<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://www.hautetfort.com/css/atom.xsl" ?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr">
    <title>Last posts on tocqueville</title>
    <link rel="self" type="application/atom+xml" href="http://www.hautetfort.com/explore/posts/tag/tocqueville/atom.xml"/>
    <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.hautetfort.com/explore/posts/tag/tocqueville" />
    <updated>2008-09-05T10:24:34+02:00</updated>
    <rights>All Rights Reserved blogSpirit</rights>
    <generator uri="http://www.hautetfort.com/" version="1.0">http://www.hautetfort.com/</generator>
    <id>http://www.hautetfort.com/explore/posts/tag/tocqueville/atom.xml</id>
        <entry>
        <author>
            <name>Romain Masson(-Mureau)</name>
            <uri>http://romain-masson.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Guizot, un Tocqueville au petit pied</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://romain-masson.hautetfort.com/archive/2008/07/09/guizot-un-tocqueville-au-petit-pied.html" />
        <id>tag:romain-masson.hautetfort.com,2008-07-09:1697780</id>
        <updated>2008-07-09T22:00:00+02:00</updated>
        <published>2008-07-09T22:00:00+02:00</published>
        <summary>  &amp;lt;&amp;lt; Dans Choses vues , Victor Hugo disait, à propos de Guizot&amp;nbsp;:...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://romain-masson.hautetfort.com/">
           &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;lt;&amp;lt; Dans Choses vues , Victor Hugo disait, à propos de Guizot&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Il me fait l'effet d'une femme honnête qui tiendrait un bordel.&amp;nbsp;» En ce sens, M.&amp;nbsp;Guizot est bien un moderne. Son gouvernement fut éclaboussé par les premiers grands scandales de corruption et de trafics en tout genre. Il lançait une mode. L'homme était du genre incorruptible mais, comme ajoutait Victor Hugo, il «&amp;nbsp;gouvern (ait) par la corruption&amp;nbsp;» .&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Y a-t-il personnage plus réprouvé que ce ministre austère et maladroit de Louis-Philippe, ce défenseur de la bourgeoisie censitaire, l'auteur de la sinistre apostrophe&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne&amp;nbsp;» à ceux qui réclamaient le suffrage universel&amp;nbsp;? Du haut de sa chaire au Collège de France, Guizot a tout lu, tout su, tout vu, et n'a pourtant pas compris grand-chose à son temps.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le prince de Lampedusa disait qu'il faut s'intéresser aux auteurs secondaires de chaque époque pour mieux en apprécier les grands. Cela s'applique à Guizot. Il faut le lire pour mieux comprendre, par contraste, le génie de Tocqueville. Guizot est bien le produit de son époque, là où l'auteur de La Démocratie en Amérique annonce la nôtre, ou du moins ce qu'il en fut...&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Àl'heure où triomphent un peu partout dans le monde les nouvelles «&amp;nbsp;surclasses&amp;nbsp;», le champion de la «&amp;nbsp;nouvelle aristocratie&amp;nbsp;» pourrait-il susciter un regain d'intérêt&amp;nbsp;? Il faut saluer l'entreprise de l'historien Laurent Theis, qui a courageusement lu l'immense production intellectuelle de Guizot pour nous donner, non pas une vraie biographie, mais un ensemble d'analyses sérieuses et très honnêtes sur celui qui briguait «&amp;nbsp;le bonheur domestique et la gloire&amp;nbsp;» et qui eut le premier à défaut de la seconde. Peut-être, à lire M.&amp;nbsp;Theis, aurait-il mieux mérité la gloire que le bonheur tant le personnage, sur le plan humain, paraît d'un arrivisme forcené, pour ne pas dire écoeurant.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En revanche, il se révèle à la lecture un théoricien intéressant, érudit, scrupuleux, pacifiste et ami de l'Angleterre («&amp;nbsp;lord Guizot&amp;nbsp;»), dont l'échec politique tient surtout dans la peur du peuple et l'étroitesse du socle social sur lequel reposait la monarchie bourgeoise qu'il servait.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Qui sait cependant si, dans certains de ses traits, l'élite qui la dominait n'a pas certains points communs avec l'élite d'aujourd'hui&amp;nbsp;? On en serait presque conduit alors à regretter M.&amp;nbsp;Guizot, car il est fort à craindre que si cette dernière partage son cynisme, elle ne soit loin de posséder sa culture. «&amp;nbsp;François Guizot&amp;nbsp;», Laurent Theis, Fayard, 553 pages, 27&amp;nbsp;eur. &amp;gt;&amp;gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jacques de Saint Victor, &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 09-VII-2008&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>Pascal ADAM</name>
            <uri>http://theatrummundi.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Encore un effort... (2)</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://theatrummundi.hautetfort.com/archive/2008/06/17/encore-un-effort-2.html" />
        <id>tag:theatrummundi.hautetfort.com,2008-06-17:1666858</id>
        <updated>2008-06-17T00:15:00+02:00</updated>
        <published>2008-06-17T00:15:00+02:00</published>
        <summary>        &amp;nbsp;   &amp;nbsp;     Lire la première partie.     &amp;nbsp;   &amp;nbsp;...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://theatrummundi.hautetfort.com/">
           &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://theatrummundi.hautetfort.com/media/02/02/1081254092.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1077442&quot; src=&quot;http://theatrummundi.hautetfort.com/media/02/02/1837977790.jpg&quot; alt=&quot;Encore un effort.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1077442&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://theatrummundi.hautetfort.com/archive/2008/06/16/encore-un-effort.html&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Lire la première partie.&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je ne nierai pas cependant qu’une constitution semblable ne soit infiniment préférable à celle qui, après avoir concentré tous les pouvoirs, les déposerait dans les mains d’un homme ou d’un corps irresponsable. De toutes les différentes formes que le despotisme démocratique pourrait prendre, celle-ci serait assurément la pire.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lorsque le souverain est électif ou surveillé de près par une législature réellement élective et indépendante, l’oppression qu’il fait subir aux individus est quelquefois plus grande&amp;nbsp;; mais elle est toujours moins dégradante parce que chaque citoyen, alors qu’on le gêne et qu’on le réduit à l’impuissance, peut encore se figurer qu’en obéissant il ne se soumet qu’à lui-même, et que c’est à l’une de ses volontés qu’il sacrifie toutes les autres.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je comprends également que, quand le souverain représente la nation et dépend d’elle, les forces et les droits qu’on enlève à chaque citoyen ne servent pas seulement au chef de l’Etat, mais profitent à l’Etat lui-même, et que les particuliers retirent quelque fruit du sacrifice qu’ils ont fait au public de leur indépendance.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Créer une représentation nationale dans un pays très centralisé, c’est donc diminuer le mal que l’extrême centralisation peut produire, mais ce n’est pas la détruire.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je vois bien que, de cette manière, on conserve l’intervention individuelle dans les plus importantes affaires&amp;nbsp;; mais on ne la supprime pas moins dans les petites et les particulières. L’on oublie que c’est surtout dans le détail qu’il est dangereux d’asservir les hommes. Je serais, pour ma part, porté à croire la liberté moins nécessaire dans les grandes choses que dans les moindres, si je pensais qu’on pût jamais être assuré de l’une sans posséder l’autre.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;La sujétion dans les petites affaires se manifeste tous les jours et se fait sentir indistinctement à tous les citoyens. Elle ne les désespère point&amp;nbsp;; mais elle les contrarie sans cesse et elle les porte à renoncer à l’usage de leur volonté. Elle éteint peu à peu leur esprit et énerve leur âme, tandis que l’obéissance, qui n’est due que dans un petit nombre de circonstances très graves, ne montre la servitude que de loin en loin et ne la fait peser que sur certains hommes. En vain chargerez-vous ces mêmes citoyens, que vous avez rendus si dépendants du pouvoir central, de choisir de temps à autre les représentants de ce pouvoir&amp;nbsp;; cet usage si important, mais si court et si rare, n’empêchera pas qu’ils perdent peu à peu la faculté de penser, de sentir et d’agir par eux-mêmes, et qu’ils ne tombent ainsi graduellement au-dessous du niveau de l’humanité.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;J’ajoute qu’ils deviendront bientôt incapables d’exercer le grand et unique privilège qui leur reste. Les peuples démocratiques qui ont introduit la liberté dans la sphère politique, en même temps qu’ils accroissaient le despotisme dans la sphère administrative, ont été conduits à des singularités bien étranges. Faut-il mener les petites affaires où le simple bon sens peut suffire, ils estiment que les citoyens en sont incapables&amp;nbsp;; s’agit-il du gouvernement de tout l’Etat, ils confient à ces citoyens d’immenses prérogatives&amp;nbsp;; ils en font alternativement les jouets du souverain et ses maîtres, plus que des rois et moins que des hommes. Après avoir épuisé tous les différents systèmes d’élection, sans en trouver un qui leur convienne, ils s’étonnent et cherchent encore&amp;nbsp;; comme si le mal qu’ils remarquent ne tenait pas à la constitution du pays bien plus qu’à celle du corps électoral.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il est, en effet, difficile de concevoir comment des hommes qui ont entièrement renoncé à l’habitude de se diriger eux-mêmes pourraient réussir à bien choisir ceux qui doivent les conduire&amp;nbsp;; et l’on ne fera point croire qu’un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir d’un peuple de serviteurs.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Une constitution qui serait républicaine par la tête, et ultra-monarchique dans toutes les autres parties, m’a toujours semblé un monstre éphémère. Les vices des gouvernants et l’imbécillité des gouvernés ne tarderaient pas à en amener la ruine&amp;nbsp;; et le peuple, fatigué de ses représentants et de lui-même, créerait des institutions plus libres, ou retournerait s’étendre aux pieds d’un seul maître.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://theatrummundi.hautetfort.com/media/02/02/407906630.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1077444&quot; src=&quot;http://theatrummundi.hautetfort.com/media/02/02/1790572627.jpg&quot; alt=&quot;Tocqueville.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1077444&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Fin du chapitre «&amp;nbsp;Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre&amp;nbsp;», à la fin du second volume de «&amp;nbsp;De la démocratie en Amérique&amp;nbsp;», d’Alexis de Tocqueville (1835).&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 9pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>Pascal ADAM</name>
            <uri>http://theatrummundi.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Encore un effort...</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://theatrummundi.hautetfort.com/archive/2008/06/16/encore-un-effort.html" />
        <id>tag:theatrummundi.hautetfort.com,2008-06-16:1664584</id>
        <updated>2008-06-16T00:45:00+02:00</updated>
        <published>2008-06-16T00:45:00+02:00</published>
        <summary>             &amp;nbsp;   &amp;nbsp;     Je pense donc que l’espèce d’oppression dont...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://theatrummundi.hautetfort.com/">
           &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://theatrummundi.hautetfort.com/media/02/00/1081254092.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://theatrummundi.hautetfort.com/media/02/01/1081254092.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrummundi.hautetfort.com/media/02/01/1837977790.jpg&quot; alt=&quot;Encore un effort.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1074133&quot; name=&quot;media-1074133&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je pense donc que l’espèce d’oppression dont les peuples démocratiques sont menacés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédé dans le monde&amp;nbsp;; nos contemporains ne sauraient en trouver l’image dans leurs souvenirs. Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme&amp;nbsp;; les mots anciens de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nouvelle, il faut donc tâcher de la définir, puisque je ne peux la nommer.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde&amp;nbsp;: je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres&amp;nbsp;:&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine&amp;nbsp;; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas&amp;nbsp;; il les touche et ne les sent point&amp;nbsp;; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril&amp;nbsp;; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance&amp;nbsp;; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur&amp;nbsp;; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre&amp;nbsp;; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages&amp;nbsp;; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;C’est ainsi que tous les jours, il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre-arbitre&amp;nbsp;; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses&amp;nbsp;: elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Après avoir pris ainsi tour à tour dans ses puissantes mains chaque individu, et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras sur la société tout entière&amp;nbsp;; il en couvre la surface d’un réseau de petites règles compliquées, minutieuses et uniformes, à travers lesquelles les esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se faire jour pour dépasser la foule&amp;nbsp;; il ne brise pas les volontés, mais il les amollit, les plie et les dirige&amp;nbsp;; il force rarement d’agir, mais il s’oppose sans cesse à ce qu’on agisse&amp;nbsp;; il ne détruit point, il empêche de naître&amp;nbsp;; il ne tyrannise point, il gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il hébète, et il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques-unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies&amp;nbsp;: ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de les satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs. Chaque individu souffre qu’on l’attache, parce qu’il voit que ce n’est pas un homme ni une classe, mais le peuple lui-même, qui tient le bout de la chaîne.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans ce système, les citoyens sortent un moment de la dépendance pour indiquer leur maître, et y rentrent.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il y a, de nos jours, beaucoup de gens qui s’accommodent très aisément de cette espèce de compromis entre le despotisme administratif et la souveraineté du peuple, et qui pensent avoir assez garanti la liberté des individus, quand c’est au pouvoir national qu’ils la livrent. Cela ne me suffit point. La nature du maître m’importe bien moins que l’obéissance.&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://theatrummundi.hautetfort.com/media/01/01/407906630.jpg&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1074122&quot; src=&quot;http://theatrummundi.hautetfort.com/media/01/01/1790572627.jpg&quot; alt=&quot;Tocqueville.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1074122&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;Le texte qui précède est de 1835.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;On le trouve au centre du chapitre «&amp;nbsp;Quelle espèce de despotisme les nations démocratiques ont à craindre&amp;nbsp;», à la fin du second volume de «&amp;nbsp;De la démocratie en Amérique&amp;nbsp;», d’Alexis de Tocqueville.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-justify: inter-ideograph; margin: 0cm 3.6pt 0pt 0cm; text-indent: 9pt; text-align: justify; tab-stops: 35.4pt&quot; class=&quot;MsoHeader&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot; face=&quot;Times New Roman&quot;&gt;L'illustration en tête du billet provient du blog &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://policedumondeparodique.blogspot.com/&quot;&gt;Police du monde parodique&lt;/a&gt;.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; 
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>L'Hérétique</name>
            <uri>http://heresie.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Démocratie en Amérique : qualité des dirigeants</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/06/06/democratie-en-amerique-qualite-des-dirigeants.html" />
        <id>tag:heresie.hautetfort.com,2008-06-07:1651065</id>
        <updated>2008-06-07T12:00:00+02:00</updated>
        <published>2008-06-07T12:00:00+02:00</published>
        <summary>  J'en suis au chapitre V de la seconde partie, paragraphe 2 de &quot;  De la...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://heresie.hautetfort.com/">
           &lt;p&gt;J'en suis au chapitre V de la seconde partie, paragraphe 2 de &quot;&lt;u&gt;&lt;b&gt;De la démocratie en Amérique&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&quot; de Tocqueville. Poursuivant ma lecture, j'en suis donc venu aux considérations de Tocqueville quant aux effets du suffrage universel sur la qualité des élus. Cela vaut son pesant d'or, et cela rejoint certaines analyses exprimées par Schumpeter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;font color=&quot;#003366&quot;&gt;Bien des gens, en Europe, croient sans le dire, ou disent sans le croire, qu'un des grands avantages du vote universel est d'appeler à la direction des affaires des hom­mes dignes de la confiance publique. Le peuple ne saurait gouverner lui-même, dit-on, mais il veut toujours sincèrement le bien de l'État, et son instinct ne manque guère de lui désigner ceux qu'un même désir anime et qui sont les plus capables de tenir en main le pouvoir.&lt;br /&gt; [...]&lt;br /&gt; Tandis que les instincts naturels de la démocratie portent le peuple à écarter les hommes distingués du pouvoir, un instinct non moins fort porte ceux-ci à s'éloigner de la carrière politique, où il leur est si difficile de rester complètement eux-mêmes et de marcher sans s'avilir.&lt;br /&gt; [...]&lt;br /&gt; Il m'est démontré que ceux qui regardent le vote universel comme une garantie de la bonté des choix se font une illusion complète. Le vote universel a d'autres avan­tages, mais non celui-là.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Lorsque de grands périls menacent l'État, on voit souvent le peuple choisir avec bonheur les citoyens les plus propres à le sauver.&lt;br /&gt; [...]&lt;br /&gt; On a remarqué que l'homme dans un danger pressant restait rarement à son niveau habituel; il s'élève bien au-dessus, ou tombe au-dessous. Ainsi arrive-t-il aux peuples eux-mêmes. Les périls extrêmes, au lieu d'élever une nation, achèvent quelquefois de l'abattre;[...] Mais il est plus commun de voir, chez les nations comme chez les hommes, les vertus extraordinaires naître de l'imminence même des dangers. Les grands caractères pa­rais­sent alors en relief comme ces monuments que cachait l'obscurité de la nuit, et qu'on voit se dessiner tout à coup à la lueur d'un incendie. Le génie ne dédaigne plus de se reproduire de lui-même, et le peuple, frappé de ses propres périls, oublie pour un temps ses passions envieuses. Il n'est pas rare de voir alors sortir de l'urne élec­torale des noms célèbres&lt;/font&gt; .&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Intéressant. En même temps, Tocqueville admet volontiers que le peuple cherche de bonne foi le bien commun. Je livre cette explication de sa part, très fine et très juste :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#FF6600&quot;&gt;J'admettrai sans peine que la masse des citoyens veut très sincèrement le bien du pays; je vais même plus loin, et je dis que les classes infé­rieures de la société me semblent mêler, en général, à ce désir moins de combinaisons d'intérêt personnel que les classes élevées; mais ce qui leur manque toujours, plus ou moins, C'est l'art de juger des moyens tout en voulant sincèrement la fin. Quelle longue étude, que de notions diverses sont nécessaires pour se faire une idée exacte du caractère d'un seul homme! Les plus grands génies s'y égarent, et la multitude y réussirait! Le peuple ne trouve jamais le temps et les moyens de se livrer à ce travail. &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;Il lui faut toujours juger à la hâte et s'attacher au plus saillant des objets&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;. De là vient que &lt;u&gt;les charlatans de tous genres savent si bien le secret de lui plaire, tandis que, le plus souvent, ses véritables amis y échouent&lt;/u&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Moi je trouve que cela résume assez bien un vécu récent pour moi... Quelle intuition, ce Tocqueville : j'imagine sa tête et son choix, s'il avait eu à voter en 2007 en France, avec Sarkozy et Royal d'un côté, et Bayrou de l'autre...Nul doute sur le choix qu'il aurait fait alors...&lt;/p&gt; &amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>L'Hérétique</name>
            <uri>http://heresie.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Conseil de Tocqueville à Sarkozy sur la presse</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/05/22/conseil-de-tocqueville-a-sarkozy-sur-la-presse.html" />
        <id>tag:heresie.hautetfort.com,2008-05-22:1628156</id>
        <updated>2008-05-22T17:22:00+02:00</updated>
        <published>2008-05-22T17:22:00+02:00</published>
        <summary>  Je continue à lire De la Démocratie en Amérique, et, dans le chapitre III...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://heresie.hautetfort.com/">
           &lt;p&gt;Je continue à lire De la Démocratie en Amérique, et, dans le chapitre III de la partie II du Tome I, j'ai trouvé en introduction quelques réflexions de bon sens sur la liberté de la presse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;J'avoue que je ne porte point à la liberté de la presse cet amour com­plet et instan­tané qu'on accorde aux choses souverainement bonnes de leur nature. Je l'aime par la considération des maux qu'elle empêche bien plus que pour les biens qu'elle fait&lt;/font&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci me fait penser à l'attitude du Nouvel Observateur que dénonce à très juste titre Jean Quatremer. Cet hebdomadaire qui se prétend respectable, a inventé de toutes pièces &lt;a href=&quot;http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2008/05/sarkozy-le-nouv.html&quot;&gt;les paroles qu'aurait prononcé Nicolas Sarkozy&lt;/a&gt; devant des journalistes en off. Ces journalistes sont des imbéciles. Le TSS (ndlr : tout sauf Sarkozy), outre qu'il a montré ses limites lors de l'élection présidentielle, est une imposture et une malhonnêteté&amp;nbsp; intellectuelle. Quand elle se double de mensonges les plus éhontés, elle devient insupportable. Cela anéantit toute forme de débat, et je pense , par exemple, que c'est le genre de choses qui ont poussé un Eric Besson à franchir le Rubicond.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;Il suit dans les écrits de Tocqueville quelques observations loin d'être inintéressantes :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;Si quelqu'un me montrait, entre l'indépendance complète et l'asservissement entier de la pensée, une position intermédiaire où je pusse espérer me tenir, je m'y établirais peut-être; mais qui découvrira cette position intermédiaire&amp;nbsp;?&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je crois que Tocqueville a bien cerné le problème, et c'est pour cela que l'on doit supporter les torchons au milieu des revues sérieuses, parce que, malheureusement, il n'existe pas de position intermédiaire pour la liberté de la presse.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;Vous partez de la licence de la presse et vous marchez dans l'ordre: que faites-vous&amp;nbsp;? vous soumettez d'abord les écrivains aux jurés; mais les jurés acquittent, et ce qui n'était que l'opinion d'un homme isolé devient l'opinion du pays. Vous avez donc fait trop et trop peu; il faut encore marcher. Vous livrez les auteurs à des magistrats permanents; mais les juges sont obligés d'entendre avant que de condamner; ce qu'on eût craint d'avouer dans le livre, on le proclame impunément dans le plaidoyer; ce qu'on eût dit obscurément dans un récit se trouve ainsi répété dans mille autres. L'expression est la forme extérieure et, si je puis m'exprimer ainsi, le corps de la pensée, mais elle n'est pas la pensée elle-même. Vos tribunaux arrêtent le corps, mais l'âme leur échappe et glisse subtilement entre leurs mains. Vous avez donc fait trop et trop peu; il faut continuer à marcher. Vous abandonnez enfin les écrivains à des censeurs; fort bien! nous appro­chons. Mais la tribune politique n'est-elle pas libre&amp;nbsp;? Vous n'avez donc encore rien fait; je me trompe, vous avez accru le mal. Prendriez-vous, par hasard, la pensée pour une de ces puissances matérielles qui s'accroissent par le nombre de leurs agents&amp;nbsp;? Compterez-vous les écrivains comme les soldats d'une armée&amp;nbsp;? Au rebours de toutes les puissances matérielles, le pouvoir de la pensée s'augmente souvent par le petit nombre même de ceux qui l'expriment. La parole d'un homme puissant, qui pénètre seule au milieu des passions d'une assemblée muette, a plus de pouvoir que les cris confus de mille orateurs; et pour peu qu'on puisse parler librement dans un seul lieu public, C'est comme si on parlait publiquement dans chaque village. Il vous faut donc détruire la liberté de parler comme celle d'écrire; cette fois, vous voici dans le port: chacun se tait. Mais où êtes-vous arrivé&amp;nbsp;? Vous étiez parti des abus de la liberté, et je vous retrouve sous les pieds d'un despote&lt;/font&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est un cheminement imparable. On obtient souvent l'inverse de ce que l'on voulait à l'origine. Il est très difficile de légiférer en la matière, et, on marche à chaque fois sur des oeufs. J'aime beaucoup la conclusion de cette introduction :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;Vous avez été de l'extrême indépendance à l'extrême servitude, sans rencontrer, sur un si long espace, un seul lieu où vous puissiez vous poser&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;On trouve encore ceci , plus loin :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;Dans un pays ou règne ostensiblement le dogme de la souveraineté du peuple, la censure n'est pas seulement un danger, mais encore une grande absurdité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Lorsqu'on accorde à chacun un droit à gouverner la société, il faut bien lui recon­naître la capacité de choisir entre les différentes opinions qui agitent ses contempo­rains, et d'apprécier les différents faits dont la connaissance peut le guider&lt;/font&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je crois que le mieux, c'est de lire le chapitre concerné, car il est édifiant.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>L'Hérétique</name>
            <uri>http://heresie.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>MoDem, Tocqueville trace la voie...</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/05/12/modem-tocqueville-trace-la-voie.html" />
        <id>tag:heresie.hautetfort.com,2008-05-14:1612850</id>
        <updated>2008-05-14T13:00:00+02:00</updated>
        <published>2008-05-14T13:00:00+02:00</published>
        <summary>   J'en suis désormais au chapitre II de a deuxième partie du Tome I de &quot;De...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://heresie.hautetfort.com/">
           &lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#FF6600&quot;&gt;J'en suis désormais au chapitre II de a deuxième partie du Tome I de &quot;De la démocratie en Amérique&quot; de Tocqueville. Il y aborde le fonctionnement des partis, et fait quelques réflexions sur ce qui fait leur grandeur ou leur petitesse...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;« Il arrive des époques où les nations se sentent tourmentées de maux si grands, que l’idée d’un changement total dans leur Constitution politique se présente à leur pensée. &lt;b&gt;Il y en a d’autres où le malaise est plus profond encore, et où l’état social lui-même est compromis&lt;/b&gt;. &lt;u&gt;C’est le temps des grandes révolutions et des grands partis&lt;/u&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Entre ces siècles de désordres et de misères, il s’en rencontre d’autres où les socié­tés se reposent et où la race humaine semble reprendre haleine. Ce n’est encore là, à vrai dire, qu’une apparence ; le temps ne suspend pas plus sa marche pour les peu­ples que pour les hommes ; les uns et les autres s’avancent chaque jour vers un avenir qu’ils ignorent ; et lorsque nous les croyons stationnaires, C’est que leurs mouvements nous échappent. Ce sont des gens qui marchent ; ils paraissent immobiles a ceux qui courent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quoi qu’il en soit, &lt;b&gt;il arrive des époques où les changements qui s’opèrent dans la Constitution politique et l’état social des peuples sont si lents et si insensibles que les hommes pensent être arrivés à un état final&lt;/b&gt; ; &lt;u&gt;&lt;b&gt;l’esprit humain se croit alors fermement assis sur certaines bases et ne porte pas ses regards au-delà d’un certain horizon&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;.&lt;br /&gt; &lt;u&gt;&lt;br /&gt; C’est le temps des intrigues et des petits partis&lt;/u&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce que j’appelle les &lt;b&gt;grands partis politiques sont ceux qui s’attachent aux principes plus qu’à leurs conséquences&lt;/b&gt; ; aux généralités et non aux cas particuliers ; aux idées et non aux hommes. Ces partis ont, en général, des traits plus nobles, des passions plus généreuses, des convictions plus réelles, une allure plus franche et plus hardie que les autres. L’intérêt particulier, qui joue toujours le plus grand rôle dans les passions politiques, se cache ici plus habilement sous le voile de l’intérêt public ; il parvient même quelquefois à se dérober aux regards de ceux qu’il anime et fait agir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Les petits partis, au contraire, sont en général sans foi politique&lt;/b&gt;. Comme ils ne se sentent pas élevés et soutenus par de grands objets, leur caractère est empreint d’un égoïsme qui se produit ostensiblement à chacun de leurs actes. Ils s’échauffent tou­jours à froid ; leur langage est violent, mais leur marche est timide et incertaine. &lt;b&gt;Les moyens qu’ils emploient sont misérables comme le but même qu’ils se proposent&lt;/b&gt;. De là vient que quand un temps de calme succède à une révolution violente, les grands hommes semblent disparaître tout à coup et les âmes se renfermer en elles-mêmes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Les grands partis bouleversent la société, les petits l’agitent&lt;/b&gt; ; les uns la déchirent et les autres la dépravent ; les premiers la sauvent quelquefois en l’ébran­lant, les seconds la troublent toujours sans profit. »&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#FF6600&quot;&gt;Il y a tellement de grandeur dans le propos de Tocqueville, que je ne vois rien d'autre à ajouter, et pas de commentaire supplémentaire à faire.&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; 
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>L'Hérétique</name>
            <uri>http://heresie.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Tocqueville évoquant un président...</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/05/06/tocqueville-evoquant-un-president.html" />
        <id>tag:heresie.hautetfort.com,2008-05-07:1606377</id>
        <updated>2008-05-07T07:49:00+02:00</updated>
        <published>2008-05-07T07:49:00+02:00</published>
        <summary>  Tiens...un passage fort intéressant de la Démocratie en Amérique de...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://heresie.hautetfort.com/">
           &lt;p&gt;Tiens...un passage fort intéressant de la Démocratie en Amérique de Tocqueville. Il plaide en fait contre les mandats présidentiels renouvelables en Amérique et expose ses arguments, paragraphe 13, chapitre VIII , Crise de l'élection...&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;« De son côté, le Président est absorbé par le soin de se défendre. Il ne gouverne plus dans l'intérêt de l'État, mais dans celui de sa réélection; il se prosterne devant la majorité, et souvent, au lieu de résister à ses passions, comme son devoir l'y oblige, il court au-devant de ses caprices.&lt;br /&gt; À mesure que l'élection approche, les intrigues deviennent plus actives, l'agitation plus vive et plus répandue. Les citoyens se divisent en plusieurs camps, dont chacun prend le nom de son candidat. La nation entière tombe dans un état fébrile, l'élection est alors le texte journalier des papiers publics, le sujet des conversations particulières, le but de toutes les démarches, l'objet de toutes les pensées, le seul intérêt du présent. »&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un an après l'élection de Nicolas Sarkozy, cela ne vous rappelle pas des choses, à vous ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais moi, ce que je trouve particulièrement perspicace, c'est l'avertissement ci-dessous au paragraphe 14 du chapitre VIII sur la réélection du président :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;« L'intrigue et la corruption sont des vices naturels aux gouvernements électifs. Mais lorsque le chef de l'État peut être réélu, ces vices s'étendent indéfiniment et compromettent l'existence même du pays. Quand un simple candidat veut parvenir par l'intrigue, ses manœuvres ne sauraient s'exercer que sur un espace circonscrit. Lorsque, au contraire, le chef de l'État lui-même se met sur les rangs, il emprunte pour son propre usage la force du gouvernement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans le premier cas, C'est un homme avec ses faibles moyens; dans le second, C'est l'État lui-même, avec ses immenses ressources, qui intrigue et qui corrompt.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le simple citoyen qui emploie des manœuvres coupables pour parvenir au pouvoir, ne peut nuire que d'une manière indirecte à la prospérité publique; mais si le représentant de la puissance exécutive descend dans la lice, le soin du gouvernement devient pour lui l'intérêt secondaire; l'intérêt principal est son élection. Les négociations, comme les lois, ne sont plus pour lui que des combinaisons électorales; les places deviennent la récompense des services rendus, non à la nation, mais à son chef Alors même que l'action du gouvernement ne serait pas toujours contraire à l'intérêt du pays, du moins elle ne lui sert plus. Cependant C'est pour son usage seul qu'elle est faite. »&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voilà, c'est&amp;nbsp; fort instructif, et j'ajoute, malheureusement, que la volonté permanente de conserver de manière exclusive le pouvoir entraîne en effet tous les dérapages. Les Américains ont limité les mandats à deux. Les Romains, sagement, interdisaient à tout élu, a fortiori les consuls, de se représenter à la mandature suivante. Il leur fallait attendre un an (on était élu pour une seule année) pour pouvoir se représenter. Cela n'empêchait pas les intrigues, mais cela limitait les tentations de s'emparer du pouvoir à des fins personnelles, même si cela finit par se produire au bout de 500 ans de régime républicain.&lt;/p&gt; 
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>JANISSAIRE</name>
            <uri>http://janissaire.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Tocqueville (1805-1859)</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://janissaire.hautetfort.com/archive/2008/05/03/tocqueville-1805-1859.html" />
        <id>tag:janissaire.hautetfort.com,2008-05-03:1601931</id>
        <updated>2008-05-03T23:05:22+02:00</updated>
        <published>2008-05-03T23:05:22+02:00</published>
        <summary>    &amp;nbsp;   Charles Alexis Clérel de Tocqueville (1805-1859) s'est fait une...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://janissaire.hautetfort.com/">
           &lt;img src=&quot;http://www.denistouret.fr/ideologues/tocqueville.jpg&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;112&quot; width=&quot;92&quot; /&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;b&gt;Charles Alexis Clérel de Tocqueville (1805-1859) s'est fait une réputation mondiale en se toquant des Etats-Unis d'Amérique.&lt;br /&gt; Son séjour aux &lt;i&gt;stats&lt;/i&gt; fut pour lui un tel choc (§ 1 - La vie et l'oeuvre) que sa sociologie politique (&lt;a href=&quot;http://www.denistouret.fr/ideologues/Tocqueville.html#%C2%A72&quot;&gt;§ 2&lt;/a&gt;) en fut totalement influencée.&lt;/b&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;§ 1 - La vie et l'oeuvre&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Alexis de Tocqueville est né à Paris le 29 juillet 1805. Il est le troisième fils d'Hervé de Tocqueville qui appartient à la plus ancienne noblesse normande. Sa mère est la petite-fille de Malesherbes, l'avocat de Louis XVI.&lt;br /&gt; Ses parents ont été emprisonnés sous la Terreur et sauvés de 1'échafaux par le 9 Thermidor.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tocqueville fait ses études de droit à Paris et est nommé, en 1827, juge-auditeur à Versailles où son père est Préfet de la Seine et Oise.&lt;br /&gt; De mai 1831 à février 1832, Tocqueville et son ami Gustave de Beaumont se rendent aux Etats-Unis d'Amérique et au Québec, pour étudier le système pénitentiaire, envoyés en mission, sur leur demande, par le ministre de l'Intérieur. Le rapport des deux amis, sous forme d'ouvrage, est publié en 1833 : &quot;&lt;i&gt;Du système pénitentiaire aux Etats-Unis et de son application en France&lt;/i&gt;&quot;.&lt;br /&gt; En 1835 paraissent les tomes I et II de &quot;&lt;i&gt;De la Démocratie en Amérique&lt;/i&gt;&quot; qui obtient un tel succès que son auteur est élu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques en 1838.&lt;br /&gt; En 1839 il est élu (par ses paysans) député dans la circonscription normande de Vologne, où se trouve le chateau de Tocqueville, et il y sera constamment réélu jusqu'en 1851.&lt;br /&gt; En 1840 paraissent les tomes III et IV de &quot;&lt;i&gt;De la Démocratie en Amérique&lt;/i&gt;&quot; pour lesquels l'accueil est plus réservé, ce qui n'empêche nullement Tocqueville d'être élu à l'Académie Française en 1841.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Le 2 juin 1849 il devient Ministre des Affaires Etrangères de la IIème République présidée par Louis Napoléon Bonaparte. Son chef de Cabinet est le fameux comte Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882) qui passera pour être le fondateur du racisme à la française, et qui est l'auteur de l'ouvrage sulfureux &quot;&lt;i&gt;De l'inégalité des races humaines&lt;/i&gt;&quot; (1853-1855). Il doit démissionner le 30 octobre.&lt;br /&gt; Après le coup d'Etat du 2 décembre 1851, il se retire de la vie politique.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;En 1856 il publie la 1ère partie de &quot;&lt;i&gt;L'Ancien Régime et la Révolution&lt;/i&gt;&quot;.&lt;br /&gt; Il décède le 16 avril 1859 à Cannes.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Ses &quot;&lt;i&gt;Souvenirs&lt;/i&gt;&quot; ainsi que sa correspondance, ses relations de voyages, ses écrits et discours politiques, seront publiés après sa mort.&lt;br /&gt; Les oeuvres complètes en 27 volumes sont publiées chez Gallimard.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;a name=&quot;§2&quot;&gt;&lt;/a&gt;§ 2 - La sociologie politique d'Alexis de Tocqueville : des conditions d'une démocratie libérale&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Pour Tocqueville, la démocratie c'est l'égalisation des conditions, l'égalisation sociale des conditions, puisqu'il serait absurde de vouloir l'égalisation intellectuelle et impossible de réaliser l'égalisation économique.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;L'égalité sociale signifie qu'il ne peut y avoir de différence héréditaire de conditions, que toutes les fonctions et professions, tous les honneurs et toutes les dignités sont accessibles à tous. Elle signifie également une nette tendance à l'uniformisation des niveaux et des modes de vie.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;La conséquence de l'égalisation des conditions c'est que la souveraineté appartient à tous.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;L'objectif de la démocratie ne peut-être que le bonheur du plus grand nombre.&lt;br /&gt; Le danger d'un tel système c'est l'égalitarisme, c'est pourquoi il convient de veiller à ce que la liberté de tous soit assurée. Elle ne peut l'être si le pouvoir est arbitraire et donc, comme il convient de se méfier des hommes et que le pouvoir arrête le pouvoir, il faut qu'il y ait pluralité de centres de décision, d'organes politiques et administratifs, qui s'équilibrent entre eux.&lt;br /&gt; Mais il faut encore davantage, et c'est dans la &lt;i&gt;Démocratie en Amérique&lt;/i&gt; que Tocqueville énumère les causes qui rendent une démocratie libérale et dans &lt;i&gt;l'Ancien régime et la Révolution&lt;/i&gt; qu'il s'interroge sur la democratie française.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Si l'Amérique est une démocratie libérale, cela tient à trois sortes de causes : la situation géographique et socio-politique, les lois, les habitudes sociales.&lt;br /&gt; Les immigrants venus d'Europe sont des puritains, d'un haut sens moral, attachés à l'égalité et à la liberté, pourvus de tout l'équipement technique d'une civilisation développée, qui s'établissent sur un espace démesuré, qui n'est faiblement peuplé que par des chasseurs historiquement dépassés, culturel1ement attardés, sur un territoire qui n'est menacé par aucun Etat ennemi voisin redoutable. La terre est tellement abondante qu'aucune aristocratie terrienne ne se constitue, dont la formation est la conséquence des rivalités caussés par la rareté du sol.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Mais ces conditions géographiques et historiques ne sont que des circonntances favorables, les causes véritables de la liberté sont de bonnes lois et mieux encore les excellentes habitudes sociales et notamment religieuses des américains.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tocqueville pense que la constitution fédérale permet de combiner les avantages des grands et des petits Etats. La Fédération est assez forte pour assurer sa sécurité et l'Etat fédéré est assez petit pour que la législation interne soit adaptée aux besoins de la population.&lt;br /&gt; La décentralisation administrative permet aux citoyens de s'intéresser aux affaires locales. D'autre part, la Constitution prévoit la séparation du législatif en deux chambres, l'existence d'une présidence de la République faible mais relativement indépendante des pressions politiques. Le pluralisme des partis existe, partis pragmatiques, moins animés par des contradictions idéologiques que par la défense d'intérêts économiques et sociaux.&lt;br /&gt; Tocqueville constate que le droit est respecté, considéré qu'il est par l'ensemble du corps social comme étant la sauvegarde des libertés de tous. La liberté d'association, non seulement existe mais est utili sée d'une manière qui permet aux volontés privées d'intervenir dans tous les donainen et avec efficacité.&lt;br /&gt; Enfin, la liberté de la presse, qui est totale, présente toutes sortes d'inconvénionts, mais permet à l'opinion publique d'être en prise directe avec le politique et d'éviter ainsi que le peuple ne soit spolié de sa souveraineté.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Tout cela est important, mais ce qui est fondamental c'est l'esprit de la liberté. Si la liberté a pour conditions les moeurs et les croyances humaines, et en particulier l'esprit de religion, la société américaine est libre parce qu'elle est religieuse : &quot;&lt;i&gt;La liberté voit dnns la religion la compagne de ses luttes et de ses triomphes, le berceau de son enfance, la source divine de ses droits. Elle considère la religion comme la sauvegarde des moeurs ; les moeurs comme la garantie des lois et le gage de sa propre durée&lt;/i&gt;&quot; (&lt;i&gt;De la Démocratie en Amérique&lt;/i&gt;, Tome I, 1er vol., Gallimard, p. 42-43 .&lt;br /&gt; Une société égalitaire ne peut être libre que si les citoyens acceptent volontairement de se discipliner et non par peur du châtiment. C'est la religion qui permet le mieux de créer la discipline morale nécessaire.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;La France n'est pas l'Amérique. Dans &lt;i&gt;l'Ancien Régime et la Révolution&lt;/i&gt; Tocqueville s'interroge sur les causes de la chute de l'Ancien Régime mais aussi sur la difficulté que rencontre la France à faire fonctionner une démocratie qui soit une démocratie libérale.&lt;br /&gt; L'une des causes de la chute de l'Ancien Régime est la centralisation et l'uniformité administrative.&lt;br /&gt; Mais également le fait que Paris, dès avant la fin du XVIIIème siècle, est non seulement une ville d'affaires et de plaisir, mais aussi une ville de manufactures avec de nonbrcux ouvriers.&lt;br /&gt; Or si les hommes placés au-dessus du peuple se ressemblent en ce qu'ils ont la même culture et les mêmes habitudes sociales, ils n'ont pas les mêmes droits.&lt;br /&gt; La haute société s'uniformise, mais les membres de cette haute société sont séparés par l'existence de privilèges juridiques qui ne se justifient plus, et leurs conception sur le mode de gouvernement divergent.&lt;br /&gt; Autrement dit, la société est en avance sur l'Etat. La société est démocrate, l'Etat est conservateur. C'est la résistance d'institutions politiques dépassées au mouvement démocratique de la société qui provoquera l'explosion révolutionnaire - à une époque où les choses vont plutôt mieux que plus mal (à ce sujet fort intéressant, lire le &quot;&lt;i&gt;Journal d'Aimée de Coigny, la Jeune Captive&lt;/i&gt;&quot;, Librairie Académique Perrin, Paris, 1981).&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Mais la cause principale de la révolution c'est l'irreligion foncière qui s'est répandue dans la partie démocratique de la nation, anticléricale et franc-maçonne.&lt;br /&gt; C'est encore l'irréligion qui est la cause principale des difficultés que rencontre la démocratie en France. L'esprit de liberté étant faible il faut que l'Etat soit fort, donc centralisé. Or la centralisation, le despotisme administratif, l'uniformité, sont les adversaires de la liberté.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; http://www.denistouret.fr/ideologues/Tocqueville.html 
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>L'Hérétique</name>
            <uri>http://heresie.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Démocratie en Amérique : la centralisation</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/04/23/democratie-en-amerique-la-centralisation.html" />
        <id>tag:heresie.hautetfort.com,2008-04-23:1587176</id>
        <updated>2008-04-23T07:00:00+02:00</updated>
        <published>2008-04-23T07:00:00+02:00</published>
        <summary>  Je poursuis assez tranquillement ma lecture du Premier Tome de La...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://heresie.hautetfort.com/">
           &lt;p&gt;Je poursuis assez tranquillement ma lecture du Premier Tome de La Démocratie en Amérique, de Tocqueville, et je suis récemment tombé, au chapitre 5, 12ème sous-chapitre, sur un commentaire des plus modernes sur la centralisation :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;La centralisation est un mot que l'on répète sans cesse de nos jours, et dont per­son­ne, en général, ne cherche à préciser le sens.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il existe cependant deux espèces de centralisation très distinctes, et qu'il importe de bien connaître.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Certains intérêts sont communs à toutes les parties de la nation, tels que la forma­tion des lois générales et les rapports du peuple avec les étrangers.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; D'autres intérêts sont spéciaux à certaines parties de la nation, tels, par exemple, que les entreprises communales.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Concentrer dans un même lieu ou dans une même main le pouvoir de diriger les premiers, c'est fonder ce que j'appellerai la centralisation gouvernementale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Concentrer de la même manière le pouvoir de diriger les seconds, c'est fonder ce que je nommerai la centralisation administrative.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il est des points sur lesquels ces deux espèces de centralisation viennent à se con­fondre. Mais en prenant, dans leur ensemble, les objets qui tombent plus particu­liè­rement dans le domaine de chacune d'elles, on parvient aisément à les distinguer.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; On comprend que la centralisation gouvernementale acquiert une force im­men­se quand elle se joint à la centralisation administrative. De cette manière elle habitue les hommes à faire abstraction complète et continuelle de leur volonté; à obéir, non pas une fois et sur un point, mais en tout et tous les jours. Non seulement alors elle les dompte par la force, mais encore elle les prend par leurs habitudes; elle les isole et les saisit ensuite un à un dans la masse commune.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ces deux espèces de centralisation se prêtent un mutuel secours, s'attirent l'une l'autre; mais je ne saurais croire qu'elles soient inséparables.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pense que l'on peut compléter utilement cette réflexion de Tocqueville avec &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9centralisation&quot;&gt;ce qu'en dit Wikipedia&lt;/a&gt;. Ainsi, en France, s'il me semble qu'il y a bien eu décentralisation institutionnelle et administrative, en grande partie grâce au gouvernement Raffarin, d'ailleurs, dans le domaine de la décentralisation fonctionnelle, tout reste à faire. Je me demande ce que Tocqueville aurait pensé, à cet effet, de nos &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tablissement_public&quot;&gt;établissements publics&lt;/a&gt;... Il y a un discours foncièrement hypocrite, aujourd'hui, qui consiste à les déclarer libres, tout en conservant la réalité du pouvoir sur ces derniers.En réalité, celui qui distribue la manne financière contrôle l'établissement public. Il y a matière à réflexion sur le sujet.&lt;/p&gt; 
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>jlb</name>
            <uri>http://vivrelademocratie.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>La démocratie se meurt vive l’aristocratie/caste Bling-Bling</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://vivrelademocratie.hautetfort.com/archive/2008/04/16/la-democratie-se-meurt-vive-l-aristocratie-caste-bling-bling.html" />
        <id>tag:vivrelademocratie.hautetfort.com,2008-04-16:1567522</id>
        <updated>2008-04-16T15:00:00+02:00</updated>
        <published>2008-04-16T15:00:00+02:00</published>
        <summary>javascript:;pour savoir si nous sommes en démocratie, il suffit de répondre à...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://vivrelademocratie.hautetfort.com/">
          javascript:;pour savoir si nous sommes en démocratie, il suffit de répondre à une question:javascript:;Dans une société aristocratique, ou de caste, les solidarités sont horizontale comme nous l’explique Tocqueville : Madame de Sévigné et les siens ignoraient ce que ces que souffrir quand on n’est point gentilhomme. Dans une société démocratique, les solidarités sont verticales , cela s’appelle le Contrat Social, qui fait, par exemple, que tous ont le droit à des lunettes.Tocqueville soulignait le risque de voir surgir avec le capitalisme industriel, une nouvelle aristocratie, une société de caste, comme par exemple celle de Neuilly aujourd’hui. Relisons-le donc pur en tirer profit : « [...] Mais cette aristocratie-là ne ressemble point à celles qui l'ont précédée.[...] Le manufacturier ne demande à l'ouvrier que son travail, et l'ouvrier n'attend de lui que le salaire. L'un ne s'engage point à protéger, ni l'autre à défendre, et ils ne sont liés d'une manière permanente, ni par l'habitude, ni par le devoir. L'aristocratie que fonde le négoce ne se fixe presque jamais au milieu de la population industrielle qu'elle dirige ; son but n'est point de gouverner celle-ci, mais de s'en servir.[...] L'aristocratie territoriale des siècles passés était obligée par la loi, ou se croyait obligée par les mœurs, de venir au secours de ses serviteurs et de soulager leurs misères. Mais l'aristocratie manufacturière de nos jours, après avoir appauvri et abruti les hommes dont elle se sert, les livre en temps de crise à la charité publique pour les nourrir. Ceci résulte naturellement de ce qui précède. Entre l'ouvrier et le maître, les rapports sont fréquents, mais il n'y a pas d'association véritable.Je pense qu'à tout prendre, l'aristocratie manufacturière que nous voyons s'élever sous nos yeux est une des plus dures qui aient paru sur la terre [...] c'est de ce côté que les amis de la démocratie doivent sans cesse tourner avec inquiétude leurs regards ; car, si jamais l'inégalité permanente des conditions et l'aristocratie pénètrent de nouveau dans le monde, on peut prédire qu'elles y entreront par cette porte. (De la démocratie en Amérique, II, 2e partie, ch. XX)
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>L'Hérétique</name>
            <uri>http://heresie.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Paquet fiscal et successions, ce que Tocqueville et Bayrou disent à Sarkozy</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://heresie.hautetfort.com/archive/2008/04/07/tocqueville-donne-son-avis-sur-les-successions.html" />
        <id>tag:heresie.hautetfort.com,2008-04-09:1552041</id>
        <updated>2008-04-09T13:05:00+02:00</updated>
        <published>2008-04-09T13:05:00+02:00</published>
        <summary>  Apèrs Schumpeter et Montesquieu, j'ai décidé d'attaquer un autre grand...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://heresie.hautetfort.com/">
           &lt;p&gt;Apèrs Schumpeter et Montesquieu, j'ai décidé d'attaquer un autre grand moment de la littérature démocrate, avec &lt;a href=&quot;http://classiques.uqac.ca/classiques/De_tocqueville_alexis/democratie_1/democratie_tome1.html&quot;&gt;De la démocratie en Amérique&lt;/a&gt; de Alexis de Tocqueville. En fait, j'ai d'ores et déjà entamé la lecture de l'ouvrage, et c'est le chapitre III du tome I qui a attiré mon attention. Tocqeville y traite du droit successoral, et de son lien qu'il juge intime avec la démocratie. Nicolas Sarkozy a considérablement allégé les droits de succession pour un &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Paquet_fiscal#All.C3.A8gement_des_droits_de_succession&quot;&gt;coût estimé à 2.2 milliards d'euros&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Or, si j'approuve certains aspects de cette loi (allègement de la fiscalité sur les donations, abattement important pour un conjoint suvrvivant ou une personne handicapée)&amp;nbsp; j'estime qu'il faut toutefois prendre garde quand on on modifie le droit successoral. Alexis de Tocqueville voit un lien très intime entre l'apparition de la démocratie et la modification du droit successoral en Amérique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;Mais ce fut la loi sur les successions qui fit faire à l'égalité son dernier pas.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je m'étonne que les publicistes anciens et modernes n'aient pas attribué aux lois sur les successions&amp;nbsp; une plus grande influence dans la marche des affaires humaines. Ces lois appartiennent, il est vrai, à l'ordre civil; mais elles devraient être placées en tête de toutes les institutions politiques, car elles influent incroyablement sur l'état social des peuples, dont les lois politiques ne sont que l'expression. Elles ont de plus une manière sûre et uniforme d'opérer sur la société; &lt;b&gt;elles saisissent en quelque sorte les générations avant leur naissance&lt;/b&gt;. &lt;b&gt;Par elles, l'homme est armé d'un pouvoir presque divin sur l'avenir de ses semblables&lt;/b&gt;. Le législateur&amp;nbsp;règle une fois la succession des citoyens, et il se repose pendant des siècles: le mouvement donné à son oeuvre, il peut en retirer la main; la machine agit par ses propres forces, et se dirige comme d'elle-même vers un but indiqué d'avance. &lt;b&gt;Constituée d'une certaine manière, elle réunit, elle concentre, elle groupe autour de quelques têtes la propriété, et bientôt après le pouvoir&lt;/b&gt;; elle fait jaillir en quelque sorte l'aristocratie du sol. Conduite par d'autres principes, et lancée dans une autre voie, son action est plus rapide encore; elle divise, elle partage, elle dissémine les biens et la puissance; il arrive quelquefois alors qu'on est effrayé de la rapidité de sa, marche; désespérant d'en arrêter le mouve­ment, on cherche du moins à créer devant elle des difficultés et des obstacles; on veut contre­balancer son action par des efforts contraires; soins inutiles! Elle broie, ou fait voler en éclats tout ce qui se rencontre sur son passage, elle s'élève et retombe inces­sam­­ment sur le sol, jusqu'à ce qu'il ne présente plus à la vue qu'une poussière mou­van­te et impalpable, sur laquelle s'asseoit la démocratie.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Charles Amédée de Courson, en son nom et en celui de François Bayrou, pendant la campagne présidentielle, s'était opposé à la suppression des droits de succession. Il avait notamment estimé que la dette était prioritaire, et que si l'on s'y prenait à temps, un certain nombre de dispositions (assurance-vie, par exemple) pouvaient être prises au préalable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;François Bayrou avait lui-même exposé ses vues &lt;a href=&quot;http://www.bayrou.fr/opencms/opencms/evenements/bayrou-conference-de-presse-economie-230207.html&quot;&gt;lors d'un exposé sur la sociale-économie&lt;/a&gt; le 23 février 2007 :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;Je veux ajouter un mot sur &lt;b&gt;les droits de succession&lt;/b&gt;. Je ne suis pas d'accord avec un certain nombre de choses qui ont été dites sur ce sujet. Je pense qu'il faut exonérer de droits de succession les petites successions, mais qu'il faut laisser les droits de succession sur les grosses successions, parce qu'autrement vous accumulez le capital au travers des générations et vous faites des familles de nantis et, à côté, des familles de gens qui n'ont pas cet avantage. Vous créez des distorsions de longue durée dans la société à laquelle vous appartenez et c'est un problème d'équité qui se pose au travers des générations. Le fossé devient infranchissable entre les uns et les autres. Je propose, donc, que l'on exonère complètement les successions en ligne directe jusqu'à deux cent mille euros et que l'on relève l'abattement par part d'enfant en même temps que l'on baptise un vrai encouragement ou un encouragement supplémentaire, étant donné l'allongement de la durée de la vie, à transmettre le patrimoine du vivant des personnes concernées et qu'elles détiennent.&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il me semble tout de même patent qu'il y a une parenté certaine entre ce qu'il dit et ce que dit Tocqueville, non ? En tout cas, j'abonde dans le sens de Tocqueville pour estimer que cette question est au coeur de la démocratie, et qu'il convient donc que le MoDem y prête une attention toute particulière.&lt;/p&gt; 
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>pete_sampras</name>
            <uri>http://carpediempolitique.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Financer les religions?</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://carpediempolitique.hautetfort.com/archive/2007/12/23/repenser-la-place-de-la-religion.html" />
        <id>tag:carpediempolitique.hautetfort.com,2007-12-23:1378597</id>
        <updated>2007-12-23T22:35:00+01:00</updated>
        <published>2007-12-23T22:35:00+01:00</published>
        <summary>   La religion et l’Etat. Un couple d’amour-haine qui a finalement divorcé en...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://carpediempolitique.hautetfort.com/">
          &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-736342&quot; width=&quot;83&quot; src=&quot;http://carpediempolitique.hautetfort.com/media/02/01/bdb495754856ecbcc47d08bd7cdefe55.jpg&quot; alt=&quot;ac818b92960ca39ee95d618b5ac9b232.jpg&quot; height=&quot;106&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-736342&quot; /&gt;La religion et l’Etat. Un couple d’amour-haine qui a finalement divorcé en 1905. Ce fut le 9 décembre 1905 lorsqu’un certain &lt;strong&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;Aristide Briand&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt; réussit à faire passer une loi qui mit fin à près d’un quart de siècle de bataille entre les deux France, la France catholique royaliste et la France républicaine et laïque. Cette loi toujours en vigueur édifie clairement le concept de laïcité si chère depuis à notre République. L’article&amp;nbsp;1er stipule que « &lt;em&gt;La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;» et l’article 2 venant ajouter « &lt;em&gt;La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence (...) seront supprimées des budgets de l'État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.&lt;/em&gt;». Si la séparation claire et nette entre les affaires politiques et les affaires religieuses reste aujourd’hui incontestée - et on ne peut que s’en rejouir - par son efficacité et sa légitimité absolue dans une idéologie politique rationnelle&amp;nbsp;désormais libérée du mystique et des croyances, l’article 2 peut être néanmoins critiqué voire repensé. Osons-le et voyons pourquoi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Démocratie et religion ont toujours partagé des liens extrêmement forts qui dépassent la simple dimension historique. La religion contribue à la pérennité de la démocratie. En effet, comme le soulignait déjà &lt;strong&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;Alexis de Tocqueville&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt; dans &lt;u&gt;De la Démocratie en Amérique&lt;/u&gt;, dans une société égalitaire qui veut se gouverner elle-même il y a la nécessité d’une discipline morale inscrite dans la conscience de chaque individu la composant. Il faut selon lui que les citoyens se soumettent au fond d’eux-mêmes à une discipline morale et cela passe nécessairement par la foi religieuse. Dixit Tocqueville, au sein d’une société démocratique, la religion appliquée par chaque individu libre de son culte est un vecteur d'éthique d’action et de paix civile. D’ailleurs il en conclut que&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Il est des gens en France qui voient dans la République un état permanent et tranquille, un but nécessaire vers lequel &lt;img name=&quot;media-736344&quot; width=&quot;103&quot; src=&quot;http://carpediempolitique.hautetfort.com/media/00/00/ca04eb494cf8afd65355cc567999ce2c.jpg&quot; alt=&quot;a18bb19f5f13c3f8c3bc38f9986cb491.jpg&quot; height=&quot;123&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; width: 103px; height: 123px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-736344&quot; /&gt;les idées et les moeurs entrainent chaque jour les sociétés modernes, et qui voudraient sincèrement aider les hommes à être libres. Quand ils attaquent les croyances religieuses, ils suivent leurs passions et non leurs intérêts. C’est le despotisme qui peut se passer de la foi, mais non la liberté. La religion est beaucoup plus nécessaire dans la République qu’ils préconisent que dans la monarchie qu’ils attaquent, et dans les républiques démocratiques que dans toutes les autres.&lt;/em&gt;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Il va de soi qu’il ne faut en aucune façon remettre en cause l’article 1er, mais en revanche si la religion est aussi positivement liée à la structure et au fonctionnement de la démocratie, il est tout à fait légitime de se reposer la question du financement des cultes et de leurs acteurs en France. En assumant sans lourdeur que la religion - quelle qu’elle soit - est bénéfique à l’équilibre démocratique il faut par conséquent encourager cet apport si précieux et aller plus loin. &lt;strong&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;Nicolas Sarkozy&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt; dans &lt;u&gt;La République, les religions, l’esperance&lt;/u&gt; écrit&amp;nbsp;d’ailleurs: «&amp;nbsp;&lt;em&gt;Admettons sans hypocrisie qu’il y a une contradiction entre la volonté de reconnaître les religions comme un facteur positif dans la société et celle de les extraire des influences étrangères tout en leur interdisant toute forme de financement public et en prétendant les traiter à égalité.&lt;/em&gt;». Il y a en effet dans ce sens beaucoup à faire en ce qui concerne par exemple la formation des ministres du &lt;img name=&quot;media-736352&quot; src=&quot;http://carpediempolitique.hautetfort.com/media/01/00/5293555133294cd78f34513fa1fe92ee.jpg&quot; alt=&quot;51802393f876e61c3d045b88233ff99b.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-736352&quot; /&gt;culte&amp;nbsp;- prêtres, imams, rabbins, pasteurs etc. - qui sont&amp;nbsp; en interaction permanente avec leur croyants. Aujourd’hui leur salaire est par exemple estimé être à un niveau inférieur au SMIC ce qui est injuste. Mais plus qu’un impératif de rémunération, c’est la direction future que l’on veut donner à notre société qui est en question. Car former les ministres du culte au travers d’une aide de l’Etat c’est aussi barrer la route aux influences radicales comme celles des extrémistes religieux qui cherchent par tous les moyens à imposer leur vision. Leur lecture des écrits est souvent contraire à la pratique et à l’esprit de la République. Il faut tout faire pour éviter une dérive et un endoctrinement dangereux - notamment des plus jeunes -&amp;nbsp;et contraire à la République mais aussi aux principes fondamentaux même des religions en questions.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Pourquoi donc ne pas tenter d’éviter ces influences nocives en prenant le soin de former les ministres du culte dans le respect des principes de notre République et bien sûr de leurs religions. Il y a véritablement du travail dans ce domaine. Sans remettre en cause l’idée et le fondement de la loi de 1905, on peut se demander si un financement des cultes ne serait pas avantageux pour tout le monde, la société démocratique et les religions. Le financement des cultes serait un moyen d’avouer et d’assumer le caractère structurant des religions pour la société démocratique et plus important, cela serait le chemin le plus sûr pour faire face à la radicalisation religieuse&amp;nbsp;- phénomène malheureusement de plus en plus d’actualité dans toutes les religions - qui pourrait à terme poser davantage de problèmes au sein de la société et au péril de l’idéal démocratique. Sans remettre la laïcité en questions, osons poser la question.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span xml:lang=&quot;FR&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;strong&gt;MSB&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>pierrec</name>
            <uri>http://pierrecatalan.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Plus Belle la Vie en politique.</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://pierrecatalan.hautetfort.com/archive/2007/12/17/plus-belle-la-vie-en-politique.html" />
        <id>tag:pierrecatalan.hautetfort.com,2007-12-17:1370006</id>
        <updated>2007-12-17T21:20:00+01:00</updated>
        <published>2007-12-17T21:20:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;Je me demande si Bayrou ne va pas finir par gagner avec son thème...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://pierrecatalan.hautetfort.com/">
          &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Je me demande si Bayrou ne va pas finir par gagner avec son thème récurrent de la moralisation de la vie politique. Si les Français ne vont pas en avoir marre de cette politique par le pathos, donnée aussi bien du côté de Royal (&lt;i&gt;ma plus belle histoire c'est vous&lt;/i&gt;) que de celui du gouvernement et de notre président. Ce serait rassurant, en tout cas.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Pendant la campagne, Nicolas Sarkozy voulait, disait-il, &quot;remettre la politique dans le quotidien des Français&quot;. Il y avait deux méthodes: utiliser la politique pour créer le débat, encourager la société civile, l'engagement. Ou bien coller au quotidien le plus flasque et le plus médiocre d'une majorité de Français, et présenter la politique sous les auspices de ce jour nouveau.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Et donc cette nouvelle façon de faire de la politique, entre &lt;i&gt;Dallas&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Amour, Gloire de Beauté&lt;/i&gt;. En son temps, le Vrai Journal de Karl Zero avait créé une fausse série appelée &lt;i&gt;Amour, gloire et débats d'idées&lt;/i&gt;. Nous étions en 2002. Aujourd'hui, on a même abandonné le débat d'idées. Observons la méthode (quand &lt;a href=&quot;http://crisedanslesmedias.hautetfort.com/archive/2007/12/17/controler-l-agenda-secret-de-l-omnipresence-mediatique.html&quot;&gt;Eric parle du contrôle de l'agenda&lt;/a&gt;): une grosse réforme ou un gros rendez-vous castagne et politique se prépare. Carte judiciaire ou grève contre la réforme des régimes spéciaux.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Immédiatement, une certaine presse alimente une rumeur, bientôt relayée, parfois même devancée, par des magazines et journaux sérieux comme l'Express (il paraît que les ventes sont en baisse constante: pourquoi la démagogie ne serait-elle que le fait des politiques?). Quand ce n'est pas une rumeur, un peu de people pur et dur, comme un dimanche entier chez Drucker pour la petite fille aux allumettes du gouvernement, Rachida Dati, permet de détourner l'attention.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://pierrecatalan.hautetfort.com/media/00/01/ca53e64578504e8b85e939513e67341c.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://pierrecatalan.hautetfort.com/media/00/01/d9a1f56e2dfa81abfaf51d06f562cca1.jpg&quot; id=&quot;media-726694&quot; alt=&quot;ca53e64578504e8b85e939513e67341c.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-726694&quot; /&gt;&lt;/a&gt; On a eu ce dimanche chez Drucker, ces photos de magazines en tenue de mode, ces articles du Monde qui décrivent la robe Chanel de la Garde des Sceaux à Washington... On a eu la rumeur occultant tout débat sur le divorce des Sarkozy. On a eu les marques de courroux présidentiel à l'égard de tel ou tel des membres du gouvernement (ceux que j'aime bien, étonnamment: Woerth, Barnier, Yade). Aujourd'hui, Kadhafi parti, la semaine de grosse lose présidentielle devait être vite oubliée: hop, nouvelle rumeur, inattendue (c'est d'un meilleur effet), pour donner d'une part un os à ronger aux journalistes qui cherchent la petite bête, d'autre part du rêve dans les coeurs de 60 millions de Français.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Le meilleur, c'est que ça marche: on oublie effectivement le débat sur la carte judiciaire, on oublie effectivement de questionner le montant des contrats passés avec Kadhafi. Il y a là une véritable et profonde régression par rapport au climat de la campagne, où l'on voyait des Français acheter des journaux politiques, s'intéresser, débattre, cliver autour de thèmes qui ont une vraie profondeur.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;Là on n'est même pas retombé dans l'apathie de 2002, où l'ennui et le malaise avait tellement atteint les gens que Le Pen a passé le premier tour. Là on est dans du pur Tocqueville. Voilà le despotisme doux. Un despotisme démocratique moderne, où ce n'est plus seulement le bien-être des citoyens qui est cultivé, mais aussi tout leur système de réflexion. On ne prend plus de recul par rapport à rien, on balance l'info brut, non étayée, et on fait confiance à une certaine défaite de la pensée, au profit de la télé, pour transformer la politique en énorme &quot;Plus Belle la Vie&quot;.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;L'Etat met progressivement les individus à l'écart des affaires publiques et peut étendre sans cesse les règles qui encadrent la vie sociale. La rumeur Sarkozy/Bruni va devenir de facto la discussion majoritaire dans les foyers. Chez Tocqueville émergeait un individualisme né des préoccupations de bien-être assez égoïstes de chacun, que l'Etat satisfaisait docilement pour mieux écarter l'individu des affaires publiques. Chez Sarkozy, c'est la même chose, la télé en plus.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;i&gt;«&amp;nbsp;Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, prévoyant, régulier et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; Alexis de Tocqueville, 1840&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt;
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>L'Hérétique</name>
            <uri>http://heresie.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Notre Démocratie...</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://heresie.hautetfort.com/archive/2007/05/21/notre-democratie.html" />
        <id>tag:heresie.hautetfort.com,2007-05-21:1052959</id>
        <updated>2007-05-21T21:50:00+02:00</updated>
        <published>2007-05-21T21:50:00+02:00</published>
        <summary> Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez l’un de ces...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://heresie.hautetfort.com/">
          &lt;font color=&quot;#000080&quot; size=&quot;2&quot;&gt;Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez l’un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d’eux-mêmes à la vue de ces biens nouveaux qu’ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n’aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d’eux à la prospérité de tous. Il n’est pas besoin d’arracher à de tels citoyens les droits qu’ils possèdent : ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes. L’exercice de leurs devoirs politiques leur paraît un contretemps fâcheux qui les distrait de leur industrie. S’agit-il de choisir leurs représentants, de prêter main-forte à l’autorité, de traiter en commun la chose commune, le temps leur manque ; ils ne sauraient dissiper ce temps si précieux en travaux inutiles. Ce sont là jeux d’oisifs, qui ne conviennent point à des hommes graves et occupés des intérêts sérieux de la vie. Ces gens là croient suivre la doctrine de l’intérêt, mais ils ne s’en font qu’une idée grossière et, &lt;b&gt;pour mieux veiller à ce qu’ils nomment leurs affaires, ils négligent la principale, qui est de rester maîtres d’eux-mêmes.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les citoyens qui travaillent ne voulant pas songer à la chose publique, et la classe sociale qui pourrait se charger de ce soin pour meubler ses loisirs n’existant plus, la place du gouvernement est comme vide.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s’emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Qu’il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu’il garantisse surtout le bon ordre. &lt;b&gt;Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d’ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être&lt;/b&gt;, avant que d’apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions publiques qui pénètre au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s’éveillent et s’inquiètent ; pendant longtemps, la peur de l’anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Je conviendrai sans peine que &lt;b&gt;la paix publique&lt;/b&gt; est un &lt;b&gt;grand bien&lt;/b&gt; ; &lt;b&gt;mais&lt;/b&gt; je ne veux pas oublier cependant que &lt;b&gt;c’est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie&lt;/b&gt;. Il ne s’ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu’elle leur suffise. &lt;b&gt;Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l’ordre est déjà esclave au fond du cœur&lt;/b&gt; ; elle est esclave de son bien-être et l’homme qui doit l’enchaîner peut paraître.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;Le despotisme des factions n’y est pas moins à redouter que celui d’un homme&lt;/b&gt;.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Lorsque la masse des citoyens ne veut s’occuper que d’affaires privées, les plus petits partis ne doivent pas désespérer de devenir maîtres des affaires publiques.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;Il n’est pas rare de voir alors, sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent au nom d’une foule absente ou inattentive ; seuls, ils agissent au milieu de l’immobilité universelle ; ils disposent, suivant les caprices, de toutes choses ; ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les mœurs ; et l’on s’étonne, en voyant le petit nombre de faibles et d’indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple&lt;/b&gt;.&lt;/font&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;font size=&quot;2&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000080&quot;&gt;Tocqueville, &lt;i&gt;De la démocratie en Amérique&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>afelyon</name>
            <uri>http://afelyon.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>Beware, Big Brother is Watching you</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://afelyon.hautetfort.com/archive/2007/05/12/beware-big-brother-is-watching-you.html" />
        <id>tag:afelyon.hautetfort.com,2007-05-12:1032687</id>
        <updated>2007-05-12T13:05:00+02:00</updated>
        <published>2007-05-12T13:05:00+02:00</published>
        <summary>    &amp;nbsp;  Ca commence par &quot;l'abus d'alcool est dangeureux pour la santé&quot;....</summary>
        <content type="html" xml:base="http://afelyon.hautetfort.com/">
          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://img521.imageshack.us/img521/6070/laxatifgb1.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; &lt;p&gt;Ca commence par &quot;l'abus d'alcool est dangeureux pour la santé&quot;. Ca continue par &quot;fumer tue&quot; et là on en est à &quot;Evitez de grignotez entre les repas&quot;, &quot;ne mangez pas trop gras&quot;, &quot;pas trop salé&quot;, &quot;pas trop sucré&quot;, &quot;faites de l'exercice&quot;, &quot;buvez au moins un litre et demi d'eau par jour&quot;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ca n'arrête pas! Depuis les paquets de céréales jusqu'au spots télévisés en passant les articles de journaux, partout des messages alarmistes sur ce qu'il faut ou ce qu'il ne faut pas faire. A quand des slogans comme &quot;pensez bien&amp;nbsp;à faire caca tout les jours&quot; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus sérieusement, ce qui est politiquement intéressant dans ce phénomène c'est la mainmise de la République sur la vie la plus privée des gens. Sous prétexte évidemment du bien publique (comprenez: c'est pour que les gens vivent en bonne santé). Pourquoi de la République en particulier ? Parce que comme l'a montré Alexis de TOCQEVILLE dans son livre de la démocratie en Amérique (1840) &quot;Si le despotisme venait à s'établir chez les nations démocratiques de nos jours, il aurait d'autres caractères : il serait plus étendu et plus doux, et il dégraderait les hommes sans les tourmenter&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Du fait de la centralisation, de la bureaucratisation, l'Etat démocratique à un pouvoir qu'aucun monarque français n'a jamais eu. La décentalisation monarchique est un gage de protection contre la tyrannie. De plus en démocratie, l'individu se lasse des grands débats auquels ils ne comprend rien pour se recentrer sur son &quot;intérêt égoîste&quot;. Et là où l'individu se retire, l'Etat avance. Le principe de la démocratie locale, très présent en monarchie, qui consiste à interroger la population sur des sujets qui la concernent directement par le biais des parlements régionaux permet de pallier ce problème. On peut prendre comme parallèle les &quot;votations&quot; en Suisse.&lt;/p&gt;
        </content>
    </entry>
        <entry>
        <author>
            <name>Lansdon</name>
            <uri>http://l-apprenti.hautetfort.com/about.html</uri>
        </author>
        <title>un spectre hante le vieux monde</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://l-apprenti.hautetfort.com/archive/2006/09/19/un-spectre-hante-le-vieux-monde.html" />
        <id>tag:l-apprenti.hautetfort.com,2006-09-19:649324</id>
        <updated>2006-09-19T13:59:08+02:00</updated>
        <published>2006-09-19T13:59:08+02:00</published>
        <summary> La distance permet souvent de mieux appréhender certains sujets. Par...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://l-apprenti.hautetfort.com/">
          &lt;p&gt;La distance permet souvent de mieux appréhender certains sujets. Par exemple, lors de mes longs séjours a l’étranger, je porte plus d’attention a ce qui se passe en France que lorsque je suis a Chaville. Je lis plus de presse, plus de sites d’infos, je suis finalement plus au courant de l’actualité que lorsque je me trouve en France. Bref, je suis les événements de plus près lorsque je suis loin.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://l-apprenti.hautetfort.com/images/thumb_US_flag.jpg&quot; alt=&quot;medium_US_flag.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Ce phénomène, que, après étude, je ne suis pas le seul a expérimenter doit sans doute être du a un réflexe de compensation freudien ou quelque chose de ce genre, mon propos ici n’est pas de l’expliquer. Non, ce que je voudrais faire c’est profiter de ce&amp;nbsp;recul et de mon marquage à la culotte de l’actualité pour revenir sur un des fantasmes français les plus durables, l’anti-américanisme, récemment sorti de sa boite après la visite de Mr Nagy aux Etats-Unis et culminant avec les déclarations de l’antiquaire qualifiant de caniche de Washington le pauvre ministre (on ne peut qu’être fascine par l’originalité et la puissance de la métaphore).&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il s’agit non seulement d’un fantasme durable, mais surtout d’un fantasme protéiforme (j’aime bien ce mot, pas vous ? Ah bon), on y retrouve pêle-mêle l’indépendantisme irréductible gaullien, le nationalisme pur et dur et idiot, l’anti-libéralisme de bon ton gauche caviar, le neo-marxisme des archeos-socialistes (notez l’élégante formulation pour éviter d’avoir a écrire « ce sombre abruti de Mélenchon »), le mouvement anti-mondialisation&amp;nbsp;à bonnet péruvien et pétard apparent et la masse de ceux qui n’y connaissent rien mais qui pensent que dénoncer la barbarie bushienne les fera passer sinon pour des héros, tout du moins pour de fins analystes politiques.&lt;br /&gt; Bien sur ces catégories ne sont pas exclusives les unes des autres, elles ont même pas mal de points communs.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://l-apprenti.hautetfort.com/images/thumb_Melenchon.jpg&quot; alt=&quot;medium_Melenchon.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; D’une certaine manière en effet, elles reposent tous sur le même mécanisme qui est un mélange de peur, de jalousie et d’arrogance, le tout baignant dans une profonde ignorance. L’ignorance étant ici le point crucial. Lors de mes (brillantes et néanmoins prestigieuses) études, j’ai entendu plus d’un prophète syndical, membre des jeunesses d’un parti ou de l’autre, et qui, la encore avec une originalité qui leur faisait honneur, lançaient l’anathème sur la société inhumaine d’outre-atlantique : Une société ou que les pauvres et bien ils sont pauvres et les riches ils sont riches et ou Bush il est tout fasciste et ou les gens ils sont racistes et surveillés par le FBI (qui lui aussi est fasciste). Vous ne m’en voudrez pas de me contenter des critiques de politique intérieure, je rentre du déjeuner et je ne voudrais pas aborder la vision du monde des ayatollahs du 7eme arrondissement alors que j’ai encore des nems à digérer.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Etant contrariant de nature, j’ai posé cette question fatidique&amp;nbsp;à ces orateurs de couloirs fanatiques : « Est-tu déjà allé en Amérique ? ». Lorsque la réponse s’est généralement averée être: « C’est pas le problème, de toutes manières tu es un fasciste comme Bush. » mon intuition sur les causes de ces croisades intellectuelles m’est apparue fondée.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Oh, je ne nie pas que je sois un fasciste comme Bush, si tous ces syndicalistes objectifs le disent,… Ce que je conteste par contre, c’est le fait que ça ne soit pas le problème !&lt;br /&gt; Tous ces imprécateurs parlent en effet essentiellement de ce qu’ils ne connaissent pas. Leur Amérique est un fantasme ou se mêlent les relents klaniques et les chapeaux haut de forme d’un Wall Street de vaudeville ou des milliardaires sans cœur détruisent pour le plaisir la vie des humbles travailleurs. Leur Amérique est donc un peu différente de la mienne, de celle ou j’ai vécu pendant presque un an. La ou ils ne décident de voir que les neo-creationnistes, j’ai pu voir les prix Nobel de Harvard et du MIT. Pour chaque minorité opprimée, je pourrais leur montrer un Pho Pasteur, boat people devenu 10eme fortune de Boston. La ou ils hurlent contre Bush, je les convierais aux assemblées de quartier,…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Malheureusement, j’ai du écrire le paragraphe précèdent au conditionnel. Je pourrais en effet leur montrer tout ça, mais il est douteux qu’ils écoutent. Les certitudes sont confortables et la simplicité rassurante. Il existe une idée collective et caricaturale des États-Unis qui peut se décliner à l’infini. Pour chaque sujet d’actualité, un trait fulgurant peut fuser : Un film US cartonne au box-office : c’est une grosse machinerie sans âme destine aux abrutis. Une déclaration de politique étrangère : c’est l’impérialisme américain au service des intérêts capitalistes. Des profits impressionnant d’une entreprise américaine : c’est le reflet d’une politique inhumaine,…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://l-apprenti.hautetfort.com/images/thumb_anti-am.jpg&quot; alt=&quot;medium_anti-am.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;p&gt;Vouer au gémonies le modèle dominant permet de continuer à croire qu’il est possible de camper sur ses archaïsmes, de ne pas s’ouvrir au monde.&lt;br /&gt; Au final, le vrai ressort de l’anti-américanisme en France est bien la. Il s’agit de cracher au maximum sur ce modèle pour préserver artificiellement l’espoir de conserver nos acquis. Sans forcement nier l’ensemble des critiques adressées au américains (mon propos est avant tout de dire que nous ne sommes pas les mieux placés pour critiquer), je pense qu’il est important de prendre conscience que rejeter en bloc tout ce que leur société représente ne fera certainement pas avancer la notre. Aussi terrifiant et déprimant que cela puisse être, il va bien falloir changer 2 ou 3 choses en France. Commencer par ne pas utiliser le fantasme anti-ricain comme arme électorale comme Villiers agite la Turquie ou le trinitain agite les arabes peut être, en plus d’un incontestable progrès vers l’honnêteté intellectuelle, un pas dans le bon sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; Je laisserai la conclusion a mon ancien professeur de sciences politiques a Boston. Il m’avait une fois parle de ce qu’il jugeait être un grand paradoxe. La France qui aujourd’hui ne veut comprendre l’Amérique est également la patrie de l’écrivain qui l’a le mieux compris.&lt;br /&gt; Je ne saurais que vous conseiller d’aller lire l’ouvrage auquel il fait référence, De la Démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville, 1831. C’est non seulement intéressant, mais surtout incroyablement actuel.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://l-apprenti.hautetfort.com/images/thumb_Tocqueville.jpg&quot; alt=&quot;medium_Tocqueville.jpg&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;em&gt;&quot;Lorsque l’inégalité des conditions est la loi commune de la société, les inégalités les plus marquées ne frappent pas le regard ; mais quand tout est presque au même niveau, les plus légères sont assez marquées pour le blesser. Il en ressort que le désir d’égalité devient plus insatiable à mesure que l’égalité est plus complète.&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Une association politique, industrielle, commerciale ou même scientifique ou littéraire, est un citoyen éclairé et puissant qu’on ne saurait plier à volonté ni opprimer dans l’ombre, et qui, défendant ses droits particuliers contre les exigences du pouvoir, sauve les libertés communes.&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Ce qu’il faut craindre, ce n’est pas tant la vue de l’immoralité des grands que celle de l’immoralité menant à la grandeur. Dans la démocratie, les simples citoyens voient un homme qui sort de leurs rangs et qui parvient en peu d’années à la richesse et à la puissance ; ce spectacle excite leur surprise et leur envie : ils recherchent comment celui qui était hier leur égal est aujourd’hui revêtu du droit de les diriger. Il s’opère ainsi je ne sais quel odieux mélange entre les idées de bassesse et de pouvoir, d’indignité et de succès, d’utilité et de déshonneur.&quot;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
        </content>
    </entry>
    </feed>