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    <title>Last posts on mélancolie</title>
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    <updated>2012-02-11T11:52:57+01:00</updated>
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            <name>Namithestain</name>
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        <title>Le bonheur, souvent, se construit au détriment de quelqu'un, et ce n'est plus le bonheur. Le vrai bonheur est de mettre </title>
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        <updated>2012-02-09T21:30:00+01:00</updated>
        <published>2012-02-09T21:30:00+01:00</published>
        <summary> Cette journée a eu du mal à démarer. Mais tant pis, on se pousse, c'est...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Cette journée a eu du mal à démarer. Mais tant pis, on se pousse, c'est comme ça que les choses avancent. Un CD bien énergique sous une bonne douche. Aujourd'hui c'est le jour pour se laver les cheveux, une nouvelle occasion de se faire tout belle pour rien de particulier. Juste ne pas se laisser aller. Comme les disent les vieux sages que presque plus personne n'écoute (et c'est bien dommage) &quot;un esprit sain dans un corps sain.&quot; Alors à coup de khôl et de mascara on force la bonne humeur à venir. Et même affronter le froid ne semble pas si terrible. C'est à la fois mélancolique et joyeux. Comme, je ne sais pas si ça vous le fait aussi, lorsque vous regardez des photos et qu'il y a un inconnu en arrière plan. J'aime imaginer la vie de ces personnes, leur inventer toute une histoire. Et me demander si moi aussi je fais partie de l'arrière plan d'autres photos, chez des inconnus. Bien que ce petit jeu soit très divertissant, il éveille une part de solitude énorme.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3431017&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://shakethestain.hautetfort.com/media/01/00/3518448637.jpg&quot; alt=&quot;tumblr_lk5cdaYPAu1qjpmego1_500.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Et cette fois-ci ce sont les chaussures de Cassie que je jalouse ! (et oui encore des skins, mais que voulez vous, on ne se refait pas !) Ce petit doré doit aller avec beaucoup de choses.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Le Corbeau 78</name>
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        <title>Mélancolie</title>
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        <updated>2011-11-18T07:01:00+01:00</updated>
        <published>2011-11-18T07:01:00+01:00</published>
        <summary> Quelle mouche m’avait piqué&amp;nbsp;? Ces vacances en novembre, quelle idée...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://corboland78.hautetfort.com/">
          &lt;p&gt;Quelle mouche m’avait piqué&amp;nbsp;? Ces vacances en novembre, quelle idée farfelue. Maintenant que j’y pense, et ça tombe bien je n’ai que ça à faire, ce n’était pas réellement une volonté de ma part mais une directive de la boîte qui voulait que tout le monde ici, écluse ses RTT et autres reliquats de congés spéciaux avant la fin de l’année.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Nouvelles lois en prévision, complications administratives et informatiques, les syndicats avaient râlé mollement et finalement tout le mode s’était dit que ce qui était pris (par nous, employés) ne serait plus à prendre (par eux, direction), donc tout le monde avait joué le jeu.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Seulement voilà, que faire de mes dix jours de vacances, ni prévus ni budgétés. J’aime assez l’idée de saisons, aussi il n’est pas dans mon caractère de vouloir partir au soleil durant l’hiver ou à la neige pendant l’été. L’avion et les agences de voyages permettent toutes ces fantaisies, c’est même leur principale raison d’être. Mais moi, je veux du printemps avec soleil et ondées, de l’été avec soleil et un doigt de canicule, automne avec brouillards et feuilles qui tombent, hiver avec froid et neige. Un cycle complet et on redémarre. Ainsi va la vie, ou du moins telle devrait être son cours.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;J’avais donc envisagé un séjour plus modeste. Je pouvais rester chez moi certes, mais dix jours c’était bête de ne pas en profiter pour m’aérer les méninges et me sortir de mon train-train quotidien. J’ai déplié une carte de France sur la table de cuisine et laissé mon regard s’y balader. Tous les coins qui m’attiraient à priori, je les avais déjà visités, en d’autres saisons peut-être, mais je connaissais ces endroits. J’ai hésité, optant pour telle région puis me désavouant, le manège a duré plusieurs heures et quand j’en ai eu marre de mes atermoiements, j’ai posé violemment mon index sur un bled de la côte Vendéenne.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Le lendemain, j’étais sur place, logé dans une petite pension qui fermerait juste après mon départ. «&amp;nbsp;Vous avez de la chance, cette année avec ce beau temps d’arrière saison, nous avons différé notre fermeture annuelle&amp;nbsp;» m’a prévenu la patronne en me tendant la clé de ma chambre. J’étais le seul client, c’est bien parce qu’ainsi j’étais au calme. Le matin quand j’entendais fourgonner dans la cuisine, je savais que mon petit-déjeuner serait prêt sous peu et le soir quand le son de la télé ne me parvenait plus à travers la mince cloison de la chambre, cela signifiait extinction des feux dans la maisonnée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce calme reposant, je le retrouvais aussi en ville. Ville pour faire court, village devrais-je dire, une rue commerçante courant de la mairie à l’église et des ruelles en ramifications mal ordonnées le long desquelles s’entassaient de petites maisons grises sans charme particulier. «&amp;nbsp;Morte saison&amp;nbsp;» m’avait dit le patron du café de la place quand j’y étais revenu pour la seconde fois, boire un jus fadasse, histoire de m’occuper quelques instants.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Et c’est vrai que tout semblait bien mort par ici, des commerces ne subsistaient que ceux fournissant le minimum vital aux habitants, bouffe et café-PMU. Les autres avaient baissé leur rideau en attendant le printemps prochain. Du coup, je traînais comme une âme en peine, de ma chambre au troquet et parfois vers la plage. Là aussi, plage triste balayée par le vent humide et frisquet venu du large, sable recouvert d’algues et d’immondices apportés par la marée, l’idée qu’on puisse se baigner dans ces eaux m’était tout à fait étrangère.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne suis là que depuis cinq jours, je me suis déniché un coin à peu près agréable sur le bord de cette plage et j’y reviens souvent les après-midi. Le regard perdu dans le vague des vagues, à suivre sans rire la montée de la marée, je m’emmerde comme c’est rien de le dire. Je crois que je vais rentrer dès demain, s’il y a un car pour me ramener à la gare&amp;nbsp;?&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://corboland78.hautetfort.com/media/00/02/110404502.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3296664&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://corboland78.hautetfort.com/media/00/02/4205040353.jpg&quot; alt=&quot;111117 Mélancolie.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Munch&amp;nbsp; &lt;em&gt;Mélancolie&lt;/em&gt; (1894-1895) – Huile sur toile 81 x100,5 cm – Bergen, Collection Rasmus Meyer&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>foxysback</name>
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        <title>Suppléments de suppléments !</title>
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        <updated>2011-09-18T22:33:00+02:00</updated>
        <published>2011-09-18T22:33:00+02:00</published>
        <summary> Un peu de polémique, il en faut... Dans la série &quot;quand y'en a plus, y'en a...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un peu de polémique, il en faut...&lt;br /&gt;Dans la série &quot;quand y'en a plus, y'en a encore&quot;, voici que Thiéfaine nous ressort &quot;Suppléments de mensonges&quot; en série moins limitée. Trois titres supplémentaires pour le prix d'un nouvel album !&lt;br /&gt;Alors, je suis un peu colère. &lt;strong&gt;Soyons clairs, le procédé est connu et n'a rien de nouveau. Soyons encore très clairs, c'est de bonne guerre pour relancer les ventes à quelques semaines de Bercy, alors même que l'album vient d'atteindre les 70 000 exemplaires vendus et peut raisonnablement espérer atteindre les 100 000, c'est à dire un niveau de disque d'or &quot;à l'ancienne&quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Oui, mais... &lt;br /&gt;Pour ma part, je suis attaché aussi au côté cohérent de l'oeuvre d'un artiste. Ce qui me chagrine le plus, ce n'est pas l'aspect commercial de la démarche. On en a vu d'autres et certains groupes (de metal en particulier) ont fait bien pire.&lt;br /&gt; Non, ce qui me chagrine au final, &lt;strong&gt;c'est le fait que le principe de cohérence et de continuité des albums est battu en brèche.&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;Si ces 3 titres ont été sortis de l'album pour défaut de cohérence, pourquoi les remettre maintenant ? Ne valait-il pas mieux attendre un nouvel album ? Ou sortir un EP ?&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Je préfèrerais acheter un EP 3 titres (ou 4 avec Annihilation) plutôt que télécharger les 3 supplémentaires. &lt;strong&gt;On pourrait appeler ça &quot;fragments d'un naufrage&quot; et ça aurait quand même plus de gueule !&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span class=&quot;commentBody&quot; data-jsid=&quot;text&quot;&gt;Au final,&amp;nbsp;tout cela&amp;nbsp;me choque parce que ça enlève toute cohérence à l'oeuvre. Un album, c'est un tout pensé et cohérent... Enfin, ça devrait ! Du coup d'ailleurs, je ne vois plus l'intérêt de sortir des albums...&lt;br /&gt;Sur le site officiel et sur facebook, la polémique a démarré. David Starosta, webmestre du site officiel, nous a exposé des arguments fort intéressants et parfaitement recevables, sur l'intérêt de recevoir régulièrement des nouveautés. Alfana, thiéfainaute confirmé, a aussi développé des arguments en faveur du soutien à apporter à Thiéfaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;commentBody&quot; data-jsid=&quot;text&quot;&gt;Fort bien mes bons ! Et je partage en partie vos avis. Mais...&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Mais le comble a été atteint avec le communiqué de Sony sur le site officiel. Accrochez-vous, je vous livre ce beau morceau de littérature :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=&quot;commentBody&quot; data-jsid=&quot;text&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Donner toutes ses chances à un album pour que sa durée de vie soit la plus longue, et notamment en magasin… c’est l’un des engagements d’un label vis-à-vis de ses artistes.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Et ce sans manquer de respect aux fans (les 3 titres sont proposés à part, afin qu’ils n’aient pas à racheter l’album une deuxième fois) et aussi et surtout sans dénaturer l’œuvre de l’artiste.&quot;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Voici ce qu'on peut lire sur le site officiel. &lt;strong&gt;Traduit en français, voila ce que ça donne :&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt; &quot; Vendre un max pour se remplir les fouilles le plus lontemps possible en enrichissant les distributeurs sans nous oublier... Voila le deal conclu par nous, entre nous, marchands de lessive... euh pardon, de zique.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt; Et ce, en laissant penser aux couillons qui raquent comme des bêtes depuis des décennies, qu'on ne les prend pas pour des buses (les 3 titres sont proposés à part, afin que les malheureux qui ont déja acheté l'album disposent d'un beau téléchargement tout pourave sur leur clé USB) et aussi et surtout sans oublier de bien saboter un album qui était fini en soi (sinon, POURQUOI ne pas avoir mis ces 3 autres titres ?) en dispersant un max d'inédits et de singles un peu partout&quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span class=&quot;commentBody&quot; data-jsid=&quot;text&quot;&gt;J'étais prêt à me ranger à toutes les argumentations, mais là, non !! Le cynisme a ses limites. Oui, je sais, bien d'autres artistes l'ont fait. Mais j'avais la faiblesse de croire que HFT était (ainsi qu'il se définit lui-même) un poète et un rocker. Et bien non ! Et ne me dites pas qu'il manque d'argent, le pauvre !!&lt;br /&gt;A la limite, vendre 3 titres en plus, OK. Mais enrober ça d'un phrasé pseudo-compatissant qui fleure bon la bouse commerciale, ben non !&lt;br /&gt; Désolé, ça ne passe pas !!&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Je comprends le principe de promotion et je trouve que cet album mérite bien plus que 70 000 ventes. Mais pour le coup, Sony ferait mieux de cravacher pour faire la promo de l'album ! Et les passages télé ? Et les radios ? Et la pub ? De la part d'une maison de disque qui n'est pas fichue de nous envoyer un mail sur la newsletter sans écorcher le nom de l'album, ça la fiche mal, quand même !!&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Voila. Juste un peu d'énervement de la part d'un fan pour qui les chansons, les albums et les concerts passent avant les produits dérivés et autres &quot;inédits&quot;... Je sais, je suis fanatique et absolu. Mais j'ai et j'aurai toujours la faiblesse de penser que Thiéfaine est un poète, un vrai. Et qu'en tant que tel, il est au dessus de la mêlée et au dessus des bassesses ordinaires des besogneux ordinaires.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Ce n'est sans doute pas le cas, je sais. Et il a bien le droit de faire comme il l'entend. Et j'achèterai sans doute le supplément de SDM plutôt que trois téléchargements tout pourris. Parce que Thiéfaine le mérite, quand même !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aurais juste aimé garder, après plus de vingt ans à suivre HFT, un petit rien d'innocence. Il faut croire que cela n'existe plus beaucoup en ce bas monde...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>nauher</name>
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        <title>Schumann, nocturne et lumineux</title>
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        <updated>2011-09-18T08:23:37+02:00</updated>
        <published>2011-09-18T08:23:37+02:00</published>
        <summary>  La première pièce des  Fantasiestücke  de Schumann,  Des Abends  ,  est une...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;La première pièce des &lt;em&gt;Fantasiestücke&lt;/em&gt; de Schumann, &lt;em&gt;Des Abends&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, &lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;est une demeure silencieuse, dans une rue de Bruges où nul ne passe&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;, la nuit tombée, et dont l'éclairage modeste vient s'apaiser aux vitres épaisses de verres colorés et ronds, comme des culs de bouteilles, &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;sertis dans un treillage de plomb disposé en losanges. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/wzaLYhVV_B0&amp;amp;rel=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/wzaLYhVV_B0&amp;amp;rel=1&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>nauher</name>
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        <title>Pas de porte</title>
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        <updated>2011-09-01T08:05:38+02:00</updated>
        <published>2011-09-01T08:05:38+02:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;        C'est la fin du printemps. Non loin, dans la courbe d'une rue,...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.midiasaporte.net/media/02/02/539476370.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2848954&quot; style=&quot;margin: 0.2em auto 0.7em; display: block;&quot; src=&quot;http://www.midiasaporte.net/media/02/02/1655427306.jpg&quot; alt=&quot;2007_1229(082).jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;C'est la fin du printemps. Non loin, dans la courbe d'une rue, il est sur le pas de sa porte, d'une demeure dont tu ne connais nulle fenêtre. (peut-être de l'autre côté, invisible, une hypothétique cour intérieure). Il a la sécheresse des vieux et dans le regard une présence vivide, contraste qui t'a étonné la première fois qu'il t'a dit &lt;em&gt;bonjour&lt;/em&gt;, sur le pas de&amp;nbsp; sa porte. Depuis, tu es repassé et le jeu (en est-ce, vraiment...) a recommencé. &lt;em&gt;Bonjour, monsieur&lt;/em&gt;. Tu as d'abord répondu courtoisement. Puis un jour, tu as devancé son œil, comme si tu l'avais, cette fois, attendu, toi, et que tu voulais avoir le premier mot. &lt;em&gt;Bonjour monsieur&lt;/em&gt;. Il est arrivé que tu l'aperçoives échanger quelques mots avec le quidam (à moins que ce ne soit une dame du quartier, tu ne sais...). Sa vie t'est inconnue, et le restera. Tu devines simplement une solitude contrecarrée par les premiers jours sans nuages. Il n'est pas sûr qu'il lui faille combler un vide (pourquoi penser à la misère...) mais continuer à nouer le fil du monde. Tu sens très nettement qu'il n'a pas le souci d'engager la conversation. Il ne quémande rien, comme le font parfois certains vieux à la caisse du supermarché, ou à l'arrêt de bus. Telle est sa singulière façon d'apparaître dans ta vie, sans attente mais contournant le silence, le silence qui, s'il l'avait maintenu, aurait signifié qu'en ce lieu (le lieu dont vos deux amabilités, aussi brèves soient-elles, prennent possession par le seul fait de marquer vos destins croisés), il n'y eut rien (pas rien, dans l'absolu, mais &lt;em&gt;autre chose &lt;/em&gt;qui eût couru le monde sans vous).&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;C'est l'été. Sa implicité et ses yeux te poignent.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt; Tu penses à ce temps futur où aux mêmes bénéfices d'une humeur bleutée et ensoleillée, sa porte sera cette fois close. Il sera mort (ou comme si...) et de cet inconnu, dans l'imprécision même de ce semblant de dialogue, simple socialité perdue, tu auras perdu la trace. Tu repasseras devant le pas de sa porte, guettant l'ouverture et ne la voyant pas venir, par la force de cette répétition muette tu envisageras l'imparable.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Tu penses à lui alors qu'un train t'emmène. Peut-être est-ce la peur d'avoir un jour comme destin le pas d'une porte qui te ramène à ces quelques semaines où vous avez été à la croisée de vos chemins... Il y a dans l'existence des personnes auxquelles on ne voudrait pas ressembler parce qu'on a pour elle un mépris radical, parce qu'elles incarnent une acceptation ou une parole répugnantes, parce qu'elles sont, parfois, la trace de ce qui en nous fait notre humiliation (en secret, face au miroir). Lui n'est rien de tout cela. Tu ne voudrais pas être un jour lui : chemin décharné qui mène à la mélancolie, à cette mélancolie-là. Ne pas être lui, sans que tu éprouves le moindre mépris ou que tu n'ailles t'imaginer le plus sombre des destins.Tu ne t'en fais pas les pires images. Ce n'est pas de la pitié (à son endroit) ou de l'apitoiement (sur toi) mais une grande désillusion : sur la vie, sur les heures, sur cette main de poussière avec laquelle nous croyons tenir le monde...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;Il y aurait beaucoup à réfléchir sur notre perméabilité. Ébranlés du quotidien pendant que les images du guerre défilent entre les publicités, compatissants humanitaires d'un jour pour nier la misère proche. Telle est la géométrie variable de nos accommodements. Il est dix-neuf heures trente. Dans le train, tout le monde mange ; la machine glisse sur les rails, balancement à peine sensible. Le soleil commence à renoncer. Le dehors est comme réfrigéré par la clim. Il n'existe pas, il s'efface. Nous ne sommes que des passants...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;La photographie&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt; est extraite du blog très singulier&lt;em&gt; &lt;a href=&quot;http://www.midiasaporte.net/index-6.html&quot;&gt;Midi à sa porte&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; de Thomas P.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Sencha</name>
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        <title>Vendée, la porte du passé</title>
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        <summary> A l’école, le rituel veut, ou voulait, qu’à la rentrée on inflige aux...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A l’école, le rituel veut, ou voulait, qu’à la rentrée on inflige aux enfants une rédaction inévitablement intitulée «&amp;nbsp;Racontez vos vacances&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’était, déjà, la discrimination et l’humiliation assurée pour ceux qui n’étaient pas partis. Etre publiquement dénoncé comme mythomane ou comme «&amp;nbsp;incapable de raconter des choses intéressantes&amp;nbsp;», telle était l’alternative.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tant pis. Nous, nous sommes partis en vacances. Pas longtemps. Une semaine. Je ne sais pas si c’est assez pour remplir une rédaction, mais je vais tâcher de l’écrire quand même.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On est allés à la plage, on s’est baignés. En fait, non. Ou si peu.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’était une drôle d’idée de choisir comme lieu de vacances ce coin de Vendée où j’ai habité pendant presque un an. De retourner visiter cette réserve naturelle dont j’ai fréquenté l’observatoire chaque jour pendant six mois. J’ai voulu tout recommencer. Soigneusement, j’ai choisi la fin du parcours pour qu’elle nous ramène exactement sur mes pas de l’époque. Je me suis assuré que nous verrions sous le même angle la flèche de la cathédrale de Luçon, son élégance classique pointée sous le ciel immense, comme hier, comme toujours. Nous sommes passés devant mon ancien appartement, dont les volets étaient clos. Nous avons glissé vers le sud et j’ai pu me croire de retour à la fin du siècle dernier. Une première fois, j’étais venu «&amp;nbsp;faire de l’ornitho&amp;nbsp;» dans la région, un an auparavant, au départ de la Vienne. Plus encore que des multiples «&amp;nbsp;coches&amp;nbsp;» que l’ornithologue novice que j’étais accumulait avec une avidité éperdue - moi pour qui les Limicoles étaient oiseaux mythiques, j’en voyais à ne plus savoir où donner de la tête - je garde en mémoire le souvenir de ce paysage nonpareil&amp;nbsp;: le Marais, plat, non pas comme la plaine lourdement ondulée, mais d’une rectitude absolue sous le ciel immense, trait de crayon vert gras tiré à la règle sous un infini patiemment parcouru par des&amp;nbsp; nuages d’un blanc étincelant. Jamais le cliché «&amp;nbsp;inondé de soleil&amp;nbsp;» ne m’a paru plus vrai que ce jour-là, en ce jour d’été qui déversait sur les marais de Triaize la lumière blanche avec la prodigalité d’un Dieu infiniment bon.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tournons donc les pages. J’avais appris avec une véritable euphorie que le printemps prochain m’amènerait précisément là, pour plusieurs mois. Ce marais, ces lumières furent donc mon quotidien. Et sur l’horizon vert des prairies, je lisais le nom du village dans la forme de son clocher, entouré d’un infini d’oiseaux.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Douze ans plus tard, nous sommes revenus et j’aurais aimé me bercer de l’illusion que c’était un vrai retour. Nous avons joué à prendre des repères à Luçon, à l’Aiguillon, à Saint-Denis du Payré. J’ai été vexé de constater quelque difficulté à m’orienter dans les nouveaux ronds-points… et les anciens. Il fallait bien réapprendre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je voulais me replonger dans l’atmosphère doucement festive de l’été sur ce pays de plages, peuplé d’une foule de touristes habillés de couleurs vives, déambulant avec une lenteur exaspérante et apaisante. Sauf qu’au lieu de les regarder avec le brin de supériorité que se donne l’indigène, celui «&amp;nbsp;qui travaille&amp;nbsp;» - même et surtout si ce n’est pas vrai - et qui lui, ne repartira pas à la fin du mois d’août, j’étais l’un d’eux. Bien que cela ne me plût guère et que je me sentisse ancré là, il ne me restait qu’à compter les jours avant qu’on arrachât cette ancre et qu’il nous fallût rentrer comme tout le monde.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous sommes allés presque chaque jour à la pointe de l’Aiguillon. Elle, n’était plus comme avant. Xynthia est passée par là et une longue travée, autrefois peuplée de maisons diverses, allant du bungalow à la villa cossue en passant par le restaurant panoramique un peu paillote, estivales et joyeuses, porteuses de noms tels que «&amp;nbsp;Mamy +12&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;Les Bouchots&amp;nbsp;», a pris des allures de ville fantôme. La mer est venue rappeler que c’était là son territoire, et ce quartier d’estivants autrefois peuplé d’une foule paisible et joyeuse n’offre plus qu’un désert de bicoques à l’abandon. C’était mal parti. A la Pointe, peu de monde. Quelques camping-cars çà et là. Mais les salicornes et les buissons bas sont restés fidèles au poste. Bizarrement, la queue-de-lièvre, cette herbe quelque peu invasive, a quasiment disparu. Est-ce pour cela que les dunes n’ont plus cette senteur âcre et orangée&amp;nbsp;? Le soir, l’endroit est presque désert. Mais il résonne, comme autrefois, de l’appel ondulé des courlis, de la larme flûtée des pluviers, du trille humide et salin des gravelots.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il manque cependant quelques derniers promeneurs venus quêter le calme pour que l’ambiance ne soit pas trop nostalgique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous ne pouvions pas rester bien longtemps. Point de longue, patiente chasse au trésor ornithologique pimentée, souvent, d’une coche. Et la pendule cognait, cognait. Une seule semaine. Six jours. Pas les bonnes marées. Quand elles seront bonnes, nous serons loin.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’ai retrouvé aussi la réserve. En poussant la porte de l’observatoire, la senteur amère - brune, cette fois-ci - des tapis, le dessin de la Baisse principale, m’ont ramené douze ans en arrière, du temps où la réserve était «&amp;nbsp;chez moi&amp;nbsp;», où j’en connaissais chaque touffe d’herbe et chaque piquet de clôture. Il y avait des Spatules au centre de la baisse, un Chevalier culblanc dans le fossé sur le côté, des Echasses, des Barges. Des habitués, des visiteurs de passage - aussi bien d’un côté que de l’autre des vitrages hélas baissés de l’observatoire. Il faisait gris, cependant, ce qui n’est pas commun l’été dans ces contrées, et nous n’avions pas tout notre temps. Nous n’allions pas revenir le lendemain. A peine placée dans ma main, la clé mentale m’a été retirée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous ne sommes plus non plus repassés par Luçon. La saison n’a pas repris, nous n’avons pu aller voir de match au petit stade qui ne s’appelle plus Eugène Beaussire. Dommage. L’équipe a monté d’une division.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le jeu a donc tourné court. Nous avons passé de trop courtes vacances dans un ancien décor familier. Les repères n’ont pas eu le temps de se réactiver, de rallumer leur charge émotionnelle et d’en établir entre eux le dialogue, de clocher à clocher. Le temps était maussade et les touristes m’ont paru peu nombreux. Quant à moi, je ne pouvais que compter les jours, compter mes pas sur la grève.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Enfant, j’avais un jour demandé à mes parents ce que cela changeait d’habiter dans un lieu où les gens venaient passer leurs vacances. C’était en traversant les rues de Gap ou d’Embrun. Bien sûr, ils m’avaient fait une réponse très raisonnable&amp;nbsp;: cela ne change rien, quand la rentrée arrive, les enfants vont à l’école comme ailleurs, les parents travaillent, et même c’est désagréable tout ce monde qui débarque en juillet août.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une quinzaine d’années plus tard, j’ai eu, trois étés de suite, l’occasion de tester. Alors&amp;nbsp;? On regarde les touristes s’en aller, chaque jour moins nombreux. On regarde le ciel, chaque jour un peu plus gris et humide. Certains commerces ferment. Les rues sont bien vides. Ambiance de lendemain de fête. Mais c’est avec une certaine jouissance qu’on s’y roule comme dans des draps neufs. Car tandis que tous ont retrouvé leur cité, leur métro, leur décor terne et sans relief, on met jumelles au cou, sac au dos et on reprend le chemin du marais ou de la plage. Car les oiseaux migrateurs y sont chaque jour plus nombreux. Point de compte à rebours, juste à se laisser bercer par l’océan dont on ne s’éloigne pas, la voix profonde des marées et les arrivées des voyageurs au long cours qui rythment en paix le déroulé de la saison. C’est vrai, ils sont mélancoliques et couleur de feuille morte, les pluviers dorés, les bécasseaux en plumage d’hiver. C’est vrai que le Chevalier culblanc porte sur son dos le gris de plomb des nuées de marée haute. C’est vrai que son cri liquide est devenu froid comme une averse.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais c’est vrai aussi que les soucis et les peurs sont balayés par le vent d’ouest et la voix de la mer, et qu’assis seul face à la Baie, si l’on joue à être triste, c’est le cœur gonflé d’un secret et profond triomphe. «&amp;nbsp;Moi, je suis là.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Samedi dernier, le calendrier, implacable, a déchiré d’un seul doigt mon impossible rêve. Nous n’y sommes plus. D’autres marchent dans «&amp;nbsp;mes&amp;nbsp;» rues, visitent «&amp;nbsp;ma&amp;nbsp;» réserve, contemplent&amp;nbsp;«&amp;nbsp;mes&amp;nbsp;» clochers et iront peut-être s’asseoir dans «&amp;nbsp;mon&amp;nbsp;» stade.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voleurs de passé.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Cuchlainn</name>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A l’école, le rituel veut, ou voulait, qu’à la rentrée on inflige aux enfants une rédaction inévitablement intitulée «&amp;nbsp;Racontez vos vacances&amp;nbsp;».&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’était, déjà, la discrimination et l’humiliation assurée pour ceux qui n’étaient pas partis. Etre publiquement dénoncé comme mythomane ou comme «&amp;nbsp;incapable de raconter des choses intéressantes&amp;nbsp;», telle était l’alternative.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tant pis. Nous, nous sommes partis en vacances. Pas longtemps. Une semaine. Je ne sais pas si c’est assez pour remplir une rédaction, mais je vais tâcher de l’écrire quand même.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On est allés à la plage, on s’est baignés. En fait, non. Ou si peu.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C’était une drôle d’idée de choisir comme lieu de vacances ce coin de Vendée où j’ai habité pendant presque un an. De retourner visiter cette réserve naturelle dont j’ai fréquenté l’observatoire chaque jour pendant six mois. J’ai voulu tout recommencer. Soigneusement, j’ai choisi la fin du parcours pour qu’elle nous ramène exactement sur mes pas de l’époque. Je me suis assuré que nous verrions sous le même angle la flèche de la cathédrale de Luçon, son élégance classique pointée sous le ciel immense, comme hier, comme toujours. Nous sommes passés devant mon ancien appartement, dont les volets étaient clos. Nous avons glissé vers le sud et j’ai pu me croire de retour à la fin du siècle dernier. Une première fois, j’étais venu «&amp;nbsp;faire de l’ornitho&amp;nbsp;» dans la région, un an auparavant, au départ de la Vienne. Plus encore que des multiples «&amp;nbsp;coches&amp;nbsp;» que l’ornithologue novice que j’étais accumulait avec une avidité éperdue - moi pour qui les Limicoles étaient oiseaux mythiques, j’en voyais à ne plus savoir où donner de la tête - je garde en mémoire le souvenir de ce paysage nonpareil&amp;nbsp;: le Marais, plat, non pas comme la plaine lourdement ondulée, mais d’une rectitude absolue sous le ciel immense, trait de crayon vert gras tiré à la règle sous un infini patiemment parcouru par des&amp;nbsp; nuages d’un blanc étincelant. Jamais le cliché «&amp;nbsp;inondé de soleil&amp;nbsp;» ne m’a paru plus vrai que ce jour-là, en ce jour d’été qui déversait sur les marais de Triaize la lumière blanche avec la prodigalité d’un Dieu infiniment bon.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tournons donc les pages. J’avais appris avec une véritable euphorie que le printemps prochain m’amènerait précisément là, pour plusieurs mois. Ce marais, ces lumières furent donc mon quotidien. Et sur l’horizon vert des prairies, je lisais le nom du village dans la forme de son clocher, entouré d’un infini d’oiseaux.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Douze ans plus tard, nous sommes revenus et j’aurais aimé me bercer de l’illusion que c’était un vrai retour. Nous avons joué à prendre des repères à Luçon, à l’Aiguillon, à Saint-Denis du Payré. J’ai été vexé de constater quelque difficulté à m’orienter dans les nouveaux ronds-points… et les anciens. Il fallait bien réapprendre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je voulais me replonger dans l’atmosphère doucement festive de l’été sur ce pays de plages, peuplé d’une foule de touristes habillés de couleurs vives, déambulant avec une lenteur exaspérante et apaisante. Sauf qu’au lieu de les regarder avec le brin de supériorité que se donne l’indigène, celui «&amp;nbsp;qui travaille&amp;nbsp;» - même et surtout si ce n’est pas vrai - et qui lui, ne repartira pas à la fin du mois d’août, j’étais l’un d’eux. Bien que cela ne me plût guère et que je me sentisse ancré là, il ne me restait qu’à compter les jours avant qu’on arrachât cette ancre et qu’il nous fallût rentrer comme tout le monde.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous sommes allés presque chaque jour à la pointe de l’Aiguillon. Elle, n’était plus comme avant. Xynthia est passée par là et une longue travée, autrefois peuplée de maisons diverses, allant du bungalow à la villa cossue en passant par le restaurant panoramique un peu paillote, estivales et joyeuses, porteuses de noms tels que «&amp;nbsp;Mamy +12&amp;nbsp;» ou «&amp;nbsp;Les Bouchots&amp;nbsp;», a pris des allures de ville fantôme. La mer est venue rappeler que c’était là son territoire, et ce quartier d’estivants autrefois peuplé d’une foule paisible et joyeuse n’offre plus qu’un désert de bicoques à l’abandon. C’était mal parti. A la Pointe, peu de monde. Quelques camping-cars çà et là. Mais les salicornes et les buissons bas sont restés fidèles au poste. Bizarrement, la queue-de-lièvre, cette herbe quelque peu invasive, a quasiment disparu. Est-ce pour cela que les dunes n’ont plus cette senteur âcre et orangée&amp;nbsp;? Le soir, l’endroit est presque désert. Mais il résonne, comme autrefois, de l’appel ondulé des courlis, de la larme flûtée des pluviers, du trille humide et salin des gravelots.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il manque cependant quelques derniers promeneurs venus quêter le calme pour que l’ambiance ne soit pas trop nostalgique.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous ne pouvions pas rester bien longtemps. Point de longue, patiente chasse au trésor ornithologique pimentée, souvent, d’une coche. Et la pendule cognait, cognait. Une seule semaine. Six jours. Pas les bonnes marées. Quand elles seront bonnes, nous serons loin.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;J’ai retrouvé aussi la réserve. En poussant la porte de l’observatoire, la senteur amère - brune, cette fois-ci - des tapis, le dessin de la Baisse principale, m’ont ramené douze ans en arrière, du temps où la réserve était «&amp;nbsp;chez moi&amp;nbsp;», où j’en connaissais chaque touffe d’herbe et chaque piquet de clôture. Il y avait des Spatules au centre de la baisse, un Chevalier culblanc dans le fossé sur le côté, des Echasses, des Barges. Des habitués, des visiteurs de passage - aussi bien d’un côté que de l’autre des vitrages hélas baissés de l’observatoire. Il faisait gris, cependant, ce qui n’est pas commun l’été dans ces contrées, et nous n’avions pas tout notre temps. Nous n’allions pas revenir le lendemain. A peine placée dans ma main, la clé mentale m’a été retirée.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous ne sommes plus non plus repassés par Luçon. La saison n’a pas repris, nous n’avons pu aller voir de match au petit stade qui ne s’appelle plus Eugène Beaussire. Dommage. L’équipe a monté d’une division.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le jeu a donc tourné court. Nous avons passé de trop courtes vacances dans un ancien décor familier. Les repères n’ont pas eu le temps de se réactiver, de rallumer leur charge émotionnelle et d’en établir entre eux le dialogue, de clocher à clocher. Le temps était maussade et les touristes m’ont paru peu nombreux. Quant à moi, je ne pouvais que compter les jours, compter mes pas sur la grève.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Enfant, j’avais un jour demandé à mes parents ce que cela changeait d’habiter dans un lieu où les gens venaient passer leurs vacances. C’était en traversant les rues de Gap ou d’Embrun. Bien sûr, ils m’avaient fait une réponse très raisonnable&amp;nbsp;: cela ne change rien, quand la rentrée arrive, les enfants vont à l’école comme ailleurs, les parents travaillent, et même c’est désagréable tout ce monde qui débarque en juillet août.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Une quinzaine d’années plus tard, j’ai eu, trois étés de suite, l’occasion de tester. Alors&amp;nbsp;? On regarde les touristes s’en aller, chaque jour moins nombreux. On regarde le ciel, chaque jour un peu plus gris et humide. Certains commerces ferment. Les rues sont bien vides. Ambiance de lendemain de fête. Mais c’est avec une certaine jouissance qu’on s’y roule comme dans des draps neufs. Car tandis que tous ont retrouvé leur cité, leur métro, leur décor terne et sans relief, on met jumelles au cou, sac au dos et on reprend le chemin du marais ou de la plage. Car les oiseaux migrateurs y sont chaque jour plus nombreux. Point de compte à rebours, juste à se laisser bercer par l’océan dont on ne s’éloigne pas, la voix profonde des marées et les arrivées des voyageurs au long cours qui rythment en paix le déroulé de la saison. C’est vrai, ils sont mélancoliques et couleur de feuille morte, les pluviers dorés, les bécasseaux en plumage d’hiver. C’est vrai que le Chevalier culblanc porte sur son dos le gris de plomb des nuées de marée haute. C’est vrai que son cri liquide est devenu froid comme une averse.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais c’est vrai aussi que les soucis et les peurs sont balayés par le vent d’ouest et la voix de la mer, et qu’assis seul face à la Baie, si l’on joue à être triste, c’est le cœur gonflé d’un secret et profond triomphe. «&amp;nbsp;Moi, je suis là.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Samedi dernier, le calendrier, implacable, a déchiré d’un seul doigt mon impossible rêve. Nous n’y sommes plus. D’autres marchent dans «&amp;nbsp;mes&amp;nbsp;» rues, visitent «&amp;nbsp;ma&amp;nbsp;» réserve, contemplent&amp;nbsp;«&amp;nbsp;mes&amp;nbsp;» clochers et iront peut-être s’asseoir dans «&amp;nbsp;mon&amp;nbsp;» stade.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voleurs de passé.&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>nauher</name>
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        </author>
        <title>Le toucher</title>
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        <id>tag:off-shore.hautetfort.com,2011-06-30:3313204</id>
        <updated>2011-06-30T00:32:58+02:00</updated>
        <published>2011-06-30T00:32:58+02:00</published>
        <summary>  1-Le sable sec sous la plante des pieds    2-les cheveux mouillés    3-La...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://off-shore.hautetfort.com/">
          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;1-Le sable sec sous la plante des pieds&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;2-les cheveux mouillés&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;3-La croûte d'une petite blessure (au coude)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;4-L'oreiller&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;5-La taille-douce des traveller's check&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;6-La dentelle féminine&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;7-Les reliefs dorés des vieilles Singer&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;8-La barbe de trois jours&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;9-La pierre encore chaude, sur la terrasse, la nuit, en été.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;10-La rampe de l'escalier à la descente de l'avion.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>nauher</name>
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        <title>Le goût</title>
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        <updated>2011-06-28T22:59:00+02:00</updated>
        <published>2011-06-28T22:59:00+02:00</published>
        <summary>  1-Le thé à la menthe    2-La confiture de roses (rouges)    3-Un Martini...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://off-shore.hautetfort.com/">
          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;1-Le thé à la menthe&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;2-La confiture de roses (rouges)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;3-Un Martini blanc (sans glaçon)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;4-Le réglisse chez Fassi&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;5-Une Rochefort&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;6-L'eau de mer sur les lèvres&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;7-Une peau parfumée&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;8-L'acidité des mûres sauvages&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;9-Les craquelins&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;10-La mangue&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>nauher</name>
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        <title>L'odorat</title>
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        <updated>2011-06-27T23:10:49+02:00</updated>
        <published>2011-06-27T23:10:49+02:00</published>
        <summary>  1-La boutique d'un torréfacteur    2-L'encaustique que l'on vient de passer...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://off-shore.hautetfort.com/">
          &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;1-La boutique d'un torréfacteur&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;2-L'encaustique que l'on vient de passer sur un parquet&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;3-Le foin coupé&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;4-La marée basse (à Cancale)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;5-&lt;em&gt;Eau Jeune&lt;/em&gt; (il y a trente ans)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;6-La terre mouillée après un bref orage d'été&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;7-Le gasoil (du bac de l'île de Ré)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;8-Une odeur de cuisine dans l'escalier&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;9-L'hôpital&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;10-La frangipane&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>nauher</name>
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        <title>L'ouïe</title>
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        <updated>2011-06-26T23:16:00+02:00</updated>
        <published>2011-06-26T23:16:00+02:00</published>
        <summary>  1-Le bruit des pas sur un macadam humide (la pluie a cessé depuis un quart...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;1-Le bruit des pas sur un macadam humide (la pluie a cessé depuis un quart d'heure)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;2-L'accent d'un Libanais parlant français&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;3-L'océan, la nuit&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;4-Une voix d'aéroport&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;5-Le &quot;cling&quot; de l'ascenseur arrivé à l'étage demandé&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;6-&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;La voix de Jean-Louis Trintignant&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;7-La machine à sous dans l'intro du &lt;em&gt;Money &lt;/em&gt;de Pink Floyd&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;8-Le craquement et le souffle des vynils&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;9-La scansion de Patrick Brion&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;10-L'aria des&lt;em&gt; Variations Golberg&lt;/em&gt;, Glenn Gould, 1956.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>MILIQUE</name>
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        <title>UN DECHIRANT SOLEIL NOIR</title>
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        <updated>2011-06-21T10:25:00+02:00</updated>
        <published>2011-06-21T10:25:00+02:00</published>
        <summary>                   &amp;nbsp;  &amp;nbsp;     UN DECHIRANT SOLEIL NOIR...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://aumagmapresentdelecriture.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3064370&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0pt;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://aumagmapresentdelecriture.hautetfort.com/media/02/01/2954881741.jpg&quot; alt=&quot;BlackSun[1].jpeg.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;center&gt;&lt;table style=&quot;width: 95%;&quot; border=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;3&quot;&gt;&lt;col width=&quot;254*&quot; /&gt; &lt;col width=&quot;2*&quot; /&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td width=&quot;99%&quot;&gt;&lt;p align=&quot;CENTER&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Calibri;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;CENTER&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;CENTER&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;CENTER&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Calibri;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;UN DECHIRANT SOLEIL NOIR&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Calibri;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsqu’il ne reste plus rien pour colmater&lt;br /&gt;Les brèches de l’existence et compenser le désert de jours,&lt;br /&gt;S’impose alors comme unique alternative&lt;br /&gt;La fréquentation ambiguë des couches épaisses de la nuit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans ces nuits de désespérance &lt;br /&gt;La mélancolie est là, insidieuse, &lt;br /&gt;Prompte à ouvrir en grand les bras&lt;br /&gt;De ses larges zones dépressives,&lt;br /&gt;A l’intérieur desquelles existe le sentiment diffus&lt;br /&gt;D’une terrible méprise qui,&lt;br /&gt;Au cœur de cauchemars mouvants,&lt;br /&gt;Nous laisse vacillants au bord du gouffre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est une situation extrême&lt;br /&gt;Qui nous rend incapable d’ordonner notre pensée,&lt;br /&gt;De retrouver l’improbable sérénité.&lt;br /&gt;Avec l’affreuse sensation d’un cœur qui rétrécit,&lt;br /&gt;Et s’assèche d’une vie qui crève en silence&lt;br /&gt;Dans l’oubli d’un perpétuel naufrage.&lt;br /&gt;Emmurés dans la solitude et le chagrin,&lt;br /&gt;On se perd dans des brumes de détresse&lt;br /&gt;Jusqu’à souhaiter être suffisamment lâche&lt;br /&gt;Pour plonger de manière délibérée dans le néant,&lt;br /&gt;Afin de nous immerger dans les affres du vide&lt;br /&gt;Et y rencontrer le calme mérité d’un apaisement sensoriel.&lt;br /&gt;Enfin !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’abîme, dans certaines conditions, &lt;br /&gt;Est peut-être un réel moment d’hypnose.&lt;br /&gt;C’est en tout cas un déchirant soleil noir,&lt;br /&gt;Un pur fragment d’angoisse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De tels abysses de tristesse peuvent-ils vraiment exister ?&lt;br /&gt;Oui !&lt;br /&gt;Mais c’est inacceptable…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P. MILIQUE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;CENTER&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;CENTER&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Calibri;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;&lt;br style=&quot;font-size: 8pt;&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p align=&quot;CENTER&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;/td&gt;&lt;td valign=&quot;TOP&quot; width=&quot;1%&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; valign=&quot;TOP&quot; width=&quot;100%&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;/center&gt;
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        <author>
            <name>nauher</name>
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        <title>S'identifier</title>
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        <updated>2011-05-16T06:36:09+02:00</updated>
        <published>2011-05-16T06:36:09+02:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;     &amp;nbsp;  &amp;nbsp;  &amp;nbsp;  &amp;nbsp;   &quot;N'importe qui peut être...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://off-shore.hautetfort.com/">
          &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img class=&quot;imageStyle&quot; style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://www.residents.com/historical/files/page108_1.jpg&quot; alt=&quot;&quot; width=&quot;353&quot; height=&quot;574&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&quot;N'importe qui peut être n'importe qui&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Luke Rinehart, &lt;em&gt;L'Homme-dé&lt;/em&gt;, 1971&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>nauher</name>
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        <title>Urbi et orbi</title>
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        <updated>2011-04-24T00:16:00+02:00</updated>
        <published>2011-04-24T00:16:00+02:00</published>
        <summary>    Roman Opalka,  Détail,   1965  &amp;nbsp;   Tu crois que c'est le silence qui...</summary>
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          &lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-align: center;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://roman.opalka.pagesperso-orange.fr/images/Detail_ancien_3.jpg&quot; alt=&quot;http://roman.opalka.pagesperso-orange.fr/images/Detail_ancien_3.jpg&quot; width=&quot;576&quot; height=&quot;433&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; text-align: center;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;Roman Opalka,&lt;em&gt; Détail, &lt;/em&gt; 1965&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Tu crois que c'est le silence qui te fait peur, la fenêtre ouverte sur la cour intérieure, et pas une fenêtre allumée. À croire qu'ils sont tous partis, ceux vers lesquels tes regards se tournent parfois, les avant-bras appuyés contre le rebord, à fumer une cigarette, ces inconnus entr'aperçus, et que tu ne reconnaîtrais pas dans la rue. il est pourtant certain que tu les croises mais ils ne sont pas plus que des &lt;em&gt;quidam&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;. Ils sont des probabilités de voisinage quand, par tu ne sais quel hasard, leur visage te revient en mémoire, qu'ils &lt;/span&gt;&lt;em&gt;te disent quelque chose&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt;, ces visages. Mais &lt;/span&gt;&lt;em&gt;te dire quelque chose&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal;&quot;&gt; est une expression bien inadéquate, parce que justement avec eux tu n'échanges jamais rien. Ils sont dans le décor. Ils comptent infiniment moins que ces regards du cœur que tu contemples de loin en loin, comme des fanaux de ta propre certitude d'être, dans l'inconsistance du temps qui passe, malgré tout. Il pleut, doucement : c'est un froissement à peine perceptible, cadrant si bien avec cette obscurité de fils emmêlés avec lesquels tu te débats. La pluie, oui, un fil, des fils, pour l'heure venue jusqu'au passage d'un nouveau jour. Le silence ne te fait pas peur, tu te trompes : ce serait de ne jamais pouvoir le retrouver qui t'inquiète, comme de perdre à jamais quelqu'un que tu aimes...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>nauher</name>
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        <title>Chateaubriand, transfiguration...</title>
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        <id>tag:off-shore.hautetfort.com,2011-04-13:3189685</id>
        <updated>2011-04-13T12:27:00+02:00</updated>
        <published>2011-04-13T12:27:00+02:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;   La Bretagne a-t-elle jamais été comme la décrit François-René ?...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://off-shore.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;La Bretagne a-t-elle jamais été comme la décrit François-René ? Est-ce l'important ? Mais puisqu'un récent billet évoquait incidemment les horreurs d'une &lt;a href=&quot;http://off-shore.hautetfort.com/archive/2011/04/08/bande-d-arret-d-urgence.html&quot;&gt;quatre-voies&lt;/a&gt; et la transhumance touristique vers Saint-Malo, il n'y avait plus qu'à se replonger dans les &lt;em&gt;Mémoires d'outre-tombe&lt;/em&gt; pour y trouver la parade idéale : un univers transfiguré, dans lequel se mêlent des indices d'une réalité perdue (pour nous évidemment, mais déjà pour l'auteur) et les dérives d'un imaginaire à même de faire qu'en ce point de France que Voltaire regardait de si haut (pensons à la Basse-Brette de &lt;em&gt;L'Ingénu&lt;/em&gt;) se réunIssent les souvenirs d'une Europe aujourd'hui défaite. Et le style de Chateaubriand est en soi une si belle rêverie...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;&quot;Rien de plus charmant que les environs de Saint-Malo, dans un rayon de cinq à six lieues. Les bords de la Rance, en remontant cette rivière depuis son embouchure jusqu’à Dinan, mériteraient seuls d’attirer les voyageurs&amp;nbsp;; mélange continuel de rochers et de verdure, de grèves et de forêts, de criques et de hameaux, d’antiques manoirs de la Bretagne féodale et d’habitations modernes de la Bretagne commerçante. Celles-ci ont été construites en un temps où les négociants de Saint-Malo étaient si riches que, dans leurs jours de goguette, ils fricassaient des piastres, et les jetaient toutes bouillantes au peuple par les fenêtres. Ces habitations sont d’un grand luxe. Bonnaban, château de MM. de la Saudre, est en partie de marbre apporté de Gênes, magnificence dont nous n’avons pas même l’idée à Paris. La Briantais, Le Bosq, le Montmarin, La Balue, le Colombier, sont ou étaient ornés d’orangeries, d’eaux jaillissantes et de statues. Quelquefois les jardins descendent en pente au rivage derrière les arcades d’un portique de tilleuls, à travers une colonnade de pins, au bout d’une pelouse&amp;nbsp;; par-dessus les tulipes d’un parterre, la mer présente ses vaisseaux, son calme et ses tempêtes. &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Chaque paysan, matelot et laboureur, est propriétaire d’une petite bastide blanche avec un jardin&amp;nbsp;; parmi les herbes potagères, les groseilliers, les rosiers, les iris, les soucis de ce jardin, on trouve un plant de thé de Cayenne, un pied de tabac de Virginie, une fleur de la Chine, enfin quelque souvenir d’une autre rive et d’un autre soleil&amp;nbsp;: c’est l’itinéraire et la carte du maître du lieu. Les tenanciers de la côte sont d’une belle race normande&amp;nbsp;; les femmes grandes, minces, agiles, portent des corsets de laine grise, des jupons courts de callomandre et de soie rayée, des bas blancs à coins de couleur. Leur front est ombragé d’une large coiffe de basin ou de batiste, dont les pattes se relèvent en forme de béret, ou flottent en manière de voile. Une chaîne d’argent à plusieurs branches pend à leur côté gauche. Tous les matins, au printemps, ces filles du Nord, descendant de leurs barques, comme si elles venaient encore envahir la contrée, apportent au marché des fruits dans des corbeilles, et des caillebottes dans des coquilles&amp;nbsp;; lorsqu’elles soutiennent d’une main sur leur tête des vases noirs remplis de lait ou de fleurs, que les barbes de leurs cornettes blanches accompagnent leurs yeux bleus, leur visage rose, leurs cheveux blonds emperlés de rosée, les Valkyries de l’Edda dont la plus jeune est l’Avenir, ou les Canéphores d’Athènes, n’avaient rien d’aussi gracieux. Ce tableau ressemble-t-il encore&amp;nbsp;? Ces femmes, sans doute, ne sont plus&amp;nbsp;; il n’en reste que mon souvenir.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les Mémoires d'outre-tombe, &lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Tome I, livre 5&lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Le désillusionné</title>
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        <updated>2011-03-30T06:00:00+02:00</updated>
        <published>2011-03-30T06:00:00+02:00</published>
        <summary>    Photo de  Sara   &amp;nbsp;  Lorsque mourut Abderrahman III, qui détint le...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2931598&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://almasoror.hautetfort.com/media/02/01/3067993744.jpg&quot; alt=&quot;Sara,Abderrahman III, califat, Espagne, dépression, tristesse, dépit, neurasthénie, mélancolie, frustration, insatisfaction, désillusions&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;Photo de &lt;a href=&quot;http://universdesara.org/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Sara&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lorsque mourut Abderrahman III, qui détint le pouvoir en Espagne pendant un demi-siècle (Xème siècle) et construisit l'admirable palais d'Az-Zahra, on trouva parmi ses papiers, une note portant ses mots : &quot;Cinquante ans se sont écoulés depuis que je suis Calife. Trésors, honneurs, plaisirs, j'ai joui de tout, j'ai tout épuisé. Les rois mes rivaux m'estiment, me redoutent et m'envient. Tout ce que les hommes désirent m'a été accordé par le ciel. Dans ce long espace d'apparente félicité, j'ai calculé le nombre de jours où je me suis trouvé heureux : ce nombre se monte à quatorze. Mortels, appréciez par là, la grandeur, le monde et la vie...&quot;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Cité par J Benoist-Méchin, dans sa biographie d'Ibn Séoud&lt;/p&gt;
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        <title>Chet Baker, dénouement</title>
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        <updated>2011-03-27T10:03:00+02:00</updated>
        <published>2011-03-27T10:03:00+02:00</published>
        <summary>       Il y a chez&amp;nbsp; Chet Baker une part de romantisme tragique que tout...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Il y a chez&amp;nbsp; Chet Baker une part de romantisme tragique que tout le monde n'apprécie pas. Peu importe. Cette sensibilité douce-amère est à mes yeux une des merveilles du jazz. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Le morceau qui suit, &lt;em&gt;Goodbye,&lt;/em&gt; est enregistré en Italie, avec un orchestre à cordes de cinquante musiciens. Nous sommes en 1959. On pense à un film plein de lyrisme, une passion compliquée (impossible, qui sait ?), mais qui se vit malgré tout, avec presque rien : un regard, un sourire, un geste. C'était perdu d'avance mais il fallait le vivre. On se remémore le &quot;bonsoir&quot; dans &lt;em&gt;Elle et lui &lt;/em&gt;de Mac Carey, ou bien &lt;em&gt;Vacances romaines&lt;/em&gt;. Ce serait plutôt cela : penser à la mélancolie qui achève la douce rencontre entre Audrey Hepburn et Gregory Peck. La trompette de Baker, c'est Anne qui rentre le soir au palais. Et cette rêverie musicale qui amène jusqu'à un si beau visage n'en est que plus précieuse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;355&quot; data=&quot;http://www.youtube.com/v/24Far5on4rE&amp;amp;rel=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/24Far5on4rE&amp;amp;rel=1&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Dimanche, la Seine</title>
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        <updated>2011-02-21T06:49:00+01:00</updated>
        <published>2011-02-21T06:49:00+01:00</published>
        <summary>  Dimanche. Je passe le long des quais, la Seine égraine sa lente procession...</summary>
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          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 6pt 0pt 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Century Schoolbook'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;Dimanche. Je passe le long des quais, la Seine égraine sa lente procession vers le vide des mers, passage d’une vie à la dissolution de l’éternité. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 6pt 0pt 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Century Schoolbook'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;Combien de passants comme moi noient leurs pensées dans ce lent cheminement des eaux, appuyés au dessus du parapet, le regard fixe. Hypnose de l’écoulement, on pourrait ne jamais se lasser de ces reflets mouvants d’une étonnante lenteur, valse des miroirs du néant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 6pt 0pt 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Century Schoolbook'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;La même hypnose que le feu, plus subtile peut-être, parce que plus lente. Le feu possède une magie plus diabolique et plus réelle, car sa contemplation est souvent accompagnée d’un repos du corps auprès d’une cheminée, dans une chaleur bienfaisante, un engourdissement sensible du corps et de l’esprit. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 6pt 0pt 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Century Schoolbook'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;Je pensais alors aux trois éléments anciens, le feu, l’eau et l’air comme matériaux de construction du monde d’après Empédocle (auxquels il ajoute la terre). Les alchimistes prétendent qu’ils émettent des radiations imperceptibles qui sont au centre des forces du monde. Dans l'univers, qu’il voit comme une sphère, tout procède ainsi de l’assemblage et de la désagrégation de ces éléments mus par l'action de deux principes : l'amour et la haine. Alors que l'amour est la force qui réunit et combine ces quatre principes, la haine engendre quant à elle leur séparation. &lt;em style=&quot;mso-bidi-font-style: normal;&quot;&gt;Tantôt l'amour réunit tout en un et tantôt la haine divise tout en deux&lt;/em&gt;, écrit Empédocle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 6pt 0pt 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Century Schoolbook'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;En dehors du feu et de l’eau, nous sommes, parfois, sensibles à l’hypnose de l’air&amp;nbsp;: un jour d’été, le soleil éclate et l’air vibre de tremblements quasi imperceptibles, mais sensibles. Là aussi, un lent engourdissement nous saisit et nous envoûte. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; margin: 6pt 0pt 0pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Century Schoolbook'; font-size: 14pt; mso-bidi-font-size: 12.0pt; mso-ansi-language: FR;&quot;&gt;Oui, quand l’été sera là…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Personne</title>
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        <updated>2011-01-29T09:38:00+01:00</updated>
        <published>2011-01-29T09:38:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;     Je ne sais plus comment &quot;Personne&quot; est arrivé jusque chez moi....</summary>
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          &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;img id=&quot;media-2865350&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://nouvellesdesfronts.hautetfort.com/media/00/00/2113105828.jpeg&quot; alt=&quot;Personne.jpeg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne sais plus comment &quot;Personne&quot; est arrivé jusque chez moi. &quot;Personne&quot; c'est un roman de 26 chapitres allant de A à Z,&amp;nbsp;les 26 facettes éparpillées d'un personnage. L'auteure, c'est Gwenaëlle Aubry, une agrégée de philo. Avec &quot;Personne&quot;, il est question de son père, éminent juriste et professeur de Droit aux heures ouvrables et va-nu-pieds à la nuit tombée.&amp;nbsp;L'écriture est dense avec parfois des phrases qui n'en finissent pas, des virgules, des retours à la ligne sans point, un peu comme une marche rapide, une cavalcade, mille choses encore à (se) dire.&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Il dit de lui-même qu'il est un mélancolique, un malade romantique en somme. Dans le DSM-IV, manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, cela s'appelle la psychose maniaco-depressive, ou PMD, ou troubles bipolaires. Une vraie maladie, pas une fantaisie. Dans les années 50, la version I du DSM répertoriait une soixantaine de pathologies différentes, la version IV actuelle, 410... Probable que ce déploiement de nouvelles définitions nourrisse une certaine industrie pharmaceutique...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après la mort de son père donc, Gwenaëlle Aubry retrouve ses notes, ses carnets, rédigés tout au long de sa vie, ainsi qu'un dossier portant le titre: &quot;Le mouton noir mélancolique&quot;, suivi de: &quot;A romancer&quot;. Comme une bonne fille, c'est donc ce qu'elle fit, introduisant, comme pour une composition à quatre mains, quelques extraits de lui dans son texte à elle. Ainsi, en mêlant leurs écritures, elle avait fini par marcher à côté de lui, à une allure enfin accordée.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ce personnage incompréhensible, qui n'appartient à personne car ne s'appartenant pas lui-même, insupportable à vivre car ne se supportant pas vivant, lucide comme un insensé, s'approche et s'approprie les grands rôles, de Antonin Artaud à James Bond. Il change de costume, met un nez rouge, fait son sérieux et puis s'amuse. Il dit qu'il a 5 ans, 5 ans et demi pas plus. Pour endormir ses enfants il dessine du doigt des signes magiques sur leur front, puis s'enferme à la recherche d'un lui-même qu'il ne trouvera jamais. C'est ainsi qu'il lui arrive de partir au milieu de la nuit&amp;nbsp;en oubliant ses chaussures,&amp;nbsp;vers les faubourgs de la ville, vers la misère et les SDF dont il se sent si proche, dont il partage l'errance comme on oublie la mémoire.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Les passages à l'hôpital psychiatrique sont fréquents, ce sont comme des occupations. Ce &quot;mouton noir&quot; déambule dans la vie avec une sorte d'indifférence, mais aussi avec passion, le plus souvent amoureuse, tout en restant ultra lucide sur ce qui lui arrive, sur la souffrance qui le broie et celle qu'il fait subir. Cet homme sans identité véritable car sans &lt;em&gt;moi&lt;/em&gt;, dispersé entre des &lt;em&gt;autres&lt;/em&gt; qui ne sont jamais lui, fut tout de même le père de quelqu'un et ce sont les scories disséminées de ce père que Gwenaëlle rassemble ici, par cette conversation posthume, sensible et touchante.&lt;/p&gt;
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        <title>Post-scriptum</title>
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        <updated>2011-01-17T08:21:06+01:00</updated>
        <published>2011-01-17T08:21:06+01:00</published>
        <summary>  Les faits parlent d'eux-mêmes. Les faits sont là, comme le compte rendu...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif; font-size: large;&quot;&gt;Les faits parlent d'eux-mêmes. Les faits sont là, comme le compte rendu d'un scanner. Je n'ai donc plus rien à dire... Je croyais qu'ils étaient têtus, les faits. Erreur. C'est nous qui nous nous entêtons à vouloir les sauver, et sauver ce que nous avons voulu y mettre, comme quand auprès d'une oreille amie, nous venons avec armes et bagages&amp;nbsp; pour les poser, les armes et les bagages (pas les faits...) et nous reposer un peu. Les armes sont d'ailleurs plus importantes que les bagages, en valeur et en nombre.&amp;nbsp; Jamais en paix intégrale. Ce serait trop facile. Alors les faits qui parlent ? Que nous faisons parler plutôt, par peur ou conviction : c'est tout un. Les faits ainsi décomposés, décortiqués, estimés, comme un chassis passé au marbre ; à moins que ce ne soit une opération à cœur ouvert, quand on prend les faits par les sentiments. Nous glissons les faits dans des habits de mots ; nous nous entêtons sur les êtres. Cela dure plus que de raison,&amp;nbsp; mais c'est en même temps ce qui fait le prix de la vie, jusqu'à ce que nous tournions la page, enfin libres d'avoir fait le nécessaire : non d'avoir renoncé, mais d'avoir accepté l'inéluctable.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Codicille (à la quadrature de Porto)</title>
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        <updated>2010-12-18T12:15:00+01:00</updated>
        <published>2010-12-18T12:15:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;   Une belle ville doit sublimer la pluie.  Porto  est très belle,...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Une belle ville doit sublimer la pluie. &lt;a href=&quot;http://off-shore.hautetfort.com/archive/2010/05/16/la-quadrature-de-porto.html&quot;&gt;Porto&lt;/a&gt; est très belle, plus encore&amp;nbsp; que ce que tu en gardais en ta mémoire. Il faisait, depuis le début de l'après-midi, toile grise, puis vers seize heures, le crachin a fait son fil, une laine peignée d'humeurs trempées sur le Douro, quelque chose qu'on trouve en Bretagne (les mouettes en plus flottaient en harpies au-dessus des têtes), comme ce souvenir des quais de Douarnenez, en un février très lointain, voyant mourir la mer jusqu'à limiter le monde au rebord asphalté de l'autre côté de la rue. Cette liquéfaction, &lt;em&gt;grisante&lt;/em&gt;, compose, plus qu'elle ne l'éteint, avec le puzzle coloré des façades. Elle est l'ombreuse requête de l'éclaircie.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;*&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Au &lt;em&gt;Majestic&lt;/em&gt;, ta table, cette fois, est la plus proche du piano demi-queue (Carl Reutner). Il s'installe et commence par un rag-time un peu mièvre. Pas grave : tu commandes un autre &lt;em&gt;Churchill Estates&lt;/em&gt;. Tu penses à la chanson de Charlélie Couture. Personne ne l'écoute vraiment. C'est bien là le charme. Deux jeunes femmes viennent se faire photographier près de lui. Puis elles s'en vont. Elles diront sans doute que c'était formidable.&amp;nbsp; Tu aurais trouvé amusant que la plus blonde des deux se penchât vers le pianiste et lui murmurât &lt;em&gt;Play it again Sam&lt;/em&gt;, que tu fusses dans un souvenir de film jusqu'au bout. Les notes annulent les conversations voisines, merveilleusement.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;*&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Un dernier porto blanc, le mal nommé pour celui-ci, quand la perle au creux de la main est d'&lt;em&gt;hyacinte et d'or&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;*&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Il fait nuit maintenant. La pluie a fait retraite. Tu es comme la pluie. Tu as vu le pont de loin, de la distance d'un an qui a passé. Il faut savoir revenir. S'alourdir du vivant. Mettre ses pas dans ses propres pas et découvrir que ce n'est pas l'ornière. &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Frasby</name>
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        <title>Le noir vous va si bien</title>
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        <updated>2010-12-12T18:03:00+01:00</updated>
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        <summary>  Folie de la nuit fiévreuse, seul avec quelques livres ;   Hauts et bas du...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: left;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Folie de la nuit fiévreuse, seul avec quelques livres ;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Hauts et bas du temps et du tempérament ;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Instants reparus d’une autre vie ; souvenirs, prophéties ;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;Ô splendeur de la vie commune et du train-train ordinaire,&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;À vous cette âme perdue.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/03/01/hors-de.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;VALERY LARBAUD&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 11px;&quot;&gt; : in &quot;Alma perdida&quot; in&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://wikilivres.info/wiki/Le_Don_de_soi-même&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&amp;nbsp;Poèmes de A.O. Barnabooth&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 11px;&quot;&gt;, édition poésie Gallimard 2006&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 30px;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 11px;&quot;&gt;&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000; font-family: Verdana,Arial,Helvetica,sans-serif;&quot;&gt;La musique est cachée dans l'image, il suffit de cliquer au hasard.&lt;/span&gt;&lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/listen-4217521&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2804956&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/media/00/01/3832568947.JPG&quot; alt=&quot;gai desespoir725.JPG&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Des petits états d'âme passent dans &lt;a href=&quot;http://www.finitude.fr/titres/rebus.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;les aphorismes,&lt;/a&gt; parlent à ma peine ironisant, tirent au profit des embuscades, à bout portant sur ces difformités humaines, nos faiblesses, nos désavantages, ce trop vivant, le gouffre est le panache des &quot;&lt;em&gt;belles gens&quot;.&lt;/em&gt; Ce léger haussement de sourcil balaye les corps des entretiens particuliers ou les délite. On enchaîne, on embraye, Il ne faudrait pas que tout cela finisse avec un triste sire agitant un mouchoir sous le panneau &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/02/15/je-me-gare-quand-je-veux.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;des départs.&lt;/a&gt; Il nous reste&lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d4/Pieter_Bruegel_the_Elder-_The_Seven_Deadly_Sins_or_the_Seven_Vices_-_Pride.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; l'orgueil, &lt;/a&gt;pour en finir. La grande pensée advient, s'arque d'aise une &lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fb/Codex_Manesse_Ulrich_von_Singenberg.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;couronne de fleurs&lt;/a&gt; que le vent balaie d'un sourire légèrement&lt;a href=&quot;http://www.toutelapoesie.com/poemes/verlaine/jadis/luxures.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Verlainien.&lt;/a&gt; L'éléphant singe la rime, enrobe tout à &lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/48/Armoire_balais_paris_roissy_1_IMG_9033_retouchée.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;la féminine&lt;/a&gt;. Toujours coiffée du même&lt;a href=&quot;http://www.figurines-soldats.com/diademe-40.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; diadème&lt;/a&gt;, la femme s'en va de l'un à l'autre, une vénérable&lt;a href=&quot;http://chasse.alsace.free.fr/biche%20a%20manger.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; biche,&lt;/a&gt; la femme et sa voix gémissante, consolée par les crinolines et le bruit des calèches. Elle est tendre, cache ses trésors sous&lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/76/Goya_alba2.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; une mantille&lt;/a&gt;, à cause &lt;a href=&quot;http://epon.unblog.fr/files/2008/03/csouslesailesdelangedivinecomdiedantechant2gustavedor1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;des anges, &lt;/a&gt;elle &lt;em&gt;doit avoir sur la tête une marque de l'autorité dont elle dépend&lt;/em&gt; cela se lirait juste entre les phrases dans le&lt;a href=&quot;http://fr.wikisource.org/wiki/Première_épître_aux_Corinthiens#1_Corinthiens_11&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; chapitre 11 de la première épître aux Corinthiens,&lt;/a&gt; sous la mantille, une brume exquise, tant de mystéres : vanity rose,&lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/archive/e/eb/20081126230701!Fragonard,_The_Swing.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; escarpolette&lt;/a&gt;,&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://2009sediments.wordpress.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; &lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://3.bp.blogspot.com/_Nqvu1xqkgXA/TOqpy-tbGsI/AAAAAAAAAbQ/Fjt_102lCww/s1600/La%2Bbalancoire.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;balançoire au jardin,&lt;/a&gt; crécelles et peau d'orange &lt;a href=&quot;http://www.kalliope.org/digt.pl?longdid=baudelaire2002021208&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;sous des arrosoirs&lt;/a&gt; de chair tendre, elle poserait lascivement dans une boule de neige à secouer sans fin. On écrase des souris sans même se fier à l'odorat, on oublie même la soif au goulot de la &lt;a href=&quot;http://dafina.net/forums/file.php?52,file=204951,filename=image-275.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;gargoulette&lt;/a&gt; embaumée de bouquets de thym, on porte des pulls à trous des vieux blue jeans à trous, on déniape&lt;a href=&quot;http://image.toutlecine.com/photos/v/i/v/viva-maria-1965-05-g.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; les froufrous &lt;/a&gt;pour trouver la perle dans l'huître, on déculotterait la Sainte Vierge jusqu'à faire saigner cette entaille il faudrait savoir ce qu'elle cache. Dieu ignore ce qu'il nous plairait qu'elle enfante.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Je flatte et fuis ce don qui m'abolit dès l'origine&lt;a href=&quot;http://www.e-papier-peint.com/photos/galerie/IC098_IS_000006249672Illustrathumbnail.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; l'encre et son épaisseur&lt;/a&gt; telle le &lt;a href=&quot;http://www.charles-despiau.com/images/dessins/nu-d%27homme-debout-mine-de-plomb.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;plomb du dessin. &lt;/a&gt;Jour après jour je goûte la lie mauve d'un tonneau de vin. On pourrait s'attarder encore sur le détail d'un&lt;a href=&quot;http://lolivierforge.unblog.fr/files/2009/07/vignehauteur65cm.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; pied de vigne&lt;/a&gt;, chercher la position de&lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/76/Merlot_wine_lees_after_fermentation.JPG&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; la lie,&lt;/a&gt; sur la carte d'un vignoble perdu dans la Vallée du Rhône, raccoler le limon sous les flots bleus de l'océan ou bien passer sa vie à mesurer&lt;a href=&quot;http://jfjpm-genie-civil.blogspot.com/2010/08/liquefaction-de-certains-depots-de-sol.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; l'indice des vides&lt;/a&gt;, extraire scientifiquement tout le flou du présent et le faire advenir enfin à notre guise. Je me prends de passion parfois, pour la&lt;a href=&quot;http://www.la-ponctuation.com/virgule.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; virgule&lt;/a&gt;, ta &lt;a href=&quot;http://dictionnaire.phpmyvisites.net/definition-CESURE-4261.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;césure, &lt;/a&gt;juste un point. Ces ponctions nobles s'accordent au fil des modes, on aimerait qu'elles redorent un peu nos emballages, on s'étonnerait. Nous innovons. Ose, ponctue, ô poète !&lt;a href=&quot;http://pages.infinit.net/haiku/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; ce haiku de Bourgogne&amp;nbsp; &lt;/a&gt;par tes caprices, ton brame. Oserais-tu chevaucher à la vitesse d'un train &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2010/01/01/un-nouvel-elan-a-partir-d-aujourd-hui.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;mon élandin &lt;/a&gt;au parc ? Comme&lt;a href=&quot;http://www.florilege.free.fr/florilege/grandson/index.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Othon de Grandson&lt;/a&gt; vétu d'une&lt;a href=&quot;http://monsu.desiderio.free.fr/usoir/houppelande.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; houppelande&lt;/a&gt; large, en fourrure d'hermine, afin de mieux dissimuler&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/09/11/prince.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; le noir&lt;/a&gt; annonçant le déclin de&lt;a href=&quot;http://raham1.blogspot.com/2008/10/la-littrature-courtoise-la-finamor-qui.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; la littérature courtoise.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 90px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Allégement ne pourraie trouver&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Du mal que j’ai par créature née,&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Si par vous non, en qui veut affermer&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Entièrement mon cœur, sans dessevrée.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Il est vôtre, longtemps vous ai aimée&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Céléement, sans en faire clameur.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;Et si l’amour de vous m’est refusée&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;En languissant définiront mes jours.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Voici Noël pour épilogue bouclant la boucle chez &lt;em&gt;Maxi-livres&lt;/em&gt;, je cherche les cadeaux pour mes chers. Les &lt;a href=&quot;http://www.onthisdeity.com/wp-content/uploads/2010/11/rimbaud1.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Rimbaud&lt;/a&gt; en posters, les &lt;a href=&quot;http://www.lesensfigure.fr/blog/images/illustrateurs/nietz3.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Nietszche &lt;/a&gt;prolifèrent posés en tas comme dix-mille slips. L'écrivain mange cette abondance, se moque à l'étalage, jouit de sa bouche ogresse. Gais savoirs ou gais désespoirs. L'ambition se décline en postures sensuelles cependant la parole tient à sa modestie, ces rêves lisses me sonnent, mon paradis cul de lune empile des cratères aux us et coutumes intenables. Je relis les correspondances &lt;a href=&quot;http://www.majoros.net/wp-content/uploads/2008/05/Autruche_politique.png&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;d'Autruche&lt;/a&gt; et de &lt;a href=&quot;http://lafindesharicots.hautetfort.com/archive/2010/03/25/les-lettres-de-casanova.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Casanova&lt;/a&gt; en secouant le phrasé enfantin qui de loin semble absurde et tous ces engouements passés me liquéfient jusqu'à ce que&lt;a href=&quot;http://www.gombrowicz.net/spip.php?article170&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; l'immaturité &lt;/a&gt;me reprenne en flagrant délit d'aventure, à m'ébaubir sur quelque forme calligraphique penchée, nous parlerons&amp;nbsp; ensemble, seuls sans penser l'un à l'autre, seuls nous babillerons comme des nouveaux nés secouent des hochets en bois tendre et ce jeu instinctif nous sublimera encore. Rien ne sera plus exquis désormais, rien de plus prometteurs que les roulements de ces jouets qui s'attacheront à ne promettre que&lt;a href=&quot;http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/74/Jean-Léon_Gérôme_009.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; les métamorphoses entrevues autrefois&lt;/a&gt;, et ne tiendront pas leur promesse, évidemment.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Photo: Seule, dans les quartiers riches, une blonde triste, (il faut croire que cela existe,) pose de dos avec un parapluie devant les accès interdits à deux pas de la station Foch, photographiée cours Vitton à Lyon, rive gauche, aux derniers jours du mois de November. © Frb 2010.&lt;/p&gt;
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        <title>Let me go</title>
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        <title>Matin</title>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &quot;L'omnibus, pressé d'arriver à la dernière station, dévore l'espace, et fait craquer le pavé... Il s'enfuit !&quot; (Lautréamont)&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Un &lt;em&gt;certain temps&lt;/em&gt; dans le bus. Pas le soir, au milieu des hagards, dans le bouquet des heures suées de l'été ou les miasmes de l'hiver. Plutôt à l'intermédiaire : mi-mars ou fin octobre -période resserrée dans le cycle de l'année, comme ces courts moments d'un champ au repos. C'est le petit matin, dans la fraîcheur sèche, et les voyageurs clairsemés. À peine une dizaine. Silencieux. Communion des restes d'insomnie ou des soubresauts oniriques. Le jour commence à fureter. Les enseignes ont encore une certaine portée. Fanals bientôt affadis pour le passager de la nuit. Tu ne retournes pas au sommeil, à peine la somnolence, et tu connais enfin la patience engourdie des choses qui filent derrière la vitre. Jachère de l'âme transportée. Le grondement du moteur, seul bavardage du moment, rend plus muettes encore les façades qui, pour les plus hautes, zyeutent le fleuve. Une péniche remonte le courant. Vous doublez un cycliste portant des chaussures vertes.&amp;nbsp; Les rideaux de fer sont encore de mise. Ton corps est habité d'un abandon qui, tu le sais, ne durera pas. Il suffirait que deux intempestifs (fêtards ou travailleurs énervés) surgissent et le charme refluerait. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;La vitesse, modeste, est berceuse (souvent le bus passe un arrêt. Personne). Le bar-tabac vient d'ouvrir. Tu en connais les discussions minimales, paupières fixées sur l'expresso serré. Tu voudrais que le trajet filât infiniment. Ni terminus, ni boucle : à la place, une évadée sans autre objet que de te protéger de ton retour au monde. Pourtant ta main doit appuyer sur un bouton (puisque nul autre voyageur n'a étiré son corps), parce qu'après le prochain virage, &lt;em&gt;c'est pour toi &lt;/em&gt;(oui, de ce &lt;em&gt;pour toi&lt;/em&gt; qui justement te retranche de la liberté passagère, ce &lt;em&gt;pour toi&lt;/em&gt; qui te fait autre.). Redescendre sur terre. De toute manière, trop tard. Les voitures sortent de tous les coins. Les gens. La ville. Fini le temps du bus. Tu descends. Quelqu'un de connaissance se retourne, sourit en t'attendant. Le soleil vient de passer du rouge à l'orange.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <title>Un homme du peuple...</title>
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        <updated>2010-11-10T23:17:52+01:00</updated>
        <published>2010-11-10T23:17:52+01:00</published>
        <summary> Sénèque. Homme politique romain, savant et philosophe. Fut entre autres,...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Sénèque. Homme politique romain, savant et philosophe. Fut entre autres, avec plus ou moins de succès, le précepteur de Néron. Mort en se suicidant suite aux persécutions de son ancien élèves, dans une posture fort socratique. Sénèque est, avec Epictète et Marc-Aurèle (l'esclave et l'empereur), l'un des trois représentants romains du stoïcisme. Il est intéressant d'ailleurs, en ce peuple globalement peu enclin à philosopher, que ce courant se soit développé à ce point... &lt;br /&gt;Mais les romains étaient hommes de vie et d'action, et cette morale au quotidien que porte le stoïcisme leur était sans doute fort appréciable. En effet, le stoïcisme convient aussi bien au plus humble qu'au plus puissant des mortels en ce qu'il porte une sagesse à usage personnel, propre à mieux faire appréhender la vie à chacun d'entre nous... ou du moins à mieux lui faire supporter petites joies et grandes misères au quotidien.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2743053&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://foxysback.hautetfort.com/media/00/00/2090583954.jpg&quot; alt=&quot;mortsen.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt;Intéressons-nous maintenant au texte dont est issu la citation &quot;homo plebis ultimae&quot;, texte mis au jour par de nombreux thiéfainautes (entre autres Stephan, Le Doc et le Grizzly). &lt;br /&gt;En voici un très large extrait, j'ai mis en gras certains passages&amp;nbsp;:&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&quot;&amp;nbsp;Le sage sait trop que tous ces gens qui s’avancent parés de toges à bandes de pourpre, avec le coloris de la santé, sont loin d’être sains&amp;nbsp;: il voit en eux des malades hors d’état de se maîtriser&amp;nbsp;: aussi ne se fâche-t-il même pas si, dans leurs accès, ils se permettent quelque violence contre qui les veut guérir&amp;nbsp;; &lt;strong&gt;et comme il ne fait nul cas de leurs hommages, il met sur la même ligne leurs irrévérences. &lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;Comme il ne se prévaudra pas des respects d’un mendiant, &lt;strong&gt;il ne se croira pas offensé si quelque homme de la lie du peuple ne lui rend point son salut&amp;nbsp;; ainsi encore, qu’une foule de riches aient de lui une haute idée, il ne l’aura pas de lui-même, certain qu’ils ne diffèrent en rien des mendiants,&lt;/strong&gt; qu’ils sont même plus misérables, car les mendiants ont besoin de bien peu, les riches de beaucoup. &lt;br /&gt;D’autre part que lui importe qu’un roi des Mèdes, qu’un Attale asiatique, qu’il aura salué, passe sans lui rien dire, le visage arrogant&amp;nbsp;? Il sait que leur condition n’est pas plus désirable que celle de l’esclave auquel échoit, dans un nombreux domestique, le gouvernement des malades et des fous. &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;(...)Le sage fait aussi peu attention aux civilités ou aux impolitesses d’un tel homme qu’à celles d’un roi. Tu vois à tes pieds des Parthes, des Mèdes, des Bactriens&amp;nbsp;: mais c’est la crainte qui les contient&amp;nbsp;; mais ils t’obligent à toujours avoir l’arc tendu&amp;nbsp;; mais c’est une race dégradée, vénale, qui ne soupire qu’après un nouveau maître.&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Un homme du peuple... le dernier (&quot;ultimae&quot;) ? Ou bien un homme du dernier rang du peuple ? Les&amp;nbsp;traducteurs ont tranché pour la seconde partie, au sens de &quot;l'homme de la plus basse extraction qui soit&quot;. Mais il me semble important, surtout, de retenir le contexte général de l'expression. &lt;strong&gt;Cette expression se trouve au coeur d'un texte dont le message insiste sur la vanité des honneurs et des prébendes et sur la nécessité pour l'homme sage de n'en point tirer orgueil. &lt;/strong&gt;La gloire, la réussite sociale sont choses passagères. L'homme sage en sait la vanité. Il tient en même estime... et en même méfiance le roi tout-puissant et l'homme de la plèbe (la &quot;turba&quot; disaient les romains pour désigner la foule informe, grouillante et incontrôlable).&lt;br /&gt;Mépris ? Que nenni ! &lt;strong&gt;Le texte de Sénèque est d'abord un manifeste de liberté personnelle, irréductible à toute pression car insensible aussi bien à la force qu'à la flatterie.&lt;/strong&gt; Le philosophe lui-même, par sa fin stoïque et courageuse, en a donné exemple. &lt;strong&gt;En cela, il parle aux hommes de tous temps et de toutes origines, il est un symbole universel, de ceux que Thiéfaine apprécie par dessus tout. &lt;/strong&gt;Il n'est que de se souvenir de ce reportage télé ou il explique qu'il aime retrouver l'humain éternel dans des textes de toutes origines et de toutes époques, et qu'il aime retrouver en eux des mots qui lui parlent encore, à lui l'homme du XXIème siècle.&lt;br /&gt;Manifeste donc, de liberté personnelle et irréductible. Message de résistance passive mais ô combien brûlante, aux attaques de ceux qui nous entourent en voulant nous contraindre. &lt;strong&gt;Manifeste de solitude aussi, jamais hautaine certes, fière néanmoins de sa persistance et de sa grandeur. &lt;/strong&gt;Du &quot;j'ai trop rêvé de liberté&quot; au &quot;solitaires qui se racontent des histoires de solitaires&quot; (souvenez-vous de la tournée Scandale Mélancolique), il y a là une persistance dans la posture qui est bien celle de Thiéfaine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis vient l'affiche. &lt;strong&gt;Il est fier, il est nu, il est &quot;tel qu'en lui-même enfin l'éternité le change&quot;. Sec et dénudé, le poète se présente à nous. &lt;/strong&gt;Seul, peut-être parfois meurtri de ce que nous sommes nous humains. &lt;strong&gt;Peut-être saisi d'une douloureuse impression de &quot;scandale mélancolique&quot;. Peut-être habité par la hantise de sa fin prochaine et de son annihilation.&lt;/strong&gt; Mais prêt aussi, bien qu'il ne soit qu'un homme du bas peuple, à donner tout ce qu'il a, à mettre ses tripes sur l'affiche. Seul, dans une posture que d'aucun qualifierons de christique, le poète &quot;suscite avec un glaive nu&quot;, les réactions à sa venue. Qu'apporte-t-il ? Que veut-il ? Donner ? Se donner ? Racheter ? &lt;br /&gt;Peu importe au fond, car le plus important est bien cette offrande qu'il fera, en homme libre.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La dernière offrande ? Celle du dernier des hommes du peuple ? La question se pose malgré tout, tant un texte comme &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Annihilation&lt;/span&gt; semble hanté par une fin prochaine. Nous verrons bien... en remerciant Hubert, une fois encore, de savoir tisser tant de liens, de correspondances, de ressentis, d'impressions et de références à partir de simples mots.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Texte dédié à Katell et Evadné pour leur sensibilité humaine et littéraire, au Doc qui a inspiré ce billet par l'un de ces commentaires... et à Mallarmé pour les citations non conventionnelles... Le jeu de la folie est un sport de l'extrême !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>S'armer d'une folle espérance...</title>
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        <updated>2010-11-05T07:51:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-05T07:51:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;       labyrinthe de la cathédrale de Chartres       &amp;nbsp;  &amp;nbsp;...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://off-shore.hautetfort.com/">
          &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;div&gt;&lt;p&gt;&lt;img style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://www.lesconfins.com/Chartres_Labyrinthe.gif&quot; alt=&quot;&quot; width=&quot;490&quot; height=&quot;500&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;labyrinthe de la cathédrale de Chartres&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;table style=&quot;width: 597px; height: 1px;&quot; border=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot;&gt;&lt;tbody&gt;&lt;tr&gt;&lt;td valign=&quot;top&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;width: 12px;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;width: 722px; text-align: justify;&quot; align=&quot;center&quot; valign=&quot;middle&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&quot;Qui veut se souvenir doit se confier à l'oubli, à ce risque qu'est l'oubli absolu et à ce beau hasard que devient alors le souvenir&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large; font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Maurice Blanchot, &lt;em&gt;L'Attente. L'Oubli&lt;/em&gt; (1962)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Le Corbeau 78</name>
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        <title>Les feuilles mortes ne se ramassent plus à la pelle</title>
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        <updated>2010-11-03T07:00:00+01:00</updated>
        <published>2010-11-03T07:00:00+01:00</published>
        <summary> Les feuilles mortes ne se ramassent plus à la pelle, les employés de la...</summary>
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          &lt;p&gt;Les feuilles mortes ne se ramassent plus à la pelle, les employés de la voirie sont désormais équipés de matériel plus performant mais aussi plus bruyant. Actuellement ils sillonnent les rues de ma commune presque chaque jour avec leurs aspirateurs/souffleurs greffés sur le dos. Les uns – petits joueurs - aspirent les feuilles alors que les autres pour les grandes surfaces, regroupent en tas, le long des trottoirs, toutes les feuilles qui tombent des arbres afin de permettre à une camionnette spécialisée dans cette tâche de récupérer ces monticules végétaux et les emporter vers on ne sait quel cimetière naturel à moins qu’ils n’alimentent un immense réservoir à compost.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Dans un bastringue assourdissant les cantonniers répètent chaque jour cette fastidieuse corvée qui durera ce que durent les feuilles encore cramponnées à leurs tiges. Cette tâche ingrate leur en fait voir de toutes les couleurs car les sols sont jonchés d’un tapis qui mélange ou alterne selon les secteurs, les jaunes et les orangés, les marrons clairs ou foncés, des verts aussi, des teintes éclatantes ou ternes selon que la feuille est fraîchement tombée ou non.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Devant la fenêtre de ma cuisine l’érable superbe il y a encore quelques jours a soudain perdu son éclat durant le week-end. Ses feuilles devenues d’un jaune très chaud tendant vers l’orange qui faisaient la fierté de son espèce ont abandonné leurs branches, poussées à la désertion par le petit vent qui sans relâche agite les ramures de nos arbres. En deux jours à peine l’érable a changé de visage, sa prestance naturelle a fait place aux blessures tangibles de la féroce saison, l’habit princier n’est déjà plus que loques au travers desquelles percent les rameaux et le squelette de bois sombre. Les feuilles qui ne formaient qu’un tout ne sont maintenant que des individualités. Certaines, les plus exposées aux vents, s’agitent tant et plus pour rester suspendues à la brindille mais la résistance n’a qu’un temps, il faut lâcher la mère et à l’issue d’une gracieuse descente virevoltante ou d’un beau vol plané, rejoindre les copines déjà mortes au sol. L’orgueil pousse à faire des exploits, quoique agonisant le feuillage répandu sur la pelouse et les allées désormais, tente encore de se montrer à son avantage et prend les aspects d’un tapis d’or, rare autant qu’éphémère. Quant au couple de pies vivant dans le secteur qui s’étaient appropriées cet arbre aussi dans leur territoire, elles paraissent désemparées de n’y plus pouvoir trouver une intimité que leur garantissait le feuillage jusqu’alors. D’ailleurs tous les autres oiseaux, ces petits passereaux de passage tolérés par les deux corvidés, ne s’attardent plus dans ces branches mises à nues qui n’assurent plus leur nourriture.&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Si le poète trouve matière à s’épancher, le passant ne se chagrine pas pour cette mort théâtrale du bel arbre car il sait que la nature a pensé à tout. Quand l’érable sera aussi déplumé qu’un canard à l’étal de mon volailler son sort sera moins tragique puisque saisonnier. Dès que reviendra le printemps, les bourgeons puis les feuilles reprendront leurs places et qui paraissait mourant renaîtra à la vie. &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
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        <title>tout voyage commence par une première étape</title>
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        <updated>2010-11-01T23:07:15+01:00</updated>
        <published>2010-11-01T23:07:15+01:00</published>
        <summary> Cela faisait un moment que ça me trottait dans la tête : et si j'écrivais ?...</summary>
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          &lt;p&gt;Cela faisait un moment que ça me trottait dans la tête : et si j'écrivais ?&lt;/p&gt;&lt;p&gt;après tout, il y a bien eu une phase ou j'ai tenu un journal, ça m'a permis de découvrir que c'est (dans mon cas) une bonne thérapie pour ordonner mes idées.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;ça permet de s'obliger à réfléchir, à ordonner ses pensées, qui pour le coup, arrêtent de ressembler à une fourmilière un jour d'inondation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je suis très nul pour faire un planning, et encore pire quand il s'agit de le mettre en application, ce n'est pas que je sois brouillon, mais respecter des plans me semble assez aberrant, ho soyons clair, planifier un projet (vacances ou autres), je suis très fort du moment que je ne suis pas le seul impliqué, mais si c'est pour moi, bref...&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors ce blog, et cette tentative de coucher par écrit ce qui me trotte dans le crâne, ça va peut-être durer ou pas, carpe diem. Le journal a bien tenu quelques années, soyons donc optimistes.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Qui je suis, ce que je fabrique et autres questions du même tonneau : aucune importance, aucun intérêt&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Je ne suis pas dans un mode d'échange, je travaille à sens unique : voir si j'arrive via l'écriture à clarifier un peu ma situation.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Après tout, qui ne tente rien n'a rien, on va donc voir si ce qui a fonctionné il y a quelques années marche encore.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Pourquoi venir sur le web pour cela ?&lt;br /&gt;Déjà parce que réussir à écrire plusieurs feuilles A4, je ne sais pas si j'en suis encore capable, et en plus, je ne crois même pas avoir du papier chez moi, forcément, ça limite (la seule chose réellement sans limite est ma fainéantise)&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Taper sur un clavier, cela m'est devenu assez naturel ces dernières années, allons-y pour les notes électroniques&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Faire ça sur un document word chez moi est possible, mais ayant perdu toutes mes données suite à un crash disque dur m'a refroidi, et je me dis que sur un serveur externe, j'ai moins de risque.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Alors donc, ça y est : l'étape 1 est franchie, un blog a été ouvert afin que j'y raconte mes élucubrations&lt;/p&gt;&lt;p&gt;je verrai bien si au fil du temps, je dégage un fil conducteur à mes racontars&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Frasby</name>
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        <title>L'oiseau qui cachait la forêt</title>
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        <id>tag:certainsjours.hautetfort.com,2010-09-22:2924054</id>
        <updated>2010-09-22T21:34:00+02:00</updated>
        <published>2010-09-22T21:34:00+02:00</published>
        <summary>  &amp;nbsp;  Rousignol du boys ioly    a qui la voix resonne    pour vo’ mettre...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://certainsjours.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;padding-left: 30px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&amp;nbsp;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;Rousignol du boys ioly &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;a qui la voix resonne &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;pour vo’ mettre hors dennuy &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;vostre gorge iargonne gazouille &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;frian frian tr tar tar tu &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;velici ticun tu tu &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;qui lara fereli fi fi &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;coqui oy ty trr &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;turri huit teo turri quibi &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;frian fi ti trr tycun &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;strong&gt;quio fouquet fi fi frr &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;Extrait d'une chanson tirée du &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=VCmcWPfUlAs&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&quot;Chant des oiseaux&quot;&lt;/a&gt; de&lt;a href=&quot;http://www.musicologie.org/Biographies/janequin.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; CLEMENT JANEQUIN&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;h1 id=&quot;watch-headline-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/12/02/toi-et-moi-contre-le-monde-entier.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2672724&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt;&quot; src=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/media/00/00/658614422.JPG&quot; alt=&quot;a l'éphemère.JPG&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h1&gt;&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;”Cela fait trois jours que je me suis installé là, au guet de tous vos faits et gestes, face à votre fenêtre, longtemps je me suis demandé si mes ailes parviendraient à m'amener jusqu'à vous, sous ce ciel bleu, qui pâlira de jour en jour et va, le soir, manger notre lumière de plus en plus tôt, avant que la nuit ne dévore la lune dans laquelle par un beau désordre croissant je me trouve quand je rêve de vous.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id=&quot;media-2673034&quot; src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/graphics/insert-multimedia.jpg&quot; alt=&quot; http://certainsjours.hautetfort.com/media/02/01/1837601847.mp3&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je suis revenu d'Afrique par un long vol de plus de cinquante jours,   si je ne veux pas mourir de froid, cet hiver, il faudra bien que j'y   retourne. Mon plumage noir ne suffit pas à me chauffer pour deux, ni à m'offrir une endurance suffisante aux pluies, aux neiges...&amp;nbsp; Ainsi devrai je   choisir chaque automne, entre mourir de faim, de froid, que sais-je ? Ou redouter déjà, dans un pays lointain, de ne plus vous revoir à mon retour. Sachant vos coutumes humaines et urbaines si changeantes, la mode étant souvent chez vous de raser toutes les choses où l'on se plaît, je redouterai, à distance de retrouver mon fil arraché par les folles machines d'un dénommé &lt;a href=&quot;http://img.directindustry.fr/images_di/photo-g/chargeuse-compacte-44716.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;John D.,&lt;/a&gt; et je me troublerai d'avoir perdu l'observatoire  sur lequel j'adorais vous parler sans rien dire, ou encore, manquerai-je cruellement de vocabulaire  pour  demander à un riverain de votre allée, si par hasard il connaît votre  nouvelle  adresse, à supposer que vous n'ayez pas changé de ville...&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id=&quot;media-2673041&quot; src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/graphics/insert-multimedia.jpg&quot; alt=&quot; http://certainsjours.hautetfort.com/media/02/02/374588477.mp3&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;En vérité, qui pourrait deviner à quel point tout cela m'est cruel ? Depuis trois jours, rue de la Tourette, &lt;a href=&quot;http://fr.academic.ru/pictures/frwiki/69/Effraie,_proie_au_bec.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;j'effraie&lt;/a&gt; les diligences, comme si ma noirceur minuscule augurait toutes les catastrophes possibles, et cela sûrement à cause de&lt;a href=&quot;http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/siroka/wp-content/uploads/2009/10/hitchcock_5.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; ce cinéaste anglais&lt;/a&gt; qui eût tant de succès avec&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=kvn01vXFvpc&amp;amp;feature=related&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; un film idiot destiné à nous nuire.&lt;/a&gt; Comme je le hais parfois ce gros bonhomme hideux. J'espère que vous ne croirez pas toutes les images qu'on vous montre ! à part&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/01/25/les-pigeons-sont-des-cons.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; les pigeons&lt;/a&gt; qui sont sales&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/11/11/gravillon.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; et stupides,&lt;/a&gt; nous autres les oiseaux, nous sommes peut être des créatures plus &lt;a href=&quot;http://www.jdlf.com/lesfables/livrevii/lesvautoursetlespigeons&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;affables&lt;/a&gt; que vous, mine de rien. &lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je me connais impatient de ce réel idiot, qui me prive de vous,&lt;strong&gt; &quot;nous ne sommes pas du même monde&quot; &lt;/strong&gt;dites vous ? Pourtant quand je vous vois apparaître derrière votre rideau assez fin pour que je m'y projette, quand j'aperçois votre silhouette qui m'est tout, je sais qu'au delà de nos apparences, nous nous ressemblons bien tous deux, que vos rêves s'il vous poussait des ailes vous feraient peut être ange, tandis que je ne suis à vos yeux qu'une bête. Je sais que mon plumage par nos mondes rejoints, (quoique vous le contestiez), s'est enfoui tout à l'intérieur de votre âme où je respire cette noirceur du diable aussi profonde que mon habit, qui vous ferait frissonner si l'audace me prenait de me poser sur votre épaule. Je sais que vous grelottez dans le froid l'hiver, à l'attente du premier tramway tandis que sur ma branche, mes pattes tremblent aussi, quand le vent se met à souffler, vous voyez, je fais tout comme vous et chez vous c'est tout comme ici, l'hiver s'en vient envahir tout, même l'Afrique quand nos êtres se brisent à s'aimer en un point bien trop loin de l'autre. Je vous confierai davantage : si je chante si fort là bas, c'est pour que l'écho de chacune de mes vocalises revienne chaque jour attendrir votre humeur, ainsi je m'applique à battre le trille comme s'il était précédé d'une appogiature, celle qu'on trouve dans la &quot;grande musique&quot;, et qui soutient merveilleusement l'écoute. Afin de mieux séduire votre esprit à l'affût , j'ai dû me décarcasser (si j'ose dire), à demander à monsieur&lt;a href=&quot;http://books.google.com/books?id=jerbz0B1sKEC&amp;amp;dq=L%27Histoire+de+la+nature+des+oyseaux&amp;amp;printsec=frontcover&amp;amp;source=bl&amp;amp;ots=ItLLe1bjih&amp;amp;sig=hqY_PkC_Uts_XmxNFUVFr94Azn4&amp;amp;hl=fr&amp;amp;ei=owWLSqT3E-KgjAeDp_Fp&amp;amp;sa=X&amp;amp;oi=book_result&amp;amp;ct=result&amp;amp;resnum=2#v=onepage&amp;amp;q&amp;amp;f=false&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; Pierre BELON&lt;/a&gt; (mon ami&lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/04/16/les-grands-voyageurs.html#more&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt; garde-oiseaux au Parc de la Tête d'Or)&lt;/a&gt;, de vous parler de ma nature &lt;/em&gt;&lt;em&gt;et de glisser sous votre porte un manuscrit enluminé dont j'ai picoré chaque lettre pour y planter &lt;/em&gt;&lt;em&gt;quelques graines &lt;a href=&quot;http://www.hort.cornell.edu/bglannuals/2007/images/best/PW-Euph-Diamond-Frost-31-Aug-6155large.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;d'euphorbes dites &quot;diamond frost&quot; &lt;/a&gt;celles ci au suc laiteux, vous reviendront en fleurs au mois d'Avril par mille blancheurs poudrées dont le parfum s'évaporera discrètement dans vos cheveux. Ainsi Pierre BELON me supplante, puisque je ne peux m'adresser directement à vous aussi bien que le fait votre &lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;vieux hibou&amp;nbsp; trop&lt;/span&gt; vieil époux (&lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;que j'abhorre) et dont je suis très jaloux&lt;/span&gt; à vos yeux, si charmant.&lt;span style=&quot;text-decoration: line-through;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id=&quot;media-2673075&quot; src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/graphics/insert-multimedia.jpg&quot; alt=&quot; http://certainsjours.hautetfort.com/media/00/01/1097906695.mp3&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Ainsi comme le veut la saison dans quelques jours je m'en irai. Savez vous, mon amie, que ces trop longs voyages font un tri  effrayant entre nous ? Les plus faibles n'en  reviennent jamais, je  n'aurai certes pas à vos yeux la puissance du &lt;a href=&quot;http://www.oiseau-libre.net/Oiseaux/Especes/Grand-cormoran.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;grand cormoran&lt;/a&gt; dont le &quot;vol&quot;  en &quot;V&quot; est si spectaculaire, dont les battements  d'ailes alternent  avec ces vols planés que je n'ai jamais  su faire, même si j'ai essayé, en vain. Non, je ne sais pas si j'aurais l'ardeur encore cette année de  ne pas tomber d'épuisement au milieu de la mer. Saurez vous seulement  qu'en mourrant, sur la dernière vague je poserai un baiser ? Même s'il est  vain de vous soucier, je prononcerai en ces lieux, votre prénom qui dans la langue oiseau signifie &lt;strong&gt;&quot;beauté éclatante&quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;img id=&quot;media-2673182&quot; src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/graphics/insert-multimedia.jpg&quot; alt=&quot; http://certainsjours.hautetfort.com/media/02/00/1864319499.mp3&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Et quand je reviendrai l'année prochaine, si je reviens, je glisserai dans mon bec délicat, quelques brins de ces fleurs tropicales. Je porterai moi même sur votre balcon ce paisible  ornement, nommé&lt;/em&gt;&lt;em&gt; &quot;cassia mimosoides&quot;, &lt;/em&gt;&lt;em&gt;une plante rare, un trésor odorant, que je déposerai à vos pieds, en gage de ma fidélité. Et cela sera pour vous tel n'importe quelles graminées ordinaires, je suppose que vous n'y verrez qu'une de ces nombreuses saletés amenées par le vent d'automne, comme &lt;a href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/09/22/que-votre-ombre-grandisse.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;la &quot;rousse&quot;&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.feelingsurfer.net/garp/poesie/Verlaine.Chanson.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;chantée par Verlaine&lt;/a&gt;. Il se peut que vous chassiez vous même, cette plante à coup de balai, ignorant que des  mois entiers j'ai dû traverser des déserts au risque de ma vie pour vous la dénicher. Mais cela est sans importance, tout conte fait...&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Dois je pour terminer, vous prier de ne pas accorder trop de gravité aux défauts de mon caractère ? A mes plaintes que votre indifférence aura accentuées au fil de la saison et lisez sans attendre le manuscrit de monsieur Pierre qui doit à présent se trouver sous votre porte :&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;(1)&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;&quot;&lt;/span&gt;Qui voudra avoir plaisir indicible aille l’esté s’asseoir sur la rive de quelque douve, où il y ait&amp;nbsp; d’infinis petits Halcyons vocals que nous nommons en françoys Rousseroles. Il n’est homme, s’il n’est du tout lourdaud qui infailliblement, s’il y prend bien garde, n’en soit rendu triste ou joyeux... D’une mesme haleine il (l’oiseau) maintient sa voix, tantost si haute qu’il n’est dessus d’instrument d’ivoyre qui y puisse monter, tantost si basse qu’il n’est dessous d’un pot cassé qui puisse descendre si bas. Entre autres, il semble quasi prononcer : toro, tret, fuis, huy, tret ; et en réitérant tel chant en diverses manières passer les nuictées sans cesser... Les païsans accoutumez de l’ouïr ont tellement retenu son chant qu’ils en ont fait des chansons si impudiques à la prononciation, qu’il ne seroit licite de les escrire... &quot;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;padding-left: 60px;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-2673238&quot; src=&quot;http://static.hautetfort.com/backend/graphics/insert-multimedia.jpg&quot; alt=&quot; http://certainsjours.hautetfort.com/media/01/00/1931775199.mp3&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Acceptez également avant que mes camarades de route ne viennent troubler notre précieuse intimité, (d'autant plus précieuse qu'il me semble que ce voyage sera peut-être le dernier), de vous laisser quelques uns de nos chants, c'est la dernière petite chose que je peux vous offrir, mais peut être qu'en les écoutant tous ensemble, en même temps, y trouverez vous, par un jeu d'accords mélodieux voire d'alternances à votre guise, le souffle entier d'une forêt...&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Adieu Madame ; à jamais.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;em&gt;Votre Oiseau.”&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;(Extrait du Journal de l'oiseau chap V, p. 68, editions &quot;Duplon-D'Anlèle&quot; 2010.)&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Ref : &lt;span style=&quot;font-size: xx-small;&quot;&gt;(1)&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;em&gt; Pierre BELON, Histoire de la nature des Oyseaux, Paris : Gilles Corrozet éditeur, 1555, p. 221. &lt;/em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;Photo&lt;/span&gt; : Petit oiseau mélancolique sous le grand panneau des départs, ou au guet. Observatoire de la rue de la Tourette à Lyon. Septembre. © Frb 2010&lt;em&gt;&lt;em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Remord, ou est ta victoire ?</title>
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        <id>tag:foxysback.hautetfort.com,2010-08-02:2847511</id>
        <updated>2010-08-02T19:59:00+02:00</updated>
        <published>2010-08-02T19:59:00+02:00</published>
        <summary>  &quot;Elle m'envoie des cartes postales de son asile/M'annonçant la nouvelle de...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Elle m'envoie des cartes postales de son asile/M'annonçant la nouvelle de son dernier combat&quot;&lt;/em&gt;. Ces vers qui introduisent le magnifique&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Autoroutes jeudi d'automne&lt;/span&gt; sont énigmatiques... Suicide ? Plongée dans la folie ? Les deux ? On sait que Thiéfaine affectionne les &lt;em&gt;&quot;suicidés de la société&quot;&lt;/em&gt;(expression de Artaud à propos de Van Gogh) : Nerval, Artaud, Van Gogh suicidés au sens propre du terme. Mais aussi et d'une autre manière Baudelaire, Rimbaud, Byron&amp;nbsp;ou Nietzsche, qui se mettent au ban de la société, fuyant gloire et honneurs pour parfois sombrer dans la folie.&lt;br /&gt; &lt;img id=&quot;media-2584325&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://foxysback.hautetfort.com/media/00/02/551602000.jpg&quot; alt=&quot;artaud01.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt; Ce texte, à mon avis l'un des plus beaux de Thiéfaine, se place donc d'emblée sur&amp;nbsp;la frontière entre désespoir, folie et suicide. &lt;strong&gt;Je l'ai dit, c'est dans cet entre-deux entre pulsions morbides et&amp;nbsp;principe de vie que Thiéfaine adore plonger pour puiser son inspiration, mouvement de chute et de transcendance mêlées qui aboutissent souvent à la production libératrice.&lt;/strong&gt; Sauf que...&lt;br /&gt; Sauf que dans le cas présent, la chute est réelle, elle est consommée. Le &lt;em&gt;&quot;sport de l'extrême&quot;&lt;/em&gt;qu'est la folie a mal tourné et l'Autre est passé d'un autre côté du miroir. On ne saura pas de qui parle Thiéfaine... Une amie ? Une femme en personnifiant bien d'autres ? Lui-même, peut-être ? En tout cas, nous tenons bien là, le texte le plus radicalement pessimiste de l'album.&lt;br /&gt; Le texte s'organise en un mouvement entre &lt;em&gt;&quot;elle&quot;&lt;/em&gt;, enfermée dans un asile, et le narrateur. Elle est vaincue, brisée,&amp;nbsp;&lt;em&gt;&quot;trop&lt;/em&gt; &lt;em&gt;fragile&quot;,&lt;/em&gt; en proie à une &lt;em&gt;&quot;défaite&quot;&lt;/em&gt; inexorable et consommée. &lt;strong&gt;Drogue, alcool, dépression, suicide, folie, peu importe au fond car très vite -passés les 5 premiers vers en fait-, on s'aperçoit que le principal sujet n'est pas tant cette femme que le narrateur&lt;/strong&gt; : &quot;&lt;em&gt;Et moi&quot;, &quot;et je&quot;&lt;/em&gt; trois vers de suite...&lt;br /&gt; Le narrateur prend maintenant toute la place dans le texte, poursuivi, hanté même par la pensée de cette femme : &lt;em&gt;&quot;je calcule en moi le poids de sa défaite&quot;,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&quot;je promène son masque au fond de mes sacoches&quot;&lt;/em&gt;... &lt;strong&gt;Cette obsession, ce &quot;masque&quot; qui rappelle aussi bien la mort que la conscience, tout cela nous ramène aux pensées torturées du narrateur et sans doute aussi à ses remords.&lt;/strong&gt; Car c'est bien là, à mon avis, que se situe le noeud de ce texte. &lt;strong&gt;Souvent vue comme une chanson sur la folie, cette oeuvre de Thiéfaine me paraît bien davantage être une évocation du remord.&lt;/strong&gt; Le narrateur se retrouve doublement écrasé : par le poids de l'effondrement de l'autre (que cela soit ou non de sa faute) mais aussi par la force des regrets (le temps passé et celui qui aurait pu être- &lt;em&gt;&quot;le négatif de nos photos futures&quot;&lt;/em&gt;). Seul, désespéré, il ressasse sans fin ses fautes possibles,&amp;nbsp;ce qui aurait pu être et ce qui ne sera jamais. Les vers suivants me paraissent très significatifs de cette confusion mentale ou le temps se distord et ou les regrets deviennent infinis :&lt;br /&gt; &lt;em&gt;&quot;Il est bientôt minuit mais je fais beaucoup plus jeune(...)&lt;br /&gt; Et j'imagine le rire de toutes nos cellules mortes&lt;br /&gt; Quand on se tape la bascule en gommant nos années&lt;br /&gt; J'ai gardé mon turbo pour défoncer les portes&lt;br /&gt; Mais parfois il me reste que les violons pour pleurer&quot;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; Ce remord s'accompagne alors d'une deuxième thématique, celle de la fuite. Bien sûr, le narrateur voudrait dire stop à tout cela, s'arrêter et se reposer enfin. Mais il ne peut faire autrement que de poursuivre sa route. &lt;strong&gt;De &lt;em&gt;&quot;stations service&quot;&lt;/em&gt; glauques en &lt;em&gt;&quot;corbeaux qui déjeunent&quot;&lt;/em&gt; (charognards suiveurs par excellence) s'esquisse la vision d'un voyage cauchemardesque hanté d'images monstrueuses &lt;em&gt;(&quot;mes fleurs qui se tordent sous les électrochocs&quot;)&lt;/em&gt; qui renvoient à une pureté sacrifiée, à une faute inconnue mais inexpiable.&lt;/strong&gt; Cette faute oblige le narrateur, errant maudit, à repartir encore et encore, à aller voir plus loin en sachant que le soulagement et la paix de l'âme lui sont à jamais interdits.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un texte sur la faute,&amp;nbsp;le remords et la fuite éperdue pour y échapper, voila donc comment je vois cet &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Autoroutes jeudi d'automne&lt;/span&gt;.&lt;/strong&gt;Je ne peux donc m'empêcher de terminer avec ce magnifique poème de Victor Hugo, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;la conscience,&lt;/span&gt;du moins avec&amp;nbsp;la fin dudit poème&amp;nbsp;:&lt;br /&gt; &lt;em&gt;&quot;L'ombre des tours faisait la nuit dans les campagnes ;&lt;br /&gt; Ils donnèrent aux murs l'épaisseur des montagnes ;&lt;br /&gt; Sur la porte on grava : « Défense à Dieu d'entrer. »&lt;br /&gt; Quand ils eurent fini de clore et de murer,&lt;br /&gt; On mit l'aïeul au centre en une tour de pierre ;&lt;br /&gt; Et lui restait lugubre et hagard. « Ô mon père !&lt;br /&gt; L'oeil a-t-il disparu ? » dit en tremblant Tsilla.&lt;br /&gt; Et Caïn répondit : &quot; Non, il est toujours là. »&lt;br /&gt; Alors il dit: « je veux habiter sous la terre&lt;br /&gt; Comme dans son sépulcre un homme solitaire ;&lt;br /&gt; Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien. »&lt;br /&gt; On fit donc une fosse, et Caïn dit « C'est bien ! »&lt;br /&gt; Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.&lt;br /&gt; Quand il se fut assis sur sa chaise dans l'ombre&lt;br /&gt; Et qu'on eut sur son front fermé le souterrain,&lt;br /&gt; L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn.&quot;&lt;br /&gt; &lt;img id=&quot;media-2584366&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://foxysback.hautetfort.com/media/01/01/525128062.jpg&quot; alt=&quot;Cain.jpg&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour les curieux, je renvoie au site d'Arnaud pour en apprendre davantage sur &lt;a href=&quot;http://voyageauboutdureve.jimdo.com/2008/01/13/cain&quot;&gt;Caïn.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Cet article est dédié à Tommie.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Christopher</name>
            <uri>http://lesjardinsdechristopher.hautetfort.com/about.html</uri>
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        <title>Chapitre 6 : Un lit de fortune</title>
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        <updated>2010-08-02T16:22:00+02:00</updated>
        <published>2010-08-02T16:22:00+02:00</published>
        <summary>  &amp;nbsp;  Elle venait seulement d’ouvrir les yeux. A l'instant. Elle n’avait...</summary>
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           &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Elle venait seulement d’ouvrir les yeux. A l'instant. Elle n’avait pas encore pu prononcer un seul mot. Elle était allongée sur son lit de fortune, anonyme et froid. Elle était allongée sur son lit de fortune, présente et absente en même temps, le regard mécaniquement figé sur la reproduction d’un tableau de Monet,&amp;nbsp;sur le mur, devant elle. Vous voyez, ce genre de décoration bon-marché censée égayer les chambres des services hospitaliers. Comme pour leur redonner un peu d’âme et d’humanité…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle était là, hagarde, immobile. Encore droguée de cachets. Branchée à une sonde, le bras perfusé, le cou calé dans une sorte de minerve rigide qui lui interdisait tout mouvement. Sa jambe droite était sanglée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Emilie était incapable de se rappeler ce qui lui était arrivé. Elle se souvenait être partie de chez elle, l’âme légère, la tête dans les fleurs, l’esprit parfumé de jolis songes et de contes de fées.&amp;nbsp;Elle avait pris la petite ruelle. Elle se souvenait qu’elle se sentait suivie… Un bruit de pas qui se rapprochait… Elle ne voulait surtout pas être en retard à ce rendez-vous galant avec l'homme qui allait la sortir de là. Elle le savait, elle le sentait : c’était lui. Oh oui, lui…. Lui qui allait la rendre heureuse, lui redonner son honneur et mille ans d'amour…. Elle le sentait... Elle le savait... Presqu'une évidence... Ils avaient rendez-vous à 20 heures près de la place de la République… Mais il commençait à pleuvoir ce soir-là, et elle s’était arrêtée un instant pour ouvrir son parapluie, malgré l'inquiétude de se sentir suivie. Des bruits de pas… Ces bruits de pas qui résonnent encore aujourd'hui dans sa tête, comme martelant le douloureux souvenir d’une occasion ratée, d’une chance mise au rebut. A force de se remémorer ces coups, ils&amp;nbsp;lui donnèrent mal à la tête…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et puis après plus rien… Le trou noir. Le vide.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;En repensant à cette tragique soirée, les moments se juxtaposant de manière désordonnée les uns aux autres comme les pièces d’un puzzle dans sa phase de commencement, ses douleurs se ravivèrent… Le cou, la jambe, le dos, le ventre…. Elle se mit à pleurer….. &lt;em&gt;Pourquoi&amp;nbsp;?&amp;nbsp;Pourquoi là, à cet instant où tout aurait pu changer, pourquoi m’a-t-on tabassée et laissée comme une chienne abandonnée sur le trottoir, en pleine pluie…. Pourquoi n'aurais-je pas le droit d’être heureuse, moi aussi ? Pourquoi cela n’arriverait qu’aux autres&amp;nbsp;?&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’ambulance était venue peu après, alertée par une riveraine de la ruelle…. Mais Emilie ne s’en souvenait pas. Puis elle avait été amenée dans cet hôpital, encore inconsciente, et prise en charge par le service des urgences. Les examens, les opérations s’étaient enchainés….&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle était depuis dix jours dans cet hôpital. Et c’était la première fois qu'elle reprenait conscience.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La porte s’ouvrit. Le médecin entra. Un petit homme à l’air sévère avec une fine barbe grise. Il s’approcha d’elle…. D’une voix douce, il la rassura, et lui dit d’un sourire qu’il était heureux qu’elle soit enfin sortie&amp;nbsp;du monde de silence dans lequel elle était plongée depuis son arrivée… Il lui précisa qu’elle allait s’en sortir, mais qu’il faudrait du temps. De la patience. Qu’elle avait été fortement agressée mais que son état s’était considérablement amélioré, qu’elle était très courageuse. Qu’il fallait qu’elle se repose...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il se dirigea vers la sortie, mais Emilie articula quelques syllabes incompréhensibles&amp;nbsp;: elle ne voulait pas le laisser partir. Son visage parlait pour elle&amp;nbsp;; rassurée sur son état général, les grimaces de son visage prenaient le relais de sa voix et le questionnaient&amp;nbsp;: elle voulait savoir ce qui s’était passé. Exactement. Qu'il ne lui cache rien...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le médecin retourna vers elle et s’assit sur le rebord du lit. Il lui prit la main. Doucement. Il lui dit ce qu’il savait sur l’agression, sachant que l’inspecteur Johannsen, qui était missionné sur cette affaire, viendrait la rencontrer prochainement pour la questionner, quand elle serait en meilleure forme... Il marqua un temps de silence. Puis il lui avoua que ce soir-là, et bien elle avait eu le temps d’être violée par son agresseur, à même le trottoir… Qu’il était désolé…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les yeux d'Emilie se révulsèrent de honte et d'angoisse. Elle ressentit l'electricité de l'horreur courir dans son dos. &lt;em&gt;Comme une animale&lt;/em&gt;, pensa-t-elle... A part que les animaux, eux, ils copulent mais sont consentants… et ils ne s’accouplent pas après avoir été tabassés et transformés en pantins vidés de réflexes. Les animaux, eux, se respectent. Mais elle, Emilie, la fille qui vendait déjà son corps pour vivre, maintenant elle avait été violée après avoir été agressée. &lt;em&gt;Mais qui suis-je, que suis-je&lt;/em&gt;, se demanda-t-elle&amp;nbsp;? &lt;em&gt;Même pas une bête. Moins qu’une bête. Un défouloir sexuel pour détraqué... Un sextoy sans âme... Une chose. Un excrément.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Son corps hurla&amp;nbsp;sourdement à cette annonce. Son âme perdit pied et sombra dans l'angoisse. Elle se mit à pleurer de désespoir...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2548612&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; src=&quot;http://lesjardinsdechristopher.hautetfort.com/media/01/00/2056063295.jpg&quot; alt=&quot;14x0210.jpg&quot; width=&quot;201&quot; height=&quot;113&quot; /&gt;Le médecin se leva et,&amp;nbsp;à son insu, augmenta les doses de l’une des perfusions. Emilie put ainsi entrer dans une phase artificelle de calme.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plusieurs heures après, elle se réveilla. Au fur et à mesure des heures, puis des deux jours suivants, elle commença à reparler, à se nourrir. Avec beaucoup de courage, elle passa ainsi peu à peu d’un état d’absence totale à un état post-végétatif, mécanique… et sans goût.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le jeudi matin, on lui retira l’une de ses perfusions. Ce même jeudi en début d’après-midi, son médecin à la fine barbe grise qui avait suivi au jour le jour l’évolution de son état, vint la voir et lui annonça que l’inspecteur Johannsen souhaitait l’interroger… Qu’il viendrait dans la soirée. Parce que maintenant, sa santé permettait cette rencontre…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle acquiesça. Bien sûr… Il fallait le retrouver, cette ordure…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;A seize heures, on frappa à la porte.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’inspecteur entra. A cause du contre-jour, Emilie ne le vit pas très distinctement quand il s’approcha mais sa silhouette ne lui était pas inconnue. Il avança doucement. Et plus il approchait, plus le cœur d’Emilie battait fort. Elle le vit venir comme au ralentit. Comme dans un film aux violons enflammés qui laissent déverser leurs émotions aux couleurs des fleurs oranges et rouges des décors de l’Eden. Leurs visages se figèrent. Ils se regardèrent intensément. Plus un son. Plus un mot. Plus un bruit. Et pour Emilie, plus de douleurs. C’est comme si ses maux étaient partis. Envolés, au panier.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L’inspecteur Johannsen sourit. Lui, c’était lui. Alors comme ça il s’appelle Johannsen, et il est inspecteur, lui, l’homme doux, celui qu’elle était partie&amp;nbsp;rencontrer ce fameux soir-là, le soir de l'ignoble agression... &amp;nbsp;Celui sur lequel elle a déposé son espoir de bonheur... Lui, oui, il était bien devant elle... Si élégant, si calme... Il s’assit sur le rebord du lit. Son lit de fortune, mais de bonne fortune&amp;nbsp;cette fois ! celle de l’espoir... Comme quoi aucun bandit n'aura pu casser le chemin qui devait unir ces deux êtres... comme un&amp;nbsp;pied de nez à la malchance et à la fatalité... Il lui prit la main et la baisa d’une générosité inouïe, d’un amour fort, d’une tendresse infinie. Et si douce... &lt;em&gt;Bonjour&lt;/em&gt;, lui dit-il. &lt;em&gt;Maintenant je ne te quitte plus&lt;/em&gt;…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il sentait bon...&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Et comme si son destin avait pour une fois décidé de lui montrer&amp;nbsp;des cieux ensoleillés, Emilie regarda de ses yeux humides d’émotion sa bouche effleurer sa petite main encore pâle et toute bleuie des séquelles de la perfusion récemment retirée….&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Puis, souriant pour la première fois depuis des siècles, elle leva les yeux au plafond, comme pour y rechercher une réponse divine à ce bonheur si inattendu…. A cette fortune si spectaculaire… Elle ne sentait plus ni les mille douleurs de son corps, ni la minerve, ni la sangle autour de sa jambe droite.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Plus rien ne lui importait maintenant. Parce qu’elle savait qu’elle serait heureuse…. Enfin…&lt;/p&gt; 
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        <title>Aux sombres jours de l'amer</title>
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        <updated>2010-07-27T22:39:00+02:00</updated>
        <published>2010-07-27T22:39:00+02:00</published>
        <summary>  &quot;Les faux beaux jours ont lui tout le jour, ma pauvre âme&quot;.  Ce vers...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Les faux beaux jours ont lui tout le jour, ma pauvre âme&quot;.&lt;/em&gt; Ce vers magnifique de Paul Verlaine peut tout à fait servir à introduire cet article consacré au livre &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Poèmes des sombres jours&lt;/span&gt; de Tommie Lucas.&lt;br /&gt;Nombre de thiéfainautes connaissent Tommie Lucas et sa poésie. Elle tient un blog (&lt;a href=&quot;http://geometrievariable.hautetfort.com/&quot;&gt;Géométrie variable&lt;/a&gt;) ou elle expose ses peintures et dessins, parle de ses coups de coeur et surtout publie ses poésies.&lt;br /&gt;Quans j'écris &quot;coups de coeur&quot;, ce serait plutôt de coups de blues qu'il s'agit. A fleur de peau et de coeur, d'une extrême sensibilité aux avatars de la vie, Tommie écrit d'abord de façon brute. Oublions la rythmique classique et les mots apprêtés, laissons de côté la transfiguration du réel et des sentiments par l'écriture. Pas de faux-semblants chez Tommie, on se coltine la réalité de façon directe, de la même manière que l'écrivain-narratrice-actrice vit, subit, accompagne le fardeau quotidien du monde qui lui tombe sur le dos. Tommie Lucas écrit sans détours ni effets, elle&amp;nbsp;va au plus droit et au plus pressé pour dire son mal d'être au monde.&lt;br /&gt;Son premier recueil, paru aux éditions Bénévent (pour voir et commander ce livre, c'est &lt;a href=&quot;http://www.editions-benevent.com/livre.php3?isbn=9782756313450&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;), est le reflet de cette écriture. D'une musicalité franche et directe, parfois proche du slam, les poèmes disent le mal d'exister au sein de groupes sociaux qui tolèrent mal la différence et la marginalité. Tommie chante l'amour sans retour, la dégringolade de l'âme, les dures pensées qu'on s'adresse à soi-même et la difficulté d'assumer cette souffrance au quotidien.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.editions-benevent.com/images/Couvertures/couv2876.gif&quot; alt=&quot;Poèmes des sombres jours&quot; width=&quot;214&quot; height=&quot;248&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourtant, en dépit de toutes ces difficultés au quotidien, ce livre est aussi un message d'espoir. Contre la maladie de l'âme, Tommie lutte avec rage et détermination. Dire le haut mal pour ne pas sombrer, &lt;em&gt;&quot;ronger le mal jusque dans ses recoins&quot;&lt;/em&gt;, la poésie se fait alors force de résistance pour trouver la force de remonter quand le fond est touché.&lt;br /&gt;Cet extrait pour terminer, de mon poème préféré dans le recueil, le rageur &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Nouvelles du front&lt;/span&gt; :&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&quot;Sur le front c'est l'acalmie&lt;br /&gt;La vie qui va au ralenti&lt;br /&gt;Le starter posé sur off&lt;br /&gt;Pas courir à la catastrophe&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Au fil du temps, le style de Tommie Lucas évolue, plus incisif et davantage tourné vers l'humour (y compris et surtout l'humour noir). En témoigne cette publication récente sur son blog, dont j'ai adoré le ton pince-sans-rire et même un peu cynique : &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://geometrievariable.hautetfort.com/archive/2009/02/11/la-tribu-de-maitre-lucifer.html&quot;&gt;La tribu de Maître Lucifer&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. De bon augure pour l'avenir de cette jeune poétesse.&lt;br /&gt;Pour lire la présentation de Tommie à propos de son livre, c'est &lt;a href=&quot;http://geometrievariable.hautetfort.com/mon-1er-recueil-poemes-des-sombres-jours/&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;. Je signale également que l'immense David Starosta a mis en musique l'un des poèmes de Tommie, &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/user/sweetamanite2&quot;&gt;les larmes de la lune&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;. A voir, avec un très beau clip.&lt;/p&gt;
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        <title>Futur ? Quel futur ?</title>
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        <updated>2010-07-18T20:09:00+02:00</updated>
        <published>2010-07-18T20:09:00+02:00</published>
        <summary> Deuxième partie de l'étude du morceau &quot;Soleil cherche futur&quot;, de l'album du...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Deuxième partie de l'étude du morceau &quot;Soleil cherche futur&quot;, de l'album du même nom, toujours avec l'aide bienveillante et l'aimable autorisation de Lunarcaustic. Je vous rappelle que sa chronique est disponible &lt;a href=&quot;http://www.thiefaine.org/forum/viewtopic.php?p=33450#p33450&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&amp;nbsp;ou bien encore sur le forum de Planète Thiéfaine.&lt;br /&gt; Danse avec la mort, dit Lunar. Nous avons vu cette danse avec l'apocalypse proche, danse avec nos egos fatigués qui se sentent soudain trop lourds et indignes de vivre ; danse enfin (troisième couplet), avec nos idéaux fatigués et dépassés.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Cette errance mortifère du narrateur&amp;nbsp;culmine au deuxième couplet avec l'adresse du chinois (figure du sage ?) : Par une invitation à &quot;virer sa cuti&quot; (homosexualité ?), il invite le narrateur à renouer avec sa nature d'être complet et non plus tenaillé par le désir car homme ou femme et jamais les deux.&lt;/strong&gt;J'adhère donc totalement à la référence au mythe de l'androgyne faite par Lunar : &lt;em&gt;&quot;C'est depuis le début du monde que l'homme s'est déchiré&quot;&lt;/em&gt;est une allusion claire au mythe fondateur de l'androgyne tel qu'il est énoncé dans Le Banquet de Platon. Une explication simple de ce mythe est disponible sur le site &lt;a href=&quot;http://www.philolog.fr/le-mythe-de-landrogyne-commentaire/&quot;&gt;philolog.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; Ce récit, comme souvent chez Platon, est une manière d'exprimer ce qui n'est pas intelligible, ce qui met en échec le raisonnement. Il traite de la fonction et de l'origine d'Eros, amour et désir, principe de vie. Intéressant quand on sait qu'un album futur s'intitulera &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Eros&amp;nbsp;über alles&lt;/span&gt;. Pour Platon, la nature humaine est fruit d'un accident, d'une chute originelle née de notre perfection primitive. Jaloux de cette perfection, les Dieux ont coupé les hommes en deux, homme et femme, en faisant des êtres tenaillés par le désir permanent (et voué à l'échec) de reconstituer cette totalité perdue.&lt;br /&gt; Cette quête de soi et de sa propre finitude, cette tentative de renouer avec son état d'avant la chute animent le personnage de la chanson, celui qui au final, se &quot;cherche un futur&quot;... Mais quel futur ? Le troisième couplet amorce une bien cruelle et ultime désillusion...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2564328&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://foxysback.hautetfort.com/media/00/02/1003170332.jpg&quot; alt=&quot;misty.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;&quot;Maintenant le vent s'engouffre dans les nirvanas&quot;&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Fin radicale des utopies (rêves hippies, virilité &lt;em&gt;garycoopesque&lt;/em&gt;, révolution prolétarienne), rejet des modèles et des icônes, vacuité des modèles capitalistes et communistes, inutilité des &lt;em&gt;&quot;Idoles qui cachent nos meurtrissures et nos douleurs honteuses, qu'on brandit comme des épouvantails désarticulés, pour créer l'illusion...&quot;&lt;/em&gt;(Lunar, op. cit.). Cette totale désillusion, celle d'une génération perdue, est bien représentative de cette époque post-punk :&lt;/strong&gt; les hommes y sont &lt;em&gt;&quot;prisonniers de nos regards bidons&quot;,&lt;/em&gt; incapables de se libérer d'illusions qu'ils savent pourtant inutiles. Les rêves y sont cauchemars, l'amour n'est qu'un désir à jamais impossible à satisfaire, les hommes sont irrémédiablement prisonniers de leur humaine condition.&lt;br /&gt; &lt;em&gt;&quot;Mais dans les souterrains les rêveurs sont perdants&lt;br /&gt; Serions-nous condamnés à nous sentir trop lourds&quot;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Ultime image, célinienne en diable (cf. Lunar), mais aussi évocatrice de la figure de l'albatros, poète cloué au sol par ses ailes de géant. C'est pourquoi cette chanson ne me paraît pas seulement l'évocation d'un futur absurde et mortifère, pas seulement non plus l'abandon des généreuses utopies de la deuxième moitié du XXème siècle. Au-dela, ce texte scelle la difficulté thiéfainesque première : se réconcilier avec soi-même pour se sentir exister au monde. Si le monde est absurde et barbare, l'existence du poète en son sein se vit d'abord en accord avec soi-même. &lt;em&gt;&quot;Deviens ton mécano&quot;&lt;/em&gt; prend ici tout son sens : &lt;strong&gt;En se &quot;réparant&quot; et en se mettant en accord avec lui-même, l'artiste pourra venir au monde et y prendre sa place, quelque dérisoire que puisse être ce monde.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2564360&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://foxysback.hautetfort.com/media/00/02/388260173.jpg&quot; alt=&quot;albatros_d_amsterdam_en_vol.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Christopher</name>
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        <title>Chapitre 2 : Les silences fades...</title>
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        <updated>2010-07-02T17:34:50+02:00</updated>
        <published>2010-07-02T17:34:50+02:00</published>
        <summary>  &amp;nbsp;  Elle avait presque fini de ranger la salle. Les assiettes gisaient...</summary>
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           &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Elle avait presque fini de ranger la salle. Les assiettes gisaient dans le lave-vaisselle (&lt;em&gt;tiens, il faudra le changer celui-là, il commence à dater maintenant&lt;/em&gt;…), l’aspirateur avait avalé les dernières poussières des miettes aux parfums de macaron bourgeois. Hélène regardait la boite aux estampes flamboyantes de la prestigieuse marque «&amp;nbsp;Ladurée&amp;nbsp;» ; elle la trouva fort jolie… &lt;em&gt;Dire qu’on paye ces gâteries une vraie fortune, que c’est si vite mangé... et&amp;nbsp;la boite, c'est&amp;nbsp;dommage qu’il faille la jeter…. Pas bon pour la planète&lt;/em&gt;, se dît-elle…. Mais elle pensait plutôt «&amp;nbsp;&lt;em&gt;pas bon pour le portefeuille&lt;/em&gt;&amp;nbsp;». Parce que les billets de banque et les atours brillants des mille richesses qu'elle n'aura jamais&amp;nbsp;l’intéressaient bien davantage que l’avenir des forêts de France et de l'effet de serre. Elle contempla son intérieur de carton-pâte avec l'attitude d'un&amp;nbsp;grand-duc qui se délecterait des dorures de son mobilier en se drapant dans sa grande toge de soie blanche... Un instant de puissance. Une seconde d'importance. Un zeste de gloire, acide comme un citron, furtif comme un souffle que l'on ne peut saisir... Pendant ces minutes elle crût être ce qu'elle n'était pas. Ce qu'elle ne sera jamais...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;Elle passa devant le canapé pour mettre sur le guéridon (cadeau de&amp;nbsp;ses parents) la plante exotique que son illustrissime invitée lui avait offerte….&amp;nbsp;Et en regardant son canapé, elle vit avec une triste fatalité que son cuir était bien écaillé par endroits. Bref que le salon, il faudrait le changer…. Lui aussi...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Qu’a-t-elle dû penser&amp;nbsp;de mon standing&lt;/em&gt; &lt;em&gt;?... Une maison si moyenne, un intérieur si médiocre…&lt;/em&gt; Mais après tout, tout cela correspondait si bien avec ce qu’elle était, Hélène&amp;nbsp;: extérieurement emballée comme une mariée sans cesse proposée aux regards des gens, comme un flacon de parfum qui doit briller d'or et d'ivoire, prestigieux emballage chryséléphantin au milieu des grandes marques réputées…. Mais à l’intérieur, il y avait quoi&amp;nbsp;?.... Un tapis râpé, un mari banal parti banalement travailler, et une femme frustrée de fastes et de ses ors,&amp;nbsp;une femme qui venait de quitter la femme du chef de son époux… Ces gens-là qui ont la belle maison juste en face, immense. La belle maison, là... celle qui a été refaite à neuf…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;N’ai-je pas été trop médiocre&amp;nbsp;?…&lt;/em&gt; se ressassait-elle en son intérieur malheureux, coeur triste qui se motivait pour vivre. Hélène. Pauvre Hélène... Hélène la jalousissime, Hélène l'envieuse... Une femme fade qui se redressait sans cesse en marchant, comme pour se grandir… Oui, se grandir…. Parce qu'à la&amp;nbsp;maison, dans sa petite maison, elle marchait l'âme plus voutée. Pas besoin d’épater quiconque… Alors autant être soi-même….&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;Elle s’assit un instant sur son canapé. Elle regarda devant elle. Rien, pas un bruit, pas une envie pour elle…. Pas de sel dans sa vie. Rien si ce n'est un tracé rectiligne, anonyme. Rien à part cette ambition bridée au fond de son ventre : celle&amp;nbsp;de se montrer plus haut qu’elle est… comme avait été sa mère... Elle se trouva creuse. Inintéressante...&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2542026&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://lesjardinsdechristopher.hautetfort.com/media/02/01/787181830.jpg&quot; alt=&quot;malheureuse.jpg&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Elle se mit à pleurer. Ses mains tremblèrent. Elle prit un cachet et le laissa fondre sous la langue. Pour se détendre. Le médecin lui avait dit de ne pas hésiter, en cas d'angoisses sévères...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;Et soudain, traversant la tiédeur fade du silence, un bruit. La voiture de sa voisine. Comme pour enfoncer encore davantage un clou déjà si douloureux... Une berline toute neuve, noire, élégante, qui&amp;nbsp;repartait vers d'autres desseins. Le moment avec Hélène n'avait été qu'un créneau sympathique dans un emploi du temps beaucoup plus riche ! &quot;Riche&quot; : En se disant&amp;nbsp;ce mot&amp;nbsp;au double-sens, Hélène sourit malgré elle... Parce que pour elle, ce moment avait été &quot;L'&quot;évènement de la journée, l'évènement qu'elle avait préparé durant des jours, comme un metteur en scène mettait des jours à construire un décor de théatre. Ces tentures noires, légères et fragiles que&amp;nbsp;l'on&amp;nbsp;enlève à la fin d'une représentation... Matériel de parade...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;Le silence l’habilla de nouveau pour quelques instants de fadeur tiède, l’esprit dans les robes des autres, la bave de l’envie à fleur de lèvres, la bouche tremblante d’un orgueil que sa mère avait... Oui mais sa mère s’était mariée avec un homme ambitieux, un battant, un gagneur…. Alors qu’elle…..&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;Elle réalisa à quel point elle se trouvait malheureuse... Passable. Quelconque...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;C'est à ce moment que le téléphone se mit à vibrer. Fendant le silence de l'air lourd et calme, la sonnerie résonna contre les meubles, rebondissant de mur en mur... Une sonnerie forte qui assombrit encore davantage son moral.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Hélène eût comme un mauvais préssentiment...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify;&quot;&gt;Elle se redressa et se dirigea vers le combiné. Elle repéra sur l’afficheur un numéro qui ne lui était pas inconnu. Elle n’aima pas ce moment. Elle en ça elle avait raison&amp;nbsp;: quand elle décrocha, elle se dit à juste titre que des problèmes bien plus sérieux allaient commencer…&lt;/p&gt; 
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        <title>Cette rumeur qui vient de là....</title>
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        <updated>2010-06-10T07:22:00+02:00</updated>
        <published>2010-06-10T07:22:00+02:00</published>
        <summary>    &amp;nbsp;    On ne perd jamais la trace de quelqu'un qui a compté, puisqu'il...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;img id=&quot;Image6&quot; style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://temps.blog.lemonde.fr/files/2008/01/ombres-stellairest.1201427907.jpg&quot; alt=&quot;&quot; width=&quot;329&quot; height=&quot;365&quot; align=&quot;bottom&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;On ne perd jamais la trace de quelqu'un qui a compté, puisqu'il nous laisse son empreinte, face à laquelle ne tient nulle anthropométrie. Et cette empreinte, un jour, nous en faisons un motif, unique ou récurrent -&lt;em&gt;hapax&lt;/em&gt; ou métaphore filée courant de mots en mots, de phrases en phrases, de textes en textes.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Ainsi la vie court-elle, en vitesses mélangées, de ces révolutions d'astres dans un ciel d'encre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Photo :&amp;nbsp; Bernard Obadia&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <title>Samedi 30 Mai</title>
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        <updated>2010-06-04T09:37:00+02:00</updated>
        <published>2010-06-04T09:37:00+02:00</published>
        <summary>        Ma vie est un bout de toi arraché au temps, rejeté par la mer, balayé...</summary>
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          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://voyagesimmobiles.hautetfort.com/media/02/00/785598532.jpg&quot; alt=&quot;fragment_atomes_05.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2495023&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Ma vie est un bout de toi arraché au temps, rejeté par la mer, balayé par le vent, ...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
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        <title>A la recherche du temps qui vient</title>
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        <updated>2010-05-29T22:57:00+02:00</updated>
        <published>2010-05-29T22:57:00+02:00</published>
        <summary> Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'album  Soleil cherche futur  démarre...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'album &lt;span style=&quot;text-decoration: underline;&quot;&gt;Soleil cherche futur&lt;/span&gt; démarre très fort ! Le premier morceau, qui donne son titre à l'album, est une des tueries les plus incontestables produites par Thiéfaine. Riff de malade, guitares saturées à point, breaks ravageurs en cours de morceau, tout est réuni pour en faire un pur morceau de rock'n'roll bien frappé. Une fois n'est pas coutume, cette chronique se fera à deux voix (ou quatre mains), puisque je vais m'appuyer sur l'analyse réalisée par&amp;nbsp;Lunarcaustic, figure thiéfainaute s'il en est. La chronique en question est disponible &lt;a href=&quot;http://www.thiefaine.org/forum/viewtopic.php?p=33450#p33450&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;&amp;nbsp;ou bien encore &lt;a href=&quot;http://www.thiefaine.free.fr/ACCUEIL/Hft.php&quot;&gt;ici&lt;/a&gt;, je vais m'attacher à la compléter utilement sans faire trop de redites...&lt;br /&gt; Lunar évoque dans cette chanson, une &quot;danse avec la mort&quot;. Elle l'est à bien des égards : Danse avec l'Apocalypse proche, danse avec nos egos fatigués qui se sentent soudain trop lourds et indignes de vivre ; danse enfin (troisième couplet), avec nos idéaux fatigués et dépassés. Mort des idées, mort de l'humain, mort de la Terre entière, la chanson tourne autour de cette idée en réunissant de façon magistrale trois grandes traditions littéraires et universelles : les mythes grecs et judéo-chrétiens, la SF radicale et pessimiste à la Philip K. Dick,&amp;nbsp;et le langage invocateur issu des transes shamaniques.&lt;br /&gt; Le salut des hommes et du monde en général est au coeur du premier couplet. Dans la bible, l'Arche de Noë est le symbole de l'alliance de Dieu avec le Juste, celui qui ne mérite pas de mourir et qui sauvera donc la création. Or chez Thiéfaine, cet Arche absurde qui ressemble plutôt à un avion (&quot;décoller&quot;, &quot;charter&quot;) paraît surtout mener l'humanité à sa perte. Je suis d'accord avec Lunar lorsqu'il pense à une métaphore dans le personnage de l'infirmier... à ceci près que j'y verrais davantage une vision satanique d'un guérisseur dévoyé, face sombre du Dieu de pardon et de miséricorde. Un Noë de pacotille et un infirmier diabolique conduisent donc un hallucinant bestiaire... Ou le conduisent-ils en fait ? Ou conduisent-ils l'Humanité et le Monde ? Il n'est pas interdit de voir dans cette phrase &lt;em&gt;&quot;vers les flèches ou les fleurs flashent avec la folie&quot;&lt;/em&gt;, une claire appréhension d'un futur déshumanisé et furieux, ou la seule issue se trouve dans l'oubli de la drogue (le &quot;flash&quot;) ou dans la folie pure et simple...&lt;br /&gt; La référence à Noë et au déluge n'est pas anodine. Le Déluge est un mythe présent dans de nombreuses cultures : mésopotamiens, grecs, romains, celtes, hindous, arabes... Crainte de la fin du Monde et espoir d'un renouveau (purification par l'eau) se mêlent pour promettre des temps nouveaux et meilleurs. Rien de tel ici : Le mythe biblique dévoyé conduit à un monde sans espoir ou le narrateur ne se sent pas digne d'être sauvé. De toute manière, à quoi bon poursuivre dans ce futur qui fait penser à celui de Philip K. Dick, ou les &quot;clônures&quot; rappellent furieusement les réplicants de &quot;Blade Runner&quot;.&lt;br /&gt; &lt;img id=&quot;media-2485309&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://foxysback.hautetfort.com/media/00/00/75286172.jpg&quot; alt=&quot;blade-runner-los-angeles-752153.jpg&quot; /&gt;&lt;br /&gt; Le premier tournant du texte s'effectue ainsi avec le premier &quot;je&quot; qui place le narrateur au sein du deuxième problème : La fin programmée de l'Humanité, si elle est évitée, se fera sans lui. Lui, le mélancolique, le ténébreux, lui qui refuse cynisme et violence. Là bien entendu, accord complet avec Lunar pour y voir la figure du poète, &quot;prince des nuées&quot; qui reste cloué au sol, en proie à une violente et puissante mélancolie...&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-2485317&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; src=&quot;http://foxysback.hautetfort.com/media/02/02/1627955351.gif&quot; alt=&quot;p142.gif&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'adresse du refrain et le deuxième couplet introduisent alors une autre dimension dans le texte, plus personnelle. Celle de l'invocation sacrée, shamanique et/ou païenne, de forces obscures susceptibles de sauver ce narrateur en perdition. Je cite Lunar :&lt;br /&gt; &lt;em&gt;&quot;Vient enfin le Refrain... Sorte d'incantation mystique... Un appel à l'astre de vie : &quot;Soleil ! Soleil !&quot; (Lazare ! Lazare !) (...) A noter aussi l'invocation à Ra, dieu du Soleil dans les mythes égyptiens... Il y a une personnification de l'astre qui nous renvoie à nos propres origines mythologiques (...)&lt;br /&gt; Nous arrivons au second couplet... Le Sorcier, à son tour, vient renforcer l'image de culte ancien... Et l'évocation de Chihuahua, ville mexicaine au pied de la Sierra Madre nous renvoie au culte solaire des Mayas (inventeur du calendrier solaire de 365 jours...)&quot;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;On ne saurait mieux dire ! Thiéfaine mixe ici les références au christianisme et les mythes plus anciens, notamment le mythe solaire, divinité fondamentale des religions anciennes. Seul et désemparé, le narrateur délaisse le pseudo-salut proposé par un Dieu absent, au profit d'une spiritualité plus ancienne et qu'il espère plus forte et plus puissante. Cette espérance en des forces obscures et inspiratrices, venues du fond des âges et du fond même de la Terre, est un thème largement répandu chez les poètes. Il rejoint la recherche de la transe ou tel le sorcier, les mots trouvés et inspirés par les puissances permettront de dompter enfin le réel... et peut-être bien de se retrouver soi enfin en paix, au lieu de souffrir de sa condition&amp;nbsp;d'être de chair attaché au désir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La désillusion n'en est que plus grande ! Lunar a souligné à juste titre, l'aspect trivial des déambulations du narrateur dans la suite du couplet : &quot;PMU&quot;, &quot;clandé&quot;, &quot;proxos&quot;, &quot;barmaid&quot;. Devant cette dure réalité, le narrateur en est réduit à constater sa nature : Etre de désir, il est en perpétuelle insatisfaction, en perpétuelle errance, en perpétuelle recherche de soi... C'est à ce titre qu'il faut effectivement interpréter l'adresse du chinois (figure du sage ?) : Par une invitation à &quot;virer sa cuti&quot; (homosexualité ?), il invite le narrateur à renouer avec sa nature d'être complet et non plus tenaillé par le désir car homme ou femme et jamais les deux. J'adhère donc totalement à la référence au mythe de l'androgyne faite par Lunar, et ce d'autant plus que je n'y avais absolument pas pensé avant de le lire !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Nous explorerons donc dans la prochaine note, cette quête de soi et de sa propre finitude, cette tentative de renouer avec son état d'avant la chute qui anime le personnage de la chanson, celui qui au final, se &quot;cherche un futur&quot;... A bientôt !&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;em&gt;Avec l'aimable autorisation de Lunar pour les citations. Merci à lui !&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>carl-evan</name>
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        <title>Samedi 23 Mai</title>
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        <updated>2010-05-27T09:06:00+02:00</updated>
        <published>2010-05-27T09:06:00+02:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;        La servitude est une cage à oiseaux et notre volonté un...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://voyagesimmobiles.hautetfort.com/media/02/01/330523124.jpg&quot; id=&quot;media-2480934&quot; alt=&quot;fragment_atomes_04.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2480934&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;La servitude est une cage à oiseaux et notre volonté un phoenix dressé, qui brûle et s'y consume au seul énnoncé de ton nom, Liberté.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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        <title>Dimanche 16 Mai</title>
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        <published>2010-05-20T17:42:00+02:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;        Je te guette ma muse par les cafés de Paris ...  </summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://voyagesimmobiles.hautetfort.com/media/01/01/1584153116.jpg&quot; alt=&quot;fragment_atomes_03.jpg&quot; name=&quot;media-2469777&quot; id=&quot;media-2469777&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Je te guette ma muse par les cafés de Paris ...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Frasby</name>
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        <title>Pastorale (ou presque)</title>
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        <updated>2010-04-19T06:37:00+02:00</updated>
        <published>2010-04-19T06:37:00+02:00</published>
        <summary>  Je meurs de seuf auprès de la fontaine,  Chaud comme feu, et tremble dent à...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://certainsjours.hautetfort.com/">
          &lt;p&gt;&lt;b&gt;Je meurs de seuf auprès de la fontaine,&lt;br /&gt; Chaud comme feu, et tremble dent à dent ;&lt;br /&gt; En mon pays suis en terre lointaine ...&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://damienbe.chez.com/biovil.htm&quot;&gt;FRANCOIS VILLON&lt;/a&gt; extr. &quot;Je meurs de soif près de la &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/12/15/lenteur.html&quot;&gt;fontaine&quot;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/media/01/02/80879450.JPG&quot; id=&quot;media-2448450&quot; alt=&quot;218249915.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2448450&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un pré, une bergère, plus confuse que les pierres dociles obscurcies par le rude amour, pleurait l'empreinte d'un clou planté sur ses baisers. Elle portait sous la peau, le prénom de son bien-aimé un prénom qu'elle chantait bas et sa voix devenait plus douce que le bêlement de l'agneau dans la lumière.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il aimait sa bouche et ses pieds un peu plissés et roses, mais quand il l'entendait pleurer derrière la vieille grange, il lui tournait le dos pour contempler dans la vallée au point le plus exquis de l'aube, une rivière légèrement dorée, où les filles un peu furibondes avaient coutume de se baigner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les fleurs étaient couleur de viande. Le berger en fît un bouquet. Plus loin, il y avait la fumée, la vieille grange brûlait. Le feu courait jusqu'à la laine qui pousse sur le dos des moutons. Les champs abondaient de pâquerettes. Et tout autour de la vieille grange, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/11/07/le-chant-des-champs.html#more&quot;&gt;d'autres bêtes&lt;/a&gt; à toison bouclée hurlaient à s'en couper la gorge.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La bergère éprouvait &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/05/31/un-jour.html&quot;&gt;sa peine&lt;/a&gt;. Elle s'en prenait à &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://environnement.ecoles.free.fr/bible/images/Dieu%20vit%20que%20la%20lumiere%20etait%20bonne%20Genese%201-4.jpg&quot;&gt;Dieu&lt;/a&gt;, le Dieu qui obscurcit les pierres et fait naître le rude amour. Elle s'en prenait à son berger qui rêvait de saisir un jour, ce filet d'or dans la vallée. Il se laisserait glisser peut être, doucement, jusqu'au grand marché, il irait vendre ses fleurs, ses bêtes, pour une fille un peu furibonde qui s'enticherait de la vipère dans un champ bordé de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/07/24/be-bee-or-not-bee.html&quot;&gt;bleuets.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant, parce que c'était lui l'homme, il ferait au chant du coucou, sur le chemin, un vrai voeu d'homme, pour que nul autre, ne puisse toucher sa bergère jusqu'à son retour. Il partirait clouant la geôle invisible au milieu du pré, la marquerait d'un seul baiser, puis il déposerait son bouquet sous un soleil saignant le jour, plus confus que les pierres dociles obscuries par le rude amour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Photo : Un mouton. Ou le berger devenu vieux ? Nabirosina. Avril 2010. © Frb&lt;i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Christopher</name>
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        </author>
        <title>Chapitre 5 : Une rencontre</title>
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        <updated>2010-03-20T11:26:00+01:00</updated>
        <published>2010-03-20T11:26:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;  Anne entra dans le parc et un jeune homme en tenue...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://lesjardinsdechristopher.hautetfort.com/">
          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Anne entra dans le parc et un jeune homme en tenue d'infirmier lui indiqua du doigt&amp;nbsp;le bon bâtiment. &quot;&lt;em&gt;Ne vous trompez pas d'étage&lt;/em&gt;, avait-il précisé. &lt;em&gt;C'est au second&lt;/em&gt; !&quot; Anne profitait ainsi&amp;nbsp;d’une fin d'après-midi de libre pour rendre visite à sa marraine dans sa nouvelle maison de repos médicalisée.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Comme pour s'en persuader elle-même, Anne&amp;nbsp;se dit qu’après tout elle avait la chance, car malgré sa vie compliquée, malgré son existence, à la fois tiède des décisions non prises et blessée par les trahisons... oui, elle avait la chance&amp;nbsp;au moins d'avoir la santé, de pouvoir être autonome. &quot;&lt;em&gt;Autonome&lt;/em&gt;&quot; ne veut pas dire &quot;&lt;em&gt;libre&lt;/em&gt;&quot;. Ni encore moins &quot;&lt;em&gt;heureuse&lt;/em&gt;&quot; ! mais à cet instant, Anne avait envie de rapprocher toutes ces notions, de les mélanger, de les tisser comme pour s'en faire un coussin&amp;nbsp;tendre de la réassurance dont elle avait tant besoin. Comme pour se faire croire qu'elle avait tout pour être&amp;nbsp;heureuse... Tout, oui, peut-être... mais sûrement pas le sourire du bonheur.... Le fait de relativiser ainsi sur la vie sembla la rassurer un instant sur son sort... Charmant leurre !...&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Anne entra dans le batiment. Elle regardait les murs froids avec de temps à autres un morceau de&amp;nbsp;plâtre qui manquait, comme arraché par le temps et l'oubli... Elle sentait en montant les escaliers l'odeur des produits désinfectants qui glissait sournoisement sous les linoléums, comme une onde malsaine qui rappelait les oublis vitaux de certains&amp;nbsp;petits vieux... Arrivée au&amp;nbsp;premier étage, elle percevait&amp;nbsp;à quelques couloirs de distance des pleurs presque enfantins accompagnés de haussements de voix sévères qui la mirent mal à l'aise. Des voix&amp;nbsp;cassantes qu'elle imaginait venant de blouses blanches, claires comme des habits de fantômes... des intonations qui trahissaient avec&amp;nbsp;violence la lassitude de la promiscuité avec le monde fatigué des cheveux gris. Avec les cheveux blancs, pourtant si légers, mais devenus lourds comme des boulets...&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Elle monta au second. Un étage effectivement plus calme. Vraisemblablement&amp;nbsp;y logeait-on ici les plus&amp;nbsp;faciles, les plus valides... Elle longea le couloir blanc décoré par des reproductions bon-marché de tableaux impressionnistes. Quelques plantes artificielles décoraient les lieux aux croisements des corridors. Elle frappa à la porte de la chambre. Un &quot;&lt;em&gt;Entrez !&lt;/em&gt;&quot; l’autorisa à ouvrir la porte.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; La porte s'ouvrit. Sa marraine était debout, près de l'armoire. Elle accueillit la jeune femme avec chaleur.&amp;nbsp;Les deux femmes se&amp;nbsp;sourirent de la&amp;nbsp;tendresse des retrouvailles. Puis Anne avança. Et elles se serrèrent dans leurs bras...&amp;nbsp;Croisement de deux femmes, carrefour de deux vies, moments partagés&amp;nbsp;aux intersections des couloirs de ces deux&amp;nbsp;destins : cette après-midi, Denise était si heureuse de revoir sa filleule...&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Anne&amp;nbsp;surprit sa marraine en train de dissimuler&amp;nbsp;une petite enveloppe blanche dans la poche de sa blouse. Elle avait juste eu le temps de la fermer l'instant d'avant, tandis que Anne n'avait pas encore ouvert la porte... La jeune femme&amp;nbsp;ne saura jamais ce qu’elle contenait…. Car ce secret-là, Denise comptait bien l’emporter loin, très loin. Jusque dans sa tombe, et même au-delà... Là, maintenant,&amp;nbsp;les cheveux de son amoureux, de l'amour de sa vie étaient bien à l'abri, au plus profond de l'enveloppe comme au plus profond&amp;nbsp;de son coeur.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Anne sourit et s’assit sur le bord du lit, face à Denise qui se cala dans son fauteuil. Elle ne questionna pas la vieille femme sur cette enveloppe, bien qu'elle ait&amp;nbsp;parfaitement repéré son manège assez grossier...&amp;nbsp;Elle sourit tendement, émue de cette pudeur... Et puis le dialogue s'installa. Denise&amp;nbsp;demanda à sa filleule des nouvelles de ses vacances au soleil... Bien sûr, en grande confidente, elle était au courant de la trahison de son mari, mais aujourd'hui Anne&amp;nbsp;ne voulait pas&amp;nbsp;chagriner davantage ses cheveux blanchis par&amp;nbsp;le temps et&amp;nbsp;la fatigue ; elle&amp;nbsp;ne lui avoua pas combien cela fût difficile, elle ne lui parla pas de ces nuits sous les cocotiers passées à pleurer ; elle ne lui rappela pas&amp;nbsp;qu'un simple billet d'avion ne peut pas guérir les plaies&amp;nbsp;de la trahison, ni combien elle était restée&amp;nbsp;des mois&amp;nbsp;cloîtrée, ne voulant voir personne... pas même elle, Denise,&amp;nbsp;celle qui a toujours été sa confidente... c'est dire&amp;nbsp;! Elle se contenta de dire que cela allait mieux, que ce séjour lui avait fait du bien...&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyTextIndent&quot; style=&quot;margin-left: 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lesjardinsdechristopher.hautetfort.com/media/02/02/1355627990.jpg&quot; alt=&quot;ip103.jpg&quot; id=&quot;media-2248716&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;L'émotion était palpable. Présente autant dans les yeux mouillées des deux complices que dans les silences qui émaillaient cette scène. Au fond d'elle-même, Denise y croyait-elle vraiment, à cet optimisme affiché par la jeune femme ?... Les yeux humides trahissant l'émotion des non-dits, Anne changea de&amp;nbsp;conversation, lui demandant de ses nouvelles... Et en réponse, elle récupéra des litanies toutes faites et faussement rassurantes qu'offrent toutes les personnes âgées sur leur &quot;bonne santé&quot;. Que le docteur avait dit que &quot;&lt;em&gt;tout allait bien&lt;/em&gt;&quot;... Mais en fin de tirade, lui échappèrent ces mots volés à son coeur... ces mots sincères, parfumés de vérité. Ces mots profonds... ceux qui&amp;nbsp;rappellent&amp;nbsp;&lt;em&gt;qu'un jour,&amp;nbsp;il faudra qu'elle s'en aille retrouver&amp;nbsp;celui qu'elle aime, qu'elle aimera toujours même au-delà de la tombe. Celui qui lui manque depuis toutes ces longues années&lt;/em&gt;….&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; &lt;em&gt;- &quot;Depuis 18 mois seulement,&amp;nbsp;rectifia Anne….. Mais ces mois ont été si longs pour toi, c’est vrai….&quot;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoBodyTextIndent&quot; style=&quot;margin-left: 0cm; text-align: justify;&quot;&gt;Denise comprit alors que dans son cœur, dans son corps, elle vivait l’insupportable impatience&amp;nbsp;de retrouver l’homme de sa vie, celui qui était parti en 1944 et qui n’était jamais revenu... celui qui lui avait laissé comme unique souvenir tangible cette petite mèche de cheveux précieusement conservée dans une petite enveloppe…. Et pendant ce temps Anne croyait qu'elle parlait de feu son mari, celui&amp;nbsp;qui avait partagé toute sa vie, visible et posée,&amp;nbsp;pendant cinquante ans, et qui s’était éteint il y quelques mois…. Denise, qui avait saisi toute&amp;nbsp;l’ambiguïté de cet échange, en sourit intérieurement….&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Parce qu'elle n'avait jamais arrêté de penser&amp;nbsp;à lui depuis la seconde-même où leurs regards s'étaient croisés. Et durant toutes ces années, définitivement esseulée, elle avait fait semblant. Elle avait donné l'illusion à tout son public. A sa famille de carton-pâte. Elle avait menti à tout le monde, se promettant de ne jamais parler de cet homme que personne n’avait remplacé, malgré l’absence, les regrets. Malgré le vide de son coeur. Celui dont elle touchait les cheveux tous les jours, parfois en cachette, parfois librement quand elle était seule… Celui dont la peau restera à jamais celle d’un jeune et beau soldat….&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Ainsi de déroula&amp;nbsp;&amp;nbsp;l'après-midi, sage, calme et tendre. Un spectateur extérieur n'aurait jamais imaginé tant de secrets si bien cachés dans ces coeurs meurtris. Parce qu'après tout, en apparence il s'agissait d'une vieille femme qui passait sa fin de vie calmement, attendant, comme le voulait la morale, qu'elle aille rejoindre son fidèle est bon mari.... Et d'une jeune femme, déçue par la vie conjugale, qui se remettait doucement d'une rupture...&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Au delà de ce tableau d'apparât, les non-dits fourmillaient comme des cancrelats, tels des secrets que l'on garde pour ne pas faire davantage de mal à autrui, comme un écran, un bouclier inutile... Mais dans ces histoires et dans cette rencontre trop sucrée pour y&amp;nbsp;cacher l'amertume, qui est dupe ?&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Chacune&amp;nbsp;se ment à elle-même. Chacune trompe elle-même. Et c'est certainement cela le pire...&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>khan</name>
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        <title>Humeur</title>
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        <updated>2010-03-19T22:11:45+01:00</updated>
        <published>2010-03-19T22:11:45+01:00</published>
        <summary>      Origine inconnue     A trop tirer sur la corde, elle casse dirait-on,...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://tnkhanouff.hautetfort.com/">
          &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://tnkhanouff.hautetfort.com/images/Honey.jpg&quot; id=&quot;media-2344915&quot; alt=&quot;Honey.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p style=&quot;text-align: right;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; line-height: 115%; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot;&gt;Origine inconnue&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 130%;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13pt; line-height: 130%; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot;&gt;A trop tirer sur la corde, elle casse dirait-on, et nos ainés de nous avoir dans le passé moult fois répété qu’à trop se servir de miel, il finit par affadir la bouche. Le premier est un dicton presque universel, le deuxième un proverbe local et les deux sont à l’enseigne des limites en tout et de l’excès surtout. Si des bornes sont donc à ne pas dépasser c’est pour ne pas vivre des changements d’états malencontreux&amp;nbsp;comme le virement du doux à l’insipide, de l’agréable à l’assommant. Tout ceci pour cela, pour dire qu’il n’y a que les profondeurs de la mélancolie qui ne se transforment pas en cimes de gaîté, en nuages de bien être. C’est un tableau solidement fixé, sans possibilité de le ré accrocher tête en bas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 130%;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13pt; line-height: 130%; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot;&gt;Il n’y a de frontière, de ligne jaune, rouge ou bleu, où une fois celle-ci franchie, il sera possible de sentir se muer la crispation en sourire, la lassitude en élan euphorique.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 130%;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13pt; line-height: 130%; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot;&gt;…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Frasby</name>
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        <title>Bang Bang</title>
        <link rel="alternate" type="text/html" href="http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/02/27/chimere.html" />
        <id>tag:certainsjours.hautetfort.com,2010-03-05:2070449</id>
        <updated>2010-03-05T17:09:00+01:00</updated>
        <published>2010-03-05T17:09:00+01:00</published>
        <summary>  &quot;Je n'ai jamais désiré de quitter le lieu où je vivais, et j'ai toujours...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://certainsjours.hautetfort.com/">
          &lt;p&gt;&lt;b&gt;&quot;Je n'ai jamais désiré de quitter le lieu où je vivais, et j'ai toujours désiré que le présent, quel qu'il fût, perdurât. Rien ne détermine plus de mélancolie chez moi que cette fuite du temps . Elle est en désaccord si formel avec le sentiment de mon identité qu'elle est la source même de ma poésie. J'aime les hommes, non pour ce qu'il les unit, mais pour ce qui les divise et, des coeurs, je veux surtout connaître ce qui les ronge.&quot;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;GUILLAUME APOLLINAIRE.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/media/02/02/2048609949.JPG&quot; id=&quot;media-2337771&quot; alt=&quot;ecluses.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2337771&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J’écluse tout vers le silence des tombes. De La Salle à &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://lesruesdelyon.hautetfort.com/archive/2009/11/21/2be4639d39408605697b75c9e8021efd.html&quot;&gt;Loyasse,&lt;/a&gt; le désert est si vaste. Et par trop absorbée par l’étrangeté du monde, contre le gré de l’âme, je m’attache aux devoirs du petit quotidien. Il me reste &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/10/03/on-a-perdu-la-boite-aux-lettres.html&quot;&gt;quelques lettres à poster.&lt;/a&gt; Les choses sont ainsi disposées, &lt;b&gt;&lt;i&gt;“chaque chose à sa place et puis un temps pour tout”&lt;/i&gt;.&lt;/b&gt; Le rêve que l’existence soit &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/07/01/trop-tard-ou-jamais.html&quot;&gt;d’une autre manière&lt;/a&gt; devient impénétrable, on espère y mettre du sien. On promet mais on doute toujours que la volonté tienne, soit sienne peu importe, il faut s’en arranger ou suivre. Et l’on traîne comme ses guêtres, dévorées du dédain, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/09/13/la-dissolution.html&quot;&gt;jusqu'à ce que la machine nous dépossède.&lt;/a&gt; A s’annuler, à faire toujours bonne figure, politesses fébriles, sourires virevoltés, tous ronds de jambes nous déboutent devant des bricoles imbéciles usant le nerf jour après jour à défaut de sens endurable. Elles composent la perte d’autres biens. Peut être précieux, voire &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/11/17/1f5caacf99c41f2a1a5bc0244b26f41e.html&quot;&gt;enfantins.&lt;/a&gt; Alors vient le particulier voué au collectif, l’originalité pour tous, l’absence de vraie vie, la pogne carriériste où s'intriquera l'humain. Ailleurs, l'auge sournoise accentue la dissolution, chacun à son loisir, petits sacs, et persos, l'agenda, le mémo et puis le numéro, telle une chandelle en équilibre sur quatre mains. Chacun mitonnant son désir, hésiterait entre les allées des grands magasins surchauffés et quelques restaurants coquets. Est ce qu’une ceinture à franges ocrées ou une paire de mules andalouses pourraient consoler, réchauffer ? Prendras tu le menu-plaisir d'une grosse truffe à la mangue, ou une pièce montée à t'en barbouiller le museau de chocolat au lait ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Auge sournoise, climatisée. La chaleur on nous la diffuse tout d’abord par les pieds, et plus haut, un avenir surplombe les écrans broûtés en ramant ; la météo prévue pour les trois prochains jours. Le temps qui est, le temps qui vient, les horoscopes, les conjonctions, de la balance en capricorne, l’amour, le travail, la santé, sponsorisés par &lt;i&gt;la baleine,&lt;/i&gt; le sel marin, et les poulies des chalutiers qui feraient couler le bateau si d’autres modernes, (baleines aussi), charitables, antipathiques ne veillaient pas au gain, à l’ivraie, &lt;i&gt;le grain-grain,&lt;/i&gt; aux singeries des uns, des autres et de moi même. Le grain de folie qui nous&amp;nbsp; fonde, l'ivresse famélique, ou la geôle. Les trois parfois toutes en même temps. Une même prothèse pour tous conviendrait, ma chemise pour une chèvrerie. Est ce que tout cela vient ? plaît ? et convient ? Oui, par la force des choses, un beau jour, tout convient. &lt;i&gt;“Pas de Lézard ! et que vive &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://pagesperso-orange.fr/yoda.guillaume/Culture/Zero.htm&quot;&gt;l'Ourobouros !&quot;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; comme aurait pu dire &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://jim-leon.net/&quot;&gt;&lt;i&gt;Jim,&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ancien voisin, un peintre ésotérique mort dans les couleurs dingues d'une palette riche et pauvre, enflammé de rouge liquide et de belles maîtresses. On pourrait se noyer, reboucler le tympan sur &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=PECk9A-07Pw&quot;&gt;l'orgue de &lt;i&gt;Ray Manzarek.&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; La vie sauvage griffonnée, vaine, piétinant un tapis de bain, trois feuilles vert pomme d'un palmier nain, au pied d'une baignoire rock n'roll en forme de licorne, remplie de cigarettes blondes pliées. Juste un peu de cendre pour le bain.&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ticketcollector.files.wordpress.com/2008/01/the-rolling-stones-8-9-1973001.jpg&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/media/02/00/1709993437.JPG&quot; id=&quot;media-2332885&quot; alt=&quot;ombresblue.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2332885&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'écluse et me happent les formes dans &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/07/04/regle-de-presence-ephemere.html&quot;&gt;les murs écaillées.&lt;/a&gt; Une fissure s'épuiserait aux parois recouvertes de calcite blanche, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.lascaux.culture.fr/#/fr/02_00.xml&quot;&gt;un taureau noir en&amp;nbsp; tapisserait le fond,&lt;/a&gt; ou l'iris lamenté quelques notes de tête, bouquetins et aurochs, ours, fêlins, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.artchive.com/artchive/c/cave/wounded_bison.jpg&quot;&gt;bisons.&lt;/a&gt;.. Cette nuit je redécouvre quelque part, le décor, sous mon nez, de&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/10/23/infiniment-plus-que-nous-memes.html&quot;&gt;s peintures rupestres,&lt;/a&gt; là où la ville n'exige que murs blancs et muets. Les nettoyeurs s’agitent, demain ils viendront recouvrir à la chaux le délit, les sentences amoureuses, et puis la nuit prochaine, les graffeurs magnifiques retourneront au même délit, et puis toutes les nuits et ainsi de suite...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je retiens le décret qu'il est mieux de cacher sa peine. Sur des regrets toujours s'empale un chant d'amour. Demain il serait doux de se noyer tout court. Ou de courir au monde pour fuir l'enchantement d'un ciel dans les fragrances d'alcool de poire et les chants plantureux &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://vraisreves.free.fr/encours.htm&quot;&gt;d'un grain photographique&lt;/a&gt; dans l'oeil de la &lt;i&gt;Dumenge&lt;/i&gt;. Retrouver chez &lt;i&gt;Raymond&lt;/i&gt; le courage d'être pur, puis de persévérer. Il est des êtres qui ont la force des glaciers, et déplacent à la surface de quelques mètres carrés les montagnes de tous continents. Fumer des cigarettes, boire dans des gobelets blancs, le rosé ou le punch, oser la grenadine. Oublier l'infâmie. Se glisser doucement dans la vraie vie fuyante éphémère qui ailleurs, en bringues et pavanes effacerait le temps perdu. Oublier les fureurs, les chatoiements injustes, l'orgueil et le mépris, se rendre à l'entrepôt nuire aux &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://magentaa.files.wordpress.com/2009/04/chiffres.jpg&quot;&gt;petits calculs&lt;/a&gt; qui n'avaient pas leur place, mais prirent soin et tant d'aises à bien nous effacer. &lt;i&gt;&quot;Rien n'est sincère, honnêtement&quot;&lt;/i&gt; disait ce camarade (de grande classe) dont l'amie (une dindonne, du genre paradoxale) recrachant une philosophie &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.closermag.fr/storage/images/biographies/_images/michel-drucker/6350-1-fre-FR/Michel-Drucker_closer_star_large.jpg&quot;&gt;&lt;i&gt;druckerienne&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; à pleurer, répondait par le terme &lt;i&gt;&quot; oui mais...ce qu'il nous manque à&amp;nbsp; nous, à notre époque, c'est que la sincérité soille vraie !&quot;,&lt;/i&gt; c'est parfois si confus, qu'il faudrait préciser ...&amp;nbsp; S'imaginer au fond, que tout cela finira bien, au nom de la raison, de la tranquillité, que &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2010/01/23/mes-nuits-sans-georges.html&quot;&gt;les amis de Georges&lt;/a&gt; se chargeront de balayer d'un bon gros rire blasé.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2010/03/16/les-bienfaiteurs-ne-poussent-pas-sur-les-arbres.html&quot;&gt;Dieu s'en mêle&lt;/a&gt;, les adages annoncent &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://ogi.lux-orientalis.com/media/fck/image/english/pattern/legends-myths-initiation-tarot-maison-dieu.jpg&quot;&gt;le déclin,&lt;/a&gt; tôt ou tard, déjà il faut s'en prémunir. Les horizons sont tels qu'on voit bien que le Bon Dieu est en train de se faire la malle. On échange des banalités, devant quelques oeuvres stupides, sculpture contemporaine à base de crottes de biques posée sur un socle piteux, plateformes mélaminées exhibant une série de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://a21.idata.over-blog.com/640x427/1/65/58/77/Photos-2009/Bombyx-du-ch-ne--Small-.jpg&quot;&gt;bombyx,&lt;/a&gt; pilés menus, dans un pot rempli d'encre bleue, on se damne pour un triptyque où sont collés &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.art-nature-project21.org/IMG/bmp/l_eminence_1-2.bmp&quot;&gt;trois pous&lt;/a&gt; posés sur des manches à balai, le tout signés du sang de l'artiste. Puis l'on se souviendra toujours de &lt;i&gt;Georges&lt;/i&gt;, prince lointain, (dont la femme supérieure hiérarchique dans une boîte de cages à lapins) n'était jamais à la maison la nuit. On le recroisera quinze ans plus tard, pâmé dans son habit tout cuir, avec sa tête piriforme, un visage sec, et tournant sur lui même &lt;i&gt;homme-toupie&lt;/i&gt; fier de son devenir. Ensuite reviendra le vrai conte de fées, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.linternaute.com/sortir/cinema/diaporama/06/expo-il-etait-une-fois-walt-disney/blanche-neige-au-puits.jpg&quot;&gt;(et ses antécédents)&lt;/a&gt;, + d'autres pédantes fadaises qui font toujours perdre la tête. On se prendra presque pour &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.site-magister.com/prepas/quichotte.htm&quot;&gt;l'autre, l'illuminé&lt;/a&gt; qui partit autrefois du temps de sa folie, imposer à l'Espagne &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.music-scores.com/graphics/cou_mou_pno.gif&quot;&gt;la véracité des chimères&lt;/a&gt;. Nul ne peut ignorer le pathétique de cette histoire. La gueule de bois du lendemain méditera la foutue leçon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A force de prendre &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.cordonnerie-bodereau.com/include/accessoires/img/photos/tire_bottes.jpg&quot;&gt;les tire bottes&lt;/a&gt; pour &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://etc.usf.edu/clipart/1500/1593/lyre_2_lg.gif&quot;&gt;des lyres,&lt;/a&gt; on mourrait presque en queue de poisson. A présent, peut-être les portes s'ouvrent &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.aparzviller.org/apa_nt/nav/ecluse/ecluse.htm&quot;&gt;munies de vannes ou de ventelles.&lt;/a&gt; Je fais mienne la phrase de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://francois.darbonneau.free.fr/dandhist/brummel.html&quot;&gt;Brummel&lt;/a&gt; &lt;b&gt;&lt;i&gt;&quot;Il vaut mieux étonner que plaire&quot;,&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; et ne rien dire juste &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x4jai7_69-annee-erotique_music&quot;&gt;&lt;i&gt;le flegme et la parure&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Mille traits pour empêcher que le ciel à la terre s'unisse. Trouver une consolation, et goûter la saveur d'un beau nu étendu dans l'herbe, &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/05/24/se-faire-la-belle.html&quot;&gt;tout là bas&lt;/a&gt; au milieu du zoo. Une tête d'or à couvrir de baisers, pour &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/04/04/enfiler-des-perles.html&quot;&gt;fêter le printemps qui vient&lt;/a&gt;, mille chevelures à coudre ensemble sur un grand lit de perce-neige, un regard de biche abuserait de ces rêvasseries. La flemme aguicherait un peu le bleu du ciel avant qu'on en vienne à l'écluse, toujours accouplée d'un barrage qui fermerait la belle page, une sentence pour la guigne: &lt;b&gt;&lt;i&gt;&quot;chaque chose à sa place, une place pour chaque chose&quot;&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Et comme on n'est pas difficile, On y trouvera peut être encore &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.deezer.com/listen-3135103&quot;&gt;un petit agrément.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://certainsjours.hautetfort.com/media/01/00/1043664264.JPG&quot; id=&quot;media-2332754&quot; alt=&quot;agrément.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2332754&quot; /&gt;Photos 1 + 2 : Flous artistiques voyageurs et vaguement noctambules.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Photo 3 : Le monde en marche, une anonyme avec des bottines (d'à peine sept lieues). Lyon. Nuit. Hiver 2009.© Frb&lt;/p&gt;
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        <author>
            <name>Christopher</name>
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        <title>Chapitre 1 : La voisine</title>
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        <updated>2010-03-05T11:45:00+01:00</updated>
        <published>2010-03-05T11:45:00+01:00</published>
        <summary> &amp;nbsp;  Voici Hélène. La grande Hélène, la belle Hélène.   Elle est là,...</summary>
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          &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Voici Hélène. La grande Hélène, la belle Hélène.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle est là, cheveux aux vents, devant son pavillon de la banlieue lyonnaise. Mais attention, pas n’importe quelle banlieue&amp;nbsp;! pas la banlieue industrielle,&amp;nbsp;ni la « trop&amp;nbsp;popu&amp;nbsp;»… quelle horreur, non ! une banlieue «&amp;nbsp;bien&amp;nbsp;»… Mais, (parce qu'il y a un «&amp;nbsp;mais&amp;nbsp;»...) pas non plus la banlieue la plus classe, la plus prestigieuse… car&amp;nbsp;ça, elle n’en a vraiment pas les moyens.&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Elle travaille à temps partiel à la mairie de son village, Hélène. Elle est à l’accueil et elle aime bien ça. Son mari, lui, vient de passer cadre à l’agence EDF juste à coté. C’est une promotion qu’il doit en grande partie aux mutations de collègues et à la politique des fauteuils vides à remplacer…. Et oui, les opportunités, ça se saisit avec astuce. Et ça peut payer aussi…&lt;br /&gt; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt; Quand ils le peuvent, la femme et le gentil mari&amp;nbsp;se retrouvent pour déjeuner dans leur maison, rue des Fleurs, la rue en plein milieu du lotissement.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ils ont deux enfants. Un garçon, et puis une fille. Deux ans d’écart. Ils sont tous les deux dans un collège privé. C'est mieux, non ? Une bien belle carte postale, tout ça...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Hélène a ses parents pas très loin. Disons qu’ils habitent à 5 ou 6 kilomètres, ce qui permet à toute la tribu d'afficher l’hypocrite apparence d’une indépendance de carton-pâte, et de faire appel à eux en cas de besoin… Lui, le papy, il&amp;nbsp;est retraité, mais attention, il occupait une place importante dans une entreprise aujourd’hui dissoute... et dont plus personne ne se rappelle l'existence...&amp;nbsp;Au risque de me répéter, j'insiste : le poste était important, Hélène tient beaucoup à cette précision&amp;nbsp;! Sa mère à Hélène, et bien elle n’a jamais travaillé. Mais elle a toujours été solidaire de son mari, à ses cotés&amp;nbsp;dans les moments difficiles et pour l'aider dans son ascension au sein de l'entreprise aujourd’hui dissoute et dont plus personne ne se rappelle l'existence...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Le mari d’Hélène, lui, il n’a plus sa mère. Et par dessus le marché il est brouillé avec son père. Personne ne&amp;nbsp;se souvient de quand date cette brouille, mais peu importe… Ils sont brouillés, ils ne se parlent pas. &lt;em&gt;C'est ainsi. On ne change pas ce fait&lt;/em&gt;. De toute façon, ce père habite si loin qu’ils l’ont tous presque oublié… Et Hélène, et bien cette situation-là l'arrange plutôt... disons qu’elle a pu, grâce au cœur si généreux (oserai-je aller jusqu’à dire «&amp;nbsp;désintéressé&amp;nbsp;») de ses parents, faire que son mari soit ainsi adopté par le clan. Tout va bien, alors ! Le gendre est presque un fils, les beaux-parents sont devenus parents universels, Alléluia !&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais retrouvons Hélène, cheveux aux vents, devant son pavillon. On est au coeur d'une après-midi calme. Elle vient de saluer sa voisine qui est venue passer deux heures chez elle, et qui regagne là sa splendide maison. Sa voisine, elle est mariée avec le chef de son&amp;nbsp;mari. Alors c’est quelqu’un d’important. C'est&amp;nbsp;forcément des gens très bien… Il faut ménager ce genre de relations, puisque c’est cet homme-là qui attribuera les promotions du mari et qui aura le pouvoir de suggérer pour lui&amp;nbsp;telle ou telle évolution professionnelle…. Et puis disons-le, c’est une fréquentation qu’Hélène aime bien afficher un peu partout, avec fierté, le goitre en avant, et à chaque fois qu'elle le peut… Cela vaut donc bien pour elle de sortir sur le pas de sa porte et de lancer un ultime&amp;nbsp;et théatral&amp;nbsp;&lt;em&gt;au revoir&lt;/em&gt; de la main à cette précieuse voisine qui traverse la rue…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lesjardinsdechristopher.hautetfort.com/media/02/00/633913648.jpg&quot; alt=&quot;Laduree-Macaroons-.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; id=&quot;media-2308484&quot; /&gt;Elle lui a offert son grand sourire, Hélène. Un sourire jusqu’aux oreilles. En fin de matinée, elle était allée lui acheter exprès des macarons «&amp;nbsp;Ladurée&amp;nbsp;», à l’épicerie fine dans Lyon. Vingt kilomètres aller, vingt kilomètres retour, mais finalement ce n’est pas un problème quand il s’agit d’acheter le vernis de l’intérêt.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Hélène, la belle Hélène… Elle est là, elle s'en retourne chez elle, elle a maintenant refermé sa porte, se forçant à&amp;nbsp;oublier que la maison de sa voisine est deux fois la sienne, en taille, en finitions, en élégance... Elle s’apprête à ranger le matériel du petit goûter entre amies… Un petit goûter très &lt;em&gt;comme-il-faut.&lt;/em&gt; Elle avait même ressorti le service de son mariage (enfin... les tasses qui n'étaient pas ébréchées...). Elle a fait&amp;nbsp;sa bonne action d'épouse modèle, de citoyenne modeste qui a osé tremper un pied dans le bain d'une bourgeoisie dans laquelle elle n'a pas&amp;nbsp;toujours pas&amp;nbsp;sa place. Maintenant, elle va pouvoir se regarder dans la glace. Et se regarder seule à seule. Sans fards.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans le miroir, le visage qu’Hélène a en face d’elle est moins reluisant quand elle le regarde à travers son âme. Les cheveux blonds sont bien mis, le sourire est encore très séduisant. Mais sous ces apparences,&amp;nbsp;elle distingue très bien les nombreuses et profondes craquelures qui témoignent d’une situation infiniment moins reluisante qu’elle n’y paraît…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Et surtout d’une frustration sociale sans nom….&lt;/p&gt;
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        <title>Flash back</title>
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        <updated>2010-03-04T21:37:00+01:00</updated>
        <published>2010-03-04T21:37:00+01:00</published>
        <summary>  Il y a fort longtemps que je n’ai rendu visite à certains recoins oubliés...</summary>
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          &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify; line-height: 130%;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 13pt; line-height: 130%; font-family: &amp;quot;Arial&amp;quot;,&amp;quot;sans-serif&amp;quot;;&quot;&gt;Il y a fort longtemps que je n’ai rendu visite à certains recoins oubliés de ma mémoire, dans des endroits reculés de mon cerveau, chercher, soulever des pans poussiéreux. Dans des rares instants, par temps naguère serein et dans des moments précieux d’abondant, il était si doux de se remémorer la senteur d’un linge propre plié et empilé dans l’attente d’être rangé. Il était agréable aussi de revoir passer mentalement une image aimée même effilochée comme dans un vieux miroir dont le tain s’était écaillé par endroit où encore de presque réentendre venir de loin la voix de sa mère flotter dans une agréable brume et au dessus du petit lit et au réveil, chuchoter son nom. Si l’esprit a toujours était à la limite de l’écorché vif pour ne rien perdre de sa sensibilité, pour ne pas s’endurcir, l’âme a su garder intact cette détermination, cette quête des sensations où dans une mixture propre se mélangent l’étrange, l’inexpliqué, le rêvé, le souvenir beau ou moins, et ce quelque chose de perdu à jamais&amp;nbsp;!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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        <title>Une belle rencontre</title>
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        <updated>2010-02-13T01:14:00+01:00</updated>
        <published>2010-02-13T01:14:00+01:00</published>
        <summary>    &amp;nbsp;    Léo Castelli, le galleriste, qui n'était pas encore connu,...</summary>
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          &lt;p&gt;&lt;img id=&quot;Image9&quot; style=&quot;display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;&quot; src=&quot;http://www.net-femme.fr/wp-content/uploads/2009/04/glacons-et-glaces-artisanales-300x300.jpg&quot; border=&quot;0&quot; alt=&quot;http://www.net-femme.fr/wp-content/uploads/2009/04/glacons-et-glaces-artisanales-300x300.jpg&quot; width=&quot;300&quot; height=&quot;300&quot; align=&quot;bottom&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Léo Castelli, le galleriste, qui n'était pas encore connu, s'entretenait avec Josef Albers, son maître au Black Mountain College. La discussion, comme toujours, était pleine de profondeur et soudain, Albers lui parle d'un texan qu'il a d'ailleurs eu comme élève, sorte de tête brûlée sur lequel nul ne voudrait parier un dollar. Castelli, saisi sans doute de cette ardeur intuitive qui ne le quittera jamais, décide quelques jours après de se rendre à l'atelier donnant sur Pearl Street, chez Rauschenberg, puisque c'est de lui qu'il s'agit. Robert Rauschenberg. Pas un inconnu, mais effectivement un homme que l'on qualifiera de difficile. L'artiste le reçoit et l'on commence à parler. Il fait chaud ; Castelli demande à son hôte s'il n'aurait pas quelque chose à boire. Du scotch. Tout serait parfait s'il y avait des glaçons. Mais Rauschenberg n'en a pas et du coup, il se dit qu'il pourrait aller en demander à son voisin du dessous. Le gars du dessous est artiste aussi. Il remonte avec lui, et les attendus glaçons. Un peu de fraîcheur et d'alcool. Ce qui devait être un possible échange à deux se transforme en une discussion à trois, parce que l'inconnu n'est pas inintéressant, au point qu'au bout d'un moment, l'esprit de Castelli déplace son intérêt vers cette étonnante rencontre. Il aimerait bien voir ce que &lt;em&gt;cela donne&lt;/em&gt;, à l'étage inférieur. Et l'autre, dans un mélange d'effervescence et d'inquiétude, ne dit pas non. La porte s'ouvre et le galleriste reçoit un choc. Commence alors une collaboration fructueuse. Ce voisin du dessous imprévu sera le premier artiste exposé par la Léo Castelli Gallery, ouverte en 57, dans la demeure de Léo et Ileana, sur la 77ème Avenue. Il s'appelle Jasper Johns.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Cette histoire illustre évidemment, dans une énième version, ce que le commun appelle un coup du destin. À ce titre, elle n'aurait pas de valeur particulière. La rencontre de deux trajectoires qui n'avaient que peu de chance de se croiser (encore que... mais c'est une autre histoire). Il n'y a pas beaucoup à gloser sur les effets &lt;em&gt;a posteriori&lt;/em&gt; d'un début improbable produisant les fruits les plus riches. Et laissons la main de Dieu à ceux qui croient.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;Dans la rencontre entre Castelli et Johns, la grandeur n'est pas dans le ridiculement petit de l'eau glacée qui fait tiers (plus que Rauschenberg) mais dans la reconnaissance acceptée et nourrie, dans la difficulté possible et les blessures probables, toutes prises d'un seul coup d'un seul.&amp;nbsp; La reconnaissance, dans les deux acceptions du mot. Les glaçons ont sans doute fondu vite dans le scotch mais leurs empreintes, dirais-je leur &lt;em&gt;être&lt;/em&gt;, demeurent. Ils se sont métamorphosés en tableaux, en œuvres.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;C'est néanmoins l'objet de médiation qui m'arrête, cristallise mon attention. Des glaçons. Je pense alors à un jeu de dés, transparents et froids, et par ricochets à ce lancer «qui jamais n'abolira le hasard». Tout à coup, leur matérialité, leurs possibles dérives symboliques chargent l'anecdote d'un supplément de beauté et de douleur, car la magie qu'elle porte en elle est si rare. Ces glaçons deviennent alors une métaphore de ce que sont toutes les rencontres dont nous sentons qu'elles ne sont pas fortuites, et que nous ne savons pas faire advenir autrement que comme un moment suspendu, sans réussir à leur donner la dimension qu'elles pourraient (ou auraient pu) tenir dans le cours de notre existence. Par peur, par lâcheté, par renoncement. Ces petits cubes sont bien, dans leur netteté transparente, l'écueil inquiétant de nos vies. Nous voudrions les prendre sans hésiter mais leur fraîcheur est aussi indissociable de la brûlure qu'elle impose à notre peau (et notre peau n'est que le point de contact de notre cœur, sa &lt;em&gt;surface&lt;/em&gt;, d'une certaine manière). Et souvent nous les regardons fondre lentement au creux de notre main ; cette transparence tend vers sa disparition (mais c'est une part de nous qui disparaît) et la brûlure s'accroît. Bientôt il ne reste plus rien, croyons-nous. Cest une illusion. Ils font flaque en nous, ce que l'on n'ose pas nommer souvent, mais qui n'est rien d'autre que le chagrin.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial,helvetica,sans-serif;&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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            <name>Christopher</name>
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        <title>Chapitre 3 : Le tournant du destin</title>
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        <updated>2010-02-05T07:52:00+01:00</updated>
        <published>2010-02-05T07:52:00+01:00</published>
        <summary>    Bercée, blottie au fond de sa grande voiture, elle se laissa envelopper...</summary>
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          &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;i&gt;Bercée, blottie au fond de sa grande voiture, elle se laissa envelopper de ses souvenirs et de ses&amp;nbsp;pensées. Elle replongea entre&amp;nbsp;quinze et vingt&amp;nbsp;ans en arrière. Elle se retrouva&amp;nbsp;avec elle-même, le&amp;nbsp;17 janvier 1991.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;- - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Cette date, elle reste inoubliable pour tous ceux qui l’ont vécue, puisque c’est le déclenchement de la Guerre du Golfe. Depuis le 15, date de l’ultimatum imposé par Washington pour exiger l’évacuation des troupes irakiennes du Koweït, l’Irak et les États-Unis d’Amérique se regardaient en chiens de faïence…&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Ce jour-là, le monde libre a attaqué.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et ce soir-là, malgré la morosité ambiante, E., l’homme amoureux, avait invité Gaëlle dans un prestigieux restaurant parisien. Un repas prévu de longue date, qu'il attendait comme le tournant de sa vie, comme un embrasement de bonheur. Il était 23 heures passées quand ils en sont repartis. Et dans la voiture du retour, pas un son. Pas un bruit. Comme un signe de défraîchi. Comme une impression sourde et moite de «&amp;nbsp;maintenant on rentre&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lesjardinsdechristopher.hautetfort.com/media/01/00/1300430978.jpg&quot; alt=&quot;1002_6_media.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2233154&quot; /&gt;Parce que ce soir-là, Gaëlle&amp;nbsp;a dévoilé sa décision. Est-ce la bonne, est-ce la mauvaise&amp;nbsp;?… elle verrait bien. Le temps répondrait bien un jour à cette question !&amp;nbsp;mais ce dont elle avait pleinement conscience, c’était d’avoir saisi à pleins bras l'une des voies de l’aiguillage de la vie. Elle avait choisi le chemin de sa passion, de la chanson, de la gloire, préférant ainsi refuser la bague de fiançailles que lui offrait E., l’homme amoureux.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On était le 17 janvier 1991. La morosité était partout, et surtout dans cette voiture qui les ramenait dans la rue d'un &quot;&lt;i&gt;nulle part en commun&lt;/i&gt;&quot;. Le spleen était lourd. Un poids moite, palpable comme un malaise sur lequel on n’ose même plus mettre de mot. Sauf peut-être le mot «&amp;nbsp;fin&amp;nbsp;»… Lui, le cœur gros, les yeux humides de chagrin, les mains blanches et mouillées de déception, conduisait une splendide berline louée pour l’occasion... mais il avait l'angoissante et malodorante impression de jouer&amp;nbsp;à cet instant le petit&amp;nbsp;rôle d'un simple chauffeur de taxi ramenant un client.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Elle lui avait dit&amp;nbsp;non. Elle n’avait pas voulu…. Gaëlle regrettait d’avoir eu la faiblesse d’avoir accepté ce dîner dont l’issue solennelle était d’une inévitable évidence… Il lui avait laissé entendre que cette soirée serait formidablement importante pour eux deux. Elle aurait dû avoir l’honnêteté de décliner de suite… Mais elle n’avait pas osé. Et lui, E., l'homme amoureux, avait à l’évidence misé sur une réponse favorable de la part de sa Gaëlle qu'il dévorait de tous ses yeux et de tout son coeur depuis 3 ans…. Maintenant elle s’en voulait de lui avoir donné un faux espoir. Elle se demandait pourquoi elle avait accepté, sachant l’ambiguïté que ce dîner allait inévitablement revêtir… Mais là, le mal était fait. La blessure commençait à saigner... Le coeur de l'homme avait été tranché. Du sang coulait de son âme...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il était 23 heures passées... Dans la voiture du retour, pas un son. Pas un bruit. Comme un signe de défraîchi... Seul le poids du silence rebondissait en perles grises, moites et sourdes...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourtant, Dieu que la bague était belle ! Mais elle la lui a rendue. Poliment, mais elle la lui a rendue. Le champagne était un prestigieux premier cru, mais aucun d’eux ne l’a vraiment apprécié…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pourtant....&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pourtant Gaëlle se disait amoureuse de lui... certainement, ou disons plutôt, avec une prudence de circonstance&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;peut-être&amp;nbsp;»... formule&amp;nbsp;qui paraît&amp;nbsp;plus adaptée à la situation… elle se trouvait encore trop jeune et avait trop de projets fous dans la tête pour se lancer dans une vie&amp;nbsp;ancrée dans la bienséance et la tradition. Pas encore.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://lesjardinsdechristopher.hautetfort.com/media/01/02/471811025.jpg&quot; alt=&quot;concert2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; id=&quot;media-2233159&quot; /&gt;Pas déjà...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pas déjà... Car comme un papillon, elle sentait ses ailes vibrer dans l’air de la liberté, elle voulait continuer à voler, librement, à voguer sans limites sur les mers du nord, du sud, sur les montagnes et les villages du monde. Et gober, avaler&amp;nbsp; goulûment mille succès dans les grandes villes prestigieuses... Elle voulait chanter, devenir une star acclamée. Adorée. Adulée. Elle voulait la musique, l'amour d'un public en liesse. Elle voulait être inondée de musiques, crouler sous les dièses, ployer sous les bémols. Elle voulait les cordes, les mots, les cuivres, les rimes.&amp;nbsp;Elle voulait s'offrir ainsi, se sacrifier, pleurer et mourir tous les soirs un peu plus, prise dans les mailles de l'émotion d'un public dont le coeur bat à l'unisson....&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Parce qu'Alan Wolff, le célèbre impresario, l’avait contactée pour une audition importante. Il lui avait laissé entendre qu’elle pourrait enregistrer un album aux États-Unis… Alors E., l’homme amoureux, comment pourrait-il trouver sa place&amp;nbsp;dans ce projet fou ? Quelle place imaginer pour lui dans cette ambition ? Aucune. Gaëlle en était persuadée... A ce jour elle n’avait pas encore de vraie notoriété, si ce n’est pour quelques spécialistes fidèles de ces Cabarets parisiens qui laissent leurs chances aux jeunes voix, et en particulier de cette salle proche de la Bastille dans laquelle elle avait fait ses premières armes l’an dernier. Et dans laquelle Alan Wolff l’avait repérée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais là...&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais là, le projet allait prendre une toute autre tournure. C’était&amp;nbsp;la cour des grands qui s’offrait à elle. Elle voulait la gloire, elle voulait les sunlights. Elle voyait déjà les voiles d'un galion magnifique se gonfler d’une gloire à venir, elle sentait ce vent arriver, et elle ne voulait pas passer à coté. Certains choix sont durs à prendre, mais il faut décider, sans peur. Sans regarder en arrière, sinon on ne fait rien… Regarder devant même si on blesse. Ne pas se retourner... même si on fait mal, injustement…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Décider, c'est choisir.&lt;br /&gt; Et choisir, c'est vivre....&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;- - - - - - - - - - - - - - -&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;i&gt;Et bien des années plus tard, enfin devenue cette grande star incontestée, Gaëlle se laissait ainsi bercer sur le siège arrière d'une voiture qui ressemblait étrangement à celle dans laquelle elle se trouvait en janvier 91. Mais cette berline-là devait&amp;nbsp;la conduire vers son prochain concert. Vers une autre ville.&amp;nbsp;Vers d'autres mains, d'autres visages, d'autres applaudissements. Bercée par les mouvements de la voiture et par un passé qu'elle n'avait jamais oublié, elle songeait aux étranges coïncidences, au hasard, à E., cet homme qui était revenu ce soir-là, plus de quinze ans après, celui qu'elle n'avait pas vraiment revu, mais dont elle avait serré la fille dans les bras, à la sortie d’un gala. Elle était en pleine communion avec ce passé qui était revenu frapper à la porte de sa vie...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;i&gt;Mais...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;i&gt;Elle était en pleine communion avec ce passé quand&amp;nbsp;brutalement elle fût sortie de ses rêves par une violente secousse, comme prise dans un tournis…. Et soudain un choc, brutal, le haut, le bas, tout se mélangea. Un manège infernal qui ne s'arrêtait pas. La douleur. Le bras, la tête… Puis la fumée. Des cris. Des pleurs. Puis le silence.&amp;nbsp;Puis le trou blanc. Un étrange endormissement….. un sommeil douloureux qui ressemblait à une facture.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;i&gt;La facture de ses choix.&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;Celle de son destin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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            <name>Arianil</name>
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        <title>Archael</title>
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        <summary>                     ...D'un sourire - Archael   sélectionné dans  Musique...</summary>
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          &lt;div&gt;&lt;object height=&quot;312&quot; width=&quot;470&quot; data=&quot;http://www.wat.tv/swf2/563249nIc0K11971116&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;id&quot; value=&quot;wat_971116&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;src&quot; value=&quot;http://www.wat.tv/swf2/563249nIc0K11971116&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;allowfullscreen&quot; value=&quot;true&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class=&quot;watlinks&quot; style=&quot;padding: 2px 0pt 4px; background: #cccccc none repeat scroll 0% 0%; width: 470px; font-size: 11px; text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; class=&quot;waturl&quot; href=&quot;http://www.wat.tv/audio/sourire-archael-ktbg_krl3_.html&quot;&gt;&lt;b&gt;...D'un sourire - Archael&lt;/b&gt;&lt;/a&gt; sélectionné dans &lt;a href=&quot;http://www.wat.tv/guide/musique&quot; class=&quot;waturl alttheme&quot; title=&quot;Musique&quot;&gt;Musique&lt;/a&gt;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Archael&quot; href=&quot;http://www.archael.net/accueil.php&quot;&gt;Archael&lt;/a&gt;, un groupe très original que je connais depuis deux ans et qui trace son chemin dans la France profonde, loin des média officiels.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Troubadours du XXIème siècle, leur inspiration semble de prime abord morbide, voire carrément &quot;suicidaire&quot;. On pourrait classer leurs textes dans le genre &quot;gothique&quot; avec ce que cela comporte de péjoratif habituellement. Leur apparence est cependant des plus sages, leur musique plutôt folk/celtisante très mélodique. Ils qualifient leur style d'acoustique mélancolique, &lt;b&gt;et ce spleen est paradoxalement réconfortant&lt;/b&gt;. Le côté &quot;angélique&quot; voire doucereux est équilibré par la thémathique tragique ou épique. Voici donc d'étranges enchanteurs emmenés par &lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;Thomas Vuillemin&quot; href=&quot;http://www.thomasvuillemin.com/bio.php&quot;&gt;Thomas Vuillemin&lt;/a&gt; qui a également réalisé un album solo au titre évocateur : &lt;i&gt;Consolations&lt;/i&gt;. Le troisième album d'Archael est attendu cette année.&lt;/p&gt;
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            <name>carl-evan</name>
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        <title>Samedi 23 Janvier</title>
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          &lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://voyagesimmobiles.hautetfort.com/media/00/00/92106537.jpg&quot; id=&quot;media-2243959&quot; alt=&quot;IMG_6920_texte.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; margin: 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2243959&quot; /&gt;&lt;/div&gt; &lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;Ces soirs lascifs et transis où ton corps se révèle astral, sur la lame tremblante où moire les élégances de nos nuits blanches,&lt;/span&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #000000;&quot;&gt;sur les draps blancs nos gestes épars parsèment l'espace d'illusoire.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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        <title>Episode XI: Arman Méliès</title>
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        <summary> &amp;nbsp;   Au début des années 2000, dans le sillage des Biolay, Bénabar,...</summary>
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          &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au début des années 2000, dans le sillage des Biolay, Bénabar, Delerm and co est apparu une nouvelle génération d'auteur-compositeur-chanteur très vite rangée sous l’appellation médiatiquement contrôlée &quot;nouvelle chanson française&quot;. Cette nouvelle vague vocale s’apprête en 2010 à célébrer ses dix ans d’existence. Retour dans le désordre sur les albums phares (une trentaine) des trentenaires talentueux qui à leur manière décompléxée ont repris le flambeau des Murat, Miossec, Dominique A ou Katerine des années 90 dont l’écriture leur avait ouvert d’autres voie&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://lame-son.hautetfort.com/media/02/00/525409026.jpg&quot; id=&quot;media-2241556&quot; alt=&quot;MélièsNéonsblancs.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; name=&quot;media-2241556&quot; /&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;site myspace&quot; href=&quot;http://www.myspace.com/armanmelies&quot;&gt;Arman Méliès, &lt;i&gt;Néons blancs &amp;amp; Asphaltine&lt;/i&gt; (&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; title=&quot;site myspace&quot; href=&quot;http://www.myspace.com/armanmelies&quot;&gt;Bizarre K7&lt;span xml:lang=&quot;fr-FR&quot; lang=&quot;fr-FR&quot;&gt;,2005)&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Effrayé par Ennio Morricone dans sa jeunesse, Arman Méliès s'est remis de ce traumatisme. Mais a néanmoins vu resurgir le spectre de l'ensorcelant compositeur dans son répertoire des années plus tard avec le recours aux guitares western. Si John Barry n'est jamais loin non plus, le jeune auteur-compositeur et chanteur français ne s'en cache point, bien qu'il ait déjà trouvé sa propre voie avec &lt;i&gt;Néons blancs &amp;amp; Asphaltine.&lt;/i&gt; Un premier long format tout de grâce folk-pop aussi étale que mélancolique et raffinée. Arman Méliès cite encore le leader de Talk Talk, Mark Hollis, comme inépuisable source d'inspiration et lui dédie un titre magnifiquement dépouillé, «Hollisong», en guise d'épilogue instrumental. Cinéphile tardif, boulimique culturel, il a également emprunté à la poésie muette d'un réalisateur célèbre pour ses trucages, Georges Méliès, son patronyme artistique. Ainsi que la griffe graphique de ses pochettes CD artisanales, où se côtoient des gamins tirant un cerf-volant ou un zeppelin, éoliennes, phares, hommes et femmes masqués comme Fantomas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Malgré cette profusion de généalogies – il mentionne encore sur le plan rock les expérimentaux Blonde Redhead ou Low –, le multi-instrumentiste s'est forgé une captivante identité, solide et distinguée, dans le paysage sonore francophone. Comme en témoigne brillamment &lt;i&gt;Néons blancs &amp;amp; Asphaltine:&lt;/i&gt; de rêveries hypnotiques en crescendos accrocheurs, d'harmonies célestes en jeux de timbres alanguis, de respirations en haletantes saturations. Le résident parisien joue les dissidents parmi une scène chanson hexagonale qui peine à faire son deuil des cuivres et mélodies fanfaronnes des Bénabar et consorts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfant du rock, de la génération Bashung-Noir Désir-Dominique A, Arman Méliès a postulé avec ses compositions bricolées que le mariage entre influences anglo-américaines (de Cat Power à Calexico via Bonnie «Prince» Billy et Lambchop), mélodies épurées et langue française était aussi chose louable et possible. Sans jamais y perdre son âme ni son originalité. Créant quelque chose d'à la fois brut et soigné, intégrant des bruits ambiants dans ses chansons (le souffle d'un ampli, une voiture au loin, un parquet qui craque, des sifflements) qui permettent de conserver une dimension bricolée tout en peaufinant les arrangements. En matière textuelle, les accidents intégrés sont plus rares. Même si Méliès procède par collages, détours et abstractions pour maintenir une ouverture, restituer une humaine complexité et, surtout, ne pas se faire donneur de leçons. Ces déclencheurs, puisés également au cinéma et en musique, ce «vampirique» les cultive depuis son émancipation solo en l'an 2000, après une expérience pop furtive au sein d'un groupe défunt.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Guitariste mué en chanteur et parolier, adepte du «less is more», Arman Méliès s'est toutefois construit sa propre famille sonore: de Cyann &amp;amp; Ben à Sébastien Schuller, d'affinités électives en découvertes musicales (Syd Matters). Les mélancolies de Méliès, en tous les cas, paient.&lt;/p&gt;
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