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    <title>Last posts on syrie</title>
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            <name>Hervé</name>
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        <title>La situation au Liban est très inquiétante</title>
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        <updated>2008-05-11T15:31:05+02:00</updated>
        <published>2008-05-11T15:31:05+02:00</published>
        <summary>  Le 9 mai 2008, la chaîne terrestre et satellitaire Future TV, la chaîne...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://udfboulogne-billancourt.hautetfort.com/">
           &lt;p&gt;Le 9 mai 2008, la chaîne terrestre et satellitaire Future TV, la chaîne d’information satellitaire Future News, le quotidien Al-Moustakbal et la station Radio Orient ont cessé d’émettre sous la menace de miliciens du Hezbollah au Liban.&amp;nbsp;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reporters sans frontières a condamné les attaques du Hezbollah à l’encontre de quatre médias&lt;/strong&gt; appartenant à la famille de Saad Hariri, dirigeant du “Courant du futur” (majorité parlementaire anti-syrienne) :&lt;/p&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;“&lt;strong&gt;La situation au Liban est très inquiétante. Alors que le pays traverse une grave crise politique&lt;/strong&gt;, nous espérons que le muselage des médias de la majorité parlementaire anti-syrienne n’est pas le signe avant-coureur de plus grandes violences.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Par ailleurs, l’agressivité démontrée par les militants du Hezbollah est un danger supplémentaire pour les nombreux journalistes qui couvrent les affrontements dans les rues de Beyrouth. Nous appelons le Hezbollah à s’interdire de s’en prendre à la presse”.&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Le 9 mai 2008, tôt dans la matinée, des roquettes ont été lancées contre le siège du quotidien Al-Moustakbal, mettant le feu à un étage du bâtiment. Peu après, les locaux de Future TV, Future News et Radio Orient ont été encerclés par des hommes armées qui ont menacé de tirer si la diffusion des programmes se poursuivaient. Selon des témoins, des miliciens du Hezbollah ont neutralisé le dispositif de surveillance vidéo avant de couper les câbles de diffusion. L’armée libanaise a assuré la sécurité des employés pendant qu’ils quittaient leurs bureaux pour rentrer chez eux.&lt;/p&gt; 
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        <title>Le Hezbollah s'en va-t-en guerre</title>
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        <updated>2008-05-09T18:00:00+02:00</updated>
        <published>2008-05-09T18:00:00+02:00</published>
        <summary>   Comme le Hamas l'année passée dans la bande de Gaza, le Hezbollah descend...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://eklektik.hautetfort.com/">
           &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1007400&quot; src=&quot;http://eklektik.hautetfort.com/media/01/01/2105301045.jpg&quot; alt=&quot;1462083403.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1007400&quot; /&gt;Comme le Hamas l'année passée dans la bande de Gaza, le Hezbollah descend dans la rue et terrorise la population. Rendons nous à l'évidence : c'est un coup d'Etat qui est en train de se fomenter. Qu'est ce qu'un coup d'Etat (ou &quot;putsch&quot;) déja ? c'est lorsqu'un changement de pouvoir soudain est imposé&amp;nbsp;par surprise par une minorité utilisant la force. Comme le Hezbollah n'est pas au pouvoir mais dans l'opposition, c'est une minorité. Une minorité armée hélas, qui a aujourd'hui fait parler la poudre en incendiant les locaux de la chaîne de télévision &lt;em&gt;Future&lt;/em&gt; ainsi que ceux du journal du même nom (les deux appartenant à Saad Hariri), et terrorisant la population locale (par des tirs de mortiers notamment) dans nombreux districts de la capitale (une dizaine de morts déja). Et c'est bien connu, quand on est de moins en moins légitime politiquement, on prend les armes. Et à l'heure où la Syrie et Israël commencent à entamer des négociations politiques (secrètes) historiques (le cas du Golan n'a plus été abordé depuis 30 ans), le Hezbollah se sent de plus en plus isolé sur la scène politique&amp;nbsp;régionale, d'où sa fuite en avant sur le plan interne. Une question se pose finalement : peut-on encore être objectif à propos des clivages se déroulant au Liban ? est-on capable de ne plus prendre parti ? Et à propos du Hezbollah,&amp;nbsp;quand est-ce que l'impunité va-t-elle cesser ?&amp;nbsp;Quant à&amp;nbsp;Hassan Nasrallah que certains dépeignent comme étant un dirigeant éclairé, comment en est-il venu à faire aujourd'hui&amp;nbsp;un discours tellement virulent ?&lt;/p&gt; 
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        <title>«Une guerre civile atroce et cruelle se dessine» au Liban</title>
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        <updated>2008-05-09T13:43:00+02:00</updated>
        <published>2008-05-09T13:43:00+02:00</published>
        <summary>   Antoine Basbous, politologue, spécialiste du monde arabe, de l'islam et du...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://auxarmescitoyens.hautetfort.com/">
           &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://auxarmescitoyens.hautetfort.com/media/00/01/1742571546.jpg&quot; id=&quot;media-1007096&quot; alt=&quot;1742571546.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;Antoine Basbous, politologue, spécialiste du monde arabe, de l'islam et du terrorisme islamiste, dirige l'Observatoire des Pays Arabes (OPA).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Le Liban a-t-il basculé dans la guerre civile ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Oui, c'est une guerre civile. Une guerre civile pilotée par des intérêts étrangers. Le guide de la révolution iranienne, le président iranien et le vice-président iranien disent depuis des mois que le Liban est la terre où il faudra vaincre l'impérialisme et le sionisme. Ce pays a été désigné comme un théâtre des opérations, comme une terre de Djihad.&lt;br /&gt; Les Iraniens, avec le portail syrien auquel ils sont associés, ont investi pendant un quart de siècle environ 30 milliards de dollars pour faire du Hezbollah le bras armé de l'Iran en méditerranée. Aujourd'hui, ils ont un très bon retour sur investissement.&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Le Hezbollah a-t-il la capacité de prendre le Liban ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Le mouvement chiite dispose 40.000 à 50.000 missiles, d'un bon entraînement militaire, de structures sociales et sanitaires et a mis en place une organisation de la société calquée sur l'Iran. Chez les civils chiites, on s'habille de plus en plus comme en Iran, on répète les mêmes slogans. Il y a vingt mois, ce mouvement a été capable de mettre en échec la plus puissante armée de la région (l'armée israélienne, NDLR). Depuis, il s'est réarmé, a augmenté ses capacités en bénéficiant du couloir syrien.&lt;br /&gt; Après la guerre de 2006 contre Israël, le Hezbollah est devenu l'acteur incontournable du pays. Aujourd'hui, il prend le pouvoir en faisant du Liban un lieu privilégié de la confrontation régionale, une « Gaza bis » à la disposition de Damas et de Téhéran.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Alors que la tension est extrêmement forte depuis de nombreux mois, pourquoi le Liban bascule-t-il aujourd'hui dans la guerre civile ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Après avoir déclenché la guerre contre Israël sans prévenir le gouvernement Libanais, le mouvement n'a cessé de faire monter la pression. Depuis le 1er décembre 2006, les militants du Hezbollah ont ainsi paralysé les «Champs Elysées» de Beyrouth. Plus récemment, le mouvement a franchi un nouveau pas en installant des caméras de surveillance à l'intérieur et à l'extérieur de l'aéroport de Beyrouth. Tout donne à penser qu'il préparait une attaque contre la piste 17, celle qui sert aux avions privés des officiels étrangers et libanais. Et quand le gouvernement a pris la décision de muter le général qui dirige la sécurité de l'aéroport, le Hezbollah a prévenu que celui qui acceptera de lui succéder devait se considérer comme mort.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Il y a aussi ce réseau privé de communication installé par la milice chiite…&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; L'Etat du Hezbollah a en effet installé son propre réseau filaire de télécommunication sécurisé. Il s'agissait d'abord de sécuriser ses actions militaires. Puis, ils ont creusé des tranchés partout dans les villes et les campagnes. On a alors découvert qu'il ne s'agit pas seulement d'un réseau téléphonique mais d'un système, notamment au profit de Damas et de Téhéran, qui espionne les ministères, les politiques et les citoyens. L'Etat du Hezbollah était en train d'effacer l'Etat légal dans un pays où il n'y a plus de président de la République depuis six mois, bientôt plus de patron de l'armée, où le bâtiment du gouvernement est assiégé, le parlement verrouillé par son Président, le chiite Nabih Berri.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Comment pourrait évoluer la situation ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; Une « irakisation » du Liban se profile. Dans un premier temps, le Hezbollah peut gagner la bataille car il a une armée structurée, de l'argent, etc. Mais cette occupation va très vite se retourner contre lui. La milice sera perçue comme une force d'occupation par les citoyens lambdas, notamment sunnites, qui ne partagent pas ses valeurs. En arrivant dans les quartiers sunnites, ils tirent, ordonnent le silence des médias. Cette façon de soumettre Beyrouth va provoquer des contre-attaques et le retour des snipers car il n'y a pas d'adhésion globale au projet social du Hezbollah. Une guerre civile, la plus atroce et la plus cruelle entre radicaux chiites et sunnites, se dessine sur instruction de Damas et de Téhéran.&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: justify; font-weight: bold&quot;&gt;Libération&amp;nbsp;&lt;/div&gt; 
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        <title>La Franc-maçonnerie en Syrie sous l’administration française (1920-1946)</title>
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        <updated>2008-05-07T20:12:09+02:00</updated>
        <published>2008-05-07T20:12:09+02:00</published>
        <summary>  La Franc-maçonnerie en Syrie sous l’administration française (1920-1946)...</summary>
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           &lt;h2&gt;La Franc-maçonnerie en Syrie sous l’administration française (1920-1946)&lt;/h2&gt; &lt;h3&gt;Attraits et rejets du modèle français&lt;/h3&gt; &lt;div id=&quot;pres-auteurs&quot;&gt;Thierry &lt;span class=&quot;nomfamille&quot;&gt;Millet&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=&quot;navArticle&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#resume&quot;&gt;Résumé&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#abstract&quot;&gt;Abstract&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#entrees&quot;&gt;Index&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#plan&quot;&gt;Plan&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#texte&quot;&gt;Texte&lt;/a&gt; | &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#biblio&quot;&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#annexes&quot;&gt;Annexes&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#notes&quot;&gt;Notes&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#citation&quot;&gt;Citation&lt;/a&gt; &amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#auteur&quot;&gt;Auteur&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=&quot;buttons&quot;&gt; &lt;ul id=&quot;Widgets&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/signaler1178.html&quot; style=&quot;outline-style: none&quot; id=&quot;WSendTo&quot; title=&quot;Signaler ce document&quot; name=&quot;WSendTo&quot;&gt;Signaler ce document&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;ul id=&quot;navDocument&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/sommaire1155.html&quot; id=&quot;goParent&quot; title=&quot;Sommaire&quot; name=&quot;goParent&quot;&gt;Sommaire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1177.html&quot; id=&quot;goPrev&quot; title=&quot;Article précédent&quot; name=&quot;goPrev&quot;&gt;Article&amp;nbsp;précédent&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1179.html&quot; id=&quot;goNext&quot; title=&quot;Article suivant&quot; name=&quot;goNext&quot;&gt;Article&amp;nbsp;suivant&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&quot;docBody&quot; class=&quot;article normal&quot;&gt; &lt;h4 id=&quot;resume&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#global&quot; class=&quot;backTop&quot; title=&quot;Haut de page&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/go-top.gif&quot; height=&quot;13&quot; width=&quot;13&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Résumé&lt;/h4&gt; &lt;div class=&quot;resume&quot;&gt; &lt;p class=&quot;resume&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;De 1920 à 1946, sous le Mandat français, la Franc-maçonnerie en Syrie connaît une période de grand développement puis de régression. Les francs-maçons du Levant, sensibles aux bouleversements politiques de l’époque, sont d’abord attirés et influencés par les obédiences françaises, pour ensuite s’en détourner. Se développe alors un ensemble de mouvements maçonniques concurrents et indépendants des obédiences françaises.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;h4 id=&quot;abstract&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#global&quot; class=&quot;backTop&quot; title=&quot;Haut de page&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/go-top.gif&quot; height=&quot;13&quot; width=&quot;13&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Abstract&lt;/h4&gt; &lt;div class=&quot;resume&quot;&gt; &lt;p class=&quot;abstract&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;en-GB&quot; xml:lang=&quot;en-GB&quot;&gt;From 1920 to 1946, under the French mandate, Freemasonry in Syria know a period of great expansion and afterwards of recession. Freemasons of Levant sensitive to the political disorders of this period have been at first attracted and influenced by french obediences for after to turn away from them. We see at that time a lot of rival masonic movements totally independent from french obediences.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;h4 id=&quot;entrees&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#global&quot; class=&quot;backTop&quot; title=&quot;Haut de page&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/go-top.gif&quot; height=&quot;13&quot; width=&quot;13&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Index&lt;/h4&gt; &lt;div class=&quot;entrees&quot;&gt; &lt;dl&gt; &lt;dt&gt;Mots clés&amp;nbsp;:&lt;/dt&gt; &lt;dd&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree390.html?langue=fr&quot;&gt;franc-maçonnerie&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1144.html?langue=fr&quot;&gt;mandat français&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1146.html?langue=fr&quot;&gt;nationalistes&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1145.html?langue=fr&quot;&gt;obédiences françaises&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1124.html?langue=fr&quot;&gt;Syrie&lt;/a&gt;&lt;/dd&gt; &lt;/dl&gt; &lt;/div&gt; &lt;h4 id=&quot;plan&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#global&quot; class=&quot;backTop&quot; title=&quot;Haut de page&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/go-top.gif&quot; height=&quot;13&quot; width=&quot;13&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Plan&lt;/h4&gt; &lt;div id=&quot;toc&quot;&gt; &lt;div class=&quot;toc_section1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto1&quot; name=&quot;tocfrom1&quot; id=&quot;tocfrom1&quot;&gt;I - L’attrait pour la maçonnerie française&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto2&quot; name=&quot;tocfrom2&quot; id=&quot;tocfrom2&quot;&gt;Un phénomène pragmatique&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto3&quot; name=&quot;tocfrom3&quot; id=&quot;tocfrom3&quot;&gt;Un modèle français historique de la pensée et de la pratique&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto4&quot; name=&quot;tocfrom4&quot; id=&quot;tocfrom4&quot;&gt;L’attrait du pouvoir&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto5&quot; name=&quot;tocfrom5&quot; id=&quot;tocfrom5&quot;&gt;L’adhésion des nationalistes&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto6&quot; name=&quot;tocfrom6&quot; id=&quot;tocfrom6&quot;&gt;II - La somme des mécontentements&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto7&quot; name=&quot;tocfrom7&quot; id=&quot;tocfrom7&quot;&gt;L’autoritarisme mandataire&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto8&quot; name=&quot;tocfrom8&quot; id=&quot;tocfrom8&quot;&gt;L’influence cléricale&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto9&quot; name=&quot;tocfrom9&quot; id=&quot;tocfrom9&quot;&gt;Incompréhensions et inadéquations&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto10&quot; name=&quot;tocfrom10&quot; id=&quot;tocfrom10&quot;&gt;III - Formes et aspects des rejets&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto11&quot; name=&quot;tocfrom11&quot; id=&quot;tocfrom11&quot;&gt;Impasse financière&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto12&quot; name=&quot;tocfrom12&quot; id=&quot;tocfrom12&quot;&gt;L’action des loges étrangères&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section2&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto13&quot; name=&quot;tocfrom13&quot; id=&quot;tocfrom13&quot;&gt;La création d’une maçonnerie indépendante&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocto14&quot; name=&quot;tocfrom14&quot; id=&quot;tocfrom14&quot;&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;h4 id=&quot;texte&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#global&quot; class=&quot;backTop&quot; title=&quot;Haut de page&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/go-top.gif&quot; height=&quot;13&quot; width=&quot;13&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Texte intégral&lt;/h4&gt; &lt;div class=&quot;texte&quot;&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn1&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;1&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Il existe un parallèle entre la tragédie mandataire et la déliquescence de la maçonnerie française en Syrie. En effet au cours de l’occupation française entre 1920 et 1946, l’activité maçonnique se trouve marquée par un âge d’or de croissance intense puis une période de régression lente toutes deux nourries par des événements conjoncturels politiques survenant en France et au Moyen-Orient&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn1&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn1&quot; name=&quot;bodyftn1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn1&quot;&gt;1&amp;nbsp;- Au début du XXe siècle, La Syrie s’inscrit sous (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn2&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;2&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Dans ces conditions, la Maçonnerie, en tant que structure sociale, peut-elle faire face sans se transformer elle-même aux forces politiques qui affectent, dès lors, la société syrienne tout entière&amp;nbsp;? Ainsi, dans un environnement politique prégnant, qu’elles sont les véritables raisons qui animent ces francs-maçons du Levant et qui les conduisent, pour une majorité d’entre eux, à se détourner des obédiences françaises&amp;nbsp;? Est-ce par fidélité aux principes maçonniques fondateurs ou la reconnaissance d’un modèle français dépassé et loin de leurs objectifs et préoccupations politiques&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn3&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;3&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pourtant les maçons syriens sont attirés par une image collective du modèle français qui marque une période d’identification idéologique. À cet attachement succède un engouement, pour les obédiences françaises, quantitativement important mais aussi qualitativement ambigu. Malgré un contexte politique pourtant moins autoritaire après la Grande Révolte de 1925, la Maçonnerie du Levant se recompose et bon nombre de francs-maçons et de loges s’affranchissent de la tutelle des obédiences françaises. C’est dans ces conditions que se développe un ensemble de mouvements maçonniques concurrents et indépendants des obédiences françaises.&lt;/p&gt; &lt;h1&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom1&quot; id=&quot;tocto1&quot; name=&quot;tocto1&quot;&gt;I - L’attrait pour la maçonnerie française&lt;/a&gt;&lt;/h1&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn4&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;4&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Entre la fin du XIXe siècle et la Première Guerre mondiale, les réformateurs du système politique ottoman ainsi que les opposants à ce pouvoir centralisé se recrutent en grande partie dans la maçonnerie. Cette dernière trouve ses fondements idéologiques à la fois dans les mouvements révolutionnaires européens et dans les pensées fondamentales issues des Lumières et du positivisme dont la France en reste alors le gisement nature&lt;span style=&quot;font-size: 5.22pt; vertical-align: super&quot;&gt;l&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;div class=&quot;titreillustration&quot;&gt; &lt;p class=&quot;titreillustration&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Graphique 1 : Les fondations de loges d’obédience française en Syrie&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn2&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn2&quot; name=&quot;bodyftn2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn2&quot;&gt;2&amp;nbsp;- Outre les obédiences françaises avec le Grand Orient (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/docannexe/image/1178/img-1.jpg&quot; alt=&quot;Image1&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;legendeillustration&quot;&gt; &lt;p class=&quot;legendeillustration&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Sources : G.O.D.F., cartons n°&amp;nbsp;523 (L’Orante), n°&amp;nbsp;685 (loge Fleur de l’Oronte), n°&amp;nbsp;1001 (loge Orient &amp;amp; Occident réunis), n°&amp;nbsp;1000 (loge Syrie), n°&amp;nbsp;1121 (loge Fleur de l’Oronte). G.L.D.F., cartons n°&amp;nbsp;506 (loge Qaysun), n°&amp;nbsp;507 (loge La Renaissance), n°&amp;nbsp;544 (loge Abu al-Fidha). Robinard Joëlle, &lt;i&gt;La Franc-maçonnerie et la colonisation sous la IIIe République, 1904 à 1936&lt;/i&gt;, Thèse d’histoire, Université d’Aix-en-Provence, 1971. Ligou Daniel, &lt;i&gt;Dictionnaire universel de la Franc-maçonnerie&lt;/i&gt;, Paris, Éd.de Navarre et du Prisme. Costir Henri et Del Rosano Maria, &lt;i&gt;Annuaire général de la franc-maçonnerie française&lt;/i&gt;, La Libre Parole, Paris, 1933.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;h2&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom2&quot; id=&quot;tocto2&quot; name=&quot;tocto2&quot;&gt;Un phénomène pragmatique&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn5&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;5&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Avant la Première Guerre mondiale, les obédiences françaises, écossaises et égyptiennes se partagent majoritairement le nombre des loges implantées au Levant alors inclus dans l’Empire ottoman. L’afflux des initiations semble saturer très vite les loges de rite français. C’est le cas à Beyrouth où, pour palier le nombre important d’impétrants et soulager la seule loge Le Liban, trois autres ateliers s’y fondent avant que la maçonnerie ne se diffuse et se multiplie dans les autres principales villes du Levant&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn3&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn3&quot; name=&quot;bodyftn3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Après les fermetures des ateliers au cours des années qui couvrent le conflit mondial, le Grand Orient et la Grande Loge de France profitent particulièrement de l’instauration du mandat français en 1920 pour se développer en Syrie de manière remarquable jusqu’en 1925 (voir graphique1)&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn4&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn4&quot; name=&quot;bodyftn4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Développement qui apparut lors des ruptures de régimes politiques au cours des réveils maçonniques que connurent en France le Directoire et la Restauration&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn5&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn5&quot; name=&quot;bodyftn5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Mais en Syrie, ce mouvement se constitue en complète opposition à la politique cléricale et au contrôle militaire imposés par les Hauts-Commissaires&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn6&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn6&quot; name=&quot;bodyftn6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Les autres Orients, même s’ils profitent de l’embellie conjoncturelle, restent numériquement en retrait des deux puissances maçonniques françaises&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn7&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn7&quot; name=&quot;bodyftn7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn3&quot;&gt;3&amp;nbsp;- G.O.D.F., carton n°&amp;nbsp;685, loge Le Liban, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn4&quot;&gt;4&amp;nbsp;- Pour le Haut-Commissaire de Martel, cette expansion (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn5&quot;&gt;5&amp;nbsp;- Beaurepaire Pierre-Yves, &quot;Les francs-maçons, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn6&quot;&gt;6&amp;nbsp;- Fournié Pierre, &quot;Le Mandat à l’épreuve des (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn7&quot;&gt;7&amp;nbsp;- Dans le même temps, la Grande Loge d’Écosse (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;titreillustration&quot;&gt; &lt;p class=&quot;titreillustration&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Graphique 2 : Demandes d’adhésion et de démission-radiation dans les loges d’obédiences françaises en Syrie&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/docannexe/image/1178/img-2.jpg&quot; alt=&quot;Image3&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;legendeillustration&quot;&gt; &lt;p class=&quot;legendeillustration&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Sources : G.O.D.F., cartons n°&amp;nbsp;532 (L’Orante), n°&amp;nbsp;685 (loge Fleur de l’Oronte), n°&amp;nbsp;1001 (loge Orient &amp;amp; Occident réunis), n°&amp;nbsp;1000 (loge Syrie), n°&amp;nbsp;1121 (loge Fleur de l’Oronte). G.L.D.F., cartons n°&amp;nbsp;506 (loge Qaysun), n°&amp;nbsp;507 (loge La Renaissance), n°&amp;nbsp;544 (loge Abu al-Fidha). Pour les entrées, le graphe concerne les loges Fleur de l’Oronte, l’Orient &amp;amp; l’Occident réunis, Orantes, Syrie, Abu al-Fidha, La Renaissance et Qaysun. Pour les sorties, sont concernées les loges l’Orient &amp;amp; l’Occident réunis, La Renaissance et Qaysun.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn6&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;6&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Suivant la même dynamique, les demandes d’adhésions et d’affiliations aux loges soutenues par les obédiences françaises affluent jusqu’en 1925 et corroborent le mouvement de créations des ateliers français en Syrie (voir graphique n°&amp;nbsp;2). Ces deux manifestations quantitatives liées aux fondations et aux initiations tendent, donc bien, à révéler un phénomène collectif d’attrait pour les Ordres français. Cette affection exprime-t-elle de la sympathie pour une culture de la pratique et de la pensée, une recherche d’identification à un modèle ou bien se limite-t-elle à un intérêt propice&amp;nbsp;dans un contexte de rapport entre dominant et dominé.&lt;/p&gt; &lt;h2&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom3&quot; id=&quot;tocto3&quot; name=&quot;tocto3&quot;&gt;Un modèle français historique de la pensée et de la pratique&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn7&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;7&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Des discours lus aux cours des réunions maçonniques, ressortent les véritables raisons idéologiques qui tendent à inciter les Syriens à s’initier dans la maçonnerie française. Ces centres d’intérêts sont débattus au sein même des ateliers sur les thèmes des idéaux révolutionnaires et de l’appui de la maçonnerie aux révolutions françaises. Ainsi, au début du XXe siècle, l’attrait des Syriens pour la France et la maçonnerie française puise ses origines dans l’image d’une France et d’une maçonnerie idéalisée alors que la Syrie demeure encore soumise à la domination ottomane. En janvier 1906, une dizaine de frères de la loge Le Liban adresse un courrier aux autres membres et officiers dans lequel ils font l’éloge de l’humanisme et du progrès social de l’Ordre. Ils se reconnaissent et sacralisent les valeurs de la République qu’ils opposent aux adversaires qui exploitent l’ignorance du peuple. Ces propos ne sont pas le fruit d’une spécificité maçonne, mais s’associent aux mouvements réformateurs tels ceux qui sont menés par des intellectuels musulmans comme ‘Abd al-Rahman al-Kawakibi, devenu journaliste après un enseignement religieux à la grande mosquée d’Alep, qui prône, dès la fin du XIXe siècle, l’abolition de la supériorité de la religion sur la politique et l’instauration d’une démocratie constitutionnelle&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn8&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn8&quot; name=&quot;bodyftn8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn8&quot;&gt;8&amp;nbsp;- Kawakibi Salam, &quot;Un réformateur et la (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn8&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;8&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pour les francs-maçons, c’est «&lt;i&gt;&amp;nbsp;grâce à la France et à ses fils, ces&amp;nbsp;sauveurs de l’humanité opprimée, que, depuis 1860, la maçonnerie du Levant se trouve illuminée par ce foyer de vérité, lieu des lumières intellectuelles et morales&amp;nbsp;&lt;/i&gt;». Dans leur esprit, la franc-maçonnerie combat la misère conseillère des mauvaises mœurs et des crimes dans un total désintéressement afin de rendre l’homme meilleur. L’ordre préconiserait la tolérance religieuse en émancipant les consciences de toutes les superstitions et de tous les préjugés qui tentent de l’obscurcir. La France et sa maçonnerie, par ses principes des droits et des devoirs de l’homme, seraient les garants de la paix. En définitive, quand les Syriens «&amp;nbsp;&lt;i&gt;constatent que les Français leur apportaient tant de lumière et, de vérité, ils veulent devenir leurs frères et obtenir l’honneur de l’affiliation dans des loges sous la garantie des obédiences françaises&amp;nbsp;&lt;/i&gt;». C’est de la France que les maçons syriens attendraient le plus d’aide et d’appui dans l’œuvre de l’évolution&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn9&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn9&quot; name=&quot;bodyftn9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Mais, au-delà des idéaux diffus et dans un contexte de pouvoir ottoman, le modèle maçonnique français agit au Levant comme un laboratoire dédié à toute révolution, elle prépare au sein même des loges les réflexions et les pensées du peuple en marche vers la souveraineté. Ainsi pour les frères de Syrie, c’est encore la Maçonnerie qui aurait soufflé le triptyque Liberté, Égalité, Fraternité indiquant par là même le chemin de la démocratie face à l’obscurantisme et le despotisme&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn10&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn10&quot; name=&quot;bodyftn10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn9&quot;&gt;9&amp;nbsp;- G.O.D.F., carton n°&amp;nbsp;685, loge Le Liban, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn10&quot;&gt;10&amp;nbsp;- Abu Rashid Hana, Da’iratu-l-ma’arif al-masuniyat (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;h2&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom4&quot; id=&quot;tocto4&quot; name=&quot;tocto4&quot;&gt;L’attrait du pouvoir&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn9&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;9&amp;nbsp;&lt;/span&gt;L’autre intérêt pour la Maçonnerie française se fonde sur l’usage de la présence bureaucratique de la France. L’accès à un statut social, politique ou administratif voire sa conservation, contraint les Syriens à rejoindre par dessein ou nécessité l’institution mandataire. Dans ce jeu, les obédiences françaises se placent comme des instruments d’accessibilité et de pénétration.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn10&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;10&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Certains francs-maçons de Damas se réjouissent de la situation politique éclaircie en France après 1924 et qu’une embellie diplomatique peut enfin leur sourire&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn11&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn11&quot; name=&quot;bodyftn11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. C’est dans ce contexte politique qu’entre les années 1920 à 1924, les Syriens s’affilient de nouveau dans des loges et principalement dans les obédiences françaises&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn12&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn12&quot; name=&quot;bodyftn12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; (voir graphique n° 2). Suivant le mouvement entamé en France après la victoire du Cartel des gauches, l’annonce de l’arrivée du général Sarrail à Beyrouth en décembre 1924 déchaîne au Levant un véritable « &lt;i&gt;déluge&lt;/i&gt; » de demandes d’initiation dans les loges des deux obédiences françaises&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn13&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn13&quot; name=&quot;bodyftn13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; même si, dans les chiffres, le mouvement s’amorce dès 1923. D’ailleurs plusieurs témoignages confirment ce mouvement propice où beaucoup de frères « &lt;i&gt;qui avaient oublié leur serment, reviennent dans les temples&lt;/i&gt; »&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn14&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn14&quot; name=&quot;bodyftn14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn11&quot;&gt;11&amp;nbsp;- G.O.D.F., carton n°&amp;nbsp;1000, correspondance, loge Syrie (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn12&quot;&gt;12&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°&amp;nbsp;506, correspondance, loge Qaysun (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn13&quot;&gt;13&amp;nbsp;- Fournié Pierre, 2002, p.&amp;nbsp;148. (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn14&quot;&gt;14&amp;nbsp;- G.O.D.F., carton n°&amp;nbsp;1000, correspondance, loge Syrie (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn11&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;11&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Cependant, pour les plus expérimentés des frères, la plupart de ces profanes tentent de profiter de la maçonnerie pour obtenir des emplois ou une position politique quelconque&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn15&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn15&quot; name=&quot;bodyftn15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;,&lt;/span&gt; pour d’autres cet essor relève en partie d’un simple esprit de curiosité&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn16&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn16&quot; name=&quot;bodyftn16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; que l’on ne peut éviter d’associer aux mêmes projets. Conscients du phénomène, des frères dénoncent, eux-mêmes, l’élite politique et bureaucratique, faignant d’ignorer&amp;nbsp;la répression et les déceptions mandataires, d’agir dans l’espoir de s’assurer les postes de l’administration les plus importants en usant de relations au sein de l’Ordre entre les maçons. Mais pour être efficace, cette stratégie doit concilier l’application des différentes directives politiques des gouvernements français et les convictions idéologiques des Hauts-Commissaires.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn15&quot;&gt;15&amp;nbsp;- Ibid., 1er janvier 1925. (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn16&quot;&gt;16&amp;nbsp;- Ibid., 27 septembre 1925. (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn12&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;12&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pour cela, dès les premiers mois de l’occupation française, la maçonnerie syrienne entreprend des actions dans ce sens. C’est le cas du vénérable Husni al-Jundi de la loge Qaysun, principale loge de Damas, qui soutient la nomination au poste de Président de la fédération de Syrie le frère Jalal bey Zuhdi et celle de Sami Pacha Mardam bey, tous deux anciens députés au parlement ottoman&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn17&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn17&quot; name=&quot;bodyftn17&quot;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, avant de s’insurger finalement contre le choix du général Weygand, alors Haut-Commissaire qui impose un non-maçon, Suhbi bey Barakat, au poste de président de la fédération syrienne&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn18&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn18&quot; name=&quot;bodyftn18&quot;&gt;18&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 5.22pt; vertical-align: super&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Toutefois, au printemps 1924, les frères de la loge Qaysun convainquent, malgré tout, Weygand, de la nécessité de réserver dans le Gouvernement, quatre à cinq ministères et postes de direction générale dans l’administration aux maçons «&amp;nbsp;&lt;i&gt;les plus compétents, les plus intègres et les plus fidèles au mandat&lt;/i&gt;&amp;nbsp;». Action qui doit s’efforcer, d’une part, de diffuser la pénétration française et, d’autre part, de s’attacher les personnalités les plus influentes parmi les francs-maçons en les portant ou les maintenant au pouvoir. Pour aboutir, la loge Qaysun, par l’intermédiaire de son vénérable, demande à la Grande Loge de France d’intervenir pour attirer l’attention et de persuader le pouvoir mandataire sur la nécessité de soutenir l’action de cet atelier et des frères candidats, seuls capables de défendre les intérêts de la maçonnerie et de la France en Syrie. Résultat, les frères obtiennent les charges de ministre de l’Intérieur, des Finances, de l’Instruction publique, de la Justice ainsi que celle de directeur général de l’Agriculture et du Commerce&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn19&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn19&quot; name=&quot;bodyftn19&quot;&gt;19&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Finalement, dans le contexte de la IIIe République, ces titularisations sont à rapprocher de l’activité et du dynamisme reconnus des membres de l’Ordre en Métropole où les gouvernements français dénombraient dans les rangs de ses ministres, en moyenne, près de 40&amp;nbsp;% de francs-maçons&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn20&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn20&quot; name=&quot;bodyftn20&quot;&gt;20&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn17&quot;&gt;17&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°&amp;nbsp;506, correspondance, Husni (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn18&quot;&gt;18&amp;nbsp;- Il s’agit de Suhbi bey Barakat al-Khalid, membre du (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn19&quot;&gt;19&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°&amp;nbsp;506, correspondance, Husni (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn20&quot;&gt;20&amp;nbsp;- Nord Philip, &quot;Utopisme, radicaux et (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn13&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;13&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Cette persévérance trouve son aboutissement dans les conséquences des élections législatives en France de mai 1924 avec la victoire du Cartel des gauches qui amplifie l’espoir, dans les rangs maçonniques, d’une politique coloniale moins cléricale et autoritaire menée jusque-là en France par le Bloc national. Attente qui se concrétise par la nomination du général Sarrail au poste de Haut-Commissaire pour le Levant. Très vite la nouvelle se propage en Syrie. En effet &lt;i&gt;L’Écho de Paris&lt;/i&gt; du 19 et 20 décembre 1924 publie en première page un article qui rappelle que le Grand Orient de France télégraphia, dès la décision du Conseil des ministres, aux francs-maçons de Syrie, la nomination de Sarrail&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn21&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn21&quot; name=&quot;bodyftn21&quot;&gt;21&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; À cette première nouvelle optimiste s’ajoute la propagande du Grand Orient de France au travers du journal &lt;i&gt;al-Ahrar&lt;/i&gt; de Beyrouth alors dirigé par des maçons&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn22&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn22&quot; name=&quot;bodyftn22&quot;&gt;22&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Le quotidien exprime sa satisfaction des résultats aux élections du 11 mai 1924 qui mettent fin au mouvement colonial soutenu et entretenu avec énergie par le gouvernement français jusque-là&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn23&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn23&quot; name=&quot;bodyftn23&quot;&gt;23&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Quelques semaines plus tard la Grande Loge de France, par l’intermédiaire se son vénérable et Grand maître Bernard Wellhoff, intervient directement auprès du général Sarrail pour nommer des francs-maçons à des postes ministériels de l’État de Syrie. Le Haut-Commissaire promet de tenir compte de cette demande même si l’influence de la Grande Loge de France atteint ses limites car, contrairement à ce que croient les frères syriens, le général n’appartient pas à l’Ordre&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn24&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn24&quot; name=&quot;bodyftn24&quot;&gt;24&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; comme le prétendait la rumeur dès son arrivée à Beyrouth&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn25&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn25&quot; name=&quot;bodyftn25&quot;&gt;25&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Mais Sarrail, toutefois ami du vénérable Bernard Wellhoff, agit dans les premiers mois de son mandat dans l’esprit maçonnique en encourageant le développement de l’Ordre au Levant&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn26&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn26&quot; name=&quot;bodyftn26&quot;&gt;26&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Le Haut-Commissaire semble, en effet, prêt à seconder l’action des loges dans leur extension, si les maçons soutiennent, en contrepartie, discrètement sa tâche administrative.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn21&quot;&gt;21&amp;nbsp;- Fournié Pierre, 2002, p.&amp;nbsp;144. (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn22&quot;&gt;22&amp;nbsp;- Ce journal al-Ahrar est dirigé par Said Sabbagh des (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn23&quot;&gt;23&amp;nbsp;- A.D.N., fonds Beyrouth, 1er versement, carton (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn24&quot;&gt;24&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°&amp;nbsp;506, correspondance, G.L.D.F. à (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn25&quot;&gt;25&amp;nbsp;- Fournié Pierre, 2002, p.&amp;nbsp;145.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn26&quot;&gt;26&amp;nbsp;- Abu &amp;nbsp;Rashid, «&amp;nbsp;Dayrat al-maaref al-masunyat&amp;nbsp;», p. (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn14&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;14&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pour montrer sa bonne foi, Sarrail adopte, dès son arrivée, à la fois une action politique de modération symbolique en levant l’État martial instauré par ses prédécesseurs depuis 1922 à Damas et tend la main aux maçons en imposant la nomination du frère Pierre-Alype au poste de délégué du haut-commissariat à Beyrouth. Il s’entoure aussi de quelques officiers, membres de la maçonnerie, tel le colonel Denis et l’intendant Aubouy&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn27&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn27&quot; name=&quot;bodyftn27&quot;&gt;27&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Enfin quelques jours plus tard, Sarrail nomme un autre franc-maçon, ancien administrateur des colonies, à la tête du gouvernement de Lattaquié Léon Cayla&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn28&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn28&quot; name=&quot;bodyftn28&quot;&gt;28&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Cette présence des francs-maçons dans l’administration mandataire se renforce en 1926 à la suite de la nomination du Haut-Commissaire de Jouvenel qui installe Ahmad Bey Nami, gendre du Sultan, Grand Maître de la maçonnerie syro-libanaise, membres des loges Le Liban et La Syrie de l’ordre de Beyrouth du Grand Orient de France, à la présidence du Conseil de la fédération de Syrie.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn27&quot;&gt;27&amp;nbsp;- Fournié Pierre, 2002, p.&amp;nbsp;148. (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn28&quot;&gt;28&amp;nbsp;- Ibid., p.&amp;nbsp;152-154. (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;h2&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom5&quot; id=&quot;tocto5&quot; name=&quot;tocto5&quot;&gt;L’adhésion des nationalistes&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn15&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;15&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Le mouvement général d’adhésion qui se dessine dans le graphique 2 correspond aussi à un mouvement paradoxal des initiations dans un contexte politique anti-nationaliste mené par la puissance mandataire. En effet, malgré la destruction du royaume de Damas et la forte répression de la résistance, des sympathisants nationalistes hostiles à la présence française s’initient ou réaffirment leur affiliation, suspendue par la Première Guerre mondiale, dans les loges d’obédiences métropolitaines&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn29&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn29&quot; name=&quot;bodyftn29&quot;&gt;29&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Même si l’on ne connaît pas la solidité et la durée de leur engagement, leur serment s’apparente davantage à un moyen prospectif politique voire à un acte de «&amp;nbsp;résistance passive&amp;nbsp;» de préférence à un quelconque espoir dans le gouvernement mandataire ou dans la maçonnerie française. Attitude d’autant possible que, contrairement aux Grandes Loges anglo-saxonnes, le modèle français maçonnique, incarné par le Grand Orient de France, permet à leurs adhérents «&amp;nbsp;&lt;i&gt;toute légitimité à participer aux grands débats politiques&lt;/i&gt;&amp;nbsp;»&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn30&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn30&quot; name=&quot;bodyftn30&quot;&gt;30&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn29&quot;&gt;29&amp;nbsp;- D’ailleurs en France on s’interroge et on se méfie (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn30&quot;&gt;30&amp;nbsp;- Beaurepaire Pierre-Yves, &quot;Les francs-maçons, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn16&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;16&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pour preuve, en novembre 1923, lors de tenues à la loge &lt;i&gt;Le Liban&lt;/i&gt; de l’Orient de Beyrouth, les discours politiques et anti-mandataires se mêlent aux travaux maçonniques où l’œuvre civilisatrice de la France au Levant est fréquemment décriée&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn31&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn31&quot; name=&quot;bodyftn31&quot;&gt;31&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Du reste, il suffit d’observer le parcours politique et maçonnique des fondateurs de la loge Qaysun pour confirmer l’introduction de nationalistes partisans du roi Faysal, exilé en Irak, et autres indépendantistes&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn32&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn32&quot; name=&quot;bodyftn32&quot;&gt;32&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn31&quot;&gt;31&amp;nbsp;- A.D.N., fonds Beyrouth, 1er versement, carton n°&amp;nbsp;949, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn32&quot;&gt;32&amp;nbsp;- G.L.D.F, carton n°&amp;nbsp;506, loge Qaysun, Tableau des (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn17&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;17&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ainsi parmi ces derniers peuvent être cités&amp;nbsp;: Rida Mardam bey membre du parti monarchique et de la réforme, Nassib Bakri et Fakhri Barudi dirigeants du Bloc Nationaliste à Damas, Musali ‘Abdallah nationaliste, Ibrahim Hananu, commandant de la révolte en 1920 puis chef emblématique du mouvement nationaliste jusqu’à sa mort en décembre 1935, Saadallah al-Jabri futur cadre du Bloc à Alep et bras droit de Hananu, Zaki Sukkar, anti-mandataire aux ordres du parti nationaliste et proche de Nassib Bakri, Najib Rayis journaliste au quotidien d’opposition &lt;i&gt;al-Qabas&lt;/i&gt;, enfin Bitar Husni, responsable de l’organisation paramilitaire nationaliste des Chemises de Fer&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn33&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn33&quot; name=&quot;bodyftn33&quot;&gt;33&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; en 1936 comme les deux précédents, seul Muhammad ‘Ali al-’Abid soutiendra le ministère pro mandataire de Taj al-Din&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn34&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn34&quot; name=&quot;bodyftn34&quot;&gt;34&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Excepté le dernier, tous participent en 1936 au mouvement contestataire qui oblige la France à négocier l’avènement d’un gouvernement nationaliste qui perdure jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn33&quot;&gt;33&amp;nbsp;- L’organisation des Chemises de Fer est créée en (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn34&quot;&gt;34&amp;nbsp;- G.L.D.F, carton n°&amp;nbsp;506, loge Qaysun, Tableau annuel (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;h1&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom6&quot; id=&quot;tocto6&quot; name=&quot;tocto6&quot;&gt;II - La somme des mécontentements&lt;/a&gt;&lt;/h1&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn18&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;18&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Les déceptions des frères syriens se situent à la croisée des prises de position de la maçonnerie française et d’une politique mandataire partiale et autoritaire éloignée de la vision mythique de la France et des principes qu’elle revendique dans les tribunes internationales. C’est bien ces inadéquations qui provoquent désillusions et oppositions dans les rangs des maçons syriens notamment parmi les nationalistes.&lt;/p&gt; &lt;h2&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom7&quot; id=&quot;tocto7&quot; name=&quot;tocto7&quot;&gt;L’autoritarisme mandataire&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn19&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;19&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Dans les premières années du mandat, outre les restrictions qu’il apporte à la souveraineté des forces politiques syriennes, le Haut-Commissariat use et abuse de procédés exceptionnels et autoritaires. Entre 1920 et 1925, l’opposition nationaliste et la résistance armée sont violemment réprimées alors que la justice politique est exécutée par les cours martiales. Enfin en 1925, le bombardement de Damas du 20 octobre et la gestion politique de la Grande Révolte sapent un peu plus l’image de la France en particulier lors de l’interdiction du Parti du Peuple et des arrestations et déportations de ses dirigeants pour leur nationalisme actif&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn35&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn35&quot; name=&quot;bodyftn35&quot;&gt;35&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Parmi eux, nombreux sont francs-maçons comme Najib Rayyis et Nasib Bakri de la loge Qaysun de Damas, Faris Khuri ministre nationaliste du gouvernement syrien et membre éminent de la loge écossaise &lt;i&gt;Lumières de Damas&lt;/i&gt;, Husni Barazi lui aussi ministre et frère à la loge &lt;i&gt;Orantes&lt;/i&gt; de Hama ainsi que Fawzi Ghazi et Saadallah Jabri de la loge &lt;i&gt;Fleur de l’Oronte&lt;/i&gt; d’Alep, enfin ‘Abd al-Rahman Shahbandar chef de la rébellion et affilié avec Khuri à la loge écossaise de Damas&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn36&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn36&quot; name=&quot;bodyftn36&quot;&gt;36&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; De même, la suspension du quotidien de langue arabe &lt;i&gt;Al-Missak&lt;/i&gt;, journal accusé de propagande maçonnique, sous la publication de Sharaf al-Din al-Faruki, vénérable de la loge La Renaissance, provoque une grande déception chez les «&amp;nbsp;&lt;i&gt;syriens libéraux&lt;/i&gt;&amp;nbsp;»&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn37&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn37&quot; name=&quot;bodyftn37&quot;&gt;37&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Cette série d’agissements du pouvoir mandataire explique, en grande partie, l’accroissement du nombre des démissions parmi les frères des loges d’obédiences françaises autour de 1928 (voir graphique 2).&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn35&quot;&gt;35&amp;nbsp;- Bokova Lenka, La confrontation franco-syrienne à (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn36&quot;&gt;36&amp;nbsp;- Khoury Philip S., Syria and the French Mandate, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn37&quot;&gt;37&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°&amp;nbsp;507, correspondance, loge La (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn20&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;20&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Même les maçons les plus francophiles ressentent la politique autoritaire de la France comme un abandon. Notamment quand Édouard Herriot, président du Conseil des ministres, déclare que la constitution syrienne sera élaborée directement par le gouvernement français en consultant des chefs religieux, des représentants des Chambres de commerce et les conseils représentatifs en dehors de toute représentation des partis politiques&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn38&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn38&quot; name=&quot;bodyftn38&quot;&gt;38&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; De plus, les francs-maçons, d’après le témoignage du vénérable de la loge La Sagesse, reprochent aux Hauts-Commissaires l’amenuisement des nombreux postes de la fonction publique offerts aux candidatures des frères maçons&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn39&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn39&quot; name=&quot;bodyftn39&quot;&gt;39&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Enfin, l’ignorance, l’incapacité et la partialité affichées par certains fonctionnaires français parachèvent l’exaspération des maçons qui dénoncent des comportements contribuant à favoriser une situation préjudiciable à l’action de la France en Orient&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn40&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn40&quot; name=&quot;bodyftn40&quot;&gt;40&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn38&quot;&gt;38&amp;nbsp;- Le Temps du 7 mai 1925. Bokova Lenka, La confrontation (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn39&quot;&gt;39&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°493, correspondance, loge La (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn40&quot;&gt;40&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°506, correspondance, loge Qaysun à (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn21&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;21&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Cette politique ne laisse aucune perspective à cours terme pour une quelconque émancipation pourtant inscrite dans la charte du mandat. Dans ce contexte, alors que la France prétend introduire un colonialisme teinté de morale et de mission civilisatrice&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn41&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn41&quot; name=&quot;bodyftn41&quot;&gt;41&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;,&lt;/span&gt; la maçonnerie française n’adopte pas au Levant une attitude nette dans le débat entre dominants et dominés sur le terrain du colonialisme et de l’indépendance&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn42&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn42&quot; name=&quot;bodyftn42&quot;&gt;42&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Le comportement de l’administration mandataire nuit au prestige de la maçonnerie française provoquant le détachement des frères, ce que constate à ses dépens la loge Qaysun qui enregistre une diminution du nombre de ses membres à partir de 1927 (voir tableau 3).&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn41&quot;&gt;41&amp;nbsp;- Slugett Peter, &quot;The Mandate in Iraq and in (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn42&quot;&gt;42&amp;nbsp;- Dagher Georges, 2003, n°&amp;nbsp;69, p. 9. (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;titreillustration&quot;&gt; &lt;p class=&quot;titreillustration&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Tableau 3 : Évolution du nombre de membres de la loge Qaysun&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textIcon&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/image.html?source=docannexe/image/1178/img-3.jpg&amp;amp;titlepos=up&quot; onclick=&quot;window.open(this.href, '', 'top=0, left=0, width=724, height=369, resizable=yes, scrollbars=yes'); return false;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/docannexe/image/1178/img-3-small461.jpg&quot; alt=&quot;Image4&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/image.html?source=docannexe/image/1178/img-3.jpg&amp;amp;titlepos=up&quot; class=&quot;fullSize&quot; onclick=&quot;window.open(this.href, '', 'top=0, left=0, width=724, height=369, resizable=yes, scrollbars=yes'); return false;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/magnify.png&quot; alt=&quot;Agrandir&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;legendeillustration&quot;&gt; &lt;p class=&quot;legendeillustration&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Sources&amp;nbsp;: G.L.D.F., carton 506(a) : La loge Qaysun conteste le chiffre de 165 membres donné par la situation du 21/12/1933 et rectifie par 131 notamment pour limiter certainement les cotisations à reverser à la Grande Loge de France. G.L.D.F., Carton n°&amp;nbsp;506, Correspondance, loge Qaysun à G.L.D.F., Damas, 25 août 1934.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;h2&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom8&quot; id=&quot;tocto8&quot; name=&quot;tocto8&quot;&gt;L’influence cléricale&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn22&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;22&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Pour le vénérable de la loge &lt;i&gt;La Sagesse&lt;/i&gt;, les maçons de cet atelier perçoivent la politique des premiers hauts-commissaires, Gouraud et Weygand, comme une entreprise permettant au clergé d’exercer influence et ascendant sur les populations. Les membres de cet atelier réclament « &lt;i&gt;aux responsables de la politique française, pour contrer cette influence, de suivre une politique purement laïque inspirée des tendances libérales professées dans les pays démocratiques, exempte de tout caractère religieux&lt;/i&gt;&amp;nbsp;»&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn43&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn43&quot; name=&quot;bodyftn43&quot;&gt;43&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn43&quot;&gt;43&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°493, correspondance, loge La (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn23&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;23&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En janvier 1921, une correspondance du frère Blancher, demeurant alors au Levant, adressée au Grand Orient de France, rapporte l’indignation des loges syriennes face à la propagande des missions jésuites agissant sur la politique cléricale de la France en Syrie. Toujours selon cette lettre, la France, y est désignée comme «&amp;nbsp;&lt;i&gt;le soldat du pape&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» par son soutien à la minorité maronite. Par l’intermédiaire de son administration mandataire, la République favorise ainsi «&amp;nbsp;&lt;i&gt;l’influence néfaste&lt;/i&gt;&amp;nbsp;» des cléricaux et suscite l’opposition des musulmans&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn44&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn44&quot; name=&quot;bodyftn44&quot;&gt;44&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; voire des autres communautés non catholiques.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn44&quot;&gt;44&amp;nbsp;- G.O.D.F., Conseil de l’ordre, M. Blanchet, 2 février (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn24&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;24&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Cette influence des cléricaux semble pour les maçons une des causes principales de la politique de «&amp;nbsp;&lt;i&gt;colonisation&amp;nbsp;&lt;/i&gt;» brutale et réactionnaire menée par l’administration mandataire&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn45&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn45&quot; name=&quot;bodyftn45&quot;&gt;45&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Malgré les avertissements de certains ateliers, l’échec de la politique d’ouverture et libérale du Haut-Commissaire Sarrail entamée en 1925 est attribué, toujours selon le vénérable de la loge &lt;i&gt;La Sagesse&lt;/i&gt;, pour raison principale, à l’ascendant du clergé voulu par la France depuis les premiers jours de l’occupation française&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn46&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn46&quot; name=&quot;bodyftn46&quot;&gt;46&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Pour tenter de contrer cette propagande cléricale, la Grande Loge de France propose d’appuyer l’œuvre de la Mission laïque&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn47&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn47&quot; name=&quot;bodyftn47&quot;&gt;47&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;dans un esprit commun de conquête intellectuelle et culturelle contre les congrégations notamment au travers de l’enseignement. D’ailleurs en 1925, comme la Maçonnerie, la Mission laïque se plait de cette influence, dans l’administration mandataire, des forces religieuses catholiques constituées par les Maronites et les Jésuites &lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn48&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn48&quot; name=&quot;bodyftn48&quot;&gt;48&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn45&quot;&gt;45&amp;nbsp;- Ibid.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn46&quot;&gt;46&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°493, correspondance, loge La (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn47&quot;&gt;47&amp;nbsp;- G.D.L.F, Conseil fédéral, M. Berget, 19 juin 1905, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn48&quot;&gt;48&amp;nbsp;- Deguilhem Randi, &quot;Impérialisme, colonisation (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;h2&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom9&quot; id=&quot;tocto9&quot; name=&quot;tocto9&quot;&gt;Incompréhensions et inadéquations&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn25&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;25&amp;nbsp;&lt;/span&gt;À l’assemblée générale annuelle de 1923 du Grand Orient de France, la commission conventuelle rapporte la nécessité de pratiquer une politique souple d’association pour permettre une assimilation progressive et totale car, en fait, «&amp;nbsp;&lt;i&gt;les indigènes ne demanderaient pas l’autonomie ni l’assimilation, mais une association pour transformer leur système d’assujettissement&amp;nbsp;&lt;/i&gt;»&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn49&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn49&quot; name=&quot;bodyftn49&quot;&gt;49&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Cette théorie du Grand Orient s’inscrit dans le cadre d’une maçonnerie outremer constituée essentiellement de colons, fonctionnaires résidants ou militaires français. Mais le cas du Levant se situe dans un contexte théorique différent avec des frères presque exclusivement locaux soumis à une tutelle mandataire et non pas à une domination de type protectorat ou colonial. Cette domination mandataire particulière laisse légitimement entrevoir et espérer une émancipation politique relativement proche même si, dans les faits et aux dépens des frères syriens, elle reste finalement une pure manifestation coloniale. Dans l’espoir d’une perspective favorable, les loges syriennes ne cessent de rappeler aux obédiences françaises leurs revendications légitimes dues au statut même du mandat.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn49&quot;&gt;49&amp;nbsp;- Odo Georges, La Franc-Maçonnerie dans les colonies (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn26&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;26&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En conséquence, en juin 1926, la loge &lt;i&gt;Fleur de l’Oronte&lt;/i&gt; envoie au Grand Orient de France par l’intermédiaire de son vénérable Hassan Musli une lettre manuscrite indiquant point par point les revendications des francs-maçons. Ces points rejoignent les principales demandes des nationalistes exprimées depuis le début des années 1920 dont les premières des revendications concernent l’application de la liberté et de la démocratie.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn27&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;27&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Dans le détail, ces francs-maçons demandent aussi la réalisation de l’unité syrienne en refusant tout découpage du pays décrété par la puissance mandataire. L’institution d’un Parlement librement élu par le suffrage universel, dont les députés détiendraient l’autorité de fixer la forme du gouvernement, parachèverait le processus d’autodétermination. Ils réclament enfin la suppression de la censure et le rétablissement de la liberté de réunion et de la presse ainsi que l’amnistie générale des condamnés politiques&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn50&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn50&quot; name=&quot;bodyftn50&quot;&gt;50&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn50&quot;&gt;50&amp;nbsp;- G.O.D.F., carton n°&amp;nbsp;685, correspondance, loge Fleur (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn28&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;28&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ce décalage entre les attentes des loges syriennes et les intentions des obédiences françaises se confirme finalement en 1927, quand les deux puissances maçonniques françaises proposent un programme en treize articles. De ces derniers, seul l’appui aux œuvres laïques par les gouvernements coloniaux s’accorde avec les revendications des maçons syriens qui pourtant seraient en droit d’espérer mieux après les déclarations formulées, dès le départ de l’administration ottomane&amp;nbsp;en 1916, par le Conseil de l’Ordre qui propose alors d’évacuer le Levant «&amp;nbsp;&lt;i&gt;simplement et totalement afin de permettre aux Syriens de choisir librement leur gouvernement&lt;/i&gt;&amp;nbsp;»&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn51&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn51&quot; name=&quot;bodyftn51&quot;&gt;51&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn51&quot;&gt;51&amp;nbsp;- G.O.D.F., Conseil de l’ordre, M. Blanchet, 2 février (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn29&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;29&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Face aux appels de la majorité des loges, le Grand Orient de France, même s’il partage les critiques des maçons syriens concernant des dysfonctionnements dans l’application du mandat, conseille, malgré tout, de poursuivre la collaboration avec l’administration française qui resterait garante d’une aide positive pour tout gouvernement syrien futur. En revanche, l’obédience française condamne toute activité hostile au mandat français&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn52&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn52&quot; name=&quot;bodyftn52&quot;&gt;52&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Ainsi le Grand Orient exhorte les maçons syriens à s’aligner derrière la puissance mandataire dans une entreprise de coopération coloniale.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn52&quot;&gt;52&amp;nbsp;- A.J.B., dossier n°&amp;nbsp;9B10, Sûreté générale, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn30&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;30&amp;nbsp;&lt;/span&gt;C’est la loge &lt;i&gt;Fleur de l’Oronte&lt;/i&gt; qui permet de conclure sur ces mécontentements part un rapport adressé au Grand Orient de France expliquant la raison du malaise entre les maçons syriens et la France et ce sentiment d’impuissance, voire de tolérance sur l’application de la politique française en Syrie. Les frères de cet atelier dénoncent l’attitude de la France, loin des principes de libéralisme et de générosité, qu’elle revendique et que les maçons syriens percevaient jusqu’alors&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn53&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn53&quot; name=&quot;bodyftn53&quot;&gt;53&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Déception d’autant plus grande que la maçonnerie syrienne accuse, de plus en plus, les loges françaises de ne jamais rendre service aux ateliers locaux, leur seul souci consistant à percevoir les droits d’inscription.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn53&quot;&gt;53&amp;nbsp;- G.O.D.F., carton n°&amp;nbsp;1121, correspondance, loge Fleur (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn31&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;31&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En fait, jusqu’en 1936, les propositions des obédiences françaises n’ont toujours pas évolué vers un soutien à la voie de l’indépendance qui s’affirme comme la principale exigence&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn54&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn54&quot; name=&quot;bodyftn54&quot;&gt;54&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Seule la pression nationaliste lors des événements protestataires des premiers mois de 1936 suscite enfin la réaction de la maçonnerie française qui demande un rapport au vénérable de la loge La Renaissance sur les revendications des francs-maçons dans le débat politique afin d’agir favorablement en métropole pour convenir le plus rapidement possible d’un traité acceptable pour la France et la Syrie sur les conditions d’indépendance&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn55&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn55&quot; name=&quot;bodyftn55&quot;&gt;55&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn54&quot;&gt;54&amp;nbsp;- Odo Georges, La Franc-Maçonnerie dans les colonies (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn55&quot;&gt;55&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°&amp;nbsp;507, Rapport sur les derniers (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;h1&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom10&quot; id=&quot;tocto10&quot; name=&quot;tocto10&quot;&gt;III - Formes et aspects des rejets&lt;/a&gt;&lt;/h1&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn32&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;32&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Les conséquences de ces différends provoquent de multiples formes de rejets&amp;nbsp;: le départ de frères vers d’autres obédiences, la création de nouvelles loges et la prise de contrôle de certains ateliers par les nationalistes anti-mandataires. Ces rejets induisent une réaction financière qui signifie l’état de santé et du dynamisme de la maçonnerie française en Syrie.&lt;/p&gt; &lt;h2&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#tocfrom11&quot; id=&quot;tocto11&quot; name=&quot;tocto11&quot;&gt;Impasse financière&lt;/a&gt;&lt;/h2&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn33&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;33&amp;nbsp;&lt;/span&gt;La lecture des comptes ne laisse aucune équivoque et ne peut cacher une crise profonde. Cette dernière se situe au croisement de cotisations annuelles toujours plus élevées et le départ continu de frères entre 1928 et 1939. Du reste, dès 1929 et en 1936 la loge Fleur de l’Oronte rappelle au Grand Orient de France que toutes les loges sous son obédience rencontrent de grandes difficultés budgétaires insoupçonnées en France&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn56&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn56&quot; name=&quot;bodyftn56&quot;&gt;56&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; L’analyse des trésoreries des principales loges montre, en effet, de graves dérives dans les comptes des exercices annuels. Ainsi, ces difficultés financières sont consécutives au gonflement des dettes des ateliers envers la Grande Loge et le Grand Orient de France. Pour exemple, la loge Qaysun voit ses dettes augmenter d’environ 5&amp;nbsp;000 francs pour les exercices de 1930 et 1935 et atteindre finalement, entre 1931 et 1935, un passif cumulé de plus de 11&amp;nbsp;000 francs (voir détail Tableau&amp;nbsp;4)&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn57&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn57&quot; name=&quot;bodyftn57&quot;&gt;57&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn56&quot;&gt;56&amp;nbsp;- G.O.D.F., carton n°&amp;nbsp;1121, correspondance, loge Fleur (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn57&quot;&gt;57&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°&amp;nbsp;506, Correspondance n°&amp;nbsp;56, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;titreillustration&quot;&gt; &lt;p class=&quot;titreillustration&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Tableau&amp;nbsp;4 : Dettes financières de la loge Qaysun envers la G.L.D.F.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/docannexe/image/1178/img-4.jpg&quot; alt=&quot;Image5&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;legendeillustration&quot;&gt; &lt;p class=&quot;legendeillustration&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Source&amp;nbsp;: G.L.D.F., Carton n°506, Correspondance n°56, G.L.D.F à loge Qaysun., Damas, 31 janvier 1936.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn34&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;34&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Malgré les protestations des francs-maçons qui prétextent l’impossibilité de souscrire à une telle majoration des cotisations annuelles versées aux obédiences françaises, ces dernières, dans un contexte mondial de crise économique toujours présente après 1929, refusent toute exonération, exemption ou baisse des capitations supplémentaires&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn58&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn58&quot; name=&quot;bodyftn58&quot;&gt;58&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Les dettes affectent l’ensemble des ateliers français au Levant, de la loge &lt;i&gt;Fleur de l’Oronte&lt;/i&gt; à &lt;i&gt;La Renaissance&lt;/i&gt; en passant par la loge &lt;i&gt;Qaysun.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn58&quot;&gt;58&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°&amp;nbsp;507, correspondance, loge La (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn35&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;35&amp;nbsp;&lt;/span&gt;En fait ces difficultés financières s’inscrivent dans une lutte acharnée que se livrent les obédiences pour attirer le plus possible de frères dans leurs ateliers. Les montants des cotisations annuelles servent les politiques concurrentielles et provoquent les démissions d’adhérents qui contribuent à une diminution des effectifs et donc l’accumulation des déficits budgétaires des loges fragilisées par ce mouvement. En effet, en 1936, la Grande Loge de France demande à ses ateliers une cotisation annuelle de 60 francs alors que les autres membres des ateliers de l’obédience égyptienne payent un maximum de 5 francs. De leur côté, les affiliés aux obédiences américaines sont exonérés de frais de capitation et leurs ateliers subventionnés. Enfin les nouvelles loges créées ou rattachées soit à au Grand Orient libano syrien soit au Grand Orient syrien ne sont assujetties à aucune obligation pécuniaire&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn59&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn59&quot; name=&quot;bodyftn59&quot;&gt;59&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1178.html#ftn59&quot;&gt;59&amp;nbsp;- G.L.D.F., carton n°&amp;nbsp;506, correspondance à Colaveri (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;
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        <title>Usages et acculturation de la Franc-maçonnerie dans les milieux intellectuels arabes à la fin du XIXe siècle à travers l</title>
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        <updated>2008-05-07T20:03:14+02:00</updated>
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        <summary>  Usages et acculturation de la Franc-maçonnerie dans les milieux...</summary>
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           &lt;h2&gt;Usages et acculturation de la Franc-maçonnerie dans les milieux intellectuels arabes à la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;&amp;nbsp;siècle à travers l’exemple de Jurji Zaydan (1861-1914)&lt;/h2&gt; &lt;div id=&quot;pres-auteurs&quot;&gt;Anne-Laure &lt;span class=&quot;nomfamille&quot;&gt;Dupont&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=&quot;navArticle&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#resume&quot;&gt;Résumé&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#abstract&quot;&gt;Abstract&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#entrees&quot;&gt;Index&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#plan&quot;&gt;Plan&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#texte&quot;&gt;Texte&lt;/a&gt; | &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#notes&quot;&gt;Notes&lt;/a&gt;&amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#citation&quot;&gt;Citation&lt;/a&gt; &amp;nbsp;| &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#auteur&quot;&gt;Auteur&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div id=&quot;buttons&quot;&gt; &lt;ul id=&quot;Widgets&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/signaler1175.html&quot; style=&quot;outline-style: none&quot; id=&quot;WSendTo&quot; title=&quot;Signaler ce document&quot; name=&quot;WSendTo&quot;&gt;Signaler ce document&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;ul id=&quot;navDocument&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/sommaire1154.html&quot; id=&quot;goParent&quot; title=&quot;Sommaire&quot; name=&quot;goParent&quot;&gt;Sommaire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1174.html&quot; id=&quot;goPrev&quot; title=&quot;Article précédent&quot; name=&quot;goPrev&quot;&gt;Article&amp;nbsp;précédent&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1176.html&quot; id=&quot;goNext&quot; title=&quot;Article suivant&quot; name=&quot;goNext&quot;&gt;Article&amp;nbsp;suivant&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div id=&quot;docBody&quot; class=&quot;article normal&quot;&gt; &lt;h4 id=&quot;resume&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#global&quot; class=&quot;backTop&quot; title=&quot;Haut de page&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/go-top.gif&quot; height=&quot;13&quot; width=&quot;13&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Résumé&lt;/h4&gt; &lt;div class=&quot;resume&quot;&gt; &lt;p class=&quot;resume&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;Célèbre écrivain d’origine syrienne dont la carrière se déroula en Egypte, Jurjî Zaydân fut reçu dans la Franc-maçonnerie et en publia la première histoire écrite en arabe en 1889. Son initiation est le résultat d’amitiés nouées au &lt;i&gt;Syrian Protestant College&lt;/i&gt; de Beyrouth et ne peut être dissociée de son engagement dans la vie associative sous toutes ses formes. A travers lui s’observe le processus par lequel les idéaux et la sociabilité maçonniques ont rejoint un projet élitiste de réforme morale et culturelle adapté aux besoins de la société arabe et musulmane.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;h4 id=&quot;abstract&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#global&quot; class=&quot;backTop&quot; title=&quot;Haut de page&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/go-top.gif&quot; height=&quot;13&quot; width=&quot;13&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Abstract&lt;/h4&gt; &lt;div class=&quot;resume&quot;&gt; &lt;p class=&quot;abstract&quot; dir=&quot;ltr&quot; lang=&quot;en-GB&quot; xml:lang=&quot;en-GB&quot;&gt;Jurjî Zaydân is a famous writer of Syrian origin who settled and worked in Egypt. As a free mason, he published in 1889 the first book written in Arabic about the history of Freemasonry. He was initiated through the acquaintances he had in the Syrian Protestant College of Beirut, being simultaneously a member of various scientific and educational societies. Through him, one may understand how an intellectual elite adapted the Masonic ideals and organisation to elaborate a program aiming at the moral and cultural reform of the Arab Moslem society.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;h4 id=&quot;entrees&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#global&quot; class=&quot;backTop&quot; title=&quot;Haut de page&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/go-top.gif&quot; height=&quot;13&quot; width=&quot;13&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Index&lt;/h4&gt; &lt;div class=&quot;entrees&quot;&gt; &lt;dl&gt; &lt;dt&gt;Mots clés&amp;nbsp;:&lt;/dt&gt; &lt;dd&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1128.html?langue=fr&quot;&gt;associations&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1127.html?langue=fr&quot;&gt;AUB&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree888.html?langue=fr&quot;&gt;Egypte&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree557.html?langue=fr&quot;&gt;émigration&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1130.html?langue=fr&quot;&gt;intellectuels arabes&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1125.html?langue=fr&quot;&gt;Liban&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1119.html?langue=fr&quot;&gt;Nahda&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree739.html?langue=fr&quot;&gt;réformisme&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1129.html?langue=fr&quot;&gt;sociétés savantes&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1124.html?langue=fr&quot;&gt;Syrie&lt;/a&gt;&lt;/dd&gt; &lt;/dl&gt; &lt;dl&gt; &lt;dt&gt;Keywords&amp;nbsp;:&lt;/dt&gt; &lt;dd&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/entree1189.html?langue=en&quot;&gt;Zyriane Protestant College&lt;/a&gt;&lt;/dd&gt; &lt;/dl&gt; &lt;/div&gt; &lt;h4 id=&quot;plan&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#global&quot; class=&quot;backTop&quot; title=&quot;Haut de page&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/go-top.gif&quot; height=&quot;13&quot; width=&quot;13&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Plan&lt;/h4&gt; &lt;div id=&quot;toc&quot;&gt; &lt;div class=&quot;toc_section1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#tocto1&quot; name=&quot;tocfrom1&quot; id=&quot;tocfrom1&quot;&gt;La franc-maçonnerie, un élément structurant du réseau de Jurjî Zaydân&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#tocto2&quot; name=&quot;tocfrom2&quot; id=&quot;tocfrom2&quot;&gt;Idéal maçonnique et projet réformiste, convergences et échanges&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;toc_section1&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#tocto3&quot; name=&quot;tocfrom3&quot; id=&quot;tocfrom3&quot;&gt;Une franc-maçonnerie arabisée&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;/div&gt; &lt;h4 id=&quot;texte&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#global&quot; class=&quot;backTop&quot; title=&quot;Haut de page&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://cdlm.revues.org/images/go-top.gif&quot; height=&quot;13&quot; width=&quot;13&quot; /&gt;&lt;/a&gt; Texte intégral&lt;/h4&gt; &lt;div class=&quot;texte&quot;&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn1&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;1&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Jurjî Zaydân est un célèbre homme de lettres arabe, qui, comme il était courant en son temps, s’intéressa à tous les métiers de la culture&amp;nbsp;: l’enseignement, l’imprimerie, l’édition, le journalisme et la littérature&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn1&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn1&quot; name=&quot;bodyftn1&quot;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Né à Beyrouth en 1861 dans une famille chrétienne grecque-orthodoxe d’origine paysanne et illettrée, autodidacte, il commença des études de médecine en 1881 puis, sans les achever, émigra en Egypte où il se reconvertit dans une carrière littéraire. Un temps professeur d’arabe, il fonda au Caire en 1891 une imprimerie qui lui permit de vivre complètement de sa plume. Le fleuron en était une revue de culture générale, &lt;i&gt;Al-Hilâl (Le Croissant),&lt;/i&gt; lancée dès septembre 1892 et toujours publiée de nos jours. Elle donna bientôt son nom à toute l’entreprise -&lt;i&gt;Dâr al-Hilâl&lt;/i&gt;, les éditions du Croissant- devenue peu à peu une des plus florissantes maisons d’édition de tout le monde arabe. Jurjî Zaydân se fit connaître, en outre, par des travaux d’érudition historique dont les plus fameux sont l’&lt;i&gt;Histoire de la civilisation islamique (Târîkh al-tamaddun al-islâmî,&lt;/i&gt; 5 volumes, 1902-1906), et l’&lt;i&gt;Histoire de la littérature arabe (Târîkh âdâb al-lugha al-‘arabiyya,&lt;/i&gt; 4 volumes, 1911-1914)&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; Fort appréciés dans les milieux cultivés jusque dans les années 1950 ou 1960, ces livres n’obtinrent cependant jamais le succès remporté par les vingt-deux romans historiques de leur auteur, situés pour l’essentiel dans le monde musulman des origines au XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; siècle.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn1&quot;&gt;1&amp;nbsp;- Sur ce personnage, voir Anne-Laure Dupont, Jurjî (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn2&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;2&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Touche-à-tout de la littérature, Jurjî Zaydân n’en poursuivait pas moins un but cohérent&amp;nbsp;: instruire ses lecteurs de leur langue et de leur histoire et parachever leur éducation morale et civique. Il assumait pleinement un rôle d’&lt;i&gt;«&amp;nbsp;écrivain généraliste&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(kâtib ‘âmm)&lt;/i&gt; s’adressant prioritairement au commun des lecteurs &lt;i&gt;(al-‘âmma)&lt;/i&gt; –dont le nombre, certes limité en valeurs absolues, allait s’élargissant. Il se sentait investi de la mission de les guider moralement et intellectuellement et de leur faire prendre conscience de leur appartenance à une collectivité nationale &lt;i&gt;(umma)&lt;/i&gt; encore mal définie, qui pouvait être tout à la fois, syrienne, égyptienne, arabe et ottomane. Ecrivain moraliste, &lt;i&gt;«&amp;nbsp;instituteur&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; de la nation, il recherchait, à l’instar des lettrés modernistes de son temps, le progrès &lt;i&gt;(al-taqaddum)&lt;/i&gt; ou le perfectionnement &lt;i&gt;(al-islâh)&lt;/i&gt; intellectuel, moral et social.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn3&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;3&amp;nbsp;&lt;/span&gt;La tâche était rendue urgente par le développement des échanges avec les nations occidentales, des échanges parfois féconds mais de plus en plus inégaux. Cette inégalité se manifestait non seulement dans la domination économique, militaire et politique des puissances coloniales européennes, mais aussi dans l’occidentalisation de la vie quotidienne. Pour combler une telle inégalité, pour rattraper le retard par rapport aux Occidentaux, il fallait donc penser une réforme globale, touchant tous les domaines de la vie individuelle et collective&amp;nbsp;: la famille, la culture, la langue arabe, &lt;i&gt;«&amp;nbsp;le caractère oriental&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(al-akhlâq)&lt;/i&gt;, la société, la religion. Il s’agissait d’utiliser les armes des Occidentaux sans s’assimiler à eux, prendre ce qu’ils avaient de meilleur sans les imiter. Jurjî Zaydân était partie prenante de ce projet réformiste. C’est à ces conditions, pensait-il, que pourrait s’engager une véritable &lt;i&gt;«&amp;nbsp;Renaissance&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(Nahda)&lt;/i&gt;, un concept promis à un grand avenir, dont toute son œuvre est remplie et qu’il contribua à populariser.&lt;/p&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn4&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;4&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Le but que poursuivait Jurjî Zaydân et la façon dont il le formulait n’étaient pas étrangers à son affiliation à la Franc-maçonnerie, qui est avérée à la fin des années 1880 au moment de son installation définitive au Caire, mais remonte probablement au début de la décennie, alors qu’il faisait encore des études à Beyrouth dans le sillage des missionnaires protestants américains. Jurjî Zaydân était suffisamment engagé dans la fraternité pour lui consacrer l’un de ses premiers livres, une &lt;i&gt;Histoire générale de la Franc-maçonnerie des origines à nos jours (Târîkh al-mâsûniyya al-‘âmm mundhu nash’ati-hâ ilâ hadhâ&amp;nbsp;l-yawm),&lt;/i&gt; écrite dans un but apologétique. Parue en 1889, elle était alors à peu près sans égale en langue arabe&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn2&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn2&quot; name=&quot;bodyftn2&quot;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn2&quot;&gt;2&amp;nbsp;- L’édition utilisée dans le présent article est la (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn5&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;5&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Très présente dans les débuts de la carrière de Zaydân, la Franc-maçonnerie contribua de toute évidence à l’insérer dans un réseau intellectuel dont le cœur était à Beyrouth et qui se prolongeait au Caire. Elle le conforta dans sa posture d’écrivain à la fois au-dessus de la &lt;i&gt;«&amp;nbsp;masse&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(al-‘âmma)&lt;/i&gt; et à son service, et nourrit son projet et son vocabulaire réformistes. Zaydân, en somme, sut user de la Franc-maçonnerie pour la mettre au service de sa carrière et de son idéal d’écrivain. Il était dans une &lt;i&gt;«&amp;nbsp;stratégie&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; d’appropriation, que confirme l’existence même de son livre, relatant en arabe une histoire de la Franc-maçonnerie écrite jusque là dans des langues étrangères. Il témoigne ainsi d’un processus d’arabisation linguistique et culturelle de la Franc-maçonnerie, typique du mouvement qu’est fondamentalement la &lt;i&gt;Nahda,&lt;/i&gt; un mouvement tout à la fois d’ouverture à la &lt;i&gt;«&amp;nbsp;civilisation moderne&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; en sa forme occidentale &lt;i&gt;(al-tamaddun al-hadîth)&lt;/i&gt; et de reconstruction identitaire&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn3&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn3&quot; name=&quot;bodyftn3&quot;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn3&quot;&gt;3&amp;nbsp;- Etymologiquement, le mot nahda, construit sur la racine (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;h1&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#tocfrom1&quot; id=&quot;tocto1&quot; name=&quot;tocto1&quot;&gt;La franc-maçonnerie, un élément structurant du réseau de Jurjî Zaydân&lt;/a&gt;&lt;/h1&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn6&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;6&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Les premiers contacts de Jurjî Zaydân avec des francs-maçons remontent au tout début des années 1880, au moment, où, âgé d’une vingtaine d’années, il devint étudiant au Département de médecine du &lt;i&gt;Syrian Protestant College&lt;/i&gt; de Beyrouth. Cet établissement, rebaptisé en 1920 &lt;i&gt;American University of Beirut (AUB)&lt;/i&gt;, avait été fondé en 1866 par une société missionnaire presbytérienne de New York, déjà présente en Syrie depuis les années 1820&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn4&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn4&quot; name=&quot;bodyftn4&quot;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. La vie associative des étudiants y était fortement encouragée. Ceux-ci avaient constitué une société savante qui, sous la présidence d’un professeur, leur permettait de débattre de sujets de société et les entraînait à l’art oratoire. Une branche de la &lt;i&gt;Young Christian Men’s Association (YMCA)&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn5&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn5&quot; name=&quot;bodyftn5&quot;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; était également active à Beyrouth depuis le début des années 1870, sous le nom d&lt;i&gt;’Association du Soleil de la bienfaisance&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(Jam‘iyyat Shams al-birr).&lt;/i&gt; En 1882, encore, Cornelius Van Dyck et John Wortabet, deux professeurs du collège fin arabisants et réputés pour leur protestantisme libéral et leur adhésion aux thèses de Darwin, patronnèrent une toute nouvelle &lt;i&gt;Académie orientale des sciences&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(al-Majma‘ al-‘ilmî al-sharqî)&lt;/i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn6&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn6&quot; name=&quot;bodyftn6&quot;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; Cette société savante s’intéressait avant tout à &lt;i&gt;«&amp;nbsp;la science et à l’industrie&amp;nbsp;»&lt;/i&gt;, deux sujets phares dans le milieu intellectuel proche des missionnaires américains. Ceux-ci possédaient une imprimerie sur laquelle, en plus de la production religieuse, étaient édités de nombreux manuels scientifiques traduits ou adaptés de l’anglais, et deux périodiques lancés en 1876 et 1877, &lt;i&gt;Al-Muqtataf (La Sélection) -&lt;/i&gt;une revue d’esprit encyclopédique sous-titrée «&amp;nbsp;journal scientifique et industriel&amp;nbsp;»-, et &lt;i&gt;Al-Tabîb (Le Médecin).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn4&quot;&gt;4&amp;nbsp;- Cf. Stephen Penrose Jr., That They May Have Life. The (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn5&quot;&gt;5&amp;nbsp;- Célèbre association protestante vouée à la (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn6&quot;&gt;6&amp;nbsp;- Jurjî Zaydân, Târîkh âdâb al-lugha (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn7&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;7&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Les jeunes gens engagés dans les associations éducatives et les sociétés savantes étaient aussi, pour certains, affiliés à la Franc-maçonnerie. Ils fréquentaient l’une ou l’autre des deux loges qui fonctionnaient à Beyrouth depuis les années 1860&amp;nbsp;: la loge &lt;i&gt;La Palestine&lt;/i&gt;, créée en 1862 sous l’obédience de la Grande Loge d’Ecosse, et sa concurrente depuis 1868, la loge &lt;i&gt;Le Liban&lt;/i&gt;, sous l’obédience du Grand Orient de France&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn7&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn7&quot; name=&quot;bodyftn7&quot;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Parmi les jeunes francs-maçons se trouvaient notamment les animateurs de toutes les activités éducatives et scientifiques du collège&amp;nbsp;: Ya‘qûb Sarrûf (1852-1927), Fâris Nimr (1856-1951), Shâhîn Makâryûs (1853-1910), et, dans une moindre mesure Iskandar al-Bârûdî (1856-1921), tous devenus de grands noms de l’histoire de la presse arabe. Diplômés du Département des sciences du &lt;i&gt;Syrian Protestant College&lt;/i&gt; respectivement en 1870 et 1874&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn8&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn8&quot; name=&quot;bodyftn8&quot;&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, Nimr et Sarrûf étaient restés attachés à l’établissement comme professeurs-assistants. C’étaient eux qui avaient fondé &lt;i&gt;l’Association du Soleil de la bienfaisance&lt;/i&gt; et lancé la revue &lt;i&gt;Al-Muqtataf&lt;/i&gt;, avec le concours actif de Shâhîn Makâryûs, un imprimeur de talent tôt entré au service de la mission américaine. C’étaient eux encore qui, pour prolonger la réflexion sur le développement scientifique et technique de la Syrie amorcée dans &lt;i&gt;Al-Muqtataf&lt;/i&gt;, faisaient fonctionner l&lt;i&gt;’Académie orientale des sciences&lt;/i&gt;. Après 1884, Sarrûf, Nimr et Makâryûs poursuivirent leur carrière de journalistes et d’éditeurs au Caire. Le premier y garda la responsabilité d’&lt;i&gt;Al-Muqtataf&lt;/i&gt;, l’une des revues arabes les plus lues de l’époque&amp;nbsp;; le second se tourna vers le journalisme politique avec le lancement du quotidien &lt;i&gt;Al-Muqattam&lt;/i&gt; (du nom d’une colline du Caire) en 1889&amp;nbsp;; quant au troisième, Shâhîn Makâryûs, il y fonda en 1886 un nouveau périodique, &lt;i&gt;Al-Latâ’if (Les Bons mots&lt;/i&gt;). Iskandar al-Bârûdî, de son côté, était un ancien instituteur des écoles missionnaires américaines devenu étudiant en médecine en 1879 et diplômé en 1883. Il comptait parmi les membres actifs du &lt;i&gt;Soleil de la bienfaisance&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;l’Académie orientale des sciences.&lt;/i&gt; Resté à Beyrouth, il finit par prendre en 1894 la responsabilité éditoriale du périodique &lt;i&gt;Al-Tabîb&lt;/i&gt;, à la place de son fondateur tout juste décédé, le Révérend George Post, professeur de médecine et membre de la faculté du &lt;i&gt;Syrian Protestant College&lt;/i&gt; &lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn9&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn9&quot; name=&quot;bodyftn9&quot;&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn7&quot;&gt;7&amp;nbsp;- Sur les premières loges de Beyrouth, cf. J. Zaydân, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn8&quot;&gt;8&amp;nbsp;- Le Département des sciences, l’un des premiers (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn9&quot;&gt;9&amp;nbsp;- Pour une première approche de ces personnages et des (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn8&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;8&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Nimr, Sarrûf, Makâryûs, Bârûdî, étaient donc francs-maçons. En 1881, à l’époque où Zaydân entrait au &lt;i&gt;Syrian Protestant College&lt;/i&gt;, ils étaient tous quatre membres de la loge &lt;i&gt;Le&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Liban.&lt;/i&gt; Makâryûs, un ancien de &lt;i&gt;La Palestine,&lt;/i&gt; y occupait même les fonctions de secrétaire&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn10&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn10&quot; name=&quot;bodyftn10&quot;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Il y avait de toute évidence une porosité entre leur loge et les associations qu’ils animaient. Le nom de l’Académie orientale des sciences &lt;i&gt;(al-Majma‘ al-‘ilmî al-sharqî)&lt;/i&gt; le suggère tout particulièrement&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; Celle-ci fut baptisée &lt;i&gt;«&amp;nbsp;majma‘&amp;nbsp;&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt; de préférence à «&amp;nbsp;&lt;i&gt;jam‘iyya&lt;/i&gt;&amp;nbsp;»&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; Les deux termes, construits à partir de la même racine, &lt;i&gt;jm‘,&lt;/i&gt; ont une signification assez proche&amp;nbsp;: &lt;i&gt;«&amp;nbsp;assemblée&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;société&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;association&amp;nbsp;».&lt;/i&gt; Flanqué de l’adjectif &lt;i&gt;«&amp;nbsp;‘ilmî&amp;nbsp;»&lt;/i&gt; &lt;i&gt;-«&amp;nbsp;savant&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;scientifique&amp;nbsp;»-&lt;/i&gt;, le mot &lt;i&gt;majma‘&lt;/i&gt; désigne couramment une société savante, une académie des sciences. Or il avait aussi été retenu par les francs-maçons arabes pour traduire le mot &lt;i&gt;«&amp;nbsp;chapitre&amp;nbsp;»,&lt;/i&gt; soit la réunion des hauts grades&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn11&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn11&quot; name=&quot;bodyftn11&quot;&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Ce qui n’est peut-être qu’une coïncidence mérite tout de même d’être relevé, dans la mesure où les chevilles ouvrières de l’Académie, Sarrûf et Nimr assistés d’un médecin non encore mentionné, Salîm Mawsilî, étaient tous francs-maçons. Il n’est pas question, certes, d’établir ici un lien institutionnel, que rien ne prouve, entre l’Académie orientale des sciences et la maçonnerie. Il s’agit plutôt de signaler une parenté, créée par des membres communs et un idéal de progrès partagé. La loge &lt;i&gt;Le Liban&lt;/i&gt; et les associations beyrouthines avaient des buts similaires&amp;nbsp;: diffuser la science, élever le niveau des connaissances, améliorer l’état social, moral et économique de la Syrie. Telle était du moins leur finalité avouée. Elles servirent aussi très certainement à contourner la censure qui s’exerça sur la presse et les débats politiques après la suspension de la jeune constitution ottomane en 1878 et les débuts d’un règne sans partage du Sultan Abdülhamîd II (1876-1909).&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn10&quot;&gt;10&amp;nbsp;- S. Sulaymân, op. cit., p. 82, 97-98, 122, 147, 153, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn11&quot;&gt;11&amp;nbsp;- Cf. J. Zaydân, Târîkh al-mâsûniyya, op. cit., (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn9&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;9&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Au début des années 1880, tout ce monde associatif baignait dans un climat de patriotisme syrien dont la figure tutélaire était Butrus al-Bustânî (1819-1884), une sommité de la vie intellectuelle beyrouthine restée proche de la mission et du collège américain&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn12&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn12&quot; name=&quot;bodyftn12&quot;&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Aux protestations d’amour envers la terre des ancêtres et la mère-patrie, se mêlaient opposition à la dictature hamidienne et exaltation d’une culture arabe distincte de la culture turque. L’agitation était sans doute encouragée par l’homme politique turc Midhat Pacha (1822-1884), père de la constitution ottomane et opposant notoire au Sultan Abdülhamîd, qui occupa le poste de gouverneur de Damas entre 1878 et 1881. Dans ce climat, le &lt;i&gt;Syrian Protestant College&lt;/i&gt; connaissait des remous. En 1880, ses assistants arabes, Fâris Nimr et Ya‘qûb Sarrûf, eurent très vraisemblablement une part de responsabilité dans les placards anonymes qui couvrirent les murs des grandes villes de Syrie pour dénoncer l’ordre turc et la dictature hamidienne&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn13&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn13&quot; name=&quot;bodyftn13&quot;&gt;13&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 9pt&quot;&gt;.&lt;/span&gt; En décembre 1882, le patriotisme entretenu dans les associations et les loges maçonniques s’exprima cette fois sur un terrain académique, dans un mouvement de grève des étudiants en médecine qui prirent prétexte du limogeage d’un professeur américain favorable aux thèses de Darwin pour revendiquer de nouvelles conditions de délivrance de leur diplôme. Ils donnèrent à leur mobilisation l’allure d’un mouvement de défense des intérêts de la jeunesse arabe face à la direction américaine de l’établissement d’une part et aux autorités ottomanes d’autre part&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn14&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn14&quot; name=&quot;bodyftn14&quot;&gt;14&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn12&quot;&gt;12&amp;nbsp;- Issu d’une vieille famille de lettrés libanais, (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn13&quot;&gt;13&amp;nbsp;- Cf. le témoignage de George Antonius, The Arab (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn14&quot;&gt;14&amp;nbsp;- S. Jeha, op. cit.&amp;nbsp;; &amp;nbsp;A. L. Dupont, op. cit., p. (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn10&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;10&amp;nbsp;&lt;/span&gt;La date d’admission de Jurjî Zaydân lui-même dans la Franc-maçonnerie ne nous est guère connue avec certitude. Nous savons par son propre témoignage qu’il participa aux activités de l&lt;i&gt;’Association du Soleil de la bienfaisance&lt;/i&gt; avant même de devenir étudiant au &lt;i&gt;Syrian Protestant College,&lt;/i&gt; et que, par la suite, il devint membre de &lt;i&gt;l’Académie orientale des sciences&lt;/i&gt;. Au collège, il se lia avec les éditeurs d’&lt;i&gt;Al-Muqtataf&lt;/i&gt;, revue qu’il avait lue quasiment depuis le premier numéro et qui avait beaucoup contribué à enrichir sa culture scientifique. Il avait par ailleurs une grande dette envers Iskandar al-Bârûdî, qui l’avait aidé à préparer le concours d’entrée au Département de médecine. Il s’investit enfin avec ardeur dans la grève de 1882, jusqu’à s’en faire le premier mémorialiste&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn15&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn15&quot; name=&quot;bodyftn15&quot;&gt;15&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Il laisse entendre assez clairement que si les étudiants surent alors organiser une mobilisation, c’est qu’ils avaient déjà pris l’habitude de se réunir au collège ou dans l&lt;i&gt;’Association du Soleil de la bienfaisance&lt;/i&gt; et, pour certains, dans les loges maçonniques&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn16&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn16&quot; name=&quot;bodyftn16&quot;&gt;16&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Il n’en reste pas moins discret sur sa propre affiliation. Ce qui est sûr, c’est que celle-ci correspond à son entrée dans un réseau d’amitiés et de soutiens constitué par les anciens du &lt;i&gt;Syrian Protestant College&lt;/i&gt; et qu’elle contribua à institutionnaliser ou à perpétuer des liens informels noués sur le campus et dans la mobilisation de 1882. La solidarité maçonnique se confond, dans son cas, avec des solidarités scolaires et beyrouthines -voire confessionnelles, beaucoup des anciens et des condisciples du &lt;i&gt;Syrian Protestant College&lt;/i&gt; dont il resta proche étant, comme lui, grecs-orthodoxes.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;sidenotes&quot;&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn15&quot;&gt;15&amp;nbsp;- Nous reprenons ici des éléments des mémoires de (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn16&quot;&gt;16&amp;nbsp;- Mudhakkirât Jurjî Zaydân, op. cit., p. 69. (...)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;textandnotes&quot;&gt; &lt;p class=&quot;texte&quot; dir=&quot;ltr&quot; id=&quot;pn11&quot; lang=&quot;fr-FR&quot; xml:lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;span class=&quot;paranumber&quot;&gt;11&amp;nbsp;&lt;/span&gt;Ces solidarités mêlées perdurèrent et se renforcèrent dans l’émigration. L’Egypte avait des séductions pour les jeunes intellectuels beyrouthins qui venaient y chercher des emplois à la mesure de leurs qualifications et de leurs ambitions, suivant en cela un mouvement migratoire ultra-marin qui touchait massivement les populations chrétiennes de Syrie et du Mont Liban. Zaydân lui-même partit à l’automne 1883, après avoir interrompu ses études au &lt;i&gt;Syrian Protestant College.&lt;/i&gt; Peut-être escomptait-il les reprendre au Caire à moindre coût qu’à Beyrouth&amp;nbsp;? Il déchanta cependant rapidement et, renonçant à son projet de devenir médecin, chercha à gagner sa vie, d’abord comme employé dans l’administration d’un journal politique, puis comme drogman dans l’une des expéditions militaires que les Britanniques montèrent au Soudan -conquête coloniale égyptienne alors livrée à la rébellion du Mahdî Muhammad Ahmad ‘Abd Allâh&lt;span&gt;&lt;a href=&quot;http://cdlm.revues.org/document1175.html#ftn17&quot; class=&quot;footnotecall&quot; id=&quot;bodyftn17&quot; name=&quot;bodyftn17&quot;&gt;17&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. Cette campagne achevée, fin janvier 1885, Zaydân rentra à Beyrouth pour une bonne année et y étudia les langues sémitiques sous la houlette de ses anciens maîtres du &lt;i&gt;Syrian Protestant College&lt;/i&gt;. En 1886, il passa environ six mois en Angleterre, à fréquenter assidûment la bibliothèque du &lt;i&gt;British Museum&lt;/i&gt;. C’est dans cette période que se dessina sa vocation littéraire, avec la publication d’un premier livre à Beyrouth sur la linguistique arabe et la découverte, en Europe, de la production des savants orientalistes. En février 1887, il se réinstalla au Caire, cet