étendre et aux chrétiens d’établir parmi eux la suprématie de la religion sur la civilisation&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (34). Ainsi, à la fin du XIIIe siècle républicain (Ve siècle de l'ère chrétienne), Alaric, roi des Wisigoths, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;étendit ses armes de la Thrace au fond de la Libye et fit reconnaître vingt ans sa suprématie à tout ce que l’Orient comptait de diocèses de la foi arienne&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (35) ; Théodoric, roi des Ostrogoths, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;approcha mieux encore du but et restaura presque l’Empire en Orient&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (36). Mais ces royaumes barbaro-chrétiens, note Renouvier, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;devaient naturellement se terminer avec la vie et les victoires d’un homme&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (37). La disparition de Théodoric amorce une décomposition territoriale et une dilution du pouvoir politique. L’insécurité s’accroît, les routes commerciales sont coupées, les terres cultivables restent en friche. La population diminue, se rassemble dans des forteresses. Le droit écrit disparaît, l'esclavage est rétabli. Un nouveau type d’autorité profite de la ruine des communautés urbaines et, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;depuis le Danube jusqu’au Nil&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (38), c'est la mise en place de la féodalité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’hérésie arienne, très répandue chez les Germains et les Arabes, les conduit «&amp;nbsp;&lt;i&gt;jusqu’au monothéisme pur et farouche&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (39). Á la fin du XIVe siècle (début du VIIe siècle de l’ère chrétienne), un prédicateur, du nom de Mohammed, prétend être le dépositaire «&amp;nbsp;&lt;i&gt;des ordres véritables que les chrétiens avaient falsifiés, d’adorer Dieu seul comme dieu et d’honorer Jésus comme un prophète&lt;/i&gt;&amp;nbsp;». Ce nouveau culte, que Renouvier qualifie de «&amp;nbsp;&lt;i&gt;christianisme ultra-arien&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (40), ou mahométan, se répand rapidement hors de l’Arabie.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En Occident, la République est menacée par les luttes intestines entre «&amp;nbsp;parti de l’oligarchie&amp;nbsp;» et « parti populaire&amp;nbsp;» (41). Le Sénat craint une émeute populaire. En ce XIe siècle (VIIIe de l’ère chrétienne), le consul Constantius Chloros, lié au parti oligarchique est autorisé «&amp;nbsp;&lt;i&gt;à conduire son armée en Italie et à Rome même&lt;/i&gt;&amp;nbsp;». Les sénateurs tentent de faire voter des mesures portant atteinte à l’état des personnes. Le soulèvement est « &lt;i&gt;prompt à Rome et dans une grande partie de l’Italie&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (42). Le parti populaire, avec l’appui de milices urbaines, s’empare du Capitole. Le consul est condamné à mort, le Sénat se soumet à des élections et la nouvelle assemblée vote des réformes décisives (43).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Au milieu du XIIe siècle (le IXe siècle de l’ère chrétienne), les anciennes provinces occidentales de Rome déclarent leur indépendance (44) et établissent entre elles des relations privilégiées, prélude à une fédération européenne. La République est réduite à la seule Italie (45). L’éveil des nations s’accompagne du réveil des religions. En Gaule, le druidisme réapparaît (46), en Grèce, c’est «&amp;nbsp;&lt;i&gt;la religion platonicienne&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (47) qui succède à la laïcité qu’avait imposée Rome. Un doctrine particulière, le «&amp;nbsp;&lt;i&gt;panthéisme&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (48), prône la tolérance, intègre la religion à la vie civique, prépare les peuples à un retour du christianisme.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En Orient, où «&amp;nbsp;l&lt;i&gt;es esprits (...) avaient la religion pour unique moteur moral&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» (49), le fanatisme finit par provoquer, malgré les dissensions théologiques, une série de croisades contre l’Occident honni. Vers la fin du XVe siècle républicain, des principautés héréditaires finissent par émerger de l’anarchie féodale. Rattachées entre elles par des liens de vassalité, elles se coordonnent, sous l'influence uni