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    <title>Last posts on souffrances</title>
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    <updated>2008-07-06T20:34:38+02:00</updated>
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        <author>
            <name>Paul Arrieu</name>
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        <title>GAMA ch.15 à Épilogue</title>
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        <updated>2008-05-13T10:57:10+02:00</updated>
        <published>2008-05-13T10:57:10+02:00</published>
        <summary>   Vasco de Gama (suite) Chapitres 15 à Épilogue      15 - Une longue...</summary>
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           &lt;p&gt;&lt;b&gt;Vasco de Gama (suite) Chapitres 15 à Épilogue&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;b&gt;15 - Une longue traversée&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les navigateurs mirent à la voile et partirent pour le Portugal le mercredi 29 août.&lt;br /&gt; Le lendemain, la flottille jetait l’ancre, faute de vent, à une lieue environ de Calicut.&lt;br /&gt; Les Maures en profitèrent pour lancer près de soixante-dix embarcations à l’assaut de ces navires, dont le retour risquait de les ruiner.&lt;br /&gt; Une quantité infinie d’hommes , selon Velho, effrayants dans leurs armures rouges, volaient sur les flots à force de rames. Mais du haut des dunettes, les bombardes tonnèrent. Les assaillants furent dispersés.&lt;br /&gt; Et soudain, à la foudre des armes succéda celle du ciel. Un orage épouvantable éclata, dont le grand souffle eut au moins le mérite de permettre aux vaisseaux de prendre le large.&lt;br /&gt; Dans les jours qui suivirent, ce fut de nouveau le calme plat. Les capitaines tirèrent parti, du mieux qu’ils purent, des brises de terre suivies de brises de mer. Ces hardis découvreurs de con-tinents en étaient réduits à faire du cabotage.&lt;br /&gt; - Quand trouverons-nous un vent favorable? Quand la franchirons-nous, cette mer d’Arabie? se lamentait Paulo de Gama.&lt;br /&gt; Le malheureux éprouvait des douleurs dans la poitrine. D’une maigreur à faire peur, il étouffait ses quintes de toux d’une main moite. Il était d’autant plus pessimiste que sa santé s’altérait chaque jour davantage.&lt;br /&gt; - Pour l’heure, nous ne pouvons que longer la côte, mon frère, disait Vasco. Il nous faut attendre le renversement saisonnier des vents...&lt;br /&gt; Le 15 septembre, les navigateurs découvrirent un groupe d’îlots, où ils furent si bien accueillis qu’ils décidèrent d’y dresser un padrao. Le monument fut dédié à Sainte Marie et ce même nom fut donné à l’archipel (un nom qu’il porte encore aujourd’hui) .&lt;br /&gt; Quelques jours plus tard, les vaisseaux abordèrent une île verdoyante. Elle s’appelait Angedive.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;L’ESCALE&amp;nbsp; PARADISIAQUE.&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’armada mouille tout près du rivage. Une chaloupe, commandée par Vasco de Gama, conduit à la plage ceux qui sont chargés de faire provision d’eau et de bois. Rui et Martim sont du voyage...&lt;br /&gt; - Holà!... es-tu maure ou chrétien, l’ami? fait le capitaine, à l’adresse d’un jeune homme peu farou- che, qui s’approche d’eux lorsqu’ils débarquent.&lt;br /&gt; - Chrétien, répond-il en malayalam.&lt;br /&gt; Martim Afonso traduit. Le capitaine reprend :&lt;br /&gt; - Fort bien.&amp;nbsp; Rui, donne lui ton bonnet.&lt;br /&gt; Ce cadeau enchante l’Indien. Tout sourire, il&amp;nbsp; s’en coiffe, il est prêt à faire tout ce qu’on lui demandera, il comprend ce qu’on attend de lui, il mène les voyageurs jusqu’à une très belle aiguade, qui naît entre deux rochers.&lt;br /&gt; Ce premier contact en entraîne d’autres, non moins chaleureux. Les visiteurs se voient offrir du poisson, des langoustes, et des citrouilles, et des concombres, des noix de coco et des bananes.&lt;br /&gt; - Ne produisez-vous pas des épices? demande Martim au chef du village.&lt;br /&gt; - Seulement de la cannelle.&lt;br /&gt; Aux victuailles, les indigènes ajoutent une brassée de branches fraîches de cannelier et beaucoup de cannelle sèche.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; La plage est d’accès facile;&amp;nbsp; elle offre&amp;nbsp; un&amp;nbsp; abri propice. Vasco de Gama consulte Nicaulo Coelho; il décide avec lui que le Bérrio sera radoubé. Ensuite, ce sera le tour du Sao Gabriel.&lt;br /&gt; Le travail des charpentiers, des voiliers et des calfats intéresse au plus haut point les habitants d’Angedive. Hommes, femmes et enfants, nus jusqu’à la ceinture, joyeux, pépiant et gesticulant, ne cessent de tourner autour des immenses coques couchées sur le sable.&lt;br /&gt; Le troc entretient l’amitié. Il ne reste guère de grelots, de bonnets ou de chemises à échanger, mais assez tout de même pour que le capitaine reçoive, en contrepartie, un présent de vaches, de porcs et de poules.&lt;br /&gt; Tout le monde en profite, cela va se soi. Les cuisiniers s’en donnent à coeur joie. Ah! les fins repas, quand tombe la nuit... La bombance!... Au son des tambours et des trompettes!... Et la danse...&lt;br /&gt; Les hommes d’Angedive adorent cette musique. Leurs femmes aussi, la musique et les musiciens.&lt;br /&gt; Une autre Sangali s’abandonne dans les bras de Martim, une autre Jaïna dans les bras de Rui.&lt;br /&gt; Père Miquel, montrez-vous indulgent. Ces Indiens sont sûrement chrétiens. Ils ont dans leur île un sanctuaire en ruines, où ils vont faire leurs dévotions, une sorte d’église, qui a été ravagée par les musulmans. N’est-ce pas une bonne preuve? Allons, soyez clément, à tout péché miséricorde .&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;TIMOJI&amp;nbsp; LE&amp;nbsp; PIRATE&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Malheureusement, l’île d’Angedive n’est pas qu’un lieu de délices. Elle sert de repaire à de méchantes gens.&lt;br /&gt; Un jour, en allant faire du bois, Vasco de Gama remarqua sur la plage deux barques de grande taille. Appartenaient-elles à des Maures ou à des chrétiens?&lt;br /&gt; De retour sur le Sao Gabriel , il fit monter un marin&amp;nbsp; à la hune pour voir si l’on apercevait quelques navires. Ce marin vit au large, à environ six lieues, huit nefs qui étaient au calme.&lt;br /&gt; Un peu plus tard, ces embarcations se dirigèrent vers la flotte portugaise. Le capitaine-major donna l’ordre d’aller à leur rencontre. Elles se mirent à reculer. L’une d’elles ayant brisé son gouvernail, l’équipage s’enfuit vers la côte dans une barque. Le navire abandonné contenait des vivres et des armes, dont s’emparèrent les vainqueurs .&lt;br /&gt; Les sept autres navires s’échouèrent, et nous allâmes les bombarder,&amp;nbsp; conclut brièvement Velho dans sa relation de cet épisode.&lt;br /&gt; - Je me demande bien qui a&amp;nbsp; voulu nous attaquer? se&amp;nbsp; tourmentait Vasco de Gama.&lt;br /&gt; Monsaïd fit parler les otages afin de satisfaire la curiosité du capitaine .&lt;br /&gt; - Il s’agit de Timoji, dit-il, un pirate célèbre de la côte malabar.&lt;br /&gt; A quelques jours de là, deux embarcations, voyantes et bruyantes, s’approchèrent à la rame des nefs portugaises.&lt;br /&gt; - Méfions-nous de cette arrivée au son des tambours et des trompettes, gronda Monsaïd. Timoji est réputé pour sa traîtrise.&lt;br /&gt; Quant aux Indiens captifs, ils&amp;nbsp; reconnurent comme appartenant à l’illustre larron des mers les étendards qui claquaient au haut des mâts.&lt;br /&gt; - Cinq autres barques restent le long de la côte pour&amp;nbsp; protéger celles qui viennent, cria la vigie.&lt;br /&gt; Du côté des Portugais, les bombardes étaient chargées.&lt;br /&gt; - Feu! ordonna le capitaine-major.&lt;br /&gt; Les pirates cessèrent d’avancer.&lt;br /&gt; Ils se mirent alors à crier “Tambaran!”,&amp;nbsp; en disant qu’ils étaient chrétiens, raconte Velho, car les habitants de cette région de l’Inde appellent Dieu “Tambaran”. Mais voyant que ce procédé ne marchait pas, ils commencèrent à fuir vers la côte. Nicolau Coelho les poursuivit quelque temps sur une chaloupe, jusqu’à ce que la nef du capitaine-major eût hissé un pavillon pour lui faire signe de revenir.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Le Bérrio&amp;nbsp; était au radoub, mais rien ne retenait jamais l’impétueux Coelho.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;GASPAR&amp;nbsp; DE GAMA&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les capitaines tenaient conseil à bord du Sao Gabriel. La vigie annonça une visite. Un homme seul se présenta sur le pont, un étonnant personnage. Agé d’une quarantaine d’années, il était coiffé d’un très beau turban, vêtu d’une longue robe blanche et portait à la ceinture un coutelas.&lt;br /&gt; - Bonjour, bonjour! s’exclama-t-il en italien.&lt;br /&gt; Avant que les capitaines fussent revenus de leur surprise, il se jeta dans leurs bras et les embrassa comme s’il les avait toujours connus.&lt;br /&gt; - Je suis un chrétien, originaire du Levant, expliqua-t-il. Je suis venu tout petit dans ce pays. Enfant, j’ai été enlevé, vous comprenez? Je vis chez un grand seigneur, un sultan, qui est maure, ce qui fait que moi-même je suis maure.&lt;br /&gt; - Il faudrait savoir!... l’interrompit sèchement Paulo de Gama. Vous êtes chrétien ou musulman?&lt;br /&gt; - Musulman, mais tout à fait chrétien au fond de mon coeur.&lt;br /&gt; Outre que les idées de l’arrivant semblaient un brin confuses, il s’exprimait dans une espèce de demi-vénitien que les navigateurs avaient peine à saisir entièrement.&lt;br /&gt; - J’ai appris, poursuivit l’homme,&amp;nbsp; qu’il y avait à Calicut des étrangers que personne ne comprenait.&amp;nbsp; J’ai voulu vous voir,&amp;nbsp; avec la permission de mon sultan, qui est sultan de Goa, et qui m’a chargé de vous dire que votre fortune est faite si vous acceptez de rester à Goa.&lt;br /&gt; Suivit un magnifique tableau des riches productions de son pays : toutes les épices, en gros et en détail, des laques en quantité infinie, de merveilleuses perles et des pierres précieuses de toutes sortes.&lt;br /&gt; - Et que nous demandera en échange votre sultan? demanda Vasco de Gama.&lt;br /&gt; - Rien de plus que votre amitié...&lt;br /&gt; - Cet homme ne m’inspire aucune confiance, souffla Paulo de Gama à l’oreille de son frère.&lt;br /&gt; - Qui nous dit, lança Coelho à l’adresse de l’étrange visiteur, que vous n’êtes pas Timoji?&lt;br /&gt; - Vous avez l’aplomb de ce maudit corsaire! ajouta Nunes.&lt;br /&gt; - Rien de plus que votre amitié... répéta-t-il.&lt;br /&gt; Cela suffit!... Il mérite la question. On s’empare&amp;nbsp; de lui, on arrache sa robe, on l’enchaîne, couché sur une barque renversée qui occupe le milieu du pont.&lt;br /&gt; Au cinquième coup de fouet, la peau de son dos craque, dessinant un sillon sanglant. Le supplicié tient bon... Mais au dixième coup, il avoue qu’il est un espion du sultan, venu pour prendre la mesure des forces portugaises. Deux zébrures de plus sont nécessaires pour qu’il avoue que quarante grands vaisseaux sont embusqués, prêts à attaquer&amp;nbsp; les navigateurs venus d’Europe.&lt;br /&gt; Son dos ruisselle de sang, et pourtant il refuse toujours d’admettre qu’il est Timoji. Même la menace de l’huile bouillante le laisse inébranlable sur ce point. Cependant, comme il sent qu’il lui faut confesser quelque chose pour arrêter le bras du bourreau, il reconnaît qu’il n’est ni musulman, ni chrétien, mais juif.&lt;br /&gt; - Mais je veux bien me faire chrétien, je suis chrétien au fond de mon coeur, implora-t-il.&lt;br /&gt; - Pour te laisser le temps d’y réfléchir, décida Vasco, je t’emmène au Portugal, où tu pourras témoigner de ce qui se passe en Inde.&lt;br /&gt; - Si tu reçois le sacrement du baptême, ajouta Paulo, je serai ton parrain, tu deviendras Gaspar, et comme le veut la coutume, tu porteras notre nom, tu seras Gaspar de Gama.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;SCENES&amp;nbsp; D’HORREUR&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La flottille quitta Angedive le 5 octobre 1498.&lt;br /&gt; Cap au sud-ouest. Le lendemain du départ, un orage violent éclata. Il fut suivi de trois jours de calme plat. Puis ce fut de nouveau la tempête, des paquets de mer qui s’engouffraient par les sabords, des montagnes d’eau qui s’écrasaient sur les ponts, des voiles déchirées, des nefs éperdues,&amp;nbsp; qui bondissaient,&amp;nbsp; faisaient des embardées, leurs archanges ruisselants projetés vers le ciel brouillé de pluie avant de replonger dans l’eau noire. Ensuite, plusieurs jours durant, l’armada restait &lt;i&gt;encalminée&lt;/i&gt; (arrêtée faute de vent) .&lt;br /&gt; - C’est normal, disait Monsaïd, c’est le renversement des moussons...&lt;br /&gt; Normal peut-être, mais difficile à vivre.&lt;br /&gt; Les journées les plus pénibles n’étaient pas celles où la tornade mugissait mais celles où la mer était d’huile sous un soleil brûlant. Pour un instant de retard au changement de quart, pour une place à l’ombre, une rixe éclatait, un poing&amp;nbsp; jaillissait, une lame de couteau flamboyait... Par bonheur, la ferme discipline, imposée par le capitaine-major, régnait sur le Sao Gabriel,&amp;nbsp; et sur les deux autres vaisseaux.&lt;br /&gt; Pour mieux comprendre le régime des vents, Monsaïd,&amp;nbsp; Fernao Martins et Martim Afonso mirent au point un lexique portugo-malayalam, afin d’interroger avec plus de profit les otages. Des informations que donnèrent ces derniers, il ressortait que l’alternance des ouragans et des calmes plats pouvait durer plusieurs semaines.&lt;br /&gt; Vers la mi-novembre, l’odeur nauséabonde de la viande putréfiée commença à monter des cales. Les vers, dans les biscuits, étaient chaque jour plus nombreux. Il fallut rationner l’eau.&lt;br /&gt; Les pires moments de la fin de la grande volte revenaient. Les marins revécurent les mêmes angoisses, les mêmes souffrances.&lt;br /&gt; A la mi-décembre, le premier mort eut droit à quelques prières, au moment d’être balancé par-dessus bord. Les suivants furent moins chanceux, d’abord parce que Dieu rappela à lui le Père Miquel, mais surtout parce que les survivants n’avaient plus la force de pratiquer le moindre rite.&lt;br /&gt; Le vingtième cadavre resta longtemps sur le pont, oublié... Lorsque deux malheureux tentèrent de le soulever, pour le jeter à la mer, il leur échappa des bras. Alors ils le firent glisser sous la barque renversée, pour ne plus le voir.&lt;br /&gt; La puanteur qui s’exhalait des cales régnait sur&amp;nbsp; toute la nef; même la vigie, agrippée à la hune, ne pouvait plus lui échapper. On en venait à rêver de tempête qui assainirait l’air.&lt;br /&gt; Rui, le moussaillon, fut touché. Il ne pouvait plus manger tant ses gencives étaient gonflées, sanguinolentes, rouges, alors que sa bouche, à l’intérieur, semblait tapissée de taches bleuâtres. Ses jambes enflaient aussi, et son ventre...&lt;br /&gt; - Je sens que je vais mourir... disait-il.&lt;br /&gt; Martim le soignait comme eût fait une mère.&lt;br /&gt; Les équipages des trois vaisseaux en étaient au même point. Les marins que le mal n’avait pas encore frappé négligeaient leur travail. La révolte grondait. Pourquoi s’acharner à lutter contre des vents contraires?&lt;br /&gt; Vasco de Gama réunit un conseil élargi aux pilotes et aux écrivains.&lt;br /&gt; - Nos hommes n’ont peut-être pas tort, retournons à Calicut, dit Pero de Alenquer, le pilote le plus talentueux de l’expédition.&lt;br /&gt; - Je pense que Pero de Alenquer à raison, dit le sage Alvaro de Braga.&lt;br /&gt; Paulo de Gama jeta un coup d’oeil craintif à son cadet. Il vit ses mâchoires animées de fébriles contractions. Il sentait monter chez lui une colère près de laquelle les tornades océanes ne seraient que risées.&lt;br /&gt; - Je ne suis pas de votre avis... toussota Paulo.&lt;br /&gt; - Messieurs, coupa Vasco de Gama d’une voix sèche, c’est ainsi que naissent les mutineries, quand les chefs démissionnent.&lt;br /&gt; Il sut contenir sa fureur pour exposer clairement que, si des navires indiens avaient maintes fois traversé la mer d’Arabie, pour se rendre de Calicut à Malinde, des nefs portugaises devaient pouvoir en faire autant.&lt;br /&gt; Nicolau Coelho et Gonçalo Nunes furent les premiers à se rendre à ces arguments. Il fut décidé que les hommes bien-portants, qui refuseraient d’obéir, connaîtraient le fouet.&lt;br /&gt; Et puis les vents tournèrent.&lt;br /&gt; Le 7 janvier1499, la flotte mouilla devant Mélinde.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;b&gt;16 - Le chemin de la gloire&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les suprêmes efforts fournis par les équipages pour atteindre Mélinde les avaient pratiquement anéantis. Après que la vigie eut crié “Terre”, une très grande ville, pourvue d’immeubles à plusieurs étages, était apparue à l’horizon. C’était Mogadis-cio. Méfiant, le capitaine-major avait décidé de tirer au large. Bien lui en avait pris sans doute, car plus au sud, en face d’une ville appelée Patta, des pirates, montés sur huit barques, avaient attaqué l’armada. Les bombardes les avaient chassés.&lt;br /&gt; A la suite de ce dernier exploit, après 95 jours de mer, on imagine en quel état les survivants avaient abordé le royaume du bon roi Hassan Saïd.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;DES SOINS INUTILES&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;i&gt;Le roi dépêcha aussitôt une longue embarcation montée par beaucoup d’hommes, et il nous envoya des moutons. Il fit dire au capitaine qu’il était le bienvenu, et qu’il y avait des jours qu’il l’atten-dait. Il lui fit transmettre beaucoup d’autres paroles d’amitié et de paix. Le capitaine envoya un homme à terre, qui accompagna ceux qui étaient venus, pour nous rapporter des oranges le lendemain, car nos malades en avaient grande envie. Il en rapporta effectivement bientôt , ainsi que beaucoup d’autres fruits. mais les malades n’en tirèrent aucun profit : ce pays leur fut fatal et nous en perdîmes beaucoup.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; Combien de compagnons des mauvais jours, combien de bons camarades avaient disparu! Combien mourraient encore? Le marin Martim Afonso partageait l’affliction générale, mais il gardait tout de même au coeur une joie égoïste et secrète : il était en bonne santé, et son protégé, le mousse Rui, comptait parmi les survivants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;LA FIN DU SAO RAFAEL&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les Portugais restèrent cinq jours à Mélinde.&lt;br /&gt; Hassan Saïd remit à Vasco de Gama une trompe d’ivoire, destinée au roi du Portugal, dont il désirait être et demeurer le serviteur, et il donna aux navigateurs l’autorisation de dresser un padrao.&lt;br /&gt; Puis l’armada reprit sa route.&lt;br /&gt; Elle aperçut en passant Mombasa. Elle allait vers Zanzibar.&amp;nbsp; Hélas! bien que les vents et les courants fussent assez favorables, même la navi-gation le long des côtes devenait difficile.&lt;br /&gt; Le &lt;i&gt;Sao Rafael&lt;/i&gt; était en piteux état. Il n’avait pas été radoubé à Angedive. Un orage avait déchiré ses voiles et brisé ses plus importants cordages. Son capitaine, le malheureux Paulo de Gama, ne quittait guère sa couche tant il était malade.&lt;br /&gt; Mais il y avait plus grave encore : il ne restait pas assez d’hommes valides pour assurer la manoeuvre sur trois navires.&lt;br /&gt; Vasco de Gama décida de mouiller près des hauts fonds où Joao de Coimbra, le pilote du &lt;i&gt;Sao Rafael&lt;/i&gt;, s’était laissé surprendre quelques mois plus tôt.&lt;br /&gt; Là, tout ce que contenait le fier navire de Paulo de Gama fut transbordé sur le Sao Gabriel et sur le Bérrio.&amp;nbsp; Sous le regard mouillé de larmes du capitaine, installé dans un fauteuil sur le pont de la nef de son frère, des hommes, la rage au coeur, allumèrent des torches.&lt;br /&gt; Le &lt;i&gt;Sao Rafael&lt;/i&gt;&amp;nbsp; fut&amp;nbsp; brûlé&amp;nbsp; au&amp;nbsp; retour à&amp;nbsp; l’endroit même où il s’était échoué à l’aller.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;LE&amp;nbsp; DERNIER&amp;nbsp; PADRAO&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Cap au sud, de Zanzibar à Mozambique.&lt;br /&gt; La flottille, réduite à deux unités, jette l’ancre près de cette petite île où les navigateurs avaient célébré la messe sous de grands arbres. Le sultan Yazid, dont le royaume est proche, éprouve probablement toujours autant de mépris pour les chrétiens. Ceux qu’il capture, il les réduit en esclavage. Mais il en faudrait davantage pour effrayer nos Portugais. Ils sont affaiblis mais indomptables.&lt;br /&gt; Ils débarquent les éléments d’un ultime padrao. Ils creusent un trou pour le socle. Ils essaient d’allumer un grand feu pour faire fondre le plomb nécessaire au scellement de la croix. Par malheur, c’est à verse que tombe la pluie. Elle est si forte&amp;nbsp; qu’il est impossible de faire du feu. On dresse la pierre, mais elle restera sans croix.&lt;br /&gt; Devant cette oeuvre inachevée, nul doute qu’à leur suprême prière se mêle ce voeu :&lt;br /&gt; - Mon Dieu , faites que nous puissions revenir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;BON VENT NE SUFFIT PAS&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Dans la baie de Sainte Blaise, avant de franchir le cap de Bonne-Espérance, les navigateurs font bonne chasse et&amp;nbsp; bonne pêche. Ils remplissent leurs cales de salaisons d’anchois, de phoque et de manchot.&lt;br /&gt; Ils disposent d’abondantes réserves, lorsqu’ils doublent le Cap, d’est en ouest, le 20 mars 1499.&lt;br /&gt; &lt;i&gt;Et nous qui étions parvenus jusque-là,&lt;/i&gt; raconte Alvaro Velho, &lt;i&gt;nous étions bien portants et solides, mais parfois nous mourions de froid sous l’effet des grandes brises que nous trouvions dans cette région, ce que nous attribuions à notre arrivée d’un pays chaud plutôt qu’à l’intensité du froid.&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; Des bons vents, des courants favorables permettent aux deux vaisseaux exténués de mettre directement le cap sur les îles du Cap Vert. Beau temps, navigation facile...&lt;br /&gt; &lt;i&gt;Un vendredi, vingt-cinquième jour du mois d’avril, nous avons trouvé le fond à 35 brasses. Nous avons suivi cette route toute la journée, et le fond le plus faible que nous ayons trouvé était à 20 brasses. Nous n’avons pu apercevoir la terre. Les pilotes disaient que nous étions sur “Les Hauts-Fonds du Rio Grande”&lt;/i&gt; (en face de la Guinée-Bissau).&lt;br /&gt; Ces mots seront les derniers de notre chroniqueur. La plume tombe de ses mains un mois après qu’il s’est jugé en bonne santé. Sans doute était-il moins bien remis qu’il ne le croyait de la maladie des marins. Le chaud et froid, au passage d’un océan dans l’autre, l’a achevé. Il meurt à quelques lieues de l’archipel d’où les explorateurs se sont élancés pour la grande volte.&lt;br /&gt; D’autres malades, hélas! retardent la marche du &lt;i&gt;Sao Gabriel&lt;/i&gt;, si bien que Vasco de Gama ordonne de jeter l’ancre.&lt;br /&gt; Il fait venir Nicolau Coelho à son bord.&lt;br /&gt; La réunion a lieu dans la salle du château arrière, où se trouve la barre que ne commande plus Pero de Alenquer.&lt;br /&gt; Le prestigieux pilote est couché mi-assis sur un matelas de voiles. Les oranges du bon roi de Mélinde ne l’ont pas guéri. Sa faiblesse est extrême. Sa bouche saigne. Des taches livides et pourprées couvrent sa poitrine que dévoile une chemise entrouverte.&lt;br /&gt; Près de lui, également couché, Paulo de Gama souffre d’un autre mal (probablement la tuberculose), non moins sévère. Il toussote, transpire et tremble de fièvre.&lt;br /&gt; - Votre &lt;i&gt;Bérrio&lt;/i&gt;, dit Vasco de Gama à Nicolau Coelho, plus à l’aise que le &lt;i&gt;Sao Gabriel&lt;/i&gt; sur les hauts-fonds, nous précédera à compter de ce jour,&amp;nbsp; mais ce n’est pas tout...&amp;nbsp;&lt;br /&gt; D’un geste, le capitaine-major suspend l’objection que Coelho s’apprête à formuler.&lt;br /&gt; - Du Cap-Vert à Lisbonne, poursuit-il, par Madère ou par les Açores, nous suivrons des routes depuis longtemps tracées et que nous connaissons bien. Aussi je vous demande, capitaine, de ne pas nous attendre... Dieu vous garde.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;AMOUR&amp;nbsp; FRATERNEL&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Nicolau Coelho profite pleinement de l’autorisation du capitaine-major. Poussé par Gonçalo Nunes, il ne fait pas escale au Cap-Vert. Il vogue à pleines voiles vers les Açores.&lt;br /&gt; Le &lt;i&gt;Sao Gabriel&lt;/i&gt; arrive seul à Santiago, la plus grande des îles sous-le-vent de l’archipel. A peine a-t-il mouillé devant la plage de Santa Maria (aujourd’hui Praia, capitale du Cap-Vert), que Pero de Alenquer rend le dernier soupir. Joao de Coimbra, pilote du &lt;i&gt;Sao Rafael&lt;/i&gt;, pourrait prendre sa place, afin que le Sao Gabriel poursuive sa route, mais la nef capitane n’est plus en état d’affronter la mer. Elle a besoin de réparations.&lt;br /&gt; - Mon frère, conseille Paulo à Vasco, pour l’honneur des Gama, il faut que vous soyez le premier à rendre compte de notre voyage à Dom Manuel...&lt;br /&gt; Le pauvre malade peut à peine parler. Il ajoute dans un souffle:&lt;br /&gt; - Affrétez une caravelle!&lt;br /&gt; Le cadet suit ce conseil. Il confie à&amp;nbsp; Joao de Sa&amp;nbsp; la restauration et le commandement du fier vaisseau avec lequel il a ouvert la route des Indes. Il loue un navire rapide,&amp;nbsp; qui parcourra comme une mouette la volte de Santiago à Lisbonne. Les marins impatients s’apprêtent à déployer toute la toile de cette caravelle&amp;nbsp; lorsque Vasco invite son frère à changer d’embarcation.&lt;br /&gt; - Je refuse... murmure le malade. Je ne veux pas vous retarder, Vasco... Car c’est vous le fier Gama... l’honneur de notre nom... le chef de notre maison... l’épée de notre roi... hardi navigateur et fondateur d’empire...&lt;br /&gt; Le malheureux ne déraisonne pas, mais il n’a plus la force de construire un discours cohérent. Comment résisterait-il à l’affectueuse insistance de celui à qui il a cédé le commandement de l’expédition en présence du roi?&lt;br /&gt; - Paulo, mon cher Paulo, dit Vasco, avec cette nef légère, nous serons vite au Portugal et je te ferai soigner par les meilleurs médecins...&lt;br /&gt; Fol espoir!... C’est un agonisant que l’on fait monter dans la caravelle. Peu après le départ, son état devient si alarmant que le capitaine décide de faire escale aux Açores.&lt;br /&gt; C’est là que meurt l’aîné des Gama.&lt;br /&gt; Le chagrin du cadet est si grand qu’il restera deux mois dans ces îles, à le pleurer, à méditer.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;LES HONNEURS&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Vasco de Gama est arrivé aux Açores au mois de juin. A la mi-août, il envoie à Lisbonne ce Gaspar qui porte son nom et qu’il charge d’annoncer son retour.&lt;br /&gt; Le hardi navigateur remonte enfin le Tage mais ne semble guère&amp;nbsp; pressé&amp;nbsp; d’atteindre&amp;nbsp; la&amp;nbsp; capitale.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Durant quelques jours, il fait retraite en compagnie des moines avec lesquels il a prié, deux ans plus tôt, la veille du grand départ, dans la chapelle de Notre-dame de Bethléem.&lt;br /&gt; Que ressent-il? A quoi pense-t-il? Son frère est mort... Il a perdu les deux tiers de ses équipages... Que pèse la découverte d’une voie maritime en regard de tous ces sacrifices? Comme il est amer, le goût de la victoire!&lt;br /&gt; Il apprend là que le &lt;i&gt;Bérrio&lt;/i&gt;&amp;nbsp; de Nicolau Coelho, et aussi le &lt;i&gt;Sao Gabriel&lt;/i&gt;, avec Joao de Sa, sont arrivés depuis longtemps.&lt;br /&gt; Nicolau Coelho et Joao de Sa ont été reçus par le roi. Ils ont raconté le voyage, décrit les pays visités, fait miroiter les perspectives d’un fructueux négoce d’épices et de pierres précieuses. Le souverain a déjà ajouté à ses titres celui de “seigneur de la conquête, de la navigation et du commerce d’Éthiopie, d’Arabie, de la Perse et de l’Inde”.&lt;br /&gt; Cependant, dom Manuel 1er n’oublie pas le capitaine-major qu’il a lui-même désigné. Il envoie à sa rencontre les plus nobles personnages de sa cour, qui l’escorteront jusqu’au palais.&lt;br /&gt; La réception qu’il lui a réservée,&amp;nbsp; en tout point éclatante, est à la hauteur de son mérite.&lt;br /&gt; Comblé d’honneurs, le héros de la fête fait bon visage, mais son coeur saigne encore.&lt;br /&gt; Il est semé d’épines, le chemin de la gloire.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;b&gt;Épilogue&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;DOM&amp;nbsp; VASCO&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Avant la fin de l’année 1499, Vasco de Gama fut élevé au rang de seigneur de Sines, la ville dont son père avait été gouverneur. Le 10 janvier 1500, il reçut le titre de &lt;i&gt;dom&lt;/i&gt;, réservé aux nobles du Portugal. Peu après, il fut nommé Amiral de l’Inde, avec tous les honneurs, avantages et privilèges attachés à cette dignité. Une pension annuelle de 300 000 réaux compléta ces récompenses.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Cette même année, Dom Vasco épousa dona Catarina de Ataide, fille du gouverneur d’Alvor.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;L’EXPÉDITION DE CABRAL&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; La belle Catarina s’opposa-t-elle à un nouveau départ de celui qui était devenu son mari?&lt;br /&gt; Le 9 mars 1500, Nicolau de Coelho, Diogo Dias, Pero de Escobar, Joao de Sa, pour ne citer que ceux-là, prirent la mer pour une nouvelle expédition, mais sous les ordres de Pedro Alvares Cabral.&lt;br /&gt; Poussée par les vents, la flotte de 13 nefs, montée par 15OO hommes, toucha le Brésil, dont Cabral prit possession au nom du Portugal.&lt;br /&gt; Puis, poursuivant sa grande volte et contournant l’Afrique, elle se dirigea vers l’Inde. Seulement 6 vaisseaux arrivèrent à Calicut, où Cabral ne parvint pas à s’entendre avec le Samorin et les négociants maures. Leurs rapports s’étant envenimés, 40 Portugais furent massacrés; en représailles, la ville fut bombardée.&lt;br /&gt; Pour ne pas repartir sur ce désatre, Cabral conclut un traité de commerce avec le radjah d’une autre cité de la côte de Malabar : Cochin.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;DEUXIEME VOYAGE DE VASCO DE GAMA&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En 1502, Catarina ne put retenir son mari&lt;br /&gt; Dom Vasco obtint cette année-là le commandement d’une escadre de 20 navires, destinée à poursuivre la “conquête” de l’Inde.&lt;br /&gt; La grande volte n’avait plus de secret pour lui, non plus que le cap de Bonne-Espérance, ou la côte&amp;nbsp;&lt;br /&gt; est de l’Afrique. Les vents de la mousson l’empêchèrent de faire escale à Mélinde, mais il avait, chemin faisant, fondé les comptoirs de Sofala et de Kilva, des villes qui regorgeaient d’or.&lt;br /&gt; A Calicut, il vengea, avec une extrême cruauté, les Portugais tués au cours de l’expédition conduite par Cabral. Il fut surnommé “le grand exécuteur de châtiments”.&lt;br /&gt; Mais il n’était pas venu que pour prendre une revanche sur le Samorin.&lt;br /&gt; Il voulait exploiter les richesses de ces pays, maintenant accessibles par la mer, et les soumettre au roi du Portugal.&lt;br /&gt; Avec le radjah de Cochin, il signa un traité d’alliance, ce qui lui permit de créer dans son royaume des comptoirs.&lt;br /&gt; Il ouvrit d’autres comptoirs dans d’autres villes de la côte indienne, au nord à Cannamore, au sud à Quilon.&lt;br /&gt; Près de Cannamore, il fit construire une forteresse, où résideraient des soldats chargés de protéger les entrepôts portugais&lt;br /&gt; Les premières bases d’un empire étaient posées.&lt;br /&gt; Lorsqu’il rentra à Lisbonne, les cales de ses navires contenaient 16OO tonnes d’épices, dont 1230 de poivre : un vrai trésor.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;VINGT ANS DE DISGRACE&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Au cours des années qui suivirent, d’autres comptoirs furent créés, d’autres forteresses s’élevèrent, sur la côte de Malabar, et beaucoup plus loin, toujours plus à l’est, jusqu’à l’archipel des Moluques, d’où provenaient les épices. Des navigateurs célèbres fondèrent alors la puissance portugaise, comme par exemple Francisco de Almeida, nommé vice-roi des Indes en 1505, ou le&amp;nbsp; grand conquistador Afonso de Albuquerque, qui lui succéda en 1509. Mais le nom de Vasco de Gama ne figure pas parmi ceux des grands capitaines qui s’illustrèrent en ce début de XVIème siècle.&lt;br /&gt; Dom Vasco était en froid avec le roi.&lt;br /&gt; Le vainqueur de la grande volte ne savait pas dissimuler certains traits de son caractère abrupt, aucune nouvelle mission ne lui avait été confiée.&lt;br /&gt; Durant quelques années, Vasco de Gama vécut à Sines, où Catarina lui donna trois fils : Francisco, Estevao et Pedro. A Evora, où il habita ensuite, il eut quatre autres enfants.&lt;br /&gt; En 1521, bon époux et bon père, il s’occupait&amp;nbsp; de ses terres, il accordait tous ses soins à sa nombreuse famille, lorsque mourut le roi dom Manuel.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;DOM VASCO VICE-ROI&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le successeur de dom Manuel, le jeune dom Joao III, renvoya Vasco de Gama aux Indes, avec le titre de vice-roi.&lt;br /&gt; La flotte, qui prit la mer le 9 avril 1524, comptait 13 navires. Celui qui la commandait avait maintenant plus de cinquante ans, la barbe grise, les épaules un peu moins hautes qu’autrefois, malgré la somptuosité d’un costume à la mode, mais sa voix était&amp;nbsp; plus autoritaire que jamais.&lt;br /&gt; Il avait pour mission de rétablir l’ordre et la discipline, qui laissaient à désirer, dans les possessions portugaises de l’Inde. Il s’y employa avec vigueur, avec succés. Mais le temps lui manqua pour étendre et affermir autant qu’il l’aurait souhaité l’influence du Portugal sur l’Orient.&lt;br /&gt; Il mourut de maladie, à Cochin, la veille de Noël, le 24 décembre 1524.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette même année 1524 naissait Luis de Camoes, le grand poète portugais, qui allait faire entrer Vasco de Gama dans la légende.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;Du même auteur&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;&lt;big&gt;Gérard SONCARRIEU, &lt;i&gt;Le premier tour du monde&lt;/i&gt;&lt;/big&gt; (Magellan)&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;Hachette jeunesse, Livre de poche n° 570&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800080&quot;&gt;dans toutes les librairies.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt; 
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        <author>
            <name>Paul Arrieu</name>
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        </author>
        <title>BAUMEL I - ch. 5-6</title>
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        <updated>2008-04-26T10:21:00+02:00</updated>
        <published>2008-04-26T10:21:00+02:00</published>
        <summary>  Jacques BAUMEL&amp;nbsp; I - ch. 5-6     5 - Des maquis au M.L.N.       La...</summary>
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           &lt;p&gt;Jacques BAUMEL&amp;nbsp; I - ch. 5-6&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;b&gt;5 - Des maquis au M.L.N.&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;La distribution des armes&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Parlant de plusieurs centaines de réfractaires qui, fuyant le STO, s’étaient réfugiés dans la montagne, Michel Brault, un agent de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt;, avait lancé : “En somme, ils ont pris le maquis”.&lt;br /&gt; Le mot fit florès.&lt;br /&gt; Ces milliers de jeunes hommes allaient “bouleverser la géographie et la structure de la Résistance, rapporte Baumel, et poser aux différents réseaux des problèmes difficiles d’intendance et d’organisation (...) Le comité directeur de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; ne perdit pas de temps, et décida immédiatement de monter ses premiers maquis . Quand, en avril 1943, les trois mouvements eurent achevé leur fusion, les MUR, réunis dans la banlieue de Lyon, décidèrent de créer un service national maquis, structuré à l’image de celui de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; 1.”&lt;br /&gt; &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; compte alors “trois cents Corps francs répartis sur tout le territoire” et “il n’est pas indifférent de rappeler que l’Armée secrète qu’allaient se disputer âprement Moulin et Frenay était à 8O % composée de soldats issus de notre mouvement.”&lt;br /&gt; Au lendemain de Caluire, comment la Résistance va-t-elle survivre?&lt;br /&gt; Par ses fonctions, Jacques Baumel est en contact permanent avec les maquis. Il visite “les écoles de maquis” créées par des officiers de carrière pour former les cadres. Il est surtout responsable “ des prévisions&amp;nbsp; budgétaires&amp;nbsp; des&amp;nbsp; MUR&amp;nbsp; &amp;nbsp;zone sud ”.&lt;br /&gt; Celles du mois d’août 1943 sont préoccupantes. “Le budget prévisionnel total approche les 44 millions de francs”. Le gros des dépenses, 77%, concerne les maquis. “En quelques mois, précise Baumel, il nous a&amp;nbsp; fallu réunir une somme équivalente à vingt-cinq fois le coût de notre service principal de renseignement pour nourrir et habiller quarante mille maquisards sans que ceux-ci soient encore en opération .”&lt;br /&gt; Trois semaines après Caluire, le 14 juillet, Baumel préside, à Royat, dans le Puy-de-Dôme, une réunion de responsables régionaux, pour régler “le lancinant problème de la répartition des armes et des fonds secrets”. Parmi les participants figure le colonel Pontcarral, chef de l’Armée secrète d’Auvergne.&lt;br /&gt; Le soir, le jeune dirigeant venu de Paris célèbre la fête nationale dans la montagne, avec quatre ou cinq cents jeunes gens réunis autour “de grands feux de camp”. Ces garçons, “courageux et sincèrement patriotes”, sont impatients de se battre.&lt;br /&gt; Le secrétaire des MUR s’efforce de ne pas cacher la vérité à cette troupe avide d’action. “Le débarquement en France n’est probablement pas pour cette année. Entre-temps, il faut tenir, leur recommande-t-il,&amp;nbsp; &amp;nbsp;harceler l’ennemi, et se tenir prêt, mais éviter de l’affronter dans des combats inégaux”.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;Funestes&amp;nbsp; batailles&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Parmi ceux qui l’écoutent, il y a Coulaudon, “un grand gaillard, qui s’est bombardé colonel”.&lt;br /&gt; Jacques Baumel n’apprécie guère “cette inflation des titres et des grades dans les rangs de la résistance, inflation qui amusait et irritait à la fois le général de Gaulle”.&lt;br /&gt; Moins d’un an plus tard, à quelques kilomètres de là, dans la région du Mont Mouchet, entre Saint-Flour et Le Puy, dix mille maquisards, qui ne disposent que d’armes légères, affronteront vingt mille Allemands, dotés de matériel lourd. “Contrairement à toutes les instructions qu’on leur avait données, note Baumel, les chefs des maquis d’Auvergne, à la suite de Coulaudon, avaient voulu livrer une bataille rangée avec une division allemande. Ils avaient été écrasés et obligés à une désastreuse retraite jusqu’à Chaudes-Aigues”.&lt;br /&gt; Ce jugement intransigeant, porté sur l’une des plus importantes batailles livrées par la Résistance, est sujet à controverse en ce qui concerne les “instructions”, et, pour ce qui est du résultat, contredit par certains historiens, qui comptent quelque trois cent cinquante morts du côté des maquisards contre plus de trois mille cinq cents du côté des Allemands.&lt;br /&gt; Quoi qu’il en soit, les conseils de prudence que donnait le dirigeant des&amp;nbsp; MUR allaient être entendus.&amp;nbsp; Après&amp;nbsp; ce&amp;nbsp; sanglant et retentissant&amp;nbsp; engagement,&amp;nbsp; les maquis d’Auvergne&amp;nbsp; ne se livreront plus qu’à des opérations de guérilla. Et l’on comprend l’amertume du mémorialiste, qui conclut en ces termes ce paragraphe :&lt;br /&gt; “Quelques jours plus tard, les responsables de cette tragédie ont superbement défilé à la tête des survivants dans Clermont-Ferrand libéré. Seuls manquaient les quatre cents maquisards inutilement sacrifiés”.&lt;br /&gt; Baumel n’a pas participé, une arme à la main, aux terribles combats qui ont marqué l’histoire de la lutte contre&amp;nbsp; l’occupant.&amp;nbsp; “Si&amp;nbsp; je prenais, dit-il, des risques physiques réels, comme tous mes compagnons, j’étais &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; dans la position, qui manque peut-être de romantisme, de secrétaire général d’un gouvernement fantôme, celui de la Résistance (...) C’est rarement lors d’une réunion du conseil que l’on décide de faire sauter un train, et c’est encore moins parmi ses membres que l’on choisit celui qui ira poser des pains de plastic”.&lt;br /&gt; Il n’en a pas moins été le témoin privilégié de la vie des unités combattantes de la Résistance, qui ont pris le nom de Forces françaises de l’intérieur, FFI, au mois de février 1944.&lt;br /&gt; Il a visité les maquis les plus célèbres, ceux des Alpes comme ceux du Massif Central.&lt;br /&gt; “Responsable de la zone sud, dit-il, j’avais naturellement voulu voir sur place comment se présentait la situation. Une invitation m’en avait donné l’occasion, celle des responsables des Glières et du Vercors, essentiellement recrutés parmi les officiers des chasseurs alpins. Il y avait là cinq à six mille volontaires venus de Paris et de toute la région. La situation était tragiquement simple : ils attendaient ces fameux parachutages d’armes qu’on leur avait&amp;nbsp; promis et&amp;nbsp; qui ne venaient pas.&amp;nbsp; Les officiers ne me cachent pas leur ressentiment, un ressentiment qui nous englobe tous, depuis la Résistance jusqu’aux Alliés...”&lt;br /&gt; Au mois de mars 1944, le plateau des Glières a été le théâtre de la lutte héroïque et du massacre de cinq cents maquisards confrontés à vingt mille Allemands, soutenus par les hommes de la Milice de Vichy. Au cours de l’été, dans le massif du Vercors, ce sont 3500 réfractaires du STO et anciens des Chantiers de jeunesse qui feront face à deux divisions allemandes, venues du front de Normandie. 750 d’entre eux y perdront la vie, tués au combat ou martyrisés après la bataille.&lt;br /&gt; Jacques Baumel juge ces faits d’armes aussi sévèrement que l’action du Mont Mouchet.&lt;br /&gt; “Je suis retourné récemment&amp;nbsp; faire&amp;nbsp; un&amp;nbsp; pèlerinage&amp;nbsp; au Vercors... confie-t-il. J’y ai ressenti ce que j’ai ressenti à chaque fois que j’y suis revenu, une affreuse tristesse devant tant d’héroïsme inutile. En ces lieux où ont été fauchés tous ces jeunes gens dont je n’ai pourtant pas partagé les épreuves, me vient encore,&amp;nbsp; malgré le passage des ans, un sentiment de révolte à l’égard de tous les responsables de leur sacrifice “.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;L’après-Caluire politique&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Qui remplacera Jean Moulin?&lt;br /&gt; “Ce qui frappe, tout au long de cette période... note Jean Lacouture, c’est la discrétion... des équipes de Londres et d’Alger (...) D’ailleurs tous les grands mémorialistes de la France combattante... glissent rapidement sur le sujet, comme si la succession de Jean Moulin n’avait pas posé de problèmes, ni&amp;nbsp; revêtu&amp;nbsp; une importance capitale... ”&lt;br /&gt; Dans ses Mémoires de guerre, le général de Gaulle note sobrement : “Si j’avais été en mesure de nommer, sans délai,le successeur de Jean Moulin et si mon mandataire avait pu, lui aussi, s’imposer personnellement à tous les éléments représentatifs de la résistance, il eût pris la tête de ma délégation et la présidence du Conseil national. La dualité que certains cherchaient à créer ne se serait pas produite. mais les circonstances m’empêchèrent&amp;nbsp; de trouver aussitôt celui qu’il fallait”.&lt;br /&gt; A quelles “circonstances” le Général fait-il allusion? Sans nul doute, à ses démêlés avec Giraud, mais aussi et surtout au débarquement des forces alliées en Sicile, à la préparation de la reconnaissance du CFLN par Washington, Londres et Moscou, au projet de réunion de la première “Assemblée consultative” qu’il a créée : le Général à fort à faire. Toutefois, il lui serait facile de désigner Brossolette, qui n’attend que cela.&lt;br /&gt; Il me fallait quelqu’un du type “grand fonctionnaire”, rapporte de Gaulle, et d’ajouter: “En septembre, je nommai Bollaert... Ce grand préfet avait, dès 1940, refusé de prêter serment au Maréchal et pris sa retraite”.&lt;br /&gt; Le Général a donc laissé passer trois mois. Pour ce qui est de Brossolette, il s’en tire, dans ses &lt;i&gt;Mémoires&lt;/i&gt;, avec une pirouette. Le 2 février 1944, Bollaert et Brossolette ont été arrêtés ensemble par les Allemands. Après avoir rappelé que le premier a été déporté à Buchenwald, de Gaulle ajoute : “Pour comble de malheur, Pierre Brossolette était,&amp;nbsp; en même temps que Bollaert,&amp;nbsp; tombé aux mains de l’ennemi.&amp;nbsp; Il allait bientôt se tuer en cherchant à fuir par une fenêtre du bâtiment de la Gestapo. Or, ce vaillant compagnon se trouvait, lui aussi, naturellement désigné pour le poste (de Moulin) en raison de sa valeur...” Suivent cinq lignes de louanges, qui n’expliquent pas pourquoi Brossolette n’a pas été nommé au lendemain de Caluire.&lt;br /&gt; Jacques Baumel, collaborateur et ami de Brossolette, s’est longuement interrogé sur “l’étrange nomination” de ce Bollaert, “dit &lt;i&gt;Baudoin&lt;/i&gt;, totalement inconnu de la Résistance”. L’explication qu’il donne témoigne surtout de son gaullisme. “Ce serait mal connaître le général de Gaulle, dit-il, que de croire que la sympathie qu’il avait pu éprouver à l’égard des motivations de Brossolette suffirait à imposer son nom pour remplacer Moulin. Au contraire. Ce qui fait, entre autres choses, de De Gaulle une figure exceptionnelle, c’est cette infranchissable barrière qu’il élevait, à chaque fois qu’il devait faire un choix, entre ses sentiments et ce qu’il considérait comme étant de l’ordre du devoir d’État .”&lt;br /&gt; De fait, de Gaulle ne s’étant pas prononcé, Serreulles, l’aide de camp du Général envoyé en France pour assister Moulin, assure l’intérim. Jacques Bingen, venu de Londres, le seconde.&amp;nbsp; Mais les deux&amp;nbsp; hommes&amp;nbsp; ne parviennent à diriger que la Délégation mise en place par le représentant du chef de la France libre. La moitié du pouvoir de leur efficace et glorieux prédécesseur leur échappe, à savoir la présidence du CNR. “La dualité que certains cherchaient à créer” se produit en effet. Qui sont donc ces “certains” ?&lt;br /&gt; Quelques lignes plus loin, l’auteur des &lt;i&gt;Mémoires de guerre&lt;/i&gt;&amp;nbsp; précise sa pensée : “Les avatars de&amp;nbsp; ma délégation favorisèrent les intentions des communistes vis-à-vis du Conseil national de la résistance. Ils parvinrent à faire en sorte que, parmi ses quinze membres, cinq fussent de leur obédience notoire ou dissimulée. Le conseil, de son propre chef, décida de se donner à lui-même un président et élut Georges Bidault.”&lt;br /&gt; Concernant ce dernier, “résistant éminent, ayant au plus haut point le goût et le don de la chose politique”,&amp;nbsp; l’appréciation du Général est fort différente de celle de Jacques Baumel, que l’on trouve dans le jugement qu’il porte sur cette période : “Serreulles n’avait aucune expérience politique et, comme tous les apolitiques, il était fatalement sensible aux influences, aux modes, voire à la facilité. Et la facilité s’appelait Bidault, qui avait travaillé avec Frenay, puis avec Moulin, qui avait été le “démocrate-chrétien” de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; avant d’adhérer au &lt;i&gt;Front national&lt;/i&gt; par ambition politique . Sortant même largement de son rôle, Serreulles jouera, jusqu’en septembre 1943, le rôle d’agent électoral de Bidault. Nous sommes plusieurs à l’avoir mis en garde”.&lt;br /&gt; Le Front national dont il est ici question est un mouvement de résistance créé par les communistes, mais qui recrute dans tous les milieux politiques. Il jouera un grand rôle dans ce que Henri Noguères appelle une entreprise “de colonisation de la Résistance”. L’historien ajoute : “C’est à dessein que nous avons recours - faute d’en trouver un meilleur - au mot colonisation de&amp;nbsp; préférence&amp;nbsp; à noyautage.”&amp;nbsp; &amp;nbsp;Ce&amp;nbsp; problème&amp;nbsp; de vocabulaire masque une réalité complexe dont voici une preuve : le remarquable ouvrage de référence de Noguères, intitulé : &lt;i&gt;Histoire de la Résistance en France,&lt;/i&gt; a été écrit par Noguères, “en collaboration avec Marcel Degliame-Fouché”.&amp;nbsp; Les deux noms figurent sur la couverture de chaque volume, mais à la fin du tome V, on trouve “Une mise au point de Marcel Degliame-Fouché” donnant le point de vue des “colonisateurs” dont il faisait partie et qui ne visèrent jamais “la prise de contrôle de l’ensemble de la Résistance française”.&lt;br /&gt; Dont acte. Mais quel rapport avec Jacques Baumel?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;“Le rôle de Baumel”&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Après la disparition de Moulin, les MUR, désemparés, s’efforcent de se réorganiser Au mois d’août 1943, ils transportent leur siège à Paris et fusionnent avec les mouvements de la zone nord pour constituer le Mouvement de libération nationale, le MLN.&lt;br /&gt; Jacques Baumel devient, sous le nouveau surnom de Rossini, l’un des secrétaires généraux de cet organisme, qui est une sorte de “contre-CNR”, rassemblant les mouvements non communistes des deux zones “, alors que le Front national est le “membre le plus influent du CNR”.&lt;br /&gt; Au demeurant, ces ensembles de services s’emboîtant les uns dans les autres comme des poupées russes, la création de ce “super-MUR” qu’est le MLN n’implique pas la dissolution des MUR, dont Baumel reste le secrétaire général.&lt;br /&gt; Sous cette double casquette, l’important dirigeant de la Résistance intérieure qu’il est effectivement doit jouer au médecin, pour mieux échapper à la curiosité de l’occupant. Ses&amp;nbsp; relations&amp;nbsp; lui&amp;nbsp; permettent d’être engagé dans une clinique à Paris, rue Cambronne, ce qui ne l’empêchera pas de faire face aux obligations&amp;nbsp; de ses vraies fonctions. “Pour ne pas éveiller les soupçons, se souvient-il, on m’avait spécialement chargé d’une partie des visites médicales à l’extérieur, mon carnet de rendez-vous se couvrant de patients fantômes, de malades décédés et de grabataires ressuscités. En six mois, par scrupule, par goût excessif du perfectionnisme, j’ai dû soigner une crise d’asthme, une véritable angine et peut-être deux coliques néphrétiques. Il n’y a eu aucune enquête sur mes activités réelles.”&lt;br /&gt; Sous cette couverture, Baumel participe pleinement au prélude de la Libération. “ A trois mois du débarquement, dit-il, le paysage intérieur français est fixé(...) Une Résistance séparée en deux grands mouvements, les communistes du Front National et le MLN. Ce sera une course contre la montre. Entre le gouvernement du général de Gaulle et le CNR. Entre les communistes et nous “. Puis il ajoute : “Nous nous sommes toujours méfiés des communistes, lesquels nous le rendaient bien”. Par “nous”, il faut entendre les plus chauds partisans du Général, ceux de la tendance Frenay de Combat, par exemple, à l’intérieur des MUR, au cœur du MLN.&lt;br /&gt; En vérité, on ne trouve pas&amp;nbsp; la confirmation de cette&amp;nbsp; méfiance à l’égard des communistes dont témoigne ici Jacques Baumel dans tous les ouvrages d’histoire consacrés à cette période.&lt;br /&gt; Dans le paragraphe de son Histoire de la Résistance, intitulé “ &lt;i&gt;Noyautage ou colonisation ?&lt;/i&gt; ”, Noguères cite Baumel au nombre de ceux qui ont apporté leur concours à la tendance communisante qui s’est constituée&amp;nbsp; pour conquérir les MUR.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Dans un autre paragraphe, sous le titre “Le rôle de Baumel”, il rapporte dans quelles conditions Marcel Degliame-Fouché a été nommé pour représenter la tendance &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; au Comité directeur des Mouvements unis.&lt;br /&gt; Depuis que Frenay, membre du CFLN, était à Alger, Claude Bourdet dirigeait &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt;. Au mois de mars 1944, Bourdet est pris par les Allemands. L’éventualité de son arrestation ayant été souvent évoquée par lui devant ses compagnons, chacun sait que, s’il pouvait donner son avis, il désignerait pour le remplacer soit Ingrand , soit Rebattet.&lt;br /&gt; “A Ingrand, raconte Noguères, Baumel demande d’accepter la succession de Bourdet, en insistant lourdement, toutefois, sur la nécessaire “détermination d’une nouvelle ligne politique&amp;nbsp; adaptée à l’évolution de la Résistance”, ce qui dénotait, chez Baumel, une subtilité d’autant plus surprenante qu’il l’avait jusqu’alors - et qu’il l’a depuis lors - toujours soigneusement cachée. En effet, prendre la responsabilité d’une nouvelle ligne politique qui ne pouvait consister qu’en un alignement de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; sur les positions défendues&amp;nbsp; par Copeau (communisant) au nom de &lt;i&gt;Libération&lt;/i&gt; était, très justement, ce qu’Henry Ingrand ne voudrait certainement pas envisager. C’était donc l’inciter à refuser le poste qu’on le pressait d’occuper 2.“&lt;br /&gt; La suite, empruntons-la à Claude Bourdet lui-même : “Après une tentative vaine, dont l’échec était prévisible, pour amener Ingrand à accepter ma succession, (Baumel) fit prévaloir, contre la solution Rebattet, la désignation de Marcel Degliame, qui avait à coup sûr&amp;nbsp; beaucoup&amp;nbsp; plus d’autorité et d’expérience politique que Rebattet, mais qui était communiste (...) Les conséquences furent considérables. Au comité directeur siégeaient maintenant un communiste et un de leur proches alliés 3 . “&lt;br /&gt; Dans ce même ouvrage, Bourdet rapporte pourquoi il n’a pas été trop brutalement traité par les Allemands.&lt;br /&gt; “J’étais prisonnier à Fresnes et interrogé presque tous les jours à la Gestapo de l’avenue Foch. Un jour, mon interrogateur entra dans la pièce en brandissant un papier : “Vous n’êtes pas encore enterré, et déjà on danse sur votre tombe”, me dit-il. C’était une lettre à des dirigeants de la tendance “Combat”, prise par la police allemande&amp;nbsp; dans une boîte aux lettres brûlée.&amp;nbsp; La&amp;nbsp; teneur&amp;nbsp; en&amp;nbsp; était curieuse : on n’y tarissait pas d’éloges “sur notre pauvre camarade Aubin” (c’était moi), mais le signataire expliquait que, “tout de même, maintenant qu’il n’est plus là, il est temps de modifier l’orientation anticommuniste qu’il tendait à donner au mouvement . (...) La lettre était signée “Rossini”, c’est à dire Jacques Baumel : c’est à ce moment-là qu’il imposa Degliame pour mon remplaçant.”&lt;br /&gt; Conséquence inattendue, mais favorable pour le prisonnier :&lt;br /&gt; “Je pense que le papier de “Rossini” sur mon anticommunisme fut une bonne note; cela contribua à dessiner l’image d’un patriote plutôt de droite, pas antiallemand, d’inspiration catholique, s’occupant au surplus essentiellement de questions de politique intérieure française.” Traité avec une relative indulgence, Bourdet sera déporté à Buchenwald sans avoir été torturé.&lt;br /&gt; Pour ce qui est de l’évolution de la Résistance intérieure en&amp;nbsp; ce&amp;nbsp; début d’année 1944, Noguères ne la réduit évidemment pas à ce qu’il appelle “le tour de passe-passe réussi par Baumel”, “la complicité de Baumel”, pour rendre compte du rôle que celui-ci a joué dans la promotion de Degliame. Il ne s’agit là que de l’une des nombreuses manœuvres grâce auxquelles “quelques militants communistes(...) auront conquis, pratiquement sans se heurter au moindre obstacle, le contrôle des MUR et, s’en servant comme base de départ, se seront assuré la direction effective du COMAC (Comité d’action militaire) et de l’EM-FFI (les forces armées) 4 .”&lt;br /&gt; On ne saurait clore ce chapitre sans donner la version de Jacques Baumel. La voici :&lt;br /&gt; “ Le conseil des anciens de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; “, soit une dizaine de membres, s’est&amp;nbsp; réuni&amp;nbsp; pour&amp;nbsp; désigner&amp;nbsp; le remplaçant&amp;nbsp; de&amp;nbsp; Bourdet. Dans un premier temps, il écarte la candidature de Rebattet et enregistre le renoncement d’Ingrand.&lt;br /&gt; “Pascal Pia se récuse également, note Baumel, qui poursuit : Degliame-Fouché se propose. J’appuie cette candidature.&amp;nbsp; Je le connais bien, ou plutôt je crois bien le connaître, c’est un excellent élément, efficace, discret, intelligent. Degliame-Fouché devient notre représentant au CNR. Degliame-Fouché est aussi un communiste non déclaré. Il y avait donc beaucoup de communistes, et très bien placés, auprès de nous, au CNR, ainsi que dans nos mouvements, au MLN 5, où,&amp;nbsp; &amp;nbsp;pour&amp;nbsp; la&amp;nbsp; plupart,&amp;nbsp; ils n’avaient pas déclaré leur appartenance au PCF ou leurs liens très privilégiés avec ce parti.”&lt;br /&gt; Sur un point, toutes les versions se rejoignent : en ce début d’année 1944, les communistes sont de plus en plus présents et influents dans tous les organismes de la Résistance.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font size=&quot;4&quot;&gt;&lt;b&gt;6 - La&amp;nbsp; Libération&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;Ultimes souffrances&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le 15 mars 1944, le CNR, que préside Bidault, publie son programme de nationalisations, de réformes sociales et de mesures disciplinaires contre les collaborateurs.&lt;br /&gt; La Résistance poursuit son œuvre, en dépit des arrestations, des tortures, des déportations,&amp;nbsp; des exécutions.&lt;br /&gt; Au mois de septembre précédent, la Gestapo a investi, à Paris, les bureaux de la Délégation dirigée par Serreulles et saisi “trois valises de rapports et de télégrammes ainsi qu’un classeur de courriers avec Londres, imprimés en clair 1 . ”&lt;br /&gt; Au cours de cette opération, Jacques Baumel a failli être pris.&lt;br /&gt; De Gaulle, mécontent de la gestion de Serreulles, le rappelle à Londres et nomme à la tête de la Délégation Alexandre Parodi. Celui-ci prendra ses fonctions en avril 1944, et nommera délégué&amp;nbsp; de la&amp;nbsp; zone sud&amp;nbsp; Bingen,&amp;nbsp; qui assurait seul l’intérim de la présidence depuis le départ de Serreulles.&lt;br /&gt; Jacques Baumel se souvient des pressentiments qui agitaient alors son ami : “ J’ai passé plusieurs soirées avec Bingen&amp;nbsp; durant&amp;nbsp; cette&amp;nbsp; période qui a ressemblé pour lui a une descente aux enfers. Il était absolument persuadé d’être arrêté s’il repartait dans le sud (...) Le 10 mai au soir, je suis assis avec lui au buffet de la gare d’Austerlitz. Il m’avait demandé de lui adjoindre pour cette mission ma secrétaire personnelle (...) Je serai le dernier responsable de la Résistance à le voir vivant. ”&lt;br /&gt; Pris par la Gestapo deux jours plus tard, à Clermont- Ferrand, il se suicidera en avalant la pastille de cyanure dont il ne se séparait jamais.&lt;br /&gt; Printemps tragique. Bombardements. Sabotages. Dans plusieurs villes, de nombreuses arrestations vont suivre la disparition de Bingen. Déportations. Exécutions. Dans les montagnes, les maquis s’impatientent, réclamant à cor et à cri des armes. Pour autant, les rivalités empreintes de passion politique ne cessent guère à la tête des organismes qui animent la lutte contre la Milice de Vichy et les Allemands.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;Mission en province&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Jacques Baumel, secrétaire des MUR et du MLN, se partage entre mille tâches clandestines jusqu’à la fin du mois de mai. “ Pour nous, se souvient-il, la guerre de libération a commencé cinq jours avant le débarquement, le 1er juin à 13h30. Cent soixante messages d’alerte sont diffusés par la BBC (...) L’efficacité de nos mouvements de Résistance va stupéfier l’état-major allié. ”&lt;br /&gt; Le 6 juin, des Américains, des Anglais et la 2e division française du général Leclerc parviennent à établir une tête de pont sur la côte normande, à&amp;nbsp; l’ouest de Caen. Cette date, chère au coeur des Français, marque le début d’une période tumultueuse : les grandes villes ne seront délivrées qu’une à une; du Mont Mouchet au Vercors, les maquis vont livrer des combats héroïques; il va falloir attendre jusqu’à la fin du mois de septembre pour que tout le pays soit définitivement libéré.&lt;br /&gt; “ A la Délégation comme au MLN, dit Baumel, nous donnons à tous nos responsables locaux des consignes de sécurité renforcée .”&lt;br /&gt; &quot;Mais, note Lacouture, de l’état-major des FFI au comité militaire du CNR et aux FTP, les communistes “ contrôlent le gros des forces disponibles, militant plus que jamais pour l’action immédiate 2 . ”&amp;nbsp; Ce que confirme Baumel : “Le CNR (...) décide alors la création d’un Exécutif Sud de la Résistance composé de deux membres, Degliame-Fouché et Pascal Copeau, dont nous connaissons maintenant les attaches avec le Parti communiste (...) Après avoir fait basculer le CNR, les communistes sont donc en passe de mettre la main sur l’organisation de la zone sud, qui était jusqu’alors sous la responsabilité essentielle des MUR et plus particulièrement de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt;. Nous avons considéré cette affaire comme étant d’une extrême gravité. C’est la raison pour laquelle on me demande de rejoindre le secrétaire général de la Délégation...”, à Lyon.&lt;br /&gt; De fait, Baumel est chargé par le comité directeur des MUR&amp;nbsp; de recueillir des informations et de “contrer” les représentants de la direction du CNR. Il s’acquitte du mieux qu’il peut de sa mission, et comme la situation est alarmante dans tout le sud-ouest,&amp;nbsp; avec des “accrochages violents”, opposant maquisards communistes et soldats de l’Armée secrète, avec des “exécutions sommaires” et des “règlements de comptes”, qui suivent la libération de chaque ville, il décide de se “rendre sur place pour essayer de contrôler un peu la situation”.&lt;br /&gt; Il quitte Lyon à bicyclette, avec une valise bourrée de soieries pour jouer au représentant de commerce en cas de contrôle.&lt;br /&gt; Sous le même déguisement, Claude Serreulles, de retour en France, et chargé par Parodi d’une mission de reconnaissance,&amp;nbsp; l’accompagne.&lt;br /&gt; Bientôt, les deux hommes abandonneront les vélos, pour aller jusqu’à Clermont-Ferrand, et, de la capitale de l’Auvergne, à Mauriac, puis à Limoges, et à Toulouse, et à Montpellier, usant partout de leur influence afin que la Libération ne dégénère nulle part en insurrection révolutionnaire ou en guerre civile.&lt;br /&gt; A Limoges, Jacques Baumel et son compagnon ont activement participé à la préparation de la première réunion du Comité Départemental de Libération (CDL). Ils ont assisté à la foire d’empoigne qui a précédé la ferme prise en main de cet organisme par Pierre Bloch, Commissaire du gouvernement de la France. “ C’est là, note Baumel, que j’ai pu constater l’aura qui entourait à la Libération les hommes de Londres. Les maquisards communistes les plus intransigeants avaient baissé le ton (...) C’est à ce moment-là que j’ai compris qu’il n’y aurait pas de révolution à Limoges . “&lt;br /&gt; Il n’y en aura nulle part ailleurs.&lt;br /&gt; Tous les CDL, chargés de préparer la réorganisation et le fonctionnement de l’Administration,&amp;nbsp; finiront par se soumettre au Gouvernement provisoire du Général.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;Le retour à Paris&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;“ Paris! Paris outragé! Paris brisé! Paris martyrisé! mais Paris libéré!...”&lt;br /&gt; L’inoubliable allocution du général de Gaulle date du 25 août.&lt;br /&gt; Lorsque Jacques Baumel regagne la capitale, quelques jours plus tard, elle est en liesse. Il s’abandonne à l’allégresse générale. “ La foule est dense, gaie, musicale, légère comme les robes d’été des Parisiennes. ” Il se promène au hasard des rues. Quel choc, quel bonheur de voir &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt;, le journal si longtemps clandestin, à la devanture des kiosques! C’est le n° 59, tous les numéros précédents ont été distribués sous le manteau. Il court rue Réaumur, au bureau du quotidien, il y retrouve ses amis, qui vont collaborer au succès de cet organe de la Résistance : Pia, Camus, Ollivier. C’est avec eux qu’il fête la Victoire.&lt;br /&gt; Mais dès le 12 septembre, “les éclats de rire, les cigarettes, l’alcool” sont oubliés.&amp;nbsp; Ce jour-là,&amp;nbsp; le général de Gaulle,&amp;nbsp; que l’on n’a guère vu depuis le 25 août, “se manifeste enfin, à la fois comme symbole et détenteur des pouvoirs”. Et Lacouture, à qui l’on doit cette formule, de préciser : “Une sorte de meeting a été organisé au palais de Chaillot, où le chef du gouvernement provisoire définira, en présence des chefs de la Résistance&amp;nbsp; et&amp;nbsp; des cadres de l’État nouveau, ses projets à court terme et sa philosophie du pouvoir 2 . “&lt;br /&gt; Jacques Baumel assiste à cette réunion.&lt;br /&gt; Il écoute ce discours-programme, dans lequel l’orateur prône l’autorité de l’État, revendique pour la France une place au premier rang des nations et se prononce pour les principes de justice sociale “que la résistance a, dans son combat, rêvé de voir se réaliser”.&lt;br /&gt; Quelques jours plus tard, le modeste dirigeant du MLN, qui est âgé&amp;nbsp; maintenant de vingt-six ans,&amp;nbsp; est reçu par le Général.&lt;br /&gt; Depuis qu’il est installé au ministère de la Guerre, rue Saint-Dominique, de Gaulle a rencontré des personnalités telles que François Mauriac, Paul Valéry, Georges Duhamel, Georges Bernanos, Malraux... Quel honneur de se voir accorder une audience après des hommes aussi célèbres !&lt;br /&gt; Le jeune résistant de l’intérieur est vivement impressionné par ce géant qui mesure 1 mètre 94 et qui est le héros de la France libre, le chef mythique dont il ne connaissait que la voix.&lt;br /&gt; “ Son accueil est intimidant, rapporte Baumel. Il est d’une courtoisie d’un autre temps, d’une attention parfaite. Il observe. Il me soupèse de coin, depuis son œil de pachyderme. J’ai l’impression de passer l’oral d’un grand concours. Il m’interroge sur mon expérience de la Résistance, m’écoute, me laisse parler (...) Je m’étais attendu à un entretien très bref et suis surpris de constater que cet homme particulièrement occupé prend le temps de bavarder avec un jeune inconnu . ”&lt;br /&gt; Le Général ne quitte “son ton de grande urbanité” qu’une seule fois, lorsque Baumel, lui rendant compte de son voyage en province, évoque les manœuvres des communistes.&lt;br /&gt; “- Assez de bordel! s’écrie de Gaulle. Tous ces gens doivent rentrer dans le rang! (...) La République doit revenir dans ses marques. Et croyez-moi, je vais m’y employer! (...) La France doit rester une et indivisible...”&lt;br /&gt; A n’en pas douter, Jacques Baumel ferait ce jour-là son “entrée en gaullisme” si, comme nous l’avons vu, son engagement, pris à l’occasion de “l’affaire suisse”, ne datait déjà de quelques mois.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;La motion Baumel-Malraux&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Que d’événements depuis cette époque où Moulin et Frenay se disputaient la première place, à la tête du CNR!&lt;br /&gt; Aujourd’hui, Frenay est membre du gouvernement d’union nationale que de Gaulle vient de constituer, et qui comprend des communistes.&lt;br /&gt; Le ministère des Prisonniers, Déportés et Réfugiés dont il est chargé occupe un agréable hôtel particulier, avenue Léopold II,&amp;nbsp; dans le XVIe arrondissement.&amp;nbsp; Il s’apprête à y remplir la mission qui lui a été confiée, à savoir “accueillir et traiter lorsqu’il se présentera le flot immense des rapatriés 3 .”&amp;nbsp; Mais le fondateur de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; entend également “ contribuer à ce que les mouvements de Résistance, et surtout le Mouvement de Libération Nationale (le M.L.N.) apportent à la République le levain de son rajeunissement et de sa rénovation . ”&lt;br /&gt; Rien d’étonnant donc à ce que Jacques Baumel assiste fréquemment aux réunions&amp;nbsp; qu’organise&amp;nbsp; son&amp;nbsp; ancien&amp;nbsp; chef.&lt;br /&gt; Chez lui, il croise Bidault, Menthon, Teitgen, anciens membres du Comité directeur de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt;, aujourd’hui fondateurs d’un nouveau parti, le Mouvement républicain populaire (MRP), destiné à rassembler les adeptes d’une démocratie chrétienne.&lt;br /&gt; Mais Frenay ne rallie pas ses compagnons de la première heure de la Résistance dans cette formation.&lt;br /&gt; “Créer un parti dirigé exclusivement par des militants catholiques et connus comme tels... note-t-il, c’est ressusciter la vieille querelle (de la laïcité), source de discorde entre les Français. A nos amis, je l’ai dit, et moi-même, catholique pratiquant, je ne les ai pas rejoints.&amp;nbsp; Je continue à me nourrir de cette conviction que de la Résistance doit naître une grande formation à la vocation révolutionnaire associant étroitement la tradition socialiste dépouillée de sa philosophie marxiste et l’humanisme d’inspiration chrétienne.”&lt;br /&gt; Jacques Baumel se range du côté de Frenay qui, en tant que “chef national” du mouvement &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt;, fait toujours partie du comité directeur et du bureau politique du MLN, dont il espère faire “un véritable mouvement de rénovation française”. Ensemble ils vont affronter les communistes qui manœuvrent pour s’emparer de l’appareil.&lt;br /&gt; Que déclarent en effet leurs opposants? Écoutons-les :&lt;br /&gt; “Nous devons préserver l’unité de la Résistance et même la pousser à son terme c’est-à-dire à une&amp;nbsp; fusion entre le MLN et le Front National.&lt;br /&gt; Pour nous, disent-ils, une seule politique : l’application du CNR. Tout autre attitude nous diviserait, donc nous affaiblirait “.&lt;br /&gt; Frenay, Baumel et leur amis rétorquent qu’ils ne peuvent accepter, le Front national et le CNR étant déjà&amp;nbsp; aux mains de l’équipe communiste ou communisante. Les discussions sont si “passionnées et houleuses” qu’un congrès exceptionnel doit se réunir pour trancher. Il se tient le 27 octobre. Résultat ?&lt;br /&gt; “ La décision de fond est reportée au “grand congrès”, rapporte Frenay, mais le secrétariat général passe entre nos mains. C’est Jacques Baumel qui remplace Pascal Copeau (lequel occupait ce poste depuis la Libération). Notre succès n’est pas mince...”&lt;br /&gt; En cette fin d’année 1944, le courageux, le persévérant travail que le jeune secrétaire général a fourni durant les heures sombres sera aussi récompensé par une autre désignation.&lt;br /&gt; Le 12 octobre, l’Assemblée consultative créée par de Gaulle est élargie aux cadres de la résistance qui n’avaient pas pu rejoindre Alger. Sur 248 places, 68 leur seront réservées. &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; aura six sièges, note Frenay, qui ajoute : “Compte tenu de son importance, c’est parfaitement injuste, mais peut-on s’élever contre le principe de la représentation égalitaire des mouvements que j’ai accepté lors de la fusion des MUR?”&lt;br /&gt; “Par rapport aux six places à pourvoir, se souvient encore le fondateur de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt;, les candidats sont nombreux et les appétits trop visibles (...) Procéder, après consultation, par voie d’autorité? J’y ai songé, mais le procédé est discutable. Nous avons donc voté.”&lt;br /&gt; Jacques Baumel figure parmi les six “élus”.&lt;br /&gt; Il participera, le 7 novembre, au Palais du Luxembourg, à la première réunion de cette Assemblée qui est,&amp;nbsp; selon le mot de&amp;nbsp; son doyen d’âge, Cuttoli,&amp;nbsp; “la représentation authentique de la nation”.&lt;br /&gt; Baumel, représentant de &lt;i&gt;Combat&lt;/i&gt; à l’Assemblée consultative, occupe désormais une place importante parmi les Résistants désireux de fonder une société nouvelle. L’autorité que lui confèrent ses nouvelles fonctions lui permet d’exprimer de plus en plus clairement ses convictions.&lt;br /&gt; En janvier 1945, le congrès du MLN, qui rassemble 500 délégués venus de toute la France, a lieu à la Mutualité. Copeau, soutenu par d’Astier et par tous leurs amis communistes, propose une fois encore, avec véhémence, la fusion entre le Mouvement et&amp;nbsp; le Front national.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; C’est alors que, pour s’opposer à ce projet, un orateur inattendu intervient à la tribune : André Malraux, dans son uniforme de colonel de la Brigade “Alsace-Lorraine”.&lt;br /&gt; L’éloquence de ce militaire très particulier fait merveille.&lt;br /&gt; Au terme des débats, qui “dureront cinq jours et se dérouleront dans une atmosphère passionnée, parfois haineuse”, deux&amp;nbsp; motions sont soumises aux congressistes, celle des communistes, présentée par Pierre Hervé, et celle que soutiennent, entre autres, Baumel, André Philip, Malraux.&lt;br /&gt; La première demande invariablement “la fusion”, la seconde préconise la “création à l’échelon national d’une Fédération de tous les mouvements sans exception”.&lt;br /&gt; “ Le 26 janvier, à 3 heures du matin, note avec précision Frenay la motion André Philip-Jacques Baumel (également connue sous le nom de motion Malraux-Baumel) recueille une large majorité : 250 voix contre 119 à celle de Pierre Hervé ”.&lt;br /&gt; Claude Bourdet, rentré d’Allemagne en piteux état de santé, a assisté à ce congrès. (Mes) “amis,&amp;nbsp; se souvient - il, étaient venus me chercher dans mon lit pour me faire participer à cette bataille.&amp;nbsp; Je&amp;nbsp; n’y jouai&amp;nbsp; guère&amp;nbsp; de&amp;nbsp; rôle, sinon par ma présence, étant trop épuisé pour intervenir activement”.&lt;br /&gt; Parmi ceux qui ont combattu “avec la dernière énergie” le projet communiste, il cite Jacques Baumel, et ne peut s’empêcher d’ajouter : “que je retrouvai sur une position à l’opposé de celle où je l’avais laissé...”.&lt;br /&gt; Il n’en veut pas démordre, l’entêté second de Frenay!&lt;br /&gt; Laissons lui néanmoins évoquer les conséquences de ces affrontements :&lt;br /&gt; (Les communistes) “ fondèrent aussitôt un nouveau mouvement sous le nom de “Mouvement unifié de la renaissance française” (M.U.R.F.), cherchant à créer une ambiguïté avec l’ancien sigle des Mouvements Unis, M.U.R. Le M.L.N., pour sa part, créa avec les éléments de même nuance des autres mouvements un nouveau parti politique : l’Union démocratique et socialiste de la Résistance, U.D.S.R. 4 .”&lt;br /&gt; Jacques Baumel sera bientôt le secrétaire général de l’UDSR. mais nous abordons là un nouvel âge de sa vie, une autre page d’Histoire.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;&lt;b&gt;Berneix / Rossini / Baumel&amp;nbsp;&lt;br /&gt; vu par ses compagnons de lutte&lt;br /&gt; et par les historiens.&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le fondateur de Combat :&lt;br /&gt; “Jacques Baumel (est) arrivé depuis peu à Lyon. C’est un jeune garçon d’environ vingt-deux&amp;nbsp; ans.&amp;nbsp; Jusqu’ici,&amp;nbsp; il résidait à Marseille où il avait commencé des études de médecine qu’il avait interrompues pour militer plus activement à “Combat” sous le nom de Berneix. Il était devenu l’un des adjoints de Chevance. Celui-ci l’a envoyé au Centre national. Il sera le secrétaire du comité directeur de “Combat”, puis des M.U.R. et son rôle ira grandissant jusqu’à la Libération”.&lt;br /&gt; Henri FRENAY .- &lt;i&gt;La nuit finira,&lt;/i&gt; page 262,&amp;nbsp; R. Laffont (1973)&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Avril 1943, nominations au secrétariat des MUR.&lt;br /&gt; “... pour équilibrer le poids respectif des uns et des autres, ce secrétariat fut partagé en deux. Il y eut d’une part un secrétaire du Comité directeur, tâche surtout administrative, qui échut à un de nos militants de Marseille,&amp;nbsp; ami&amp;nbsp; de&amp;nbsp; Chevance,&amp;nbsp; un étudiant&amp;nbsp; en médecine nommé Jacques Baumel. C’était lui qui organisait les réunions du C.D., veillait à notre sécurité, établissait les comptes rendus, transmettait les décisions et, d’une manière générale, faisait fonctionner le Comité. Il y eut d’autre part un secrétaire général, chargé essentiellement des relations avec les régions et les services nationaux : ce fut Pierre Hervé, militant communiste de zone Nord, qui, pris par la police, s’était évadé en juillet 1941 et avait rejoint, en juillet 1942, le mouvement “Libération”...&lt;br /&gt; L’équilibre fourni par le tandem Hervé-Baumel apparut rapidement plus théorique que réel. D’une part, les deux hommes étaient très différents; Baumel était alors un jeune intellectuel de gauche, que l’on pouvait qualifier en gros de “progressiste” pour utiliser une terminologie qui n’avait pas encore&amp;nbsp; cours.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Sympathique,&amp;nbsp; ouvert,&amp;nbsp; bon diplomate, il faisait un excellent secrétaire de comité; mais sans expérience politique, sans passé de militant, il n’était pas de taille à faire pièce au militant brillant et chevronné qu’était Pierre Hervé. Celui-ci, aidé par d’Astier et par Pascal Copeau, fit des relations avec les régions un fief personnel...”&lt;br /&gt; Claude BOURDET .- &lt;i&gt;L’aventure incertaine&lt;/i&gt;, page 170,&amp;nbsp; Stock (1975)&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Marcel Degliame-Fouché,&amp;nbsp; qui a remplacé Claude Bourdet :&lt;br /&gt; “... j’ai tendance à considérer que mon accession à des fonctions nationales est due bien davantage à un bon fonctionnement de la démocratie à l’intérieur des mouvements qu’à l’issue heureuse d’un “romantique” complot dirigé par notre ami Baumel. J’ajouterai que ce dernier a dû être le premier surpris en apprenant, trente-cinq ans plus tard, (que certains voyaient en lui) un “sous-marin” communiste...”&lt;br /&gt; Marcel DEGLIAME-FOUCHÉ .- &lt;i&gt;“Une mise au point...” Histoire de la Résistance en France,&lt;/i&gt; op. cité.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;A la Mutualité :&lt;br /&gt; “Contre la fusion (MLN-Front national) se dressaient Petit, Laboureur, Viannay, André Philip, Jacques Baumel, qui, depuis 1943 - il avait alors vingt-cinq ans - avait été successivement secrétaire général des MUR, puis membre du comité directeur du MLN et bénéficiait d’une autorité qui lui vaudra, en un temps d’illustrations rares, de figurer en première page du Populaire du 26 janvier 1945, sous le nom de Rossini, son dernier pseudonyme.”&lt;br /&gt; Henri AMOUROUX .- &lt;i&gt;La Grande Histoire des Français après l’Occupation,&lt;/i&gt; tome 9, page 1132&amp;nbsp; &amp;nbsp;R. Laffont (1991)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour conclure ce paragraphe ( et ce chapitre ), rappelons que :&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;Jacques Baumel est Compagnon de la Libération.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a été admis dans cet Ordre, au titre de la Résistance intérieure,&amp;nbsp; par décret du 27/12/45. 5&lt;br /&gt; Il est aussi titulaire de la Médaille de la Résistance et de la Croix de guerre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Notes :&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Chapitre&amp;nbsp; I - 5&lt;/b&gt;&amp;nbsp; (p. 43 à&amp;nbsp; 50)&lt;br /&gt; &amp;nbsp;1&amp;nbsp;&amp;nbsp; J. Baumel,&amp;nbsp; &lt;i&gt;Résister&lt;/i&gt;... op. cité. -&lt;br /&gt; &amp;nbsp;2&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; H. Noguères,&amp;nbsp; &lt;i&gt;Histoire de&lt;/i&gt;... op. cité.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;3&amp;nbsp;&amp;nbsp; Claude Bourdet,&amp;nbsp; &lt;i&gt;L’aventure incertaine (De la Résistance à la&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Restauration)&lt;/i&gt;, Paris, Stock,&amp;nbsp;&amp;nbsp; 1975.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; 4&amp;nbsp; &lt;b&gt;COMAC&lt;/b&gt; : commission d’action, organisme chargé de l’activité des combattants&amp;nbsp; clandestins. Cette commission est animée par Degliame.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;b&gt;EM-FFI&lt;/b&gt; : Les FFI rassemblent, à partir de février 1944, les forces de l’Armée secrète, de&amp;nbsp; l’ORA et des FTP (Francs-Tireurs et Partisans).&lt;br /&gt; 5&amp;nbsp;&amp;nbsp; Dans une longue note, Baumel évoque “ la fameuse nuit du MLN, en janvier 1945, à la&amp;nbsp;&amp;nbsp; Mutualité ”&amp;nbsp; au cours de laquelle sera votée une “motion Baumel-Malraux” grâce à laquelle le MLN ne tombera pas “dans l’escarcelle du Frontnational”.&amp;nbsp; Nous y reviendrons dans le chapitre 6&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Chapitre&amp;nbsp; I - 6&lt;/b&gt;&amp;nbsp; (p. 51 à&amp;nbsp; 59)&lt;br /&gt; &amp;nbsp;1&amp;nbsp;&amp;nbsp; J. Baumel,&amp;nbsp; &lt;i&gt;Résister.&lt;/i&gt;.. op. cité.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;2&amp;nbsp;&amp;nbsp; J. Lacouture,&amp;nbsp; &lt;i&gt;De Gaulle&lt;/i&gt;... op. cité&lt;br /&gt; &amp;nbsp;3&amp;nbsp;&amp;nbsp; Frenay,&amp;nbsp; &lt;i&gt;La nuit finira&lt;/i&gt;... op. cité.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;4&amp;nbsp;&amp;nbsp; C. Bourdet,&amp;nbsp; &lt;i&gt;L’aventure&lt;/i&gt;... op. cité.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;5&amp;nbsp;&amp;nbsp; L’Ordre national de la Libération fut institué par le Général de Gaulle à Brazzaville le 16/11/1940 pour récompenser ceux qui s’étaient conduits (et ceux qui se conduiraient) d’une façon exceptionnelle dans l’œuvre de libération de la France.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; En 1946, la&amp;nbsp; liste des récipiendaires fut définitivement arrêtée à 1061 compagnons, parmi lesquels cinq villes et dix-huit unités combattantes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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            <name>Elimei</name>
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        <title>Les filles des magazines...</title>
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        <updated>2008-03-20T08:48:00+01:00</updated>
        <published>2008-03-20T08:48:00+01:00</published>
        <summary>    Tout le monde vous le dira, être enceinte ce n’est que du bonheur, et...</summary>
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           &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Tout le monde vous le dira, être enceinte ce n’est que du bonheur, et attendre deux enfants c’est faire coup double dans l’océan du bonheur… Comme c’est beau une femme enceinte&amp;nbsp;! Vous n’aurez de cesse de lire, d’entendre encore et encore ces ritournelles sur la &lt;font color=&quot;#FF00FF&quot;&gt;plénitude&lt;/font&gt; de cet état de grâce&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Pourtant avec vos allures de cétacé échoué sur une plage, vos douleurs irascibles, et vos nausées à n’en plus finir, vous vous demandez où elle est partie la belle image de la femme enceinte épanouie&amp;nbsp;? Elle&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; a sûrement du faire un détour et vous oublier sur le bord de la route. Parce que honnêtement vous ne vous sentez pas très à l’aise dans votre nouveau corps. Vous cherchez encore où réside le &lt;font color=&quot;#FF00FF&quot;&gt;bonheur&lt;/font&gt; dans&amp;nbsp;: les varices (qui parfois perfides s’insinuent même dans les endroits les plus intimes),&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; les dorsalgies qui vous obligent à des postures de yogi pour vous soulager, les ligaments qui tirent, les crises de sciatiques aigues qui vous empêchent de poser le pied à terre, les nausées, les vomissements, les insomnies, la prise de poids rapide, les vergetures, la tension, le diabète… Stop n’en jeter plus&amp;nbsp;! La liste et longue et croyez moi, quand un mal vous quitte un autre arrive, c’est ça la &lt;font color=&quot;#FF00FF&quot;&gt;magie&lt;/font&gt; de la grossesse&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Ah oui ça les magazines, ils vous camouflent la vérité aussi bien que le phasme se fond dans les branchages, tout simplement bluffant. On se garde bien de vous dire que la grossesse gémellaire (ou simple) c’est aussi un lot de &lt;font color=&quot;#FF00FF&quot;&gt;souffrances&lt;/font&gt; (physiques et mentales). Dans notre société &lt;font color=&quot;#FF00FF&quot;&gt;aseptisée&lt;/font&gt;, on n’accepte ni souffrance, ni atteinte à la beauté, tout doit être «&amp;nbsp;propre&amp;nbsp;» au sens propre comme au figuré&amp;nbsp;! La culture du corps parfait est aussi de mise durant la grossesse, point d’acné, point de vergetures ne doivent «&amp;nbsp;salir&amp;nbsp;» le tableau. Perfection quand tu nous tiens&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Bien sûr je ne renie pas le fait qu’attendre un enfant soit un moment de pur régal, car créer une vie -voire deux- est un véritable privilège dont bien des femmes stériles rêvent. Mon incompréhension réside juste dans le simple fait qu’être enceinte ce n’est pas uniquement neuf mois de &lt;font color=&quot;#FF00FF&quot;&gt;zenitude&lt;/font&gt;. C’est aussi des craintes, des angoisses et de la douleur. Alors l’image d’Epinal de la jeune femme au teint de pêche, svelte (même enceinte), irradiant de grâce, c’est bien joli, mais un peu loin de la réalité tout de même. Qu’est ce donc que cette société dissimulatrice qui tente de nous faire passer pour des mauvaises mères parce qu’on ose se plaindre de quelques maux durant cette période délicate&amp;nbsp;? Nulle part je n’ai lu qu’attendre des jumeaux c’était si difficile. Pour la littérature spécialisée, attendre des jumeaux c’est comme pour les singletons. Et là je dis non&amp;nbsp;! Arrêtons de nous faire culpabiliser, et arrêtons de nous cacher la vérité.&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Comic Sans MS'&quot;&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Attendre des jumeaux, c’est pénible, c’est une véritable souffrance pour votre corps, c’est angoissant parfois. Je le dis, même si j’ai bien conscience que pour certaines femmes, attendre des jumeaux se passe aussi facilement qu’une grossesse simple, mais je sais aussi que pour une bonne majorité, c’est un véritable parcours du combattant. Je ne veux en aucun cas effrayer les futures mamans, mais attendez vous à passer par des moments difficiles tout de même. Et ne vous inquiétez pas si vous n’êtes pas comme ces femmes de magazines, vous vous êtes &lt;font color=&quot;#FF00FF&quot;&gt;humaines&lt;/font&gt;, elles je ne sais pas d’où elles sortent&amp;nbsp;? Mais pas de la planète Terre&amp;nbsp;!&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/p&gt; 
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            <name>modem-ozoirlaferriere</name>
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        <title>L'Australie demande ”pardon” pour les souffrances infligées aux Aborigènes</title>
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        <updated>2008-02-13T14:00:00+01:00</updated>
        <published>2008-02-13T14:00:00+01:00</published>
        <summary> Redfern, quartier pauvre du sud de Sydney, est un bastion aborigène célèbre....</summary>
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          &lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Redfern, quartier pauvre du sud de Sydney, est un bastion aborigène célèbre. Lieu phare de l'activisme autochtone dans les années 1970, la mixité raciale entre Blancs et Noirs y est – pour une fois à Sydney – apparente. Chaque vendredi, l'association indigène Babana se réunit dans une église du quartier. Dans ces locaux simples qu'on veut bien lui prêter, Mark Spinks, le fondateur de l'association, écoute les hommes de sa communauté, touchés, plus que d'autres, par le chômage ou l'alcoolisme. Parfois, Babana affrète un bus pour emmener ses membres à des enterrements loin de la ville. Mercredi 13 février, le bus est parti pour Canberra, où le premier ministre, Kevin Rudd, a ouvert la session parlementaire en présentant les excuses officielles de l'Australie aux Aborigènes et particulièrement à la &quot;génération volée&quot;, ces enfants arrachés à leurs parents et confiés à des institutions ou des familles blanches.&lt;/span&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&quot;Nous présentons nos excuses pour les lois et les politiques des parlements et gouvernements successifs qui ont infligé une peine, une douleur et une perte profondes à nos compatriotes australiens, a déclaré M. Rudd. Aux mères et pères, aux frères et sœurs, pour avoir séparé des familles et des communautés, nous demandons pardon. Et pour l'atteinte à la dignité et l'humiliation infligées à un peuple fier de lui-même et de sa culture, nous demandons pardon.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;La politique d'assimilation forcée, menée du début du XXe siècle jusqu'à la fin des années 1960, a concerné plusieurs dizaines de milliers d'enfants autochtones, en particulier ceux d'entre eux qui étaient métissés. Mais ce n'est qu'en 1997, avec la publication du rapport &quot;Bringing Them Home&quot;, que l'Australie a découvert l'ampleur du phénomène.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Depuis, les demandes d'excuses officielles étaient un point de désaccord majeur entre le gouvernement conservateur de John Howard, le précédent premier ministre, et la communauté autochtone. Il aura fallu attendre l'arrivée au pouvoir des travaillistes – en novembre 2007 – pour que les Aborigènes obtiennent enfin cette reconnaissance officielle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;C'est un pas symbolique vers la &quot;réconciliation&quot;, un terme utilisé en Australie pour évoquer l'apaisement des relations entre les Aborigènes et la population blanche. Les enfants volés ont vu leur vie dévastée. Souvent maltraités dans des institutions qui leur interdisaient de parler leur langue, ils pouvaient parfois être utilisés comme main-d'œuvre gratuite.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;ESPÉRANCE DE VIE INFÉRIEURE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;&quot;Ma grand-mère a été prise de force à ses parents, placée dans une ferme, où elle devait laver les couches sales des enfants des propriétaires&quot;, raconte Mark Spinks. &quot;La douleur se transmet aux générations suivantes, c'est l'une des raisons pour lesquelles notre situation est si mauvaise&quot;, soutient le quadragénaire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Avec une espérance de vie inférieure de dix-sept ans à la moyenne nationale et un taux d'incarcération treize fois supérieur à celui des non-indigènes, la communauté aborigène (quelque 450 000 personnes) est la plus défavorisée du pays.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Evelyn Walley fait, elle, figure de réussite. A 42 ans, elle a commencé à développer une agence de mannequins aborigènes. En bas âge, Mme Walley fut pourtant retirée à ses parents et confiée à une famille blanche. &quot;Je croyais que j'étais blanche, je ne savais pas que j'étais aborigène, ni où étaient mes parents&quot;, raconte-t-elle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Mme Walley reconnaît avoir eu la chance d'être élevée par une famille adoptive attentionnée. &quot;J'ai grandi avec des chances que je n'aurais pas eues auprès de ma famille, mais j'ai perdu ma culture.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;A 18 ans, elle a eu le droit de revoir les siens. &quot;Ce fut très difficile, j'ai retrouvé mes traditions comme je pouvais, à partir de rien.&quot; Pour elle aussi, &quot;ces excuses sont importantes, même si cela aurait dû arriver plus tôt&quot;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;Les termes officiels ont été préparés avec soin. Tout ne sera pas réglé pour autant. &quot;Il faudrait réparer également en permettant, par exemple, aux autochtones de retrouver leur terre, leur langue&quot;, proclame Gary Highland, de l'Antar, une organisation de défense des autochtones.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;En outre, la question des réparations financières est épineuse. Il y a quelques mois, la justice a reconnu à un &quot;enfant volé&quot; le droit d'être indemnisé par l'Etat d'Australie-Méridionale. Récemment, l'Etat de Tasmanie a créé un fonds de 4 millions de dollars pour une centaine de membres de la génération volée. A l'échelle fédérale cependant, rien de tel n'est prévu, a d'ores et déjà prévenu le premier ministre, Kevin Rudd.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 8.5pt; font-family: Verdana&quot;&gt;lemonde.fr&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Gambuja</name>
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        <title>Yoga-Sutras</title>
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        <updated>2007-09-16T10:48:23+02:00</updated>
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        <content type="html" xml:base="http://yoga.hautetfort.com/">
          &quot;Quand ces causes de souffrance sont légères, on peut les éliminer en les prenant à contre-courant.&quot;  Patanjali II.10
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            <name>ATHEOLOGIE</name>
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        <title>HALTE AUX CORRIDAS !</title>
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        <updated>2007-07-04T15:22:50+02:00</updated>
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        <content type="html" xml:base="http://atheologie.hautetfort.com/">
          &lt;a href=&quot;http://atheologie.hautetfort.com/media/01/01/7a6b395145f9eb382196a08c2c34629e.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://atheologie.hautetfort.com/media/01/01/7a6b395145f9eb382196a08c2c34629e.jpg&quot; id=&quot;media-440152&quot; alt=&quot;7a6b395145f9eb382196a08c2c34629e.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-440152&quot; /&gt;&lt;/a&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;J’habite désormais dans une région ou la corrida est un événement qui n’a de pair que le Rugby.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Autant peut-on aimer le ballon ovale autant on peut détester l’assassinat d’un bestiau qui n’a rien demandé. C’est dire le genre de discussions, que dis-je de disputes, entre mes amis «pro» et «anti»&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Chez les premiers, dont certains se veulent intellos, avancent l’argument de l’ART et de la tradition. La corrida est spectacle unique et ancestral, que l’on doit perpétuer comme tel.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;Pour les anti-corridas, aucun argument n’existe devant la finalité de ce spectacle, la mise à mort. Ils soulèvent ensuite des questions annexes toutes rattachées au fric. Par exemple la Féria de Béziers est axée sur les corridas, avec ses marchands de frites, de moules et de pinard à trois sous. Cette manifestation, qui n’est que l’occasion de beuveries mémorables, est subventionnée par, faut-il le préciser, l’argent public, donc le mien, alors que je trouve cette merde inacceptable. Mais revenons à nos taureaux. Il y a autour d’eux, des élevages, des manadiers et leurs marchés fructueux.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;Un des arguments de «&amp;nbsp;aficionados&amp;nbsp;», comme ils plaisent à se nommer, est que le taureau a toutes ses chances dans l’arène. Ce qui provoque automatiquement une rigolade générale de la cantonade. Comment avoir toutes ses chances devant, non seulement un torero en habit de lumières très moule-burnes, armé d’un glaive mortel&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;L’animal est d’abord ensanglanté pour qu’il perde son énergie, rendu fou par la cape et ensuite estoqué tant bien que mal. Pour cela on utilise d’abord un poignard ou puntilla, porté(s) à la nuque de l’animal avec plus ou moins d'habileté, alors qu’il est déjà meurtri par d’autres blessures faites par les banderilles. Des coups de piques ainsi que les coups d'épée (descabello) du matador, tous portés VOLONTAIREMENT dans la région de la colonne vertébrale et de la moelle épinière afin d’affaiblir la bête. Par une lance dont la pointe de 14cm sectionne les muscles de la nuque, de sorte qu’il ne puisse plus relever la tête. Par les banderilles (sorte de crochets de fer colorés, allant par paire et au nombre de trois), qui restent fichés dans son dos, le saignant et attaquant ses muscles au moindre de ses mouvements.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;Mieux que cela, ce que le public (1) sanguinaire l’ignore probablement, les tortures qui précèdent la corrida elle-même, comme celle de l’ «afeitado», la veille du spectacle, qui consiste à raccourcir les cornes sur 6 à 11cm, sans anesthésie (ce qui fait bobo selon les vétos) En 1989, l’ordre espagnol des vétérinaires révélait que des sacs de sable de 100kg étaient projetés sur la colonne vertébrale du taureau, la veille du combat. D’autres constatent régulièrement que diverses drogues (dont le chlorhydrate dexylozybne) sont administrées aux animaux. Et l’Europe dans tout çà&amp;nbsp;? Elle légifère et adopte des mesures de protection animale, bravo, mais qui fait une exception pour les corridas.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;Et&amp;nbsp; la religion dans tout çà&amp;nbsp;&lt;/b&gt;?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Je ne voudrais pas charger trop l’Eglise catholique, on pourrait me traiter d’anti-clérical, mais…. (lol)&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Cet exemple de morale, ne condamne pas ces spectacles, au contraire, les corridas sont souvent associées à la célébration des saints et avec l'appui de ses membres.Les curés accordent des bénédictions à des mecs qui prétendent risquer leur vie, alors que le match est truqué comme un vulgaire match de catch, et qu’ils risquent moins leur vie à participer à cette mascarade que vous et moi à conduire nos bagnoles.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;b&gt;Les animaux ont-ils une âme&lt;/b&gt;&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Je rappelle au lecteur qu’il y a peu, quelques centaines d’années, une broutille dans l’espace temps de l’humanité, que cette question se posait aux théologiens pour les femmes et les indiens d’Amérique. Les docteurs de l’Eglise, en contestant le &quot;&lt;i&gt;droit à l'âme&lt;/i&gt;&quot; des animaux, ont ouvert la porte à tous les débordements, toutes les violences gratuites. N'est-il pas significatif alors de voir le torero, déguisé en Arlequin, faire le signe de croix avant de pénétrer dans l’arène&amp;nbsp;? N’est-ce pas un signe est révélateur&amp;nbsp;?&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Descartes conçut péniblement une théorie absurde qui assimilait les animaux à des machines Et l’Eglise se rua dans cette direction pour répondre aux questions des fidèles. Les animaux n’ont pas d’âmes dit-elle, et pourquoi&amp;nbsp;? Le «&amp;nbsp;Créateur&amp;nbsp;» aurait donc crée des êtres vivants sans esprit&amp;nbsp;? (Revoilà mes acariens) Pourquoi cette différence avec la créature humaine, alors que tout le monde admet aujourd’hui, sauf les intégristes de tous poils, que l’homme «&amp;nbsp;descend&amp;nbsp;» d’un branche des grands singes. Où est enseigné, dans quels livres ce passage extraordinaire de l’inconscient à l’état de conscience propre à l’homme. Nulle part, et pour que ce spectacle horrible soit interdit, activer le projet de loi en signant les pétitions qui passent à votre portée.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;(1) La corrida est pour moi à ranger parmi la chasse et les jeux qui calment la populace.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;b&gt;POUR NOUS DETENDRE&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;b&gt;&amp;nbsp;&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; On peut lire&amp;nbsp; ici &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/vous/264396.FR.php&quot;&gt;http://www.liberation.fr/vous/264396.FR.php&lt;/a&gt;, une triste nouvelle, le sexe oral serait dangereux. Ben ! Merde soupire un couple de mes amis.&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Mais heureusement nous pouvons découvrie là &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/vous/263938.FR.php&quot;&gt;http://www.liberation.fr/vous/263938.FR.php&lt;/a&gt;, comment réhabiliter le clitoris, caché dans les plis de la morale religieuse. Ouf&amp;nbsp;! S’écrie ma voisine de table.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>sdfdeluxe</name>
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        <title>Le début...</title>
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        <updated>2007-05-09T00:25:00+02:00</updated>
        <published>2007-05-09T00:25:00+02:00</published>
        <summary> Besoin de réécrire le début de mon histoire avec vous... huit mois bientôt!...</summary>
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          &lt;p&gt;Besoin de réécrire le début de mon histoire avec vous... huit mois bientôt!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Besoin de crier sans qu'on m'entende trop, besoin de me cacher pour me laisser découvrir, comme nouvellement né d'un passé tourmenté.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai commencé ce jeu avec vous, me suis laissé découvrir petit à petit, j'ai noué des liens précieux qui m'ont aidé à retrouver le chemin de la vie en société...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une rupture, un divorce, des années de mensonges que je découvrais incrédule, des cauchemards la nuit qui ne trouvaient d'égal que dans ceux que la vie peut nous servir le jour...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ma décision de ne plus accepter, jamais, d'être humilié, malmené, trompé, dans tous les sens du terme.&amp;nbsp;Décision de ne plus accepter de me voir contraint à vivre contre ma nature. Aucune circonstance atténuante pour elle. Elle savait. Notre contrat était clair. Après les premiers écarts, j'ai redéfini ce contrat, je lui ai laissé le choix. Elle l'a accepté. Mais honorer ses engagements avait un prix qu'elle n'était pas prête à payer. Les mensonges ont commencé, mes doutes ont pris racine. Et puis un jour, les&amp;nbsp;doutes sont devenus pour moi des certitudes, et c'est avec la même incrédulité qu'elle m'a entendu dire&amp;nbsp;que les mensonges avaient assez duré. J'ai étalé mes convictions et lui ai dit &quot;inutile de continuer à mentir, je ne suis plus dupe&quot;. Et elle a feint de se rappeller, de jouer la franchise. J'ai dit &quot;inutile, il est trop tard. Je demande le divorce&quot;. Sa conviction de pouvoir me manipuler indéfiniment l'avait empêché d'imaginer une telle chute à notre histoire. D'autant qu'elle avait réalisé que je valais tous les sacrifices et que me perdre était perdre ce qu'elle avait de plus précieux. Une de ses amies d'enfance&amp;nbsp;m'a dit qu'elle me comprenait, mais qu'au point où mon ex-femme était rendue, c'était me mentir ou me perdre. Qu'aurais-je fait à sa place? Moi, je le sais. Impossible de mentir, j'assume toujours les conséquences de mes actes.&amp;nbsp;Elle a alors essayé de me casser, se disant peut-être que si je touchais le fond du baril, je lui reviendrais. Mais non, pour moi, c'est impossible. Je ne suis pas comme ça. Je ne suis pas à vendre, à aucun prix. Et je suis droit, et honnête avec moi-même avant tout. J'assume tout ce que je fais et j'agis de façon conforme à mes convictions, pas parfaitement, mais systématiquement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors j'ai glissé, lentement d'abord, puis la chute c'est précipitée. Les appuis sur lesquels j'essayais de redémarrer se sont dérobés. Plus de logement, plus de téléphone. Plus la force de me battre pour mon travail, plus de force pour survivre... et voilà comment on se retrouve sdf...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nuits dans ma voiture d'abord, puis les apparts des copains en vacances, les squats. Un premier voyage en France. Puis l'impression que le plus dur est derrière, lorsque j'ai repris un appart. Mais elle a redoublé d'efforts pour me faire chuter encore plus bas... Et j'ai chuté encore plus bas...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sdf à nouveau...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dix-huit mois pour obtenir le divorce. Et là, plus rien devant moi, si ce n'est la fierté de n'avoir fléchi sur rien. La seule chose sur laquelle je pouvais me reconstruire; ma dignité retrouvée.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle ne peut RIEN me reprocher. Je lui ai tout laissé, je l'ai re-meublée et ré-installée. J'ai pris sur moi toutes nos dettes. Elle n'a eu aucun soucis matériel. Je l'ai même aidée afin qu'elle puisse prendre un congé maladie de&amp;nbsp;six mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Trop démoli pour arriver à me tourner vers mes amis, vers mes proches, autrement qu'à mot couvert, je me suis tourné vers ce blog, pour essayer de reprendre contact avec le monde qui m'entoure. Et grand bien me fit...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font color=&quot;#0000CC&quot;&gt;Sdf... de luxe, ais-je ajouté, parce que j'avais le sentiment d'avoir peut-être plus d'outils que la moyenne des sdf pour m'en sortir. Mais l'issue aurait pu être la mort, qui guettait chacun de mes&amp;nbsp;moments de faiblesse pour tenter sa chance, me proposer tous ses services pour me sortir de là...&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai cependant commencé à reprendre le contrôle sur ma vie, en décidant d'abord que je ne passerai pas l'hiver au Canada, et que je n'y reviendrai pas avant d'être retourné en Martinique. C'est marrant comme je réalise tout ce que je veux, quand je le veux... C'est marrant comme je ne planifie rien mais je décide et je fais, comme ça, naturellement... Mais je suis aussi fragile, et des fois, je n'arrive même pas à vouloir... Juste envie de me laisser porter, un instant... Et seule la mer m'a porté sur ses vagues sans rien me demander en retour...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et voilà... voyage thérapeutique en France, puis en Martinique. Retour aux sources, retrouvailles et rencontres, et je m'aperçois que je compte pour beaucoups... juste cela, ça fait tellement de bien!&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Arianil</name>
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        <title>Regard Conscient</title>
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        <updated>2007-01-15T21:34:43+01:00</updated>
        <published>2007-01-15T21:34:43+01:00</published>
        <summary>    &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Parution du numéro 24 de la revue   Regard Conscient...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://thule.hautetfort.com/">
          &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.regardconscient.net/revue/sommaires.html#top&quot; title=&quot;Regard Conscient n° 24&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://thule.hautetfort.com/images/thumb_RC24.jpg&quot; alt=&quot;medium_RC24.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Parution du numéro 24 de la revue &lt;b&gt;&lt;i&gt;Regard Conscient&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.regardconscient.net/revue/archivesrevue.html&quot; title=&quot;Tous les numéros de Regard Conscient&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;téléchargeable au format pdf&lt;/a&gt;). Thème de ce numéro : la femme offensée.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; « &lt;a href=&quot;http://www.regardconscient.net/default.htm&quot; title=&quot;Regard Conscient Accueil&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Regard conscient&lt;/a&gt; est un projet de recherche dont l'objectif est de mettre en évidence les liens existant entre les souffrances refoulées - particulièrement celles de la prime enfance - et leurs mises en actes sur les différentes scènes de la vie. »&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Le numéro 24 aborde notamment l'exemple de la mode (les mannequins de haute couture), les relations à l'autorité, la maternité (usage abusif de la césarienne &quot;de confort&quot;) et une analyse inattendue des motivations du scénariste de &lt;b&gt;&lt;i&gt;Desperate Housewives&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Psychothérapeutes en marge des courants académiques (je ne sais au juste quelle étiquette leur donner), &lt;b&gt;Sylvie Vermeulen&lt;/b&gt; et &lt;b&gt;Marc-André Cotton&lt;/b&gt; animent le site et la revue. Sujets très variés, lecture pas toujours aisée (style du discours parfois alambiqué) mais grille de compréhension souvent éclairante...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; « L’essence même de l’activité humaine n’est pas, comme le disait Freud, la sexualité. Elle est la réalisation de sa conscience. Mais il est très dérangeant, pour les hommes de pouvoir, de reconnaître que l’enfant naissant est conscient et potentiellement réalisé. Pourtant, les lois naturelles qui animent l’être humain sont sa garantie de jouir pleinement de sa conscience. Les &quot;lois&quot; des hommes sont des gardes-fous contre leurs propres névroses d’adultes qui, posées socialement comme naturelles, font souffrir les enfants et impliquent tout leur être dans la manifestation de ces névroses. »&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;b&gt;Sylvie Vermeulen&lt;/b&gt; (&lt;i&gt;Regard Conscient n° 24, page 8&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
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