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    <title>Last posts on albanais</title>
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        <title>Tchamerie et son histoire</title>
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        <updated>2008-05-16T03:25:09+02:00</updated>
        <published>2008-05-16T03:25:09+02:00</published>
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        <content type="html" xml:base="http://janissaire.hautetfort.com/">
           &lt;h2 class=&quot;date-header&quot;&gt;Je suis heureux de trouver un site francophone qui nous parle des Tchams ou çams, qui sont des Albanais musulmans autochtones qui venaient de la région de tchamerie, dans le Nord de la Grèce (Epire) actuelle. Ils ont été expulsés ou massacrés par les Grecs après la seconde guerre mondiale durant la guerre civile grecque&amp;nbsp;&lt;/h2&gt; &lt;p&gt;jeudi 1 mai 2008&lt;/p&gt; &lt;a name=&quot;1080846243332150605&quot;&gt;&lt;/a&gt; &lt;h3 class=&quot;post-title entry-title&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://tchamerie.blogspot.com/2008/05/tchameria-e-son-histoire.html&quot;&gt;Tchameria et son histoire&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://bp1.blogger.com/_eEwGN6fg3lQ/SBnHzxdj1HI/AAAAAAAAABc/tJaaZu0fjMQ/s1600-h/%C3%A7amet+e+shkrete.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://bp1.blogger.com/_eEwGN6fg3lQ/SBnHzxdj1HI/AAAAAAAAABc/tJaaZu0fjMQ/s320/%C3%A7amet+e+shkrete.jpg&quot; id=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5195403337413153906&quot; style=&quot;margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center&quot; border=&quot;0&quot; name=&quot;BLOGGER_PHOTO_ID_5195403337413153906&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tchameria ou la région de Tchamourie (comme avait l’habitude de le nommer les militaires français au 19 siècle) est situé géographiquement au nord-ouest de la Grèce. Cette merveilleuse région a un très riche héritage Albanais, et a été injustement annexé que en 1912 par la Grèce. L’annexion de Tchameria par la Grèce n’était que la conséquence de la décision des Grands Pouvoirs de donner Tchameria à la Grèce, de même comme les Grands Pouvoir avaient pris de pareilles décisions de donner le Kosovo et d’autres territoires Albanais à la Serbie, au Monténégro, et à la Macedoine.&lt;br /&gt; La parole Çam (Tcham) est une évolution du mot T’cham ou T’chamis ou Thiamis qui est le nom de l’ancienne rivière qui passe à travers la Tchameria( le mot T’chamis apparaît dans beaucoup d’anciens plans militaires et géographiques Romaines et Helléniques prouvant ainsi que le mot Tchameria (Çameria en albanais) est plus ancien que le mot Epirus , et est utilisé que par nous les albanais). Une autre branche de cette rivière est encore connu de nos jours sous le nom de « lumi i Kallamait » ( la rivière de Kallamai). Ce qui est important a savoir est que tout dans la Tchameria est albanais dans tous les sens tu terme. Le mot Çameria a plus un sens topologique, mais les Çams (tchams)(c’est comme ça qu’on appelle les habitants de la Çameria) ont de très fortes ethnicité, traditions et coutumes albanais. Tchameria a un sens ethno géographique très bien défini et qui est fortement albanais. Un grand nombre de la population tchame situé sur la zone côtière qui descend jusqu’au gouffre de Préveza. Un autre nombre considérable de villes et villages tchames sont situé des deux cotés de la rivière Kallamai. Le reste des villes et villages tchames sont situé dans de plus hautes places comme les collines et les montagnes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le gouvernement grecque a été très hostile envers les tchams et la raison principale est que la Tchameria a une très forte identité albanaise et musulmane. Une autre raison des hostilités Grecques est le fait que les grecs ont hérité une politique très hostile envers les tchams. Durant le lapsus de temps entre 1854-1877 les albanais de Tchameria ont résisté successivement aux attaques des « Andartes » (criminels et bandes organisés) Grecques. Pendant la première et la deuxième guerre mondiale les troupes grecques ont encore attaqué la Tchameria. Le gouvernement (provisoire) de Vlora(Albanie) répondu en envoyant des troupes militaires pour aider la population musulmane albanaise de Tchameria, mais la décision de la Conférence des Ambassadeurs assigna Tchameria à la Grèce. Comme résultat de la décision des Grands Pouvoirs les forces grecques guidé par la figure détestée de Napoléon Zerva lança des attaques sur la population civile tchame qui se terminèrent par la extermination de milliers de villages musulmans et de beaucoup de villes. Une grande partie de la population fuyant vers l’Albanie se sauva de ce grand bain de sang. De nos jours les tchams orthodoxes qui sont resté en Grèce sont décris comme de mauvais gens par l’étouffante propagande nationaliste grecque qui est basé sur le fait qu’ils refusent l’assimilation comme est le cas de certains arvanites (albanais orthodoxes). De nos jours le nombre des tchams en Grèce est d’un million sans tenir compte des tchams musulmans qui ont fui et qui vivent actuellement en Albanie et en Turquie. Il faut souligner le fait qu’il y a beaucoup de villages albanophones en Grèce mais seulement les&lt;br /&gt; Albanais de Tchameria se définissent comme des Shqiptars ( Albanais). Avant la deuxième guerre mondiale la population de Tchameria était 93% Albanais, le reste étaient des autres groupes ethniques comme Grecs, Valaques, Gitans etc. Au 19éme siècle 80% de la population de Tchameria était de religion musulmane et a 18% orthodoxe, le reste des juifs. Mais la deuxième guerre mondiale trouva la communauté albanaise avec les proportions de 50% orthodoxe et 50% musulmane (ce changement de proportion eu lieu en 70 ans). Durant la guerre la plus grande partie des musulmans furent massacrés et expulsé par les forces Grecques vers l’Albanie. Seulement une très petite partie des musulmans purent rester à condition qu’ils se convertissent à l’orthodoxie pour survivre aux massacres. Quoi qu’il en soit les deux communautés religieuses albanaises étaient très proches l’une de l’autre avant la guerre et meme de nos jours le gouvernement grecque n’a pas réussi à assimiler les albanais de Tchameria. La langue albanaise est parlée encore de nos jours dans beaucoup de villages à Tchameria mais le gouvernement grec avec très peu de pression de l’extérieur refuse de reconnaître la minorité albanaise en Grèce et d’ouvrir des écoles en albanais.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La région est connue officiellement sous le nom d’Epire par le gouvernement Grecque mais dans le nord-ouest de la Grèce chaque personne connaît cette région sous le nom de Tchameria.&lt;br /&gt; Chaque personne de cette région témoigne qu’il qu’elle est un tcham en affirmant que les tchams sont albanais. C’est pour cette raison que la Grèce ne reconnaît pas officiellement la région sous le nom de Tchameria. Le cœur de la Tchameria est aussi appelé Thesprotia.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Puisque je suis de Tchameria moi-même , mon propre avis est que cette région a toujours été a une majorité albanaise (puisque beaucoup de personnes d'autres groupes ethniques ont émigré loin, qui a compensé de façon ou d'autre le déplacement de quelques Albanais pendant la première et la deuxième guerre mondiale!) et tout le Tchams expulsé sans justification de Grèce sont très bien accueillis par toutes les personnes albanaises ici, il y a une résolution de l'ONU qui demande au gouvernement grec de rapatrier nos frères et soeurs de nouveau à leurs maisons, où ils sont nées parmi le reste de nous. Cette section est consacrée aux centaines de milliers d'Albanais de la région de Tchameria expulsée par la force, par les forces grecques en 1944 et qui résident maintenant dans la République d’Albanie et à la mémoire de 850.000 Albanais Tchams envoyés en Turquie au cours de la période entre 1913-44. Pendant l'été de 1944, les forces néonazis menées par Zervas ont attaqué beaucoup de villages et des villes dans la région de Chameria et en conséquence 9.000 Albanais (enfants y compris, femmes et vieux gens) ont été tuées aléatoirement. Un nombre considérable d'Albanais ont été expulsés et habitent maintenant en Albanie. Le nombre officiel de ces réfugiés albanais de Tchameria est entre 150.000 et 300.000. Aujourd'hui ils ont formé leur propre association patriotique et culturelle albanaise basée à Tirana et qui est j active à travers toute l'Albanie. Ils demandent au gouvernement grec à Athènes Grèce, d'être rapatriés dans leurs terres et aussi des compensations pour l'utilisation de leurs terres pendant les 50 dernières années illégalement par la Grèce . Également ils se rallient pour l'ouverture des écoles albanaises aux Albanais habitants encore dans le région de Tchameria. La politique de l'expulsion des Albanais Chams de Tchameria avait commencé plus tôt que 1944. Les Grecs aussi bien que des Serbes ont suivi le même modèle dans la politique en ce qui concerne des Albanais. Souvent ils avaient signé des documents avec le gouvernement turc pour l'échange des musulmanes avec des populations chrétiennes. Pendant tout ceci pas un simple Cham n'a été demandé !. En raison d'une telle politique presque 850.000 Albanais Chams de Tchameria ont été envoyés en Turquie, où ils sont arrangés dans la région d'Asie .&lt;/p&gt; http://tchamerie.blogspot.com/ 
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            <name>JANISSAIRE</name>
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        <title>LES ORIGINES ET L’ÉVOLUTION DU CORPS JANISSAIRE</title>
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        <updated>2008-05-05T00:48:43+02:00</updated>
        <published>2008-05-05T00:48:43+02:00</published>
        <summary>    LES ORIGINES ET L’ÉVOLUTION DU CORPS JANISSAIRE     &amp;nbsp;    L’image...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://janissaire.hautetfort.com/">
           &lt;p align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#808000&quot; face=&quot;Colonna MT&quot; size=&quot;5&quot;&gt;LES ORIGINES ET L’ÉVOLUTION DU CORPS JANISSAIRE&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L’image populaire des armées turques conquérantes, des archers à cheval nomades, est totalement imprécise dès lors qu’elle concerne les Ottomans. Les premières armées ottomanes avaient la capacité de combattre avec efficacité aussi bien en montagne qu’en forêt, et de mener des opérations combinées après qu’ils ont fait l’acquisition d’une marine vers le milieu du XIVè siècle. Les fantassins jouèrent de tout temps un rôle majeur mais la cavalerie demeura l’arme dominante au moins jusqu’au XVIIIè siècle.&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;!--mstheme--&gt; &lt;table border=&quot;0&quot; width=&quot;100%&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;50%&quot;&gt;&lt;!--mstheme--&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theilsb.club.fr/VAEVICTIS/HISTOIRE/OTTOMANS/turc-soldats-35-30.jpg&quot; alt=&quot;Troupes ottomanes&quot; align=&quot;left&quot; border=&quot;0&quot; height=&quot;475&quot; width=&quot;382&quot; /&gt;&lt;!--mstheme--&gt;&lt;/font&gt;&lt;/td&gt; &lt;td rowspan=&quot;2&quot; width=&quot;50%&quot;&gt;&lt;!--mstheme--&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Les forces armées ottomanes ont bénéficié d’un héritage militaire extrêmement varié, à commencer par celui des souverains &lt;i&gt;seldjuqides&lt;/i&gt; de l’Anatolie du XIIIè siècle qui firent un usage considérable de leur infanterie. En fait, après l’invasion mongole dévastatrice l’Etat seldjuqide décomposé s’appuyait de plus en plus sur des milices urbaines, les &lt;i&gt;piyadegans&lt;/i&gt; qui étaient le plus souvent recrutés parmi les membres des confréries religieuses derviches. Ces milices furent conservées jusqu’à l’ère subséquente des &lt;i&gt;Beyliks&lt;/i&gt; ou des petites principautés. Parmi ces &lt;i&gt;beyliks&lt;/i&gt;, des groupes de volontaires appuyés par les religieux appelés les &lt;i&gt;ahi&lt;/i&gt; étaient employés pour réprimer les brigands et assurer la protection des voyageurs. Dans le même temps, un nombre croissant de troupes byzantines surveillant les frontières les &lt;i&gt;akritoi&lt;/i&gt; se rallièrent à ces petits états turcs. Des sources écrites suggèrent avec insistance que les armées des &lt;i&gt;beyliks&lt;/i&gt; les plus à l’Ouest sont majoritairement composées d’infanterie, notamment lorsqu’ils menaient des raids vers le continent européen au delà des détroits. L’épopée &quot;&amp;nbsp;&lt;i&gt;Dûsturname Destan&lt;/i&gt;&amp;nbsp;&quot;, qui relate les aventures du gouverneur du &lt;i&gt;beylik&lt;/i&gt; d’Aydin, décrit les archers &lt;i&gt;azap&lt;/i&gt; se déployant à l’avant de sa cavalerie &lt;i&gt;ghazi&lt;/i&gt;. Pou leur part, les sources grecques présentent les hommes d’Omar comme des &lt;i&gt;symmachia peze&lt;/i&gt; ou auxiliaires à pied.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Les premières forces ottomanes ressemblaient à celles des autres &lt;i&gt;beyliks&lt;/i&gt; , où les élites militaires chrétiennes étaient placées sur l’aile gauche. La nouvelle infanterie &lt;i&gt;yaya&lt;/i&gt; et la cavalerie &lt;i&gt;müsellem&lt;/i&gt; étaient même recrutées aussi bien chez les musulmans que chez les chrétiens, les &lt;i&gt;yaya&lt;/i&gt; sont apparus pour la première fois sous le règne d’Orhan (1324-1359).&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;!--mstheme--&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td width=&quot;50%&quot;&gt;&lt;!--mstheme--&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;1&quot;&gt;1- Yaya, chrétien des Balkans au service des ottomans, début XV ème siècle.&lt;br /&gt; 2- Sipahis turc vers 1400, caractéristique des armées ottomanes de cette époque.&lt;br /&gt; 3- Fantassin d'élite ottoman, début XIV ème siècle.&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;!--mstheme--&gt;&lt;/font&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt; &lt;!--mstheme--&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Dès que les Ottomans prirent le contrôle de la Thrace vers 1360, les Turcs musulmans s’y installèrent et pouvaient facilement fournir des fantassins disponibles. Orhan possédait un corps de suivants à plein temps pour son infanterie dès 1338 mais ceux-ci à l’image des &lt;i&gt;kapu kullari&lt;/i&gt;, gardes du corps les de la fin du XIVè siècle, n’étaient pas encore des Janissaires.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Il semble que l’influence byzantine sur le développement de l’infanterie ottomane, embarquée ou non, était particulièrement marquée durant le XIVè siècle. Comme pour les Ottomans, les troupes byzantines les plus efficaces se composaient effectivement d’archers. Les byzantins &lt;i&gt;mourtatoi&lt;/i&gt; et les serbes &lt;i&gt;murtat&lt;/i&gt; étaient issus d’un métissage de chrétiens et de turcs ou descendaient des turcs, prisonniers de guerre, et comprenaient des arbalétriers. Par opposition, les byzantins &lt;i&gt;ianitsarai&lt;/i&gt; du début du XVè siècle n’étaient pas janissaires mais formaient une cavalerie légère dont le nom venait du catalan &lt;i&gt;ginetari&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;janizzeri&lt;/i&gt; en latin médiéval).&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Une fois installés en Europe, les Ottomans furent imprégnés de l’influence militaire des Balkans (les rares témoignages disponibles signalent que l’infanterie a joué un rôle majeur au XIVè et XVè siècles)&amp;nbsp;; les chrétiens des Balkans étaient même la composante majoritaire l’armée permanente ottomane vers la fin du XIVè siècle.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Il est difficile de faire la part des choses entre la vérité et la légende pour ce qui concerne les véritables origines du corps ou &lt;i&gt;oçak&lt;/i&gt; des Janissaires. Les récits les plus anciens attribuent la création du corps à Orhan mais presque tous accordent à l’ordre derviche des &lt;i&gt;bektasi&lt;/i&gt;, un rôle majeur tout du moins pour l’origine du &lt;i&gt;börk&lt;/i&gt; distinctif des Janissaires ou de leur bonnet blanc en feutre. Une version raconte que Ali Pasha, conseiller militaire d’Orhan, avait suggéré que les nouvelles troupes du souverain portent des chapeaux blancs afin de les distinguer du reste de l’armée habillée de rouge (Ali Pasha pourrait être en réalité un derviche &lt;i&gt;bektasi&lt;/i&gt;, le leader de la secte aurait alors donné une approbation religieuse au concept).&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Les récits à propos des Janissaires ont vraisemblablement été dissimulés avant cette affaire de couvre-chef distinctif. Dans les premiers siècles, les chapeaux rouges étaient portés par des groupes musulmans révolutionnaires shia et pourraient remonter à l’époque de la secte pré-islamique des &lt;i&gt;mazdak&lt;/i&gt;. D’un autre côté, les chapeaux rouges &lt;i&gt;zamt&lt;/i&gt; bouffants étaient caractéristiques des Mameluks musulmans sunnites à la fin du XIVè siècle, les élites militaires de la Byzance chrétienne du XIVè siècle portaient des chapeaux noirs, jaunes ou rouges et les chrétiens de l’Anatolie occidentale vivant suivant les règles turques se distinguaient par des chapeaux rouges ou blancs. La plupart des &lt;i&gt;beys&lt;/i&gt; turcs portaient des chapeaux rouges et Orhan avait choisi le blanc pour se différencier. D’autre part, les grands chapeaux blancs de feutre, les &lt;i&gt;ak bôrk&lt;/i&gt;, servaient probablement à distinguer les troupes recrutées à partir de l’esclavage de celles constituées d’hommes libres.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Selon l’usage, les premiers Ottomans touchaient vraisemblablement le cinquième de leur butin en numéraire. Le recrutement parmi les prisonniers à grande échelle ne commença qu’après la conquête ottomane de la Thrace au début des années de 1360. Une légende affirme que les premières recrues étaient des troupes byzantines capturées par Gazu Evrenos, lui-même d’origine byzantine, après la prise d’Ipsala située au sud d’Edirne. Dans les années qui suivirent, si le nombre de prisonniers de guerre était insuffisant, les agents du Sultan achetaient des esclaves jeunes et en bonne santé sur les marchés d’esclaves ordinaires afin d’en faire des soldats. Si ces unités s’inspiraient de celles de la Garde, les &lt;i&gt;ghulam&lt;/i&gt;, on n’a pas d’informations sur la cavalerie recrutée parmi les esclaves, qui a existé quelque part dans le Moyen-Orient. Les premiers bataillons ou &lt;i&gt;ortas&lt;/i&gt; de janissaires devaient, quoiqu’il en soit, renforcer l’infanterie &lt;i&gt;yaya&lt;/i&gt; et étaient probablement rattachés aux établissements de chasse du Sultan.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;L’origine ou l’inspiration du système du &lt;i&gt;devchirme&lt;/i&gt; reste encore peu évidente&amp;nbsp;: selon toute vraisemblance, l’empire byzantin levait de force un enfant sur cinq dans les secteurs slave et albanais au XIè siècle&amp;nbsp;; Kara Rustem, un érudit turc du milieu du XIVè siècle, pourrait avoir imaginer l’idée d’enrôler les enfants prisonniers aussi bien que les adultes&amp;nbsp;; cela peut aussi bien être une notion d’origine ottomane ou encore la fusion de concepts nouveaux et antérieurs. Quelle que soit son origine, le système du &lt;i&gt;devchirme&lt;/i&gt; ne fut clairement connu qu’après la création du corps des Janissaires lui-même, bien qu’il fut interrompu pendant le chaos qui suivit l’invasion de Tamerlan, où les Janissaires et les autres unités &lt;i&gt;kapu kullari&lt;/i&gt; furent massacrées à la bataille d’Ankara en 1402.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le souverain Murad II rétablit le &lt;i&gt;devchirme&lt;/i&gt; en 1438, développa l’action des &lt;i&gt;kapu kullari&lt;/i&gt; et modifia les droits des Janissaires dans le but d’élargir son empire vers l’Est par des conquêtes en Europe. Son successeur Mehmet II (1451-1481), qui s’empara de Constantinople, la byzantine pour en faire Istambul, augmenta la solde des Janissaires et leur effectif, les équipa d’armes perfectionnées et fit d’eux le noyau de l’armée ottomane toute entière. De plus, il remplaça les unités déloyales par quelques 7000 dresseurs de chien, les &lt;i&gt;sekban&lt;/i&gt; et fauconniers, les &lt;i&gt;doganci&lt;/i&gt; pour la Chasse Royale espérant, par-là même, instiller une plus grande discipline. Quelque temps plus tard, le grande majorité des jardiniers &lt;i&gt;bostanci&lt;/i&gt; devenaient des soldats emplumés pour former le tiers du corps des Janissaires. Deux élites plus petites les &lt;i&gt;hasekis&lt;/i&gt; qui servaient la Garde du Sultan et les &lt;i&gt;sandalcis&lt;/i&gt; qui étaient les rameurs de la flotte impériale faisaient partie de la division des&lt;/font&gt; &lt;i&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;bostancis.&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Les Janissaires n’étaient probablement pas plus de 1000 au début du XIVè siècle mais une évaluation détaillée de l’armée ottomane en 1475 suggère qu’il y ait eu 6000 janissaires, 3000 cavaliers de type &lt;i&gt;kapu kullari&lt;/i&gt; et 22000 cavaliers &lt;i&gt;sipahi&lt;/i&gt; dans les provinces européennes et 17000 &lt;i&gt;sipahi&lt;/i&gt; en Anatolie. Un registre précis de l’année 1527 accordait à Soliman le Magnifique 87927 hommes dans son armée provinciale dont 37627 étaient &lt;i&gt;kapu kullari&lt;/i&gt;, parmi lesquels il y avait des troupes de janissaires, de cavalerie et du génie. Des documents ottomans saisis après l’échec du siège de Vienne en 1683 montrent que les janissaires constituaient le quart de la force d’invasion, en ne comptabilisant pas les serviteurs de camp. Après des défaites subséquentes en 1699, le corps des Janissaires fut réduit en nombre mais il fut bientôt en hausse et, à la moitié du XVIIIè siècle, l’Etat ottoman entretenait pas moins de 113400 janissaires, même si une minorité sont de véritables soldats, 12000 bostanci, 50000 &lt;i&gt;levent&lt;/i&gt; (infanterie embarquée ou non), 3000 &lt;i&gt;misirh&lt;/i&gt; d’infanterie auxiliaire en Egypte et, enfin 6000 autres fantassins auxiliaires.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Les premiers janissaires, tout comme d’autres fantassins ottomans, étaient des archers mais ils adoptèrent rapidement les arquebuses (&lt;i&gt;arkibuza&lt;/i&gt;) de leurs voisins balkans. La Dalmatie, par exemple, importa des pièces d’artilleried’Italie dès 1351, l’année d’avant où les Ottomans établirent leur première tête de pont à l’extrémité de la péninsule des Balkans et au début du XVè siècle l’&lt;i&gt;arkibuza&lt;/i&gt; est mentionnée dans les sources bulgares. L’infanterie ottomane utilisait, très certainement, des armes à feu au début du XVè siècle mais Murad II fut le premier souverain à avoir des hommes qui choisirent ces armes dans de grandes proportions. (Le futur déclin des janissaires ne devait rien avoir avec un manque d’intérêt pour ces nouvelles armes, même s’il y eut une résistance à imiter les tactiques d’infanterie européennes au cours des derniers XVIIè et XVIIIè siècles).&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Alors qu’en Europe l’Etat devint le maître de ses armées, la nature contractuelle de l’esclavage régnant dans tout l’Empire ottoman signifiait que le Sultan ne pouvait révoquer ses esclaves dès lors qu’ils n’étaient plus utiles. En conséquence de quoi, ce fut l’armée ottomane qui devint maître de l’Etat ottoman.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Malgré l’impact des janissaires sur les champs de bataille, leur importance fut amplifiée et notamment de la part des observateurs européens, qui étaient surpris les capacités des &lt;i&gt;oçak&lt;/i&gt; janissaires. En réalité, les forces locales installées aux frontières menèrent la première phase de l’expansion ottomane, sans l’autorité du Sultan pour la plupart d’entre elles, même si la propre armée &lt;i&gt;kapu kullari&lt;/i&gt; du souverain en prit la direction au cours du XVè siècle. Les Ottomans avaient aussi une connaissance remarquablement fouillée sur la grande stratégie et les opérations combinées, où l’infanterie jouait encore un rôle de premier plan. Sur la côte Nord de la Mer Noire, le poste avancé génois de Kaffa était connu pour être la dernière ville en Europe alors qu’à moins de quatre cent kilomètres de là, Tana la génoise devint bientôt le denier rempart avant la frontière islamique. La prise de ces postes avancés fit que la Mer Noire se transforme en lac ottoman, mais les Turcs se chargeaient de bloquer les embouchures des rivières sur la vaste Mer Noire avec de solides garnisons d’infanterie.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Trebuchet MS, Arial, Helvetica&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Times New Roman&quot; size=&quot;3&quot;&gt;Le rôle de l’infanterie de marine ottomane date de la conquête du &lt;i&gt;beylik&lt;/i&gt; de Karasi et de la capture de sa flotte par Orhan. A partir de là et jusqu’au XVIIIè siècle, les janissaires, &lt;i&gt;azaps&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;levents&lt;/i&gt; constituèrent une force d’infanterie de marine hautement efficace. En fin de compte, le littoral ottoman long et vulnérable nécessitait de nombreuses forces d’infanterie armées de mousquets et de confiance, pour être protégé contre les empires maritimes britannique, français, hollandais et portugais.&lt;/font&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; http://theilsb.club.fr/VAEVICTIS/HISTOIRE/OTTOMANS/HISTOIRE-OTTOMANS-janissaires-origine.htm &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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        <title>Kosovo : la question de l'Islam</title>
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        <updated>2008-05-01T15:49:16+02:00</updated>
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        <summary>  Kosovo: la question de l’islam       Bashkim Iseni     5 Dec 2005       En...</summary>
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           &lt;font class=&quot;article_title&quot;&gt;Kosovo: la question de l’islam&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://www.religion.info/newimages/pixel.gif&quot; height=&quot;3&quot; width=&quot;100&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;font class=&quot;article_byline&quot;&gt;Bashkim Iseni&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;font class=&quot;article_date&quot;&gt;&lt;i&gt;5 Dec 2005&lt;/i&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font class=&quot;article_lead&quot;&gt;En mars 2005, une enseignante d’une école primaire du Kosovo, qui avait commencé à porter un foulard, fut suspendue. Cette affaire est symptomatique de la crise d’identité que traverse la société kosovare et soulève d’autres sujets brûlants ayant trait à la religion et à l’islam. Elle révèle aussi l’absence d’espace de discussion sur les questions de la religion et de l’islam au Kosovo. – Une analyse de Bashkim Iseni.&lt;/font&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;table align=&quot;right&quot; border=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; cellspacing=&quot;5&quot; width=&quot;388&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;&lt;img src=&quot;http://religion.info/artman/uploads/0213_3mosques1987.jpg&quot; border=&quot;1&quot; height=&quot;259&quot; width=&quot;388&quot; /&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;&lt;span class=&quot;caption&quot;&gt;Prishtina (copyright Joe Kelley).&lt;/span&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt; &lt;font class=&quot;article_text&quot;&gt;Au mois de février 2005, une enseignante de langue anglaise de l’école primaire &lt;i&gt;Isa Boletini&lt;/i&gt; du village de Busi (dans les environs de Prishtina-Kosovo) reçut du directeur l’ordre d’enlever son foulard à l’école dans un délai de trente jours si elle voulait continuer à enseigner. Elle refusa de se plier à cette exigence. Au mois de mars, elle fut suspendue sous effet immédiat pour non respect de l’article 5 du règlement interdisant le prosélytisme à l’école. Un mois plus tard, cette décision fut confirmée par le Directorat de l’enseignement et des sciences de la municipalité de Prishtina, qui lui rappela aussi les avertissements du directeur de l’école sur le port du foulard et la propagation de la religion à l’école. La décision était juridiquement motivée par un article de la loi sur l’enseignement primaire et secondaire du Kosovo, qui stipule: «Les institutions de l’enseignement public se tiennent à l’écart de l’enseignement religieux ou autres activités qui promeuvent une quelconque religion» (art.&amp;nbsp;4.7).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette enseignante était réputée pour ses qualités d’éducatrice. Cependant, une semaine après son mariage, elle s’était soudainement mise à porter le foulard. Selon elle, ce fait aurait «terrifié» les responsables de l’école. Même si la décision de suspension a eu pour motif le prosélytisme, il est clair que le port du foulard a été la principale motivation de l’expulsion. Le reproche de prosélytisme est d’ailleurs catégoriquement réfuté par l’intéressée: «Ceci est absolument faux. Ce n’est pas vrai que j’ai tenu des cours de religion avec mes élèves. J’ai suivi le programme de l’enseignement que je devais donner et ceci peut être confirmé par les élèves». Ces reproches auraient été ajoutés après la décision de suspension. Le directeur de l’école le confirme, mais en précisant qu’ils s’appuient sur l’enquête et les témoignages qu’il aurait réunis. L’enseignante estime que ses droits élémentaires ont été bafoués. Pour elle, le port du voile n’est pas synonyme de propagande religieuse: «On peut faire de la propagande sans foulard». Elle nie aussi que son mariage serait à l’origine du port du foulard. Ceci serait venu d’un «ordre de Dieu». Enfin, elle conteste l’idée qu’on puisse interdire le port du voile sans une loi et un débat public sur la question.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Une affaire de foulard comme révélateur&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’affaire en question, relayée par la revue &lt;i&gt;Java (La Semaine)&lt;/i&gt;, a suscité des réactions et déclenché une véritable polémique dans l’opinion publique kosovare.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le principal imam du Kosovo, Sabri Bajgora, est indigné par cette affaire. Il défend l’enseignante et qualifie la situation de violation flagrante des droits humains élémentaires et «d’offense publique de la dignité de la femme albanaise voilée». Pour lui, «le port du voile ne constitue pas en soi une propagande religieuse mais il s’agit d’une norme religieuse (comme le hadj, le zakat) qui doit être respecté par tous les citoyens» dans un pays en grande majorité musulman. Bajgora demeure en outre critique sur la question qui s’était posée à Mitrovica aussi (Nord du Kosovo), où une élève avait été interdite d’entrée dans son gymnase en 2003 pour port du voile (l’ombudsman du Kosovo estima que le Ministère de l’éducation ne devait pas appliquer à une élève une telle décision fondée sur l’interdiction du prosélytisme). Il pose la question de savoir pourquoi le Ministère de l’éducation ne réagit pas contre «la nudité» des élèves dans les écoles primaires et secondaires, ou encore contre la prostitution, la drogue. Concernant l’affaire de l’enseignante, il avertit que si les institutions kosovares ne résolvent pas ce cas, «il y aura des réactions en chaîne et nous ne répondons pas de ce qui peut suivre» (&lt;i&gt;Java&lt;/i&gt;, 2 juin 2005). Selon lui, la solution de ce problème doit passer par une loi qui réglerait toutes les questions relatives aux libertés religieuses.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour l’un des chantres du puritanisme islamique au Kosovo, Shefqet Krasniqi, imam de la Grande Mosquée de Prishtina et enseignant à la Faculté des études islamiques à Prishtina, la question du foulard est l’essence même de l’islam. Pour ce cadre religieux charismatique portant une barbe imposante, formé à l’Université de Médine en Arabie Saoudite (où il a passé quinze ans et obtenu un doctorat en shariah islamique) et revenu au Kosovo en 2001, «une personne qui nie ce pilier [le voile] de la foi musulmane et cet impératif indispensable, est du nombre de ceux qui nient la vérité. Elle est du nombre de ceux qui nient le Coran. Même si cette personne prie, pratique le jeûne du ramadan et prétend et déclare être musulmane, c’est une mécréante. Cette personne ment, mais ne peut mentir Dieu. Elle ment à elle-même et peut-être nous ment aussi. Cette personne est en dehors de l’islam et n’a pas de place dans l’islam. Si elle meurt comme telle [sans voile], elle ne mérite pas des prières de mort [de sépulture], ne mérite pas d’être inhumée dans les cimetières musulmans, ne mérite pas d’être embellie de linceul ni ne mérite des condoléances à ses proches». Selon Shefqet Krasniqi, «il n’est pas permis de faire des prières pour cette personne pour que Dieu ait de la miséricorde». Sur la question du voile «il n’y pas de place ni de possibilité pour la discussion».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Par la même occasion, il dénonce la classe politique kosovare qui, au nom de la démocratie et des droits de l’homme, adopte une attitude négatrice sur le port du voile et des prières musulmanes. Le voile serait une norme religieuse chez les juifs et chez les chrétiens aussi. Le voile ne dérangerait pas les Européens qui ne sont pas musulmans alors que «nos fils, nos hommes que nous avons élus, ferment les yeux et ne peuvent voir, ni supporter, à côté d’eux, une fille ou une sœur voilée». Tout en tenant ce discours, il reconnaît que «nous ne sommes plus au temps du communisme, où on risquait 20 ans de prison pour ces propos. Nous sommes au moins libres de nous exprimer».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette position rigide de Shefqet Krasniqi sur le voile diffère substantiellement de celle du principal imam du Kosovo, Sabri Bajgora: «On ne peut pas dire que les femmes qui ne portent pas le foulard ne sont pas musulmanes. Absolument pas. Ce sont des femmes qui ont manqué à une norme de Dieu. On ne peut les accuser d’être non croyantes. Loi de là, c’est comme si nous disions la même chose pour quelqu’un qui ne fait pas la prière. Chaque homme répond de ses propres fautes et se présente chez Dieu avec ses propres œuvres. C’est une logique très simple. Chacun doit mesurer lui-même comment il va aller vers Dieu » (&lt;i&gt;Java&lt;/i&gt;, 9 juin 2005).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’affaire de l’enseignante est symptomatique de la véritable crise d’identité que traverse la société kosovare. Cette polémique soulève d’autres sujets brûlants ayant trait à la religion et à l’islam. Elle révèle aussi l’absence d’espace de discussion sur les questions de la religion et de l’islam au Kosovo et sur la place de la religion dans cette société. L’émotion provoquée autour de l’affaire de l’enseignante témoigne d’un écart entre le discours de l’élite intellectuelle et politique et celui que tiennent les dignitaires religieux musulmans. D’autre part, les polémiques autour de cette affaire révèlent la montée de tensions religieuses intra-albanaises au Kosovo. Enfin, certaines réactions reflètent aussi des tentatives de politisation de l’islam au Kosovo.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;L’islam au Kosovo: un statut marginalisé?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce qui saute aux yeux dans l’affaire est l’insensibilité manifestée par le Conseil pour la défense des libertés et les droits de l’homme du Kosovo (Këshilli për Mbrojtjen e Lirive dhe Drejtave të Njeriut). Ce n’est qu’après s’être retrouvé dans la ligne de mire de l’éditorial du rédacteur en chef de Java qu’il a brièvement réagi et s’est montré plus réceptif à l’appel de l’enseignante, qui a d’ailleurs remercié par la suite le périodique d’avoir offert une tribune pour dénoncer «l’injustice qu’elle avait subie» (Java, 14 juillet 2005). Selon les dignitaires religieux musulmans (notamment les plus radicaux), l’élite albanaise serait frustrée, complexée par rapport à son appartenance religieuse et tenterait d’occulter ce fait. En décembre 2003, lors d’un voyage d’une délégation du gouvernement du Kosovo en Allemagne, une partie du groupe aurait refusé la traduction de la discussion par une femme albanaise voilée, rapporte l’&lt;i&gt;International Religious Freedom Report on Kosovo&lt;/i&gt; (U.S. Office Pristina, Kosovo, 15 septembre 2004). Sabri Bajgora rappelle que le Kosovo ne peut être un Etat islamique, car le Kosovo est en Europe, cependant, «la population du Kosovo est à 90% musulmane et tout le monde le sait. Nous essayons vainement de cacher notre identité, car nous savons que nous sommes musulmans». Et d’ajouter: «Nous sommes à 98% musulmans et nous ne pouvons sortir de notre peau.» (Java, 9 juin 2005)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les critiques contre les dirigeants kosovars sur la place de l’islam s’appuient sur plusieurs éléments concrets. Le premier est lié à l’enseignement de la religion à l’école. Le deuxième concerne la loi sur les libertés religieuses. Enfin, le troisième porte sur la minimisation de l’espace de l’islam dans la vie quotidienne kosovare.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En ce qui concerne l’enseignement religieux à l’école, l’élite politique kosovare et une partie de l’intelligentsia se montre opposée à cette demande, au nom de la laïcité de la société et de la peur de voir naître des divisions religieuses parmi les élèves des écoles primaires et secondaires. Selon Ferid Agan, l’un des fondateurs du Parti de la justice du Kosovo (nouvelle formation politique représentée par trois élus), on peut observer une «extrême ambivalence institutionnelle sur une question d’une importance incontestable pour la stabilité psychosociale de la jeunesse du Kosovo, qui vit dans une situation de transition extensive». Il estime que «le temps est venu pour que les préjugés agressifs laissent la place à la raison et aux faits positifs, à l’image de l’expérience de beaucoup d’Etats» (notamment les Etats-Unis d’Amérique).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La totalité des défenseurs des cours de la religion à l’école appuient en effet leur argumentation sur les expériences occidentales en la matière. D’autres arguments fréquemment invoqués sont l’existence de tels cours dans tous les Etats voisins de l’ex-Yougoslavie ainsi que les bénéfices supposés de ces cours pour la jeunesse kosovare, frappée par la délinquance et la drogue.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Quant à l’adoption de la loi sur les libertés religieuses, les milieux religieux musulmans demeurent très critiques vis-à-vis de son contenu et de sa portée (un certain nombre de critiques des représentants chrétiens convergent avec celles des musulmans). Les principaux reproches sont:&lt;br /&gt;&lt;/font&gt; &lt;blockquote&gt;&lt;font class=&quot;article_text&quot;&gt;* la non reconnaissance de l’autorité de la Communauté islamique du Kosovo (ci-après CIK) et de l’épiscopat de l’Eglise catholique ainsi que de leur rôle dans la résistance et lors de la guerre;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; * la possibilité de fonder des communautés religieuses avec seulement trois personnes (alors qu’il en faut 1000 pour fonder un parti politique);&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; * l’absence de définition du statut de l’Eglise orthodoxe serbe vis-à-vis des institutions du Kosovo;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; * l’absence d’un engagement clair de l’Etat pour le financement des communautés religieuses;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; * enfin, l’absence de toute référence aux sectes et à leur financement.&lt;/font&gt;&lt;/blockquote&gt; &lt;br /&gt; Aux yeux de Sabri Bajgora, cette loi est une «catastrophe» et «un grand anachronisme», car elle met au pied d’égalité la religion dominante du Kosovo, l’islam, avec des communautés religieuses insignifiantes: «Ce qui se passe au Kosovo est un affaiblissement de la substance religieuse ou de l’équilibre religieux. La communauté catholique y est aussi opposée.» (&lt;i&gt;Java&lt;/i&gt;, 9 juin 2005)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Enfin, le rôle mineur de la religion musulmane dans la sphère publique consterne les milieux religieux musulmans. La fermeture de la salle de prière à la Bibliothèque nationale du Kosovo par le directeur de celle-ci ainsi que le refus d’autorisation de construction d’un centre islamique à Prishtina sont continuellement cités comme exemples de la restriction des libertés religieuses des musulmans au Kosovo.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En outre, la marginalisation de figures musulmanes de l’historiographie nationale albanaise semble irriter un certain nombre d’intellectuels. Ainsi, «l’an 2005 est celui de Muhammad Ali, Pacha d’Egypte. L’Egypte l’admire, malgré le fait que celui-ci était Albanais, alors que chez nous, l’an 2005 est réservé uniquement à Skanderbeg! [&lt;i&gt;personnage historique du XVe siècle devenu la figure nationale albanaise par sa résistance face à l’occupation ottomane&lt;/i&gt;]. Qu’en est-il des autres: Ali Pacha, Mimar Sinan, les Sadriazam [&lt;i&gt;équivalent d’un général dans l’armée ottomane&lt;/i&gt;], les commandants brillants de l’armée, les amiraux des flottes de la Méditerranée. Ils étaient tous albanais. Quand toute la vérité sera-t-elle écrite?», déclare Ubejd R. Gashi dans un article intitulé «Themelet e mbrapshta» (Les fondations à l’envers), (publié dans &lt;i&gt;Vepra [L’Œuvre]&lt;/i&gt;, Revue d’information, culturelle et scientifique, Skopje, N° 78, septembre 2005) .&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;L’islam au Kosovo: question taboue&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La question centrale qui se pose est de savoir pourquoi la religion musulmane semble être un tabou pour l’élite kosovare – et l’élite albanaise en général?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans un entretien que nous avons mené avec lui à Prishtina en août 2005, Ferid Agani expliquait que la réticence de l’élite kosovare face à la religion s’enracine dans la période du communisme et de la domination serbe. En fait, selon lui, la plupart des intellectuels et universitaires du Kosovo sont issus de familles religieuses. Le changement qui se serait opéré sous le communisme était la conséquence de la politique serbe consistant à mettre sous pression l’élite albanaise. Celle-ci devait faire le choix entre l’instruction ou la religion, car «ces deux dimensions étaient inconciliables» pour le régime. Depuis le communisme, une forte discontinuité (&lt;i&gt;discrepancy&lt;/i&gt;) se serait produite dans l’élite kosovare, car la religion comme culture a continué à être pratiquée par celle-ci, mais uniquement dans la sphère privée. Ainsi, peu à peu, l’élite kosovare se serait totalement coupée de la tradition, et en l’occurrence de la religion. Agani estime que les autorités du Kosovo continuent d’alimenter les concepts communistes de l’instruction matérialiste en niant, dans sa totalité, la dimension spirituelle. Les élèves dans les écoles sont victimes de ce système, car ils sont «croyants dans leur maison et dans leur famille, et athées à l’école»: l’identité religieuse s’arrête à la porte de l’école. Ceci peut provoquer chez eux un grand vide et avoir des lourdes conséquences psychologiques. Agani précise que sa formation politique vise à «articuler des intérêts politiques des citoyens du Kosovo, lesquels sont à la fois de sincères croyants et des patriotes déterminés» et à «promouvoir des valeurs éthiques dans la politique». Autrement dit, l’objectif de son parti n’est pas religieux, mais il le voit comme un parti de citoyens dont leur but est d’articuler auprès des institutions du Kosovo les «besoins vitaux» des Kosovars pour vivre et pratiquer leur foi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour Milazim Krasniqi, un intellectuel respecté du Kosovo, qui manifeste depuis quelque temps, un engagement en faveur de l’identité musulmane de la société albanaise, l’élite kosovare souffre de l’amalgame entre la religion musulmane et le terrorisme. Il qualifie cette situation «d’absurde» et fait le lien entre cette attitude de l’élite et une tendance à «rechristianiser le Kosovo». Selon lui, chaque fois que les Albanais sont sortis de l’islam, des problèmes sont apparus. Afin de remédier à cette situation, il faut que les citoyens se mobilisent un peu plus afin de faire davantage pression sur les dirigeants politiques.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il est vrai que l’empreinte de l’athéisme communiste est indéniable dans l’attitude vis-à-vis de la foi musulmane. La majorité des cadres du Kosovo ont fait leurs études à l’Université de Prishtina, où prédominait un fort sentiment athée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Toutefois, pour comprendre objectivement la relation compliquée des Albanais du Kosovo avec la religion musulmane et la religion en général, d’autres facteurs explicatifs doivent aussi être pris en compte. Le plus important est le fort attachement de la société kosovare, dans sa grande majorité d’ethnie albanaise, aux valeurs nationales et ethniques albanaises. Le sentiment national albanais, comme lien social, a été forgé autour de la langue et non pas la religion. Lors de la constitution du mouvement national albanais au XIXe-XXe siècles, processus qui a abouti à la fondation de l’Albanie indépendante en 1912, le facteur religieux n’a pas été intégré dans l’iconographie nationaliste, car les Albanais étaient de trois, voire quatre religions (l’islam sunnite, le bektachisme, le catholicisme et l’orthodoxie), et cela pouvait constituer un facteur de division dans l’entreprise nationale. L’unicité nécessaire aux mobilisations nationalistes a pu se créer autour de la langue, de l’idée d’une descendance ethnique albanaise depuis les Illyriens et autour de diverses figures historiques (à commencer par Skanderbeg). Ceci ressort clairement des appels de l’un des principaux architectes historiques du nationalisme albanais, Pashko Vasa: «Réveillez-vous, Albanais, il est temps de vous lever et de vous lier par des liens fraternels; ne regardez pas vers l’église ou la mosquée pour la piété, la foi des Albanais est l’albanité.» (Pashko Vasa, &lt;i&gt;Albania&lt;/i&gt;, 1887)&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’historiographie contemporaine albanaise est largement calquée sur cette rhétorique véhiculée par les manifestes nationalistes du XIXe siècle, qui visait la création d’une histoire nationale ainsi que la conscientisation nationale des populations de langue et culture albanaise. Durant le régime totalitaire d’Enver Hoxha, cette historiographie a aussi fortement été influencée par la doctrine nationaliste d’inspiration marxiste-léniniste. Cette production littéraire hoxhiste s’est largement répandue au Kosovo et en Macédoine et a ainsi contribué à développer, dans les élites, un rapport problématique avec l’histoire et la religion. On peut relever parfois une aversion, voire un mépris envers la religion (en particulier musulmane) de la part des intellectuels.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il faut aussi relever que l’islam albanais est un islam hétérodoxe, syncrétiste, qui plonge ses racines dans le sunnisme ottoman (hanéfisme) ainsi que le bektachisme. La conversion albanaise à la religion a été progressive depuis la conquête des Balkans par l’Empire ottoman au XVe siècle. Au début, les indigènes se montrèrent réfractaires, mais une fois la domination ottomane consolidée et motivés par les bénéfices socio-économiques qu’ils pouvaient tirer de la conversion (ils n’étaient ainsi plus soumis aux limitations imposées aux communautés non musulmanes), ils acceptèrent la religion musulmane. Pour les Albanais, cette conversion fut facilitée par les relations superficielles qu’ils entretenaient avec la religion. Au XVIIe siècle, les conversions devinrent plus massives, principalement pour des raisons socio-économiques: les communautés chrétiennes étaient alors soumises à des lourdes augmentations de taxes. Ce processus de la propagation de l’islam s’accéléra au XIXe siècle, du fait de l’encouragement des différents ordres mystiques musulmans (les bektachis) par des pachas qui avaient des visées autonomistes par rapport à la Sublime Porte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il est vrai aussi que ce qui rend les leaders kosovars plus attentifs à la question de l’islam est la peur d’une stigmatisation islamiste du Kosovo, qui pourrait avoir des conséquences sur le futur statut politique de la région (alors qu’il y a clairement aspiration d’accession à l’indépendance de cette ancienne entité fédérale yougoslave). Ceci pourrait indéniablement influencer la position des pays occidentaux sur la question de l’indépendance. On comprend ainsi le discours récurrent serbe et macédonien (relayée par certains analystes et journalistes occidentaux et francophones en particulier) sur la «menace islamiste» que pourrait représenter la population albanaise dans les Balkans et pour l’Europe plus généralement.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Toutefois, l’élite politique et intellectuelle albanaise, qu’elle se trouve en Albanie, au Kosovo, en Macédoine, en Serbie du Sud ou au Monténégro, est aujourd'hui culturellement et politiquement orientée, dans sa très grande majorité et sans ambiguïté, vers le modèle occidental et la laïcité. En ce qui concerne la classe politique, cette orientation ressort clairement du programme des partis politiques et du discours en faveur de l’intégration du Kosovo dans les structures politiques et militaires euro-atlantiques. Quant aux intellectuels, il y a chez eux un net penchant à promouvoir des figures historiques politiques et intellectuelles albanaises proches de la civilisation occidentale et à celer les dynamiques historiques sous l’influence du monde oriental. De plus, certains dirigeants kosovars ne cachent pas leur sympathie pour la religion catholique. Le président du Kosovo, Ibrahim Rugova, aurait même songé à se convertir au catholicisme. Outre la sympathie que cela pourrait susciter dans les pays occidentaux son penchant pro-chrétien, le catholicisme s’ajouterait à une série de marqueurs identitaires qui distingueraient les Albanais des Etats slaves orthodoxes avoisinants.&lt;br /&gt; &lt;p align=&quot;right&quot;&gt;&lt;i&gt;Bashkim Iseni&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;font class=&quot;article_source&quot;&gt;Docteur ès sciences politiques, Bashkim Iseni est un chercheur qui vit en Suisse. Spécialiste du domaine balkanique, il a soutenu en 2005 à l’Université de Lausanne une thèse (pas encore publiée) sur &lt;i&gt;La question nationale en Europe du Sud-Est. Genèse, émergence et développement de l’identité nationale albanaise au Kosovo et en Macédoine&lt;/i&gt;. L'auteur se rend régulièrement dans la région pour y poursuivre ses travaux.&lt;br /&gt;&lt;/font&gt; 
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        <author>
            <name>Philippe</name>
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        <title>Un jeune Albanais malade en centre de rétention</title>
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        <updated>2008-04-07T21:07:00+02:00</updated>
        <published>2008-04-07T21:07:00+02:00</published>
        <summary>   Au mépris de toute considération sur son état de santé, Fatmir Fertuna, 18...</summary>
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           &lt;h3 class=&quot;entry-header&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://auxarmescitoyens.hautetfort.com/media/00/01/398679500.jpg&quot; id=&quot;media-946758&quot; alt=&quot;398679500.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-946758&quot; /&gt;Au mépris de toute considération sur son état de santé, Fatmir Fertuna, 18 ans, est enfermé au Centre de Rétention du Mesnil-Amelot (77).&lt;/h3&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Fatmir Fertuna, Albanais de 18 ans, réfugié à Vesoul (Haute-Saône) après l’assassinat de ses parents au cours des événements de 1997 en Albanie, a été enfermé à la prison administrative pour étrangers (CRA) du Mesnil-Amelot sur décision du préfet de Haute-Saône. Il faut bien faire ses chiffres et livrer son poids d’expulsés au ministre !&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Fatmir pourtant a un dossier de demandeur d’asile en cours à l’OFPRA. On ne la fait pas à Monsieur le Préfet, s’il fallait que l’OFPRA accorde le statut de réfugié ou que le préfet régularise tous ceux dont les parents ont été assassinés, où irait-on ?&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Par ailleurs, Fatmir souffre d’une maladie grave. Le médecin-inspecteur de Santé Publique de Seine-et-Marne a donné un avis indiquant que son état de santé nécessite une prise en charge médicale n’existant pas dans son pays d’origine et qu’il ne peut pas voyager sans risque. Monsieur le Préfet s’en fout. Il n’est pas là pour faire du sentiment, il est là pour faire du chiffre.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Alors, Fatmir, 18 ans, orphelin et malade, sera expulsé pour que la terreur règne parmi les sans-papiers et que d’autres Yvan (12 ans) sautent par la fenêtre pour fuir la police et en restent handicapés à vie, que d’autres Chulan Zhang Liu s’enfuient aussi par la fenêtre et se tuent, que d’autres John Maïna se pendent en apprenant qu’ils doivent retourner au pays où ils ont été martyrisés, que d’autres Baba Traore se jettent dans la Marne plutôt que d’avoir affaire à la police française.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Jusqu’où iront-ils ? Combien de morts, de handicapés, de traumatisés à vie, vivant dans la terreur en France ou désespéré et perdant la tête quand ils sont expulsés faudra-t-il pour que cesse cette politique dégueulasse ?&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;• La Section de Haute-Saône de la Ligue des Droits de l’Homme&lt;br /&gt; Réseau Education Sans Frontières de Seine-et-Marne •&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Faites le savoir en mailant, faxant, téléphonant à :&lt;br /&gt; La Préfecture de Haute-Saône :&lt;br /&gt; Tel : 03 84 77 70 00&lt;br /&gt; Fax :03 84 76 49 60&lt;br /&gt; Mail : prefecture@haute-saone.pref.gouv.fr&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;font face=&quot;Arial&quot; size=&quot;2&quot;&gt;source : &lt;a href=&quot;http://sanspapiers.blogs.liberation.fr/sans_papiers/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;à l'école des sans-papiers&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;a href=&quot;http://sanspapiers.blogs.liberation.fr/sans_papiers/2008/04/un-jeune-albana.html#comments&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; 
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        <author>
            <name>THEATRUM BELLI</name>
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        <title>La vieille Serbie et les Albanais</title>
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        <updated>2008-03-20T20:00:00+01:00</updated>
        <published>2008-03-20T20:00:00+01:00</published>
        <summary>     - I -         Parmi les questions attirant l'attention des chercheurs...</summary>
        <content type="html" xml:base="http://theatrumbelli.hautetfort.com/">
           &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;- I -&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Parmi les questions attirant l'attention des chercheurs contemporains, et recevant fréquemment des interprétations visant à légitimer les aspirations politiques contemporaines des Albanais, figure celle de l'origine et du berceau ethnique de leur peuple, dans la toute première période de leur histoire.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;L'origine des Albanais fait l'objet de diverses opinions au sein des milieux scientifiques européens. La majorité d'entre elles a été répertoriée par le chercheur allemand Georg Stadtmuller dans son ouvrage &lt;i&gt;Forschungen zur albanischen Frühgeschichte&lt;/i&gt; publié à Wiesbaden en 1966 (première publication parue à Budapest en 1942) &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(1)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. F. Pourqueville, consul de France à Jannina, considérait par exemple que les Albanais, originaires d'Albanie caucasienne, sont arrivés dans les Balkans au début du Moyen Age et ne constituent pas, par conséquent, une population autochtone &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(2)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. On constate néanmoins aujourd'hui une prédominance de la thèse voyant dans les Albanais une nouvelle formation ethnique apparue dans les premiers siècles du Moyen Age, sur des bases paléobalkaniques, c'est-à-dire un mélange de divers éléments des anciens substrats paléobalkaniques -illyriens, daco-mésiens (dardaniens) et thraces. Il n'est donc pas possible de voir dans les Albanais des continuateurs directs des Illyriens ou des Dardaniens &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(3)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;La question de l'origine et du berceau ethnique des Albanais attire tout particulièrement l'attention des scientifiques et des publicistes albanais. Le chercheur allemand Peter Bard a récemment remarqué avec raison que les chercheurs albanais ne font pas montre d'une réelle attitude critique envers cette question et sont enclins à construire diverses théories de circonstance : &lt;i&gt;&quot;Das Bild, das die albanische Wissenschaft von der eigenen Frühgeschichte zeichnet, ist vereinfachend-unkritisch und wirkt konstruiert. Der sprachliche Nachweis für eine illyrisch-albanisch Verwandschaft konnte bisher nicht erbracht werden&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(4)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. (L'image que les chercheurs albanais dressent de leur propre histoire précoce est par trop simplifiée, non critique et souvent construite de toute pièce. On ne saurait avancer la moindre preuve linguistique attestant une parenté entre les langues illyriennes et albanaises). Le célèbre linguiste albanais E. Cabej constate lui-même qu'il serait &quot;non-scientifique, voire naïf, de procéder à une projection directe des situations contemporaines dans le passé&quot; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(5)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Parmi les milieux scientifiques, il est largement admis que les régions de Kosovo-Métochia, comptant aujourd'hui, aux côtés d'autres peuples, une très forte population albanaise, ne sont pas le berceau ethnique de ce peuple. La première mention historique des Albanais, remontant au XIe siècle, est dûe à Anno Comnène qui, parlant d'un &quot;Arbanon&quot; (pays des Arbanais), le localise dans une contrée montagneuse à l'intérieur de l'Albanie actuelle. Se fondant sur plusieurs sources, Stadtmüller affirme que cet Arbanon englobait la vallée de la Skumbi, les deux rives du Mat, la ville de Kroj et plusieurs autres contrées voisines &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(6)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. A plusieurs reprises, il souligne que la région du Mat, compte tenu de son enclavement naturel, constitue &quot;l'aire d'origine&quot; des Albanais (&quot;Reliktgebiet&quot;). Ce même chercheur affirme explicitement que cette aire d'origine des Albanais ne saurait être recherchée dans les régions de la Vieille Serbie (&lt;i&gt;&quot;Altserbien&quot;)&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&quot;Die grossen Beckenlandschaften, die den Raum Altserbiens ausmachen (Kosovopolje, Metohin, Sandschu ?, Novipazar) sind wegen ihrer Tiefenlage nicht Sommerweidegebiete, sondern Winterweidegebiete (…) jedoch besitzen diese Gebiete nicht geographische Abgeschlossenheit, die zum Wesen eines Reliktgebietes gehiirt. Die von allen Seiten leicht zuganglichen Landschaften haben wohl einst als Keimzelle des altserbischen&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(rascischen) Staate eine grosse Rolle gespielt (...) Daher kann das uralbanische Reliktgebiet nicht in Altserbien zu suchen sein.&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(7)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; (Les vastes contrées constituant le territoire de la Vieille Serbie — Kosovopolje, Métochia, le Sandjak de Novi Pazar — ne sont pas, en raison de leur position des pâturages d'été mais d'hiver (...) Par conséquent, ces contrées ne présentent pas un enclavement géographique, caractéristique principale de toute aire d'origine. Facilement accessibles de toutes parts, ces contrées ont autrefois joué un grand rôle en tant que cœur de l'ancien Etat serbe (Etat de Rascie) (...) Par conséquent, l'aire d'origine proto-albanais ne saurait être recherchée dans la Vieille Serbie).&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Les auteurs traitant des rapports serbo-albanais dans la Vieille Serbie, ont souvent l'habitude, partant de la situation démographique actuelle de faire ensuite remonter la continuité albanaise sur ce territoire jusqu'aux temps les plus reculés &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(8)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Il serait superflu de démontrer combien il s'agit là d'une méthode erronée et peu scientifique. Les contrées de Kosovo et Métochia n'ont en effet jamais fait partie, par le passé, d'un Etat albanais quel qu’il soit. Qui plus est, jusqu'à ces derniers temps, les Albanais n'y ont jamais constitué une population majoritaire. L'histoire nous apprend qu'au mu' et au début du m'y' siècle, la frontière méridionale de l'Etat serbe médiéval se maintint durant plusieurs décennies sur le Mat, rivière coulant dans l'actuelle Albanie, avant d'englober tout le territoire albanais, à l'exception de Durazzo, au sein de l'Empire serbe, suite aux conquêtes de Dusan. Il va de soi que les Serbes ne sauraient aujourd'hui tirer de ce fait historique quelques droits particuliers sur le territoire constituant l'actuelle Albanie.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Le nom même de &quot;Kosovo&quot;, très largement employé dans l'opinion publique européenne, n'a jamais eu la signification que l'on cherche aujourd'hui à lui associer - à savoir désigner une entité, historique et ethnique, spécifique que l'on voudrait détacher de l'ensemble de l'espace ethnique serbe et du nom &quot;Serbie&quot;. Le nom Kosovo est avant tout lié à l'ancienne appellation géographique Kosovo Polje désignant la seule plaine baignée par la Sitnica et le Lab, et fermée, de tous côtés, par des chaînes de montagnes &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(9)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Ce n'est qu'à l'époque moderne, à partir de la fin du xix' siècle, que ce nom s'est élargi à un plus vaste territoire par le biais de l'appellation &quot;vilayet de Kosovo&quot; donnée à une grande région administrative turque correspondant approximativement à l'ensemble de la Vieille Serbie. Après la libération et le retrait des Turcs en 1912, ce territoire avec les régions de Kosovo et Métochia fut inclus dans le royaume de Serbie et, plus tard, de Yougoslavie. La réunion de ces deux régions en une même unité territoriale dotée d'un statut politique spécifique remonte à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. L'attribution de ce statut résultait des positions contenues dans les programmes du Parti Communiste yougoslave et de l'Internationale communiste concernant la solution de la question nationale dans l'Etat yougoslave. L'appellation &quot;Kosovo Métochia&quot; donnée à cette unité territoriale, s'est maintenue jusqu'en 1968, lorsque les leaders communistes albanais la réduisirent, par décision administrative, au seul nom de &quot;Kosovo&quot;. Cette amputation du nom Métochia trouve sa raison dans les motifs politiques répondant aux visées expansionnistes du nationalisme albanais dans ces contrées.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Dès la fin du XIIe siècle les régions de Kosovo et de Métochia furent incluses dans le cadre de l'Etat serbe médiéval et depuis lors jusqu'à aujourd'hui, elles ont toujours été considérées, dans les milieux instruits européens, comme des contrées historiques de la Serbie. Avant la conquête turque, c'est dans ces contrées que s'affirmèrent au Moyen Age les forces culturelles de l'Etat serbe. Ceci est attesté par les données faisant état de près de 1300 monastères, églises, chapelles et autres monuments serbes, enregistrés dans près de 1100 agglomérations du Kosovo et de la Métochia (350 agglomérations restent encore non explorées) &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(10)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Les plus célèbres de ces monuments sont la Patriarchie de Pec, les monastères de Banjska Gracanica, Decani, des Saint-Archanges près de Prizren, de la Vierge Ljeviska. D'où notamment le terme de Metochia, dérivé du mot grec &quot;métoque&quot; désignant une &quot;possession ecclésiastique&quot;, et non une &quot;communauté religieuse&quot;, comme on l'interprète parfois. C'est du territoire de l'actuel Kosovo et Métochia que tiraient leur origine nombre de grandes familles nobles serbes constituant l'élite de la société médiévale serbe. Le célèbre prince Lazar Hrebeljanovic, qui mena la lutte contre les Turcs, naquit dans la ville de Prilop, sise dans la région de Novo Brdo. Ceci permet de comprendre pourquoi la grande bataille ayant opposé les Serbes et les Turcs, choc décisif dans l'histoire serbe, eut lieu précisément à Kosovo polje, le 15 juillet 1389. L'armée du sultan turc Mourad I- et de ses vassaux y rencontra les troupes serbes du prince Lazar et de Vuk Brankovic, renforcées par un détachement envoyé par le roi de Bosnie Tvrtko Ier qui s'était attribué, en 1377, la &quot;double couronne&quot; de Bosnie et Serbie en tant que descendant de la dynastie serbe des Nemanjic. Cette bataille, sans vainqueur, se solda par la mort du prince Lazar et du sultan Mourad. Kosovo Polje est ainsi devenu le symbole de la résistance serbe face à la conquête turque qui fut suivie de cinq siècles d'esclavage sous le joug turc. Ce toponyme et cette région occupent par conséquent une place spécifique tant dans la conscience collective du peuple serbe que dans la poésie populaire, la littérature et l'art serbes.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Les cinq siècles de domination turque sur ces contrées, s'accompagnant de l'emploi d'appellations administratives nouvelles, n'ont pas réussi que ce soit chez les Serbes ou chez les chercheurs et voyageurs européens, à annihiler la Conscience que ces contrées étaient parties intégrantes de la Serbie. Les voyageurs européens, venus d'Occident, et notamment les cartographes désignent, quasi sans exception, le Kosovo et la Métochia, comme des parties de la Serbie ou du &quot;Royaume de Serbie&quot;. Ceci est le cas, par exemple, du géographe italien Giac. Gastald en 1566, du célèbre &quot;géographe de la République de Venise&quot; V. Coronelli, sur une carte datée de 1692, et, par la suite, de nombreux autres cartographes français et étrangers du XVIIe et XVIIIe siècle. L'humaniste et cartographe italien Giacomo Cantelli da Vignola (1643-1695) a dédié au cardinal Alfonsi Liti, en 1689, sa première carte régionale de la Serbie, laquelle englobe, cela va de soi, tout le territoire de l'actuelle Kosovo-Métochia (&quot;IL REGNO DELLA SERVIA detta altrimenti RASCIA&quot;) &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(12)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Les nombreuses cartes des célèbres atlas de Joh. Bapt. Homann, datant de la première moitié du XVIIe siècle, désignent systématiquement ces régions comme une partie de la Serbie. Il en est de même sur les cartes des successeurs de Homann, éditées à Nuremberg au début du XIXe siècle (1802, 1805, et plus tard). Au XIXe siècle les contrées de Kosovo et de Métochia sont très souvent désignées comme des parties de la &quot;Vieille Serbie&quot;, alors encore sous la domination turque, afin de marquer la différence par rapport à la &quot;nouvelle Serbie&quot;, c'est-à-dire la Principauté de Serbie fondée sur l'espace libéré du territoire serbe. Un des pionniers de l'albanologie, Theodor Ippen, un certain temps consul d'Autriche-Hongrie à Scutari, appelle même cette région &quot;Ancienne Rascie&quot; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(12)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Il a déjà été signalé plus haut que les Albanais, jusqu'à ces derniers temps, n'ont jamais constitué la majorité de la population au Kosovo et en Métachie. Dans les sources byzantines il n'est fait aucune mention d'Albanais sur le territoire serbe, c'est-à-dire yougoslave actuel. Les premiers recensements turcs (&lt;i&gt;defters&lt;/i&gt;), dressés après la conquête de cette partie de l'actuelle Serbie vers le milieu du XVe siècle, et publiés en 1455 et 1458 à Sarajevo et Tirana, n'enregistrent la présence d'agglomérations avec ancienne onomastique albanaise qu'à la périphérie de la Métochia, avec une plus forte concentration dans l'arrière-pays de Djakovica. Dans sa quasi-totalité la toponymie de ce territoire est d'origine serbe ou, du moins, slave. Sur les 280 agglomérations notées en Métochia et en Altin (englobant une partie de l'actuelle Albanie) seuls 30 ont une ancienne onomastique albanaise, 8 une onomastique mixte, et toutes les autres une ancienne onomastique serbe. Dans la contrée où régnait le seigneur serbe Vuk Branković, recensée par les turcs en 1455, immédiatement après sa conquête, et qui englobe, dans sa plus grande partie, la région de Kosovo et Métochia, il n'existe aucune agglomération avec ancienne onomastique albanaise &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(13)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. De telles sources révèlent que dans les premières décennies après l'instauration de l'autorité turque, une énorme majorité de Serbes chrétiens vivait dans cette partie de la Serbie, et un tel état de fait se maintint dans l'ensemble jusqu'à la fin du XVIIe siècle.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;La situation dans cette partie de la Serbie soumise à l'autorité turque, et ce surtout au XVIIe siècle, nous est mieux connue grâce aux rapports des missionnaires et visiteurs romains, conservés dans les archives du Vatican. Ainsi, le visiteur apostolique Petar Masarek, écrivant en 1623-1624 sur la population de Prizen et pristina, souligne qu'on y trouve beaucoup de Serbes qui parlent la &lt;i&gt;&quot;langue illyrienne&quot;,&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&quot;ont aussi un patriarche à Pec, lui aussi serbe, né à Janjevo&quot;.&lt;/i&gt; A Prizren, note Masarek, on voit &lt;i&gt;&quot;de nombreuses églises et de splendides édifices des Serbes des temps anciens. Les Turcs ont transformé deux églises en mosquée tout comme ils l'ont fait dans maints autres endroits&quot;.&lt;/i&gt; Parlant de Pristina, ce visiteur apostolique constate qu'&lt;i&gt;&quot;excepté les Turcs, de nombreux Serbes vivent dans cette ville&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(14)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Dans les rapports des missionnaires romains Prizren est par ailleurs qualifiée de &lt;i&gt;&quot;principale ville de Serbie&quot;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&quot;de site le plus beau en Serbie&quot;.&lt;/i&gt; La large expansion des Serbes et de leur langue a également été notée par M. P. Masarek dans un rapport de 1633, où il souligne que nombre de Serbes vivent dans les évêchés de Shkoder, Alessis et Zadrima en Albanie &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(15)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Un rapport de fra B. Palatsuolo daté de 1637, consacré à Djakovica et au monastère de Decani, signale que cette ville compte un grand nombre de Serbes et que y compris &lt;i&gt;&quot;au-dessus de Djakovica, vivent des Serbes, et qu'il n'y existe que trois maisons catholiques romaines, et qu'au delà on trouve uniquement des villages serbes...&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(16)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;- II -&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Le plus grave bouleversement dans la structure ethnique de la population du Kosovo et de la Métochia, au cours de la période de domination turque, eut lieu vers la fin du xvir siècle, lorsque les Serbes, après s'être joints à l'Europe chrétienne en guerre contre l'Empire ottoman, furent contraints, par crainte des représailles, de fuir en grand nombre, sous la conduite du patriarche Arsenije III Carnojevié, en direction des territoires de la monarchie des Habsbourg en 1690 (le siège du Patriarcat serbe se trouvait alors depuis des siècles à Pec, tout comme Prizren avait été la capitale du royaume). Les récits européens de l'époque font état de terribles exactions à l'encontre des Serbes. Pour parler en termes modernes, il est permis de dire que c'est alors que commença le processus de nettoyage ethnique de cette partie de la Vieille Serbie. Entre autres écrivains, Simplicioan Bizozeri, dans son ouvrage &lt;i&gt;La sacra lega contro la potenza ottomana&lt;/i&gt;, relate ainsi les crimes massifs commis à l'encontre des Serbes par l'armée turque et les bandes albanaises : &lt;i&gt;&quot;La scène du malheur s'est mise en place, car les barbares infidèles, qui sont arrivés, se sont montrés impitoyables à l'égard de ces innocents qui se sont tous retrouvés, quel que soit leur âge et leur sexe, sous les coups de leur sabre, et sont également tombés dans les bras de la mort ceux qui, trompés par&lt;/i&gt; &lt;i&gt;les promesses, ont quitté les forêts où ils avaient trouvé refuge. Après que tous les habitants ont été égorgés, leurs misérables baraques ont été incendiées et transformées en cendres ; seules ont échappé aux flammes les villes de Pristina, Pec et Prizren, car les Arnautes s'y étaient installés pour y passer l'hiver (...)&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(17)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; Le refoulement des Serbes dans le Kosovo et la Métochia dans les premiers mois de l'année 1690 est notamment attesté par de nombreux rapports du nonce apostolique à Vienne. Dans une lettre du 23 février 1690, ce légat note entre autre : &lt;i&gt;&quot;Les représailles sur la population infidèle ont duré trois mois entiers sans la moindre intervention de la Porte, jusqu'à ce que les contrées attaquées ne fussent totalement soumise&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(18)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Le processus de refoulement des Serbes orthodoxes hors du Kosovo et de la Métochia, par les Albanais, sous l'égide du pouvoir turc, s'est poursuivi au cours du XVIIIe et XIXe siècle. A partir du début du XVIIIe siècle, les contrées fertiles de la Vieille Serbie virent l'installation d'Albanais descendus de leurs régions montagneuses d'origine en Albanie. La profonde crise de l'Empire ottoman se traduisit ici par des actes de violence et une anarchie dont les porteurs étaient les Albanais nouveaux venus, animés d'une extrême hostilité envers l'ancienne population serbe. Une partie des Serbes a alors cherché une solution en acceptant l'Islam, ce qui, en tant que musulmans, soumis à la domination politique et sociale des Albanais, les a conduits à une albanisation progressive. Nous possédons sur ces processus touchant la Vieille Serbie de précieux témoignages que nous ont laissés, au cours du XIXe siècle, les chercheurs et voyageurs étrangers tels Ami Boué &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(19)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, Joseph Muller &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(20)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, Johann Georg von Hahn &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(21)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, Ivan Stepanovic Jastrebov &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(22)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; et d'autres. Ces auteurs mettent en lumière de façon authentique la situation ethnique et religieuse, le processus d'islamisation des Serbes et, plus particulièrement, la multitude des diverses formes de violence et de terreur exercées sur les Serbes de religion orthodoxe. A titre d'exemple, nous noterons les données de Joseph Muller de 1838 sur la population des régions de Pec, Djakovica et Prizren en Métochia. Dans ces trois villes vivaient 31.650 Serbes orthodoxes et musulmans pour 23.650 Albanais musulmans et catholiques. Les Serbes orthodoxes constituaient à Prizren la majorité absolue de la population (16.800 à 6.150 Albanais catholiques et musulmans), à Pec les Serbes orthodoxes et musulmans étaient eux aussi majoritaires par rapport aux Albanais catholiques et musulmans (11.050 pour 500) alors qu'à Djakovica la majorité absolue revenait aux Albanais, principalement musulmans (17.000 par rapport à 3.800) &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(23)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt; Dans la structure religieuse de la population rurale de ces trois régions les musulmans étaient majoritaires par rapport aux chrétiens (80.150 pour 56.250). L'archimandrite du monastère de Decani Hadji, Serafim Ristic, a publié en 1864 un ouvrage dénonçant les crimes commis à l'encontre des Serbes (avec données précises sur chaque crime, le lieu et les noms des victimes et des coupables) sous le titre &lt;i&gt;Plac stare Srbije&lt;/i&gt; (Les Pleurs de la Vieille Serbie), en le dédiant à William Denton &quot;ami et défenseur du peuple serbe&quot; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(24)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Les actes de violence à l'égard des Serbes et leur expulsion hors de ces régions se sont encore accrus après le Congrès de Berlin (1878), et tout particulièrement vers la fin du me siècle, ce qui a incité le Gouvernement du Royaume de Serbie à publier, en 1899, un livre de documents en serbe et français &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(25)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Le publiciste et chercheur français Victor Berard, témoin direct des malheurs et du refoulement des Serbes vers la fin du XIXe siècle a, entre autre, noté&amp;nbsp;: &lt;i&gt;&quot;Si l'anarchie actuelle dure encore dix ans, le Serbe pourra bien fonder des écoles dans la Vieille Serbie, y envoyer des évêques et des prêtres dans toutes les villes, ces prêtres n'y trouveront plus un chrétien pour suivre les cours de catéchisme, les écoles ne trouveront plus un slave qu'elles pourraient former. Devant les Albanais, le Slave est en effet contraint de fuir ou de mourir et sa disparition dans tout le pays, n'est qu'une question d'années, et ce peu nombreuses&quot;.&lt;/i&gt; &lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;(26)&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; Ce phénomène a reçu une explication scientifique détaillée dans l'ouvrage du scientifique français Gaston Gravier, &lt;i&gt;La Vieille Serbie et les Albanais&lt;/i&gt;, publié à Paris en 1911 &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(27)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Cet auteur, tout comme avant lui Berard, a lui aussi parcouru ces contrées.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Dans l'étude mentionnée, il parle entre autre de la situation en Métochia et, plus particulièrement, dans la vallée du Drim ainsi qu'à Orahovac et ses environs. &lt;i&gt;&quot;La presque totalité des musulmans de cette région,&lt;/i&gt; écrit Gravier&lt;i&gt;, est formée par des Serbes passés depuis peu à l'Islam. La plupart des conversions semblent s'être opérées depuis le début du XIXe siècle, beaucoup remontent à moins de vingt-cinq ans et l'on trouve de nombreuses familles divisées en maisons orthodoxes et en maison musulmanes&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(28)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;En dépit de ce long processus de refoulement de la Vieille Serbie (les poussant à fuir pour l'essentiel vers le royaume de Serbie), les Serbes orthodoxes et musulmans composaient encore, d'après certaines données, environ la moitié de la population du Kosovo et de la Métochia vers la fin du XIXe siècle. Ceci nous est notamment révélé par les études austro-hongroises effectuées avant tout pour les besoins de l'Etat-major à Vienne, et reprises dans l'ouvrage &lt;i&gt;Detailbeschreibung des Sandzaks Plevlje und des Vilajets Kosovo&lt;/i&gt; publié en 1899 &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(29)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Ceci est aussi attesté de façon très convaincante par la carte &lt;i&gt;Polit Eintheilung, Nationalitdten und Religionen&lt;/i&gt;, jointe à cette vaste étude.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;- III -&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;La question de la fondation de la &quot;Ligue de Prizren&quot; (1878) et plus spécialement de son caractère, se range parmi les questions incontournables dans toutes les études traitant de l'histoire récente albanaise. Ce faisant, notons que l'on y trouve souligné, en règle générale, le caractère libérateur de cette organisation, alors qu'y est plutôt négligé son caractère panislamique constituant pourtant la principale orientation de l'action politique et religieuse de la Ligue. Ces travaux négligent aussi l'expansionnisme affiché par la Ligue aux dépens des peuples chrétiens voisins, ainsi que les crimes dont furent victimes les chrétiens au cours des événements de 1878-1881.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Lors de l'observation du caractère de la &quot;Ligue de Prizren&quot;, on perd souvent de vue les conditions politiques et religieuses générales dans lesquelles elle a vu le jour ainsi que la direction principale de son action. Sa fondation se situe à la fin d'une grande crise internationale telle que la Crise d'Orient (1875-1878) et au moment où on pensait qu'une conférence internationale pourrait conduire à l'instauration d'une nouvelle situation politique dans les Balkans. Sa création est en fait davantage l'œuvre de la Turquie et de quelques autres grandes puissances, telle la Grande-Bretagne, que l'expression d'un mouvement de libération albanais autochtone. Les guerres serbo-turques de 1876 et de 1877/78 puis les insurrections bulgares ainsi que les soulèvements des Grecs, s'inscrivent pleinement dans les efforts des peuples chrétiens des Balkans en vue de se libérer de l'autorité plusieurs fois séculaire de l'Empire Osmanli et de former leurs Etats nationaux libres. Les efforts de ces peuples n'ont toutefois rencontré aucune solidarité auprès de leurs voisins albanais musulmans.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;La reconnaissance nationale albanaise marquait un retard par rapport aux autres peuples balkaniques, et ses principaux animateurs étaient les Albanais orthodoxes et catholiques qui se trouvaient être à un degré de développement social et culturel supérieur. Pendant la Grande Crise d'Orient (1875-1878), les Albanais musulmans, qui constituaient la grande majorité de la population albanaise, se mirent totalement aux côtés de l'Empire ottoman et furent même les défenseurs les plus virulents du caractère théocratique de la société osmanli, s'opposant à toute forme d'européanisation de cette société. La couche la plus instruite et fortunée des Albanais musulmans qui vivaient à Constantinople et dans d'autres villes, était totalement intégrée dans la structure nationale et sociale osmanli et ne séparait pas les intérêts des Albanais de ceux de l'ensemble de l'Empire ottoman dans les Balkans. Un tel comportement des Albanais musulmans trouvait donc ses motifs principaux dans l'identification religieuse et le caractère islamique de la société osmanli.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;L'historien croate Bernard Stulli a publié en 1959 à Zagreb une vaste étude intitulée &lt;i&gt;La question albanaise (1875-1882),&lt;/i&gt; fondée sur des sources historiques de première qualité &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(30)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Il y insiste sur le fait que les bandes albanaises incluses au sein de l'armée turque &lt;i&gt;&quot;en considérant la principale force de frappe traditionnellement utilisée contre les autres peuples de l'Empire turc&quot;&lt;/i&gt;, et que c'est surtout ces troupes &lt;i&gt;&quot;irrégulières&quot; &quot;composées pour l'essentiel d'Albanais, qui commettaient de nombreuses exactions et pillages&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(31)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. A plusieurs reprises Stulli se réfère à des rapports austro-hongrois rédigés pour la plupart suite à une observation directe des faits, révélant de façon très authentique la ligne de conduite du programme de la &quot;Ligue de Prizren&quot; (les sessions de la Ligue se tenaient dans la mosquée de Prizren) &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(32)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Stulli nous donne l'interprétation suivante de ces rapports austro-hongrois : &lt;i&gt;&quot;Dans aucun des seize articles du Statut il n'est fait mention explicite des Albanais et de l'Albanie, les musulmans sont l'unique sujet politique de la Ligue, on y proclame dans l'art. 4 que &quot;la vie, la propriété et l'honneur des habitants non musulmans loyaux seront protégés conformément à la loi religieuse supérieure (Steriat)&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(30)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;, dans l'art. 7 on prône la nécessité d'une alliance avec &lt;i&gt;&quot;nos compatriotes martyrisés, membres de la même confession dans les Balkans&quot;,&lt;/i&gt; et, finalement, l'art. 16 qualifie l'abandon de la Ligue comme un rejet &quot;de l'Islam&quot; ! On y parle toujours de façon très générale, de la &lt;i&gt;&quot;nation et de la patrie&quot;,&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;&quot;la terre&quot;,&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;&quot;notre territoire&quot;,&lt;/i&gt; de la &lt;i&gt;&quot;terre balkanique&quot;,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&quot;dans les Balkans&quot;,&lt;/i&gt; etc. &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(33)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. En plus d'un indéniable caractère panislamique, au service de l'idée nationale et de l'idée religieuse ottomanes, B. Stulli relève dans le programme de la Ligue &lt;i&gt;&quot;un expansionnisme albanais&quot;,&lt;/i&gt; visant les territoires des peuples voisins &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(34)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Les choses ont tout naturellement changé vers la fin du XIXe siècle, lorsque l'élément décisif influant sur l'attitude politique des Albanais ne vint plus de Turquie, mais d'Autriche-Hongrie qui voyait dans le mouvement national albanais un instrument propice à la réalisation de ses ambitions politiques impériales dans les Balkans. On entrevoyait déjà l'effondrement de l'Empire Ottoman et l'ouverture de la question de l'instauration d'un nouveau rapport des forces politiques dans les Balkans. L'historien Ferdo Hauptmann a conclu, à juste titre, qu'en stimulant le nationalisme et l'expansionnisme albanais, la diplomatie austro-hongroise a, avant l'écroulement définitif de la Turquie, dressé une barrière &lt;i&gt;&quot;afin que certains Etats nationaux des Balkans ne puissent outrepasser leur cadre étroit et perturber l'ordre des forces&quot;&lt;/i&gt;. Dans les combinaisons de la politique étrangère austro-hongroise l'idée d'une Albanie indépendante apparaît comme &lt;i&gt;&quot;un instrument qui, lors de la liquidation des positions turques dans les Balkans, pourrait limiter l'expansion des Etats balkaniques et empêcher l'Italie, vaincue en Ethiopie, d'accéder au territoire balkanique&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(35)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. L'historien de Sarajevo, Hamdija Kapidzic est arrivé aux mêmes conclusions en étudiant les préparatifs austro-hongrois en vue de la résolution de la question albanaise dans les Balkans dans l'attente de la résolution de la question des Balkans. Il ressort de son compte-rendu des conseils à la Hofburg, à Vienne, au cours de l'année 1896, que l'élite politique de la Monarchie approuvait l'idée de la fondation d'une Albanie indépendante qui s'appuierait sur l'Autriche-Hongrie et lui serait totalement soumise. Soulignant tout particulièrement le rôle de Benjamin Kallay, ministre commun des finances et alors gouverneur de la Bosnie-Herzégovine, Kapidzié conclut &lt;i&gt;&quot;Kallay voyait dans une telle création nationale non seulement un obstacle à l'expansion de la Serbie, du Monténégro, voire de la Bulgarie et de l'Italie sur ce territoire, mais aussi une entrave à la fondation, autour de la Monarchie d'un cordon vert d'Etats balkaniques dépendants de la Turquie&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(36)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;C'est sur la ligne générale des aspirations politiques austro-hongroise dans les Balkans et dans le cadre dressé face à la Vieille Serbie, que se développa également le soutien de la Monarchie à l'expansionnisme albanais dans la Vieille Serbie. On estimait à Vienne que le refoulement des Serbes hors de cette province était dans l'intérêt de la politique balkanique de l'Autriche-Hongrie. Une telle politique a naturellement entravé les tentatives d'entente politique entre Serbes et Albanais en vue de lutter ensemble contre la Turquie. A la veille de la libération de la Vieille Serbie en 1912, les leaders politiques du Royaume de Serbie tentèrent d'établir des contacts avec les représentants locaux des Albanais en vue d'organiser la lutte commune contre l'Empire ottoman. A la veille même du conflit, le gouvernement serbe a adressé aux Albanais une proclamation disant, entre autre, que l'armée serbe marchait contre la Turquie pour libérer les Serbes et les Albanais, qu'il veillera à assurer aux Albanais une vie en paix, le respect de leurs biens et anciennes habitudes, et leur garantira la possibilité de diriger seuls leurs écoles et leurs églises &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(37)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Toutefois l'identification ethnique avec le pouvoir ottoman, tout comme la forte influence de l'Autriche-Hongrie sur les leaders politiques des Albanais, l'emportèrent sur l'idée de solidarité balkanique.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: center&quot; align=&quot;center&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;- IV -&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Entre les deux guerres mondiales une partie des Albanais, restée dans l'Etat serbe et, à partir de 1918, yougoslave, forte du soutien ouvert à la veille de la Seconde Guerre mondiale des forces fascistes en Europe, avant tout en Italie et en Allemagne, fit preuve d'aspirations sécessionnistes. En 1939 fut fondé à Rome un Bureau pour l'organisation du mouvement &quot;irrédentiste&quot; albanais en Yougoslavie, et déjà en janvier 1940, le leader du Parti fasciste albanais à Shkoder, Kolj Biba annonçait l'annexion, prochaine de certaines régions de Yougoslavie et de Grèce. Avec le début de la Seconde Guerre mondiale et l'attaque des puissances fascistes contre la Yougoslavie, le 6 avril 1941, commença le démembrement de l'Etat yougoslave et l'inclusion de la plus grande partie du Kosovo et de la Métochia dans la Grande Albanie fasciste. Les Albanais locaux, avec l'aide de leur compatriotes venus d'Albanie, et sous l'égide des puissances fascistes, commirent des crimes massifs à l'encontre des Serbes, tandis qu'un grand nombre d'autres Serbes étaient chassés de leurs foyers (parmi eux se trouvait une partie des colons vivant dans les régions serbes passives, que l'Etat yougoslave avait installés entre les deux guerres dans les régions de pâturages, pour l'essentiel non peuplées, du Kosovo et de la Métochia). D'après les données de l'&lt;i&gt;Office of Strategic Service&lt;/i&gt; des Etats-Unis, entre avril 1941 et août 1942, les Albanais ont tué environ 10.000 Serbes &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(38)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Il n'existe pas de données précises sur le nombre de Serbes chassés du Kosovo et de la Métochia au cours de l'occupation fasciste, ni sur le nombre de colons albanais venus d'Albanie sur ce territoire. D'après les recherches effectuées jusqu'à présent, le nombre de Serbes chassés au cours de l'occupation s'élève à environ 100.000 &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(39)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Le nombre d'Albanais, originaires d'Albanie, implantés dans le Kosovo et la Métochia au cours de la Seconde Guerre mondiale, et immédiatement après la guerre avoisine les 80.000 à 100.000. Après la guerre, les organes yougoslaves ont établi un nombre non définitif de 72.000 à 75.000 nouveaux venus. On sait que le Service de renseignement italien (OVRA) avait projeté d'implanter environ 100.000 Albanais &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(40)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. L'arrivée d'Albanais y compris après la guerre a été permise du fait de l'ouverture totale des frontières entre l'Albanie et la Yougoslavie, surtout dans certaines régions. Ce grave problème grevant les rapports serbo-albanais n'a toujours pas été suffisamment étudié et attend encore de futures recherches scientifiques sérieuses.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Dans le cadre de la stratégie d'affaiblissement du facteur serbe au sein de la future Yougoslavie, l'organe de direction des communistes yougoslaves avec à sa tête Josip Broz Tito (de nationalité croate), n'a rien fait pour remédier aux conséquences de la modification violente de la structure ethnique du Kosovo et de la Métochia, ayant eu lieu durant l'occupation fasciste du pays. Au contraire, elle a stimulé un renforcement du facteur albanais dans ces parties de la Vieille Serbie, ce qui est aujourd'hui attesté par des documents d'archive incontestables. On peut même constater une similitude entre la politique balkanique de l'Autriche-Hongrie dans la Vieille Serbie et la politique appliquée par les instances supérieures yougoslaves avec Tito à leur tête. Dans un compte-rendu détaillé sur la situation en Yougoslavie et dans les Balkans rédigé en 1944, le commandant anglais John Henniker, par exemple, note entre autre : &lt;i&gt;&quot;je crois en la déclaration de Tito affirmant qu'il ne s'intéresse nullement à l'avenir du Kosovo, qu'il serait prêt à céder à l'Albanie au cas où celle-ci le désire&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(41)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. On aurait pu s'attendre, en toute logique, à ce que les Serbes expulsés recouvrent, après la Seconde Guerre mondiale, leurs propriétés dans le Kosovo et al Métochia, et à ce que soient ainsi corrigées les injustices résultant de l'agression fasciste contre l'Etat yougoslave. Au lieu de cela, le nouveau pouvoir communiste en Yougoslavie, conduit par Tito, promulgua le 6 mars 1945 une &lt;i&gt;&quot;Interdiction provisoire de retour des colons dans leurs anciens foyers&quot;&lt;/i&gt; (bien qu'il ne fût pas seulement question d'anciens colons mais aussi d'anciens habitants serbes) dans laquelle il est, entre autre, précisé : &lt;i&gt;&quot;Ces derniers temps il a été constaté, bien que cela n'ait pas fait l'objet d'une autorisation des pouvoirs populaires, un mouvement de retour et de réinstallation de familles des colons qui étaient auparavant installés en Macédoine, au Kosovo, en Métochia, dans le Srem et en Voïvodine&quot;,&lt;/i&gt; pour cette raison est prise une décision dans laquelle est entre autre stipulé &lt;i&gt;&quot;provisoirement le retour des colons dans leurs foyers antérieurs ne se voit pas autorisé et ils sont invités à rester où ils se trouvent actuellement&quot;&lt;/i&gt; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(42)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;. Immédiatement après la libération a été promulguée, le 3 août 1945, la &quot;Loi sur la révision de l'attribution de terres aux colons et exploitants agricoles dans la République Populaire de Macédoine et dans la Région Autonome de KosovoMétochia&quot; &lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;b&gt;(44)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Ces mesures législatives révélaient clairement les grandes lignes de la politique nationale de l'organe de direction du Parti communiste de Yougoslavie, avec à sa tête Tito, qui favorisait ouvertement le nationalisme des &quot;petits peuples&quot; au détriment des Serbes et a ainsi, en toute objectivité, posé les premiers jalons d'un processus qui allait conduire à la désintégration de la fédération yougoslave à partir de la fin des années soixante. Ainsi, les Serbes du Kosovo et de Métochia, déjà floués dans leurs droits immédiatement après la fin de la Seconde Guerre mondiale, se retrouvèrent, à partir de la fin des années soixante, et surtout après la promulgation de la Constitution yougoslave de 1974, dans une position de citoyens de second ordre, exposés aux violences et à la terreur exercées par leurs voisins Albanais qui jouissaient du soutien et de la bienveillance des organes du pouvoir. D'après cette Constitution, les deux Provinces existant en Serbie (cette république était la seule à compter deux provinces) avaient pratiquement reçu un statut d'unité fédérale, il est vrai davantage dans la pratique que du point de vue du droit formel. Dans la province du Kosovo-Métochia, le pouvoir était entièrement entre les mains des Albanais, tandis que le rapport des forces politiques au sein de l'organe de direction communiste en Yougoslavie était tel que le nationalisme et chauvinisme radical albanais jouissait d'un plein soutien. La direction communiste serbe, afin de rester au pouvoir préférait fermer les yeux devant ses actes de violence. En deux décennies, le plan de nettoyage ethnique dans le Kosovo-Métochia a été réalisé dans une très large mesure. Les Serbes ont été contraints de fuir la Vieille Serbie en direction des régions centrales de la République de Serbie. Il existe à ce sujet une vaste documentation d'archives provenant de diverses origines qui n'a été publiée que partiellement en langue serbe et, malheureusement, pour une très faible part dans les langues européennes.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;La compréhension des rapports serbo-albanais dans les Balkans, et surtout dans le Kosovo et la Métochia exige avant tout de prendre connaissance du matériel d'archives de toutes les parties qui peuvent témoigner à ce sujet, mais impose aussi une approche interdisciplinaire qui prendra en compte non seulement le facteur constitué par l'héritage historique, mais aussi les autres composantes de ce problème, à savoir politique, économique, sociale, culturelle et religieuse. Sans une telle approche il n'est pas possible de trouver une explication sensée et rationnelle à un problème complexe qui par le biais de fréquentes simplifications dans l'opinion publique européenne (les Serbes sont vus comme des coupables responsables des maux endurés par les Albanais), se voit encore davantage compliqué, ni même de proposer une solution juste et civilisée.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;Dr Slavenko TERZIC&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;i&gt;Institut d’histoire de l’Académie serbe des sciences et des arts)&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; &lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;left&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Texte paru dans la Revue d’Europe Centrale (Tome IV, n°2, 2e trimestre 1996)&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/div&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#000000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;---------------------------------------&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;&lt;b&gt;1.&lt;/b&gt; Georg STADTMOLLER, &lt;i&gt;Forschungen zur albanischen Frühgeschichte&lt;/i&gt;, zweite erweiterte Auflage, Albanische Forschungen 2, Wiesbaden 1966.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;2.&lt;/b&gt; F.C.H.L. POUQUEVILLE, &lt;i&gt;Voyage dans la Grèce&lt;/i&gt;, II, Paris, 1820, 505.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;3.&lt;/b&gt; &lt;i&gt;Les Illyriens et les Albanais&lt;/i&gt;, Recueil de travaux, Académie serbe des sciences et des arts, Département des sciences historiques, Belgrade, 1988. Voir en particulier : Milutin GARASANIN, &quot;Considérations finales&quot;. P. 369-375.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;&lt;b&gt;4.&lt;/b&gt; Peter BARIL, &lt;i&gt;Albanien. Vom Mittelalter bis zur Gegenwart&lt;/i&gt;, Regensburg-München, 1995, p. 21.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;5.&lt;/b&gt; E. CABEJ, &lt;i&gt;Le problème du territoire de formation de la langue albanaise&lt;/i&gt;, «Iliria V», 1976, p. 7.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;6.&lt;/b&gt; G. STADTMOLLER, op. cit., p. 167 et 173.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;7.&lt;/b&gt; Ibid., p. 87.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;&lt;b&gt;8.&lt;/b&gt; Miranda VICKERS, &lt;i&gt;The Albanians. A modem history&lt;/i&gt;, London-New York, 1995.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;&lt;b&gt;9.&lt;/b&gt; Martino SEGONO, DI NOVO BRDO VESCOVO DI DULCIGNO. &lt;i&gt;Un umanista serbo-dalmata del tardo Quattrocento&lt;/i&gt;. Vita e opere, ed.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;A. Pertusi, Roma 1981, p. 91-92.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;10.&lt;/b&gt; Olga ZIROJEVIC, &lt;i&gt;Les premiers siècles de la domination étrangère, Le Kosovo et Melochia dans l'histoire serbe&lt;/i&gt;, L'Age d'homme, Lausanne, 1990, p. 76.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;11.&lt;/b&gt; IL REGNO DELLA SERVIA detta altrimenti RASCIA descritto da Giacomo Cantelli da Vignola. Roma, Gio. Giacomo de Rossi, 1689.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;&lt;b&gt;12.&lt;/b&gt; Theodor IPPEN, &lt;i&gt;NOVI BAZAR UND KOSSOVO&lt;/i&gt; (Das alte Rascien), Wien, 1892.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;&lt;b&gt;13.&lt;/b&gt; Hamid HADZIBEGIC, Adem HANDZIC, Esref KOVACECIC, &lt;i&gt;Oblast Brankovica - opsirni katastarski popis iz 1455&lt;/i&gt; (La région de Brankovic, recensement cadastral détaillé de 1455). Monumenta turcica historiarum Slavorutn meridionalium illustrantia, tomus tertius, serija II – defteri – knjica 2 (tome 2), sv.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;(cahier 1) (traduction en serbo-croate, cahier 2) (reproduction potographique), Orijentalni institut u Sarajevu (Institut oriental de Sarajevo), Sarajevo 1972 ; Selami PULAHA, DEFTERI I REGJISTRIMIT TE SANXHAKUT TE SHKODRES I VITIT 1485, Tirane 1974, 414-473.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;14.&lt;/b&gt; ARCHIVIO DELLA SACRA CONGREGAZIONE DE PROPAGANDA FIDE, Roma, Visite e collegi, vol. I, F. 66R-82R. Voir : (Les fondations de Kosovo) – (monuments et du peuple serbe) (Prizren-Belgrade), 1987, p. 607-609.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;15.&lt;/b&gt; ARCHIVIO DELLA SACRA CONGREGAZIONE DE PROPAGANDA FIDE – Roma, Scritture originali riferite nelle congregazioni generali, vol. 263, F. 266R-267V, 271R-275V, 277RV, 280R-282V. Voir : (Les fondations de Kosovo), p. 607-609.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;16.&lt;/b&gt; ARCHIVIO DELLA SACRA CONGREGAZIONE DE PROPAGANDA FIDE - Roma, Scritture originali riferite nelle congregazioni generali, vol. 263, F. 266R-267V, 271R-275V, 277RV, 280R-282V. Voir : (Les fondations de Kosovo), p. 607-609.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;17.&lt;/b&gt; Simpliciano BIZAZEC, LA SACRA LEGA CONTRO LA POTENZA OTTOMANA, II, Milano, 1700, p. 5-6.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;18.&lt;/b&gt; ARCHIVO SEGRETO VATICANO, SEGRETERIA DI STATO, NUNZIATURA DI VENEZIA, vol. 134, 25 février 1690. Les crimes à l'encontre des Serbes sont également relatés dans les lettres du 26 février et le 12 mars 1690. Une documentation précieuse sur la position des chrétiens dans l'Empire osmanii vers le milieu du xviiie siècle est fournie dans le livre de Marko Jecev, LE MISSION' CATTOLICHE NEL BALCANI DURANTE LA GUERRA DI CANDIA (1645-1669), Citta del Vaticano, Biblioteca Apostolica, Vaticana, 1992.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;19.&lt;/b&gt; Ami Boue, Recueil d'itinéraires dans la Turquie d'Europe, Détails géographiques, topographiques et statistiques sur cette Empire, I, II, Vienne 1854 ; p. 111-117, 180-200, 315-321 ; Idem, La Turquie d'Europe, I-IV, Paris 1840.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;&lt;b&gt;20.&lt;/b&gt; Dr Joseph MÜLLER, &lt;i&gt;Albanien, Rumelien und die österreichisch-montenegrische Gränze&lt;/i&gt;, Prag, 1844.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;&lt;b&gt;21.&lt;/b&gt; Dr Johann Georg von HAIM, &lt;i&gt;Albanesische Studien&lt;/i&gt; (? Hett), Wien 1853 : J. G. von HAHN, Reise von Belgrad nach Salonik, Wien 1862, en particulier les paragraphes XVI-XXII) : J.G. von HAHN, Reise durch Gebiete des Drips und Wardar, Wien 1867.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;22.&lt;/b&gt; (Ivan CTREBOV, &lt;i&gt;La Vieille Serbie et les Albanais&lt;/i&gt;) (Belgrade), 1904&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;23.&lt;/b&gt; Joseph MULLER, ibid., p. 77-78, 82-83.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;24.&lt;/b&gt; &lt;i&gt;Les pleurs de la Vieille Serbie&lt;/i&gt;, écrite et édité par l'archimandrite de Visoki Decam, Hadji Serafim Ristic, a Zermin 1864.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;25.&lt;/b&gt; Documents diplomatiques. Correspondance concernant les actes de violence et de brigandage des Albanais dans la Vieille Serbie (Vilayet et Kosovo) 1898-1899, Ministère des affaires étrangères, Belgrade MDCCCXIX, p. 145.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;26.&lt;/b&gt; V. BERARD, &lt;i&gt;La Macédoine&lt;/i&gt;, Paris, 1896, p. 139. Les souffrances des Serbes et les influences de la politique austro-hongroise sur les agissements albanais sont aussi traitées dans le livre de Berard, LA TURQUIE ET L'HELLENISME CONTEMPORAIN, Paris, 1900, p. 291-292.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;27.&lt;/b&gt; Gaston GRAVIER, &lt;i&gt;&quot;La Vieille Serbie et les Albanais&quot;,&lt;/i&gt; extrait de &lt;i&gt;la Revue de Paris&lt;/i&gt; du 1er novembre 1911, Paris, 1911.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;28.&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;Gaston GRAVIER, Ibid., p. 27-29.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot; xml:lang=&quot;EN-US&quot; lang=&quot;EN-US&quot;&gt;&lt;b&gt;29.&lt;/b&gt; &lt;i&gt;Detailbeschreibung des Saudzaks Plevje und des Vilajets Kosovo&lt;/i&gt; (Mit 8 Beilagen und 10 Tafeln).&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;Als Manuskript gedruckt, Wien, 1899.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;30.&lt;/b&gt; Bernard STutkt, &lt;i&gt;Albanische pitanje (La question albanaise) (1875-1882).&lt;/i&gt; Travail de l'Académie yougoslave des sciences et des arts ? 318, Zagreb, 1959, p. 287-391.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;31.&lt;/b&gt; Ibid., p. 316.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;32.&lt;/b&gt; &lt;i&gt;Correspondenzen des k. u. gemeinsamen Ministeriums des Aussern über orientalische Angelegenheiten&lt;/i&gt; (7. Iv 1877-3 XI 1878) Wien 1878, p. 113-118.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;33.&lt;/b&gt; Barnard STunt, Albansko pitanje (La question albanaise) (1875-1882), p. 323.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;34.&lt;/b&gt; Ibid., p. 329-330.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt; &lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;text-align: justify&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#800000&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; line-height: 115%; font-family: 'Verdana','sans-serif'&quot;&gt;&lt;b&gt;35.&lt;/b&gt; Ferdo HAUPTMANN, &lt;i&gt;Uloga Zajednickog ministarstva financija u formiranju austrogarske politike prema Albaniji uoci kretske krize (Le rôle du ministère commun des finances dans la formation de la politique austro-hongroise envers l'Albanie à la veille de la crise de Crète),&lt;/i&gt; travaux de la Faculté de philosophie à Sarajevo, livre IV (1966-1967), 39, p. 35-44.&lt;/span&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&