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    <title>Last posts on chevalier</title>
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    <updated>2008-08-30T19:08:54+02:00</updated>
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        <author>
            <name>THEATRUM BELLI</name>
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        <title>Le chevalier dans l'imaginaire européen</title>
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        <updated>2008-06-02T16:09:00+02:00</updated>
        <published>2008-06-02T16:09:00+02:00</published>
        <summary>      Malgré l'envahissement des sociétés modernes et, en conséquence, de...</summary>
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           &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/00/01/1193657644.jpg&quot; id=&quot;media-1047455&quot; alt=&quot;1193657644.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-1047455&quot; /&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Malgré l'envahissement des sociétés modernes et, en conséquence, de l'existence quotidienne par les sciences et les techniques, le chevalier demeure un personnage exemplaire car nimbé d'un prestige qui joint les contingences de l'humain aux orbes de la métaphysique. Prestige qui, dans toute l'Europe et bien au-delà, devait survivre à la disparition de l'ancien régime royal et féodal ou, selon les nations, à sa transformation en monarchie constitutionnelle. C'est pourquoi, par exemple, la République française a le pouvoir de conférer, entre autres, le titre de « chevalier de la Légion d'Honneur ». De plus, à travers notre « vieux continent », comme disent les natifs d'outre Atlantique (qui, eux aussi, associent médailles et chevalerie), des ordres célèbres issus du Moyen Âge – de la Toison d'Or à la Jarretière en passant par Calatrava – existent toujours. Tout cela semble dire que l'image du chevalier manifeste quelque chose de fondamental et, de la sorte, d'indissociable de l'identité européenne.&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;margin-left: 36pt; text-indent: -18pt&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Dans l'imagination populaire, où se télescopent reliquats de l'Histoire, séquences de cinéma, séries télé et album de B.D. (pardon, de « romans graphiques », selon la dénomination désormais académique), le chevalier est un personnage possédant un ensemble de qualités qui font de lui un être hors du commun, différencié du troupeau de l'humanité ordinaire. À l'exemple de Bayard, &lt;i&gt;« sans peur et sans reproches »,&lt;/i&gt; on l'imagine prêt à défendre &lt;i&gt;« la veuve et l'orphelin »&lt;/i&gt; ; il est le &lt;i&gt;« chic type »&lt;/i&gt; qui, semblablement à Martin de Tours, saint patron de notre nation, se montre immédiatement secourable au malheureux quémandant secours. Jadis, il y a trente ans, tout personnage sympathique et courageux qui, de façon fictionnelle ou tangible captivait le public, participait un peu – sinon beaucoup – de la figure du chevalier. Ainsi, sur le petit écran, Tanguy et Laverdure étaient-ils &lt;i&gt;Les Chevaliers du ciel&lt;/i&gt;, tandis que le refrain du générique de &lt;i&gt;Starsky et Hutch&lt;/i&gt; qualifiait ces policiers de &lt;i&gt;« chevaliers qui n'ont jamais peur de rien ! »&lt;/i&gt;. Certes, la comparaison est outrée mais néanmoins fort significative. De façon émouvante, Georges Rémi, alias Hergé, en rédigeant une lettre à son fils Tintin, écrit que la carrière qui attendait ce dernier devait être journalistique mais qu'en réalité elle fut au service de la chevalerie &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(1)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Et même dans l'univers futur que déploie la plus célèbre saga du Septième Art – &lt;i&gt;Star Wars&lt;/i&gt;, rassemblant des fans par millions sur toute la planète – l'harmonie et la &lt;i&gt;pax profunda&lt;/i&gt; galactique dépendent de l'ordre de chevalerie Jédi.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.vincentdutrait.com/galerie/thumbnails.php?album=41&quot; title=&quot;Illustration de Vincent DUTRAIT&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/02/01/877608330.jpg&quot; id=&quot;media-1047645&quot; alt=&quot;877608330.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;CHEVALIER RIME AVEC JUSTICIER&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Nous avons brièvement fait allusion aux qualités du chevalier. Trois d'entre elles émergent et caractérisent le comportement existentiel de ce personnage. En premier le courage, ce « cœur » immortalisant le Rodrigue de Pierre Corneille et qui, dans l'esprit des anciens, impliquait aussi la générosité. Le courage se raréfiant, il ne reste du « cœur » que sa synonymie de générosité ; ce qu'illustre &lt;i&gt;« les restos du cœur »&lt;/i&gt; à l'initiative de Coluche. Selon le monde médiéval, celui qui n'est pas avare de son sang est obligatoirement généreux. En second intervient la droiture, qualité exigeant que l'on ne transige pas et que symbolise l'épée du chevalier. Puis s'impose l'humilité, car le chevalier véritable s'interdit tout sentiment d'orgueil, toute &lt;i&gt;hubris&lt;/i&gt; aurait dit les Grecs par la voix d'Hésiode. Courage, droiture et humilité, ouvrent une brèche dans la densité de ce que d'aucuns, usant d'un néologisme, nommeront l' &lt;i&gt;« égoïté »,&lt;/i&gt; le haïssable &lt;i&gt;« moi-je »&lt;/i&gt;. Par ces trois notions, le chevalier prend ses distances d'avec &lt;i&gt;« l'humain trop humain »,&lt;/i&gt; insatiable accumulateur de médiocrité, dénoncé par Fréderic Nietzsche, le &lt;i&gt;« philosophe au marteau »&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Refuser l'&lt;i&gt;hubris&lt;/i&gt; et même la combattre farouchement, tant en soi-même qu'à l'extérieur, dans la société, implique de vivre guidé par la &lt;i&gt;diké&lt;/i&gt;, c'est-à-dire la justice, affirme encore Hésiode &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(2)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. De fait, le chevalier est, par excellence, l'individu qui s'efforce d'avoir en toute circonstance une attitude juste. Gouvernant spirituellement la chevalerie, saint Michel archange tient, comme Thémis, la balance et l'épée. Parce qu'il préside à la psychostasie du Jugement Dernier, la seule référence à sa personne nécessite de se comporter avec équité. Le chevalier est obligatoirement un justicier.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Nous venons de citer Hésiode à propos de ces antinomiques polarités que constituent l'&lt;i&gt;hubris&lt;/i&gt; et la &lt;i&gt;dyké&lt;/i&gt;. Il nous faut revenir sur ce que cet auteur en dit afin de découvrir l'un des soubassements possibles de la chevalerie. Hésiode considère en effet que l'&lt;i&gt;hubris&lt;/i&gt; est symptomatique d'une humanité éloignée de l'Âge d'Or. Toutes les conséquences négatives de cette démesure de l' &lt;i&gt;« égoïté »&lt;/i&gt; allaient se précipiter durant le dernier Âge voué au métal du dieu de la guerre, Arès. C'est la raison pour laquelle Zeus, dont Thémis fut une épouse, donna naissance aux héros « ceux-là mêmes qu'on nomme demi-dieux » &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(3)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Les armes à la main, ils œuvrent pour la &lt;i&gt;dyké&lt;/i&gt;, même si certains d'entre eux sombrent parfois dans l'&lt;i&gt;hubris&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(4)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Ancêtre d'Héraclès, le modèle même du héros pourrait se nommer Persée. Il annonce les chevaliers de légende en ce que, vainqueur de deux monstres, on le voit brandir l'épée et monter Pégase, le plus mythique de tous les chevaux &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(5)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; puisque les ailes dont il est pourvu font que son galop devient un envol. Blasonnant de la tête de Méduse &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(6)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, le bouclier offert par Athéna, Persée se révèle un justicier dès lors qu'il renverse la tyrannie que Polydectès exerçait sur l'île de Sériphos et qu'il chassera Acrisios de la cité d'Argos. Le mythe de Persée est apparu d'une telle importance aux yeux des Grecs que pas moins de cinq constellations, sur les quinze principales constituant l'hémisphère boréal, au-dessus du zodiaque, lui sont consacrées &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(7)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. C'est également porté par Pégase que Bellérophon affrontera une horreur — et erreur — génétique, la chimère.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/01/01/513205730.jpg&quot; id=&quot;media-1047579&quot; alt=&quot;513205730.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-1047579&quot; /&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;LE CHEVAL ET L'ÉPÉE&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;L'équipement du chevalier pourrait se ramener à sa monture et à l'épée &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(8)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Dans l'ancien monde, tout objet, parallèlement à sa destination utilitaire, pouvait revêtir une signification symbolique. Cette omniprésence du symbole contribuait à une mise en mémoire de ce qui s'imposait comme essentiel, fondamental même, pour les individus et la société qu'ils composaient. Un cheval ou une épée relèvent de l'utilitaire : avec un coursier, on augmente les possibilités de couvrir de longues distances et, par une arme, on peut sauvegarder son intégrité corporelle. Mais l'animal et l'objet se chargent également de significations symboliques explicitant ce que Mircea Eliade nommerait un &lt;i&gt;« changement radical de statut ontologique »&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(9)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Le cheval, « la plus belle conquête de l'homme » selon un dicton bien connu, permet donc d'aller plus vite et plus loin. Ce qui sous-entend que le dressage de l'équidé confère une capacité à outrepasser le conditionnement temporel et spatial. La monture représente le corps d'un individu - sa composante animale &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(10)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; - et l'équitation est métaphorique d'une totale maîtrise des instincts inhérents au corps. La maîtrise, voila le mot clef. Le chevalier idéal se distingue du commun des mortels ou même d'un simple cavalier par la faculté de se dominer, de posséder le commandement absolu sur son corps et sur le psychisme que conditionne la densité physiologique &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(11)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Ajoutons que le déplacement du cheval s'opère selon un triple mode : le pas, le trot et le galop. Le pas s'accorde au rythme de l'homme et, par conséquent, au monde des corps physiques, au domaine matériel qui nous entoure. Le trot représenterait le monde subtil, celui de l'âme ou, si l'on préfère et pour se rapprocher de l'interprétation des anciens, du « Double », le corps de nature subtile, la &lt;i&gt;« physiologie mystique »&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(12)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; dirait encore Eliade. Enfin, le galop qui, métaphoriquement, à l'image de Pégase, faisant que le coursier s'envole, correspond à l'illimité des corps glorieux, là où règne la pure lumière divine &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(13)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Ces trois états résument la constitution de l'être et de ce qui, au-delà du perceptible, appartient à l'éternité.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Celui qui possède la maîtrise qu'illustre l'équitation a le droit de porter une arme, en l'occurrence l'épée. Par la brillance de sa lame, l'épée apparaît métaphorique d'un éclairement car l'acier bien fourbi reflète la lumière et se confond avec. Comme le note Gilbert Durand, cette arme — surtout brandie par un chevalier — se mue en un &lt;i&gt;« symbole de rectitude morale »&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(14)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Dans &lt;i&gt;Le Conte du Graal&lt;/i&gt; de Chrétien de Troyes, le maître d'armes de Perceval, lors de l'adoubement chevaleresque de son élève, lui dit qu'avec l'épée &lt;i&gt;« il lui confère l'ordre le plus élevé que Dieu ait établi et créé, l'ordre de chevalerie qui n'admet aucune bassesse »&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(15)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Gilbert Durand ajouterait que &lt;i&gt;« La transcendance est toujours armée »&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(16)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. D'autant plus que dans le symbolisme chrétien, saint Paul nous le rappelle &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(17)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, l'épée c'est le Verbe ; ce que confirme saint Jean l'Évangéliste lors de sa la vision d'un être au corps glorieux dont le visage ressemblait « au soleil lorsqu'il luit dans sa force » tandis &lt;i&gt;que « de sa bouche sortait un glaive aigu à double tranchant »&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(18)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Le Verbe, autrement dit la parole, ce qui implique l'écriture et les mots qui naissent des lettres, se change en épée ; comme pour dire que, selon l'ancien monde, le langage à la source d'une civilisation est indissociable de la lumineuse rectitude joignant, par l'ethos qu'elle nécessite, l'humain au divin.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Prenant en quelque sorte le relaie des helléniques pourfendeurs de monstres, le Christianisme suscite, sous l'autorité de l'Archange de justice, toute une phalange de saints combattants : Georges, Théodore, Victor, si bien nommé, ou encore Véran. À côté de ces bienheureux en armes, le chevalier idéal, tel que le Moyen Âge l'a imaginé et que le monde moderne en rêve encore, s'oriente spirituellement vers une source de clarté divine. D'autant plus qu'à la même époque, passage du XIIè au XIIIè siècle, surgissent les cathédrales gothiques - vouée à la lumière de par la prépondérance des vitraux — et toute une littérature chevaleresque consacrée à un objet illuminant comme l'astre diurne et synonyme de suprême connaissance : le Graal.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Pour les auteurs de ces récits en vers ou en prose, il ne fait aucun doute que le but et l'idéal de toute chevalerie consiste à rejoindre un calice miraculeux. Mais qu'est-ce que le Graal ? Le symbole d'une transformation radicale de l'être, sa rencontre avec le principe divin qu'il porte en lui. Mon regretté maître en Sorbonne, Jean Marx, disait que la signification du Graal était exposée sur une pièce archéologique d'une extrême importance découverte au Danemark et datée du premier siècle avant notre ère. Il s'agit du célèbre chaudron celtique de Gundestrup &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(19)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; dont la signification rituelle ne fait aucun doute puisque huit divinités, occupant sa surface extérieure, le situe symboliquement &lt;i&gt;in medio mundi&lt;/i&gt; dès lors qu'elles semblent regarder vers les directions cardinales et intermédiaires de l'espace.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d9/Gundestrupkarret3.jpg&quot; title=&quot;cliquer pour agrandir&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/01/00/2062632758.jpg&quot; id=&quot;media-1047600&quot; alt=&quot;2062632758.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Une scène décorant l'intérieur révèle ce que sous-entend la chevalerie. Même si l'image qui va retenir notre attention est très antérieure à l'institution chevaleresque, elle traduit très précisément la symbolique du Graal &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(20)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Cette scène est séparée en deux registres par un motif végétal disposé à l'horizontale. La registre inférieur montre une file de guerriers s'avançant, sous la conduite d'un officier ou, peut-être, d'un officiant, vers un personnage d'une taille formidable qui les empoignent l'un après l'autre pour les tremper, tête la première, dans un récipient disposé devant lui. Pareil personnage n'est autre que le &lt;i&gt;Dagda&lt;/i&gt; (littéralement, &lt;i&gt;« dieu bon »&lt;/i&gt;), maître de l'éternité, du savoir total et des guerriers &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(21)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Ce récipient, l'un des attributs du dieu, est le chaudron d'abondance &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(22)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, de résurrection et d'immortalité. De cette &lt;i&gt;« trempe »&lt;/i&gt;, les guerriers ressortent, sur le registre supérieur, d'une part, changés en cavaliers et, d'autre part, casqués : ce ne sont plus de simples fantassins, les pieds en contact avec la terre, mais des êtres que la maîtrise d'une monture emporte en sens inverse que leurs compagnons du registre inférieur. Quant au casque les coiffant, sa signification pourrait être la suivante : de par le fait que la tête de chacun de ces guerriers a été plongée dans le chaudron, ils ressortent le mental désormais protégé, armé, « blindé » pourrait-on dire et, de la sorte, définitivement à l'abri de toute faiblesse &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(23)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Ajoutons que les différents motifs ornant les casques (un oiseau, un sanglier, des cornes de cerf et un cimier en crin de cheval) personnalisent chacun des cavaliers, comme le ferait un blason &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(24)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Cette cavalerie issue d'une seconde naissance – spirituelle - annonce la chevalerie du Graal.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;On pourrait dire que, par l'ascèse chevaleresque, se produit intérieurement une distanciation d'avec cette « égoïté » déjà mentionnée. Distanciation faisant éclore des états de conscience que l'ancien monde assimilait à un autre corps, de nature non plus physique, bien entendu, mais subtile. Selon les peuples, on l'a nommé &lt;b&gt;&lt;i&gt;eidolon&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (dans la Grèce antique), &lt;b&gt;&lt;i&gt;delba&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (chez le Celtes d'Irlande), &lt;b&gt;&lt;i&gt;hamr&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; ou, sous son aspect supérieur, &lt;b&gt;&lt;i&gt;fylgja&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; (chez les Vikings) et Régis Boyer, approfondissant l'étude de ces deux derniers termes, intitule précisément son ouvrage &lt;i&gt;Le Monde du Double&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(25)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. La tradition chrétienne ne fera pas exception puisque l'âme sera perçue comme la duplication immatérielle du corps physique ainsi que, par exemple, le montre un chapiteau de la basilique romane de Vézelay représentant la mort d'un avare. Un petit personnage à l'image du mourant sort de sa bouche, illustrant ainsi la formule &lt;i&gt;« rendre l'âme »&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Ce thème du Double est explicite dans la mythologie grecque avec les Dioscures. Castor, le mortel, accède à l'immortalité par son frère Pollux qui, lui, est immortel. Précision importante, ils patronnent les cavaliers et, au ciel étoilé, constituent le signe astrologique des Gémeaux. Le symbolisme qu'exprime cette figure céleste sera repris par le Moyen Âge puisque Castor et Pollux sont sculptés au portail occidental de la cathédrale de Chartres sous l'aspect de deux jeunes gens qui, par un geste rituel &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(26)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, sont positionnés de telle façon que chacun apparaît comme le reflet de l'autre dans un miroir. Ils tiennent devant eux un écu. Un unique écu alors qu'ils sont deux ? Ce qui signifie bien qu'il n'y a en réalité qu'un seul personnage. Plus tardif (XIIIè siècle) que cette sculpture mais s'en inspirant peut-être, l'un des sceaux de l'Ordre du Temple montre deux chevaliers tout équipés montés sur un même cheval &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(27)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Remplaçant l'unique écu, la monture laisse supposer qu'il n'y a en réalité qu'un cavalier mais figuré avec son Double - rendu visible - comme à Chartres. Ainsi que le fit remarquer Gilbert Durand après publication de l'un de mes ouvrages &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(28)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, cette image de deux combattants sur la même monture rappelle fortement ce que l'on voit sur deux pièces archéologiques datant de la période des invasions germaniques et découvertes en des lieux éloignés l'un de l'autre &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(29)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Elles montrent exactement la même figuration d'un cavalier renversant son adversaire tandis que, derrière lui sur le cheval, un personnage de taille réduite l'aide à tenir fermement sa lance dans le combat. Ce personnage n'est autre que sa &lt;i&gt;fylgja&lt;/i&gt; (littéralement, &lt;i&gt;« accompagnatrice »&lt;/i&gt;), terme évoqué plus haut et désignant le Double ou corps subtil d'un être &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(30)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Durant l'expédition des Argonautes, les têtes de Castor et Pollux furent illuminées par le phénomène appelé « feu de Saint Elme ». Ce qui fait immédiatement songer à la descente du feu du Saint Esprit sur tête des Apôtres lors de la Pentecôte, fête célébrée au début ou, approximativement, au milieu de la période astrologique des Gémeaux. Or, c'est précisément ce moment de l'année que choisit l'enchanteur Merlin pour créer la fameuse Table Ronde destinée à rassembler les meilleurs d'entre les chevaliers. Ainsi que nous l'avons dit dans d'autres études, Merlin pourrait être considéré comme bien autre chose qu'un sage doté d'un prodigieux savoir. On l'a considéré comme l'héritier et le continuateur du druidisme. Disons que, comme son nom latinisé (chez Geoffroy de Monmouth) l'indique, il serait le détenteur de ce que l'on nomme, depuis René Guénon, la Tradition primordiale &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(31)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; synonyme d'Âge originel ou, pour se référer une fois encore à Hésiode, d'Âge d'Or.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://&quot; title=&quot;La 15è rune &amp;quot;Algiz&amp;quot;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/02/00/26868700.jpg&quot; id=&quot;media-1047967&quot; alt=&quot;26868700.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Ce n'est pas non plus par hasard si Chrétien de Troyes, dans le récit qui inaugure le cycle du Graal, fait arriver son héros, Perceval, dans un énigmatique château — véritable temple de la connaissance suprême — un soir de Pentecôte &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(32)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Là, il assistera au cortège du Graal. Dans diverses études, il nous a été donné de montrer toute l'importance de ce singulier procession où sont portés cinq objets éminemment symboliques. Il ne fait guère de doute que l'auteur de ce récit compose une scène d'une importance extrême permettant d'entrevoir à quelle signification d'ordre initiatique se réfère ce modèle idéal de chevalerie qu'illumine le Graal. Nous en sommes arrivés à la conclusion suivante : par la disposition des cinq personnages qui le constituent, &lt;b&gt;ce cortège stylise la silhouette de quelqu'un se tenant debout et levant ses bras en V, de façon à former un caractère runique, le quinzième de l'écriture germanique de la période des invasions.&lt;/b&gt; On pourrait s'étonner du rapprochement que nous établissons entre cette lettre d'un alphabet païen qui avait disparu depuis six siècles au moins et ce conte médiéval tout empreint de religiosité christique. Mais ce serait oublier ce qui a été dit un peu plus haut concernant l'image du combattant chevauchant avec sa &lt;i&gt;fylgja&lt;/i&gt; et que l'on retrouve sur le sceau templier. D'autant plus que le caractère runique tracé par le cortège du Graal renvoie à la symbolique des Dioscures version germanique &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(33)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, comme le font remarquer d'éminents runologues parmi lesquels Lucien Musset &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(34)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; et Wolfgang Krause &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(35)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. De plus, Chrétien de Troyes introduit dans ce cortège une composante directement allusive aux Gémeaux. En effet, après le porteur de la lance qui saigne surnaturellement &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(36)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, &lt;i&gt;« parurent deux autres jeunes gens tenant des chandeliers d'or pur (...) Ces jeunes gens, qui tenaient les chandeliers, étaient d'une grande beauté »&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(37)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Nous sommes tentés de dire que cette beauté fait songer à Castor et Pollux puisqu'on les représente, nous dit P. Commelin, &lt;i&gt;« sous la figure de robustes adolescents d'une irréprochable beauté »&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(38)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Si l'on admet que le cortège du Graal stylise à l'extrême la silhouette d'un personnage aux bras levés, le précieux calice occupe la place du cœur. Le Graal étant d'or fin &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(39)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, on pourrait dire qu'il évoque l'Âge que blasonne ce même métal. D'une part, le cortège trace la silhouette du Double et, d'autre part, le Graal, en constituant le cœur de cette autre corporéité, annonce la transformation du Double en corps glorieux et, de la sorte, la réintégration de l'Âge d'Or &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(40)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;À travers les images chargées de symboles des récits arthuriens, le but initiatique de la chevalerie consistait à proposer une vision héroïque de l'existence tournée vers l'idée d'une possible restauration des temps primordiaux. Restauration qu'énoncent le Grec Hésiode ou le Romain Virgile &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;(41)&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; et qui, dans l'Apocalypse de Jean, se traduit par l'apparition de la Jérusalem céleste dont le matériaux singulier — cet &lt;i&gt;« or pur, pareil à du pur cristal »&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(42)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; - est évocateur de l'Âge originel. Chrétien de Troyes fait allusion au fait que l'Âge comparé au métal solaire reviendra et, ainsi, ensevelira celui voué au Fer ; et ce par l'armure du chevalier destiné à restaurer le royaume du Graal. En effet, Perceval porte un haubert dont les mailles de fer sont recouvertes d'or &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(43)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;L'image du chevalier idéal se présente donc comme indissociables d'un supposé Âge d'Or. Dans l'imaginaire médiéval, ce thème d'un commencement merveilleux fit se confondre le Jardin d'Éden et des données issues du paganisme telles que l'apollinienne Hyperborée ou les îles du Nord du monde du légendaire irlandais &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(44)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. C'est probablement la raison pour laquelle la légende envoie saint Brandan découvrir le Paradis terrestre dans une région septentrionale sinon polaire &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(45)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. L'éthique chevaleresque pourrait alors être définie comme la tentative de parvenir à cette rupture de niveau ontologique qu'énonce Éliade et qui, tout en suscitant la mémoire des origines, ferait en sorte de préparer à un retour du fondement originel de toute civilisation. Issu de l'Antiquité et repris par le Moyen Âge cette conception de l'existence et de l'Histoire replace l'identité européenne dans un contexte non point évolutionniste mais conforme à ce que l'on pu nommer, avec René Guénon, la Tradition.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Paul-Georges SANSONETTI&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Diplômé de l'Ecole du Louvre,&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;/li&gt; &lt;li&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Diplômé de l'Ecole Pratique des Hautes Etudes,&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;/li&gt; &lt;li&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;Doctorat de Lettres de 3eme Cycle&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; &lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;NOTES&amp;nbsp;:&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(1)&lt;/b&gt; Lettre reproduite dans l'ouvrage de Numa Sadoul intitulé &lt;i&gt;Tintin et moi&lt;/i&gt;, entretiens avec Hergé, Editions Casterman (2000), p. 254.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(2)&lt;/b&gt; Cf. Jean-Pierre Vernant, &lt;i&gt;Mythe et pensée chez les Grecs&lt;/i&gt;, Editions Maspéro (Paris, 1965), p. 18.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(3)&lt;/b&gt; Dans &lt;i&gt;Les Travaux et les Jours&lt;/i&gt;, Editions Librairie Générale Française (Paris, 1999), p. 102, vers 157-160.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(4)&lt;/b&gt; Ainsi, sous les murs de Troie, pour certains d'entre eux.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(5)&lt;/b&gt; Avec Sleipnir (littéralement, « Glissant »), le cheval à huit jambes du dieu scandinave Odinn. Or, Odinn est le maître de la noblesse, classe sociale destinée à incarner la fonction guerrière et, selon les circonstances, à assumer l'autorité spirituelle que confèrent des étapes initiatiques.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(6)&lt;/b&gt; On sait que le regard de Méduse, la Gorgone, changeait en pierre les infortunés qui la rencontraient. Persée en la décapitant grâce aux armes divines (le bouclier miroir donné par Athéna et le glaive par Hermès) montre qu'il est capable de neutraliser la pétrification qu'opère cette créature monstrueuse dont, se confondant avec sa chevelure, les nœuds de vipères traduisent un mental horriblement venimeux. Cette neutralisation de ce que l'on nommerait un pouvoir incapacitant donne naissance à Pégase, autrement dit à la jonction entre terre et ciel ou, si l'on préfère, entre les humains (mortels) et les Olympiens (immortels). La sienne (tenant la tête de Méduse), Pégase, Danaé et ses parents, Céphée et Cassiopée.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(8)&lt;/b&gt; La lance accompagne souvent l'épée mais sa signification est la même. Dans les deux cas, il s'agit d'une arme droite symbolisant la rectitude.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(9)&lt;/b&gt; Dans &lt;i&gt;Le sacré et le Profane&lt;/i&gt;, Edition Gallimard (Paris, 1969), p. 156.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(10)&lt;/b&gt; Telle est probablement la signification du centaure, créature tantôt négative, l'être prisonnier de ses pulsions animales (on songe à ces centaures ivres qui s'emparent des femmes Lapithes ou encore à Nessus enlevant Déjanire), tantôt exemplaire si les instincts sont totalement maîtrisés (ainsi pour Chiron, initiateur d'Héraclès et d'Achille, devenu le signe astrologique du Sagittaire).&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(11)&lt;/b&gt; On aura compris que l'équitation est métaphorique du yoga. De plus, la représentation de la Tempérance montre que cette figure féminine tient un mors comme attribut emblématique. Sur ce thème, cf P-G. Sansonetti, &lt;i&gt;Chevalerie du Graal et Lumière de Gloire&lt;/i&gt;, Editions Exèdre (Menton, 2004), p. 240 et suivantes.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(12)&lt;/b&gt; Dans &lt;i&gt;Le Yoga&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;immortalité et liberté&lt;/i&gt;, Editions Payot (Paris, 1968), p. 239.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(13)&lt;/b&gt; Sur un plan iconographique médiéval, ce monde radieux car divin est traduit par l'auréole dorée des saints personnages et par le ciel d'or entourant les figures de la Trinité ou les entités angéliques. Ce même procédé intervient dans les mosaïques byzantines et dans l'art orthodoxes ainsi que dans certaines miniatures persanes ; cf Henri Corbin, &lt;i&gt;Terre céleste et Corps de résurrection&lt;/i&gt;, Editions Buchet-Chastel (Paris, 1961), p. 44.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(14)&lt;/b&gt; Dans &lt;i&gt;Les Structures Anthropologiques de l'Imaginaire&lt;/i&gt;, Editions Bordas (Paris, 1973), p. 189.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(15)&lt;/b&gt; Transcription en prose moderne par Jacques Ribard, Editions Honoré Champion (Paris-Genève, 1997), p. 44.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(16)&lt;/b&gt; &lt;i&gt;Les Structures Anthropologiques de l'Imaginaire&lt;/i&gt;, op. cit., p. 179.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(17)&lt;/b&gt; Epître aux Théssaloniciens, 4, 8.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(18)&lt;/b&gt; Apocalypse, 1, 16.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(19)&lt;/b&gt; Du nom de la localité où il fut mis à jour. Cet objet est conservé au Nationalmuseet de Copenhague mais une réplique existe au Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye (dans la grande salle d'archéologie comparée).&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(20)&lt;/b&gt; Pour une étude plus détaillée de cette scène, nous ne pouvons que renvoyer à notre ouvrage, déjà mentionné, &lt;i&gt;Chevalerie du Graal et Lumière de Gloire&lt;/i&gt;, p. 91 et suivantes.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(21)&lt;/b&gt; Cf. Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc'h, &lt;i&gt;Les Druides&lt;/i&gt;, Editions Ouest France (Rennes, 1986), p. 379.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(22)&lt;/b&gt; Equivalent celtique de l'inépuisable corne d'abondance dans la tradition grecque. On notera que le chaudron de Gundestrup contient l'image d'un autre chaudron, divin celui-là.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(23)&lt;/b&gt; Ce qui n'est pas sans évoquer l'image de Pallas Athéna, toujours casquée car déesse de l'intelligence armée.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(24)&lt;/b&gt; A propos de l'oiseau blasonnant le premier cavalier, on a retrouvé dans un site celtique de Roumanie (à Ciumesti) un casque d'apparat surmonté d'un oiseau métallique aux ailes articulées. Peut-être s'agit-il de la représentation d'un corbeau, animal dédié au dieu Lug. Porté par le second cavalier, le sanglier, très fréquent dans l'art celte, relève d'un symbolisme polaire car associé à la notion de terre originelle et de lumière (l'accentuation des soies dorsale évoque une radiance de la colonne vertébrale) ; sur le sanglier, cf. René Guénon, le chapitre XXIV des &lt;i&gt;Symboles fondamentaux de la Science sacrée&lt;/i&gt;, Edition Gallimard (Paris, 1965). Le casque du troisième porte des cornes de cerf, emblème du dieu forestier Cernunnos précisément représenté dans la décoration intérieure (et sans doute aussi extérieure) du chaudron. Enfin, le quatrième cavalier arbore un cimier assez semblable à ceux ombrageant les casques grecs ou italiques. Comme il ne peut s'agir que de crin de cheval, le symbolisme renvoie à ce dernier animal consacré à la déesse cavalière Epona. Il n'est sans doute pas inutile de signaler que le motif végétal isolant l'un de l'autre les deux registres possède trois racines qui jouxtent le chaudron ; on nous précise ainsi que pareille figuration s'identifie avec ce que contient et représente le récipient : la « force vitale » (source d'abondance et de résurrection) souvent figurée par l'Arbre Axe du monde qui, marquant l'invariable milieu de toute chose, joint la terre au ciel. Sans doute s'agit-il d'un tel Arbre qui, ici, est stylisé en une simple ligne végétale ramifiée. Si cet Arbre fait corps avec le chaudron, cela signifie que ceux dont la tête est plongée dedans en ressortiront définitivement porteurs de ce que l'Arbre symbolise. La notion de jonction entre l'humain et le divin est donc indissociable de cette « proto-chevalerie » conçue par la tradition celtique. Dans le récit intitulé &lt;i&gt;La Queste del Saint Graal&lt;/i&gt;, il est question de passer de la chevalerie terrestre à la chevalerie « célestielle ».&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(25)&lt;/b&gt; Editions Berg International (Paris, 1986). Cette silhouette aux bras en V est celle du crucifié. Toutefois, l'iconographie chrétienne présente parfois Jésus non point sur la croix mais sur un une sorte d'Y (comme le montre la mitre de Saint Charles Borromeo, dans le trésor de la cathédrale de Milan) ou carrément sur ce qui ressemble fort à la rune quinzième (ainsi, dans l'église San Andrea à Pistoie, sur la chaire en marbre par Jean de Pise, réalisée en 1301 ; ou encore, dans la cathédrale de Cologne, le Christ dit « de la peste » datant aussi du XIVème siècle). On pourrait également citer, du XIIème siècle et légèrement antérieur à l'œuvre de Chrétien de Troyes, sur le tympan du monastère de Ganagobie, la singularité de l'auréole du Christ : au lieu de comporter une croix, cette auréole est marquée par un tracé évocateur de la rune quinze.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(26)&lt;/b&gt; Tous deux portent une main à leur épaule : la senestre à l'épaule droite pour le premier et la dextre à l'épaule gauche pour le second. Ils indiquent ainsi la clavicule — du latin &lt;i&gt;clavicula&lt;/i&gt;, « petite clef » - comme pour avertir celui qui les contemple que cette sculpture nécessite des clefs de lecture. Le « meuble » héraldique déployé sur leur écu résume tout un processus alchimique reflétant la transmutation de l'homme mortel en un être immortel. En effet, ce meuble est intitulé « rais d'escarboucle » et, en alchimie, l'escarboucle est synonyme de pierre philosophale, le Grand Œuvre sensé conférer l'immortalité.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(27)&lt;/b&gt; 0n a interprété le fait que deux Templiers enfourchent un même cheval comme un symbole de pauvreté de l'Ordre. Cette assertion tient d'autant moins qu'à l'époque où ce sceau était en usage le Temple possédait une fortune considérable.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(28)&lt;/b&gt; &lt;i&gt;Graal et Alchimie&lt;/i&gt;, Editions Berg International (Paris, 1992).&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(29)&lt;/b&gt; Il s'agit d'abord d'une bractéate en or trouvée à Pliezhausen, dans le Wurtemberg (Allemagne). Le motif qu'elle porte est reproduit de façon répétitive sur le casque découvert à Sutton Hoo, Suffolk (Angletrre), dans la tombe d'un prince anglo-saxon enterré probablement en 625. Le fait que nous soyons en présence de deux représentations exactement semblables montre toute l'importance de ce motif et tendrait à prouver que les artistes (ou artisans) reproduisaient scrupuleusement certains modèles d'inspiration initiatique.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(30)&lt;/b&gt; Le mot &lt;i&gt;fylgja&lt;/i&gt; est norrois mais il correspond au gothique &lt;i&gt;fulgja&lt;/i&gt; et, dans la terminologie concernant ce qu'il conviendrait de nommer, avec Mircea Eliade, la « physiologie subtile » (&lt;i&gt;Le Yoga&lt;/i&gt;, op.cit., p. 81), correspond à l'aspect supérieur du Double. On peut voir au Musée de Berlin une tête d'argile très schématiquement façonnée sur laquelle sont répartis cinq caractères runiques formant approximativement le mot &lt;i&gt;fulgja&lt;/i&gt;. Comme on peut le lire sous la reproduction photographique de cet objet dans la &lt;i&gt;Mythologie Générale&lt;/i&gt;, Editions Larousse (Paris, 1936), p. 247, &lt;i&gt;« cette statuette représenterait sous un aspect concret, la partie immatérielle d'un être vivant ».&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(31)&lt;/b&gt; Cf diverses études dans lesquelles nous avons montré que ce nom latinisé, Merlinus, occultait la notion de Tradition primordiale ou, ce qui revient au même, de Pôle ; cf., par exemple, notre article consacré au film de Peter Jackson, &lt;i&gt;Le Seigneur des Anneaux&lt;/i&gt; dans le n° 22 de la revue &lt;i&gt;Liber Mirabilis&lt;/i&gt; (saison 2001-2002), p. 34.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(32)&lt;/b&gt; Entre autres à l'occasion d'un article intitulé Les symboles dans le cortège du Graal, pour la revue Histoire et images médiévales (Février-Mars 2006), p. 39.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(33)&lt;/b&gt; Rappelons que Tacite établit un parallèle entre les Dioscures et les Alci que &lt;i&gt;« l'on vénère comme deux frères, comme deux jeunes hommes »&lt;/i&gt; ; chapitre XLIII de &lt;i&gt;De Germania&lt;/i&gt;, Editions Les Belles Lettres (Paris, 1967), p. 97.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(34)&lt;/b&gt; Dans &lt;i&gt;Introduction à la Runologie&lt;/i&gt;, Editions Aubier Montaigne (Paris, 1976), p. 137.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(35)&lt;/b&gt; Cf son ouvrage &lt;i&gt;Les Runes&lt;/i&gt;, Editions du Porte-Glaive (Paris, 1995), p.36.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(36)&lt;/b&gt; Il s'agit de la lance du centurion Longin qui perça le flanc du Christ lors de la crucifixion.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(37)&lt;/b&gt; &lt;i&gt;Le Conte du Graal&lt;/i&gt;, traduit en français moderne par Jacques Ribard, Editions Honoré Champion (Paris, 1997), p. 70.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(38)&lt;/b&gt; &lt;i&gt;Mythologie grecque et romaine&lt;/i&gt;, Edition Pocket (Paris, 1994), p. 354.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(39)&lt;/b&gt; Vers n° 3233 de l'Edition William Roach&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(40)&lt;/b&gt; N'oublions pas que le symbolisme chrétien avait incorporé la doctrine des quatre Âges symbolisés par des métaux, à la fois par la connaissance du texte d'Hésiode et par le passage du livre de Daniel où, dans le songe de Nabuchodonosor, il est question de la statue dont la tête est d'or, la poitrine d'argent, le ventre et les cuisses d'airain et les mollets de fer.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(41)&lt;/b&gt; Dans ses Bucoliques, quatrième églogue, le poète annonce la naissance de l'enfant qui va « bannir le siècle de fer et ramener l'Âge d'Or (...) Cet enfant vivra de la vie des dieux » ; traduction de M. Charpentier de SaintPrest, Editions Garnier frères (Paris). On sait que Chrétien de Troyes avait lu Virgile, comme le montre le vers 9059 où il cite les noms de Lavinie et d'Énée, personnages de l'Énéide.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(42)&lt;/b&gt; 21 – 18, Bible du chanoine Crampon.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(43)&lt;/b&gt; &lt;i&gt;« Une(s) armes totes dorees. »&lt;/i&gt; dit le texte original ? Vers 40&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;(44)&lt;/b&gt; Il est question, dans le &lt;i&gt;Lebor Gabala&lt;/i&gt;, de quatre îles au Nord du monde où se trouvait le chaudron de résurrection et siège de l'enseignement druidique ; cf. Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc'h, &lt;i&gt;Les Druides&lt;/i&gt;, op. cit., p. 305. Cette thématique d'un lieu mystérieux situé « quelque part » dans l'extrême Nord et qui, singulièrement verdoyant (le nom même de Groenland a suscité des interrogations), serait le siège d'une connaissance supra-humaine rejoint l'ultima Thulé des auteurs grecs et latins, de Pythéas et Sénèque à Virgile qui, dans ses &lt;i&gt;Georgiques&lt;/i&gt; (1, 30), situe cette contrée « aux extrémités du monde ».&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(45)&lt;/b&gt; &lt;i&gt;Le Voyage de Saint Brandan&lt;/i&gt; par Benedeit, Edition 10/18, bibliothèque médiévale (Paris, 1984).&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;div style=&quot;text-align: center&quot;&gt;&lt;object classid=&quot;clsid:D27CDB6E-AE6D-11cf-96B8-444553540000&quot; codebase=&quot;http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,29,0&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;200&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://ws.amazon.fr/widgets/q?ServiceVersion=20070822&amp;amp;MarketPlace=FR&amp;amp;ID=V20070822%2FFR%2Ftb0f6-21%2F8003%2Fe4e61703-23a7-4f98-94e6-8daca55c456d&amp;amp;Operation=GetDisplayTemplate&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;quality&quot; value=&quot;high&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;menu&quot; value=&quot;false&quot; /&gt; &lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;&quot; /&gt; &lt;embed src=&quot;http://ws.amazon.fr/widgets/q?ServiceVersion=20070822&amp;amp;MarketPlace=FR&amp;amp;ID=V20070822%2FFR%2Ftb0f6-21%2F8003%2Fe4e61703-23a7-4f98-94e6-8daca55c456d&amp;amp;Operation=GetDisplayTemplate&quot; wmode=&quot;&quot; quality=&quot;high&quot; menu=&quot;false&quot; pluginspage=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;200&quot; /&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt; &amp;nbsp; 
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        <author>
            <name>Yvan Lubraneski</name>
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        <title>Ensemble pour une santé solidaire !</title>
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        <updated>2008-05-19T16:26:00+02:00</updated>
        <published>2008-05-19T16:26:00+02:00</published>
        <summary>   Appel des usagers, professionnels de la santé, organismes et travailleurs...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://www.yvanlubraneski.fr/">
           &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Appel des usagers, professionnels de la santé, organismes et travailleurs sociaux&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;opposés au sacrifice de la sécurité sociale sur l’autel du profit.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;- &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.ensemblepourunesantesolidaire.fr&quot;&gt;Signer l'appel&lt;/a&gt; -&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&quot;Le Président de la République et le gouvernement nous martèlent que la sécurité sociale c’est dépassé. Que ça ne fonctionne plus. Que le principe en lui-même est obsolète.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ils nous affirment que ça coûte trop cher «&amp;nbsp;à la société&amp;nbsp;», que ce n’est plus possible, non, vraiment…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ils nous expliquent que la solidarité est un obstacle au progrès. Que le service public c’est moins bien que le privé. Quitte à manipuler les arguments financiers, qui pourtant prouvent le contraire…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ils nous préviennent que les changements – pudiquement baptisés «&amp;nbsp;évolutions&amp;nbsp;» - sont inéluctables, qu’il n’y a pas moyen de faire autrement.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il y a une vérité dans leur discours&amp;nbsp;: en effet, le système de santé français va mal. Et il pourrait aller mieux.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Beaucoup de «&amp;nbsp;responsables&amp;nbsp;» sont désignés d’un doigt accusateur. Les malades, d’abord, «&amp;nbsp;consommateurs&amp;nbsp;» de soins, qui «&amp;nbsp;surconsommeraient&amp;nbsp;» des soins pour la seule raison que, quand on ne paye pas, ou pas cher, on gâche, et qu’il faut «&amp;nbsp;responsabiliser&amp;nbsp;» par une sanction financière&amp;nbsp;: les franchises dites «&amp;nbsp;médicales&amp;nbsp;», qui ne sont pas plus médicales que franches.&lt;/p&gt;  &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ces franchises qui, en opposant au principe de protection solidaire celui du «&amp;nbsp;chacun pour soi&amp;nbsp;» évacuent la question fondamentale du financement de la sécurité sociale. Financement actuellement assis sur la part salariale des revenus, qui a baissé ces dernières années au profit d’autres formes de revenus, du capital, non assujetties à la contribution sociale.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ce n’est donc pas, comme on voudrait nous le faire croire, un problème insoluble de financement d’un système&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Il s'agit avant tout d'habituer les patients à payer toujours plus, à les amener à désespérer du système d'assurance-maladie issu de la Résistance, dans lequel chacun, quelle que soit sa condition sociale, se voit garantir un égal accès aux soins, en cassant tout le système pour convaincre qu’il ne fonctionne plus. En le rendant exsangue pour prouver que l’Etat ne peut plus assurer cette mission de service public,&lt;/strong&gt; &lt;strong&gt;en créant les conditions du chaos ou de la pénurie, il n’y aura plus d’autre choix que le privé.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Des médecins, des économistes de santé, des politiques, des syndicats, des associations de malades ont tiré le signal d’alarme.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Mais c’est une accélération des réformes qui est annoncée pour l’automne.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les appellations positives de «&amp;nbsp;réforme&amp;nbsp;», «&amp;nbsp;modernisation&amp;nbsp;», pour «&amp;nbsp;améliorer l’accès aux soins&amp;nbsp;» sont l’habillage élégant de projets répondant à une seule logique&amp;nbsp;: la diminution drastique de tous les moyens d’Etat pour la santé.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Après les déremboursements, remises en question du remboursement des affections de longue durée, «&amp;nbsp;forfaits&amp;nbsp;» sur les soins, «&amp;nbsp;franchises&amp;nbsp;», attribution de la CMU, etc… qui n’étaient que les amuse-gueule, le gouvernement nous concocte pour la rentrée le plat de résistance, dont la pièce maîtresse est le projet de «&amp;nbsp;réforme&amp;nbsp;» de l’hôpital.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Service public donc par nature dépensier et mal géré, l’hôpital a vu, en 2004, deux spécialistes, Philippe Douste-Blazy-et Xavier Bertrand, se pencher sur son cas, et lui administrer une potion miracle qui allait le remettre sur pieds pour 2008&amp;nbsp;: la T2A. Tarification à l’activité. LA solution.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;On allait voir.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;On a vu. Même les rapports des chambres régionales des comptes sont obligés de constater le lien direct de cause à effet entre T2A et déficit catastrophique des hôpitaux publics en 2008. Car on avait juste oublié une chose dans ce système qui voulait aligner les hôpitaux publics sur le privé&amp;nbsp;: la prise en charge des malades les plus lourds, les plus fragiles, les plus dépendants… devenus, dans ce système, les moins «&amp;nbsp;rentables&amp;nbsp;».&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Au lieu de revoir les modalités de la T2A, le projet de réforme préconise la fermeture massive d’hôpitaux publics, pardon, leur «&amp;nbsp;évolution&amp;nbsp;» en services de gériatrie médicalisés. Et une forte réduction des personnels hospitaliers. Qui sont déjà en nombre insuffisant.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ce qui est bien avec ce type d’arguments, c’est qu’on peut les décliner à l’infini. Certains ne s’en lassent pas.…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Au fil de ces mesures ridicules et obscènes, la notion même d'assurance-maladie solidaire est méthodiquement vidée de son sens, par ceux là même qui devraient la sauver, pendant qu'en&amp;nbsp;coulisse les assureurs privés se frottent les mains.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En culpabilisant tout le monde, malades et médecins, hôpital et médecine de ville, en désignant un coupable après l’autre, pour que tout le monde se sente un peu «&amp;nbsp;responsable&amp;nbsp;» de la mort de la sécu, et puisse accuser l’autre pour se défausser, les fossoyeurs de la sécurité sociale se sentent à l’abri.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Plus pour longtemps.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Car les mensonges et les manipulations n’ont qu’un temps. Et les français, dans leur grande majorité, (plus de 70%) profondément attachés au système solidaire, commencent à se demander si on ne les prend pas un peu pour des imbéciles. Qu’ils ne sont pas.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Aujourd’hui, &lt;strong&gt;ce ne sont plus seulement les professionnels et les économistes de la santé qui dénoncent la politique gouvernementale de casse de la Sécu. Ce sont les usagers.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Des usagers qui, quels que soient leurs choix politiques, ne veulent pas d’une privatisation à l’américaine de notre système de santé, symbolisée par le discours du Directeur de l'Union Nationale des Caisses d'Assurance-Maladie, Frédéric Van Roekeghem, ancien cadre des assurances privées, nommé à la tête de la Sécurité sociale par Jacques Chirac en 2004, qui se félicite ouvertement de l'effet-franchise et de la décélération des remboursements de Sécurité Sociale.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Tandis que, pendant ce temps, dans le monde réel de nombreux malades sont amenés à repousser certains soins ou à y renoncer&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Des représentants d'associations d'usagers, Les travailleurs sociaux, les personnels des CPAM, les professionnels de la santé et du monde social alertent sur les retards de soins et sur l'augmentation des demandes d'aide auprès des fonds d'aide sociale des CPAM ou des mairies.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les médecins généralistes constatent la diminution du nombre des consultations, le retard à certains accès aux soins, la complexité grandissante de certaines consultations trop tardives.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Des infirmiers et généralistes sont menacés de sanctions (financières bien sûr) s’ils pratiquent «&amp;nbsp;trop systématiquement&amp;nbsp;» le tiers-payant, seul moyen pour de nombreux patients d'accéder aux soins de ville en utilisant l'avance de frais&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;La casse de la protection sociale et de l’assurance maladie, du service public de la santé, de l’hôpital, avec pour seul recours le privé&amp;nbsp; n’est pas «&amp;nbsp;la&amp;nbsp;» seule solution.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Un système de santé solidaire, organisé, moins coûteux, articulant médecine de ville, notamment les médecins généralistes, et hôpital, médical, paramédical et médico-social, pour la prévention, l’éducation à la santé et un meilleur accès aux soins, pour tous, est possible. Des propositions concrètes, chiffrées, étayées, existent.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il faut permettre aux usagers de décider de l’avenir de leur système de santé.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Nous sommes tous usagers, ou usagers potentiels. Nous sommes 60 millions.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;La Sécu nous appartient, nous ne la laisserons pas détruire !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Nous enjoignons tous ceux pour qui les mots «&amp;nbsp;Sécurité sociale solidaire&amp;nbsp;» ont un sens, celui de la justice et du progrès, à résister et se battre&quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ensemble, Pour une Santé Solidaire&amp;nbsp;!&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Mouvement d'usagers, de professionnels de la santé, d'organismes et travailleurs sociaux&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;strong&gt;- &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.ensemblepourunesantesolidaire.fr&quot;&gt;Signer l'appel&lt;/a&gt; -&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;u&gt;&lt;span style=&quot;color: windowtext; font-family: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;Parmi les 50 premiers signataires&lt;/span&gt;&lt;/u&gt;&lt;span style=&quot;color: windowtext; font-family: 'Arial','sans-serif'&quot;&gt;&amp;nbsp;: Bruno-Pascal Chevalier, Dr Christian Lehmann, Cécile Moutte, Dr Catherine Durazzi Duréault, Dr Jean Doubovetzky (médecin, auteur), Dr. Frédéric Pain, Gaëlle Gaudron, Dr. Bernard Rechatin, Dr. Bernard Elghozi, Dr Didier Joseph&amp;nbsp;; Gisèle et David Nadaud, Dr Jacques Rouillier&amp;nbsp;; Dominique Péhau, Erik Taillandier (les malades solidaires) , Kristin Couillaul, Dr Pierre Névians, Dr Martine Devries, Murielle Gilard (Présidente de l'association Agir ensemble pour la&amp;nbsp; santé et l'aide sociale) ,Christian Cavalli (président de sidaventure)&amp;nbsp;; Jean-Michel Gognet, Julien Dray (député PS)&amp;nbsp;;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Loulou King-Veras (Pdt Délégué MNT Essonne)&amp;nbsp; Philippe chaperon, Ali Abdelhadi, Isabelle Sacchetti, Eric Gestin, Nathalie De Benedittis, Dr Mady Denantes, Dr Gilles Lazimi, Dr Guillemette Dufour, Thierry Bour&amp;nbsp;; Hélène Mouillac&amp;nbsp;; Yvan Lubraneski&amp;nbsp;; Dr Bernard Becel, Dr Pascal Bonnet, Jacky Blay&amp;nbsp;; Hubert Lasserre&amp;nbsp;; Cyril Hutin, Dr Yves Paubert, Dr Catherine Dormard, Marie Rallius&amp;nbsp;; Guy Abisou&amp;nbsp;; Michel Frémond&amp;nbsp;; Dr Jean Pierre Geeraert, François Pesty, Dr Renaud Cazalis,;&amp;nbsp; …&lt;/span&gt;&lt;/div&gt; 
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        <author>
            <name>Yvan Lubraneski</name>
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        <title>La sécu' nous appartient !</title>
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        <updated>2008-05-14T00:48:00+02:00</updated>
        <published>2008-05-14T00:48:00+02:00</published>
        <summary>         Ci-après je vous donne lecture du message de  Christian Lehmann...</summary>
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           &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.yvanlubraneski.fr/media/02/00/801825259.JPG&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1014413&quot; src=&quot;http://www.yvanlubraneski.fr/media/02/00/1367370217.JPG&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-1014413&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Ci-après je vous donne lecture du message de &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.appelcontrelafranchise.org&quot;&gt;Christian Lehmann&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/font&gt;&amp;nbsp;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;et &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://www.grevedesoins.fr&quot;&gt;Bruno-Pascal Chevalier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;&lt;/font&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;.&lt;/font&gt; Ils&amp;nbsp;seront ce &lt;font color=&quot;#FF0000&quot;&gt;vendredi 16 Mai en Essonne, à la CPAM d’Evry&lt;/font&gt;, 5 rue du Facteur Cheval. La mobilisation a lieu dès 10h, pique-nique sur place pour les&amp;nbsp;amateurs... A 15h30, nous demanderons à être reçus en délégation par le directeur de la CPAM, et nous organiserons un point de presse avec des responsables et des militants politiques et syndicaux, des professionnels de la santé, des personnels de la Sécurité Sociale, tous ceux pour qui les mots «Sécurité sociale solidaire» ont un sens, celui de la justice et du progrès, et qui ont décidé de résister et de se battre.&lt;/font&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt;  &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&quot;&amp;nbsp;&lt;em&gt;C'est en changeant tous un peu qu'on peut tout changer...&lt;/em&gt;&amp;nbsp;C'est au son de ce slogan mensonger qu'a été mise en oeuvre en 2005 la réforme portée par Philippe Douste-Blazy puis Xavier Bertrand. La mise en place du système du « médecin traitant » a été totalement dénaturée par la complexité tarifaire du parcours de soins, l'absence de tout investissement sur la médecine générale, l'explosion des dépassements d'honoraires, les divers forfaits sur les remboursements de consultation qui, nous disait-on, permettraient à la Sécurité Sociale d'équilibrer ses comptes en 2007... afin d'éviter des franchises sur les remboursements de soins! Avec le recul, ce que dénonçaient dès sa mise en place de nombreux médecins, économistes et patients s'est révélé exact. Il s'agissait avant tout d'habituer les patients à payer toujours plus, à les amener à désespérer du système d'assurance-maladie issu de la Résistance, dans lequel chacun, quelle que soit sa condition sociale, se voit garantir un égal accès aux soins. Avec Nicolas Sarkozy, la destruction du système solidaire s’accélère, avec les franchises sur les soins et une extension de la tarification à l'activité qui condamne au nom d’un équilibre financier aux critères aberrants certains services hospitaliers à récuser les patients peu rentables, parmi lesquels les personnes âgées dépendantes. Sous couvert d'un discours économique d'une grande médiocrité, on ponctionne douloureusement 850 millions d'euros par an dans la poche des malades, y compris ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, quand, selon l'analyse du Président de la Cour des Comptes, Philippe Seguin, la seule taxation des stock-options à l'égal des salaires ramènerait 3,5 milliards d'euros par an! Cette destruction méthodique du système de Sécurité Sociale solidaire s'accompagne d'un discours triomphaliste du Directeur de l'Union Nationale des Caisses d'Assurance-Maladie, Frédéric Van Roekeghem. Cet ancien cadre des assurances privées, nommé à la tête de la Sécurité sociale par Jacques Chirac en 2004, se félicite ouvertement de l'effet-franchise et de la décélération des remboursements de Sécurité Sociale, tandis que dans le monde réel de nombreux malades sont amenés à repousser certains soins ou à y renoncer. Des représentants d'associations d'usagers alertent sur l'augmentation des demandes d'aide auprès des fonds d'aide sociale des CPAM ou des mairies. Les médecins généralistes constatent la diminution du nombre des consultations, le retard à certains accès aux soins, la complexité grandissante de certaines consultations trop tardives. Et dans le même temps, dans le Lot et Garonne, un directeur de caisse menace de sanctionner infirmiers et généralistes si ceux-ci pratiquent trop systématiquement le tiers-payant, seul moyen pour de nombreux patients d'accéder aux soins de ville en utilisant l'avance de frais. Il n'existe aucune justification médicale ou économique à ce type de menace vexatoire, quand chacun sait que les soins les plus lourds et coûteux (hospitalisations, actes chirurgicaux, Irm, etc...) font bien entendu l'objet d'une dispense d'avance de frais, les établissements étant réglés directement par la Sécurité Sociale. Restreindre l’utilisation du tiers-payant par les généralistes et les infirmiers, c'est repousser encore l'accès aux soins de patients démunis, sans aucune autre justification que celle... de récupérer plus facilement les euros de franchises sur les boîtes de médicaments, les actes infirmiers et les transports sanitaires! Au fil de ces mesures ridicules et obscènes, la notion même d'assurance-maladie solidaire est méthodiquement vidée de son sens, pendant que dans la coulisse les assureurs privés se frottent les mains, inondant les antennes de spots vantant leurs mérites. C'est contre cette captation et cette dilapidation de l'héritage de la Résistance, contre cette destruction d'une Sécurité Sociale solidaire, pilier du modèle social français tant décrié par ceux pour qui il n'est d'autre horizon ou espérance pour l'homme que le Marché, que les patients et les professionnels de soins en lutte contre les franchises médicales depuis des mois ont décidé d'une action commune avec les personnels des caisses d'assurance-maladie. Depuis le 1er Janvier, sur le site www.grevedesoins.fr, se multiplient les témoignages. Emouvants. Révoltants. Des milliers de messages de soutien, et l’expression grandissante d’une colère attisée par les provocations et l’arrogance d’un gouvernement accumulant les contre-vérités. Cette indignation rassemble aujourd’hui des malades, des professionnels de la santé, des militants, des citoyens, à l’origine d’initiatives qui se multiplient dans toute la France, pour sensibiliser et mobiliser les usagers et personnels de la Sécurité Sociale, dans ces lieux symboliques que sont les caisses d’assurance-maladie. Avec le Collectif National Contre les Franchises Médicales et les organisations qui le composent, avec la CGT, aujourd’hui ce ne sont plus seulement les professionnels et les économistes de la santé qui dénoncent la politique gouvernementale de casse de la Sécu. Ce sont les usagers. Nous sommes tous usagers, ou usagers potentiels. Nous sommes 60 millions. &lt;strong&gt;Le 16 mai, nous vous appelons à rejoindre, nombreux, les usagers et personnels des CPAM. La Sécu nous appartient, nous ne la laisserons pas détruire ! &quot;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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        <author>
            <name>THEATRUM BELLI</name>
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        <title>Les armées des ducs de Bourgogne</title>
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        <updated>2008-05-11T14:08:00+02:00</updated>
        <published>2008-05-11T14:08:00+02:00</published>
        <summary>        L'apparition d'un «  État bourguignon  » ne se manifesta pas...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://theatrumbelli.hautetfort.com/">
           &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://&quot; title=&quot;Charles le Téméraire (1433-1477)&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrumbelli.hautetfort.com/media/02/00/1909263679.jpg&quot; id=&quot;media-1009795&quot; alt=&quot;1909263679.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-1009795&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;L'apparition d'un « &lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fa/Map_France_1477-fr.svg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;État bourguignon&lt;/a&gt; » ne se manifesta pas seulement par le développement d'institutions judiciaires, financières et administratives, par l'essor d'une société politique et l'élaboration d'une idéologie, mais aussi par l'existence d'une force armée et d'une société militaire dévouées au prince et à la « chose publique ».&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt;  &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;A la base de la puissance bourguignonne, on trouve une noblesse d'armes qui fournissait au duc les cadres de ses armées. Le commandement en chef était exercé, le cas échéant, par le duc lui-même, y compris sur le champ de bataille : ainsi Jean sans Peur à Othée en 1408, Philippe le Bon à Mons-en-Vimeu en 1421, à Gavre, en 1453, et Charles le Téméraire, qui paya tant de sa personne qu'il finit par mourir au combat à Nancy le 5 janvier 1477. Les chefs et capitaines des armées ducales étaient désignés par le prince et, au sein de ce groupe, le maréchal de Bourgogne était le détenteur d'un des rares offices militaires permanents. Ce maréchal de Bourgogne, toujours choisi au sein de la haute noblesse des deux Bourgognes, était nommé et révoqué librement par le duc, ce qui le distinguait des autres maréchaux des principautés bourguignonnes, maréchal de Brabant, maréchal de Hainaut, maréchal de Flandre, maréchal de Luxembourg, dont la dignité était héréditaire et la charge purement honorifique. Il était chef de l'armée lorsque le prince était absent et commandant de l'avant-garde lorsqu'il était présent. Sur le plan administratif, il était en principe responsable du contrôle des effectifs et de l'état des troupes lors des «&amp;nbsp;montres d'armes » et des revues. Fait important, la compétence et l'autorité du maréchal de Bourgogne n'étaient pas limitées aux troupes levées dans les deux Bourgognes, mais s'étendaient à l'ensemble des gens de guerre servant le duc.&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;L'échelon supérieur de l'encadrement des armées ducales était majoritairement aristocratique. Quelques exemples tirés de sources comptables le montrent clairement : ainsi, en août 1417, durant la guerre civile, l'armée que Jean sans Peur conduisit vers Paris était commandée par 32 capitaines dont 20 étaient des chevaliers bannerets et 2 des écuyers bannerets — appartenant donc au niveau supérieur de la hiérarchie nobiliaire —, 5 étaient des chevaliers bacheliers et 5 de simples écuyers. De la même façon, les troupes réunies par le duc pour le siège de Compiègne en avril-mai 1430 étaient sous les ordres de 17 capitaines dont 9 chevaliers bannerets, 1 écuyer banneret, 4 chevaliers bacheliers, 3 écuyers simples.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Les sources littéraires, tout comme les sources comptables, donnent, elles aussi, l'impression d'un encadrement militaire recruté essentiellement au sein de la haute noblesse : le chroniqueur Georges Chastelain, citant les principaux capitaines de l'armée de Philippe le Bon faisant campagne contre les Gantois en 1452, mentionne ainsi successivement des membres de la famille ducale, tels Jean de Bourgogne, comte d’Étampes, Adolphe de Clèves, seigneur de Ravenstein, et Corneille, bâtard de Bourgogne, des représentants des plus grands lignages des principautés septentrionales, tels Louis de Luxembourg, comte de Saint-Pol, et son frère Jacques de Luxembourg, seigneur de Fiennes, Antoine„ seigneur de Croy, Jean de Croy, Jacques de Lalaing, Jean, seigneur de Lannoy, Jean de Homes, seigneur de Bancignies, Jean, seigneur de Créquy, des nobles de Bourgogne, tels Antoine et Guillaume de Vaudrey. Aux côtés de ces personnages de haut rang, seul François de Surienne, dit l'Aragonais, un capitaine d'aventure, était un homme de « bas état », promu pour ses seules qualités professionnelles.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Avec ses capitaines, le prince entretenait des relations souvent établies sur une base contractuelle. Révélatrices en cela sont les conditions posées, dans un mémoire présenté en octobre 1426 au conseil ducal, par Jean de Villiers, seigneur de l'Isle-Adam, avant d'accepter, dans un contexte de guerre ouverte, la charge de gouverneur de Hollande : un effectif de 2.000 combattants, toute l'artillerie disponible, l'assurance d'un paiement régulier des soldes « de mois en mois », la garantie écrite qu'en cas de difficultés une armée de secours lui serait aussitôt dépêchée. Naturellement, l'aspect contractuel impliquait aussi des liens personnels étroits renforcés par l'intégration des chefs de guerre à l'hôtel ducal — le seigneur de l'Isle-Adam était chambellan du duc — et à partir de 1430, pour les plus prestigieux d'entre eux, à &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_de_la_Toison_d'or&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;b&gt;l'ordre de la Toison d'or&lt;/b&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;LA COMPOSITION ET LE RECRUTEMENT&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Sur le plan de la composition et du recrutement des armées ducales, la base du système resta le jeu des obligations féodales et du service militaire des nobles. Dans toutes les principautés qu'ils réunirent sous leur main, les ducs de Bourgogne Valois trouvèrent en place un type d'organisation impliquant un service d'armes dû par les détenteurs de fiefs et même d'arrière-fiefs. En règle générale, et suivant les usages du droit féodal, le service des fieffés étaient un service gratuit, d'une durée variant souvent d'un mois à quarante jours, s'il était effectué dans le cadre de la principauté d'origine. En dehors de ce cas, d'ailleurs en fait rarement attesté, le service d'armes était dûment soldé, selon un système 11 de gages journaliers. C'est dire qu'en réalité les vassaux et arrière-vassaux du duc qui servaient dans ses armées étaient payés.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;La permanence du recours au système féodal comme base de recrutement de l'armée se lit dans la documentation. Lorsqu'il levait son « ost », le duc faisait convoquer, par lettres individuelles pour les plus importants, et par cri public pour les autres, ses « vassaux et arrière-vassaux » et « tous ceux qui tiennent de lui en fief et arrière-fief ». Sont visés au premier chef les membres de la noblesse d'armes, « chevaliers et écuyers qui doivent amener gens », mais aussi, signe de l'évolution de la société militaire aux XIVe et XVe siècles, « tous ceux qui ont coutume de porter les armes ».&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;La semonce des nobles procurait aux ducs de Bourgogne des combattants dévoués, prêts à le servir aussi souvent qu'il l'exigeait. Un personnage comme l'écuyer Jean Ryolet, petit noble du duché de Bourgogne qui, en 1455, à l'âge de 44 ans environ, énumérait ses états de service à l'occasion d'un procès, précisait qu'il avait servi le duc en armes pour la première fois, alors qu'il avait 18 ans, « en une certaine armée qui fut faite contre la Pucelle&amp;nbsp;», en 1429, puis sur les frontières de Bourgogne, en 1430 et 1431. Au cours de ces années, en outre, il avait combattu en Dauphiné et participé à la bataille d'Anthon contre les gens de Charles VII, puis en Lorraine où il avait pris part à la bataille de Bulgnéville contre René d'Anjou. Il avait de nouveau servi contre les Français en Bourgogne de 1433 à 1435, puis avait figuré dans les armées levées entre 1436 et 1445 contre les bandes de gens de guerre incontrôlées qui ravageaient le pays, qu'on appelait les « Écorcheurs ». Il avait pris part à la conquête du duché de Luxembourg en 1443 et s'était illustré lors de la prise de la ville de Luxembourg, en faisant partie du petit groupe de combattants qui, de nuit, avait emporté la place à l'escalade. En 1455, cet écuyer se déclarait encore prêt à participer à l'expédition contre les Turcs que le duc désirait entreprendre.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Naturellement, les nobles sujets du duc, fieffés ou non, n'étaient pas les seuls combattants formant les armées ducales ; des volontaires y figuraient aussi, engagés en vertu d'un contrat. Ce contrat pouvait être tacite, mais donnait éventuellement lieu à l'établissement d'un acte écrit — cet usage est attesté en Bourgogne dès la fin du XIIIe siècle. On conserve, par exemple, le texte du contrat qu'en juin 1431 le chancelier Nicolas Rolin passa avec François de La Palu, seigneur de Varambon ; ce personnage, sujet du duc de Savoie, n'était lié au duc de Bourgogne par aucun lien de type féodal. Dans le contrat en question étaient précisés les effectifs que le seigneur de Varambon devait avoir en sa compagnie, le montant du paiement qu'il devait recevoir, la durée de son service, les théâtres d'opérations et même la nature des actions de guerre auxquelles il devait participer avec sa compagnie.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Tout comme les volontaires, souvent originaires (à l'instar du seigneur de Varambon) des principautés alliées, les mercenaires, recrutés pour leurs qualités professionnelles, étaient engagés par contrat. C'est par exemple le cas des Italiens. L'engagement de gens de guerre originaires d'outre-monts par les ducs de Bourgogne est attesté dès le milieu du XIVe siècle. Tout comme le roi de France, les ducs recrutèrent des arbalétriers génois pour servir contre les Anglais. Malgré leur « contre-performance » de Crécy, ces combattants conservèrent en effet une bonne réputation et continuèrent à être employés jusque dans les premières décennies du XVe siècle. On trouve aussi, à partir des années 1350-1360, des combattants italiens servant à cheval ou à pied et appelés « brigands » — un terme qui passa dans le langage courant et qui laisse deviner quel pouvait être le comportement habituel de ces gens de guerre. A partir du début du XVe siècle, on voit des capitaines « lombards », originaires du Milanais, servir également avec des compagnies d'hommes d'armes et d'hommes de trait, archers et arbalétriers. Aux côtés des Italiens, on trouvait des Savoyards, et périodiquement aussi des Anglais.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Quelle part ces troupes mercenaires représentaient-elles dans les armées ducales et, plus largement, quel était le recrutement géographique de ces armées ? Nous pouvons en avoir une idée précise pour les années 1405-1417, qui couvrent à peu près la totalité du principat de Jean sans Peur : pour cette période, les troupes levées en Picardie et Artois représentaient 39,1% du total, les troupes levées dans les deux Bourgognes, 29,2%, les troupes levées dans le comté de Flandre, 6,4%, soit au total 74,7% pour les troupes levées dans les principautés bourguignonnes. Les troupes étrangères, recrutées en Bretagne, Savoie, Lorraine, Italie et autres, représentaient 25,3%, soit un peu plus d'un quart du total.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Parallèlement aux capitaines mercenaires engagés par contrat avec leurs compagnies, certains étrangers étaient recrutés individuellement en raison d'une qualification professionnelle particulière. Ainsi en alla-t-il, sans doute, de Scaque de Milan, dit Lombardon, qui en 1420 fut récompensé par le duc Philippe le Bon pour avoir fait « plusieurs ouvrages et fortifications » pour porter dommage aux ennemis du duc assiégés dans la ville de Melun. De même, pour Johannes de Gagen, homme de guerre allemand, appelé aussi Johannes l'Échelleur, spécialiste de « l'échellement » des places fortes, retenu au service du duc en juillet 1442 à la pension de 120 francs par an. C'est ce personnage qui mena l'opération contre Luxembourg en 1443.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Que savons-nous de la composition de ces armées ? Des années 1360 aux années 1460, les documents comptables font apparaître une hiérarchie socio-militaire traditionnelle, qui correspondait aussi à une hiérarchie des gages qui resta en vigueur jusqu'aux grandes réformes de Charles le Téméraire : le chevalier banneret percevait quatre payes, soit le plus souvent 60 francs par mois, le chevalier bachelier deux payes — 30 francs par mois —, l'homme d'armes une paye — 15 francs par mois —, l'homme de trait, archer ou arbalétrier, une demi-paye — 7 francs 10 sous par mois. En ce qui concerne la hiérarchie socio- militaire que nous avons mentionnée, il convient de souligner que si les représentants de la haute noblesse et de l'élite chevaleresque tenaient une place importante à l'échelon du commandement, leur part ne cessait de décroître dans l'ensemble de la société militaire bourguignonne. Quelques chiffres illustrent ce phénomène : rapporté à l'effectif des hommes d'armes servant dans les armées bourguignonnes, le groupe des chevaliers bannerets et bacheliers représentait environ 19% en 1372. Dix ans plus tard, en 1382, il ne représentait plus que 13%. Ce pourcentage tomba à 7,2% en 1405, et ne dépassa plus guère les 3 à 5% après 1417. Ces chiffres traduisaient deux réalités qui n'étaient pas propres aux principautés bourguignonnes mais s'observaient aussi en France et en Angleterre : d'une part un désintérêt d'une large partie des nobles pour l'adoubement et d'autre part un recrutement social des armées de plus en plus hétérogène.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Parallèlement, la part des gens de trait, archers et arbalétriers, dans la composition des troupes alla croissant. En 1382, lors de la bataille de Roosebeke, les troupes du duc Philippe le Hardi comptaient 12% d'archers. Cette proportion augmenta considérablement sous le principat de Jean sans Peur, passant de plus de 27% en 1405 à plus de 40% en 1417. Le phénomène ne fit que s'accentuer sous Philippe le Bon et, entre 1430 et 1436, les gens de trait représentaient environ 70% de l'ensemble des gens de guerre dans les armées ducales, soit plus de trois combattants de ce type pour un homme d'armes. Cette caractéristique reflétait l'influence anglaise qui, depuis le début du XVe siècle, s'exerçait sur l'organisation militaire bourguignonne : à partir de 1420, en particulier, l'existence d'une alliance militaire anglo-bourguignonne et une certaine confraternité d'armes semble avoir accéléré l'évolution jusqu'à faire atteindre parfois aux effectifs d'hommes de trait bourguignons une proportion comparable à ce qu'elle était dans les armées anglaises.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Les contingents urbains ne furent intégrés massivement aux armées ducales qu'à quelques occasions. Jean sans Peur utilisa les services des milices flamandes en France en 1411 et Philippe le Bon l'imita lors de sa malheureuse tentative pour assiéger Calais en 1436-37. Par ailleurs, les contingents des villes hollandaises et zélandaises prêtèrent leur concours aux entreprises militaires du duc à diverses reprises, notamment lors des guerres de 1426-1428. S'ils ne recouraient pas fréquemment à des levées générales, les ducs de Bourgogne ne négligeaient pas, cependant, de solliciter des villes le service de contingents de combattants peu nombreux mais bien armés et bien équipés et la fourniture de pièces d'artillerie à poudre ou même d'engins à trébuchet. Ainsi, dans un document prévisionnel de 1422, il est précisé que, pour les guerres du duc, la ville de Malines devait fournir 10 arbalétriers et « un engin nommé coullart, jetant un projectile pesant 300 livres, un maître pour le gouverner et deux charpentiers ».&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;L'utilisation de ces engins ne saurait occulter la place croissante tenue dans les arsenaux ducaux par l'artillerie à poudre. Dans ce domaine, une double évolution s'est dessinée. En premier lieu, dans le parc d'artillerie bourguignon, le nombre de bouches à feu s'est accru de façon importante. En 1366, Philippe le Hardi fit acheter 2 canons et 4 livres de poudre pour l'ensemble des forteresses de son duché de Bourgogne. Entre 1376 et 1378, il fit fabriquer 10 canons et bombardes à Chalon-sur-Saône. Puis, en 1384, dans l'héritage de son beau-père Louis de Male, il trouva une artillerie importante stockée dans les châteaux de Flandre et d'Artois : 83 canons et plus de 360 livres de poudre pour le seul comté d'Artois, d'après les inventaires établis à ce moment. En 1406, Jean sans Peur, préparant une expédition contre Calais, put faire concentrer à Saint-Omer 120 canons et 10 000 livres de poudre. Trente ans plus tard, en 1436, pour s'attaquer à Calais, lui aussi, Philippe le Bon réunit au moins 575 canons de toutes tailles pour l'armée de terre et plus de 80 pièces pour « l'armée de la mer ». Dix ans plus tard, Philibert de Vaudrey, maître de l'artillerie ducale, récapitulant les pièces d'artillerie acquises d'octobre 1442 à avril 1446, énumérait : 320 pièces, soit 9 bombardes, 23 veuglaires, 175 crapeaudeaux et 113 couleuvrines. Cette énumération révélait l'autre tendance de l'évolution : la diversification des types de pièces.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Jean sans Peur, et Philippe le Bon après lui, dotèrent leur parc d'artillerie de bombardes colossales : en 1409, la « bombarde d'Auxonne » pesait 8 tonnes. Quarante ans plus tard, les célèbres Mons Meg et Dulie Griet pesaient respectivement 7,5 et 16,5 tonnes. Ces monstres exigeaient des moyens de transport exceptionnels : ainsi les bombardes Bergère, Prusse et Bourgogne « charroyées » jusqu'à Calais en 1436 nécessitèrent pour la première un chariot attelé de 18 chevaux, pour la seconde un chariot avec 30 chevaux, et pour la troisième deux chariots, l'un portant la volée tiré par 48 chevaux, et l'autre la chambre tiré par 36 chevaux. A côté de ces canons énormes, les bombardelles, veuglaires et crapeaudeaux, apparues dans les années 1420-1430, étaient des pièces dont le poids variait de 5 tonnes à moins d'une tonne et demie. Quant aux couleuvrines, qui étaient généralement des canons de campagne sur affût mobile, elles pouvaient être employées, pour les spécimens les plus petits, comme artillerie à main. Les armées bourguignonnes comptèrent du reste dans leurs rangs des compagnies de couleuvriniers à partir des années 1460.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Le développement quantitatif d'une artillerie à poudre de plus en plus élaborée a déterminé la constitution d'un personnel dont le nombre n'a cessé de s'accroître. Les ducs ont recruté des spécialistes, souvent étrangers à leurs principautés : ainsi, sous Philippe le Hardi les canonniers Roland et Jacques de Majorque, Colart Joseph de Dinant, Jean de Sombreffe ; ils n'ont pas hésité à payer un haut prix pour les attacher à leur service : ainsi en est-il de l'Allemand Hans de Lukenbach, mentionné comme « canonnier » et « bombardier », à qui, en 1454, Philippe le Bon fit assigner une pension de 200 francs par an pour son office.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;A la tête de l'artillerie se trouvait un « garde et maître de l'artillerie ». Le premier titulaire de cet office fut Germain de Givry, en fonction de 1414 à 1431 ; mentionné en début de carrière comme fourrier du comte de Charolais, puis huissier d'armes du duc, il se para bientôt du titre d'écuyer et se réputa donc noble. Après lui, un écuyer comtois, Jean de Rochefort, assuma la fonction de maître de l'artillerie de 1431 à 1442. Ensuite, signe incontestable du prestige grandissant de la fonction, le duc confia cette charge à son conseiller et chambellan, l'écuyer Philibert de Vaudrey (1442-1455), avec une pension de 100 francs par an. Après lui la charge échut à un chevalier, et homme de guerre professionnel, François de Surienne (1455-1465). Vinrent ensuite Waleran de Soissons, seigneur de Moreuil, chevalier, conseiller et chambellan du duc, en charge en 1465-1466, Jacques d'Orsans, lui aussi chevalier, conseiller et chambellan du duc (1467-1472), puis Gauvain de Bailleul (1473-1476).&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;LES RÉFORMES AU TEMPS DE CHARLES LE TÉMÉRAIRE&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Jusqu'à l'orée des années 1460 l'organisation militaire bourguignonne ne subit pas de grandes réformes. Ce fait s'explique sans doute parce que l'instrument était efficace et permit pratiquement toujours au prince d'atteindre ses objectifs politiques. Certes, le système avait ses limites : le service des fiefs avait un rendement aléatoire et sa mise en œuvre était lourde ; l'engagement de capitaines par contrat n'était que temporaire et, d'une manière générale, l'armée ne constituait pas une force permanente : à l'exception des archers de corps du duc et de quelques garnisons de places fortes, les gens de guerre étaient engagés et cassés, c'est-à-dire licenciés, au gré des circonstances.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Charles le Téméraire, lorsqu'il prit en ses mains les rênes du pouvoir, en 1465, alors qu'il n'était encore que comte de Charolais, utilisa cet instrument militaire pour affronter, dans la guerre du Bien Public, un ennemi redoutable : le roi de France Louis XI qui disposait d'une armée permanente. En effet, depuis les réformes militaires de Charles VII, en 1445, la meilleure partie de l'armée royale était constituée de compagnies d'ordonnance sous les armes en temps de paix comme en temps de guerre. Malgré cette différence de structure, l'affrontement des Bourguignons et des Français à Montlhéry, en juillet 1465, ne tourna pas à l'avantage marqué des compagnies d'ordonnance du roi de France. Un chroniqueur bourguignon anonyme, auteur du Livre des trahisons de France, n'hésita pas à affirmer que, malgré le résultat plutôt confus de la bataille, la rencontre pouvait être considérée comme une victoire bourguignonne :&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;« Il n'est point su ni trouvé que depuis grand temps telle chose soit advenue, qu'un jeune prince, qui peu ou rien n'avait vu, se soit si vertueusement et chevalereusement maintenu, car premièrement il eut la constance et la sûreté d'attendre. Qui ? Le plus noble et le plus puissant roi de tous les rois chrétiens. Comment ? Fourni et accompagné de toute la gendarmerie du royaume de France, et non pas peu instruits de la guerre, mais gens aguerris et expérimentés tout le temps de leur vie, non en pays étranger, mais au milieu de son noble royaume, c'est à savoir en Parisis, accompagné de toutes ses ordonnances, qui étaient en somme 2 200 lances, sans le reste de sa chevalerie. Non pas seulement attendre, mais assaillir et, qui plus fort est, vaincre et chasser du champ, lui qui n'avait que vassaux empruntés à son seigneur et père, en petit nombre, non comparables aux autres. »&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Quoi qu'il en soit, Charles de Bourgogne n'entendait pas conserver les structures militaires telles qu'il les avaient héritées de ses prédécesseurs. Deux raisons, sans doute, le poussaient à envisager de grandes réformes : en premier lieu, dans sa lutte contre le roi de France, entre 1465 et 1470, il avait compris que l'un des atouts de son adversaire était de disposer d'une armée permanente ; en 1470, n'affirmait-il pas : &lt;i&gt;« Le roi de France qui est si muable et si inconstant que nul ne sait ce qu'il a en propos et comment bonnement l'on se gardera de lui, car il a toujours ses gens d'armes prêts »&lt;/i&gt; ; en second lieu, la réforme de l'institution militaire était aussi destinée à s'intégrer dans le cadre d'une vaste réforme de l'État, et il me paraît dangereusement réducteur d'isoler les grandes ordonnances militaires des années 1470 des réformes financières, judiciaires et administratives qui leur sont exactement contemporaines.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Quelles furent donc les réformes lancées par Charles le Téméraire dans le domaine militaire ? Pour simplifier, disons qu'elles concernèrent, d'une part, le service des fiefs et, d'autre part, la mise sur pied progressive d'une armée permanente. Dès le début de son principat, le duc Charles voulut contraindre tous ceux qui lui devaient, à un titre quelconque, le service d'armes, à s'en acquitter. En 1468, le duc ordonnait à son maréchal de mobiliser dans les deux Bourgognes pour le servir en sa guerre de Liège, « tous ceux, nobles ou bourgeois, qui tiennent fief, arrière-fief, franc alleu ou qui veulent vivre noblement ». L'année suivante, par un mandement donné le 13 octobre à La Haye, il ordonna aux baillis de ses pays de Bourgogne de l'informer de l'état des féaux et vassaux qui pouvaient servir personnellement et de ceux qui, par minorité, faiblesse, vieillesse, accident ou maladie ne pouvaient le faire. Cela donna lieu à un véritable compte rendu sur l'état physique des fieffés de Bourgogne qui furent rangés en cinq catégories :&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;1°) les hommes « forts et vites » ou « forts et adroits »,&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;2°) les hommes de « bonne stature », de « bonne façon » ou de « bonne corpulence »,&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;3°) les hommes de « moyenne stature »,&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;4°) les hommes de « petite corpulence »,&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;5°) les hommes « débiles » et « âgés ».&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Vint ensuite une législation de portée générale, qui visait à assurer de façon uniforme, sur la base des revenus des fiefs, l'équipement et la fourniture de combattants par les fieffés et les arrière-fieffés de l'ensemble des principautés bourguignonnes. On conserve deux ordonnances ducales touchant cette question, l'une de décembre 1470, l'autre de janvier 1475. Le premier de ces deux textes prévoyait le système suivant : pour un fief d'un revenu annuel net de 360 livres de 40 gros de Flandre, le duc exigeait la fourniture d'un homme d'armes à 3 chevaux et de 6 archers à pied ou 6 arbalétriers, ou 6 piquenaires — l'homme d'armes à trois chevaux était accompagné d'un « coutillier » et d'un page (le coutillier était un combattant monté moins lourdement armé que l'homme d'armes) ; pour un fief d'un revenu net annuel de 240 livres, un homme d'armes à trois chevaux sans archers ; pour un fief d'un revenu de 20 livres, un archer à pied, un arbalétrier ou un piquenaire. Les autres fiefs devaient être combinés par groupes de deux, trois, quatre ou cinq pour atteindre l'une des valeurs de référence citées. L'autre ordonnance, dont nous possédons une version pour le duché de Brabant et une pour le comté de Namur, prévoyait un système comparable. L'objectif de cette législation était non seulement de normaliser le service des fiefs, mais aussi d'améliorer la capacité et la rapidité de mobilisation des troupes. Du reste, ces ordonnances concernant le service des fiefs accompagnaient une législation visant à mettre en place, parallèlement à l'armée féodale, une armée permanente.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;La première étape vers l'armée permanente fut l'institution de ce que nos sources appellent les « gages ménagers ». Il s'agissait de gages d'un montant inférieur aux gages de guerre, versés aux combattants qui devaient se tenir prêts, en leur domicile (en leur « ménage »), à répondre sans délai à la convocation du prince. Ce système des gages ménagers était mis en place dans le cas de l'imminence d'un conflit. Il apparut dans les années 1460. Par la suite, dans le cours des années 1470, le duc Charles s'engagea dans une entreprise nouvelle de réforme de l'instrument militaire : il promulgua trois ordonnances, la première donnée à Abbeville au mois de juillet 1471, la seconde donnée à Bohain-en-Vermandois, en novembre 1472, la troisième donnée à l'abbaye de Saint-Maximin de Trèves en octobre 1473, trois grands textes auxquels il conviendrait encore d'ajouter l'ordonnance donnée près de Lausanne au mois de mai 1476, c'est-à-dire chronologiquement entre les deux grandes défaites de Grandson — 2 mars — et de Morat — 22 juin &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;— et qui fut comme une ultime tentative de réforme de l'armée. L'esprit de cette législation, qui donna naissance à une armée permanente constituée de compagnies d'ordonnance, est résumé, par exemple, dans le préambule de l'ordonnance de 1473 :&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;« Pour ce que très haut, très excellent et très puissant prince, notre très redouté et souverain seigneur, monseigneur le duc de Bourgogne et de Brabant, etc., ayant regard et singulier zèle et désir de la tuicion, garde, défense et accroissement de ses duchés, comtés, principautés, pays, seigneuries et sujets, par divine bonté et succession naturelle de ses très nobles progéniteurs, soumis à son régime, gouvernement et seigneurie, à l'encontre des ennemis et envieux de sa très noble Maison de Bourgogne qui, tant par puissance d'armes que par excogite malice, se sont efforcés de déprimer la haute prééminence, union et intégrité d'icelle sa très noble Maison et des dites principautés, pays et seigneuries, a, depuis certain temps en ça, mis sus, ordonné et établi les compagnies de ses ordonnances d'hommes d'armes et gens de trait, tant à pied qu'à cheval, lesquelles, à l'exemple de toutes autres sociétés humaines, ne peuvent être permanentes, en obéissance, union et vertueuse opération sans loi, tant pour leur instruction du devoir de leurs états et vocations, que pour la promotion de leurs loyaux et vertueux faits, punition et correction de leurs vices et défauts, icelui notre très redouté et souverain seigneur, par bonne, grande et mûre délibération a fait et établi les lois, statuts et ordonnances qui s'ensuivent [...] ».&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Sur le modèle français, les « compagnies d'ordonnance » de l'armée bourguignonne comptaient 100 « lances » chacune. La lance était une unité comptable représentant un groupe de combattants. La « lance garnie » se composait de 9 combattants : 1 homme d'armes, 1 page ou valet d'armes, 1 coutillier, 3 archers ou arbalétriers à cheval, 1 piquenaire à pied, 1 arbalétrier à pied, 1 couleuvrinier à pied. A l'origine, en 1471, le duc de Bourgogne avait créé 12 compagnies. Ce chiffre passa ensuite à 20 puis à 22 en 1474 ; ces compagnies étaient numérotées, ce qui dénote un souci de précision, de clarté et de rationalisation. En 1474, il y avait donc 2.200 lances de l'ordonnance, soit, à 9 combattants pour une lance, un total de 19.800 combattants ; les hommes d'armes et leurs auxiliaires représentant un tiers du total, les hommes de trait montés un tiers, les fantassins un tiers — le développement de la place de l'infanterie était naturellement l'un des faits importants liés à la réforme. En vertu des ordonnances de 1471 et 1472, une compagnie était divisée, selon le modèle français, en 10 dizaines ayant à leur tête, chacune, un dizainier. L'ordonnance de Saint-Maximin-de-Trèves de l'automne 1473 compléta et améliora cette organisation ; dès lors la compagnie fut subdivisée en escadres et en chambres, une compagnie de 100 lances comptait en principe 4 escadres de 25 lances, chaque escadre étant elle-même subdivisée en 5 chambres de 5 lances. A chacune de ces subdivisions correspondait un échelon des structures hiérarchiques : en premier lieu venait le « conducteur » dont le nom dérivait très probablement du terme italien « condottiere&amp;nbsp;» ; en second lieu venaient les chefs d'escadre ; enfin les chefs de chambre. L'existence de cette structure hiérarchique très perfectionnée montrait un souci d'efficacité et une volonté de renforcer la cohésion de l'ensemble.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Les conducteurs étaient nommés pour un an. Le duc les choisissait en fonction de leurs qualités militaires — ils devaient être « gens experts, idoines et suffisants » — et de leur loyauté envers la Maison de Bourgogne. Leur nomination se faisait par lettres patentes et donnait lieu à une cérémonie au cours de laquelle ils prêtaient serment et étaient investis par le duc ou son représentant qui leur remettait un bâton de commandement et le texte de l'ordonnance militaire en vigueur. L'armée permanente du duc Charles avait un encadrement encore fortement aristocratique. Cependant, à côté des « conducteurs » issus de la noblesse des principautés bourguignonnes, on trouvait aussi des capitaines mercenaires, notamment, de plus en plus nombreux à partir de 1472, des Italiens comme Troylo de Rossano, Pierre et Antoine de Lignana, Jacques Galeotto, et Cola di Monforte, comte de Campobasso. Ces capitaines, quoique désignés comme étant des « conducteurs de gens de guerre de l'ordonnance de monseigneur », avaient en réalité un statut particulier : retenus par contrat, ils n'étaient pas soumis à la règle du renouvellement annuel et leur service était régi, non par les ordonnances ducales, mais par les seules stipulations du contrat qui les liait au duc de Bourgogne.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Dans le domaine des structures militaires, les trois premiers ducs de Bourgogne, Philippe le Hardi, Jean sans Peur et Philippe le Bon, ne se sont pas révélés de grands réformateurs. De façon pragmatique, ils ont utilisé des structures héritées, notamment le système féodal, ils ont fait jouer certains types d'obligations militaires, recouru au volontariat, au mercenariat, mais n'ont pas cherché à modifier substantiellement l'instrument militaire dont ils disposaient ; ils n'ont pas tenté, en particulier, d'organiser une armée permanente. Très différente, en revanche, fut l'action du duc Charles. Ce dernier, en effet, à partir du moment où il eut en main le pouvoir d'un chef de guerre au sein de l'État bourguignon, c'est-à-dire à partir de 1465, lorsqu'il devint lieutenant général de son père, engagea l'institution militaire dans la voie d'une réforme importante dont le but ultime était, sans renoncer aux anciennes structures utilisées par ses prédécesseurs, de mettre sur pied une armée dotée d'un fort noyau permanent.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNoSpacing&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Par ailleurs, sur le plan de l'histoire de la guerre, on pourra noter un paradoxe assez saisissant : pour l'État bourguignon, le temps des succès coïncida avec un certain conservatisme dans le domaine des institutions militaires, alors que la grande entreprise réformatrice menée par le duc Charles fut suivie par de grands revers et des échecs décisifs. Mais en fait, ce paradoxe n'est qu'apparent car les réformes institutionnelles étaient le reflet d'une ambition politique qui conduisit le prince d